Le rideau qui separe le monde exterieur du monde interieur du coeur, de l'esprit, de l'ame, parfois se voit diaphane, et parfois opaque, cela depend de notre apercu qu'influence le moment, si son instant nous permet de voir avec assez de precision l'espace dans laquelle se trouve notre perception, sa sensibilite. Le lien avec la Kabylie est pour moi depuis 2017, l'espace ample et accueillante qui me permet ouvrir le rideau qui pour toute une vie, m'avait separee des outils pour explorer, comprendre, ce qui avait rendu flou, les contours et les desseins, leurs indices et patrons, de l'histoire de ma vie, son sentier rendu complexe dans l'incertitude continue de l'exile, qui m'avait blessee et grandement fait perdre mon identite, sa visibilite et ma voix sociale - culturelle - creative et intellectuelle. C'etait la sensation penible, tetue, implacable, de me voir reduite a une ombre, une sorte de condamnation a perpetuite de me sentir ne plus une personne complete, mais plutot un robot, une machine qui obeissait reflexivement, qui survivait. L'introduction a la Kabylie en 2017, a sa nature magnifique, a son peuple courageux, resistant, a son histoire, son coeur, son ame, m'a donnee la grace et sa chance, de commencer de voir les traces d'un fil que l'anonymat de toute une vie avait enterree, cachee, dans les profondeurs de la terre abandonnee de mon etre, et qu'elle m'a rendue visible, depuis, je suis ses traces, desquelles elle me revele chaque fois plus le contenu, l'histoire, comme decouvrir une grotte pleine d'evidence de presences qui racontent sur la vie de ceux qui y avaient laissee leur passage. Vers la fin de 2019, quelques mois apres mon retour de mon sejour en Algerie, en Kabylie le mois de septembre - octobre, j'ai ete introduit a l'art visuel du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie. Cette introduction fut le debut d'un lien artistique - literaire fructif, qui a deja vu la publication de 10 livres, avec un autre, suivant livre, "Au Carrefour des Rencontres" qui sera pret pour la publication cet automne de 2026, et le travail sur le livre qui lui suivra, sur lequel je travaille en ce moment aussi, "La Maison Rouge au bout du Soleil". Le livre "Au Carrefour des Rencontres", sera une serie d'articles et poemes qui continuent d'explorer les portraits kabyles de Nacer Amari, leur impact dans le contexte de l'histoire des arts, du point de vue intellectuel - narratif et artistique, pour universel dans son attrait esthetique inclusif. Le livre "La Maison Rouge au bout du Soleil"va se concentrer sur l'impact considerable et mesurable qu'a ce lien du monde de la photographie de son art avec le monde de mes poemes, de mes articles, de mon art en dessin, en broderies, en portraits en encre et crayon. En fait, le desir de faire des portraits en crayon me suit depuis mon adolescence, et ce fut le reveil de mon etre creatif me donnee par l'introduction a l'art de sa portraiture de Nacer Amari, qui m'a inspiree de prendre l'initiative de faire entre 2021 et 2026, 5 portraits du photographe, qui fut une immense satisfaction creative. Je travaille en ce moment sur un portrait en crayon de mon fils, apres avoir fini recemment un portrait en crayon de son jeune fils Adam, du photographe kabyle Djamil Diboune, qui en 2017 m'a introduit a la beaute et richesse de la nature en Algerie. Dans la presence de l'art et son ame de la Kabylie, qui trouve son expression la plus transformative dans l'art de mon collegue Nacer Amari, je me trouve sous la force magique, pour ainsi le dire, d'un chaman resolu sans pretenses, qui me guide sur ce sentier de decouvertes, qui sont a la fois une celebration de l'esprit unqiue kabyle et de ce besoin si longuement mis a cote, de comprendre la langue devenue effacee, de ses traces, de ses mots, de ses temoignages et heritage, de l'histoire de ma vie, vecue dans cette espace entre deux mondes, ni d'ici et ne plus de Flandre, mais qui dans cette espace ample du monde de sa photographie et ses narrations, me construit un pont qui repare et unit les deux dans une image precise, comprehensible, pour la premiere fois depuis etre mise en pieces, dechirees, a l'age de 19 ans, l'age que j'avais quand je suis partie etudier au Texas, ou j'ai vecue 10 ans, avant de demenager a Washington State, a Olympia, ou je vis depuis. Le lien avec l'art et son monde de Nacer Amari, me permet comprendre que quant a fonction et signification dans cette vie terrestre, il s'agit d'une mecanique interne, au centre d'un processus qui tel les fils d'un tissu complexe revelent le dessin et ses intentions qui definent notre etre, ses talents, ses sensibilites, des defis, des triomphes.
Quant a la mecanique intellectuelle qui rend comme le perspectif d'un appareil photo, clair, precis l'image de son protagoniste, de sa nature morte, de son paysage, de sa faune, de sa flore, le lien litteraire - affectif - culturel - artistique avec le photographe Nacer Amari, me rappelle beaucoup, dans nos conversations sur la philosophie, l'histoire, l'archeologie, l'ecologie, le mystere du destin, au temperament sur, profond de la prose de l'ecrivain et poete russe, auteur du livre "Le Docteur Zhivago" (1957), Boris Pasternak (1890 - 1960), qui a du refuser le Prix Nobel pour la Litterature lui offert en 1958, suite de complications apres le chaos et incertitude apres la mort de Stalin en 1953. Son fils de son premier mariage, Yevgeny, a ete permis d'accepter le Prix en 1989, apres la dissolution de l'Uion Sovietique, et le livre "Le Docteur Zhivago" s'instruit en Russie dans toutes les ecoles secondaires depuis 2003. Le style dans sa presence verbale, de son expression sobre, lucide, claire, du photographe d'Aokas, resonne pour moi avec son echo de sagesse realiste, pragmatique, et aussi profondement spirituelle, possedant aussi une nonchalanche qui aborde avec une franchise desarmante le don de voyance, me met dans le monde envoutant de Boris Pasternak, de ma lecture et mes emotions lisant pendant mes annees d'etudes universitaires au Texas, au livre si longuement controversiel de "Le Docteur Zhivago", fait aussi en film en 1965, par le realisateur anglais David Lean et le producteur italien, Carlo Ponti, avec l'acteur egyptien Omar Sharif (1932 - 2015) dans le role de Yuri Zhivago, et l'atrice anglaise Julie Christie (1940) dans le role de Lara, la maitresse de Yuri Zhivago, et heroine tragique qui perit dans le gulag staliniste, et Geraldine Chaplin (1944) comme Tonya Zhivago, du protagoniste. C'est sur emouvant comme est le livre, qui se centre autour de la Revolution russe de 1917, que le livre est enormement plus complexe et riche comme experience. Le livre a aussi une serie de poemes, comme les poemes pour l'heroine Lara, qui est basee sur la relation qui durerait de1946, jusqu'a la fin de sa vie de Boris Pasternak, en 1960, avec l'ecrivaine et traductrice russe Olga Invinskaya (1912 - 1995), qui allait passer presque 5 ans dans le systeme gulag, pour son lien avec lui. Boris Pasternak etait convaincu que le succes a la fin, la survie de son manuscrit, se doit au courage inalterable en prison, de Loga Invinskaya, qui ne lui a jamais trahi ou compromis pendant les interrogations et privations en prison, et qui a en gulag allait perdre son bebe qu'elle allait avoir avec Boris Pasternak, qui lui etait et resterait desormais dans son second mariage. Une fois libre, Olga et Boris ont repris leur relation et elle a ete presente a ses funerailles et enterrement, sous surveillance officielle protestee par un public qui adorait l'entourage de Boris Pasternak et leur courage. L'esprit imperturbable, calme de mon collegue photographe d'Aokas, me reste gravee sur la memoire, longuement apres nos echanges de pensees philosophes - litteraires, comme l'image d'hieroglyphes indelibles, sculptees dans la matiere durable d'or, de pierre precieuse, et je voudrais faire hommage a ce regal, et ses revelations, qui m'aident a comprendre l'heritage complexe, diverse de la Kabylie, et qui m'aident a retrouver, et reconstruire les pieces du puzzle evasif du sentier de ma vie. J'ai appris aussi, que la famille de Boris Pasternak, son pere, etait ami proche du poete autrichien, Rainer - Maria Rilke (1875- 1926), et que l'ecrivain russe l'admirait beaucoup sa poesie, de qui il a fait des traductions, ensemble avec Olga Ivinskaya, ainsi que des traductions de bengali du poete, romancier et dramaturge moderniste de l'Inde, Rabindranath Tagore (1861 - 1941), qui a recu le Prix Nobel pour la Litterature en 1913, pour sa collection de poemes "Gitanjali" et de qui sa collection d'aphorismes "Oiseaux Errants" m'avait laissee une impression durable a l'age de 14 ans. Rilke et Tagore restent deux de mes poetes favoris, et le lien avec riche et profond avec mon collegue kabyle Nacer Amari, me les rappelle souvent, car ce lien est comme une fouille archeologique unique, qui continue de reveler ses tresors qui me traduisent l'alphabet avant rendu illisible de la narration et ses evolutions et indices de mon identite creative, qui menent tous le chemin vers les rivages de l'Algerie. De sa poesie de Boris Pasternak, Olga Invinskaya, dans ses memoires decrit son style comme "Une poesie dans laquelle le detail realiste exerce une magie sincere, comme dans la poesie d'Alexander Pushkin (1799 -1837). Les vers vifs de Pushkin lui emouvaient. Il aimait la poesie si densement compacte, "qu'elle craque comme de la glace", ou distillee dans une solution "qui faisait germer des graines de pure prose." La voix des fois staccato, deliberee, de Nacer Amari, ses interpretations sur la vie et ses contradictions, ses dilemmes, "craque comme de la glace", rafraichit avec son souffle de surete hivernale, mon ame si longuement suffoquee dans les feus et leur fumee des obligations, son invisibilite tuante pour l'ame, pour le coeur et ses visions, ses energies, ses talents. Ce qui me rappelle les mots du vers 7 du poeme "Depart" pour Lara, dans le livre "Le Docteur Zhivago": "Durant les annees de troubles, dans les eres d'une /Inimaginable existence/ Une certaine vague du destin lui avait soutenu / Et la serree fort contre lui." Dnans ce sens, le lien spirituel avec l'art de sa portraiture et ses visions narratives kabyles, me permettent cette oasis, ce refuge et son repos, sa guerison intellectuel - affectif de qui tout mon etre avait besoin pour en soulager une vie de faim, de soif creatifs. Ce changement a la fois radical, et subtil, son virage dramatique, transformatif dans le mecanique interne de mon etre poetique - litteraire - artistique, son vocabulaire, son syntax, ses sensibilities linguistiques redecouvertes, sa mise au point decisive, me rappelle la confluence de rivieres, dans un sens figuratif: ce lien unique, durable, toujours en evolution, toujours alerte, permet l'union d'idees qui unissent mes racines flamandes et leurs experiences aux racines et leurs sagesse ancienne des Imazighen de l'Algerie, de l'Afrique du Nord, qui deviennent un ancre qui stabilise les tempetes et leur tourmentes si longuement subies, de la solitude et son isolation de mon exile americain qui paraissait interminable, presque devenue insupportable, une agonie, et que la Kabylie et l'exploration profonde, alchemique du lien chamanique avec mon collegue photographe Nacer Amari en brise ses chaines, me permet de redevenir sirene dans les eaux libres de Neptune, perdue il y a si longtemps, et retrouvee chaque jour depuis, et qui me permet nager, avec joie, avec curiosite a nouveau libre, la richesse du monde de l'histoire du monde, de sa litterature, de sa photographie, de son archeologie, de sa mythologie, et d'y ajouter mes propres poemes, mes propres visions, sous le regard attentif, sur, du photographe astucieux, rassurant de son art et son energie accueillant du photographe d'Aokas, qui m'y observe, accompagne. Une eau venue des rives de l'Algerie, qui egale comme une terre ancienne fertile, revele comme une fouille symbolique, ce qui etait cachee, perdue sous la surface, dans les tempetes de la vie, dans le temps, et qui une fois vue dans la lumiere de l'ame et le coeur chaman kabyle, rendent claire, visible, reglee, solutionnee, dans une apotheose autant inattendue, que si bienvenue, si joyeuse.
Trudi Ralston
La recherche sur le poete - ecrivain russe, Boris Pasternak, et sa muse, Olga Ivinskaya, et sur les poetes russe Alexander Pushkin, autrichien Rainer - Maria Rilke, indien Rabindranath Tagore, courtoisie de Wikipedia. La traduction de l'anglais des mots sur la poesie de Boris Pasternak par Olga Ivinskaya, et du vers 7 du poeme "Le Depart" de Boris Pasternak, en francais, pour le but de cet article, est la mienne.
Alexander Pushkin allait influencer toute une generation de poetes et ecrivains, autre que Boris Pasternak: Fyodor Dostoyevsky (1821 - 1881), sa technique et matiere de sujets; Ivan Turgenev (1818 - 1889), romancier, poete et dramaturge russe, fameux pour son livre realiste "Peres et Fils", un auteur fameux pour son courage de critiquer l'esclavage des paysans et leurs terribles souffrances, comme dans sa novelle traumatique "Mumu" de 1854; Leo Tolstoy (1828 - 1910), romancier fameux pour ses livres "Anna Karenina" et "La Guerre et la Paix"; Nikolai Gogol (1809 - 1852), ses novelles et romans, et pieces de theatre, qui ont introduit le style moderniste - grotesque dans la litterature russe, comme sa novelle revisee apres etre censuree en Russie, "Ames Mortes". L'oeuvre d'Alexander Pushkin a ete traduite dans toutes les langues du monde et il est vu comme le poete russe le plus innovatif et important.