Un portrait en noir et blanc du 30 mars 2026, "Messaoud, le doyen" du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, nous presente a son protagoniste et la force de son dynamisme intellectuel avec une energie visuelle de grande precision. C'est un portrait d'une personne de qui sa presence impose, commande le respect et l'interet totals, ou domine le visage et ses lignes sures, decisives d'un arriere plan dramatiquement noir, qui illumine le regard penetrant, de yeux qui voient le monde avec une mesure de scepticisme, cadree par une volonte de fer d'une vie active, guidee par l'experience et ses defis. Ce portrait est tres evocatif, pour sa force qui evoque l'importance de leaders, de doyens qui savent influencer de maniere positive, concrete, courageuse, le bien - etre de la communaute de laquelle ils sont membres. Il y a un appel universel dans ce portrait kabyle qui resonne, dans un monde ou l'indifference et le manque de courage de la part de trop de leaders est une realite frustrante et genante. Ce portrait avec sa beaute esthetique, sculpturale que sait transmettre le photographe, me rappelle a un message que mon pere m'avait fait comprendre comme enfant encore, et auquel il adherait avec passion et sincerite active, comme sa mere, et ses 3 soeurs, suivant une tradition dans leur famille qui remontait des generations: l'importance de la responsabilite civique. Ma grandmere paternelle avait un regard serieux, penetrant, qui ne tolerait pas l'insincerite, l'egoisme, l'absence de convictions et du courage envers l'injustice dans toutes ses formes, une attitude qu'elle avait su transmettre a ses 4 enfants: ses filles, mes tantes Denise, Blanche et Lieve, et son fils, Charles, qui etait mon pere. Laissee veuve a 38 ans, en 1943, en pleine Seconde Guerre Mondiale, ma grandmere Celina Dujardin, de qui sa famille etait de la ville francaise d'Amiens, et qui avait grandi dans une famille de 13 enfants, maintenait avec rigueur tetue cette philosophie, et ansi, mon pere prenait soin de proteger les droits des travailleurs et d'etre un intermediaire fidel pour les syndicats et leurs leaders, dans l'usine de fabrication de bus de voyage, ou il etait le directeur general, et ma tante Denise qui avait un epicerie s'occupait de partager ses produits d'alimentation gratuitement pour les familles et leurs enfants sous stress economique dans le voisinage du De Mokker, dans la petite ville ouest - flamande de Koekelare ou elle vivait avec son mari et leurs 3 enfants. Ma tante Blanche a vu 4 de ses 5 filles choisir des carrieres dans le secteur des services sociaux, et ma tante Lieve, qui a 86 ans maintenant, a passee sa vie professionnelle comme femme ferocement independante, travaillant dans l'haute administration des services sociaux d'Oostende, en Flandres, ou elle a aidee des centaines de personnes vivants dans des circonstances de manque, et etait connue pour son incorruptablilite face a certains politiques si ceux essayaient de lui detraquer de sa devotion pour la justice sociale. Tout ce temoignage envers le devoir civique m'avait laisseee une empreinte indelible comme enfant, et le portrait kabyle "Messaoud, le doyen" du photographe Nacer Amari, me met a nouveau dans les memoires de ce monde, de son importance de l'empreinte energetique que savent laisser les bons leaders, les doyens qui laissent l'heritage de leur conviction envers la communaute, envers autrui. Dans le monde de la psychologie, l'idee de l'importance de l'empreinte que laissent les adultes responsables pour un enfant, les leurs et autrui, prouve etre d'une influence marquante et durable, pour le bien et pour le mal, ce qui explique la profondeur du traume que doivent surmonter les personnes qui ont ete subi a des empreintes destructives, et des empreintes absentes, suite de negligence, abus et indifference. Les empreintes positives, heureusement, sont celles qui inspirent le desir de suivre leurs exemples, qui generent ainsi la suivante generation de doyens, de leaders qui savent mener leur communaute dans la bonne direction, en utilisant leurs talents et passions pour le bien. "Messaoud, le doyen" a ce regard serieux, a dans le regard cette conviction et passion, et le mot meme, "doyen", a une disante definition: "une personne qui possede un degre haut de competence dans une domaine de connaissance." Le mot se derive du francais ancien du XIIeme siecle, "deien", qui voulait dire "une personne qui a sous sa commande dix personnes", et ce mot a son tour a ses origines dans le mot latin "decanus" qui se referait a des adminstrateurs civiques de l'empire romain, et le mot latin etait une adaptation du mot ancien grec "dekanos", une reference directe au numero dix. Donc, un doyen est un leader intellectuel, spirituel dans sa communaute, qui inspire, qui guide, et ce portrait certainement revele le caracter decisif de son protagoniste au regard et pose imposants. Je suis reconnaissante envers ma grandmere paternelle, Celina Dujardin, qui malgre des defis stressants qui lui avaient suivis des le jour qu'elle se trouvait veuve jeune d'un jour a l'autre avec 4 enfants, jusqu'a sa mort d'un cancer su sein en 1976, a un moment ou la mammographie, decouverte vers la fin du XIXeme siecle, et etabli comme methode verifiable et efficace surtout vers la fin des annees 1950 - 1960, n'etait pas encore assez pratiquee et encouragee comme mesure de prevention, etait une femme qui ne cessait jamais d'etre charitable et d'inspirer cette devotion dans ses enfants et ses 12 petits enfants. Ce portrait kabyle me rappelle l'importance de passer le flambeau, dans mes ecrits, dans la celebration et le partage de l'art de mon collegue photographe, qui met au centre dans ses portraits l'heritage riche de la Kabylie, quant au sens de l'importance de la communaute, de l'accueil, de la charite, de l'identite culturelle, si mis au risque dans le chaos du monde du XXIeme siecle et ses delires. Je le sens comme un privilege et un devoir spirituel et culturel de dedier mes articles et poemes, et mes livres qui en naissent apres, de mettre dans la lumiere la richesse de l'esprit kabyle, qui tant m'inspire, et qui m'unit en meme temps a l'histoire de ma vie en Flandre, a mon esprit litteraire et artistique, et qui s'est declaree depuis 2017, comme ma muse devouee, incontestable. Elle passe le flambeau a mon etre creatif qui s'aurait vu effacee impitoyablement sans elle, dans la tourmente de l'anonymat de mon long exile aux Etats Unis, comme l'affirme encore et encore depuis 2020, pour mes visions litteraires, la force intellectuelle et artistique de mon collegue photographe, Nacer Amari, dans l'elan vibrant avec lequel il sait capter et presenter les protagonistes de ses portraits kabyles, comme "Messaoud, le doyen."
Trudi Ralston