Tuesday, April 21, 2026

Eloise: La Persistance de l'Illusion - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           La memoire parfois me donne l'impression d'etre une gallerie d'art, ou on peut ambuler sans devoir se presser, parmi les peintures, les sculptures, qui nous rappellent des moments importants dans l'histoire de notre vie. Certaines de ses images y ainsi etalees, vont etre agreables, sentimentales, claires, et d'autres se presenteront comme des expressions ou domine une energie frustree, chaotique, ne pas bien delignee, comme une interpretation cubiste, frenetique. Il y a dans les couloirs et ses lumieres de cette gallerie, aussi des installations musicales, car une melodie, d'une chanson, de sa voix, de ses instruments, peut laisser une empreinte qui dure toute une vie. Une telle memoire musicale m'a visitee recemment, d'une chanson, au titre "Eloise". Ecrit en 1968 par les freres anglais jumeaux Paul Ryan (1948 - 1992) et Barry Ryan (1948 - 2011), de Leeds, j'ai entendue et vue, cette chanson en video, sur la television dans une emission en Flandre, quand j'avais 11 ans. Les freres Ryan commencent a travailler ensemble en 1965, avec Paul la personne qui ecrit les chansons et qui chante aussi, et avec apres Barry qui apparait solo, comme le chanteur principal, une fois que Paul decide de se dedier exclusivement a ecrire les chansons.  La chanson m'avait hypnotisee pour sa force affective, et pour ce qui l'a definie comme "melodramatique et lourdement orchestree", pour l'intensite de la voix du chanteur Barry, un jeune aux cheveux longs et disposition hyper - intense. Quelque chose dans le contraste entre la passion decisive que sait communiquer la chanson, et le desespoir qu'exprime en meme temps le rythme qui altere entre vitesse et lenteur, transmet aussi la tourmente de l'amour, si les circonstances se revelent compliquees, qui me donnait a mon coeur d'enfant etre selon le chanteur charmant, etre le cas pour lui quant a l'heroine de ses affections, "Eloise", car vers la fin de la chanson, il crie son nom avec pas mal de pathos theatral. Le drame de la chanson, et de la video qui accompagne la chanson, de la jeune Eloise, qui finit par laisser seul au jeune homme, comme elle s'enfuit de lui, dans sa robe de gauze longue, avec lui en longue cape jaune doree, en cheval au galop, essayant de la retrouver, avec en arrierre plan, une mer de vagues turbulentes et le feu d'un brillant coucher du soleil. La chanson reste fameuse, et a l'epoque, a vendu 1 million de disques. A l'ecole, tout le monde en parlait, de ce chant hypnotique de Barry Ryan, sa "Eloise". Comment ne pas etre impressionnee alors avec l'intrigue de cette chose qu'appellaient les adultes l'amour? Surtout que je ne recevais jamais aucune reponse satisfaisante au sujet, j'avais decidee suite de cette chanson et sa video, que le seul remede serait de verifier sur ce phenomene complexe et mysterieux de l'amour moi - meme, et surtout, avec discretion, vu la facon contradictoire que les adultes dans mon monde en parlaient. L'impact de "Eloise" m'allait aussi reveiller un interet dans le monde complexe des illusions, car, la video et sa mise en scene, etait le produit, j'ai vite compris, d'une realite construite, autour d'une emotion, d'une idee, que le chanteur facilitait avec la passion de sa voix, de ses mots, ensemble avec les effets visuels, et l'orchestre et ses instruments qui l'accompagneait. La question qui m'est restee, et qui me hante encore aujourd'hui, apres avoir absorbee le petit theatre et son drame "Eloise" que le jeune genie des freres artistes Paul et Barry Ryan avaient su creer, est la suivante: d'ou vient cette force tetue de l'illusion? Et comment alors, la savoir briser? Dans une echange recente avec mon collegue photographe artiste kabyle d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, j'ai postulee que le monde des arts cherche a briser le monde de l'illusion, ses griffes tenances qui veulent garder soumise la volonte, celle qui reveille les visions de la liberte creative et ses energies. "Eloise" est une merveille dans ce sens, pour comprendre l'importance du decor de l'illusion, dans ce cas, une presentation theatrale, dramatique, en meme temps que la chanson et son theme de rebellie et amour irresolu, celebre la liberation des illusions et leurs pieges, et aussi, la controversie, et le prix que demande le courage de ne pas ceder au compromis, a ses raisons bien rangees, logiques. Comme enfant, je me trouvais laissee souvent seule, et j'avais un temperament qui aimait observer, ce qui m'avait faire apprecier, que le silence etait un avantage strategique, ainsi que savoir quel etait le moment de demander des questions, par exemple, quand ma Nanou ou grandmere ou mon pere, ou sa plus jeune soeur, ma tante Lieve, etaient distraits brevement, par un voisin ou voisine a la porte, ou un coup de telephone. Les adultes avaient tendance dans ces moments de vouloir partager des sagesses utiles, sur des sujets complexes, tandis que dans les moments de loisir, de detente, mes interrogations precoces sur les affaires des adultes et leur monde, etaient vu avec mefiance ou impatience, avaient l'habitude d'enerver ces personnes si bizarres que sont les adultes pour un enfant qui essaie de faire un sens du va et vient qui lui entoure. C'etait comme suivre une route inconnue sans carte routiere, ou les adultes sur cette route, etaient presque comme des pirates, qui donnaient l'impression de ne pas vouloir reveler ou etait le tresor duquel il gardaient jalousement son secret. Les adultes aimaient alors les illusions, il paraissait? J'avais souvent l'impression que pour le monde des adultes, pretendre etait une necessite, qu'ils acceptaient avec un melange d'amertume et humour, ce qui fut difficil de comprendre comme enfant. J'avais, dans toute ma fascination avec la complexite de leur monde et cette chose qu'on appelait "la vie" qu'un jour "j'allais comprendre" - selon qu'ils me rassuraient, avec pas mal d'effort, qui n'aidait pas les choses dans ma faveur quant a etre convaincue de la veracite de leurs affirmations - une attitude pratique, qui chercheait de trouver une entree dans ce monde et ses bizarres contradictions. Le monde du maquillage de ma mere, et du maquilllage et sa sophistication de ma tante Lieve, qui ne s'est jamais mariee, mais ne manqeait jamais de pretendants, et de mes cousines et leurs amies, me confondait. Car ma grandmere Celina, qui etait une femme tres sincere et sans complexes, tres franche aussi, ne portait jamais le maquillage, et me donnait l'impression que cela etait une forme de camoufflage, mais de quoi exactement, je me demandais? Parfois, les maquillages me paraissaient dans leurs formes exagerees de la part de certaines femmes dans la famille, etre un masque. Au moins, de cette angle, j'etais satisfaite d'en comprendre sa raison: tandis que comme enfant curieuse, j'avais envie de me mettre le maquillage parfois, comme une sorte de celebration, d'expression de joie, de plaisir de se savoir contente, heureuse, et oui, amoureuse, mais apparemment, il y avait une autre raison, celle de dissimuler, de cacher. Et apres, j'ai compris, quand une cousine adolescente gentille me l'a expliquee, que parfois le maquillage est une facon de se rendre plus belle, plus confiante, ce qui depuis pour moi allait donner au monde du maquillage une autre dimension, plus serieuse, plus mysterieuse, et plus triste aussi, comme le maquillage et ses couleurs criardes des clowns, et des costumes et maquillages des cabarets, de la danse moderne, du theatre de l'avant - garde, ou le maquillage devient un message d'avertissement, de revolte, un code, un symbole. Dans ce sens, le maquillage etait aussi un effort, dans le cas du monde des arts dramatiques, de briser la persistance de l'illusion, de lui forcer une voix, un cri de rebellie, de presence, de desir de vouloir vivre et etre libre des convenances. Meme toutes ces annees plus tard, ecouter la chanson "Eloise", et lui revisiter sa video desarmante et meme possedant une certaine innocence, vu la brutalite du monde post - moderne, me touche le coeur, me met a nouveau dans le salon et ses muebles de lignes modernes des annees 1960 a la maison de mes parents en Flandre. J'etais assise dans le sofa de cuir blanc, que je preferais pour avoir une sensation tres suave, douce, quand on le toucheait, tandis que les autres sofas etaient de cuir noir dur, lis, attirant, mais moins confortable, et avaient des repos pour les bras en bois de teck, tandis que le sofa blanc etait tout en cuir. Assise, seule, un apres - mid apres l'ecole, invisible aux yeux de ma mere, et de mon frere et deux petites soeurs, qui etaient dans la cuisine, j'ai pu regarder et vivre la chanson et sa video, sans interruptions, sans questions. C'etait a la fois un moment de totale immersion affective envoutante, et de tristesse aussi, envers la jeune femme et son amant, m'imaginant etre elle un jour, sur cette plage, seule, rebelle, et aimer a ce beau garcon, qui criait si fort pour son Eloise. La gallerie des memoires, ou se balade insouciante, le defile de nos experiences, et qui nous visite, comme ca, capricieusement, pour nous inviter encore dans ses couloirs, ou la bataille continuera apres, dans les salles de notre present, pour la liberation et la chance de vivre sans impediments notre vie et ses detours imprevus, depourvue de la persistance tetue de l'illusion et ses compagnes: le temps et la facon qu'on decide comment le vivre, si on ne le nous pas impose de comment le survivre, le tolerer soumis a des circonstances traumatisantes. "Eloise" me rappelle de rester vigilant, de continuer de croire que chaque jour a nouveau, il y a une chance de se liberer un peu plus, de renforcer la volonte, de croire que la vie vaut l'effort d'essayer de la vivre de la facon la plus authentique et la plus libre que possible, et de ne pas trop payer attention aux detours, aux detracteurs, et aux obstacles, une lecon que ma muse kabyle, m'en partage avec elan, patience, tendresse et humour, la finesse et l'art du courage resolu.  

Trudi Ralston   



L'information sur les freres Paul et Barry Ryan, et sur leur chanson fameuse de 1968, "Eloise", ecrit par Paul Barry et chantee par Ryan Barry, courtoisie de Wikipedia. 





Saturday, April 18, 2026

Point de Repos: Respirer en Paix - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            Il y a des moments, dans la solitude du jardin, et de la maison, quand j'y suis seule pour quelques heures de reflection, que le voile de l'incertitude existentielle et ses brumes se leve pour juste assez longtemps, de me permettre voir clairement son visage, dans ce qu'elle cherche de me montrer le coeur, l'esprit, l'ame. Ces moments de clarte me sont donnees ces jours, par la presence tangible, qui efface une distance geographique considerable, de la part de ma muse, ma Kabylie, qui m'accompagne les exploits de mes poemes, de mes articles, de mes livres. Sa presence qui s'unit de facon si variee, si multi - dimensionnelle, dans l'art photographique et le lien profond qui en s'est vu naitre, avec mon collegue kabyle d'Aokas, le photographe Nacer Amari de Tassi Photographie. C'est une inspiration artistique - litteraire qui me touche sensoriellement et sur tous les niveaux intellectuels - linguistiques, qui m'inspire des poemes en francais - je suis de naissance flamande, de l'ouest de la Belgique ou j'ai grandie - en anglais, en espagnol aussi, une langue que j'ai appris au Texas pendant mes annees d'etudes universitaires, ou j'ai finie par obtenir une matrise en litterature espagnole et latine - americaine de l'Universite de Texas a  Austin, la capitale connue pour son esprit ouvert et rebelle, de l'etat dans le sud - ouest des Etats Unis. Et ce matin, voyant sur la modeste armoire a cote de la table ou je fais mes recherches et ou j'ecris, les 10 livres ecrits dans cette collaboration fructive avec mon collegue photographe d'Aokas, avec qui je travaille depuis debut 2020, le livre le plus recent etant "Les Ailes d'Aphrodite: Une Exploration de la Volonte Creative - en Hommage a Nacer Amari et l'Esprit Kabyle", du 4 avril 2026, j'ai sentie la douceur de cette paix interieure, quand on sent, avec un frisson chaud de joie, que notre vie voit les efforts et le courage se materialiser concretement, apres tants d'annees dans l'ivisibilite et la tourmente de souffrir en silence, le mepris de la part de personnes qui pensaient avoir le droit de nous controler, de nous reduire, de nous mettre a cote, de la part de personnes qui au lieu de nous proteger comme enfant, comme adolescente, ont trouvee un plaisir pervers de nous negliger, de nous abuser les reves, l'innocence, la timidite. Ces personnes ne sont plus de cette terre, cela me donne un sens de reconnaissance, envers la chance de vivre libre de ce poids, qui seulement me visite la nuit maintenant, sous forme de mauvais reves, mais ceci est chaque fois plus rare, ce qui est tres satisfaisant. Ce matin, fut un de ces moments de point de repos, de me savoir capable de respirer en paix, de me trouver contente, quoique au milieu du chemin incertain dans ce monde en chaos, de cette belle avonture creative - spirituelle que me regale le coeur kabyle, meme sans savoir si je vais recevoir la chance d'exprimer toutes les energies creatives - litteraires que ma muse kabyle m'inspire. Le plus important est que mes energies creatives se realisent leurs visions, chaque fois plus fort, plus complet, et dela m'est venu ce matin ici, cette sensation douce de sentir, que tout est bien, que deja, cette avonture litteraire - affective est unique, est incomparable dans l'histoire de ma vie. Cette douceur me fait sourire avec beaucoup de joie et humilite, car ce voeu de pouvoir m'exprimer mes sensibilites litteraires et leurs desirs de trouver ainsi la voix de mon etre, remonte a quand j'avais 16 ans. Je vis donc la realisation d'un voeu fervent fait il y a toute une vie, que la Kabylie et son coeur immense, sa sagesse, son accueil, me permet maintenant vivre. C'est un bonheur, qui malgre toutes les limitations exterieures des circonstances, ne diminue rien de l'exuberance vibrante et son energie et euphorie interieures, qui reussissent de se voir concretisees dans la publication de mes livres qu'elles engendrent, et la joie et la fierte de partager leurs visions dans des videos qui me donnent un sens de la dignite et sa confiance de me voir l'identite reclamee, celebree, et qui en meme temps celebre l'esprit inegal, de la Kabylie et de l'art de mon collegue photographe, ce chaman de qui son esprit tolerant, et ses espaces intellectuelles visuelles sont au centre de l'influence transformative qu'il exerce et me traduit les rythmes et melodies pour mes inspirations litteraires. Il est a la fois le point de repos, et l'energie de l'inspiration, comme le feu ouvert du chaman, autour duquel s'illuminent les visions clairvoyantes et leurs signes que nous traduisent ses photos et mes poemes et articles, et pres duquel les inquietudes de mon esprit vagabond depuis si long, retrouvent leur force spirituelle, et le sommeil tranquil, libre des fantomes et leurs insultes ecoeurantes. Respirer en paix, comme venu de l'incens gout de santal et ambre, au senteur de la tuberose et le musc des forets et leur calme, ce point de repos, si longuement recherchee, que me donne, dans ces moments de grace, le soleil et le ciel, ces messagers anciens qui me laissent leur echo en code morse, en hieroglyphes, me venu des rivages et leurs chants de ma Kabylie, ma mere spirituelle, qui cherche visiblement, de ne pas m'abandonner, comme si elle savait intuitivement que c'est ca la cicatrice de mon enfance et adolescence la plus penible, et celle qui me brule encore, la ou personne ne la voit, ne l'entend. Il y a une personne qui etait tres fameux pour son programme sur la chaine publique de la television ici, la PBS (Public Broadcasting System), qui fut fondee en 1969 et commencee en 1970, qui se concentre sur des programmes educatifs, quant a l'histoire, les arts du monde, du theatre, de la danse, de la musique, de l'ecologie, de toutes les sciences, et des programmes aussi specifiquement benefiques pour les enfants, comme "Mister Rogers' Neighbourhood", (1968 - 2001), donc, "Le Voisinage de Monsieur Rogers", qui a laissee une empreinte indelible pour ses efforts de la part de son createur, l'ecrivain de livres pour enfants, Fred Rogers (1928 - 2003), de naissance de l'etat de Pennsylvania dans le nord - est des Etats Unis, pour vouloir inspirer la confiance et la dignite dans tous les enfants de toutes les cultures du pays, et dans toutes les circonstances de la vie. Une phrase qu'il a dit me donne des frissons encore: "To love someone is to strive to accept that person exactly the way he or she is, right here and now": "aimer a une personne, c'est faire un effort de lui accepter exactement comme il ou elle est, en ce moment, maintenant". Je n'aurais jamais compris la verite importante de cette sagesse, sans le coeur kabyle et son accueil, sans l'experience de sa tolerance envers l'etranger, envers le vagabond qui sur sa terre trouve et retrouve son centre, comme ce fut le cas pour moi. Le lien artistique - intellectuel avec le photographe d'Aokas, Nacer Amari, confirme et sait developper, epanouir toutes les nuances litteraires - artistiques de cette verite. Je crois que l'esprit kabyle et tout ce qu'il a vecu et continue de vivre, dans l'histoire de sa culture qui remonte des milliers d'annees, lui donne cette resistance et charisme intuitifs de l'ame qui voit au - dela de l'evident, qui a une vue du monde aussi vaste que les horizons qui delignent ses montagnes, les racines de ses arbres anciens, le va et vient des vagues de sa mer et ses chants. Je dedie cet article a toi, ma Kabylie eternelle, et a toi, mon collegue artiste kabyle, pour pouvoir celebrer, la joie de cette collaboration profonde, sa grace, sa beaute, son importance, son heritage precieux. Joyeux anniversaire, le 21 avril, ce jour de ta naissance. Longue vie et sante et bonheur, prosperite, a toi et a ta famille, et longue vie a ce lien flamand - americain - algerien - kabyle, a ses fleurs, a ses racines, qui m'inspirent tant de courage, tant d'espoir, tant de vitalite et tant de dignite, de joie.  

Trudi Ralston  


L'information sur l'ecrivain americain, Fred Rogers et son lien avec l'histoire des programmes du reseau de television PBS, courtoisie de Wikipedia. 

Thursday, April 16, 2026

La Magie du Possible: La Promesse dans "le passager" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            Un portrait en noir et blanc du 9 avril 2026, "le passager" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, est toute une symphonie de melodies visuelles autour de l'idee et ses visions et sa philosophie du voyageur errant, qui continue de fasciner l'imagination humaine pour nous introduire a l'alternative d'une vie sedentaire, reglee, nettement definie, qu'elle soit urbaine ou agraire. L'idee du poete - artiste errant, continue sa tradition depuis des siecles, et trouve une expression moderne dans les ecrivains - journalistes, comme l'explorateur intrepide anglais, Colin Thubron (1939), de qui j'ai devoree ses livres "Mirror to Damascus" (Miroir vers Damas) de 1967, et les explorations de ses livres envoutants et profonds, "The Lost Heart of Asia" (Le Coeur Perdu de l'Asie) de 1994, qui raconte la tragedie des republiques de l'Asie Centrale, donc, Ouzbekistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan et Turkmenistan, sous la brutalite du regime de Stalin, quand des millions de personnes des cultures originaires de ces pays ont peries dans des famines et les camps de concentration du systeme gulag sovietique. Son livre de 2006, "In The Shadow of the Silk Road" (Dans l'Ombre de la Route de la Soie), qui unissait sur une distance qui couvreait 6,400 km,  les caravanes de fable le long les routes de l'Asie Central, Est et Sud, et de l'Ouest, ainsi que le Sud de l'Europe et l'Afrique de l'Est, entre le second siecle B.C. et la moitie du XVeme siecle, m'a laissee son empreinte indelible pour la precision de ses recherches historiques - anthropologiques de la part de l'auteur, un livre vraiement riche en information, ecrit dans une prose exacte, libre de tout jugement ou idee presupposee ou sentimentale, autour d'un sujet qui pourrait facilement creer un style qui cherche exaggerer l'extraordinaire histoire de la Route de la Soie et ses caravanserai celebres qui accomodaient les caravanes qui traversaient les villes de Isfahan et Samarkand, les deux classees comme etre partie du patrimoine mondial par l'UNESCO. Colin Thubron, qui a 86 ans maintenant, voyageait toujours seul, avec juste un cahier de notes, sans aucun instrument technique, pour ainsi maximaliser le contact avec les personnes qu'il rencontreait sur ses routes, qu'il traversait ou a pied, ou en bus ou camion, avec des chauffeurs de la region ou il etait dans le moment. Il a ecrit aussi 8 romans, et son epouse, qui lui tolerait ses voyages qui souvent prenaient des longues mois, est une professeur americaine, specialiste dans le monde des oeuvres du dramaturge et poete anglais, William Shakespeare. Le portrait au titre "le passager", si modestement ainsi defini par le photographe kabyle Nacer Amari m'a exercee une attraction insistante, et me rappelle avec beaucoup de nostalgie au monde bohemien de mon oncle artiste peintre Emiel De cauter (1921- 1976), qui avait un restaurant, "De Klokkepot" (Le Puit  Ancien) ou se reunissaient des musiciens Roma, des peintres, des poetes, dans une ambiance amicale, chaleureuse, jusqu'a tard dans la nuit, et ou la biere et les vins et le whiskey etaient servi par mon oncle et sa femme dans le bar du restaurant, qui etait le centre des conversations et echanges animees et conviviales. Le restaurant etait toujours plein de monde, et la musique flamenco y jouee etait toujours live, par des groupes qui etaient des amis de mon oncle et son fils, qui etait membre d'un orchestre gitano qui allait devenir tres connu dans la region. Il y avait aussi pas mal de passagers, ces voyageurs itinerants, de retour de l'Inde, entre autre, qui etait une destination populaire dans les annees rebelles de 1950 - 1970, sous l'influence du mouvement du rock et son interet dans les cultures du monde et leur musique. L'impression me laissee comme enfant de 12 ans, d'etre immersee dans ce monde de musique exotique, de fumee de cigarettes Gauloises, de rires autour de vers de vin, de repas de poulet au curry, qui etait un de mes plats favoris que preparait le chef dans la cuisine du restaurant, d'ecouter et observer des discussions autour des arts de la part de mon oncle Emiel et ses compagnions, de la part de mon pere, de mon oncle Frans, d'etre entouree des hommes et femmes Roma, avec leurs cheveux longs, leurs habits de rebelles ne pas soumis aux restrictions etablies de mode ou convenances, avec leurs bagues et chapeaux aux plumes, et leurs barbes et moustaches baroques, leurs mouvements sensuels, de leurs mains, de leurs gestes de main, du regard dans leurs yeux ebenes, de la passion de leurs voix et ses chants aigus, forts, ont reveillee en moi a un jeune age, une fascination pour la joie, l'energie intoxicante de vivre selon le code qu'on a choisi soi - meme, ne pas imposee par une moralite stricte, asphixiante, tuante. De vivre comme esprit libre, de facon authentique, avec une curiosite envers toutes les possibilites qu'offre la vie, m'a aussi appris la magie du possible, comme l'offre le portrait "le passager" de Nacer Amari: la promesse qui decouvre l'experience de se trouver personne errante, passager, donc, celui ou celle qui est en route, qui decouvre l'espace entre ou elle se trouvait, ou elle est, et ou elle se trouvera ensuite. Le passager, de passage, qui apres revient avec le coeur et l'esprit pleins des explorations, des rencontres vecues, connues. L'Algerie a un poete errant fameux, dans le personnage de Si Mohand ou M'hand (1848 - 1905), de naissance fils d'une famille riche importante, ayant recu une education religieuse traditionnelle, dela son titre de "Si", donc , professeur, enseignant. Sa vie fut bouleversee de facon violente et tragique, suite de la Revolte Mokrani de 1871, contre l'oppression brutale coloniale francaise (1830 - 1962) de l'Algerie. Si Mohand y perdrait son pere, condamne a mort, de son oncle paternel, en exile vers la colonie penitentiaire infame de la Nouvelle Caledonie, et sa famille a vu toutes leurs possessions confisquees par les forces francaises. Sa mere et ses freres decident d'emigrer vers la Tunisie, mais Si Mohand choisit un autre destin: celui de rester en Algerie, et de vivre comme poete errant parmi la population expropriee, vivant comme journalier, passant le reste de sa vie voyageant de village a village, de ville a ville en Kabylie, et aussi passant du temps en Algiers. Il visite le Cheikh Mohand ou - Llocine, pour un engagement poetique historique, et fait un voyage a pied vers Tunis, pour retrouver ses freres, mais la reunion fut un echec et il retourne encore en Algerie, ou il meurt suite de la tuberculose, a Ain El Hamman, a l'age de 57 ans. Ses poemes sont unis par l'ecrivain Mouloud Feraoun (1913 - 1962) dans la collection "Les Poemes de Si Mohand", publiee a Paris, par l'Edition de Minuit, en 1960. Et en 1982, le linguiste et anthropologue algerien, Mouloud Mammeri (1917 - 1989), publie "Les Isefra de Si Mohand". Il y a aussi "Si Mohand ou Mohand. Errance et revolte", de Younes Adli, Paris Mediterranee, de 2001. Le professeur Mouloud Mammeri a une renommee mondiale pour sa publication en 1972, de la grammaire Tamazight, dans lequel il emploie un alphabet qui se base sur l'alphabet latin, et ou il define les regles orthographiques de la langue. Ces normes devinrent le standard pour l'ecriture en Tamazigh d'aujourd'hui. De 1969 - 1980, Mouloud Mammeri est directeur du Centre de Recherche Anthropologique, Prehistorique et Ethnographique (CRAPE) a Algiers. En 1982, il fond le Centre des Etudes et Recherche Amazighes, et en 1985, il recoit un docotorat d'honneur de l'Universite de la Sorbonne de Paris. A ses funerailles en 1989, suite de sa mort dans un accident de voiture, il y a en attendance 200,000 personnes. L'Universite de Tizi - Ouzou porte son nom, ainsi que la salle culturelle de Tizi - Ouzou, ou il a vu sa naissance. L'ecrivain Mouloud Feraoun (1913 - 1962), qui etablit en 1951 une correspondence avec l'auteur Albert Camus, dedie ses oeuvres a la societe kabyle et ses villages et la vie de ses agriculteurs pauvres, sur les themes de l'amour pour la terre natale, de l'emigration, et sur les consequences de la colonisation francaise. Il meurt suite de l'assasinat par la force policiere coloniale, l'OAS, le 15 mars 1962, juste 4 jours avant la fin de la Guerre de l'Independance. 

           Les mots modestes du photographe Nacer Amari sur son portrait "le passager" dementent la beaute et l'impact artistique et affectif qu'a sa vision: "C'est en fait un passager, avec son sac en cuir. Je l'ai demandee si je pouvais lui faire un portrait, et il m'a dit "Avec plaisir." Ce portrait me rappelle l'importance de vivre selon ses propres codes, et que la liberte, autant exterieure qu'interieure, demande du courage pour les realiser. Un poete errant fameux de l'Asie du Sud est Matsuo Basho (1644 - 1694), le poete errant japonais, de la periode Edo, qui allait traverser le Japon a pied, couvrant avec un de ses compagnes, Kawai Sora, 2,400 km dans 150 jours dans les regions nord - est du Japon, la region de Honshu. Matsuo Basho etait de naissance d'une famille de ninja, et le poete avait recu l'entrainage dans l'art martial de ninjutsu, ce qui lui donnait la confiance de faire un voyage a pied seul en 1684 sur les Cinq Routes d'Edo, consideree tres dangereuses pour les voyageurs sans compagnes. Matsuo Basho etait vu comme le poete le plus talentueux dans le genre du haiku, et ses poemes restent tres populaires mondialement pour la franchise desarmante des emotions et observations. Un autre poete et mystique, impressionnant, fut le poete gnostique perse, contemporain du poete Sufi perse, Jalal al - din Muhammad Rumi (1207 - 1273): Shamz Tabrizi ( 1185 - 1248), reconnu mondialement comme le poete perse le plus important. Shamz Tabrizi laisserait une impression transformative radicale sur l'art poetique de Rumi. Ils se connaissent et se trouvent epris l'un de l'autre, tellement que Rumi commence a negliger ses devoirs, et d'un jour a l'autre Shamz Tabrizi lui quitte et s'enfuit vers Damas, qui cause un chagrin profond en Rumi, qui lui dedie ses "Divans de Shamz Tabrizi", qui fut le moment decisif de sa vision spirituelle du monde, et fut le debut de sa producitivite poetique. Le poeme "Mashavi" de Shamz Tabrizi souvent est dit d'etre "Un Quran en langue perse", et se considere etre le plus grand poeme perse. Le tombeau de Shamz Tabrizi a Khoy, en Iran, est sous la classification du patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est lui qui est a l'origine des danses dervish de la tradition mystique Sufi, qui a tellement impressionnee a Rumi. Le besoin d'evader l'evident, de se mettre au rebords ou se rencontre le monde concret et le monde spirituel, de vouloir embrasser le feu de la passion intellectuelle - affective sans peur, avec le courage dont est capable l'amour et la camaraderie entre coeurs et esprits avant - gardes, rebelles, quand ceux - ci  se declarent libres, refusent de se soumettre a des notions rigides, est ce qui a inspiree le poete errant inquiet et elusif Shamz Tabrizi, et ce qui a su calmer les angoisses existentielles de Matsuo Basho, et ce est a l'origine de l'interet et influence durables dans la vie du poete errant brillant, faisant face aux defis et frustrations de l'exile dans son pays sous le systeme dehumanisant colon francais, Si Mohand. Etre passager est etre ni ici ni la - bas, c'est une condition entre deux mondes, qui peut etre exhilirante, comme elle le fut pour Matsuo Basho, et pour Colin Thubron, car ils pouvaient toujours rentrer chez eux, apres un long, beau voyage d'errances. Etre passager peut aussi etre difficil, comme ce fut pour Shamz Tabrizi, et pour Si Mohand. Le poete - artiste - voyageur errant, passager, est neaumoins toujours une personne qui recoit la chance de voir et de montrer le monde avec une vue qui sait unir le moment avec l'intemporel, pour se mettre en dehors, comme un acteur de theatre qui descend de la scene, de l'action deja en mouvement quand ils arrivent, et qui s'arrete une fois qu'ils partent, pour aller decouvrir la scene suivante, et y bouger, comme tout etranger qui offre a la fois l'inconnu, et le familier des gestes quotidiens qui s'unissent aux habitudes inconnus, exotiques. C'est ca, la force convainquante du portrait "le passager" du photographe Nacer Amari. Le regard reveur, qui a un soupcon de l'intuition du clairvoyant, de la part de son protagoniste: ce regard calme, ou brille la lumiere de rivages lointains, de cette magie du possible, qui respire avec le souffle de l'enigme irresolu a toujours: de l'horizon du present qui reve de s'unir a la promesse de l'horizon de demain, ses chants, ses rencontres.  

Trudi Ralston 


La recherche sur les poetes - ecrivains errants perse Shamz Tabrizi, japonais Matsuo Basho, algerien Si Mohand et anglais Colin Thubron, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur l'ecrivain Mouloud Feraoun et l'anthropologue et linguiste Mouloud Mammeri.  Il y a aussi une traduction en anglais du texte "Les Isefra de Si Mohand" de Mouloud Mammeri, par Mildred Martimer, de 1982, qui apparait dans: Johnson Lemuel A., "Towards defining the African aesthetic", page 31 - 38, Washington D.C., Three Continents Press.  Du 27 decembre 2023, il y l'article que j'ai trouvee bien illuminant, de Lynda Chouiten (1977), de l'Universite de Boumerdes en Algerie, qui a recu son doctorat du National University of Ireland, Galway: "To Be or Not to Be a Nomad: The Limits of Iconoclasm in Si Mohand's Poetry", published online by Cambridge University Press.

Saturday, April 11, 2026

Une Question d'Equilibre: Le Monde Reflexif du Portrait "MOKHTA, LA LEGENDE" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

         Le monde de la portraiture dans la photographie possede un element decidemment theatral, pour savoir unir l'energie dramatique des preoccupations interieures et exterieures de ses protagonistes, ce qui s'exprime dans l'esthetique unique des portraits en noir et blanc, comme dans le portrait du 5 avril 2026, "MOKHTA, LA LEGENDE" du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie. C'est un portrait ou domine une aura intensement reflexive, et qui inspire une analyse de son ambiance intime, qui fait presque disparaitre le monde exterieur. Il y a une energie hypnotique dans le regard de son protagoniste, de visions uniquement privees, libres de tout mal a l'aise, dans cette absorption de ses pensees, leurs explorations et conclusions. J'ai fort pensee aux portraits en photo en noir et blanc du poete et ecrivain canadien, troubadour des annees 1950 - 2016, Leonard Cohen ( 1934 - 2016), contemporain des troubadours rebelles americains Bob Dylan (1941) et Joan Baez (1941), eux encore actifs comme voix qui questionnent le chaos et l'injustice qui tourmente l'humanite du XXIeme siecle avec telle cruaute et violence. Les themes prevalents dans la poesie et prose de Leonard Cohen se centrent autour de la mortalite, l'isolation et la depression, la foi, la trahison et la reconciliation, les conflits sociaux et politiques, l'amour sexuel et romantique, le desir, le regret et la perte. C'est a l'age de 32 ans, qu'il decide de suivre aussi une carriere comme chanteur, ce qui deviendrait sa passion decisive. Connu pour l'esprit melancholique de ses chansons, la chanteuse americaine Jennifer Warnes (1947) lui a decrit ainsi: "Leonard accepte que l'acte complet de vivre contient des mesures immenses de chagrin et desespoir, et aussi de passion, de l'espoir, d'amour profond, d'amour eternel." A sa mort de Leonard Cohen, le journal The New York Times, a decrit le lyrisme de Cohen, dans un article du 10 et du 11 novembre 2016, "Obituary" et "Appraisal": "auteur - chanteur epique et enigmatique, monsieur Cohen ecrivait des chansons qui parlaient dans une langue minimaliste, qui pouvait etre a la fois oblique et disant, les themes de l'amour et du foi, du desespoir et de l'exaltation, de la solitude et du lien, de guerre et politique, de la justice sociale." Le regard profondement interieur, reflexif, intime du portrait "MOKHTA, LA LEGENDE" revele une attitude importante envers la vie, et ses dilemmes: on y trouve un grand sens de l'equilibre, de calme, de conviction affective - intellectuelle, qui merite en apprecier sa qualite solide, convainquante. Il y a une presence de charisme, ne pas issue d'arrogance ou un sens d'amour - propre vain, mais d'un charisme qui a une fondation concrete, realiste, pratique meme, qui sait manifester ses convictions solidement ancrees dans son esprit et ses objectifs. De nos jours, cet equilibre est rare. L'autre jour, au gym qu'on frequente ici a Olympia 3 - 4 jours la semaine mon mari et mon fils et moi, je note avec une certaine tristesse, que les gens qui y pratiquent leur passion pour le sport, se parlent rarement, evitent meme le contact d'un regard, ou d'un bonjour. Je crois que le degre de chaos et incertitude croissante dans le monde ne fait que rendre cette attitude de sensibilites de- connectees, plus aigue. Avec un certain regret, je me suis dit "Si ce beau gym avec toutes ses machines et possibilites se trouvait dans un village ou ville en Flandre, il y aurait un petit cafe aussi, avec des sandwiches et des boissons hydratantes, et des gens qui apres passeraient des moments agreables ensemble. Mais, ici, cette culture anglaise qui sont a l'origines des colons qui ont fondee la realite conroversielle de la societe americaine, on a ces jours une multitude de personnes seules, qui ont peur de se connaitre, et qui me laissent avec l'impression troublante d'etre reduites a des robots, sans ame ou esprit." Le regard interieur du protagoniste "MOKHTA", revele un monde interieur riche, complexe, qui comprend l'importance de son equilibre avec le monde exterieur. Je trouve alarmant le degre de morbide evasion de la realite contemporaine, de simplement pretendre de la part de tants de personnes, agees et jeunes, de nier de reagir, d'affronter la condition destructive du monde dans lequel on se trouve maintenant. La resistance intellectuelle est au centre de la resistance sociale qui sait surmonter les defis, chaque jour a nouveau. J'ai trouvee pendant ma recherche tres disant une peinture du grand heron bleu, de l'artiste et sculpteur aussi, et professeur americaine des arts, contemporaine, Marsha Friedman (1975), qui fait honneur a cette resistance intellectuelle, qui sait surmonter les tumultes que le monde nous cause, avec le symbolisme de sa peinture evocative de l'oiseau exotique et calme, qui symbolise la resistance, l'harmonie et la liberte, et l'equilibre sipirituel. Le charisme decisif du portrait "MOKHTA, LA LEGENDE", reside solidement dans le regard hypnotisant de son protagoniste enigmatique, que le photographe Nacer Amari a su capter avec la dexterite visuelle d'une apotheose poignante, avec le flair d'une esthetique theatrale impeccable.  

Trudi Ralston    


La recherche sur le chanteur - ecrivain canadien Leonard Cohen (1934 - 2016), courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur la peintre contemporaine de la ville americaine de Detroit, dans l'etat de Michigan, Marsha Friedman (1975), qui a fait des expositions de son art mondialement, entre autres a New York, a Paris, a Chicago, a Istanbul et a Rome.   

Tuesday, April 7, 2026

Passer le Flambeau: L'Empreinte Energique dans "Messaoud, le doyen" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            Un portrait en noir et blanc du 30 mars 2026, "Messaoud, le doyen" du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, nous presente a son protagoniste et la force de son dynamisme intellectuel avec une energie visuelle de grande precision. C'est un portrait d'une personne de qui sa presence impose, commande le respect et l'interet totals, ou domine le visage et ses lignes sures, decisives d'un arriere plan dramatiquement noir, qui illumine le regard penetrant, de yeux qui voient le monde avec une mesure de scepticisme, cadree par une volonte de fer d'une vie active, guidee par l'experience et ses defis. Ce portrait est tres evocatif, pour sa force qui evoque l'importance de leaders, de doyens qui savent influencer de maniere positive, concrete, courageuse, le bien - etre de la communaute de laquelle ils sont membres. Il y a un appel universel dans ce portrait kabyle qui resonne, dans un monde ou l'indifference et le manque de courage de la part de trop de leaders est une realite frustrante et genante. Ce portrait avec sa beaute esthetique, sculpturale que sait transmettre le photographe, me rappelle a un message que mon pere m'avait fait comprendre comme enfant encore, et auquel il adherait avec passion et sincerite active, comme sa mere, et ses 3 soeurs, suivant une tradition dans leur famille qui remontait des generations: l'importance de la responsabilite civique. Ma grandmere paternelle avait un regard serieux, penetrant, qui ne tolerait pas l'insincerite, l'egoisme, l'absence de convictions et du courage envers l'injustice dans toutes ses formes, une attitude qu'elle avait su transmettre a ses 4 enfants: ses filles, mes tantes Denise, Blanche et Lieve, et son fils, Charles, qui etait mon pere. Laissee veuve a 38 ans, en 1943, en pleine Seconde Guerre Mondiale, ma grandmere Celina Dujardin, de qui sa famille etait de la ville francaise d'Amiens, et qui avait grandie dans une famille de 13 enfants, maintenait avec rigueur tetue cette philosophie, et ansi, mon pere prenait soin de proteger les droits des travailleurs et d'etre un intermediaire fidel pour les syndicats et leurs leaders, dans l'usine de fabrication de bus de voyage, ou il etait le directeur general, et ma tante Denise qui avait une epicerie s'occupait de partager ses produits d'alimentation gratuitement pour les familles et leurs enfants sous stress economique dans le voisinage du De Mokker, dans la petite ville ouest - flamande de Koekelare ou elle vivait avec son mari et leurs 3 enfants. Ma tante Blanche a vu 4 de ses 5 filles choisir des carrieres dans le secteur des services sociaux, et ma tante Lieve, qui a 86 ans maintenant, a passee sa vie professionnelle comme femme ferocement independante, travaillant dans l'haute administration des services sociaux d'Oostende, en Flandres, ou elle a aidee des centaines de personnes vivants dans des circonstances de manque, et etait connue pour son incorruptablilite face a certains politiques si ceux essayaient de lui detraquer de sa devotion pour la justice sociale. Tout ce temoignage envers le devoir civique m'avait laisseee une empreinte indelible comme enfant, et le portrait kabyle "Messaoud, le doyen" du photographe Nacer Amari, me met a nouveau dans les memoires de ce monde, de son importance de l'empreinte energetique que savent laisser les bons leaders, les doyens qui laissent l'heritage de leur conviction envers la communaute, envers autrui. Dans le monde de la psychologie, l'idee de l'importance de l'empreinte que laissent les adultes responsables pour un enfant, les leurs et autrui, prouve etre d'une influence marquante et durable, pour le bien et pour le mal, ce qui explique la profondeur du traume que doivent surmonter les personnes qui ont ete subi a des empreintes destructives, et des empreintes absentes, suite de negligence, abus et indifference. Les empreintes positives, heureusement, sont celles qui inspirent le desir de suivre leurs exemples, qui generent ainsi la suivante generation de doyens, de leaders qui savent mener leur communaute dans la bonne direction, en utilisant leurs talents et passions pour le bien. "Messaoud, le doyen" a ce regard serieux, a dans le regard cette conviction et passion, et le mot meme, "doyen", a une disante definition: "une personne qui possede un degre haut de competence dans une domaine de connaissance." Le mot se derive du francais ancien du XIIeme siecle, "deien", qui voulait dire "une personne qui a sous sa commande dix personnes", et ce mot a son tour a ses origines dans le mot latin "decanus" qui se referait a des adminstrateurs civiques de l'empire romain, et le mot latin etait une adaptation du mot ancien grec "dekanos", une reference directe au numero dix. Donc, un doyen est un leader intellectuel, spirituel dans sa communaute, qui inspire, qui guide, et ce portrait certainement revele le caracter decisif de son protagoniste au regard et pose imposants. Je suis reconnaissante envers ma grandmere paternelle, Celina Dujardin, qui malgre des defis stressants qui lui avaient suivis des le jour qu'elle se trouvait veuve jeune d'un jour a l'autre avec 4 enfants, jusqu'a sa mort d'un cancer du sein en 1976, a un moment ou la mammographie, decouverte vers la fin du XIXeme siecle, et etabli comme methode verifiable et efficace surtout vers la fin des annees 1950 - 1960, n'etait pas encore assez pratiquee et encouragee comme mesure de prevention, etait une femme qui ne cessait jamais d'etre charitable et d'inspirer cette devotion dans ses enfants et ses 12 petits enfants. Ce portrait kabyle me rappelle l'importance de passer le flambeau, dans mes ecrits, dans la celebration et le partage de l'art de mon collegue photographe, qui met au centre dans ses portraits l'heritage riche de la Kabylie, quant au sens de l'importance de la communaute, de l'accueil, de la charite, de l'identite culturelle, si mis au risque dans le chaos du monde du XXIeme siecle et ses delires. Je le sens comme un privilege et un devoir spirituel et culturel de dedier mes articles et poemes, et mes livres qui en naissent apres, de mettre dans la lumiere la richesse de l'esprit kabyle, qui tant m'inspire, et qui m'unit en meme temps a l'histoire de ma vie en Flandre, a mon esprit litteraire et artistique, et qui s'est declaree depuis 2017, comme ma muse devouee, incontestable. Elle passe le flambeau a mon etre creatif qui s'aurait vu effacee impitoyablement sans elle, dans la tourmente de l'anonymat de mon long exile aux Etats Unis, comme l'affirme encore et encore depuis 2020, pour mes visions litteraires, la force intellectuelle et artistique de mon collegue photographe, Nacer Amari, dans l'elan vibrant avec lequel il sait capter et presenter les protagonistes de ses portraits kabyles, comme "Messaoud, le doyen."  

Trudi Ralston  



Sunday, March 29, 2026

L'Ame Unique des Milliers: L'Inspiration Reflexive dans le Portrait "IDIR" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

        Un portrait en noir et blanc du 28 mars 2026, "IDIR" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, m'a fait marquer un temps d'arret, pour le regard de son protagoniste qui parait voir un monde au - dela de la vision immediate, concrete. C'est un regard qui me rappelle a celui des portraits en photo en noir et blanc du chansonnier belge Jacques Brel (1929 - 1978), de qui l'intensite et le volume de sa voix imposante m'a ete gravee dans la memoire pendant mon enfance et adolescence en Flandres. La famille du cote de ma mere etait et est tres artistique, avec des musiciens, sculpteurs, chanteurs et peintres qui se defilaient les weekends dans les restaurants et bars que frequentaient ma mere et ses freres et soeurs, et qui me permettaient a moi et mon frere et deux petites soeurs et tous nos cousins et cousines, l'introduction au monde bohemien des annees 1950 - 1970 dans la region ouest - flamande pres de Gent, et ses villages artistiques comme Saint - Martens - Latem. C'etait une vie de visites aussi a des galleries, et des concerts de musique Roma, un monde qui me fascinait comme enfant, et qui faisait partie du monde du restaurant tres populaire de mon oncle peintre Emiel De Cauter (1921- 1976) et son fils et apres ses petits enfants, qui sont tous des musiciens du style flamenco et classique accomplis. Le portrait "IDIR" me transporte a nouveau vers ce monde intellectuel energique, rebelle. Quelque chose d'un trait de grande determination aussi dans le regard de ce portrait captivant, me rappelle le regard des portraits faits de la choreographe - danseuse avant - garde americaine, Martha Graham ( 1894 - 1991), qui a fondee la compagnie de danse la plus ancienne des Etats Unis, en 1926: Le Centre De la Danse Contemporaire, au Upper East Side de New York City. Elle est fameuse pour etre a l'origine de la technique Graham, qui se concentre sur la respiration: la contraction et l'expiration, pour donner la force optimale au mouvement du corps. Cette annee, la Compagnie fondee par Martha Graham et sa vision unique sur la danse moderne, celebre son 100ieme anniversaire et garde l'energie et sa force unique de savoir exprimer avec le style physique resistant de ses danses, toutes les emotions humaines reelles et intenses, de courage et rebellie, de fierte identitaire, de rage et volonte, de chagrin et joie, de tendresse et passion. Son message reste tres au courant dans notre monde envahi, ou le besoin de s'unir n'a jamais ete plus urgent, pour l'humanite qui souffre sous le poids lourd de l'inegalite, de la violence et ses brutalites, et comme toute cette destruction ecologique aussi est alarmante pour une planete deja affaiblie par les degats faits a l'environnement et les especes de faune et flore sans lesquelles l'etre humain sera l'espece suivante qui risque disparaitre, si on n'a plus de l'eau potable et des recoltes resistantes pour nous maintenir en vie et de l'air frais pour la respiration. La danse est selon la philosophie Graham une facon de vivre 100% alerte, en coeur, corps et esprit, de comprendre l'importance pour l'equilibre, pour vivre conscient de tout ce qui nous entoure quant a l'experience humaine: le regal eblouissant du bien de l'amour et de l'amitie, de la communaute harmonieuse, ainsi que l'inevitable defi et mystere du mal aussi. Pour Martha Graham, de qui le celebre danseur et choreographe et acteur russe Mikhail Baryshnikov (1948), a dit d'elle quand il l'a rencontree, qu'elle avait le regard penetrant, quand elle l'avait fixee et avait pris son visage entre ses mains et lui avait regardee avec "Son regard des yeux petits possedants d'immense energie", ce qu'il disait de "n'en jamais avoir oubliee cette experience." Martha Graham avait une philosophie qui me resonne fort quant a l'art et son importance, quand a la volonte audacieuse qui est necessaire pour l'artiste et ses visions: "Il y a une vitalite, une force vitale, une energie, une acceleration qui se traduit en toi avec l'action, et parceque il existe juste une personne comme toi, dans tout l'histoire du temps, son expression est unique. Et si tu le nies, cette expression unique n'existera jamais d'une autre facon, et se perdra pour toujours." Elle ajoute ces mots sobres: "Certaines personnes ont des milles raisons pour expliquer pourquoi elles ne font pas ce qu'elles veulent faire, quand en fait il leur faut juste une raison pour si le faire." Ses mots sont toute une inspiration, car pour Martha Graham, qui etait une rebelle toujours dans l'expression de son art et sa vie personnelle aussi, comme dans sa relation avec le danseur americain Eric Hawkins ( 1909 - 1994), le premier danseur masculin admis comme membre dans sa compagnie de danse, qui etait son mari entre 1948 et 1954. Leur marriage etait vu comme scandaleux en 1948, pour la difference en age, ce qui laissait indifferente, car comme elle disait "la respectabilite je m'enfou completement", elle trouvait le code de la moralite etabli un impediment pour tout artiste libre. Apres avoir quitte la compagnie de danse de Graham en 1951, et la dissolution de leur marriage, Eric Hawkins a etabli sa propre compagnie de danse Hawkins, avec une direction vers le mysticisme et l'esthetique zen , et l'influence du theatre de l'Asie en gardant aussi la technique innovative a laquelle lui avait introduite Martha Graham. Le portrait "IDIR" du photographe Nacer Amari affirme l'influence creative de son art photographique, sa vision unique quant a la portraiture et son importance durable et exponentielle dans le monde des arts visuels. J'ai ete grandement influencee par l'importance de la photographie, grace a mon pere qui etait un photographe amateur avide, qui avait une fascination pour la portraiture dans la photographie et dans la peinture, dans l'art de peintres surrealistes comme les peintres espagnols Pablo Picasso (1881 - 1973) et Salvador Dali (1904 - 1989), comme le visionnaire avant - garde du baroque italien Caravaggio (1571 - 1610), le genie des portraits et auto - portraits de l'artiste allemand de la renaissance du Nord, Albrecht Durer (1471 - 1528), du peintre de l'Age d'Or de la renaissance des Pays - Bas, Rembrandt van Rijn (1606 - 1669), et du peintre fameux du baroque flamand, Peter Paul Rubens (1577 - 1640), dans l'expressionnisme vibrant des portraits du peintre et poete autrichien, Oskar Kokoschka (1886 - 1980) et du neo - baroque hallucinant deroutant des portraits et auto - portraits de l'artiste norvegien Odd Nerdrum (1944), de qui la franchise sexuelle de sa portraiture reste un sujet de controversie qu'il celebre avec flair et sincerite et qui cite l'art baroque de Rembrandt et de Caravaggio comme des influences centrales dans sa vision artistique. Le monde de la portraiture dans la photographie m'a marquee grandement mon enfance et mon adolescence, et l'introduction a la photographie et sa vision unique du photographe portraitiste kabyle Nacer Amari continue depuis le debut de notre collaboration en 2020, d'etre une influence centrale dans mes visions et leurs inspirations de mes livres en prose en poemes, qui celebrent le coeur et esprit creatifs de la Kabylie que me permet explorer ses photos et l'univers qu'il y partage, qui affirme ainsi aussi ma passion pour l'Afrique du Nord, qui s'unit a mon monde poetique - artistique et ses influences, mes memoires, et mon exile, et que cette collaboration me permet aussi en comprendre sa complexite, ses traumes, et sa chance a la guerison, la transformation, comme en temoignent mes 9 livres deja qui ont vu la publication, engendree depuis 2020, par cette collaboration et lien flamand - kabyle unique. Et bientot, ce sera le 10eme livre, "Les Ailes d'Aphrodite" qui va joindre cette merveilleuse danse des arts litteraires - visuels. L'influence de mon collegue kabyle me rappelle encore les mots de la danseuse - choreographe tetue et rebelle Martha Graham, quand elle a dit a ses danseurs et danseuses: "Tu ne danses jamais pour une foule, pour des milliers de personnes. On danse pour une ame chacune, pour l'ame unique chacune des milliers de spectateurs", ce qui pour elle etait le plus important dans sa fame mondiale, de se rappeler l'importance centrale: qu'il s'agit dans les arts de savoir motiver une personne a la fois, de la savoir toucher profondement. Et voila ce que la collaboration avec mon collegue photographe et le coeur et esprit de sa Kabylie a reussie de faire: de re - allumer le feu de ma flamme creative, que le poids du destin et son souffle lourd m'avait reduite a des cendres. Et cette joie de cette renaissance creative, etend ses petales maintenant depuis comme une fleur lotus sans egale, avec le but que j'ai de celebrer et repandre aussi loin et aussi long que possible comme est unique la culture Amazighe de l'Algerie, comme son accueil et generosite de la Kabylie commencee en 2017, m'a sauvee et continue de me sauver la vie de poete, m'a liberee mes visions artistiques, mon souffle, pour me laisser savoir, finalement comment vivre et aimer, a pleins poumons, librement, fierement, completement, en corps, coeur et ame, un bonheur que j'avais connue juste brevement, comme enfant et adolescente, avant de l'avoir ete volee dans les exigences asphixiantes d'un exile qui avant la rencontre avec la lumiere chaude du coeur kabyle, avec son ame rassurante, paraissaient interminables.   

Trudi Ralston 


La recherche sur l'art de la danse selon Martha Graham et son technique innovatif, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur le chansonnier belge, Jacques Brel, et sur les peintres portraitistes Picasso, Dali, Durer, Rembrandt, Rubens, Caravaggio, Kokoschka, et Nerdrum.       

Monday, March 23, 2026

Les Espaces Tranquilles: Mettre du Baume au Coeur - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            L'autre jour, une idee m'inspiree par une energie positive me laissee par une communication illuminative, m'avait laissee avec le desir de m'en rappeler son impact durable en mots: "Dans les espaces tranquilles de ton ame, je respire avec aisance." L'amitie proche et sa tendresse unique, a cet effet, de savoir toucher les espaces invisibles, du coeur, de l'esprit. Aujourd'hui, le soleil etait absent, se cacheait derriere un mur solide d'un ciel gris froid, qui avait une odeur triste de metal rouillee. La route en ville donnait une sensation de lourdeur de plomb, qui donnait l'impression que la terre et sa gravite avait ajoutee a sa force, l'avait rendue oppressive, asphixiante. Je chercheais une affirmation tactile d'appartenance, qui pourrait effacer le sens d'isolation, de son vide. La route en voiture vers le centre ville n'a jamais cessee, apres toutes ces annees, d'etre une experience alienante, presque douloureuse, d'avoir ete abandonnee affectivement et socialement, dans un pays qui rend invisible chaque jour un peu plus la chance de se developper pour son peuple une camaraderie culturelle - intellectuelle integree. Cette sensation d'un vide existentiel qui invahit la resistance, la joie, enleve l'espoir dans ce vide urbain post - moderne, d'une solitude blessante qui erafle la sensibilite de l'ame et du coeur mis a rude epreuve, m'a menee en pensee vers ma famille de coeur en Kabylie, et la sensation d'un gentil decisif retour de l'espoir et son courage que me savoir proche a sa presence me donne dans les moments exigeants. Elle est toujours capable de me re - orienter, de me mettre du baume au coeur, de me sortir du labyrinthe de traumes vecus, et son effet paralysant. Ce poeme est pour ma Kabylie, qui me ramene a chaque fois sur le sentier ou le soleil m'attend, me voit, me comprend l'amour pour le pays des Imazighen, ce pays immense en Afrique: l'Algerie, qui m'a reveillee le destin de ma voix de poete, m'en sait traduire ses visions, ses messages, de ce lien profond, qui m'unit le coeur, l'ame, me define:


Les Espaces Tranquilles    


Dans les espaces tranquilles de ton ame, je respire avec aisance. Comme les ailes d'un grand oiseau qui prend vol dans le silence, qui mesure avec confiance le ciel et ses distances. 

***     *     ***     *     ***

L'espace de ton calme m'accompagne, me dessine le chemin a suivre, sans demandes. Le temps y coule comme une eau claire, qui a le gout satisfaisant de ton large sourire.

***     *     ***     *     ***   

Le soleil y rayonne sa lumiere que tes yeux d'ambre me partagent. Les espaces tranquilles de ton ame, qui me laissent l'echo de ta voix, des chants que ta lune chaude me regale, pour que je les porte le jour comme une caresse, un courage.  


Trudi Ralston   


"On sent une joie, comme d'une riviere qui coule, quand c'est l'ame qui est la motivation." - Jalal al - Din Muhammad RUMI (1207 -1273), poete et mystique perse Sufi.