Le rythme du temps qui passe se parait dans certains moments a une energie organique, qui bouge, qui impacte tout sur son chemin, comme le sait faire la coulee de lave, durant la force d'une eruption volcanique. Le paysage apres y est different, et une fois calmee sa traversee cataclysmique, la faune et la flore s'adaptent a la transformation radicale, et recoivent une nouvelle chance, une infusion regenerative de l'histoire de leur ecologie. Le temps, dans ce sens, sait faire des ravages et des guerisons tout en un. Un des traits de vivre avec les limitations d'un exile de longue duree, je comprends tard dans cette realite que le destin m'a choisi de vivre depuis mon adolescence, est la revelation graduelle, presqu'au ralenti, comme une sorte de geste lent en mime, que le temps qui avance, si on sait faire face a la solitude unique, souvent invisible de l'exile, si on ne recule pas devant ses implacables exigences, ce temps a un certain point, aussi peut etre redonnee, par la grace de ce lien qui parait outre - monde pour sa synchronisite impeccable sur la route de notre vie, pour apparaitre a exactement le moment ou le temps chercheait me devorer le courage pour avancer, de detruire la determination de ne pas tressaillir sous la tyrannie qui chercheait enlever l'espoir, l'energie vitale de mes reves, de mes talents. Le monde des arts dans toutes leurs formes, de la musique, du theatre, de la danse, de la poesie, et de la litterature et ses genres, de la peinture, de la photographie, de la sculpture, de l'architecture, est cette espace qui sait reveler les limites du monde concret, qui invite le desir de franchir les plaines vastes et envoutantes du monde spirituel, invisible, de trouver une clef qui permet entree aux mysteres de l'existence humaine, au moins, brevement, et donne a boire au coeur, a l'ame cet elixir guerisant, riche, de se savoir unie a une realite plus profonde, plus sacrale que la realite purement concrete, purement physique. Meme quant au sujet de la tendresse, de l'amour, c'est dit que "L'amour c'est deux ames qui se touchent.", comme le proclame la chanteuse folk canadienne - americaine Joni Mitchell (1943), dans le chant "A Case of You" ("Le Cas de Toi"), de son album "Blue" de 1971. Ce cas illustre cette confluence entre le physique et le spirituel, que sait creer le monde des arts. Un des dons le plus ensorcelant que donne l'energie transformative des liens entre esprits et coeurs que sait generer le monde des arts, est celui de liberer, et une des formes de cette sensation d'une liberation radicale que donne la creativite et ses inspirations, et expressions, est le recul du temps, c'est a dire: la chance de vivre dans un present continu, ne plus soumis au passe, ne plus distrait par l'incertitude du futur et ses illusions. Le temps qui coule, et coule sans hate, sans peur, sans demandes, qui donne un sens de vivre en dehors de cette obsession de voir le temps comme un phenomene lineaire, plat. Le regal de recevoir la chance de vivre avec la conscience que le coeur et l'esprit, le corps, sont capables de s'entre - entendre, ne doivent pas suivre la conviction erronee d'etre en contradiction, en combat l'un avec l'autre, et qu'on n'est pas sous obligation d'accepter que les personnes avec qui on partage la vie, les amis, la famille, les collegues, ne voient que ou une dimension ou aucune dimension, de nous, et ne pas les autres: on n'est pas juste un corps, ni moins qu'on n'est pas juste esprit, et notre coeur et ame meritent ensemble avec notre identite physique, aussi leur place sur le theatre de la vie. Personne a le droit, de nous limiter, de nous effacer, de nous interdire, ni la vie et ni la joie et ses energies et expressions de notre personne physique, affective, sociale, intellectuelle, culturelle, linguistique au nom d'idees qui cherchent de nous effacer, de nous enlever notre identite, notre droit de vivre la vie de facon authentique, complete. Ce qui m'est rendu clair, ces presque 10 ans deja de dedier mes livres, et leurs articles et poemes, et mon art, a l'esprit unique de la culture kabyle de l'Algerie, c'est que je recois d'elle le regal immense, de recuperer les annees me volees par les exigences traumatisantes d'un exile long, cruel, qui m'avait volee la voix, l'identite, la chance de suivre l'appel des melodies de mes poemes, enfermees dans le noir de l'isolation, de l'indifference, d'une invisibilite tuante. Le temps coulait, me volant de ma jeunesse ne pas connue, ne pas permis, ne pas vecue. Le temps avanceait, comme une eau glaciale m'arrachant les racines de mon etre, ses reves, ses energies creatives. La Kabylie et le lien et amitie avec mon collegue photographe kabyle, ce chaman humilde, de sagesse chevronnee, inebranlable, continuent de tracer les lignes du sentier qui permet l'expression et sa liberation complete de mon etre poetique et artistique. Recemment, je comprends que ce regal inclut le don de recevoir la chance de vivre a fond, de les comprendre totalement ces annees supprimees de mon adolescence, de mon enfance aussi, de les pouvoir vivre encore, cette fois avec la perspective a 360 degres, toutes leurs influences formatives de ma vie en Flandre, et comment la Kabylie en sait illuminer toutes les nuances, tous les moments les plus importants, les plus decisifs, qui ont permis le reveil de toute une energie creative - litteraire qui etait fait en sketch, et mis a cote, et que depuis 2017, se fait, se manifeste, dans toutes ses dimensions, sures, faites sans hesitation, en encre, en couleur, pour ainsi le dire, de facon symbolique et concrete, et me permettent me voir dans la totalite, avec toutes les pieces unies, en harmonie, dans cette parfaite synchronisite de vivre 100% dans le present, fluide, libre. Sous le regard tranquil, sur, visionnair de mon collegue en Aokas, Nacer Amari, qui comme Myrddin Wyllt de la legende arturienne du Moyen Age, du Pays de Galles, ce poete troubadour - visionnaire du Xeme siecle, qui avait, comme mon collegue artiste kabyle, un grand interet dans le monde naturel, je recois la completion de mon apprentissage commencee en Flandre, qui se manifeste dans toute sa joie inattendue, vibrante, fiere dans ce lien kabyle et ses gestes artistiques - litteraires que ma muse me revele depuis. C'est une joie ne pas me connue avant, pour moi de connaitre ce bonheur, de savoir vivre dans la richesse du moment, comme poete, comme artiste, de ne plus etre prisonniere d'un passe penible, d'etre re - donnee les chances, des annees si longuement me niees, effacees, et d'etre ainsi introduite a la totalite de ma personne. Le temps coule maintenant, ne pas comme un courant destructif, mais comme l'eau d'une riviere claire, calme, qui touche sur sa traversee les melodies des rochers reflexives de ses rives, et qui leur voit les jours, les saisons, et qui sait que les eaux de sa traversee fait partie du monde des oceans, ne pas comme une entite anonyme, mais comme un de ses souffles, une de ses histoires, qu'elle a la chance de vivre, dans toutes ses expressions, dans toutes ses riches, uniques moments. Mon ame de poete respire, a pleins poumons, pour la premiere fois dans ma vie, grace a toi, ma Kabylie.
Trudi Ralston
"Do you think a soul can grow again?": "Tu penses qu'une ame peut se regenerer?" - mots dits par Iris, l'actrice anglaise Emma Laird (1998) dans son role comme victime du traite de personnes, dans la serie americaine pour television "The Mayor of Kingstown" (2021 - 2026), ou elle joue une des protagonistes a cote de l'acteur Jeremy Renner (1971), dans le role de Michael McClusky, qui se bat contre les defis du monde de la corruption, du crime et de la violence dans une ville fictive de l'etat de Pennsylvania, dans le nord - est du pays.
No comments:
Post a Comment