Monday, February 23, 2026

L'Arrivee: L'Ame Accomplie - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             La sensation agreable, chaude, de la premiere tasse de cafe le matin, parait doublement satisfaisante et rassurante, les jours de pluie froide dont on a pleins ce mois de fevrier ici a Olympia. Cette fois, le rite familier etait accompagnee par la meme melodie distante de folk, d'une voix feminine qui jouait dans ma tete, et de qui je ne pouvais pas entendre les mots, seulement en sentir leur chant melancholique, reflexif, qui lui etait affirmee par le rythme d'une guitare. Ce fut la meme melodie distante qui m'avait inspiree le theme de l'article "Le Passager Reticent: Le Refuge de la Boite a Ombres" de juste l'autre jour. J'etais surprise encore, par l'insistance de la melodie, de sa presence depuis plusieurs jours de suite maintenant. Ce qui m'a attiree l'attention cette fois, fut la sensation joyeuse, d'une sorte de bonheur profond, intime, de me sentir l'ame chez soi, de me sentir unie, a l'histoire de ma vie, de connaitre pour la premiere fois dans ma vie, la satisfaisante sensation d'accomplissement de savoir mon ame finalement arrivee chez elle, ne plus isolee de son etre, ne plus une quantite mal definie, inconnue a elle meme, suite de l'effort m'exigee de ne pas disparaitre de moi - meme, de ne pas abandonner l'espoir pour tants d'annees, et de continuer de croire, qu'un jour je serais libre de l'hypnose epuisante de juste survivre, et de souhaiter qu'un jour, au lieu de survivre, je recevrai la chance de vivre, pleinement, de me retrouver, definir, finalement. J'aimais beaucoup cette sensation de me sentir en paix, le coeur tout chaud, comme le cafe dans ma tasse, ce matin ou le froid dehors me paraissait loin, ne me toucheait pas. La melodie dans la distance, qui resonnait dans mon coeur, a commencee a me donner les mots pour un poeme, et le mot au centre etait en anglais: "home", donc, "chez soi, a la maison", suivie par le mot "Kabylie", qui m'a laissee avec un sourire, car, cette arrivee de mon ame, est grandement liee a la Kabylie, et tout ce qu'elle represente pour moi comme ecrivaine - poete et artiste depuis 2017. Cela m'a pris toute une vie pour recevoir la chance de decoder la carte routiere que m'avait laissee le destin de me trouver loin de mon pays natal depuis l'adolescence, et d'avoir du faire face a un scenario chaque fois plus deconcertant, qui me laisserait la seule personne survivante de mes parents, frere et deux soeurs, tous disparus dans des circonstances tragiques qui me rappellent les pieces de theatre du dramaturge russe Anton Chekhov, et meme de Fyodor Dostoievski, quant a la lourdeur psychique des circonstances de leurs morts. Parfois, meme comme enfant deja, j'avais l'impression d'etre une enfant adoptee, qui se sentait mal a l'aise dans ma famille, car il y avait toujours trop de questions, et rarement depuis, des reponses quant a la chaine des evenements qui allait me laisser seule dans ce vaste vide ici, plus loin que jamais d'une chance de resolution, de tourner la page. C'est tellement satisfaisant alors, cette sublime emotion de me sentir centree dans mon ame, de la sentir chez elle, en paix, de voir clair dans la voie du destin, et de comprendre que c'est la presence culturelle - spirituelle - affective de la Kabylie, qui m'a montree comment me reveiller la voix de poete rendue si longuement muette. "Home", je suis chez moi, en coeur, en esprit, en ame, et c'est un bonheur que je n'ai que connue brevement, comme enfant, et brevement encore, comme adolescente, grandement grace a l'apprentissage de mon oncle artiste peintre Frans De cauter, a l'instruction dans le monde vaste de la litterature du monde que m'a donnee mon pere, grace a la tendresse de ma Nanou Julienne, de ma grandmere paternelle Celina Dujardin, avant de partir pour mes etudes aux Etats Unis, immediatement apres avoir finie mes etudes de lycee. La fragmentation de mon etre toutes les annees depuis avoir quittee Flandre, avait laissee ses traces, et m'avait permis aussi des avontures, de voyages inoubliables, au Mexique, l'Afrique, l'Amerique Centrale, et la joie de devenir apres de m'avoir mariee, mere d'un fils maintenant adulte et ecrivain comme moi. Un fils qui est gentil, et qui est une presence de grande affinite envers mon monde creatif et les efforts de le realiser, que l'introduction a l'Algerie et la Kabylie en 2017 a su affirmer avec elan et grace. "Home": ce sentiment d'accomplissement que la Kabylie me laisse au coeur, et qui m'a inspiree ce poeme, me venu en anglais, ce qui en soi est une revelation, car avant de connaitre a la Kabylie, avant 2017, ma memoire "Lioness in Exile" de 2012 - 2015, ecrit en anglais, avait a son centre deux breves collections de poemes ecrits en francais, car ecrire en anglais me fut penible, fut une sorte d'exercise punitive, ou je me sentais mal a l'aise dans l'effort affectif de m'exprimer, tandis que les poemes ecrits en francais, me rapprocheaient au desir de me sentir proche a l'Afrique du Nord, et avaient un sens meme de premonition, de l'importance future que la culture des Imazighen allait avoir dans le reveil de ma voix litteraire. Ma memoire "Lioness in Exile" fut ecrite entre 2012 - 2015, et publiee en 2015, deux ans avant mon introduction a la Kabylie, et son titre est une reference a mon identite flamande, car le symbole du drapeau des flamands est un lion rugissant en silhouette noire sur un fond brillant jaune. "Home"... chez moi, au centre de mon ame, grace a la presence kabyle dans ma vie depuis 2017, et libre, inspiree par ma muse berbere comme ne jamais avant. Ce poeme, je le partage en anglais, avec son message ainsi me partagee, et apres je le traduis en francais, pour l'offir en honneur a ma famille de coeur en Kabylie:


My Soul is Home at Last  


It seems, I was born to feel ill at ease, so often a stranger in my own space, never sure where to turn to find out if I belonged, if I was family, or just an accidental guest. 

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It is no wonder then, I was so eager for adventure, for Odysseus' passionate quests, to leave behind the pieces of a puzzle that would not fit, to try and see who I was to be. So many stories, so many voices, and none were my own, none got me home, none embraced my heart, my soul. 

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So many seasons, so many roads, so many rivers whose flow left me weary, so many echos left unanswered. The signs all pointed to more years of challenges to solve, more lonely paths to travel.

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But, for those who weather the bitter storms, the winter's grip eventually will pass, and I am now home, my heart and soul at ease, my poems' visions and melodies free, to dream, to be, warm, at peace.  

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Home, to be, to write, to figure, where I've been, and what I have seen, to hear the songs that soothe my heart, that finds strength and joy in North Africa's spirit and respect: Home, to love, to sing, to breathe, to sleep with ease, that with and to you, I belong, heart, body and soul, now that the spell is broken, that I am no longer alone.  

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Home: in the light of the Berber smile, in the stillness of the fire lit beneath your moon and stars. Home in the traces of your steady steps, in the resolve of your courage, in the glow of your tenderness and your love, to live the soothing rythms of seasons that now guide my memories and their visions, that your ancient wisdom reveal to me and decipher. 


L'Arrivee: L'Ame Accomplie


Il parait, que j'etais nee pour souvent me sentir mal a l'aise, dans l'espace me donnee pour mon etre, ne jamais sure ou aller pour apprendre si j'appartenais, si j'etais famille, ou etrangere toleree. 

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Ce n'est pas surprenant alors, que je chercheais l'avonture, de suivre les explorations passionnelles, comme le faisait Ulysse, de lacher le puzzle et ses pieces irregulieres, d'essayer de voir qui c'etait que j'etais supposee de devenir. Tants d'histoires, tants de voix, et aucune etait a moi, aucune m'a embrassee le coeur, l'ame. 

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Tants de saisons, tants de sentiers, tant de rivieres qui m'ont epuisees, tants d'echos sans reponse. Les signes menaient a encore d'autres annees de defis a resoudre, d'autres traversees solitaires a croiser. 

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Mais, pour ceux qui font face a la tempete d'hiver amere, sa tourmente finit par se calmer, et maintenant je me trouve chez moi, le coeur et l'ame a l'aise, les visions et les melodies de mes poemes claires, transformees. 

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Chez moi, arrivee, pour etre, pour ecrire, pour entendre les chants anciens qui bercent mon coeur, pour trouver la force et la joie dans l'accueil et le respect que me donne l'Afrique du Nord: Chez moi, accomplie, pour aimer, pour chanter, pour respirer, pour dormir tranquillement, et comprendre qu'aupres de toi, je m'appartiens, car le sort et sa solitude implacable, finalement, j'ai su briser. 

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Chez moi: dans la lumiere du sourire Berbere, dans le silence du feu de bois sous sa lune et ses etoiles. Chez moi, sur les traces de tes pas surs, de ta resistance, de ton courage, dans la confiance de ta tendresse et de ton amour, dans le rythme de saisons qui maintenant me guident la memoire des visions que ta sagesse ancienne me revele, me resout. 

Trudi Ralston   


"Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." - mots de l'actrice danoise Connie Nielsen (1965) comme Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, a l'acteur Russell Crowe (1964) dans son role du general romain, Maximus, dans le film "Gladiator" (2000) du realisateur et producteur anglais, Ridley Scott (1937).   


       


Saturday, February 21, 2026

Le Passager Reticent: Le Refuge de la Boite a Ombres - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            La sensation d'etre hebergee dans le monde de mes poemes, de mes articles, de mes livres, et de mon art qui me lient a ma muse qui m'a menee vers le coeur et l'esprit de la Kabylie, est intimement unie a la paix affective, interieure de ma vie, n'importe la distance geographique qui me separe des rives de l'Afrique du Nord, qui neaumoins m'accompagnent depuis mon adolescence, et meme mon enfance. L'Afrique du Nord vit comme une melodie sure dans mon etre, il parait, depuis toujours, quoique le destin me ferait attendre 48 ans, avant de lui voir ses rives en personne, d'admirer ses montagnes de l'Atlas, d'entendre les voix Berberes de ma famille de coeur en personne finalement pendant mon sejour en Kabylie en 2019, ses rythmes et melodies, que j'avais entendu d'abord dans les chansons du troubadours Idir, et du poete et rebelle immortel Matoub Lounes. Me sentir proche au coeur kabyle, a son esprit resistant, sa capacite pour la sagesse et l'humour, pour l'accueil, la tolerance, la charite, est un elixir guerisant, qui parait posseder une influence alchimique sur mon energie creative, un mystere du destin, qui continue de m'inspirer mon monde creatif, comme un chaman benevolent, qui m'attendait longtemps avant de lui rencontrer, comme si l'esprit kabyle savait que seul sa vision allait me reveiller la voix de poete. Vivre dans cette aura chaude berbere, m'a fait penser a son contraire, a ces moments quand le monde en dehors de cette oasis intellectuel - creatif - spirituel - affectif, recule, se sent loin, quand les angles moins agreables de la vie brusquent ma realite quotidienne, melange une ombre obscure dans les couleurs brillantes, de joie, de l'espoir, du courage, et laissent un gout de metal, froid, amer, une sorte de nausee, de separation cruelle, qui m'arrache, qui brevement me rend a nouveau invisible, inaudible. C'est une sensation douloureuse, impuissante, une sorte de breve hallucination, comme le frisson d'un cauchemar en plein lumiere du jour, qui heureusement, ne dure que brevement, quelques heures, quand apres, la blessure psychique se calme, s'eteint le feu de sa brulure. J'essaie de comprendre la sensation penible, d'inconsolable solitude, qui parait dans ces moments de m'avaler, de me faire disparaitre dans le neant, de me dissoudre, effacer. Comme est souvent le cas dans ces moments, j'essaie de donner un contexte, de rationaliser l'experience, et pour la premiere fois, grace au toucher affectif - spirituel gentil kabyle, qui me ramene toujours a cette plage paisible, son sable et ecume, qu'est pour moi son coeur patient, j'ai pu me l'expliquer finalement cette fois, cette sensation de perte qui va et vient, en pensant a une idee d'une boite a ombres artistique, et de comprendre en meme temps aussi, que la Kabylie et son esprit dans ces moments de peine devient le sable, qui s'unit a l'ecume, donc, qui m'unit le monde affectif et creatif, leur calme la tempete, l'inquietude. Une boite a ombres est un cadre avec une facade transparente de protection, dans lequel on etale des objets qui ont une importance affective, artistique, historique: des lettres, des bijoux, des pieces de monnaie, des timbres, des manuscrits, des portraits, des peintures, des dessins, des photos, des souvenirs precieux, d'une personne aimee, d'un voyage. L'idee d'une boite a ombres, me parait un beau symbole, pour exprimir en mots la sensation de ne pas aimer de me sentir vulnerable, en dehors de son cadre, de son ciel et sa terre de mon monde affectif - creatif, que m'heberge, me soigne, la presence chamanique de la Kabylie. De ce pays de l'Algerie, des enigmes de sa nature qui embrassent eternite et courage, beaute et silence, que couvrent l'histoire de ses montagnes, rivieres, villages, champs, oasis, villes, Sahara, et tresors archeologiques, sur une espace immense de 2,381,740km2. L'accueil de la Kabylie me raconte l'histoire de ma vie, la met dans un contexte croyable, reel que, pour la premiere fois dans ma vie, je comprends, je vois expliquee, unie, comme dans une boite a ombres, ou elle m'apporte les elements, les objets, pour ainsi le dire, les symboles des experiences marquantes de ma vie, qui m'ont menee vers les rives des Imazighen. La boite a ombres que me construit le coeur kabyle, ou s'unissent les images, des moments, des personnes, des epreuves, des revelations, des graces, qui me font comprendre que la grande quantite de patience, d'annees de defis, a une clef qui ouvre la porte vers la rencontre qui serait le miroir de mon ame, qui m'apprendrait les mots, la vision unifiante pour me donner la langue et ses mots de mon monde interieur, et la voix de l'exprimer, de le decrire, de me definir l'experience poetique - artistique, de la sentir, de la vivre. La boite a ombres, me cree par l'esprit et ses melodies de la Kabylie, pour me donner le moment de passer l'epreuve qu'exige la metamorphose, pour me trouver libre de l'oubli, de l'hypnose de l'anonymat, du traume d'etre effacee, niee. Pendant cette exploration de comment exprimer cette sensation de la boite a ombres, j'ai trouvee la beaute delicate et precise de l'art d'une jeune artiste americaine tres devouee a sa vision creative: Daria Aksenova, qui travaille et vit a la ville de Houston, dans le sud de l'etat de Texas, ou j'ai vecu pour dix ans, pour mes etudes universitaires du bachiller et de la maitrise en histoire et litterature. Ses boites a ombres sont le resultat delicat de plusieurs couches de dessins fins en encre, qu'elle sculpte en personnages de fantaisie, feminins, qui racontent les defis qu'elles surmontent, que l'artiste exprime de facon symbolique. Ses boites a ombres sont emouvantes, d'un style esthetique et beaute qui implique un esprit patient, precis, de sensibilite affective et narrative unique, qui touchent le coeur. Ainsi est pour moi l'accueil de la Kabylie, de la collaboration artistique - litteraire avec mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari, qui me sait faire une synthese coherente de mon odyssee litteraire - artistique, de les rendre visible, tangible, etalee de facon concrete, chronologique aussi, qui me laisse savoir que ma personne n'est pas une silhouette de quelques lignes faites pour un dessin distrait, mais revele une ame, un coeur, une personne complete, trois dimensionnelle, qui a recue les mots pour les melodies de ses inspirations, ses experiences difficiles, exigeantes, et les a vu s'unir, prendre expression, a cote de la sensibilite unique de la culture des Imazighen, de sa culture kabyle de l'Algerie, qui m'a adoptee, comme sa fille flamande en exile aux Ameriques, comme fille de son sang, de son ame, pourque je pourrais recevoir et voir naitre la mienne, fiere, libre, et etre introduite a la totalite de mon identite, a cette sensation enivrante, encore si nouvelle, si puissante et emouvante, de cette metamorphose et sa liberation radicale de ma personne, me niee pour si longtemps.   

Trudi Ralston 


"Si tu veux la lune, ne te cache pas de la nuit. / Si tu veux la rose, ne fuis pas de ses epines. / Si tu veux l'amour, ne te cache pas de toi - meme."                                                                                                      Jalal al - Din Muhammad RUMI (1207 - 1273), poete et mystique Sufi perse.   

Tuesday, February 17, 2026

Tenir les Fantomes a Une Distance / Keeping the Ghosts at Bay - dans la serie "Au carrefour des Rencontres"

              Apres plusieurs jours de soleil en plein mois de fevrier ici, qui donnait l'impression que l'hiver avait pris la decision de fuire soudainement, un froid glacial s'est mis sur la region, qui a enlevees les couleurs joyeuses mises par un soleil amoureux, et laissee le ciel a nouveau gris, tremblant sans son manteau de printemps festif. L'impression visuelle du jardin saturee d'une palette aquarelle pale, lavee dans une eau qui laissait le ciel avec les yeux tristes comme ceux d'une personne qui essaie de supprimer les larmes, m'a fait entendre au fond de mon coeur, la melodie melancholique d'une voix feminine d'une chanson ancienne folk, de laquelle les mots venaient de trop loin, comme d'un echo, de qui leur message se perdait dans la distance. La melodie etait insistante, tetue, determinee d'attirer mon attention, et a finie par se manifester avec la sensation visuelle de personnages d'une piece de theatre imaginaire, de fantomes, qui se chercheaient les esprits leur perdus dans le passage du temps, dans l'indifference du monde quotidien, inconscient de leur presence, qui venait hanter la mienne, ce matin de froid qui avait rendu le temps immobile, seduit par la melodie qui jouait pour le monde silent qui heberge les histoires et leurs experiences du coeur. La melodie m'est venu en anglais, et apres je l'ai traduit en francais, car c'etait un de ces moments de mystere, quand les douleurs du passe se trouvent pour moi face a la grace du coeur kabyle, de son accueil de l'esprit de mon collegue photographe Nacer Amari en Aokas, qui voit de loin la blessure de ces echos lointains me laissee par l'exile et ses demandes, ses pertes, et qui la soigne, la lave avec gentillesse, et sait chasser les fantomes et les cris de leurs cauchemars qui essaient de briser les murs de defense, que j'ai du construire contre leurs invasions, pour les convaincre de me laisser en paix. C'est lui, qui comme le forgeron Hephaistos, sait transformer la menace des fantomes, les garder a une distance, qui sait me trouver, me guider, vers le sentier du present, de continuer de briser le sortilege de trop d'annees de silence. Je dedie alors ce poeme, son chant a lui, ce camarade resolu, de vision claire, qui sait voir derriere les murs que je continue de demolir, une pierre lourde a la fois, pour decouvrir la joie des espaces ouvertes que j'y decouvre, de ces portes et fenetres qui invitent pleine de lumiere, d'air frais, de ciels bleus et soleil brillant, que l'ame de la Kabylie me donne, avec chaque geste de son esprit, de son coeur ancien, tolerant, eternel: 


Keeping the Ghosts at Bay 


It seems that some things just have a habit of insisting, of wanting to come and haunt, of showing up like a cold winter's day, just when you thought spring was here to stay. 

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Oh, I never see you coming, rattling your rusty chains, dragging them on the path where I was meeting the sun, where the sky was painting over the grey rain and its wet, heavy ways. 

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Here you are again, wanting to close that bridge, block my way, to where the Berber heart and its smiles, its resilient spirit meets my fiery Flemish soul, to decode the hieroglyphs that unite the history of the poets' quest. 

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How do I keep you at bay, you who haunted for so many years my nightmares, made them spill over into the hopes of my dreams' resolve during the day?

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It took so long, to be able to stand my ground and to see you back away, it took such courage, such will to stare you down, to grab that bow and arrow of resolve, and break the power of your spell.

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It was the Touareg warrior I saw as a child in my father's librairy magazines, that reassured me that the necromancers would not win. It is the strong voice of the Imazighen that heard my own, that gave me the key to free me, a Flemish lioness in exile, trapped on distant shores.

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The sun knows my heart, as it calls upon the light on the shores of Kabylie, upon the might of its ancient spirits, and Ra nods and lets me know, that the burdens of my soul are now one with the might and courage of the kabyle poets and warriors. 

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Keeping at bay the ghosts that only know where to find me, on those rare days now, when the sun and heart of Kabylie's shores and mountains, is hidden behind the curtain of winter's sorrow as the sun tries to wake the world before the earth drowns in madness. 


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Tenir les Fantomes a Une Distance      


Il parait qu'il y a des choses qui ont l'habitude d'insister, de vouloir venir et agacer, de faire une apparence comme un jour froid d'hiver, au moment qu'on pense que le printemps etait venu pour rester. 

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Oh, tu m'a pris par surprise, secouant tes chaines rouillees, trainant leur bruit sur le sentier ou j'allais pour rencontrer le soleil, ou le ciel enlevait le gris lourd, que la pluie avait laissee.

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Te voila, essayant de couper la traversee du pont quand le coeur berbere et ses sourires, son esprit resistant rencontre mon ame de feu flamand, pour decoder les hieroglyphes qui unissent la quete des poetes. 

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Comment te tenir a distance, toi qui a hantee pour tants d'annees mes cauchemars, qui les a chassee l'espoir et le courage meme pendant le jour?

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Cela m'a pris si longtemps, de te faire face, de te faire reculer, cela a pris tant de courage, tant de volonte, de te faire baisser les yeux, de prendre cet arc et fleche de la resolution, de briser la force de ce sortilege. 

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C'etait le guerrier Touareg que j'ai vu comme enfant dans une des magazines du bureau de mon pere, qui m'a assuree que les necromanciens n'allaient pas gagner. C'est la voix resistante des Imazighen qui ont entendue la mienne, qui m'ont donnee la clef, m'ont liberee, lionne flamande en exile, enfermee sur des rives lointaines. 

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Le soleil connait mon coeur, quand il appelle la lumiere des rives de la Kabylie, appelle la force de ses anciens esprits, et le dieu Ra l'affirme, et me laisse savoir, que les fardeaux de mon ame pesent moins lourds unis au courage et sa puissance legendaires des poetes et guerriers kabyles. 

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Ainsi je tiens a distance les fantomes qui seulement savent me trouver les jours rares maintenant, quand le soleil et le coeur de la Kabylie et ses rives, ses montagnes, se cachent derriere le rideau du chagrin de l'hiver, quand le soleil essaie de reveiller le monde, pour assurer que la terre ne perisse dans le delire. 


Trudi Ralston




Friday, February 13, 2026

Le Regal: Le Temps qui Coule - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Le rythme du temps qui passe se parait dans certains moments a une energie organique, qui bouge, qui impacte tout sur son chemin, comme le sait faire la coulee de lave, durant la force d'une eruption volcanique. Le paysage apres y est different, et une fois calmee sa traversee cataclysmique, la faune et la flore s'adaptent a la transformation radicale, et recoivent une nouvelle chance, une infusion regenerative de l'histoire de leur ecologie. Le temps, dans ce sens, sait faire des ravages et des guerisons tout en un. Un des traits de vivre avec les limitations d'un exile de longue duree, je comprends tard dans cette realite que le destin m'a choisi de vivre depuis mon adolescence, est la revelation graduelle, presqu'au ralenti, comme une sorte de geste lent en mime, que le temps qui avance, si on sait faire face a la solitude unique, souvent invisible de l'exile, si on ne recule pas devant ses implacables exigences, ce temps a un certain point, aussi peut etre redonnee, par la grace de ce lien qui parait outre - monde pour sa synchronisite impeccable sur la route de notre vie, pour apparaitre a exactement le moment ou le temps chercheait me devorer le courage pour avancer, de detruire la determination de ne pas tressaillir sous la tyrannie qui chercheait enlever l'espoir, l'energie vitale de mes reves, de mes talents. Le monde des arts dans toutes leurs formes, de la musique, du theatre, de la danse, de la poesie, et de la litterature et ses genres, de la peinture, de la photographie, de la sculpture, de l'architecture, est cette espace qui sait reveler les limites du monde concret, qui invite le desir de franchir les plaines vastes et envoutantes du monde spirituel, invisible, de trouver une clef qui permet entree aux mysteres de l'existence humaine, au moins, brevement, et donne a boire au coeur, a l'ame cet elixir guerisant, riche, de se savoir unie a une realite plus profonde, plus sacrale que la realite purement concrete, purement physique. Meme quant au sujet de la tendresse, de l'amour, c'est dit que "L'amour c'est deux ames qui se touchent.", comme le proclame la chanteuse folk canadienne - americaine Joni Mitchell (1943), dans le chant "A Case of You" ("Le Cas de Toi"), de son album "Blue" de 1971. Ce cas illustre cette confluence entre le physique et le spirituel, que sait creer le monde des arts. Un des dons le plus ensorcelant que donne l'energie transformative des liens entre esprits et coeurs que sait generer le monde des arts, est celui de liberer, et une des formes de cette sensation d'une liberation radicale que donne la creativite et ses inspirations, et expressions, est le recul du temps, c'est a dire: la chance de vivre dans un present continu, ne plus soumis au passe, ne plus distrait par l'incertitude du futur et ses illusions. Le temps qui coule, et coule sans hate, sans peur, sans demandes, qui donne un sens de vivre en dehors de cette obsession de voir le temps comme un phenomene lineaire, plat. Le regal de recevoir la chance de vivre avec la conscience que le coeur et l'esprit, le corps, sont capables de s'entre - entendre, ne doivent pas suivre la conviction erronee d'etre en contradiction, en combat l'un avec l'autre, et qu'on n'est pas sous obligation d'accepter que les personnes avec qui on partage la vie, les amis, la famille, les collegues, ne voient que ou une dimension ou aucune dimension, de nous, et ne pas les autres: on n'est pas juste un corps, ni moins qu'on n'est pas juste esprit, et notre coeur et ame meritent ensemble avec notre identite physique, aussi leur place sur le theatre de la vie. Personne a le droit, de nous limiter, de nous effacer, de nous interdire, ni la vie et ni la joie et ses energies et expressions de notre personne physique, affective, sociale, intellectuelle, culturelle, linguistique au nom d'idees qui cherchent de nous effacer, de nous enlever notre identite, notre droit de vivre la vie de facon authentique, complete. Ce qui m'est rendu clair, ces presque 10 ans deja de dedier mes livres, et leurs articles et poemes, et mon art, a l'esprit unique de la culture kabyle de l'Algerie, c'est que je recois d'elle le regal immense, de recuperer les annees me volees par les exigences traumatisantes d'un exile long, cruel, qui m'avait volee la voix, l'identite, la chance de suivre l'appel des melodies de mes poemes, enfermees dans le noir de l'isolation, de l'indifference, d'une invisibilite tuante. Le temps coulait, me volant de ma jeunesse ne pas connue, ne pas permis, ne pas vecue. Le temps avanceait, comme une eau glaciale m'arrachant les racines de mon etre, ses reves, ses energies creatives. La Kabylie et le lien et amitie avec mon collegue photographe kabyle, ce chaman humilde, de sagesse chevronnee, inebranlable, continuent de tracer les lignes du sentier qui permet l'expression et sa liberation complete de mon etre poetique et artistique. Recemment, je comprends que ce regal inclut le don de recevoir la chance de vivre a fond, de les comprendre totalement ces annees supprimees de mon adolescence, de mon enfance aussi, de les pouvoir vivre encore, cette fois avec la perspective a 360 degres, toutes leurs influences formatives de ma vie en Flandre, et comment la Kabylie en sait illuminer toutes les nuances, tous les moments les plus importants, les plus decisifs, qui ont permis le reveil de toute une energie creative - litteraire qui etait fait en sketch, et mis a cote, et que depuis 2017, se fait, se manifeste, dans toutes ses dimensions, sures, faites sans hesitation, en encre, en couleur, pour ainsi le dire, de facon symbolique et concrete, et me permettent me voir dans la totalite, avec toutes les pieces unies, en harmonie, dans cette parfaite synchronisite de vivre 100% dans le present, fluide, libre. Sous le regard tranquil, sur, visionnair de mon collegue en Aokas, Nacer Amari, qui comme Myrddin Wyllt de la legende arturienne du Moyen Age, du Pays de Galles, ce poete troubadour - visionnaire du Xeme siecle, qui avait, comme mon collegue artiste kabyle, un grand interet dans le monde naturel, je recois la completion de mon apprentissage commencee en Flandre, qui se manifeste dans toute sa joie inattendue, vibrante, fiere dans ce lien kabyle et ses gestes artistiques - litteraires que ma muse me revele depuis. C'est une joie ne pas me connue avant, pour moi de connaitre ce bonheur, de savoir vivre dans la richesse du moment, comme poete, comme artiste, de ne plus etre prisonniere d'un passe penible, d'etre re - donnee les chances, des annees si longuement me niees, effacees, et d'etre ainsi introduite a la totalite de ma personne. Le temps coule maintenant, ne pas comme un courant destructif, mais comme l'eau d'une riviere claire, calme, qui touche sur sa traversee les melodies des rochers reflexives de ses rives, et qui leur voit les jours, les saisons, et qui sait que les eaux de sa traversee fait partie du monde des oceans, ne pas comme une entite anonyme, mais comme un de ses souffles, une de ses histoires, qu'elle a la chance de vivre, dans toutes ses expressions, dans toutes ses riches, uniques moments. Mon ame de poete respire, a pleins poumons, pour la premiere fois dans ma vie, grace a toi, ma Kabylie. 

Trudi Ralston        


"Do you think a soul can grow again?": "Tu penses qu'une ame peut se regenerer?" - mots dits par Iris, l'actrice anglaise Emma Laird (1998) dans son role comme victime du traite de personnes, dans la serie americaine pour television "The Mayor of Kingstown" (2021 - 2026), ou elle joue une des protagonistes a cote de l'acteur Jeremy Renner (1971), dans le role de Michael McClusky, qui se bat contre les defis du monde de la corruption, du crime et de la violence dans une ville fictive de l'etat de Pennsylvania, dans le nord - est du pays.  

Wednesday, February 11, 2026

Le Chiffrement: Le Fantasme d'Hephaistos - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           Cela reste une verite incontestable, reel, tangible, comme le tronc solide d'un arbre resistant, ancien qui connait les defis et rythmes de chaque saison, encodee dans ses cernes avec conviction, avec certitude: je continue de recevoir les outils qui me permettent apprendre comment m'exprimer ma voix de poete, comment en decoder les mots, les signes, si longuement silents de mon coeur, de mon esprit, dans la grace me donnee par la rencontre avec l'accueil chamanique et l'apprentissage, sa memoire et ses energies imperturbables de l'ame kabyle. Mon fils est ecrivain comme moi, et il decouvre que cela prend du courage, partager le monde interieur, ou vivent les idees, les reves, les personnages, les etres chers, les fantomes, les ombres et les blessures, les visions, du coeur, de l'esprit creatifs. Trouver ce courage souvent est le resultat de surmonter les defis considerables de solitudes tenaces, de chagrins lourds, qui cherchent justement, de nous enlever la voix, la force, ne nous affaiblir la volonte, sa passion, son feu. Je me rappelle encore la conversation recente avec mon collegue photographe kabyle, qui me fait voir clair dans cette franche qualite de notre lien culturel et affectif, qui se traduit dans l'energie fructive de mes livres qui documentent ces explorations spirituelles et perambulatoires entre moi, comme l'apprentie flamande, et lui, comme chaman temoin du monde visuel et ses signes artistiques. Une avonture complexe, de contextes riches en textures symboliques, comme d'une sculpture moderne, imposante, large, qui a besoin des espaces ouvertes du ciel et ses horizons, et m'a fait penser au forgeron ancien grec, Hephaistos. Je pense a son travail rythmique entre l'enclume, le marteau, les pinces, l'eau, le feu, la force de son bras, la concentration de son regard, qui s'unissent pour donner vie a l'arme naiscente dans son soin. Je me l'imagine dans ce moment de la convergence spirituelle, quand se croisent l'effort physique et la sagesse de l'experience, ce chiffrement ancien qui travaille sa formule secrete, magique. Pour moi, Hephaistos, est un forgeron kabyle, en qui s'unit tout le symbolisme de son personnage mythologique, qui m'apprend comment decoder le language si longuement etranger de mon monde interieur, son desir de se liberer, de naitre, de se forger dans le feu mystique du monde de mes poemes, desquels le talent spirituel artistique de mon collegue kabyle m'a laissee la liste des matieres qui donnerait forme a mon ame, mon esprit, mon coeur, auxquels il m'a introduit avec patience, tolerance, et avec une bonne dose de franchise gentille, de l'elixir de la charite, et de son courage pour la guerison affective. Hephaistos du monde de la mythologie grecque, est le dieu des volcans, des forgerons, et du feu. Ses symboles sont l'enclume, les pinces, et le marteau. Il y a aussi un oiseau qui fait parti du monde de feu d'Hephaistos, un oiseau connu pour etre servi comme un plat gastronomique riche et benefique, deja dans l'Egypte ancien: la caille, duquel il y a de l'evidence archeologique de ses traces dans les attributs funeraires alimentaires trouvees dans les tombeaux de pharaons et de la classe aristocrate ancienne egyptienne. La caille est aussi associee avec Aphrodite, la deesse de l'amour et de la fertilite, dans le recit qu'Aphrodite a un moment s'etait transformee en caille blanche, pour evader un pretendant indesirable. Dans la culture chinoise, la caille est associee avec la devotion, l'harmonie et aussi le courage, tandis que dans les cultures amerindiennes du Sud, la caille est vu comme un symbole de modestie et de l'humilite, et cet oiseau elegant, est aussi connu pour son association avec la conscience de niveaux de l'energie, et le besoin de soigner la sante. Dans les traditions japonaises, la caille fait partie du monde de la clairvoyance, et on voit son comportement comme une facon d'interpreter le futur. La caille figure aussi dans le monde des arts, depuis l'Antiquite egyptienne, et cela continue jusqu'a nos jours, comme dans les peintures et sculptures amerindiennes contemporaines, quand les courbes de gourdes se transforment dans des sculptures modernes elegantes de l'oiseau, comme celles de l'artiste americaine Linda Haakenson. L'idee de Hephaistos, le forgeron fort et resistant ancien grec, de qui la caille modeste et soigneuse accompagne l'effort intense et exigeant physique de son metier et ses talents et ses codes, fait pour un equilibre envoutant, de cette union et ses explorations de la convergence et ses points de concordance, de similitude. Ce point de concordance sait creer une energie creative, affirmee avec une signature audace, decisive, qui elimine dans la braise de son feu et sa transformation de deux mondes qui s'y croisent, toute trace de doute, d'hesitation, de faiblesse, quant a son ultime but: celui de sortir du feu deux esprits unis quant a vocation, quant a destination, quant a force vitale. Le partage que permet la rencontre dans le monde des arts, de l'esprit, et ses expressions, ses visions, sa voix libre et liberee, fiere, comme me la donne les conversations et rencontres artistiques - culturelles avec mon collegue - ami kabyle, le photographe Nacer Amari me rappelle encore les mots du poete autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926). Mon oncle peintre surrealiste Frans De Cauter (1920 - 1981), m'a introduit aux idees litteraires - poetiques de Rainer - Maria Rilke, quand j'etais adolescente, le long mon apprentissage aussi en meme temps, que mon oncle me donnait dans le monde de l'art du dessin et de la peinture, ainsi que sur la philosophie existentielle: "Pourtant, tout ce qui nous touche, a toi et moi, nous touche ensemble, tel l'archet du violon, qui tire une voix de deux uniques accords." Hephaistos, comme forgeron mythologique, manifeste tres bien cette harmonie entre l'esprit et le corps, entre introspection et energie vitale. C'est cette energie vitale que je sens, que je recois, dans cet echange vibrant, riche en resonances affectives - artistiques - litteraires, que me donne la Kabylie et son ame eternelle, son coeur ouvert, energique, au monde de mes poemes, de mon art, de mes livres. Elle me permet forger mon energie creative dans le feu guerisant de l'union de deux mondes, me permet leur creer un point de concordance dans cette espace flamande - kabyle ou le temps et l'espace et ses divergences discordantes, penibles, de traumes vecus, subis, s'effacent, se dissoudent, pour ceder au rythme et sa joie solennelle, reflexive, qui suivent les conclusions et les affirmations partagees autour du mystere de la vie et du destin.     

Trudi Ralston    


L'information sur le dieu ancien grec, Hephaistos, et le symbolisme de la caille, courtoisie de Wikipedia. 

Monday, February 9, 2026

La Plume de la Colombe: Un Messager Intermediaire - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              L'hiver ici cette annee a un trait de nous donner une quantite de jours et nuits de pluies excessives. Ayant grandie en Flandre, en Belgique, la pluie m'est tres bien connue comme phenomene metereologique, qui dans mon cas m'a inspiree une passion pour le soleil, avec sa chaleur et lumieres eclatantes, chaudes des etes de mon enfance et adolescence, quand on trouvait sa presence sur la plage, et si non, dans les montagnes de l'Autriche, ou dans le Sud de la France. La pluie, avec les annees, m'a laissee aussi son regal, celui d'inspirer des moments d'introspection, de meditation, de conversations avec le monde invisible, a qui je me confie les pensees, les souhaits, les espaces discretes qui hebergent les visions, les sourires, que seulement le coffre qui y contient mon coeur, connaissent. Ce poeme m'est venu de loin, sa melodie hantante ayant traversee les continents, les oceans, pour me laisser la voix d'une personne qui possede l'esprit et le coeur proche a la fois a la terre et au ciel. Ce poeme m'est venu ainsi sur les ailes d'une colombe invisible a l'oeil physique, mais tres reel a l'oeil du poete, et sa voix sonore, qui a traversee les deserts de l'Afrique du Nord, qui m'est venu du pays des Touareg et des troubadours et visionnaires kabyles, m'a laissee sa melodie, son message, qui m'encourage ce jour de pluie abondante ici, a l'autre bout de ce continent des Ameriques, dans la region du Pacifique Nord - Ouest ou je vis, a juste quelques heures de l'ocean Pacifique, qui ce matin m'apporte sur les ailes de la colombe, le gout et la brise salee de la Mediterranee, des rives de ma Kabylie, de ses montagnes, des voix qui d'elle me manquent, de sa lune, de ses etoiles, de son lien avec le Grand Sud et ses memoires, qu'elle frequente, qu'elle garde:


La Plume de la Colombe           


Elle m'attendait en silence, ce matin de pluie et ses eaux abondantes. Elle m'a regardee avec ses yeux pleins de charite, pleins de patience, comme si elle me connaissait depuis longtemps, comprenait les contradictions et puzzles de mon existence. 

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Son voyage elle m'a expliquee etait long, mais son message etait trop important, pour ne pas accepter sa mission. Elle s'est approchee vers moi, la tete un peu timide, comme si elle voulait me dire, je sais que ne n'est pas evident, embrasser, unir le monde concret et le monde invisible a ceux qui hesitent vivre libre. 

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Elle m'a parlee du grand desert du Sud, en Algerie, elle m'a parlee des hommes Touareg, de leur musique, de leur sagesse, de leur monde et ses silences, ses chants qui reverberent pres du feu de champ, quand le temps s'endort, quand les mysteres de l'univers brevement se reveillent. 

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Elle est restee un bon moment, et m'a laisee le toucher chaud qui vit tout doucement dans ma memoire, d'une ame chere qui est a toujours unie a la mienne. Elle s'est envolee apres, et m'a laissee comme une caresse, une de ses plumes, pour me rappeler que mon coeur de poete et celui du vagabond du desert Touareg sont un, que ceci a ete decidee depuis l'aube de toutes les saisons sur terre.

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La plume de la colombe, me laissee pour m'assurer que sa visite ne fut pas un reve, pour rendre audibles, les notes de la voix du troubadour uni a ma voix de poete, dans cette espace vaste, de continents, d'oceans, de montagnes, de rivieres, qui transmettent le cri de joie du messager intermediaire: 

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rien egale le langage du silence de qui ses symboles comprennent et savent vivre le mystere sublime, irresolu et eternel quand deux voix s'unissent sur la route que traversent les coeurs qui se rencontrent quand ils abandonnent l'appel des illusions ensourdissantes du monde. 


Trudi Ralston


"We only said goodbye with words." - Amy Winehouse (1983 - 2011)

Friday, February 6, 2026

La Racine Heureuse: La Vision que sait Dessiner le Silence - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

          Mon pere avait une passion pour la litterature, l'histoire et la philosophie de toutes les cultures, et je reste tres reconnaissante qu'il a partagee cet interet avec moi, sa fille ainee, des mon enfance. Cela a commencee avec des contes de fee, comme "Les Mille et Une Nuits", du monde de la litterature perse et arabe, remontant au Xeme siecle. Apres, c'etait les contes des freres allemands, Jacob et Wilhelm Grimm, de 1812 - 1857, et les contes de l'ecrivain poete et dramaturge danois, Hans Christian Andersen (1805 - 1875). Une fois adolescente, de 13 - 14 ans, mon pere m'a introduit aux poemes de Paul Verlaine, d'Arthur Rimbaud, au conte "Le Petit Prince" d'Antoine de Saint -Exupery, qui m'avait beaucoup emotionnee, pour les dessins aussi qui accompagnent ce recit emouvant. Quelques annees plus tard, j'ai ete introduite aux livres et poemes du poete bengale Rabindranath Tagore, du poete libanes - americain Kahlil Gibran, aux livres de l'ecrivain francais - algerien Albert Camus, de l'auteur russe Fyodor Dostojevski, de l'auteur allemand Heinrich Boll, de qui son livre "Opinions d'un Clown" m'avait bouleversee pour sa franchise affective de decrire son ame en traume suite de la Seconde Guerre Mondiale. J'ai lu aux livres du dissident russe Aleksandr Solzenitsyn, et aussi a la philosophie des anciens egyptiens, sur la mort et le monde des esprits, le fameux "Livre des morts des anciens egyptiens" ecrit entre 1550 - 50 B.C., qui decrit une serie de rites pour assister l'esprit des morts sur leur traversee du Duat, le monde des esprits. Mon pere m'a introduit aussi a la philosophie du mystique chinois Lao - Tzu, de qui on sait que sa naissance fut en 571 B.C., et qui est l'auteur du livre "Tao Te Ching", qui veut dire "La Voie de l'Integrite" qui est un des texts fondateurs de la philosophie du Taoisme. Une des idees centrales de cette philosophie est de ne pas forcer les choses, de prendre une attitude detendue, fluide, qui vit dans le moment, de ne pas mal interpreter la volonte humaine comme une raison de force, de ne pas changer ce qui est spontanee, ce qui suit qui est bon, qui fait honneur a ce qui est naturel, et ce qui a integrite. Un de ses dictons du texte du Tao Te Ching, qui m'avait le plus impressionnee, me reste gravee dans la memoire: "La plus profonde revelation, c'est le Silence." Le silence comme idee existentielle, qui invite d'eviter le bruit incessant du monde. Un silence qui accompagne, qui est la racine solide de l'esprit sur la plaine des contradictions et illusions qu'on rencontre dans la vie. Le long de ma vie d'exile culturel - social, j'y pense encore, a ses mots de Lao - Tzu, qui avaient laissee leur resonance dans mon esprit d'adolescente solitaire de 16 ans. Lao - Tzu se mefiait des ambitions motivees par le desir du pouvoir, et aussi avait ses doutes sur les avances techniques qui perdaient de vue deja le besoin de respecter l'equilibre dans la nature, et sa philosophie reste attirante pour encourager une vue sociale qui evite l'autocratie et les guerres. Une conversation recente philosophe avec un ami kabyle, m'a rappelee la sagesse du monde vu avec le calme et ses perspectives qu'invite le silence, comme attitude benefique envers les defis de la vie humaine. L'Afrique du Nord, ses cultures des Imazighen, invite cette sagesse de s'approcher a la vie avec un sens d'humilite qui est a la fois pratique, et profond, qui montre une appreciation pour une realite plus complexe que les apparences que laisse comme modele le monde quotidien, concret. Cette conversation avec mon ami kabyle, m'a rappelee au temperament tranquil, a la culture des Touareg, leur lien intime avec l'esprit du desert, ses silences, ses espaces vastes, qui existent en dehors on dirait du passage du temps. Cela m'a laissee avec un profond sens de paix interieur, d'avoir pu absorber la sagesse des mots de mon ami, une personne qui vit proche a la nature, qui comprend tres bien les pieges des illusions que cherche imposer le monde. Ses mots m'ont fait penser a une racine, une racine heureuse, qui vit en silence sous la couverture de la terre, et qui sait, que meme si elle ne peut pas voir l'arbre, son tronc majestueux, le bonheur des oiseaux qui vivent dans les branches de sa couronne; la racine heureuse, qui ne voit pas le plaisir de la sieste, la fierte de la recolte de ses fruits, que son arbre donne, mais qui sait, dans le silence de sa vie souterraine, qu'elle fait une partie integrale de l'arbre, et sait que l'arbre aime la racine pour son courage d'embrasser le silence, qui permet a l'arbre d'ainsi etre, et sentir, la douceur de ce silence qui lui unit a l'ame de la racine, qui lui nourrit a la terre et le ciel, tout en un. Je vais me rappeler longtemps de cette conversation profonde avec mon ami kabyle. Comme poete, qui unit les mots pour mes narratives de mes articles, poemes et livres, sentir l'energie rassurante, comme venant d'un feu de camp agreable, unifiant, du silence, son energie tranquille, reflexive, qui sent, qui vit, qui comprend, qui est, tout simplement, comme me l'avait illustree la conversation avec mon ami, cette sagesse de ses mots rend encore plus clair, le lien de mon esprit vagabond de poete en eternel exile, avec l'esprit resistant, clairvoyant du visionnaire, du chaman, comme l'est pour moi le coeur ouvert, charitable kabyle. Voila mon poeme, qui veut remercier mon collegue photographe Nacer Amari en Kabylie, pour me rappeler le long notre fructive conversation, l'importance d'accueillir le silence dans un monde qui se dechire avec ses bruits violents, qui chasse la dominance, l'ambition, dans tous les aspects de la vie humaine, du domaine personnel jusqu'aux plus hauts echelons publics, et qui rendent obscure, la chance de vivre la vie comme une experience vitale authentique, solide, libre:


La Racine Heureuse   


Elle dort en silence, les nuits chaudes et froides, sous la lune et ses etoiles, sous le vent et ses soupirs, elle attend avec patience, la pluie et l'eau qui va nourrir sa force vitale, qui donnera sa chance a l'arbre. 

***     *     ***     *     ***

Elle est la racine heureuse, qui embrasse la terre humide, elle prend soin d'assurer la survie de l'arbre, de son coeur, de son ame, elle est fiere de lui voir la beaute de sa couronne, qui danse sur le rythme des saisons, qui lui apporte la joie de ses recoltes. 

***     *     ***     *     ***

Elle est le sang chaud de son coeur battant, de sa vie de l'arbre, qui sait que c'est son courage de la racine, de qui l'arbre n'apercoit que son ombre, qu'elle, la racine, est l'equilibre, l'ancre solide, qui tient debout l'arbre, qui lui garde.

***     *     ***     *     ***

La racine heureuse, sentinel soigneux de l'arbre solennel, qu'elle couvre avec son manteau de silence guerisant et outre - monde. La racine heureuse, qui dessine tel un livre de contes ensorcelants, l'histoire et ses exploits de l'arbre, en est son temoin, son calme, son confident. 


Trudi Ralston 


L'information sur Lao - Tzu et son livre "Tao Te Ching", et sur le "Livre des morts des anciens egyptiens", et les auteurs des livres de contes que j'avais lu comme enfant, courtoisie de Wikipedia.