Une pluie soudaine, et sa lumiere de velours noir, comme mis par un pinceau saturee de peinture epaisse, dans le style d'empatement d'huile, s'avait mis sur les tournesols du jardin. Le jaune vif, claire des luxuriants petales, qui decoraient leurs tetes lourdes, perchees au sommet de leurs tiges les donnaient l'impression d'etre en precaire equilibre, incertain que leurs racines affleurantes tiendraient le poids leur mis par la tempete. Voir les hautes tournesols, ces reines du monde des fleurs, qui annoncent que l'ete approche vite son fin, comme des mimes obeissant un rite de silences anciens et insondables, me laissait chaque annee avec une sensation de legere nausee, car elles me rappelaient a des prisonniers forcees de rester debout sous la pluie, comme une punition de la part d'un garde sadique, comme dans les films de guerre de mon enfance. Ma grandmere paternelle, gentille comme elle etait, ne se rendait pas compte, il parait, que la violence des films de guerre peuvent traumatiser les jeunes enfants. Elle etait veuve a l'age de 38 ans avec 4 enfants, apres avoit perdue son mari, mon grandpere, quand lui avait 43 ans, et ceci, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Peut - etre, elle trouvait cela inutile depuis, de nier, meme envers ses petits enfants, la realite de la cruaute sadique dont est capable l'etre humain. Voir les tournesols commencer a mourir, quand ces fleurs festives petit a petit, deviennent retombantes vers la fin de l'ete, m'est toujours penible, me rend triste, et augmente mes propres peines, meme celles dont je parle pas, qui restent soigneusement emballees, mises a cote, dans les long couloirs de mes memoires. Ces tournesols, si joyeuses et belles sous un ciel bleu azure, sous les caresses chaudes du soleil, et les visites energiques des abeilles, maintenant essaient de trouver la force de resister le vent et la pluie, et les brises deja froides, qui laissent un frisson sur ma peau chaude, qui resiste l'arrivee de l'automne, et ses jours plus courts, moins vibrants, avec moins de couleurs vifs, avec quand - meme la grace, des arbres, qui echangent la couleur verte de leur couronne, avec le jaune, rouge, orange, pourpre comme palette pour leurs feuilles, comme s'ils se decident entre eux, de voler les fleurs de leurs couleurs et parfums estivals brillants, enivrants. Les tetes de tournesols, qui rendront leurs graines ebenes avec humilite en nourriture pour les oiseaux qui visitent le jardin, comme les geais bleus, dans leurs plumes elegantes de qui leur couleur bleu intensement vif et brillant fait un envoutant contraste avec le jaune claire des tournesols. Les jours nuageux, je m'imagine que les tournesols sont une douzaine de petits sols magiques, venus me visiter de l'autre bout de la terre, de l'Afrique du Nord, des rivages de l'Algerie, de specifiquement, la Kabylie. Je pense aux tournesols comme symbole, comme temoignage: elles me sourient, m'encouragent avec leur presence, les jours de soleil, et les jours nuageux, et de pluie, quand meme les brises les plus gentilles, douces, ont dans leur souffle la senteur nostalgique de l'automne. Elles affirment leur lien spirituel avec le soleil, comme symboles non seulement de l'importance du soleil comme force vitale, mais aussi de la bonne fortune, de la loyaute et du bonheur. Interessant de savoir que les tournesols ont leur nom nom parcequ'elle suivent, quand plantes jeunes, la direction du soleil, et quand maturees, elles facent l'est, ou le soleil se leve, et restent dans cette position. Les tournesols, ont pour chaque fleuron de leur tete, une quantite de graines etalees dans un dessein de maximum capacite pour l'espace qu'elles y occupent: rangees en spirale de gauche et de droite, 34 graines dans une direction, et 55 graines dans l'autre direction. Pour les tetes tres larges de tournesols, c'est possible qu'il y a dans chaque fleuron 89 graines en spirale de gauche ou de droite, en une des deux directions, et jusqu'a 144 graines rangees dans l'autre direction. Ce modele fut verifie en 1979 par le mathematicien H. Vogel, et affirme le dessein spirale dit Fibonacci, apres le mathematicien celebre italien du Moyen Age, Leonardo Fibonacci (c.1170 - c. 1240 - 50), qui a rendu populaire le systeme numerique Indo - Arabe, qui a dix chiffres, y compris le numero zero, au monde de l'Occident, et remplace depuis le systeme numerique romain, avec sa publication en 1202, du "Liber Abaci", et qui a introduit aussi en Europe la sequence de numeration depuis dite Fibonacci, dans ce livre, qui allait grandement avancer et moderniser le commerce en Europe. Les peintures pre - expressionnistes de l'artiste des Pays - bas, Vincent van Gogh (1853 - 1890) et de l'artiste espagnol surrealiste Salvador Dali (1904 - 1989) ainsi que ses tournesols qu'a peint l'artiste du modernisme americain Georgia O'Keeffe (1887 - 1986) sont une illustration de la fascination continue de cette fleur festive. Pour moi, les tournesols me touchent le coeur encore plus, depuis mon lien creatif avec la Kabylie ces presque dix ans maintenant. Les tournesols de mon jardin approchent le coeur et son soleil de la terre kabyle, son esprit, sa chaleur, de son coeur chamanique, qui m'a donnee la voix a mon souhait fervent de me liberer de l'invisibilite culturelle - sociale et artistique de si longue duree. Elle est la racine de mon ame reanimee, re- connectee avec la joie, l'espoir, la victoire de la volonte, du courage maintenu pendant des decennies, vecues dans l'anonimite, dans l'immensite implacable d'une isolation culturelle - intellectuelle qui paraissait interminable. La Kabylie est le tournesol spirituel, immortel qui habite au centre de mon etre. Il y a 10 ans, l'ete avant d'etre introduite a l'Algerie et la richesse du monde kabyle, son histoire, son peuple infatigable quant au courage et coeur, j'ai pris une photo d'une de nos tournesols du jardin, et apres, je l'ait fait en broderie, un artisanat duquel je suis auto - didacte et que je pratique depuis 2007, avec mes propres dessins fait sur le tissu, d'abord en crayon, et apres avec aiguille et fils de couleurs metalliques brillantes. J'ai fait plusieures pieces en broderie de ce style, que j'ai apportee a Tunisie en 2023, quand j'y ai rencontree a Tunis a mon collegue, le photographe Nacer Amari, de Tassi Photographie, et son cousin, Mounir Amari. Les 6 pieces que j'avais apportee, sont depuis en Kabylie: 3 pieces pour Nacer Amari, a base de 2 de ses photos, d'une hibiscus rouge, et une riviere - cascade en Kabylie, et de fleurs orchidees aigrette, symbole du monde des reves. Deux des pieces de roses blanches et d'un coucher du soleil au Sahara, ou il travaille, etaient faites pour le photographe Djamil Diboune, et une piece de fleurs marguerite jaune pour la photographe Katia Djabri. J'ai finie depuis une broderie pour le photographe Lotfi Bouslah, d'une lune avec un corbeau en vol, et deux pieces pour le photographe Nacer Amari, d'une fleur Hibiscus jaune et d'une fleur et son papillon, desquelles j'ai aussi fait deux dessins en encre et couleur. Pour l'image partagee avec cet article, j'utilise ma broderie de tournesol, car n'importe la pluie qui annonce que l'ete approche la fin de sa lumiere et chaleur, le soleil au coeur me reste, comme un grand tournesol avec ses petales jaunes dores brillantes comme un phare neon dans le noir de tenebres des moments et jours difficiles. J'ajoute ce poeme, que j'accroche comme une broche en orchidee aigrette, a ce partage reflexif autour du tournesol, et sa presence spirituelle - artistique, au centre du coeur de mes reves, que l'ame de la Kabylie, me rend visible, m'en realise les souhaits, comme dans un conte magique, apres les avoir repetes dans le silence le plus profond et seul de mon coeur depuis toute une vie:
Le Temoignage
"Et, ... que dire, alors, de la joie, de se savoir re - connectee, retrouvee, en ame, coeur, corps et esprit, sauvee de l'abime et du desespoir, du neant de l'oubli? De se savoir entendu, vu, connu, au - dela des ponts longs qui doivent traverser la distance de continents, d'oceans, de mers, pour se revoir, se celebrer?
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Comment traduire l'energie, de se savoir en vie, finalement, dans ce battement de coeur, comme venu d'un tambour de fete, de pouvoir partager le sourire, le regard et sa tendresse, sa douceur, des yeux qui se touchent, s'embrassent, qui sentent le rythme de ses vagues et ses emotions de tant de bonheur?
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Que dire, alors, de ce moment, quand la solitude et ses blessures comme autant de fumee, s'evaporent, pour ceder la place a l'extase et ses delires, la poussee decidee avec assurance, pour la chance au vol libre, ayant survecu avec patience, avec courage, tants de perplexants defis?
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Voila ce que m'inspire le theatre estival, silent et solennel, de leurs tiges hauts et des petales brillants jaunes des tournesols qui chaque matin m'attendent au jardin. Voila ce que le soleil majestueux et la visite des abeilles qui elles recuperent les regals riches des fleurs belles, m'assurent, sous la lumiere du ciel vibrant.
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Voila, ce que veulent exprimer les mots de mon poeme: la joie me regalee par ma famille de coeur kabyle, la fierte de me savoir proche a l'ame des heritiers fiers, des incontournables peuples de l'Afrique du Nord, des Imazighen de l'Algerie: qui m'ont sauvee des tourmentes de l'exile, m'ont guerie mon identite, mes racines.
Trudi Ralston
"Il parait qu'un lien invisible nous unit, et que cela a toujours ete le cas." - mots de l'acteur americain, Garrett Hedlund (1984), dans le role de "Russell", de "Desperation Road" ("Nulle part sur la terre") de 2023, a base du roman du meme titre de l'ecrivain americain de Mississippi, Michael Farris Smith (1970), et fait en film par la scenariste - actrice americaine, Nadine Crocker (1988).
L'information sur la science botanique du tournesol, et sur le mathematicien italien, Leonardo Fibonacci, courtoisie de Wikipedia.