Saturday, June 13, 2026

La Marque: Le Cri Silent du Cerisier - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

             Il y a 38 ans, mon mari et moi ont achetee une petite maison proche a la nature, aux arbres abondants et avec l'espace detendue du ciel grand ouvert ici a Olympia, au coeur de la region du Pacifique Nord - ouest des Etats Unis, a l'etat de Washington State, juste en - dessus de l'etat d'Oregon et en - dessous de la province de British Colombia, du Canada, qui nous separe de sa frontiere de juste quelques heures en voiture. La maison est dans un voisinage tranquil, et a juste 92,9 metres carres, est d'une taille modeste, a juste un rez de chaussee, mais j'en aime son sens d'intimite, surtout qu'on a un grand jardin, avec une grande terrasse, qui devient une addition a l'espace, et qui est au rebord d'une reserve forestiere, pleine d'oiseaux, et de cerfs, d'ecureuils, de ratons - laveurs, d'opossum, de coyotes parfois aussi, qui visitent le jardin, et me donnent un sens de lien avec la nature ici, avec son esprit, sa presence, sa beaute et sa sagesse. La maison fut construite en 1984, par une famille qui avait survecue comme refugies la guerre en Vietnam, et ils avaient decidee de vendre la maison, pour avoir la chance de trouver une maison plus grande pour eux et leurs 3 enfants. Au milieu du jardin ici, il y a un grand cerisier, qui donne une bonne mesure de cerises, et aussi de l'ombre en ete. J'aime beaucoup cet arbre, qui accueille les colombes amoureuses en printemps, et leurs chants et coquetteries charmantes, ainsi qu'un tas d'ecureuils qui lui montrent leurs talents d'acrobates agiles. Recemment, on a du enlever 3 arbres, un cedre aux racines epuisees, et 2 sapins d'Oregon, dont un avait le tronc fourchee, qui lui rendait au risque de briser, et causer des degats considerables si proche a la maison, et l'autre avait des degats au tronc. Les etes deviennent chaque fois plus chaudes ici, comme ce weekend, avec des temperatures qui avant meme le debut officiel de l'ete atteignent 32 degres Celsius, ce qui avec la grande quantite de sapins qui nous entourent, augmente le risque d'incendies. Le bucheron en charge de l'equipe qui a abattu les trois arbres, m'a expliquee que les sapins d'Oregon qui sont tres prevalents ici dans notre region, sont pleins de rassine, qui les rend tres combustibles dans les cas d'une incendie: ce sont des sapins tres lourds qui sont pleins de liquide, et chaque piece de leur tronc que lui et son equipe de 6 hommes devaient transporter apres, pesait 181 kilos. Apres, je lui ai demandee de tailler le cerisier, qui avait grand besoin de soin de ses branches, et qui etait difficil de le faire sans expertise et outils professionnels, ayant une hauteur de 21 metres maintenant. Il y avait aussi une corde que mon mari avait oubliee d'enlever, mise autour du tronc, comme ancre d'un hamac, qui avait avec les annees, laissee une profonde entaille, et etait en train de tuer le cerisier. J'avais essayee plusieurs fois de l'enlever moi - meme, mais la corde etait nouee plusieurs fois, et avait en plus un grand fermoir en metal rouille et lourd. C'etait un moment tres emouvant quand le bucheron a coupee la corde, et de voir la blessure au tronc qui avait du causer pas mal a l'arbre. Trois jours plus tard, le cerisier se voit deja mieux, et je me rappelle encore les mots du bucheron: "Cet arbre etait en train de suffoquer lentement, souffrait la privation de nutrition pour son tronc, pour ses branches, ses fleurs et ses fruits. C'est pour ca que certaines de ses branches se voyaient si faibles, si en detresse." C'etait un moment de celebration, de joie pour moi, de savoir qu'en fait, malgre le scepticisme autour de moi, cette corde etait la cause des degats a l'arbre, que le bucheron m'a assurait etait enlevee de l'arbre a temps. Voir la cicatrice qu'a laissee la corde le long du temps et ses saisons, tout autour du tronc, et la toucher legerement, a reveillee une vague d'emotions, autour de l'effet qu'a l'imposition de la volonte sur ceux qui en souffrent les consequences. Ces effets ne sont pas toujours le resultat de mauvaises intentions, parfois si, mais souvent c'est ce qui suit comme effet de l'indifference, de l'inattention, que ce soit envers le soin propre pour un arbre, ou le traitement negligeant d'un animal, et dans le pire des cas, de la tourmente imposee sur une personne, ne pas assez resistante de se defendre, de reagir, ou physiquement, ou affectivement. L'ecrivaine et philosophe existentielle francaise, Simone de Beauvoir (1908 - 1986), est l'auteure du livre "Le Deuxieme Sexe" (1949), controversiel pour sa position radicale, autour de roles traditionnels dans le mariage, qu'elle voyait comme une forme d'esclavage autant pour les hommes que les femmes, avec des effets douteux pour les enfants qui doivent en encaisser les influences du stress entre les parents. Comme partenaire du philosophe et ecrivain Jean - Paul Sarte pour 50 ans, elle a toujours refusee de lui marier et n'a jamais eu des enfants. C'est sur que son attitude envers les relations sexuelles etait et reste un sujet de controversie, mais il y a une phrase fameuse dans son livre "Le Deuxieme Sexe" qui resonne quand - meme, dans un monde ou les droits de la femme restent en arriere plan, meme dans les pays qui se considerent etre a la vanguarde de l'egalite des sexes: "On ne nait pas femme. On le devient." Interessant de noter, que l'ecrivain algerien - francais Albert Camus (1913 - 1960), qui a un moment donnee etait ami de Simone de Beauvoir voyait "Le Deuxieme Sexe" comme "Un insulte a l'homme latin." Le comportement d'influences controversielles envers certaines de ses jeunes etudiantes quant a accusations d'abus sexuel, de la part de l'ecrivaine feministe lui a possiblement fait rater plusieurs fois recevoir le Prix Nobel de la Litterature, lui consideree de le recevoir en 1961, 1969 et 1973. La controversie vehemente autour de sa personne et sa vie ont ete cause que le Vatican allait bannir le livre "Le Deuxieme Sexe" qui voyait le paternalisme et ses influences ubiques comme raison centrale de l'oppression continue, sociale - politique - intellectuelle de la femme. Ses mots de Simone de Beauvoir ont une resonance complexe pour moi, vu du fait que l'abus affectif que j'avais subi comme enfant et adolescente n'etait pas suite du traitement d'un homme, ne venait pas du cote du monde masculin: en fait, les apprentissages artistiques - intellectuels les plus importants et durables viennent de mon pere et de mon oncle peintre Frans. Ils ne m'ont jamais donnee l'impression que j'etais moins, parceque j'etais nee fille. L'abus donc, dans mon cas, venait de ma mere, et voir la blessure, sa cicatrice profonde dans le tronc du cerisier, m'a causee une sensation de soulagement, pour l'arbre, et pour le symbolisme quant a mon ame, mon coeur, ma vie. Et dans ce melange brulant de fortes emotions, comme une lumiere douce, calmante, il y avait la pensee de la presence salvatrice, guerisante pour mon etre poetique, creatif que me donne la Kabylie. Sous la lumiere intense du ciel azur du jour ici, je lui a dit merci au soleil, cet astre qui brille sa chaleur cette apres - midi, m'apportant sa brillance doree qui avec 8 heures de difference avait illuminee ma Kabylie, ou reside ma famille de coeur, ma muse, la flute et l'echo de mes visions, qui me redonne dans l'espace ample de son coeur, mes plus belles memoires de mon enfance et adolescence, et m'inspire le recharge de mon courage, de l'espoir, et est le baume de mes jours, de mes nuits, de leurs souhaits, de leur energie. Comme le cerisier, qui revait et criait en silence de se voir libre de la corde asphixiante, moi aussi j'ai envisionnee avec beaucoup de tenacite la liberation de mon etre enchainee, en agonie de s'avoir la voix, l'esprit libre du fardeau de l'invisibilite, de l'indifference toutes ces annees d'isolation, de la tourmente de me sentir sous le sortilege d'une solitude qui me coupait le souffle, jour apres jour, saison apres saison, muette, mise a cote, oubliee, comme etait le sort pour si longtemps du cerisier, maintenant a nouveau fier, ses racines, son tronc, son esprit ne plus prisonniers. La marque que laisse l'indifference sur l'ame, souvent ne s'efface plus tout a fait, mais, parfois, le destin nous sourit, nous fait un geste de charite, de gentillesse, d'amour, et apres, la cicatrice et sa marque n'est plus un signe d'humiliation, de souffrance, mais de victoire, de douce reconnaissance d'avoir recue, d'etre permis, une seconde chance dans la vie. 

Trudi Ralston 


L'information sur l'ecrivaine - philosophe Simone de Beauvoir, courtoisie de Wikipedia. 

Wednesday, June 10, 2026

Ame Ebouriffee et Os Demanteles: Une Deconstruction Evasive - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

              L'autre jour, j'ai ete envahie d'une vague de manque, comme une sorte de sensation de se sentir de - ancree, ne pas connectee a la realite concrete de la ville, ou est le gym qu'on frequente 3 - 4 fois la semaine. L'ambiance au gym est assez agreable, je suppose, les gens y sont polis, juste distant, et je ne sais pas si c'est le resultat d'un monde tellement violent, que le coeur humain recule, car, il y a 7 ans, avant la pandemie du Covid, ce meme gym avait une ambiance beaucoup plus accueillante, et les gens se parlaient, s'entre - aidaient. Cette atmosphere maintenant, bordant au froideur, a l'indifference, m'avait mis dans une reflection melancholique, qui m'a fait revisiter un album du chanteur canadien - americain folk - rock alternative, Neil Young (1945), son album "Harvest" (Recolte) de 1972, fameux pour ses chansons iconiques qui refletent une attitude critique envers l'obsession ethno - centriste d'un systeme politique - judiciaire qui essaie de justifier, avec pas mal d'hypocrisie, les contradictions ideologiques de l'histoire et de sa raison d'etre des Etats Unis. L'album a 10 chansons, et il y a 3 qui ont une resonance forte de poemes, qui ont une intensite lyrique et affective - intellectuelle, qui sont devenus pour moi un elixir, une catharsis, qui sait chasser les ombres de manque, de la sensation de re - racinement, d'isolation, meme 50 ans apres mon arrivee aux Etats Unis. La chanson "A Man Needs a Maid" ("Un homme a besoin d'une femme de menage"), traite de la confusion endemique au sujet du complexe masculin, qui ne sait pas resoudre la solitude avec le droit au besoin affectif que sent sa personne, une chanson tres franche et emouvante. La chanson "There's a World"("Il y a un Monde) parle de la nature elusive de l'appartenance, de l'amour, et la chanson "Words Between the Lines of Age"("Les Mots entre les Lignes du Temps") est un poeme de forte implications mystiques et angoisses existentielles tout en un. C'est une chanson qui pese lourdement, aux tonalites surreelles, qui touchent cette ligne invisible, entre le monde de tous les jours et ce monde qu'habitent les esprits libres, les chamans, les visionnaires, et les ames innocentes que le monde considere abimees, disponibles. Tout ensemble, l'atmosphere clinique - sterile du gym, la sensation de l'absence de chaleur humaine que la musique de l'album "Harvest" de Neil Young adoucissait, cet album que j'avais ecoutee pour la premiere fois a l'age de 22 ans, au Texas, m'a evoquee cette image d'une ame ebouriffee, entouree de ses os demanteles, et j'ai pensee a ce mot de la philosophie des annees 1960, du philosophe francais, qui a vu sa naissance en Algerie, a El Biar, Jacques Derrida (1930 - 2004): deconstruction. De nos jours, le mot "deconstruction" se refere au demantelement de tradition, d'idees et pensees traditionnelles. Dans le contexte duquel Jacques Derrida parlait, le mot "deconstruction" se refere a un methode d'analyse critique qui implique un examen proche d'un texte ou d'une idee, pour lui reveler ses contradictions cachees, et les couches complexes. Pour Jacques Derrida, langue et ecriture sont deux formes d'une "archi - ecriture" generale, qui inclut non seulement toutes les langues naturelles, mais aussi toute representation. Son influence de ses 40 livres, etait et reste considerable, dans le monde des humanites, de la philosophie, de la litterature, de la musique, de la sociolinguistique et de la psycho - analyse, ainsi que de l'architecture et de la theorie politique.  Tout ce melange de sensations, autour de l'isolation culturelle, du manque, de langue, de signification, m'a fait penser aussi au surrealisme, qui se sent bien a l'aise dans l'alienation intellectuelle et sociale. Vu le chaos et la violence viscerale dans le monde en ce moment, le retour au surrealisme dans le monde des arts n'est pas surprenant. J'ai ainsi decouvert, pendant ma recherche pour cet article, les sculptures en porcelaine de l'artiste de Hong Kong, Johnson Tsang (1960). Ses portraits en porcelaine blanche de visages ont une qualite de masques, qui revelent le monde interieur et ses visions, ses hallucinations, du protagoniste, avec le moyen de la physionomie malleable, pour devenir une expression en mouvement dynamique, dramatique, surreelle a la fois arretant et amusant. Dans le monde de l'architecture, je pense a la photographie de l'artiste espagnol, Dionisio Gonzalez (1965) qui vit et travaille en Seville, et qui avec l'outil de la manipulation des images qu'il fait d'edifices, cree un monde de distortions visuelles, qui met en question notre lien avec l'architecture comme phenomene culturel - spirituel, et pose des questions autour de son futur, avec l''invitation de l'imaginer ses possibilites, meme jusqu'a y atteindre l'absurde. L'artiste - ecologue americain, Patrick Dougherty (1945) aussi cherche de re - decouvrir le lien entre objet et signification, dans ses structures faites de batons et jeunes arbres, qui revelent une influence et admiration pour le genie et l'histoire de l'architecture des cultures de l'Afrique. Au Nouvelle Zelande, il y a un artiste peintre et sculpteur, Bruce Mahalski, qui fait des masques et portraits faits avec des os d'animaux pour faire honneur au lien qu'a l'homme avec toutes les creatures de la nature. Il utilise aussi des cranes, et parfois meme un os humain, pour nous faire rappeler que l'etre humain aussi est membre - et etre mortel egalement - de la famille terrestre qui habite la planete, et que le respect pour la nature est essentiel, pour la survie de l'homme et toute la faune et flore, sans lesquelles l'homme ne survivra pas. Ses murailles en couleurs brillantes celebrent la diversite de la nature, quant a animaux marines et terrestres. Ses sculptures en os, peuvent etre parfois un peu inquietantes, par le fait qu'il utilise les os en pieces, grandes et petites et des cranes, d'animaux surtout, mais au sujet Bruce Mahalski defend sa vision ainsi: "Je vois les os comme une sorte de peinture." Les cranes surtout, il voit comme special, comme une facon de connecter l'etre humain au reste de la nature, et comme un acteur qui est un lien avec notre passe biologique. Il dit: "Je vois les cranes et ces objets, les os, comme des telephones spirituelles qui donnent entree a d'autres dimensions." Son art il voit comme etre grandement influencee par les collections d'art ethnologique et les oeuvres artistiques crees avant l'arrivee et imposition de l'Occident. Cette belle exploration perambulatoire dans le monde des arts contemporains, m'ont soulagee le sens de manque, d'absence, comme ces partages m'inspiree par le lien avec ma muse kabyle, sait le faire si bien, si uniquement. L'Afrique du Nord est l'Etoile du Nord, qui guide, qui accompagne mon esprit et coeur, et leur soif pour l'energie creative et ses inspirations, ses passions, depuis mon enfance, et tres definitivement, depuis l'age de 14 ans. Le monde de la photographie, auquel mon pere m'avait introduit tres jeune, avant l'age de 10 ans, et que la grace de la rencontre et introduction au monde de la portraiture et nature mortes et paysages du photographe kabyle d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie ont permis que ma voix de poete, d'artiste rendue inaudible, invisible, a vu se renaitre des cendres de l'indifference, de l'oubli, pour avoir la chance de vivre la joie, la fierte, la dignite, de m'avoir recclamee mon identite, la totalite de mon etre affectif - creatif - intellectuel, libre. En conclusion, ces mots du poete perse Sufi, Rumi (1207 - 1273): "La brise a des secrets a te partager. Tu dois demander ce que tu veux vraiement. Ne te rendors pas. Les gens vont et viennent sur le seuil ou les deux mondes touchent. La porte est ronde et grande ouverte. Ne te rendors pas." Me sentir en vie 100%, coeur, corps et ame, dans l'accueil et sa grace et sagesse et amour de l'esprit eternel, courageux kabyle, me permet savoir, que je vis finalement, apres tants de defis, tant de pertes, le destin me souhaitee le jour de ma naissance, dans un village en Flandre, par l'esprit futur d'un chaman en Afrique du Nord, qui a du prevoir ce lien spirituel - artistique kabyle, si proche maintenant, apres toutes ces annees difficiles d'un exile long et exigeant, que meme deux oceans et une mer qui me separent de ses rivages, ne savent pas eteindre le pouvoir et l'energie creative de la flamme, de la magie, qui illuminent et accompagnent les chants de mon coeur, de mon ame.    

Trudi Ralston


La recherche sur la philosophie de la deconstruction de Jacques Derrida, sur l'art et leur vision des artistes Neil Young, Johnson Tsang, Dionisio Gonzalez, Patrick Dougherty, et Bruce Mahalski, courtoisie de Wikipedia. 

Saturday, June 6, 2026

Le Pinceau en Soie: L'Ombre de l'Eau qui Coule - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            Le silence paisible du jardin ici a Olympia, tres tot le matin en printemps et ete, m'accueille avec son esprit reflexif qui est un refuge du monde et ses violences qui parait envahir tous les coins de ce qui reste du coeur de l'humanite. Cela donne l'impression de se trouver dans une piece de theatre, duquel on apres se rend compte etre interdit de sortir, de devoir rester comme acteur prisonnier de ses actes, voyant en bas les sieges ou devrait etre le public, vides, abandonnees. Les lignes entre le reel et l'irreel, entre le tangible et l'absurde, deviennent, avec chaque jour qui passe, chaque nouvel acte de brutalite des guerres qui tuent, qui devorent la vie de milliers de civils innocents, presqu'invisibles, et creent dans l'esprit cette malaise croissante, comme si au lieu d'avancer vers une ere d'illumination, de sagesse, d'innovations guerisantes, le monde marche en arriere, a une vitesse alarmante, et on se dirait a nouveau au Moyen Age, ou pire, ou un poignee de tyrans avides de carnage, de sang, dominent la terre et ses peuples rendus impuissants. Je pense encore a cette verite historique deprimante: a la hauteur du pouvoir de l'empire romain, 50% de toutes les personnes dans ce vaste et puissant empire etaient des esclaves. On risque de s'y trouver a nouveau, dans le chaos d'aujourd'hui et le delire du monde post - industriel et ses obsessions de la part d'une elite de dirigents pour le controle total de toutes les ressources de la terre, deja epuisee de tous les abus qu'elle a souffert et continue de subir. Cela rend triste au coeur, la pensee que le mal parait etre la force qui domine tout en ce moment, et que l'effort de la part de toutes ces personnes courageuses qui se battent contre cette triste realite, risque d'etre ignoree, effacee, comme les lignes d'un crayon par une gomme indifferente, impitoyablement efficace. L'esprit pourtant, continue de parler au coeur vigilant, et je pense souvent encore aux mots d'un ami religieux de mes annees comme jeune personne en Flandre: "A cote de tout le mal qui devore le monde, il existe une autre realite, d'egale puissance, invisible, qui avec patience, continue de travailler pour le retour d'une terre ou c'est la charite, la joie, l'amour et le courage qui regnent, en equilibre avec la sagesse de l'esprit de la nature, ses lois, ses connaissances." J'espere que cette clairvoyance spirituelle aura la derniere parole.  Les moments de silence au jardin, qui me permettent la reflection, la chance de respirer tranquillement, de recharger mon esprit, sa confiance, sa conviction que l'espoir et son courage m'accompagnent, maintiennent le lien si fort avec l'esprit de la Kabylie, ma muse de qui je sens sa presence de facon concrete, dans l'energie de mes poemes, de mes explorations pour mes articles, mes livres qui sont le pont entre mon monde ici et le monde artistique de mon collegue photographe en Aokas. L'esprit, qui me visite dans la chaleur et son toucher des rayons du soleil au jardin, qui me parle dans cette langue et ses symboles anciens des ancetres des Imazighen de qui l'echo de leur voix resonne dans le frisson doux que me laisse la brise sur le visage, sur la lumiere doree de la lune tard dans la nuit, quand la pensee a la Kabylie laisse la carte routiere pour mes reves nocturnes et leurs voyages dans le temps et dans l'espace. Il y a beaucoup d'animaux qui visitent le jardin ici, qui me rendent visite de la foret qui commence juste de l'autre cote du jardin. Des oiseaux surtout, et aussi des cerfs, des opossum, des ratons laveurs. Leur presence me rappelle que toutes les formes de vie sur cette terre, ont de l'esprit, qu'on est dans ce sens tous membres de la meme force vitale, l'arbre autant que le cerf, autant que l'abeille, la fourmis, la colombe, la brise, le soleil, la lune, et l'etre humain, et la terre meme, les rivieres, les mers, les oceans et toute vie qui y bouge, ainsi que les montagnes, ces gardiens de milliers d'annees de sagesse gardee, sauvee, protegee. C'est profondement emouvant et rassurant aussi, de sentir et comprendre cette verite, et c'est aussi dechirant de se rendre compte qu'il y a des ideologies qui depuis des milliers d'annees aussi, cherchent a detruire l'universalite de l'esprit qui unit toute vie sur terre. Je me rappelle lire un article sur les cultures aboriginaires de l'Australie, ou un chaman disait en toute sincerite a un scientifique etranger qui y faisait ses recherches sur l'anthropologie des cultures originaires: "C'est vraiement triste, de penser que tu n'as jamais entendu chanter les etoiles." L'homme moderne et ses manies  que le colonialisme et ses indoctrinations ont laissees comme heritage honteux, ces trous noirs, qui devorent et laissent l'ame vide, impuissant, si on ne resiste pas ses hallucinations, se trouve sur le rebord d'un cataclysme qui risque d'aneantir l'humanite, et pourtant la destruction des ressources de la terre continue a une vitesse alarmante, aggravee maintenant encore plus par une chaine de geurres d'une brutalite medievale, qu'aucun pays qui pourrait influencer cette demarche fatale, parait pret d'arreter. On parait sous le sortilege de mauvaises augures, et a voir, si la bonne volonte et son energie de la part des esprits qui revent et se battent pour un monde meillieur recevront l'aide et la grace qui permettra que l'esprit de la terre se recupere, et s'unisse a nouveau aux coeurs de dirigents qui possedent la volonte et le courage de nier le mal son ultime victoire. La pluie aujourd'hui ici au jardin a Olympia tombe avec un rythme enthousiaste, et laisse son parfum frais sur les fleurs du chevrefeuille et des pivoines, et m'unit au souffle chaud et rassurant du coeur et de l'ame de ma famille de coeur en Kabylie. Et dans un moment emouvant, et fier, digne, je m'imagine le chaman kabyle qui m'inspire la voix de mes visions et inspirations creatives, etre le pinceau en soie, l'ombre patiente, fluide de l'eau comme de la pluie rafraichissante, qui illumine, rend plus claire, plus visible, les nuances des couleurs qui me guident les narratives, les souhaits, de mes poemes, de mes dessins qui celebrent ce lien sublime qui m'unit mon esprit flamand en exile a l'esprit eternel resistant kabyle. C'est le poete et mystique Sufi perse, Jalal al - Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), qui a dit: "Pour ceux qui aiment coeur et esprit, la separation n'existe pas." Que ce pont qui m'unit sa traversee avec la Kabylie et le monde des Imazighen de l'Afrique du Nord, continue de me guider, de m'inspirer, de me garder proche a son sein et sa chaleur, sa grace, et la charite transformative, guerisante, la sagesse de son accueil. 

Trudi Ralston

Tuesday, June 2, 2026

Sur les Rives du Lac Kivu: La Connection Associative dans "Mustapha" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

               Les fils qui font la texture, le dessin, et les couleurs d'un tissu sont indispensables, pour produire un tapis, une broderie, un habit, et pourtant, ces fils deviennent presqu'imperceptibles dans l'ensemble une fois finie. Cela parait etre une belle image, pour le tissu de la vie d'une personne, duquel les lignes qui unissent l'histoire et ses experiences de notre chemin qu'on traverse souvent restent invisible, et pourtant, elles sont la matiere qui define notre etre, ses exploits, des defis, son passage sur cette terre. Un portrait en noir et blanc, "Mustapha" du 25 mai 2026, du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, a evoquee la memoire d'une personne bien unique de mon enfance en Flandre, un oncle, qui etait le mari de la soeur ainee de ma mere, et qui etait sculpteur. Cet oncle s'appelait Frederic Minne (1907 - 1978), et etait le 8eme et plus jeune enfant du celebre sculpteur belge, George Minne (1866 - 1941), qui allait influencer toute une generation d'artistes fameux en Belgique, en France et en Allemagne, comme l'ecrivain belge, gagnant du Prix Nobel pour la Litterature, Maurice Maeterlinck (1862 - 1949) pour qui George Minne a fait les illustrations pour plusieurs de ses livres. George Minne a influencee avec ses sculptures l'art du peintre autrichien Gustav Klimt (1862 - 1918), fameux pour son art symboliste et ses portraits. Auguste Rodin (1840 - 1917), de qui George Minne voulait apprendre de la technique de ses sculptures, lui a fameusement dit au jeune artiste flamand: "Je n'ai rien a t'apprendre." Frederic Minne allait vivre au Pays des Galles avec ses parents et freres et soeurs pendant la Seconde Guerre Mondiale, et apres la guerre, a vecu en Afrique, pres du Lac Kivu, ou il travaillait comme sculpteur, pour 10 ans. Cette experience allait lui marquer le style et le sujet de ses sculptures en bronze, et la nostalgie d'avoir du partir de l'Afrique apres son divorce, et retourner en Belgique, ne lui a jamais quittee. C'est le regard, calme, un peu lointain, interieur, du protagoniste "Mustapha" dans le portrait que lui a fait le photographe Nacer Amari de l'educateur, qui etait un mentor qui inspirait beaucoup de ses eleves du lycee Chabane Amar d'Aokas, comme indiquent les mots d'hommage qu'inspire ce portrait, qui me rappelle beaucoup au regard de mon oncle Frederic, qui avait une disposition tres accueillante, qui inspirait le calme, une ambiance detendue, et quoiqu'il n'avait pas lui - meme des enfants, il avait une attitude de tolerance et de gentillesse acceuillante envers nous, ses neveux et nieces. Il aimait aussi les chapeaux, un peu dans le meme style comme le porte le protagoniste du portrait "Mustapha", une habitude qu'il avait gardee de ses annees en Afrique equatoriale, pour se proteger contre le soleil fort. Voir ce portrait est comme un voyage dans le temps. Je me vois a nouveau a la maison d'oncle Frederic, ecoutant ses contes sur ses annees pres du Lac Kivu, sur la beaute majesteuse de sa nature de l'Afrique, et ses experiences avec la culture de la region, et souvent il racontait une partie de ses memoires en Swahili, qu'il parlait bien. C'etait hypnotisant, comme enfant de dix ans, de lui entendre parler dans cette langue qui pour moi etait comme une melodie, venue d'un monde lointain, duquel mon oncle parlait avec tant d'affection, et tant de respect. Je me rappelle qu'il avait un tapis fait de fibres de feuilles de la plante de la banane. Le tapis etait en couleurs oranges et jaunes et marrons vifs, en dessin geometriques, et etait doux au toucher. Quand mon oncle en parlait, et le toucheait avec ses mains grandes, j'avais toujours l'impression que ce tapis lui rappelait a une personne tres chere. Ecouter les contes de ses annees vivant en Afrique, autour du feu de sa cheminee en hiver, avec mes parents, et avec son epouse, ma tante Agnes, etait une experience inoubliable, entouree des sculptures des femmes et des enfants congolais qu'il avait fait et qu'il celebrait dans son art, et qui m'a inspiree le desir de vouloir connaitre et apprendre sur ce vaste fascinant continent de l'Afrique. Et, en fait, a l'age de 23 ans, j'ai eue la chance de visiter le DRC, et je ne suis pas arrivee au Lac Kivu, mais j'ai eue la chance de passer une journee envoutante pres de la Fleuve Congo immense, qui touche les villes de Brazzaville, Kinshasa - ou j'etais -  de Kisangani, Matadi, Boma, Mbandaka, et Muanda, et qui est la troisieme plus grande fleuve en volume sur terre. C'etait magique, y voir pousser sur les rives l'historique plante aquatique, Cyperus papyrus, originaire de l'Afrique, et source du papier de l'Egypte ancien. Comme le portrait "Mustapha" m'inspire des beaux souvenirs de mon oncle le sculpteur, qui m'avait introduit au monde de ses annees au Congo, pres du Lac Kivu, je voulais maintenant aussi apprendre plus sur l'ecologie du lac, et c'est ainsi que j'ai appris que ce lac est un de seulement 3 lacs sur terre qui est defini comme etre un lac meromictique, ensemble avec le Lac Nyos et le Lac Monoun en Cameroun. Un lac meromictique a une couche de surface d'eau douce qui devient plus salinee avec la profondeur. Ce type de lac a des episodes, environ chaque 1000 ans, d'eruptions limniques, ce qui sont une categorie de desastre naturel, dans lequel le renverser des couches stratifiee d'eau profonde rejete du dioxyde de carbone dissoud. Autour du Lac Kivu, le troisieme plus grand lac sur terre, quant a volume, apres le Lac Tanganyika en Tanzanie, et le Lac Baikal dans le sud de la Siberie en Russie, les scientifiques ont trouvee de l'evidence d'extinctions massives suite de ces eruptions limniques. La raison de declenchement d'un tel evenement de degazage est inconnu, mais on suspecte que le changement de climat et l'activite volcanique sont deux principales causes. La composition chimique du gaz du Lac Kivu inclut le methane (CH4) et le dioxyde de carbone (CO2), un effet de l'interaction de l'eau du lac avec des sources thermales volcaniques.  La quantite de methane que contient le fond du lac on estime est de 65 kilometres cubes, ce qui dans une fabrique qui genere de l'electricite, serait environ 40,000 megawatts, suffisant pour un an, ce qui est l'equivalent d'un immense barrage a sa plus haute capacite. Le commencement de realiser depuis 2011 des plans pour faciliter l'extraction de cette enorme presence de methane du Lac Kivu, rendra a Rwanda un pays qui saura augmenter la capacite pour generer de l'energie 20 fois plus grande, ainsi que se trouver dans une position de pouvoir faire le commerce en energie avec ses voisins.  Le Lac Kivu a aussi un cote troublant: ensemble avec le methane, il y a aussi le danger des effets toxiques d'explosions de gaz, car le lac tient on estime 256 kilometres cubes de dioxyde de carbone, qui quand il y a une telle explosion, causerait la suffocation de tous les habitants autour du lac dans les grandes villes, qui l'entourent, comme Goma. En total, une telle explosion, qu'en Swahili on appelle "mazuku", ce qui se traduit comme "vent malevolent", mettrait 2 millions de personnes en grave danger.  Ce portrait "Mustapha" du photographe kabyle Nacer Amari a su me transporter vers un moment dans mon enfance d'une personne unique quant a son influence sur mon desir de connaitre les cultures de l'Afrique Centrale, d'y voyager, de les comprendre. Ce portrait sait faire une connection associative, ce qui est tres interessant de comment le monde des arts sait rendre visible les traits qui unissent les experiences qui sont les composantes de notre identite et comment elle fonctionne, comment elle interprete la realite qu'on navigue. Cette idee de la connection associative, se refere au phenomene quand un sujet cree un lien entre un stimulus, par exemple, auditif, ou dans le cas du portrait "Mustapha" visuel, ou un comportement et le stimilus initial. Le mot association du latin, veut dire connection, et dans la psychologie associative, populaire entre les XVII - XIXeme siecles, on explique la dynamique des processus mentaux a base de l'idee de l'association. La psychologie moderne, par exemple, la psychologie du comportement, depend grandement sur la connection dans la perception mentale, entre objets, phenomenes, evenements. La definition moderne du mot "association" est vu comme "une connection entre des phenomenes mentaux, dans lesquels la realisation, la concretisation d'un d'eux permet la manifestation de l'autre." Un fascinant rythme quant a la capacite intellectuelle de l'etre humain, de ranger son monde interieur et exterieur, et que les arts savent rendre plus tangible, plus accessible, pour exactement savoir aussi, comment dans le cas de la peinture, et de la photographie, rendre visible les signes, les chiffres mysterieux, du monde visible qui essaie de comprendre le monde invisible de nos experiences, qui vivent dans notre memoire, nos sensibilites, notre personne soigneusement construite pendant le cours de notre vie. Le portrait "Mustapha" de l'educateur, du mentor qui a laissee une empreinte durable sur ses eleves, comme la personne qui sait inspirer, motiver, guider la suivante generation de jeunes, a su en meme temps m'inspirer la memoire d'une personne dans un autre monde, dans un autre temps, qui a sa facon aussi, comme artiste et explorateur, etait un mentor pour moi. Cette exploration de ce portrait "Mustapha" du photographe portraitiste kabyle, qui invite la reflection, a su unir la memoire de ses annees en Afrique equatoriale de mon oncle artiste Frederic Minne et son influence sur mon enfance en Flandre et ses imaginations et sa curiosite envers le monde, au monde d'un mentor important dans la memoire du photographe Nacer Amari et ses amis, en Algerie, en Afrique du Nord, qui depuis mon enfance deja etait et depuis reste une influence d'inspiration centrale, qui s'est epanouie comme la muse quintessentielle, qui dirige, guide, l'evolution et liberation de mon etre creatif, et sa voix, sa manifestation, la joie, guerison et la catharsis de son expression litteraire en prose et poemes, qui celebrent les memoires et experiences de ma vie passee, et presente, que l'esprit et coeur de la Kabylie accueillent, invitent de vivre leur energie vitale, si longuement en exile, perdue de vue.  

Trudi Ralston 


La recherche sur l'ecologie unique du Lac Kivu, sur la vie de l'artiste belge George Minne, et sur la psychologie du comportement, courtoisie de Wikipedia et sur l'information presentee dans le livre "memento Memory" d'Elena Sosnovtsenoi de 2021, de Alpina Publisher House de Moscou, qui se concentre sur la publication de recherches et etudes en psychologie.     

Friday, May 29, 2026

Deplier les Espaces du Temps qui Passe: dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" - dediee a Nacer Amari

              Cela reste un defi de multiples configurations souvent contradictoires en frequence et dimension, se savoir loin en distance physique des personnes auxquelles on se sent proche en ame, en esprit, en coeur. Je dirais qu'on apprend de le tolerer, comme un pull qu'on pensait doux, mais qui gratte la peau quand - meme, n'importe combien de fois on le lave en esperant que cette fois son toucher prouvera etre agreable, confortant. Dans cette configuration, le temps y est un personnage complexe et intrigant, qui joue un role de mediateur qui est aussi un illusionniste, de magicien, qui cherche de camouffler le cote dur des absences imposees. Comme personne qui depuis mon enfance sent un lien intense avec l'esprit de la nature, la saison du printemps et de l'ete avec leurs couleurs, sons, brises chaudes, abondance de senteurs de fleurs, et chants d'oiseaux des l'aube et le soir, avec la presence spirituelle de l'aura du soleil et ses lumieres, adoucit considerablement les jours et les moments, furtifs, brefs ou longs et difficils, de vouloir etre dans la meme espace que les etres chers, de vouloir effacer les murs de silence qui s'etendent comme des couloirs interminables entre ici et la distance, loin, elusive, et pourtant dense, lourde. Pourtant, avec l'experience, on apprend aussi de modeler cette distance, ses exigences, comme le sculpteur le bois, l'argile, l'acier, la pierre. Avec assez de pratique, on reussit de se faire une forme presque visible, presque concrete, de cette distance, et de la pouvoir ainsi toucher, comprendre, pardonner. Notre maison ici a Olympia est peinte de couleur rouge vibrant, et est la seule maison de cette couleur dans le voisinage de plusieurs centaines de maisons. J'ai ainsi souvent l'impression de vivre dans la maison au bout du soleil, indice intrepide parmi les maisons pales, de couleurs qui paraissent vouloir effacer, cacher toute couleur vive, joyeuse. Comme c'est la Kabylie et son coeur chaman qui est mon ancre dans cette mer de solitude zen et ses exercises spirituelles que cette isolation ici me demande, ma maison rouge aussi parait etre associee avec l'amour pour le soleil, qui rend en printemps et en ete, la couleur brillante du rouge du batiment, encore plus visible, comme un phare qui chasse le brouillard gris, sombre qui l'entoure. Cette nouvelle serie alors, "La Maison Rouge au bout du Soleil" cherche a explorer le courage, l'esprit resolu, du lien avec la Kabylie, avec mon collegue photographe d'Aokas, a qui je dedie cette serie et ses exploits artistiques - litteraires, leur impact qui continue s'epanouir ses revelations, de ses voyages, dans le temps, et dans les espaces qu'occupe l'etre humain, sa forme physique, qui habillent le coeur, l'ame et l'esprit dans les costumes que le destin et la vie lui pretent, selon son gre, avec plus ou moins de tolerance, de generosite. Ce poeme, "Tu Ralentis le Temps", est une affirmation, et une appreciation de ce lien unique que me donne la presence spirituelle chamanique du coeur et esprit kabyle qui me construit ce pont qui m'unit solidement a l'Afrique du Nord et ses promesses visionnaires presenties, quand j'etais encore enfant, qu'elle me tient maintenant amplement: 


Tu Ralentis le Temps    


Tu ralentis le temps, son passage, son temoignage. Quand les heures chantent la joie de l'histoire qui raconte d'un chaman kabyle et une poete flamande. 

***     *     ***     *  

Toi, la sagesse et sa patience qui voit au - dela des limites, des defis, des demandes. Toi, qui me laisses voir que l'ombre et la lumiere ensemble sont les lignes qui definent le visage du courage. 

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Toi, ma Kabylie, qui me parles des memoires du rossignol, de l'arbre ancien qui protege l'incertitude de demain.

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Tu ralentis le temps, me le deplies ses espaces, ses etoiles, m'expliques les couleurs de son ciel quand la nuit cede au jour. 

***     *     ***     *

Toi, esprit et coeur des Imazighen, racine et fruit des reves de mes poemes, des mysteres de mes nuits. Toi, terre et mer, sable et ecume, des souhaits du monde de mes exploits.

***     *     ***     *

Toi, guide sur le chemin loin que traversent vers ta voix et son echo, en rythme de tambour, sur ses triomphes, ses voyages, pour atteindre tes rivages, le monde de mes ecrits. 


Trudi Ralston  


"Je suis convaincu que l'ecriture, avant d'etre un acte d'expression, est un acte d'ecoute. Il faut longtemps se taire et apprendre a entendre, puis seulement parler."  - Antoine Wauters (1981), ecrivain belge, de son livre d'aphorismes et reflections, "L'Enfant des ravines" (2019). 

Sunday, May 24, 2026

Une Confiance Eclairante: L'Ampleur Energique dans "Michel, Le Voyageur" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             Le monde des arts est un superbe contrepoids pour tous les troubles qui suivent comme un metronome et son rythme vite agacant, le theatre du monde et ses obsessions. Les arts visuels comme l'art de la photographie, nous invitent dans l'espace silente et pourtant si disant, des images avec lesquelles elle documente le va et vient souvent chaotique des etres humains, duquel l'artiste et l'esprit libre essaient de se maintenir independants. Un portrait en noir et blanc du 20 mai 2026, "Michel, Le Voyageur" du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, illustre cette force de la vision creative. Ce portrait de son ami kabyle en visite des Etats Unis, a cette merveilleuse energie, qui permet le spectateur de se promener dans les lumieres rassurantes qui donnent entree a l'univers des arts. Ce portrait et l'aura de confiance que rayonne son protagoniste, est une affirmation de la capacite du photographe artiste d'Aokas, conscient de la sensibilite synesthetique et ses revelations: voyant ce portrait, immediatement, son energie me rappelle aux portraits du musicien - chanteur americain, Stevie Wonder (1950), un des musiciens les plus importants du XXeme siecle, dans les genres de rhythm & blues, pop, soul, gospel, funk et jazz. Il est fameux pour ses compositions musicales complexes, et ses messages socialement conscients, connu deja comme enfant, aveugle depuis tres jeune, qui comme adolescent atteint une presence notable dans le monde de la musique du Motown. Connu aussi pour sa voix aigue et son harmonica energique, je me rappelle etre eblouie par son album de 1972, "Talking Book", avec des chansons qui restent avant - garde en composition et theme, 50 ans plus tard, comme "Very Superstituous", qui met en question accepter les dogmes et traditions, quand ceux causent la souffrance, le paralyse social et intellectuel. Ces jours, Stevie Wonder vit en Ghana, le pays qui etait le premier pays en Afrique de se liberer de ses oppresseurs colons britanniques en 1960. Sa musique rayonne la joie, la determination avec une energie positive, transformative, qui embrasse la charite, le courage, la dignite, qui refuse de se laisser controler par le negatif, le defi dans toutes ses formes. Je sens fort cette determination dans l'energie sure du protagoniste "Michel, Le Voyageur" du photographe Nacer Amari. Une seconde impression que me laisse ce portrait d'esthetique expressionniste vibrant, est qu'il me permet re - visiter mes memoires d'un peintre flamand, expressionniste en fait, que j'ai vu souvent a la maison et aussi chez lui, a son studio avec mes parents: Raoul Van den Heede (1924 - 1999). Je n'ai appris que recemment l'histoire complete et extra- ordinaire de sa vie de cet artiste, que je me rappelle de mon enfance et adolescence comme l'ami de mon pere, et l'amant bohemien de ma tante Agnes, la soeur ainee de ma mere, avec qui il a vecu pour plusieurs annees. Il avait une predilection pour le whiskey, et avait un coeur tendre pour les prostituees, qui pour lui etaient un refuge dans les moments ou les traumes des horreurs qu'il avait vecu pendant la Seconde Guerre Mondiale lui tourmentaient. Je ne savais pas la cause de ses traumes, que recemment, quand j'ai trouvee l'histoire de sa vie pendant ma recherche pour un article anterieur. C'est ainsi que j'ai appris, que cet homme, qui mesurait juste 1m 50, et conduisait une grande moto avec aisance et confiance, qui avait des bras bien muscles, portait des chemises style pirate rebelle, et avait un rire eclatant, et qui avait un don pour raconter des blagues et des histoires amusantes, avait perdu comme enfant unique, sa mere a l'age de 15 ans. La mort de sa mere, lui avait du quitter ses etudes de secondaire, pour aller travailler a cote de son pere dans les chantiers navals. Quelques annees plus tard, la Seconde Guerre Mondiale commence, et en 1942, le regime nazi, qui avait deja envahi aussi a la Belgique, mon pays natal, se voit sous crise de travailleurs pour leurs fabriques d'armes. La decision est prise d'utiliser des patrouilles SS pour venir chasser en Belgique aussi pour des jeunes et hommes et femmes pour le travail de force, et Raoul, qui avait en ce moment 18 ans, recoit l'ordre de deportation pour un camp de travail force en Allemagne. Il decide de s'echapper vers l'Espagne mais les patrouilles nazi l'arretent a la frontiere avec la France. Il termine au camp de travail de force de Plauen, dans la region de Saxonie de l'Allemagne. Les conditions et la brutalite et les punitions aux mains des gardes sadiques SS sont inimaginables. J'ai lu les etudes au sujet, et je vous epargne la description des tortures et privations subis par les prisonniers et prisonnieres. En 1943, Raoul decide de s'echapper, et pour 3 mois, il evade ses bourreaux, vivant dans la ville historique de Kutna Hora, en Tcechoslovaquie, aussi sous controle nazi, ou les partrouilles nazi font aussi la chasse pour les deportations pour les camps et les usines d'armes. On le prend prisonnier a nouveau apres 3 mois, et il termine a nouveau aux horreurs du camp de travail a Plauen, apres avoir passee au camp punitif de Elsenthal, infame pour le sadisme de ses gardiens SS.  En 1944, a l'age de 20 ans maintenant, il s'echappe encore, et cette fois, il resussit et arrive de retour en Belgique en 1945, quand la guerre finalement se termine. Il vit avec son pere, qui avait survecu la guerre, et commence des etudes d'art de la peinture a l'Academie des Arts a Gent, et apres la mort de son pere en 1964, il demenage vers une petite maison et studio a Drongen, un village en dehors de Gent, ou il passe le reste de sa vie, faisant des expositions dans la region, de ses peintures a l'huile, et parfois aussi des aquarelles, avec sa specialite etant les portraits en style expressionniste. J'ai une de ses peintures, un portrait d'une jeune fille Roma, que Raoul m'avait fait pour mon 18eme anniversaire, comme il savait que j'avais une grande affection pour le monde et l'art et musique des peuples Roma, qui avaient en ete entre autre leurs campements dans la ville ouest - flamande de Roeselare - Beveren ou j'ai grandie. Je me rappelle entendre leur musique, et voir leur feu ouverts le soir, et leurs habits de couleurs brillants, et la beaute de leur peau doree, et sensualite et confiance de leur sourire, de leurs gestes et mouvements, malgre qu'ils etaient interdits par les authorites belges de rester plus de 48 heures dans une localite. Avant de se devouer a la peinture, Raoul etait aussi un artiste de haute voltige dans un des cirques de la region en Flandre. Vraiement, une personne d'une energie abondante, incontournable, qui n'a jamais donnee l'avantage aux defis, n'importe leur graveur. Je sens cette meme energie vitale, venant du portrait du protagoniste "Michel, Le Voyageur". Impressionnant, cette determination, de faire face a la vie, toute une inspiration. Ayant eue la chance de parler pour un moment avec le protagoniste Michel, avant de voir apres le portrait que lui avait fait mon collegue du monde des arts, le photographe Nacer Amari, m'a laisee avec une energie de l'espoir, de cette conviction qui vit au fond de mon coeur, que c'est l'ame qui est la force qui determine notre volonte, notre courage, et que le corps est simplement un intermediaire, un mediateur. Il y a une chanson de John Lennon (1940 -1980), de son album de 1971, "Imagine", au titre de "Crippled Inside" qui veut dire, "Paralysee a l'Ame", ou dans le second vers il dit: "You can wear a mask and paint your face. You can call yourself the human race... One thing you can't hide, Is when you're crippled inside", ce qui se traduit : "Tu peux te mettre un masque, te maquiller. Tu peux t'appeler part de l'humanite... Une chose que tu ne peux pas cacher, c'est quand c'est ton ame qui est paralysee". L'energie assurante et son ampleur energique du portrait "Michel, Le Voyageur" est une affirmation resolue, celebratoire de cette joie, de sa decision de vivre la vie libre des limitations que le monde aimerait trop bien qu'on accepte, qu'on oblige. Le musicien americain Stevie Wonder n'a jamais acceptee ces limites fabriquees, ni le peintre flamand Raoul Van den Heede et "Michel le Voyageur", kabyle intrepide, non plus les accepte, comme ce portrait d'art visionnaire du photographe Nacer Amari confirme et celebre.     

Trudi Ralston   


La recherche sur la vie et l'art du musicien Stevie Wonder et le peintre Raoul Van den Heede, et sur la chanson "Crippled Inside" de John Lennon de son album de 1971, "Imagine", courtoisie de Wikipedia. 

Saturday, May 16, 2026

Point de Depart: Le Ruban en Velours couleur olive - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Le temps qui passe est une quantite mesurable, et pourtant evasive, fluide, de l'effet concret que son passage a sur nos experiences du passe, du present et du futur. L'etre humain est capable de visiter dans ses pensees, les memoires du passe, et de se construire des visions et souhaits imaginaires du futur, pendant que  physiquement, il reste solidement au present. Comme quantite mesurable vaste, qui s'etend entre secondes et des milliards d'annees, le temps decide "toutes les formes d'action, l'age, la causalite d'evenements et leur sequence", donc, leur chronologie, de celle de l'histoire de la vie d'une personne individuelle, jusqu'a celle des civilisations et leurs origines; et celle de la geologie du monde, et des origines de l'univers, comme quantifiee par la science de l'astrophysique. Dans la vie humaine, le temps est beaucoup plus limitee, a cent ans au plus. Il y a dans cette breve chronologie de la vie humaine, des moments qui marquent une transition, une apotheose, une transformation, et qui sont comme un point de depart, qui va influencer le sentier du futur de notre vie, comme une synthese unifiante qui permet l'evolution centrale du cours de notre destin, lui rend clair, visible, pret, et revele la raison de la suite des evenements qui nous definent, nous guident. Dans ma vie, il y deux points convergents qui se sont unis de la facon la plus remarquable: l'apprentissage sur les arts visuels et la philosophie existentielle de la part de mon oncle peintre flamand, Frans De Cauter (1920 - 1981) quand j'etais adolescente en Flandre, et l'introduction depuis la fin de 2019 et le debut de 2020, a la photographie, surtout sa portraiture, du photographe kabyle, Nacer Amari de Tassi Photographie. Le premier evenement, dans les annees 1970, me fut encouragee par mon pere, qui etait un photographe amateur, et une personne qui avait une passion pour la peinture, l'histoire des arts et la litterature, et les cultures du monde. Le second evenement fut un regal de la Kabylie, et fut possible par l'introduction a la musique du troubadour - poete kabyle, Idir, par ma copine francaise - kabyle en 2017, avec qui j'avais fait mes etudes universitaires en litterature au Texas dans les annees 1980, et avec qui je partageais un appartement avec elle et une copine du Japon et une copine de la Bolivie. Pour moi, l'age entre 12 et 16 ans, et ensuite entre l'age de 24 et 29 ans, etaient des annees marquantes, qui allaient me permettre la decouverte de la Kabylie, toute une vie plus tard. La Kabylie, et l'art de mon collegue photographe, m'a donnee une chose rare: la chance de comprendre ma vie, d'en revisiter l'influence formative me regalee par mon oncle et mon pere, et d'en ainsi recevoir la chance de me construire ma voix: mon identite d'ecrivaine, de poete, et d'artiste, de me liberer de l'anonymat, de la torture du silence, de l'isolation, si longuement subi pendant toutes ces longues annees d'exile culturel - social et intellectuel aux Etats Unis, que mon pere, errroneusement, avait choisi comme pays qu'il croyait leur donner un futur valable a nous, ses enfants, pensant que moi, et apres, mon frere et deux soeurs, y seraient bien. Un point de vue nee de la destruction fatale de la Seconde Guerre Mondiale sous la terreur du regime nazi. Aux Etats Unis, ses enfants seraient toujours sauf du danger du fascisme, etait la pensee de mon pere. Je crois que si mon pere etait encore en vie aujourd'hui, il serait bien inquiet et decu, aussi bien surpris que comme enfant ainee de ses 4 enfants, je suis la seule qui a survecue l'avonture de cet exile qui a prouvee etre difficile et pleins d'obstacles et de defis. Le defi le plus present maintenant, quant a la Kabylie et son influence transformative dans ma vie creative, est biensur, la distance geographique, et la situation complexe en Algerie quant a visas en ce moment, encore rendu plus compliquee par l'attitude du pays ici envers la plupart des pays du monde quant a leur inclusion politique et sociale. Ces defis n'empechent pas la verite et sa realite que depuis 2017, j'ai publiee 16 livres en prose et poemes qui celebrent la presence centrale qu'a la culture kabyle de l'Algerie sur la liberation et evolution de ma voix litteraire. L'influence la plus grande, la plus constante et la plus coherente depuis 2019, est l'art de sa photographie de mon collegue d'Aokas, Nacer Amari. Le temps recoit une qualite unique, dans ce lien qui unit l'art de la photographie a l'art de l'ecriture: il devient fluide, et joint les pieces du puzzle de ma vie, de son passe a l'espoir du futur, et a la patience que demande le present, ainsi que la grace de ce present, qui est devenu le pont culturel - artistique - intellectuel  entre ma vie ici a Olympia, au Pacifique Nord - Ouest des Etats Unis, et la Kabylie, et la memoire de mes experiences que j'ai d'elle, quand j'ai fait un sejour en Kabylie, en septembre - octobre de 2019. Le temps que la Kabylie me donne, de me re - construire la sequence et ses rythmes et desseins de ma vie, et qui lui rend si chere a mon coeur, cause aussi, inevitablement, le chagrin de l'absence. Cette douleur, ce manque pour les rivages qui heberge ma famille de coeur, que represente pour moi la culture des Imazighen, qui trouve son incarnation decisive dans le chaman - artiste que represente pour ma voix poetique, mon ame en exile, l'art de mon collegue photographe kabyle, m'a fait penser a un ruban long, venu de tres loin, qui s'etend: la presence de la muse kabyle, qui est palpable, que je sens si souvent tout pres, et qui, dans les moments que l'absence se sent comme une blessure, j'entends marcher tres loin, un echo fort, qui perce la distance avec determination, qui je ne veux pas qu'elle s'eloigne, et qui m'appelle, m'assure que l'avonture continue, que les obstacles ne sont qu'une tetue illusion; que le plus important est l'energie creative qui inspire, qui donne vie a une celebration unique de l'esprit resistant, unique de l'ame kabyle. J'ai pensee a mon petit bureau fait de bois d'erable, que j'avais dans ma chambre a coucher en Flandre. Un petit mueble modeste, fait dans le style Louis XV, je viens d'apprendre. J'aimais beaucoup ce mueble, qui s'est perdu dans le demenagement de tous les muebles antiques de ma mere pour les mettre dans sa maison en Arizona, dans le Sud - Ouest des Etats Unis. Le bureau en bois d'erable avec ses petits tiroirs pour mes premiers cahiers de notes de poemes, de fotos de voyage en Autriche avec ma famille,  qui avait aussi mes quelques rubans en velours, qui etaient de mode comme decoration pour les cheveux, la fin des annees 1960 et le debut des annees 1970. J'aimais leur douceur au toucher, c'etait amusant de les enrouler le soir. J'en avais un ruban chacun de differentes couleurs: en couleur brun chocolat, bleu pervenche, en couleur olive, en velours noir, et bleu indigo et turquoise. Comme au lycee catholique pour filles, ou j'etais eleve, on etait permis de porter seulement les couleurs gris, blanc, noir et blanc, y compris les chaussures et chaussettes, et manteau, porter un ruban d'une differente couleur etait toute une rebellie, qui m'etait permis, car j'etais d'un temperament exterieurement docile, equanime. Ma rebellie allait se manifester de facon interieure, dans mes redactions qui en fait, allaient me voir expulsee, pour "contenu affectif ne pas convenable pour une jeune fille", comme j'avais faite une composition pour ma classe de litterature francaise, qui etait une histoire d'amour entre un jeune guerrier amerindien et une jeune adolescente, qui etait une reference a un souhait de rebellie personnelle, envers un systeme de discipline scolaire et sociale rigide et punitif envers toute pensee et volonte libres, de ses eleves si celles oseaient se poser des questions sur le curriculum leur presentees. La Kabylie, certains jours de nostalgie, de reflection aussi sur le sentier mysterieux du destin, me rappelle a mes rubans en velours, qui s'enroulaient et se depliaient dans mes doigts, et donnaient a mes cheveux un air d'independance, de femininite dans un systeme scolaire qui chercheait le neutre, l'asexuel en tout.  La Kabylie, son coeur et esprit resistant, possedant une sagesse et histoire qui remonte des milliers d'annees, une energie, une voix indomitable, celle des Imazighen, qui maintenant me donne ma voix et me libere l'esprit flamand et ses experiences formatives, si longuement rendues muettes, invisibles, inaudibles, est tel un ruban grand, qui s'etend dans ce firmament symbolique de qui la lumiere de ses etoiles m'accompagne, de qui sa lune Tiziri m'heberge et me parle de ses victoires, de ses agonies subies et survenues. Elle deroule comme un ruban, le temps de ma vie, me l'explique ses detours, ses indices, et me sait le enrouler aussi, comme les courbes d'un tapis roulant des "Les Mille et Une Nuits" contes de mon enfance, qui m'avaient convaincu que la vie possede un cote magique, si on sait surmonter les doutes et renforcer le courage et la volonte, ces contes ensorcelants qui m'avaient fait sentir la joie de l'imagination, sa force creative, et aussi spirituelle. La Kabylie me permet voyager entre le passe, et le present, et me donne la conviction que croire dans un futut valable, n'est pas pour les esprits naifs, mais pour les esprits intrepides, courageux, qui voient au - dela de l'evident, et qui osent aimer, explorer, faire, bouger, quand le monde veut qu'on cherche la lassitude, l'inaction, la passivite. Le monde des portraits kabyles dans l'art de sa photographie de Nacer Amari, m'unit de facon inattendue et envoutante, a l'histoire des influences culturelles qui m'ont forgee mon identite flamande - americaine, qui m'ont definie comme personne vivant avec energie incontournable entre deux mondes, et qui a trouvee dans le coeur de la Kabylie, la melodie et l'amour qui me permet ecrire et aussi vivre, l'histoire complexe et contradictoire, et aussi penible dans pas mal de sa traversee, de ma vie entre deux rives, que sa presence et apprentissage, comme troisieme rive, comme chaman Amazighe, me permet reconcilier, comprendre, accepter, pardonner, et embrasser autant ses chagrins, que son immense capacite pour l'espoir, pour la tendresse, pour la joie. Ce qui en conclusion m'a inspiree ce poeme et son refrain, que je dedie a toi, ma famille de coeur, ma Kabylie, et a mon collegue - artiste - chaman - photographe, Nacer Amari. Le poeme et sa melodie, son rythme, m'est venu en anglais, langue de mon exile, et apres, je le traduis en francais:


The olive colored Velvet Ribbon 



It is a place where time flows like water, that I can touch, like the lips on a kiss, like the warmth of a comforting hand. It is a breath, where time from long ago feels real, where I hear your voice speak to mine. 

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It is a breeze, where the sky and the clouds sing in the tongue of the sun and the moon, where I receive your messages flown in by the birds at dawn, and where the deer that come to feed from the forest, have the beauty and depth of your eyes. 

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It is a ribbon, olive green and velvet, that I wore long ago, as a mark of rebellion, that now unfolds, large as time itself, between here and Kabylie, between the dreams of my Flemish homeland, and the land of the Imazighen, where I was freed from the spell of exile and despair as a poet, left without a shadow to call my own. 

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The velvet ribbon that spans the breath of time past, present and future, in the magic whispers of the fire its kabyle shaman commands with ease and vision. Time thus becomes the starting point again, where what was, is and longs to be, join together in harmony, to unite the broken of my Flemish story to the healing forge of Chiron's wisdom he brings from the heart of North Africa, its mountain and river spirits. 

*****     ***     *****

Time, like a giant ribbon, takes me under its wing, a bird on a mission, that knows the way, that holds in its  beak, an olive branch, green and hopeful, that leads me back to the starting point, where I can begin again, to live, free, whole, in the enduring, vibrant embrace of the Berber soul and its fierce, calming heart. 

*****     ***     *****

Refrain: And time moves on, rolls along. And I can hear you calling, as time's boulders crash their thunderous roar, on the path where I see you, where I long to be, walking beside you, smiling. 

 *            *            *            *


Le Ruban en Velours couleur olive



C'est une place ou le temps coule comme de l'eau, que je sais toucher, comme les levres d'un baiser, comme la chaleur d'une main gentille. C'est une sensation, ou le temps du passe se sent reel, et ou j'entends ta voix proche a la mienne. 

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C'est une brise, ou le ciel et les nuages parlent la langue du soleil et de la lune, ou je recois tes messages que m'apportent les oiseaux a l'aube, et ou les cerfs qui viennent a manger de la foret, ont les yeux qui ont ta beaute et profondeur. 

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C'est un ruban, en velours couleur olive, que je portais il y a longtemps, comme signe de rebellie, qui maintenant se deroule, large comme le temps lui - meme, entre ici et la Kabylie, entre les reves de ma terre natale flamande, et la terre des Imazighen, ou j'ai ete liberee de l'ensorcelement de l'exile et le desespoir du poete, abandonnee sans ombre qui etait la mienne. 

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Le ruban en velours qui unit l'espace du passe, du present et du futur, dans le chuchotement et sa magie du feu que maitrise son chaman avec aisance et vision. Le temps qui devient le point de depart encore, ou ce qui etait, est, et desire etre, se joint en harmonie, pour geurir le cassee de mon histoire flamande dans la forge de Chiron et sa sagesse, qu'il apporte du coeur de l'Afrique du Nord, ses esprits des montagnes et des rivieres. 

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Le temps, comme un ruban geant, m'embrasse, un oiseau en mission, qui connait le chemin, qui tient dans son bec une branche d'olivier, et m'emmene vers le point de depart, ou je peux commencer a nouveau, pour vivre, libre, entiere, dans l'etreinte durable, vibrante de l'ame berbere et son coeur ardent, calmant. 

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Refrain: Et le temps coule, avance. Et j'entends ton appel, pendant que les rochers du temps s'ecrasent leur rugissement tonitruant, sur le sentier ou je t'apercois, ou je desire etre, marcher a tes cotes, souriant. 

              

Trudi Ralston     


L'information sur la notion du temps comme quantite mesurable, courtoisie de Wikipedia.