Saturday, July 18, 2026

Fonction et Signification: Une Mecanique Interne - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

               Le rideau qui separe le monde exterieur du monde interieur du coeur, de l'esprit, de l'ame, parfois se voit diaphane, et parfois opaque, cela depend de notre apercu qu'influence le moment, si son instant nous permet de voir avec assez de precision l'espace dans laquelle se trouve notre perception, sa sensibilite. Le lien avec la Kabylie est pour moi depuis 2017, l'espace ample et accueillante qui me permet ouvrir le rideau qui pour toute une vie, m'avait separee des outils pour explorer, comprendre, ce qui avait rendu flou, les contours et les desseins, leurs indices et patrons, de l'histoire de ma vie, son sentier rendu complexe dans l'incertitude continue de l'exile, qui m'avait blessee et grandement fait perdre mon identite, sa visibilite et ma voix sociale - culturelle - creative et intellectuelle. C'etait la sensation penible, tetue, implacable, de me voir reduite a une ombre, une sorte de condamnation a perpetuite de me sentir ne plus une personne complete, mais plutot un robot, une machine qui obeissait reflexivement, qui survivait. L'introduction a la Kabylie en 2017, a sa nature magnifique, a son peuple courageux, resistant, a son histoire, son coeur, son ame, m'a donnee la grace et sa chance, de commencer de voir les traces d'un fil que l'anonymat de toute une vie avait enterree, cachee, dans les profondeurs de la terre abandonnee de mon etre, et qu'elle m'a rendue visible, depuis, je suis ses traces, desquelles elle me revele chaque fois plus le contenu, l'histoire, comme decouvrir une grotte pleine d'evidence de presences qui racontent sur la vie de ceux qui y avaient laissee leur passage. Vers la fin de 2019, quelques mois apres mon retour de mon sejour en Algerie, en Kabylie le mois de septembre - octobre, j'ai ete introduit a l'art visuel du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie. Cette introduction fut le debut d'un lien artistique - literaire fructif, qui a deja vu la publication de 10 livres, avec un autre, suivant livre, "Au Carrefour des Rencontres" qui sera pret pour la publication cet automne de 2026, et le travail sur le livre qui lui suivra, sur lequel je travaille en ce moment aussi, "La Maison Rouge au bout du Soleil". Le livre "Au Carrefour des Rencontres", sera une serie d'articles et poemes qui continuent d'explorer les portraits kabyles de Nacer Amari, leur impact dans le contexte de l'histoire des arts, du point de vue intellectuel - narratif et artistique, pour  universel dans son attrait esthetique inclusif. Le livre "La Maison Rouge au bout du Soleil"va se concentrer sur l'impact considerable et mesurable qu'a ce lien du monde de la photographie de son art avec le monde de mes poemes, de mes articles, de mon art en dessin, en broderies, en portraits en encre et crayon. En fait, le desir de faire des portraits en crayon me suit depuis mon adolescence, et ce fut le reveil de mon etre creatif me donnee par l'introduction a l'art de sa portraiture de Nacer Amari, qui m'a inspiree de prendre l'initiative de faire entre 2021 et 2026, 5 portraits du photographe, qui fut une immense satisfaction creative. Je travaille en ce moment sur un portrait en crayon de mon fils, apres avoir fini recemment un portrait en crayon de son jeune fils Adam, du photographe kabyle Djamil Diboune, qui en 2017 m'a introduit a la beaute et richesse de la nature en Algerie. Dans la presence de l'art et son ame de la Kabylie, qui trouve son expression la plus transformative dans l'art de mon collegue Nacer Amari, je me trouve sous la force magique, pour ainsi le dire, d'un chaman resolu sans pretenses, qui me guide sur ce sentier de decouvertes, qui sont a la fois une celebration de l'esprit unqiue kabyle et de ce besoin si longuement mis a cote, de comprendre la langue devenue effacee, de ses traces, de ses mots, de ses temoignages et heritage, de l'histoire de ma vie, vecue dans cette espace entre deux mondes, ni d'ici et ne plus de Flandre, mais qui dans cette espace ample du monde de sa photographie et ses narrations, me construit un pont qui repare et unit les deux dans une image precise, comprehensible, pour la premiere fois depuis etre mise en pieces, dechirees, a l'age de 19 ans, l'age que j'avais quand je suis partie etudier au Texas, ou j'ai vecue 10 ans, avant de demenager a Washington State, a Olympia, ou je vis depuis. Le lien avec l'art et son monde de Nacer Amari, me permet comprendre que quant a fonction et signification dans cette vie terrestre, il s'agit d'une mecanique interne, au centre d'un processus qui tel les fils d'un tissu complexe revelent le dessin et ses intentions qui definent notre etre, ses talents, ses sensibilites, des defis, des triomphes. 

            Quant a la mecanique intellectuelle qui rend comme le perspectif d'un appareil photo, clair, precis l'image de son protagoniste, de sa nature morte, de son paysage, de sa faune, de sa flore, le lien litteraire - affectif - culturel - artistique avec le photographe Nacer Amari, me rappelle beaucoup, dans nos conversations sur la philosophie, l'histoire, l'archeologie, l'ecologie, le mystere du destin, au temperament sur, profond de la prose de l'ecrivain et poete russe, auteur du livre "Le Docteur Zhivago" (1957), Boris Pasternak (1890 - 1960), qui a du refuser le Prix Nobel pour la Litterature lui offert en 1958, suite de complications apres le chaos et incertitude apres la mort de Stalin en 1953. Son fils de son premier mariage, Yevgeny, a ete permis d'accepter le Prix en 1989, apres la dissolution de l'Uion Sovietique, et le livre "Le Docteur Zhivago" s'instruit en Russie dans toutes les ecoles secondaires depuis 2003. Le style dans sa presence verbale, de son expression sobre, lucide, claire, du photographe d'Aokas, resonne pour moi avec son echo de sagesse realiste, pragmatique, et aussi profondement spirituelle, possedant aussi une nonchalanche qui aborde avec une franchise desarmante le don de voyance, me met dans le monde envoutant de Boris Pasternak, de ma lecture et mes emotions lisant pendant mes annees d'etudes universitaires au Texas, au livre si longuement controversiel de "Le Docteur Zhivago", fait aussi en film en 1965, par le realisateur anglais David Lean et le producteur italien, Carlo Ponti, avec l'acteur egyptien Omar Sharif (1932 - 2015) dans le role de Yuri Zhivago, et l'atrice anglaise Julie Christie (1940) dans le role de Lara, la maitresse de Yuri Zhivago, et heroine tragique qui perit dans le gulag staliniste, et Geraldine Chaplin (1944) comme Tonya Zhivago, du protagoniste. C'est sur emouvant comme est le livre, qui se centre autour de la Revolution russe de 1917, que le livre est enormement plus complexe et riche comme experience. Le livre a aussi une serie de poemes, comme les poemes pour l'heroine Lara, qui est basee sur la relation qui durerait de1946, jusqu'a la fin de sa vie de Boris Pasternak, en 1960, avec l'ecrivaine et traductrice russe Olga Invinskaya (1912 - 1995), qui allait passer presque 5 ans dans le systeme gulag, pour son lien avec lui. Boris Pasternak etait convaincu que le succes a la fin, la survie de son manuscrit, se doit au courage inalterable en prison, de Loga Invinskaya, qui ne lui a jamais trahi ou compromis pendant les interrogations et privations en prison, et qui a en gulag allait perdre son bebe qu'elle allait avoir avec Boris Pasternak, qui lui etait et resterait desormais dans son second mariage. Une fois libre, Olga et Boris ont repris leur relation et elle a ete presente a ses funerailles et enterrement, sous surveillance officielle protestee par un public qui adorait l'entourage de Boris Pasternak et leur courage. L'esprit imperturbable, calme de mon collegue photographe d'Aokas, me reste gravee sur la memoire, longuement apres nos echanges de pensees philosophes - litteraires, comme l'image d'hieroglyphes indelibles, sculptees dans la matiere durable d'or, de pierre precieuse, et je voudrais faire hommage a ce regal, et ses revelations, qui m'aident a comprendre l'heritage complexe, diverse de la Kabylie, et qui m'aident a retrouver, et reconstruire les pieces du puzzle evasif du sentier de ma vie. J'ai appris aussi, que la famille de Boris Pasternak, son pere, etait ami proche du poete autrichien, Rainer - Maria Rilke (1875- 1926), et que l'ecrivain russe l'admirait beaucoup sa poesie, de qui il a fait des traductions, ensemble avec Olga Ivinskaya, ainsi que des traductions de bengali du poete, romancier et dramaturge moderniste de l'Inde, Rabindranath Tagore (1861 - 1941), qui a recu le Prix Nobel pour la Litterature en 1913, pour sa collection de poemes "Gitanjali" et de qui sa collection d'aphorismes "Oiseaux Errants" m'avait laissee une impression durable a l'age de 14 ans. Rilke et Tagore restent deux de mes poetes favoris, et le lien avec riche et profond avec mon collegue kabyle Nacer Amari, me les rappelle souvent, car ce lien est comme une fouille archeologique unique, qui continue de reveler ses tresors qui me traduisent l'alphabet avant rendu illisible de la narration et ses evolutions et indices de mon identite creative, qui menent tous le chemin vers les rivages de l'Algerie. De sa poesie de Boris Pasternak, Olga Invinskaya, dans ses memoires decrit son style comme "Une poesie dans laquelle le detail realiste exerce une magie sincere, comme dans la poesie d'Alexander Pushkin (1799 -1837). Les vers vifs de Pushkin lui emouvaient. Il aimait la poesie si densement compacte, "qu'elle craque comme de la glace", ou distillee dans une solution "qui faisait germer des graines de pure prose." La voix des fois staccato, deliberee, de Nacer Amari, ses interpretations sur la vie et ses contradictions, ses dilemmes, "craque comme de la glace", rafraichit avec son souffle de surete hivernale, mon ame si longuement suffoquee dans les feus et leur fumee des obligations, son invisibilite tuante pour l'ame, pour le coeur et ses visions, ses energies, ses talents. Ce qui me rappelle les mots du vers 7 du poeme "Depart" pour Lara, dans le livre "Le Docteur Zhivago": "Durant les annees de troubles, dans les eres d'une /Inimaginable existence/ Une certaine vague du destin lui avait soutenu / Et la serree fort contre lui." Dnans ce sens, le lien spirituel avec l'art de sa portraiture et ses visions narratives kabyles, me permettent cette oasis, ce refuge et son repos, sa guerison intellectuel - affectif de qui tout mon etre avait besoin pour en soulager une vie de faim, de soif creatifs. Ce changement a la fois radical, et subtil, son virage dramatique, transformatif dans le mecanique interne de mon etre poetique - litteraire - artistique, son vocabulaire, son syntax, ses sensibilities linguistiques redecouvertes, sa mise au point decisive, me rappelle la confluence de rivieres, dans un sens figuratif: ce lien unique, durable, toujours en evolution, toujours alerte, permet l'union d'idees qui unissent mes racines flamandes et leurs experiences aux racines et leurs sagesse ancienne des Imazighen de l'Algerie, de l'Afrique du Nord, qui deviennent un ancre qui stabilise les tempetes et leur tourmentes si longuement subies, de la solitude et son isolation de mon exile americain qui paraissait interminable, presque devenue insupportable, une agonie, et que la Kabylie et l'exploration profonde, alchemique du lien chamanique avec mon collegue photographe Nacer Amari en brise ses chaines, me permet de redevenir sirene dans les eaux libres de Neptune, perdue il y a si longtemps, et retrouvee chaque jour depuis, et qui me permet nager, avec joie, avec curiosite a nouveau libre, la richesse du monde de l'histoire du monde, de sa litterature, de sa photographie, de son archeologie, de sa mythologie, et d'y ajouter mes propres poemes, mes propres visions, sous le regard attentif, sur, du photographe astucieux, rassurant de son art et son energie accueillant du photographe d'Aokas, qui m'y observe, accompagne. Une eau venue des rives de l'Algerie, qui egale comme une terre ancienne fertile, revele comme une fouille symbolique, ce qui etait cachee, perdue sous la surface, dans les tempetes de la vie, dans le temps, et qui une fois vue dans la lumiere de l'ame et le coeur chaman kabyle, rendent claire, visible, reglee, solutionnee, dans une apotheose autant inattendue, que si bienvenue, si joyeuse. 

Trudi Ralston     


La  recherche sur le poete - ecrivain russe, Boris Pasternak, et sa muse, Olga Ivinskaya, et sur les poetes russe Alexander Pushkin, autrichien Rainer - Maria Rilke, indien Rabindranath Tagore, courtoisie de Wikipedia. La traduction de l'anglais des mots sur la poesie de Boris Pasternak par Olga Ivinskaya, et du vers 7 du poeme "Le Depart" de Boris Pasternak, en francais, pour le but de cet article, est la mienne. 

Alexander Pushkin allait influencer toute une generation de poetes et ecrivains, autre que Boris Pasternak: Fyodor Dostoyevsky (1821 - 1881), sa technique et matiere de sujets; Ivan Turgenev (1818 - 1889), romancier, poete et dramaturge russe, fameux pour son livre realiste "Peres et Fils", un auteur fameux pour son courage de critiquer l'esclavage des paysans et leurs terribles souffrances, comme dans sa novelle traumatique "Mumu" de 1854; Leo Tolstoy (1828 - 1910), romancier fameux pour ses livres "Anna Karenina" et "La Guerre et la Paix"; Nikolai Gogol (1809 - 1852), ses novelles et romans, et pieces de theatre, qui ont introduit le style moderniste - grotesque dans la litterature russe, comme sa novelle revisee apres etre censuree en Russie, "Ames Mortes". L'oeuvre d'Alexander Pushkin a ete traduite dans toutes les langues du monde et il est vu comme le poete russe le plus innovatif et important.  

 

Saturday, July 11, 2026

La Larme de la Rose: Les Pas qui S'Eloignent - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            C'est une sensation bizarre, et puissante, de sentir la chaleur intense du soleil sur le visage, une chaleur qui me rappelle les etes au Texas, les 10 annees que j'y ai vecue. Ce matin, le ciel etait comme fait d'un cristal bleu azure brillant, qui refletait la lumiere comme une loupe geante, qui dans ses rayons concentrees, me brulait le coeur, lui causait des larmes au fond de mon ame. Cela paraissait une contradiction confondante, de me sentir vulnerable, triste sous ce soleil aveuglissant, comme si le poids de l'exile, de sa solitude, de son isolation, sa condemnation affective inexorable, pesait lourd, d'un moment a l'autre, sans avertissement, sans charite, ou consideration, me laissait entouree des fantomes de la famille longuement disparue, dans ce moment d'agonie ou je me sentais si loin de ma Kabylie, de son sourire, de son regard. Au jardin ici, j'ai un rosier aux fleurs rouges, qui selon la chaleur de la saison estivale, me donne entre 2 et 12 roses chaque annee. Cette annee, il y a juste 2 roses, et leur parfum riche me touche comme une caresse gentille, venue de loin. Le temps qui passe parait plus cruel, face a la beaute ephimere et fragile de la rose, et je deteste chaque annee, voir tomber leurs petales, comme des petites gouttes de sang, que la brise couvre de son souffle, en passant. J'ai eue cette pensee, que les petales tombent lentement, comme si les roses veulent me laisser savoir, qu'elles vont partir, me laisser juste la memoire de leur parfum exquis, et le noeud vide de leur coeur, nu sans la tule douce de leur robe rouge envoutante. Elles me rappellent que le temps passe, et que les gens aussi, passent, disparaissent, deviennent des ombres qui se perdent, se dissoudent, parfois sans qu'on s'en apercoit. Ce qui me rappelle la magnifique chanson de la chanteuse francaise, Francoise Hardy (1944 - 2024), de son studio album de 1964, "Mon amie, la Rose", d'un poeme ecrit par Cecile Caulier et Jacques Lacome, qui decrit dans une melodie de vers d'une sensibilite poetique ensorcelante, la mort de sa rose, et le chagrin que son absence lui cause: "On est bien peu de chose /Et mon amie la rose me l'a dit ce matin: / A l'aurore je suis nee, baptisee de rosee /Je me suis epanouie, heureuse et amoureuse /Aux rayons du soleil, me suis fermee la nuit / Me suis reveillee vieille / ... ...  Pourtant j'etais tres belle / Oui j'etais la plus belle des fleurs de ton jardin / ... ... Tu m'admirais hier / Et je serai poussiere pour toujours demain /  ... ... La lune cette nuit a veille mon amie / Moi en reve, j'ai vu eblouissante et nue /Son ame qui dansait bien au - dela des nues / Et qui me souriait ..."   

           Cela faisait longtemps que j'avais encore pensee a cette chanson, et c'etait difficil de l'ecouter apres tout ce temps. C'etait ma copine francaise - kabyle qui il y a beaucoup d'annees, me l'avait envoyee de la France, de Paris, ou elle avait vecue et travaillee pour presque 30 ans, et depuis, je revisite ce poeme traduit en chanson rarement, car elle ouvre toujours cette blessure du manque, des pertes incomprehensibles, implacables, souffertes, et encore a venir, comme parait etre le destin inexorable de la vie humaine. Il y a toujours aussi, une catharsis apres, comme d'une blessure qui brule moins, une fois lavee, et recue un nouveau unguent, qui calme la douleur, qui soulage. La paix interieur retourne, et le soleil me laisse son sourire, et la sensation rassurante, que l'espoir reste, et avec son clin d'oeil, la promesse, l'anticipation de nouvelles, venus de loin sur les ailes des colombes du bois ici au jardin, qui me disent autant avec leur roucoulement tendre, accueillant, et dans l'arriere plan de mes pensees j'entends la conclusion des vers de la chanson "Mon Amie, la Rose": "Crois celui qui peut croire, moi j'ai besoin d'espoir / Sinon je ne suis rien ... ... Ou bien si peu de chose / C'est mon amie la rose qui l'a dit ce matin." Parfois, les rivages de la Kabylie se sentent si loin, et parfois, si joyeusement proche, et dans cette tension se balance precairement, courageusement, le monde de mon coeur et ses poemes, ses reves, ses souhaits.

Trudi Ralston 


L'information sur le poeme rendu chanson, "Mon Amie, la Rose" de Francoise Hardy, et les vers inclus pour cet article, courtoisie de Wikipedia et genius.com 



Thursday, July 9, 2026

Dans l'Oeil de la Tempete: Une Exploration de la Perception Mystique Quantitative dans "Cheikh Omar" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             L'art visuel de la photographie, surtout dans la portraiture, sait creer un sens de dynamisme, qui unit de divergentes sources et inspirations, qui rangent en energie: esthetique, physique, sociale, intellectuelle, historique, spirituelle, pour presenter une image complete, qui laisse une impression profonde, durable. La photographie est autant temoin qu'acteur, unit l'acte de l'observation a l'acte de la participation. Un portrait du 6 juillet 2026, "Cheikh Omar" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, laisse ce double effet, et m'a fait penser a cette expression, initiee par le regard hypnotisant dans les yeux du protagoniste, qui croise avec defiance le regard: "dans l'oeil de la tempete", ce qui parait definir l'aura existentiel de ce portrait. Un regard qui comprend, qui voit, qui a vu, beaucoup, et dans le processus de ce sentier plein de defis, a perdu toute illusion, tout desir de nier la realite dure de la vie. Le protagoniste en fait, invite au spectateur de rester un moment dans cette vision qu'il nous partage dans ce portrait envoutant, arretant, visceral et sans complexes. L'idee de cette energie de nous trouver avec et dans ce portrait, "Cheikh Omar" dans l'oeil de la tempete, permet aussi d'en apprecier ses deux cotes: pour certaines personnes, cela implique la realite concrete de defis durs, constants, exigeants dans les controversies du monde exterieur, et pour d'autres personnes, etre dans l'oeil de la tempete est un combat interieur, invisible dans le va et vient du monde quotidien, mais ne pas moins penible, ne pas moins stressant, ou meme, moins violent, quant a l'impact au coeur, a l'esprit, a l'ame eprouvee. Ce second defi, interieur, m'est bien connu, ayant vecu toute une vie loin des rivages de ma terre natale en Flandre, depuis mon adolescence, ayant perdu dans des circonstances ameres et dechirantes mes parents, mes deux jeunes soeurs, et mon frere. Le regard dans les yeux resolus, insoumis du portrait "Cheikh Omar", m'a emue profondement, n'importe sa qualite feroce, de rebelle intrepide, de quelqu'un qui a ete autant loin qu'enfer, et est revenu, avec une comprehension existentielle solide, nette, claire. L'energie rebelle dans le regard me rappelle aussi a la philosophie suivie par une des icones rock de la contre - culture des annees 1960 - 1970, Jim Morrison (1943 - 1971) du groupe americain de Los Angeles, "The Doors" fonde en 1965. Le nom du group qu'avait choisi le leader du groupe est pris de l'idee du poete anglais du mouvement du romanticisme, William Blake (1757 - 1827), connu pour ses vues avant - gardes qui s'opposaient a la moralite paternaliste de la societe anglaise, et qui suivait des sensibilites mystiques liees a la sagesse des lois de la nature, qui unissait le monde naturel avec le monde spirituel, sans contradictions, sans une imposition d'une moralite a base de conformite et hypocrisie qui rend une prison des liens de famille, de communaute. William Blake croyait dans l'egalite des races, ne supportait pas l'esclavage qui avait rendu riche l'empire anglais, et croyait que les demandes externes imposee sur le mariage, tuaient l'affection, lui reduisaient a un devoir, une obligation asphixiante. Pendant sa vie, ses pensees sur la societe et la spiritualite etaient souvent niees, mais dans le XXeme siecle, ont vu une grande popularite qui reste jusqu'a aujourd'hui. Ses idees ont grandement influencee des musiciens fameux comme le chanteur de folk americain, Bob Dylan (1941), et Jim Morrison, et aussi l'auteur anglais de science - fiction, Aldous Huxley (1894 - 1963), connu pour son roman de 1932, "Brave New World", traduit en francais sous le titre de "Le Meillieur des Mondes", qui predit un futur dystopique macabrement proche a la realite alarmante du XXIeme siecle dans lequel l'homme post moderne et la terre se trouvent maintenant. L'idee de la perception comme revelation mystique, adoptee par Jim Morrison est formulee ainsi par William Blake dans son livre de 1790, "Le Mariage du Ciel et l'Enfer", qui montre l'influence de 
"La Divina Commedia" de 1320, de Dante Alighieri (1265 - 1321), et de "Paradise Lost", ce qui se traduit son titre en francais comme "Le Paradis Perdu" de 1667, de John Milton (1608 - 1674), ecrit en 12 livres en poemes sans rimes, en vers blancs, et que William Blake voulait expliquer comme le concret et le spirituel ne doivent pas etre soumis a une separation, a une contradiction, comme veut postuler la moralite imposee: "Si les portes de la perception etaient purgees, tout deviendrait pour l'homme comme une evidence de l'infinie." Dela, le titre du groupe "The Doors", comme "The Doors of Perception", et en fait, le leader du groupe rock et blues, Jim Morrison, avait une vaste connaissance de la poesie et les ecrits de William Blake, ainsi que de la poesie symboliste d'Arthur Rimbaud, de Charles Baudelaire, les livres d'Albert Camus, Moliere, Franz Kafka, Vladimir Nabokov, Honore de Balzac et Jean Cocteau, et Louis - Ferdinand Celine, son livre "Voyage Au Bout de la Nuit", ainsi que du theatre avant - garde allemand de Bertold Brecht (1898 - 1956), et etait familier avec la philosophie des oeuvres de Friedrich Nietzsche. Jim Morrison ecrivait aussi ses propres poemes, en plusieurs cahiers, la plupart decouverts apres sa mort a l'age de 27 a Paris, d'une accidentele surdose d'heroine. Beaucoup des chansons du groupe "The Doors" traitent du sujet de l'alienation dans le monde des grandes villes modernes, du mystere de l'existence, de la mort aussi, de la violence. Le portrait "Cheikh Omar" du photographe
Nacer Amari sait creer cet effet de magnetisme qu'inspire l'energie et sa concentration sure, rebelle du regard du protagoniste, ses yeux d'une lumiere visionnaire, qui voit tres loin, qui cause une certaine inquietude d'en observer sa qualite feroce. Avec "Cheikh Omar", on se trouve a la fois dans l'oeil de la tempete de sa personalite sans complexes, et aussi face a un veilleur des portes de la perception, qui chasse les illusions, les hypocrisies, qui ne tolere guere l'indecision, le manque de courage, de resistance. C'est un portrait qui invite une sobre reflection, et qui fascine pour permettre, encourager meme, une exploration de la perception mystique quantitative dans un monde qui fuit tout sens de responsabilite, de la part de ses leaders avares, egoistes, pourris par le pouvoir et l'argent, une notion que les rebelles des annees 1960 - 1970 du monde du rock et blues comme Jim Morrison comprenait deja avec une clarte desarmante et precise dans la force avec laquelle il declarait ses visions de ses chansons, quant a la direction qu'allait prendre le futur a base des signes deja troublants il y a 50 ans, qui nous trouvent tous aujourd'hui, chaque jour avec plus d'evidence croissante, sans doute aucun, en plein coeur de la tempete. 

Trudi Ralston 


La recherche sur le poete - mystique anglais, William Blake, et sur le groupe rock - blues americain "The Doors" et son leader, Jim Morrison, et sur l'ecrivain visionnaire anglais, Aldous Huxley, ainsi que l'ecrivain - poete anglais, John Milton, et Dante Alighieri, et leur influence sur les ecrits de William Blake, courtoisie de Wikipedia. 

Sunday, July 5, 2026

Un Patron Lineaire Coherent: Le Symbolisme Intrinseque dans "Khirdine" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

          Le monde de la portraiture dans les arts visuels comme la photographie et la peinture, sait unir une divergence d'indices artistiques, qui revelent les mouvements esthetiques et leur presence, leur style. Un portrait en noir et blanc du 26 juin 2026, "Khirdine" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, trace ce dynamisme creatif et ses pulsions, dans cette rendition atmospherique de son protagoniste, au regard reveur, lointain et le rythme lent, evocatif des lignes et leurs nuances fines qui rappellent l'effet d'un dessin en crayon reflechi. Ce portrait sait utiliser les lignes fines du visage, du regard, pour evoquer un patron lineaire coherent, qui implique l'idee philosophe que cela prend beaucoup de lignes harmonieuses, pour creer un portrait captivant. Une ligne se define dans les arts, comme "un objet, qui a nulle epaisseur et aucune courbe, c'est a dire, qui est droite, et s'etend vers l'infini." Dans le graphisme, une ligne est la distance entre deux points, et dans la litterature, une ligne se refere a l'intrigue, au fil narratif qui unit les evenements d'une histoire et sa narration. Dans le monde de la musique, une ligne indique l'ordre que suit une melodie et ses notes, que l'auditeur comprend comme une entite singuliere, qui peut etre jouee par un instrument, ou chantee par une voix. Les lignes alors dans le monde des arts rendent audibles, visibles, les modeles, les patrons d'un theme, d'un sujet, en rendent claires la cohesion, la structure spirituelle, physique, et ses liens, ses antecedents dans l'evolution des idees, des angoisses, des circonstances historiques - sociales - culturelles qui donnent expression a leur conceptualization, leur representation, leur incarnation. Le portrait "Khirdine" evoque dans le calme reflexif de ses lignes, une approche de sensibilites existentielles complexes, un melange intrigant entre romanticisme et un soupcon du mouvement du neo - epxpressionnisme des annees 1980, et rappellent beaucoup a l'art et son esprit visionnaire du jeune rebelle avant - garde portoricain - haitien - americain de Brooklyn, New York, mort a juste l'age de 27 ans, Jean - Michel Basquiat (1960 - 1988), qui a connu dans sa breve vie tumultueuse une ascendance meterorique mondiale. Il y a de lui un portrait qui illustre cette importance de la sagesse et importance de la ligne dans les arts visuels, fait par l'artiste contemporain Van Khong Phan, qui a fait ses etudes a l'Universite des Arts Plastiques a Phorzheim en Allemagne, ou une confluence rythmique, dynamique des lignes creent un portrait de Jean - Michel Basquiat, qui celebre la force neo - expressionniste intense, du genie portoricain - haitien qui allait rendre le jeune artiste si fameux, pour savoir unir la contradiction dans toutes les tensions de ses tableaux. La tension comme il l'avait vecu, entre richesse et pauvrete, comme artiste enigmatique qui avait connu la vie dans le chaos et violence des rues de New York comme jeune sans abri. La tension entre integration et alienation, comme jeune qui avait connu le racisme, l'abime entre appartenance et exile culturel, entre illusion et realite dans le monde complexe des confluences de cultures dans la texture urbaine de New York et ses contradictions, ses obstacles et hypocrisies. Ce portrait de lignes vibrantes, inquietes, dans le visage du jeune artiste visionnaire Jean - Michel Basquiat, est un intrigant compagne avec le portrait fin, reflexif, "Khirdine" du photographe portraitiste kabyle, Nacer Amari. Dans le monde de la philosophie reflexive, comme du poete perse Sufi, Jalal - al Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), et du poete libanes - americain Kahlil Gibran (1883 - 1931), le sentier dans la vie spirituelle se presente comme une ligne, a suivre, a comprendre, a en resoudre son mystere, sur le chemin et ses indices, du destin. En fait, il existe un portrait photo en noir et blanc, faite quelques annees avant sa mort a l'age de 48 ans de Kahlil Gibran, et utilisee comme la couverture de la publication 3 ans apres sa mort, de la collection de ses "Poemes en Prose", qui montre cette sensibilite affective - spirituelle visible aussi dans le portrait "Khirdine". Dans le cas des deux portraits, c'est la lumiere du regard tournee vers le monde interieur des yeux et ses visions, ses souhaits des deux hommes qui domine l'energie et son intrigue, son fils narratif. Voir "Khirdine" du photographe artiste visuel Nacer Amari et son esprit vibrant reflexif de son protagoniste au regard reveur, presque hantant, est voir a nouveau a ce portrait photo du poete Kahlil Gibran, son regard qui aborde la melancholie, vers la fin de sa vie, qui paraissait deja avoir une vue d'un autre monde, qui lui attendait. Les lignes du visage, du regard, de la lumiere des yeux, du contour de la bouche, comme les lignes de la vie et sa traversee de qui on ignore si souvent son dessein, son trajet, sont une reflection clarifiante, precisante de l'homme, sa presence, son histoire. Dans ce sens, un portrait artistique, en peinture, en portrait photo, en sculpture aussi, sont un temoignage de cette fascination, comme illustre le portrait kabyle ingenieux et sensible, "Khirdine": le besoin de comprendre mieux notre presence, son curieux, confondant evidence et irresolu puzzle qu'est chacun de nous. Se voir face a face, avec l'outil artistique du portrait, la perspective de l'appareil photo du photographe, le pinceau du peintre, le ciseau du sculpteur, permet ce moment magique, d'un apercu immersif, d'une pause envoutante de l'accueil delassant que sait donner une oasis, et qui finit par enlever, avec patience, et un sourire gentil, une ou deux couches du mystere de notre vie sur cette terre.  

Trudi Ralston     


La recherche sur le phenomene artistique de la ligne, et sur l'artiste Jean - Michel Basquiat, Van Khong Phan, et les poetes Jalal al - Din Muhammad et Kahlil Gibran, courtoisie de Wikipedia et Getty Images. 

Tuesday, June 30, 2026

Relever le Defi: Entre Tension et Compression - le Portrait "Rachid, l'Afrique" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres'

             Il y a un mecanisme provenant du monde de l'ingenierie des ponts, qui me fascine depuis longtemps: l'echange equilibree entre la tension et la compression, qui tient la resistance et la durabilite de sa construction du pont solide.  Ce mecanisme et son importance est compris depuis des siecles. L'ingenieur tibetien Thangton Gyalpo (1385 - 1464 A.D.) est a l'origine de la construction des ponts suspendus, dont il a construit 8 en 1433, dans le Bhutan de l'Est, un royaume himalayen en Asie, un pays qui n'a jamais ete soumis au colonialisme et qui aujourd'hui a une des reserves d'hydroelectricite les plus grandes sur terre. Thangton Gyalpo etait ingenieur, medecin, forgeron, architecte, et est vu comme un pionnier dans les techniques de la construction des ponts. Il est dit d'avoir construit en total 58 ponts suspendus, dans les alentours de Tibet, et Bhutan, et plusieurs de ces ponts existent et s'utilisent encore aujourd'hui. Un pont peut surmonter non seulement la distance posee par les rivieres et abimes, entre villages et villes, mais aussi entre pays, et meme continents, comme le pont "Canakkale 1915", sur le detroit des Dardanelles en Turquie, qui unit l'Europe et l'Asie, et qui est le pont suspendu le plus long dans le monde, avec une travee de 2023 kilometres, et qui fut construit entre 2017 - 2022, par Daelim, Limak, Sk, et Yapi Merkezi. Ce detour dans le monde ancien de l'ingenierie des ponts, pour introduire le portrait du 17 juin 2026, du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie: "Rachid, l'Afrique". Ce portrait a un dynamisme dans la physionomie du visage, qui parle de courage, de determination, de force interieure autant que resistance physique, qui me rappelle a cet equilibre et son symbolisme entre tension et compression d'un pont, qui reagit dans ce sens comme un organisme vivant, comme l'homme qui doit naviguer les demandes et defis de l'existence terrestre. Relever le defi constant, de maintenir l'equilibre entre tension et compression, comme exige la survie d'un pont face a la circulation et ses effets du poids des voitures, des camions sur sa travee, et le passage du temps, demande beaucoup d'energie, de sang froid, de tolerance psychique le long de la duree d'une vie humaine. Ce symbolisme puissant rayonne dans le regard et les lignes du visage dans le portrait "Rachid, l'Afrique" ou domine une sensibilite expressionniste fiere et digne. Le pont comme evidence de l'ingeniosite intellectuelle de l'homme, est temoin aussi d'une autre expression importante, du desir de se sentir partie de liens entre communautes: les pont unissent, permettent la traversee et la communication pour savoir surmonter des defis que la nature parfois impose: des rivieres immenses, des abimes entre montagnes, qui separent, rendent difficiles les routes de commerce, de rencontres. Ils sont dans ce sens, un peu le contraire d'un mur, qui cherche d'isoler, de fortifier, de defendre depuis des milliers d'annees les villages, les villes, contre l'ataque d'interets et intentions destructives d'un groupe hostile. Dela, que detruire un pont dans les guerres a toujours ete un theme dans le monde de strategies logistiques, et je me rappelle voir le film comme adolescente, "Le Pont de la Riviere Kwai", de 1957, qui se centre autour de l'importance strategique du pont quant a avantage de transport de matieres, dans ce cas, pour le passage d'un train que se construisaient avec des milliers de prisonniers de guerre l'armee japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale, nommee "Le Chemin de Fer de la Mort", pour le fait que des dizaines et dizaines de milliers de prisonniers y ont trouvee la mort suite des conditions horribles et inhumaines du travail obligatoire qu'ils souffraient pendant la construction forcee de ce pont macabre. Le pont a ete detruit, mais a ete apres reconstruit en parts, et existe encore aujourd'hui dans cette forme de temoignage historique. Le film sur le pont de la riviere Kwai, qui unissait la Thailande avec Burma, qui est aujourd'hui le pays Myanmar, qui aborde l'Inde, le Bangladesh, la Chine, Laos et Thailande, est du scenariste anglais, David Lean (1908 -1991), qui est connu pour ses films "Lawrence of Arabia" (1962), "Le Docteur Zhivago" (1965), et est a base du roman de fiction de l'ecrivain francais, Pierre Boulle (1912 - 1994), connu aussi pour son roman de science - fiction "La Planete des Singes" de 1963, qui allait generer entre 1963 et 1973 cinq films suivant sur le meme theme de la planete fictive des singes, qui depuis se considerent des oeuvres cults classiques, comme son roman "Le Pont de la Riviere Kwai" de qui son interpretation en film fut aussi un succes international. Interessant de noter, que Pierre Boulle etait aussi un agent secret pendant la Seconde Guerre Mondiale, et il a ecrit un livre au sujet, "Un Metier de Seigneur", qui sera fait en film. Les ponts exercent depuis l'antiquite une influence mythique dans les histoires de guerre et leurs defaites, et victoires. La civilisation de l'Empire Inca qui dominait les regions de l'ouest des pays de l'Amerique Latine qui sont aujourd'hui l'Ecuador, le Peru, la Bolivie, le Chile, et l'Argentine, et avait un territoire de 2,000,000km2, avait des ponts suspendus verifiables deja en 1615, par l'arrivee des colons espagnols, mais ce n'est pas certain quand ces ponts etaient construits. Le pont Inca, Queshuachaca, en Peru, qui traverse la riviere Apurimac, a une travee de 28 metres, reste le dernier pont Inca ancien suspendu en corde, qu'on repare avec des cables faites d'herbes, encore chaque annee dans le mois de juin, dans un rite celebratoire avec la participation de 4 familles des communautes de Chaupibanda, Choccayhua, Huichiri et Collana Quehue qui fait honneur a la culture et son importance historique et culturelle des Inca. L'idee d'un pont suspendu depend du systeme catenaire, qui veut dire, un pont fait de chaines flexibles, soutenu par deux pilliers a chaque cote du pont, qui reagit sur la force de la gravite en prenant une forme de U, qui tend en equilibre la stabilite et durabilite du pont. L'idee du pont comme merveille d'ingeniosite architecturale et de genie d'ingenierie, possede aussi une attraction de forte symbolisme: le pont comme traversee qui permet la rencontre, l'union, les retrouvailles, le triomphe sur les defis de separation dans le temps, dans l'espace. Le regard du visage aussi, est un pont, qui ou permet entree au monde interieur de la personne, ou le nie. Le regard dans le portrait "Rachid, l'Afrique" est un regard qui exprime la vigilance, sans etre dedaigneux, sans juger, mais sans se rendre vulnerable non plus. On voit le regard d'une personne qui sait maintenir un equilibre resolu entre entree a son monde exterieur et interieur. Son regard inspire le respect, de la part d'un homme qui sait naviguer les ombres et lumieres de la vie avec egale sangfroid et calme. Ce qui me rappelle aux mots dans un article sur le genie des ponts et leur construction et resistance: "On pense a l'idee d'un pont comme une structure statique. En fait, un pont bouge, et acte comme un organisme vivant, dynamique." Cette idee aussi, du pont comme une entite vivante, qui reagit aux forces contraires de la tension et de la compression pour maintenir sa chance de reussite de se maintenir son equilibre, sa durabilite, touche au coeur de mon respect pour l'esprit des Imazighen de la Kabylie, de l'Algerie. La Kabylie est un pont vivant, qui m'unit l'energie et ses visions de mes poemes, mes articles et livres, de mon art aussi, a son ame, qui m'heberge mon ame a son tour, qui me permet l'accueil et la rencontre spirituelle - affective - intelectuelle - culturelle - artistique de mon etre vagabond si longtemps, qui en traversant ce pont solide, envoutant qui me lie a son histoire, son courage, son coeur, me rend visible, me permet l'absolution de l'exile, son fin, sa resolution, son apotheose, sa liberation. Le portrait "Rachid, l'Afrique" du photographe Nacer Amari, comme tants de ses portraits kabyles narratifs et chacun unique, affirme de facon bien concrete la grace du lien que me donne ce pont durable, magnifique, entre Olympia et Aokas, qui sait maintenir sans aucune pretension, aucune imposition ou illusion, ce mystere de l'equilibre entre les forces de la tension et de la compression sur ce sentier de grace de ce pont mystique, qui avec chaque traversee vers elle, me redonne une autre partie de mon coeur, de mon esprit, de mon ame, qu'elle me recupere du fond de l'abime en bas ou la vie m'avait trouvee, avant de decider de m'apporter vers les rivages, vers son soleil, sa lune, son sourire, son regard de la terre kabyle des resistants Imazighen de l'Afrique du Nord.  

Trudi Ralston  


La recherche sur l'histoire des ponts et leurs forces, et les inspirations dans le monde de la litterature et du film modernes, courtoisie de Wikpedia, ainsi que l'article de Bridge Masters Inc., qui explique les deux forces de tension et compression que doivent balancer la construction d'un pont pour sa durabilite.    

Monday, June 29, 2026

Une Question d'Encre: La Dissolution du Superflu - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

              Un des beaucoup d'apprentissages que me presente mon lien avec la Kabylie, qui a vu son debut en 2017, est que son esprit me montre comment naviguer l'effort constant de communiquer ce qui etait rendu inaudible, indisible, invisible, apres une vie entiere faite de silences m'imposee en echange arbitraire pour l'usage quotidien des mots necessaires pour exprimer ce que je pensais, sentais, voudrais, manquais, souffrait. Avec les annees, les mots et leurs sons, leurs rythmes, leurs presences, s'effacaient de ma voix, de mon coeur, et il me restait une collection de mots me laissee, comme un tiroir d'habits d'une autre personne, des habits qui ne me conformaient pas au corps, ni en texture, ni en style, ni en taille, ni en couleurs. Ainsi m'avait laissee la vie, comme jeune adolescente venue etudier et vivre,, par decision des adultes dans ma famille, aux Etats Unis. Dix ans presque de travailler sur mes ecrits en prose et poemes inspiree par le coeur et esprit de la Kabylie, et je me sens une personne differente, en vie 100%, qui a ses propres mots, ses propres visions, ses pensees bien definies, quant aux themes litteraires, quant aux inspirations pour mes poemes, mes articles, qui continuent de s'unir en livres, qui se suivent depuis en plusieurs publications annuellement. C'est une sensation d'immense satisfaction, de sentir cette energie creative liberee, qui traverse la distance entre ma maison ici a Olympia et la Kabylie, entre les Ameriques et l'Afrique, comme un pont fait de lumiere, de joie, de victoire sur une vie de solitudes et isolations vaincues, transformees. J'ai pensee ainsi a une encre sympathique, comme contraste, car, contraire a cet encre, la Kabylie me donne une source inepuisable comme l'eau d'une cascade abondante, les codes et les mots pour vivre cette avonture unique de me trouver capable d'apprendre comment donner expression a mon monde interieur et exterieur, son passe, son maintenant et de les comprendre, de les unir, et d'en construire une identite me niee si longtemps. Par hazard, j'ai appris, le long la recherche pour cet article, qu'il y a en fait un roman policier autour de la disparition d'une jeune femme, au titre "Encre Sympathique" de 2020, de l'ecrivain laureate du Prix Nobel pour la Litterature, Jean Patrick Modiano (1945) de Boulogne - Billancourt, France. Ecrivain prolifique de presque 30 livres, le theme et son intrigue se centrent autour "du puzzle de l'identite, d'essayer de verifier l'evidence de l'existence avec le moyen des traces du passe." Exactement, ce que me permet le lien avec l'esprit et coeur de la Kabylie: elle me donne la clef qui ouvre les portes fermees, derriere lesquelles se trouve le coffre - fort des memoires de mon enfance et adolescence en Flandre, de mes defis aux Etats Unis, de me trouver dans cette espace ouverte, pleine d'oxygene spirituelle - creative, ou vivent mes inspirations, qui dans sa terre recoivent la nutrition abondante, riche pour mes racines sauvees par le coeur resistant des Imazighen de la Kabylie, dans ce pays vaste, intrigant qu'est l'Algerie. L'histoire de l'application de l'encre invisible, dite aussi encre sympathique, qui avec le sens du mot "sympathique" ajoute l'element non seulement de secret, mais de l'intimite partagee des messages invisibles, que donne comme technique strategique dans les combats de guerre et d'intrigue politique avec le moyen de l'encre sympathique, remonte a l'Antiquite, a l'ecrivain grec Aeneas Tacticus - donc, le strategiste - au 7eme siecle B.C. Il a ecrit un livre, "Sur la Defense des Fortifications" qui inclut, entre autre, 20 differentes facons de communication secrete, pour cacher des messages secrets dans les textes. En 217 - 218 B.C, Philo de Byzantium, dit Philo Mecanicus (280 - 220 B.C.), qui vivait en Alexandrie, en Egypte, est un des premiers ecrivains qui decrit l'uitilisation d'une encre invisible avec le moyen d'un reactif, avec le lait de galle, du noix du chene et le vitriol, un pour disparaitre le texte, l'autre pour le faire  re - apparaitre. Il ecrit "Systeme du Mecanique" et est dit d'etre le premier ingenieur de faire des references a un telegraphe hydraulique, pour transmetrre des messages en code, a grandes distances, unis par ligne de mire. Il etait aussi l'inventeur de l'arbalete a repetition. Ses inventions lui definent comme un des pionniers de la communication secrete dans les affaires de strategie de survie dans le cas de sieges. Les outils pour appliquer les mots d'un texte sympathique, sont variees: on peut utiliser un stylo, un doigt, un cure - dent, un cotton - tige, un timbre, pour ecrire le message en liquide sur le papier. Une fois sec, le texte sur le papier devient invisible, et apres, on peut faire re - apparaitre le message en code, avec l'application de differents produits chimiques, ou l'application d'une source qui chauffe le papier, ou en le mettant sous une lumiere ultra - violette. Dans le monde de la technologie numerique du XXIeme siecle et ses avances, on peut utiliser des caracteres Unicode pour creer un texte invisible, qui permettent la transmission de messages secrets dans la structure de textes standards. Le monde de l'encre sympathique et ses textes invisibles, apres rendu a nouveau visibles, est fascinant. C'est pour ca que je donne le titre "Une Question d'Encre" a mon article, car c'est la Kabylie et le lien avec mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, qui permet rendre visible mes mots, si longement rendus invisibles, qui maintenant vivent dans les 10 livres deja que ce lien entre le monde de sa photographie et de mes articles et poemes a su creer. Ce que j'appelle dans la seconde partie du titre de cet article, "La Dissolution du Superflu" se refere au fait que j'ai ete invisible pour beaucoup d'annees, et que dans ce processus long, dur, penible, mon coeur et ame se sont vus mis nus jusqu'aux os, reduit a presque zero, a poussiere. Je comprends alors tres bien, perdre le superflu quant a mon ego. Il en a presque mouru. La grace, dignite, tendresse, courage, espoir que la Kabylie m'a donnee, dans la personne de chaman qu'est pour mon etre et son esprit la personne et son art du photographe artiste Nacer Amari, m'a vu renaitre, fleurir, mes energies et visions creatives - litteraires - artistiques, a rendu visible et su decoder mon etre, qui m'etait devenu avec les exigences des annees, un etranger pour moi meme. La Kabylie et le lien avec mon collegue astucieux d'Aokas, m'a introduit a ma vraie personne, mes talents si longuement effacee dans la lutte de survie comme exilee intellectuelle - culturelle. La Kabylie et son coeur, son esprit m'ont donnee le miroir ou je peux voir tout mon etre, mon coeur, mon ame, la passion et son histoire de ma lutte de ne pas ceder au desespoir, mon desir de vivre en totalite, comme ne pas une version imposee, modelee, reduite, une marionnette, mais comme une personne qui peut respirer, dire, bouger, exprimer, sa personne, en toutes les dimensions, pour la premiere fois dans ma vie. Merci, ma Kabylie. Merci, mon collegue genereux, accueillant, guerisant, toi, chaman - photographe, qui me permet vivre finalement, ma vie comme ma propre personne, depuis que ce desir m'avait envahi comme jeune adolescente d'une 13 - 14 ans, et s'etait perdu apres, dans ce long exile d'interminables defis. La question d'encre pour moi, est ainsi resolu: les mots pour m'exprimer apparaissent depuis, ces surtout derniers 7 annees, comme des cascades heureuses, abondantes, vibrantes, dans des mots clairs, et bien visibles, bien audibles. 

Trudi Ralston 


La recherche sur l'histoire de l'encre sympathique et ses antecedents et importance, courtoisie de Wikipedia. 

Wednesday, June 24, 2026

Un Combat Complexe: Le Poison qui vole l'Oxygene - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            Dans le combat pour la survie du coeur, de l'esprit que doit affronter l'ame qui lutte pour maintenir son identite, son droit d'etre soi - meme, il y a un element qui m'a attiree l'attention: le poison invisible, ce venin toxique qui nous vole l'oxygene de l'energie dont a besoin meme la volonte la plus resistante, pour survivre, pour continuer de vivre la force de sa conviction que chaque personne est une manifestation inviolable de l'essence vitale de cette terre de laquelle elle fait partie. Les affronts que doit encaisser le coeur, son esprit, qui accomompagnent l'ame sur sa traversee de la vie, restent souvent invisible, se camoufflent dans des gestes a peine definis, presque nonchalants, pour l'observateur ne pas alerte a ses manoeuvres habiles, de la part des intentions sinueuses, distraites meme parfois, qui choisissent avoir le controle avant tout, et reussissent de mettre a cote le bonheur, la sanctite de l'etre humain quant a sa liberte individuelle, dans le travail, l'education, les liens de famille, d'amitie, d'amour. Cet affront a la liberte du coeur, de l'esprit, de l'ame cause une immense quantite de stress, de peine, de rage supprimee, de tristesse, et de la chance de s'exprimer, de donner vie aux talents, aux visions, aux idees, a la creativite et son courage. C'est ainsi, un combat complexe, difficil, pour eradiquer, eliminer ce poison qui vole l'oxygene, qui tue l'initiative, la joie de vivre la vie en totalite, que cause sous formes multiples, variees l'imposition qui cherche de couper les ailes de ses compagnes, de ses collegues, de ses membres de famille, de ses proches amis, amants, confidants, de la part de ces personnes qui detestent l'idee de respecter la volonte autrui. Tout ceci parfois devient evident, clair, visible, mais souvent les insultes a la volonte sont faites graduellement, goute par goute, comme un posion qu'on met dans la boisson d'une victime sans mefiance. Les degats s'accumulent en silence, dans l'ombre, comme l'oxygene qui se perd, petit a petit, invisiblement, et qui vole l'energie vitale de sa victime, avec une precision fatale. Je me rappelle la maman d'un ami qu'avait mon fils en ecole maternelle, qui avait perdu son premier mari a un cancer virulent. Il etait artiste peintre, faisait des grands tableaux abstraits intrigants, qu'elle gardeait a la maison, et elle me disait que l'avoir perdu a cet homme lui avait fait appris "se sentir morte en restant en vie en meme temps, une blessure qui ne se guerit pas." Je pense encore parfois a ces mots, de cette femme qui vivait sa vie avec determination, sans se faire des illusions, et avec un sens de devotion sincer envers ses deux jeunes fils et leur papa, son second mari, un homme humilde, gentil. Ainsi je vois visuellement les degats que font les insultes au coeur, a l'esprit, qui ont aussi un effet malheureux sur le corps et sa sante, si on doit affronter le long de beaucoup d'annees la privation de l'oxygene pour l'esprit l'imposition de l'expression libre, ne pas censuree, ne pas controlee, dirigee, de la volonte. Il y a tants d'enfants, d'adolescents, de maris, d'epouses, de professionnels, qui souffrent en silence, en frustration cachee, cette privation de l'oxygene que leur volent leurs parents, collegues, partenaires, pour la satisfaction douteuse de controler l'autre personne, ne pas par necessite, mais par le desir obsessif de se sentir maitre du destin, de ses jours, de ses nuits, de la personne, des personnes dans la vie personnelle et professionnelle. Une tragedie, qui parfois, se deguise en tragi - comedie, pour deguiser le degre de la souffrance affective et sociale, physique aussi dans le pire des cas, sous violence, que priver autrui de sa volonte, exige, demande. Je crois que les arts permettent donner expression a cette agonie, lente, penible, car il y a pas mal d'artistes dans le monde du theatre, de la danse, du film, de la musique, de la peinture aussi, de la litterature, qui ou expriment le besoin d'addresser ce probleme, ou le connaissent trop bien, ayant du se liberer de cette peine eux - memes, comme l'idee de l'ame blessee qui devient tres adepte a la guerison, une fois compris et soignee son dilemme. Pour moi, le monde de la photographie, de la peinture, donne une dimension, une qualite therapeutique a mes visions, mes energies litteraires en prose, en poesie, et me permettent aussi de mettre en images dans mes dessins et broderies, ces pensees, ses sensibilites, desquelles les mots pour les donner une voix, restent encore sans mots, sans audible expression. Travailler avec mon collegue kabyle d'Aokas pour unir son monde de la photographie avec les espaces qu'elle me cree dans mes inspirations litteraires que ce sentier envoutant kabyle - flamand me permet culturellement et intellectuellement, que les perspectives historiques - artistiques d'influences revelent de cette dialogue creative entre la kabylie en l'Algerie et ma vie ici dans la region du Pacifique Nord - ouest des Etats Unis, me permet apprecier grandement l'abondance de l'oxygene spirituelle - affective que me regale ce lien unique et profond. Savoir comprendre, identifier, et apprecier la difficulte considerable qu'est garder l'oxygene du coeur, de l'esprit, de l'ame, solide, verifiable, est une revelation precieuse, cathartique, d'apprendre la patience, les nuances et la sagesse ancienne, chevronnee qui donne vie, qui est l'oxygene du coeur des Imazighen, est une avonture magnifique, qui me permet explorer ma propre resistance, ma propre passion et sa determination de rester toujours vigilante, de m'assurer que personne ne me prive plus, et ne pas, de l'oxygene de mon etre, de rester proche a l'ame kabyle qui sait me traduire les melodies et messages de mes poemes et articles et livres et art, dans cette langue libre, ample qu'elle me rend visible, dans tout son volume vibrant, de ce chaman et le cri libre, saturee d'oxygene parfumee de son regard, de son sourire, de son courage, que pour moi m'etale l'Afrique du Nord des Imazighen, a cote du Chiron artiste visuel kabyle qui m'accompange, sur ces voyages mystiques - spirituels, dans le temps et dans l'espace.

Trudi Ralston


"Un vrai ami est tel un miroir, une reflection de notre ame, qui nous rappele qui on est." - Jalal al - Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), poete et mystique Sufi perse.