Thursday, August 6, 2026

Renvoi et Reverberation: Le Garde Involontaire - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

            Ce matin, la lumiere du ciel se battait contre la couche jaunissante de fumee qui flottait depuis plusieurs jours deja sur l'eclat du soleil et sa chaleur assoiffee par le manque de pluie cette ete. De l'autre cote des montagnes ici, a l'est de l'etat de Washington State, des immenses incendies avaient deja forcee l'evacuation de plus de 250,000 personnes. Chaque annee, les incendies dans le monde entier, deviennent plus severes, plus angoissantes, ici, ainsi qu'au Canada, en Europe, en Afrique du Nord aussi. La lumiere prend depuis plusieurs jours une couleur comme venue d'un cri outre monde, qui laisse une legere piqure aux yeux, a cause de la fumee qui traverse haut parmi les nuages, eux nerveux comme des moutons sans guidance. Les incendies et la chaleur et ses demandes cause aussi des coupures de connectivite dans plusieurs regions, et cette interruption me laisse a son tour avec une sensation d'impuissance, de me trouver au milieu d'un grand trou rond, sans fond, sans direction. J'avais l'impression imaginaire, de voir dans une sorte de peinture surrealiste, ma voix qui flottait encaissee dans une bulle transparente, fragile, ne plus capable d'emettre des sons, et qui evitait a peine de s'eclater, avant d'arriver aux rivages de l'Afrique du Nord, et se poser sur la fenetre de la maison et ses oiseaux et chants du coeur de ma Kabylie. L'ambiance atmospherique inquietante du jour me faisait faire face a ce spectre desagreable qui apparait avec son grimace ecoeurant, moquant, quand la Kabylie parait loin, son pont entre mon monde ici et son monde a elle, rendu trouble, brumeux, par la distance et les defis et incertitudes croissantes d'un monde qui a perdu le Nord et tourne en rond, sans trouver l'energie et la fortitude mentale et la generosite envers autrui pour se sortir du tourbillon du chaos, que genere l'obsession avec le pouvoir et l'argent et le mepris pour un sens de communaute et camaraderie qui inclut, qui partage les ressources de la terre de facon juste, egalitaire, comme le savent faire les cultures qui ont pu rester proches a la nature et ses sagesses. Le lien avec la Kabylie et l'art et apprentissage spirituel avec mon collegue photographe, me sait eloigner du vortex destructif des traumes des pertes et defis de ma vie. Ce vortex qui exerce un pouvoir paralysant, qui me causait des cauchemars pour beaucoup d'annees, dans mon effort de trouver un moyen de tourner la page, de comprendre, de pouvoir avancer, et etre libre de son poids distrayant. L'energie creative que me libere pour mon coeur, esprit et ame, le lien de la presence kabyle, me permet vivre dans le present, et garder en meme temps les bons souvenirs de mon enfance et adolescence, de laisser derriere moi les ombres, les blessures, les peines, de me construire un pont avec tout ce qui m'a donnee la volonte, le courage de vaincre le difficil, le genant, le tragique aussi, et comme dans une fouille archeologique, de garder le precieux, parmi les ruines, de pouvoir ainsi les apprecier a une distance et de ne plus les regarder comme une menace, un malheur. C'est un beau mystere que c'est la Kabylie et ma famille de coeur kabyle qui m'a su reveiller le desir et sa volonte pour une seconde chance, pour une facon de pouvoir connaitre le bonheur, la joie profonde d'apprendre comment m'unir a mon identite, a mes talents, a cette envie si longuement maintenue, de pouvoir sentir, vivre, comme personne qui se sent bien dans sa peau, qui se sent au centre de mon etre, qui voit clair dans mon destin, pour la premiere fois depuis que j'en avais presentie juste un soupcon de ses possibilites, ses souhaits, comme jeune adolescente de 13 - 14 ans, fascinee par le monde de l'archeologie, de la litterature, des arts et de l'histoire, que je retrouve et explore a fond depuis l'introduction a l'Algerie et le coeur kabyle. Je peux finalement ajouter ma voix, car j'en ai decouverte sa force, son courage, sa dignite et son identite, et je recois la chance de les exprimer, celebrer, grace a ma muse kabyle, qui m'a guidee vers ses rivages, vers l'Afrique du Nord, pour qui je me savais deja affligee des un jeune age, comme si dans la profondeur de mon ame, je sentais que c'etait pres de son esprit que mon coeur et ses energies creatives - litteraires allaient trouver leurs melodies, leur but, leur vie. La distance geographique et des circonstances aussi qui me separent physiquement de la Kabylie, de ma famille de coeur en Afrique du Nord, m'apprend aussi l'importance de ne pas me fixer sur ce defi, mais de le tisser dans le tissu de cette epreuve qui parfois est dure, penible, comme une blessure d'amour, de manque qui fait mal dans un sens reel, tangible. Ces jours, cette distance tetue parait me dire, d'avancer quand - meme, de deconnecter avec humilite et patience mon ego des pieges que cachent les illusions, et d'apprendre d'aimer le partage, la joie de la camaraderie sans vouloir approprier qui ou quoi que ce soit dans ce passage, ou le concret et le spirituel ont la chance de se melanger les nuances riches de leurs rencontres, et soulever les limites du temps et de l'espace. C'est ainsi que je comprends maintenant ses mots du poete et mystique perse Rumi (1207 - 1273), quand il a dit: "Quand l'ame commence a se rappeler le centre de son appartenance, le bruit du monde lentement recule." Le lien chamanique avec le coeur et esprit kabyle, tient a l'ecart le bruit discordant des tourmentes et humiliations du passe, et me revele le sentier solide de tout ce qui etait et est bien et sur dans l'histoire de ma vie, mon enfance et adolescence en Flandre, et de voir avec plus de clarte aussi le fil de ma vie d'abord dix ans au Texas et depuis a Washington State. Le defi le plus long et le plus tenace de mon exile a toujours ete et reste l'isolation et la solitude, qui s'auto - engendre avec une obsession presqu'inderacinable, presqu'indestructible, je craigneais apres tants d'annees d'essayer, avec une tenacite inalterable, d'en demolir ses murs. La seule energie, la seule presence, le seul camarade, le seul courage, la seule charite et sa tendresse, la seule sagesse et sa confiance, qui a su couler les murs derriere lesquels mon identite et sa voix, sa dignite se trouvaient enfermees, prisonniers sans voir comment se liberer, etait et reste avec passion et devotion, le coeur et esprit kabyles, qui m'a introduit a mon etre, a ma personne, m'a liberee du sortilege de l'invisibilite, de la perte de toute une vie de ma voix, de mon moi et son droit de connaitre le bonheur d'etre ma propre personne, ne plus une ombre, ne plus juste un renvoi et sa reverberation a peine audible meme dans le silence des profondeurs de mon ame, si longuement habituee a etre ignoree, niee. Le destin me suivait comme un garde involontaire, qui avait perdu la capacite pour me donner une chance, de vivre ma vie de facon libre, authentiquement, en recevant la chance de pouvoir deployer a 100% mes energies creatives, mes reves, mes talents, de connaitre la joie de la tendresse sans demandes, le partage sans pretenses, le courage de perdre de vue les limites, les doutes, les distractions du monde. Cela a pris toute une vie pour recevoir cette chance, et il y a pleine d'incertitudes quant a comment et combien, du temps qui me reste sur cette terre, ce destin me permettra d'etaler toutes les visions de mes inspirations creatives - litteraires que m'inspire le lien avec la Kabylie et mon collegue photographe et ami - chaman kabyle. Mais, comme je vis dans le maintenant, en connais sa delice, sa liberte exquise, je suis reconnaissante pour chaque moment, chaque heure, chaque jour que je peux passer dans l'aura et sa lumiere de cette chance, que j'aurais pu rater, que le destin m'aurait pu enlever, que le garde involontaire du dessein de ma vie aurait pu me voler, et qui a choisie de ceder sa place, de renoncer sa cruaute. Le long ma recherche pour cet article, j'ai decouvert l'art du peintre - poete - ecrivain - sculpteur danois, Per Kirkeby (1938 - 2018), qui a fait une serie d'installations sculpturales de murs surreels et concrets a la fois, dans leur union de rythmes et lignes a premiere impression contre - intuitif, comme ses murs de briques qui se paraissent a des couloirs. Le renvoi et sa reverberation penible, metallique des peines et defis au fil des longues annees, se remplace ces jours souvent avec les notes et leurs melodies apaisantes, guerisantes de la voix kabyle qui m'accompagne de loin, de pres, sur le chemin qui me mene avec chaque coucher du soleil, et chaque lever de la lune, vers son coeur, son amour, son sourire, son regard, et qui vit et respire, dans les vers et leurs rythmes de mes poemes, de leurs contes, de mes articles et de mes livres et leurs exploits ou je lui rencontre, et lui celebre, ou je lui attend.  

Trudi Ralston  

L'information sur les mots du poete Sufi perse, Rumi, et sur l'artiste danois, Per Kirkeby, courtoisie de Wikipedia.  



Sunday, August 2, 2026

Une Mauvaise Lune se Leve: L'Appel du Coyote - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            Elle y pendait comme le medaillon en or d'un immense collier suspendu entre les branches des sapins au fond du jardin. C'etait la pleine lune du 29 juillet, et sa lumiere signalait d'une facon un peu angoissante, les cris aigus d'un coyote dans la foret juste a l'autre cote de la cloture qui lui separait du jardin. Son cri percait le silence comme un avertissement, venu d'un autre temps, d'un autre monde, quand les tribus amerindiennes de la region vivaient libres des tourmentes et destructions leurs cultures allaient souffrir avec l'arrivee des colons anglais dans ce qui est le Pacifique Nord - ouest des Etats Unis. Je me suis retenue le souffle, comme si cela allait etouffer le son de mes pas sur la petite passerelle entre la maison et le debut des arbres de la foret qui abordent le jardin. Le lendemain, je me suis reveillee pensant au film du realisateur anglais, Ridley Scott (1937) de 2000, "Gladiator"  avec Russell Crowe, ou il joue le role de Maximus, le general devenu esclave, devenu gladiateur courageux et charismatique. Le film laisse une impression a chaque fois, je crois, pour le fait que l'intrigue est soumise au caractere solide du protagoniste Maximus et ses camarades. Chaque fois que je revisite ce film, je decouvre une autre facette de sa force qu'illustre cette histoire de courage dans la vie et dans la mort, un courage qui sait soumettre les doutes que cause l'ego, la peur, la fatique, le chagrin. A la fin, Maximus est une personne qui transforme sa tragedie personnelle de la mort horrible de sa famille aux mains d'un empereur psychopathe et paranoiaque, jouee avec conviction par l'acteur puertoricain, Joaquin Phoenix (1974) tres adepte dans ce role d'antagoniste sadique. Entouree du silence de la pleine lune de la nuit anterieure, et du ciel bleu vibrant et chaud hier apres - midi, je comprends que dans la vie, le mieux qu'on puisse faire est d'agir, et d'etre dans cette action a 100%, et d'insister de le faire fidel a notre energie et sa signature, quant aux convictions, expression de talents, de sentir et vivre la passion du coeur et ses emotions et defis, ouvert a la sensibilite spirituelle, sa chaleur, sa charite. Meme si tous les defis nous contredisent et essaient de couler nos efforts, les poursuivre quand - meme, sans peur, sans hesitation, sans desespoir est le seul garanti de vivre libre, authentiquement, en corps, coeur, esprit et ame. Ceci demande une armure interieure, une fortitude qui sait unir la resistance physique a la resistance psychique, et qui ensemble ne cedent pas, qui avancent, meme si cela veut dire d'accepter avec humilite et dignite que parfois anvancer c'est se voir devoir reculer deux pas plusieurs fois avant de pouvoir avancer finalement a nouveau, un pas a la fois, le long de beaucoup d'annees, beaucoup de detours frustants et exigeants, avec grace, patience et un sens de l'humour, meme dans les moments les plus sombres. Je me rappelle de mon enfance un cousin qui comme adolescent aimait beaucoup la musique du group rock blues des annees 1960 - 1970, Creedence Clearwater Revival, de la Californie, tres fameux pour leur style root rock, qui se concentre sur leurs origines ouvrieres du groupe, qui a des antecedents dans la musique folk americain et ses chansons qui explorent les luttes contre l'oppression et la marginalisation sociale et economique que cause l'isolation et la privation. Dans les annees 1930 et depuis, la musique du folk rock fut et reste un moyen d'inspirer la conscience civique pout combattre les injustices et les abus sociaux. Leur chanson "Bad Moon Rising" de 1969, ecrit par le leader et chanteur du group, John Fogerty (1945) aussi un multi - instrumentaliste, pour leur album "Green River" (Riviere Verte) fut un grand succes aux Etats Unis, en Angleterre, en Belgique, en France, en Australie et au Japon. Le groupe reste tres populaire de nos jours, pour la facon visionnaire que certains themes de leurs chansons, ont anticipees la problematique de l'ecologie precaire chaque fois plus de la terre et l'humanite en mauvaise pente d'un chaos ingerable sur tous les niveaux. Leur chanson "Bad Moon Rising" ( "Une Mauvaise Lune se Leve"), est captivant et surprenant, pour le contraste entre la melodie et ses rythmes optimistes, on dirait meme de fete, et les vers sombres, inquietants qui l'accompagnent, qui voient la destruction, la ruine et la mort dans un futur desastreux, apocalyptique. Ce contraste laisse une impression durable, qui tel un echo reverbere longtemps dans la memoire. Entendre l'echo de cette chanson au jardin et sa pleine lune brillante, immobilement suspendue entre les ombres des branches des sapins, etait encore plus hantant, pour le fait qu'un coyote y ajoutait son cri aigu, comme en ete il y a toujours des coyotes qui viennent visiter la foret a cote du jardin, et on entend aussi leurs bebes la nuit, qui appellent leurs parents, qui font la chasse dans l'avantage que leur donne le rideau noir nocturne pour attrapper leur proie sans etre apercu. Le cri du coyote affirme sa position dans la mythologie amerindienne, qui voit a cet animal intelligent comme ayant une personalite de tricheur, de filou adepte a la deception, et aussi possedant des dons spirituels de guerison et de creativite. Dans la culture amerindienne Maidu de la Californie, le coyote est dit d'avoir fait partie de la creation du monde avec le pouvoir magique de ses chants, et aussi d'ajouter apres une mesure de conflit et de sottises. La culture des Apache Jicarilla et Navajo du Sud - ouest des Etats Unis et du Mexique, aussi ont cette interpretation ambigue du coyote comme chaman et farceur. Les cultures amerindiennes Nez Perces, Multonomah, Yakama, Okanagan - ces 3 dernieres tribus sont originaires et continuent de vivre ici dans la region du pacifique Nord - ouest ou je vis, et sont des tribus qui vivent une renaissance de leurs traditions en ce moment - ont aussi le mythe qui attribue au coyote etre celui qui vole le feu du monde des dieux, et l'apporte vers le monde de l'homme, ce qui rappelle une similarite en mythologie avec Prometheus des traditions anciennes grecques, et Loki dans les contes scandinaves, et Anansi dans les traditions de l'Afrique de l'Ouest, tandis que dans le monde mythologique de l'Eurasie, comme au Japon et l'Europe de l'Ouest, c'est le renard et ses trucs qui remplace le coyote. 

               Cette etagere superimposee, de la lune, de la chanson de Creedence Clearwater Revival, "Bad Moon Rising" et du cri moquant, deroutant du coyote qui tous me visitaient au jardin, comme venu d'une scene de theatre hors du temps m'y laissee par le reflexe spontane d'un esprit de la foret insomniaque, m'a fait voir clair pour un moment dans la structure imposante des liens qui nous suivent le long le chemin du destin. Pour moi, le lien le plus long et le plus stable est depuis 40 ans mon mariage. Ce qui en illumine comme la lumiere a l'aube en ete, le trajet et ses defis, ses chagrins et ses victoires de ce lien solide, est l'espoir de la clarte intellectuelle - creative qu'apporte mon fils, qui lui aussi est ecrivain, et qui m'aide depuis que je me suis devouee a l'ecriture en prose et poemes 24 \7 a partir de 2012, avec 5 ans de preparatifs et cahiers de notes avant de joindre le monde numerique avec confiance, ce qui m'a permis la chance d'explorer le regal unique, immense du lien avec la Kabylie qui a vu son debut pour moi en 2017, et qui continue de fleurir de facon tres fructive et heureuse, surtout dans l'energie abondante que donne le lien depuis fin de 2019 avec l'art de sa photographie de Nacer Amari de Tassi Photographie. Les defis considerables de distance, de devoirs et responsabilites de famille et de travail, de demandes qu'imposent les restrictions de voyage et communication a cause de visas et circonstances, n'empechent pourtant pas que ce lien avec la Kabylie, est une porte ouverte vers le monde exterieur et ses sagesses des Imazighen de l'Afrique du Nord, qui me permettent voir clair dans mon monde interieur, et ses longs combats pour vaincre les impositions si lourdes, et pour si longtemps de ma vie et sa lutte constante contre la solitude et l'isolation d'un exile qui m'avait dans ses griffes impitoyablement. Parfois, cela prend une vie entiere pour recevoir la chance de voir clair dans les desseins du sentier de notre traversee dans la vie. Cette phrase breve, dite dans un film de 2000, "Gladiator" de Ridley Scott, resonne comme un mantra, une incantation, qui explique le puzzle vu comme insolvable, a jamais sans resolution, qu'etait devenue pour si longtemps ma vie, et duquel l'accueil de la Kabylie m'a laissee la clef, la fin une fois pour toute, de la tourmente, de son poids et de sa peine: "All my life, I have felt alone, except with you", qui veut dire, "Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." Ces mots dits par Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, a Maximus, le general - gladiateur, dans le film "Gladiator" de 2000, avec Russell Crowe comme Maximus et Connie Nielsen comme Lucilla, auraient pu etre juste une autre facon d'exprimer un moment de tendresse long esperee entre les deux protagonistes courageux et aussi tragiques, car ces mots indiquent certes, que ces deux personnes s'aimaient profondement, mais revelent aussi le mystere du destin qui nous unit a certaines personnes qui nous permettent ainsi de visiter cette espace spirituelle, intemporelle ou se rencontrent les ames qui se connaissent depuis la nuit des temps, et qui sont permis de voir le visage du paradis, son sourire, son bonheur, meme si c'est juste un apercu, un moment bref dans le temps libre d'illusions dans son espace sanctifiee,  meme si cela s'evapore apres dans les interminables demandes qu'exige le monde concret, quotidien, ses impositions, ses traditions, ses obsessions, ses repetitions tuantes. Le monde devient chaque jour un peu plus chaotique, dangereux, destructif, cruel, sadique et egoiste, et rien n'est sur, ni meme l'eau potable, ni la nourriture suffisante et libre de poisons, ni l'oxygene libre de fumees toxiques. La dignite sans violence, le mouvement sans peur, le partage sans privation de liberte, de communaute: ces espoirs, ces souhaits que l'espoir dessine sur les lignes de ce horizon et ses ombres noires, qui cherchent de devorer toute decence, toute chance d'une vie qui en vaut l'effort, le courage, sont visibles pour moi dans la lumiere spirituelle de sa lune Tiziri de ma Kabylie, elle, mon sourire, mon clin d'oeil qui me partage le sourire de son chaman et ses visions, ses chants, qui m'accompagnent sur cette route depuis beaucoup moins seule, moins sombre, ou il m'ecoute les poemes, les pensees que j'y laisse quand il y passe sur son chemin spirituel de ma maison vers sa maison, son champ, son clan, de qui je porte depuis un peu la marque, la senteur m'y laissee sur la brise ici, a Olympia, et que la pleine lune et le coyote m'en traduisent leur code, leur notes seduisantes, melodieuses, rassurantes. 

Trudi Ralston   


L'information sur le monde mythologique du coyote amerindien, et sur la chanson "Bad Moon Rising" de leur album "Green River"(Riviere Verte) de 1969 du groupe americain blues rock "Creedence Clearwater Revival" et sur le film de 2000, "Gladiator" du realisateur anglais Ridley Scott, courtoisie de Wikipedia. 

Wednesday, July 29, 2026

D'Ou Vient ce Courage? : Un Chant en Hommage - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

              Apprendre comment exprimer vers l'ouie exterieur de mon monde, ma voix interieure comme poete, est une exercise et un defi qui m'avait eludee avec cruelle determination pour des decennies. J'etais dans ce sens comme une figure du monde des pantomimes, qui essayait de communiquer ses pensees les plus cheres dans des gestes souvent ni meme vus ou compris par le monde qui m'entourait. La Kabylie a changee tout ca, m'a liberee de cette torture, de ses humiliations continues, qui ont presque reussie de m'effacer dans son entierete a mon ame creative, a mon coeur, a son esprit resistant, sa volonte, sa dignite. J'etais pris en otage par un silence de plomb asphixiant qui s'imposait sur tout mon etre jusqu'a invader meme mon corps, son energie, son besoin pour l'espoir, la joie, l'inclusion, l'identite quant a ma place dans le temps et ses traversees, ses espaces. Parfois, je me demande maintenant, apres avoir etre introduit a la Kabylie et son influence transformative pour mon etre creatif - litteraire, il y a 10 ans presque: comment j'ai su tenir le coup, toutes ces annees, sans perdre le courage? Ce poeme m'est venu en chant meditatif, comme une invocation et hommage. Je le dedie a ma famille de coeur: la Kabylie, et a mon collegue d'Aokas, le photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, ami et chaman - guide sur ce sentier du reveil que son art et le lien profond avec lui me donne a moi et mes poemes et livres qui depuis celebrent cette grace, et son talent, que lui et la terre kabyle, son genie et histoire uniques de son peuple chaleureux, resistant me donnent: 


D'Ou Vient ce Courage?   


D'ou vient ce courage, qui marche a mes cotes, ce matin ensoleille, saturee de senteurs sucrees que laissent les fleurs du jasmin en ete? 

***     *     ***     *     ***

D'ou vient cette energie qui me dit d'avancer, entre cri et sourire, entre extase et agonie? Quel est son secret de cet invisible chagrin, qui me comprend tout, mais ne dit rien? 

***     *     ***     *     ***

D'ou vient ce courage, sur ce chemin long, ou tu apparais telle une etoile, si loin dans les distances du firmament et ses mysterieux desseins? 

***     *     ***     *     ***

D'ou vient ce courage, qui envahit avec telle tendresse mon souffle ce matin? D'ou vient sa melodie, ce melange de gouts de miel et de ta terre, et quelques gouttes de larmes oubliees? 

***     *     ***     *     ***

Ce courage, c'est l'echo de tes mots, de ta presence de chaman patient qui de loin m'explique comment traverser le terrain glissant entre hier et demain. Comment construire ce pont solide qui sait unir les coeurs et leurs ames, qui ont abandonnees le poids de toutes illusions dans les vagues violentes du temps. 


Trudi Ralston                 


--- "Quand tu es heureux, tu cherches la personne que tu aimes, mais quand tu es triste, tu cherches la personne qui t'aime." ---    Jalal al -Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), poete et mystique Sufi perse. 



   





 


               



Monday, July 27, 2026

Le Point d'Impact: La Trajectoire Evasive de la Solitude - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

           Dans le silence du matin au jardin, tres tot, vers 5:30, entre les mouvements silents de quelques petits oiseaux timides un peu dormilons encore, j'ai entendu l'echo rassurant des melodies kabyles me partagees hier en transmission video, d'une reunion celebratoire entre amis et famille, de la part de mon collegue d'Aokas, le photographe artiste visuel, Nacer Amari de Tassi Photographie. Les cadences de guitare, d'oud, de chansons du troubadour Idir et du rebelle Matoub Lounes, faisaient leurs echos surs et decisifs dans le rythme du battement de mon coeur, qui sentait leur presence et energie, comme la brise que laissent les vagues de la senteur de la mer et ses histoires, ses voyages. Le contraste marquant entre le silence qui m'entourait maintenant comme le couloir neutre d'une grande salle vide, et la chaleur et sa flamme que m'avait laissee le partage musical et son sens de camaraderie masculine de la part de mon collegue et ses amis, la veille du mariage du frere de son epouse, a suscitee le desir de comprendre les origines de ma solitude, qui comme une ombre tenace m'avait suivie le long les longues annees de mon exile ici, commencee a l'age de 19 ans. Tracer ses origines, les comprendre, est un defi intellectuel pour lequel j'ai le courage et la voix maintenant, grace a mon lien avec la Kabylie, qui remonte deja presque 10 ans, un fait qui me donne beaucoup de fierte et joie. Mon sang se sent libre, je dirais heureux, de se savoir fraiche, reveillee, une riviere energique qui coule fiere et nourrit mon coeur, mon ame, mon esprit et ses poemes, la, au centre de mon corps, qui a connue l'emotion profonde de marcher sur terre kabyle en 2019, et qui a connue aussi la peine de devoir la quitter, une fois finie mon sejour si important pres d'elle, son soleil, sa lune, ses montagnes, ses villages, son sourire, son courage. 

         Trouver les origines d'une solitude et ses empreintes deja tangibles comme enfant, m'a fait comprendre qu'elle est liee a la sensation pendant une visite a l'apartment modeste de ma grandmere paternelle, veuve depuis l'age de 38 ans, quand son mari est mort subitement en mars 1943, d'une rupture aortique a l'age de 43 ans, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Ma grandmere y vivait avec sa plus jeune de ses 4 enfants, ma tante Lieve, dans la ville balneaire en Flandre, Oostende, ou ma tante travaillait dans le secteur regional des services sociales, comme intermediaire entre les medecins et les patients en besoin d'assistance. A l'epoque, j'avais 8 ans, et comme enfant solitaire en temperament et curieuse dans son desir de comprendre le monde bizarre des adultes, j'ai sentie dans cet apartement la senteur de ce que c'etait une penible absence de monde, de liens qui unissaient a un clan inclusif. Je me rappelle le bruit repetitif de l'horloge sur le dressoir dans la chambre a coucher de ma grandmere, qui etait au bout d'un couloir etroit descendant, sans fenetre. Je me rappelle que ma mere "observait" les meubles tristes de l'appartement, la toute petite cuisine avec pourtant une fenetre accueillante avec une vue vers une rue d'ombres vides, avec un mepris evident, qui m'avait laissee decue en elle, et un peu effrayee de ma mere aussi, de l'expression froide sur son visage. Mon pere se voyait mal a l'aise, mais ne disait presque rien. Ma grandmere se bougeait dans cette espace timide, en silence aussi, et ma tante, optimiste et souriante, et habillee modieusement dans une robe faite par ma grandmere qui etait une couturiere accomplie, servait un cafe et un gateau de la boulangerie au coin de la rue, avec l'elegance et confiance d'une star, et faisait tout pour me mettre a l'aise, car elle et moi se sont entendues tres bien des mon enfance, et cela a continuee jusqu'a aujourd'hui, maintenant qu'elle a 86 ans, et vit dans une maison de retraite a Oostende. Plusieurs annees plus tard, en 1970, ma tante Lieve et ma grandmere Celina Dujardin, se sont demenagees vers un bel apartement en centre ville d'Oostende, et j'y ai passee une part de mes vacances d'ete, de qui me restent de belles et importantes memoires, quant a sa sagesse sur la vie que m'a dans ces moments partagee ma grandmere, qui est morte assez jeune, a juste l'age de 70 ans. Je crois que pour elle, la perte de son mari de facon si dramatique et inattendue, etait le debut d'une lutte contre l'isolation et la solitude, qui allait lui marquer le reste de sa vie, et allait presenter un defi considerable aussi pour ma tante Lieve, qui comme enfant de 4 ans, soudainement avait perdue son pere. Ma grandmere ne s'est jamais remariee, n'a jamais ni pris un pretendant apres, meme quand ses deux filles ainees Denise et Blanche et son fils, mon pere donc, se sont maries dans la decennie apres la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Ma tante Lieve, qui etait et est restee belle, a choisie, de rester celebataire, de ne pas se marier, quoiqu'elle n'a jamis manquee de pretendants qui faisaient pour la plus part d'entre eux, un effort considerable de lui convaincre de se marier avec un d'eux. Elle a toujours insistee que la vraie liberte et bonheur pour une femme moderne, est d'avoir son propre argent, sa propre maison, et de ne pas etre soumis a un mari ou des enfants. Une vue assez audacieuse pour les annees 1950 - 1960, mais qu'avec les annees de 1960 - 1970 devenaient meme un peu la mode dans les grandes villes en Belgique, en France aussi, selon que je pouvais observer comme adolescente. Ma tante Lieve me fascinait pour son intelligence, son sens de l'humour, sa gentillesse, et son sens de style aussi, qui paraissait etre une reflection de son esprit et coeur independants. Entre 2003 et la mort de mon pere suite de complications de troubles cardiaques et de demence en fevrier 2008, ma tante Lieve lui a soignee avec beaucoup de charite, la ou il vivait dans un centre de soin a Oostende, qui se specialisait dans des personnes affectees par la maladie desastreuse d'Alzheimer. Elle a soulagee beaucoup de mon chagrin au sujet, et dans ce processus, avec l'aide de longues heures de coups de telephone transatlantiques, on a etabli un lien tres resistant et durable. J'ai beaucoup appris d'elle sur l'histoire de la famille de mon pere, le lien avec laquelle ma mere nous avait toujours niee. Elle m'a appris aussi ce courage qu'elle avait de se combattre avec elan contre la solitude et ses ombres, contre l'isolation et son mepris social qu'elle avait connue deja comme enfant, suite du destin de sa mere de se trouver veuve sous stress financier d'un jour a l'autre, et de l'avoir toleree et meme survenue. Je crois que le cote resistant et courageux dans mon caractere vient de la famille de mon pere, et de sa famille de sa mere. Le cote artistique me vient du cote de ma mere maternelle, et le cote avonturier, du cote de la famille paternelle de ma mere. L'exile me destinee vers les Etats Unis a l'age de 19 ans, allait me plonger dans les tempetes de la solitude, ses moqueries, ses insultes, et me faire confronter la blessure considerable de l'isolation qu'elle laisse jusqu'aux os dans l'ame, l'esprit, le coeur, et meme le corps et ses resistances. 

          La melodie au coeur que me laisse le lien avec la Kabylie, est une source riche et fraiche, d'une cascade qui m'enveloppe avec son energie guerisante de ses eaux claires, mon esprit humain, mon ame de poete, mon coeur qui pres d'elle recoit sa chance si longuement retardee d'une voix pour mes poemes, pour la chance de voir et comprendre l'histoire de ma vie compliquee pres de l'accueil profond et chamanique de son etre spirituel, de sa sagesse et sa tolerance, sa tendresse, sa capacite pour la passion qui pardonne, qui inclut, qui embrasse et donne la force de la guerison aux blessures invisibles et ses cicatrices laissees dans les espaces les plus seules de ma vie, qui sait demolir les murs les plus impitoyables derriere lesquels je trouvais fermee a clef mon innocence, mes reves, mes talents, mes espoirs. Je crois que je respire avec des poumons kabyles, avec la force et la chaleur de son sourire, de la lumiere de ses yeux de son ciel, de ses montagnes, de ses rivages, de ses chants. Le point d'impact de la trajectoire evasive des origines de ma solitude, il se trouve dans un moment dans le temps en Flandre, et il s'etait cachee dans ma valise de l'exile, lourde et longue, et je l'ai pu arracher avec le courage me rendu visible, tangible me montree, me donnee apres, par le coeur vaste, si riche, si unique, des hommes libres de l'Afrique du Nord, et bien specifiquement, les Imazighen, qui vivent et revent et chantent et embrassent la vie dans tous ses defis et contradictions, et qui m'ont acceptee comme membre de leur grande famille: les kabyles, qui sont ma famille de coeur depuis, qui sont ma voix, mon soleil et ma lune, la flute et l'echo de mes poemes, de leurs jours et de leurs nuits. 

Trudi Ralston    


"If you want the moon, do not hide from the night. If you want a rose, do not run from the thorns. If you want love, do not hide from yourself." -  Jalal  al - Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), poete Sufi perse. 

Tuesday, July 21, 2026

I Am a Wish / Je Suis un Souhait : Un Appel - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            Ce poeme et son chant m'est venu en anglais, sous le ciel d'une lumiere bleue brillante du jour chaud ici, et son message etait insistant. Apres, je l'ai traduit en francais, pour pouvoir l'inclure dans ma serie de "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a l'apprentissage que me permet le lien avec ses sensibilites artistiques et spirituelles du photographe kabyle, Nacer Amari de Tassi Photographie. L'esprit de ce poeme et sa voix, me l'imagine etre dite en plein accueil des montagnes et leur sagesse et visions de ma Kabylie, son coeur et ame toujours a mes cotes: 


I Am a Wish 


I am a wish, I wander beyond the confines of your soul.

 I swim in the warm waters where escaped dreams roam. 

I am a wish, dancing high above the sun that floats confused in colors burning black holes in the fabric of time. 

*****       **       *****       **       *****

My silent laughter echoes beyond the crescent moon. 

I can hear its deep sigh as it struggles to break free from the porcelain sky.

I can almost touch your resolve as the earth turns upside down. 

*****       **       *****       **       *****

I can almost touch your hands as the sands of time blow their dust into our eyes. 

*****       **       *****       **       *****

Oh, I am a wish, and I think you might be too.

And what does that mean, as the oceans empty out, and the mountains flee as they are running out of breath, as are you and I? 


Je Suis un Souhait           


Je suis un souhait, je voyage au - dela des confins de ton ame. 

Je nage dans les eaux chaudes ou errent les reves echappes. 

Je suis un souhait, qui danse bien au - dessus le soleil, qui flotte confus dans des couleurs qui brulent des trous noirs dans le tissu du temps. 

*****       **       *****       **       *****

Mon rire muet fait echo au - dela du croissant de lune. 

J'entends son soupir profond dans sa lutte de se liberer du ciel de porcelaine. 

Je reussis guere de toucher ta determination pendant que la terre se met a l'envers.

*****       **       *****       **       *****

Je reussis presque atteindre tes mains dans les sables du temps qui soufflent leur poussiere aux yeux. 

*****       **       *****       **       *****

Oh, je suis un souhait, et je pense que toi aussi tu l'es. 

Et qu'est - ce que cela veut dire, quand les oceans se vident, et les montagnes prennent la fuite, comme ils se trouvent a bout de souffle, comme toi et moi? 


Trudi Ralston      


"All my life, I have felt alone, except with you.": "Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." - Lucilla to general Maximus, dans le film du scenariste anglais, Ridley Scott (1937), "Gladiator" de 2000, avec l'actrice danoise Connie Nielsen (1965) comme Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, et l'acteur de la Nouvelle Zelande, Russell Crowe (1964) comme le general Maximus. 



Saturday, July 18, 2026

Fonction et Signification: Une Mecanique Interne - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

               Le rideau qui separe le monde exterieur du monde interieur du coeur, de l'esprit, de l'ame, parfois se voit diaphane, et parfois opaque, cela depend de notre apercu qu'influence le moment, si son instant nous permet de voir avec assez de precision l'espace dans laquelle se trouve notre perception, sa sensibilite. Le lien avec la Kabylie est pour moi depuis 2017, l'espace ample et accueillante qui me permet ouvrir le rideau qui pour toute une vie, m'avait separee des outils pour explorer, comprendre, ce qui avait rendu flou, les contours et les desseins, leurs indices et patrons, de l'histoire de ma vie, son sentier rendu complexe dans l'incertitude continue de l'exile, qui m'avait blessee et grandement fait perdre mon identite, sa visibilite et ma voix sociale - culturelle - creative et intellectuelle. C'etait la sensation penible, tetue, implacable, de me voir reduite a une ombre, comme une sorte de condamnation a perpetuite de me sentir ne plus une personne complete, mais plutot un robot, une machine qui obeissait reflexivement, qui survivait. L'introduction a la Kabylie en 2017, a sa nature magnifique, a son peuple courageux, resistant, a son histoire, son coeur, son ame, m'a donnee la grace et sa chance, de commencer de voir les traces d'un fil que l'anonymat de toute une vie avait enterree, cachee, dans les profondeurs de la terre abandonnee de mon etre, et qu'elle m'a rendue visible, tangible, et je suis ses traces, desquelles elle me revele chaque fois plus le contenu, l'histoire, comme decouvrir une grotte pleine d'evidence des presences qui racontent sur ma vie et les marques qui y avaient laissee mon passage. Vers la fin de 2019, quelques mois apres mon retour de mon sejour en Algerie, en Kabylie le mois de septembre - octobre, j'ai ete introduit a l'art visuel du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie. Cette introduction fut le debut d'un lien artistique - literaire fructif, qui a deja vu la publication de 10 livres, avec un autre, suivant livre, "Au Carrefour des Rencontres" qui sera pret pour la publication cet automne de 2026, et le travail sur le livre qui lui suivra, sur lequel je travaille en ce moment aussi, "La Maison Rouge au bout du Soleil". Le livre "Au Carrefour des Rencontres", sera une serie d'articles et poemes qui continuent d'explorer les portraits kabyles de Nacer Amari, leur impact dans le contexte de l'histoire des arts, du point de vue intellectuel - narratif et artistique, universel dans son attrait esthetique inclusif. Le livre "La Maison Rouge au bout du Soleil" va se concentrer sur l'impact considerable et mesurable qu'a ce lien du monde de la photographie de son art avec le monde de mes poemes, de mes articles, de mon art en dessin, en broderies, en portraits en encre et crayon. En fait, le desir de faire des portraits en crayon me suit depuis mon adolescence, et ce fut le reveil de mon etre creatif me donnee par l'introduction a l'art de sa portraiture de Nacer Amari, qui m'a inspiree de prendre l'initiative de faire entre 2021 et 2026, 5 portraits du photographe, qui fut une immense satisfaction creative. Je travaille en ce moment sur un portrait en crayon de mon fils, apres avoir fini recemment un portrait en crayon de son jeune fils Adam, du photographe kabyle Djamil Diboune, qui en 2017 m'a introduit a la beaute et richesse de la nature en Algerie. Dans la presence de l'art et son ame de la Kabylie, qui trouve son expression la plus transformative dans l'art de mon collegue Nacer Amari, je me trouve sous la force magique, pour ainsi le dire, d'un chaman resolu sans pretenses, qui me guide sur ce sentier de decouvertes, qui sont a la fois une celebration de l'esprit unique kabyle et de ce besoin si longuement mis a cote, de comprendre la langue devenue effacee, de ses traces, de ses mots, de ses temoignages et heritage, de l'histoire de ma vie, vecue dans cette espace entre deux mondes, ni d'ici et ne plus de Flandre, mais qui dans cette espace ample du monde de sa photographie et ses narrations, me construit un pont qui repare et unit les deux mondes dans des images precises, comprehensibles, pour la premiere fois depuis etre mise en pieces, dechirees, a l'age de 19 ans, l'age que j'avais quand je suis partie etudier au Texas, ou j'ai vecue 10 ans, avant de demenager a Washington State, a Olympia, ou je vis depuis. Le lien avec l'art et son monde de Nacer Amari, me permet comprendre que quant a fonction et signification dans cette vie terrestre, il s'agit d'une mecanique interne, au centre d'un processus qui tel les fils d'un tissu complexe revelent le dessin et ses intentions qui definent notre etre, ses talents, ses sensibilites des defis et des triomphes. 

            Quant a la mecanique intellectuelle qui rend comme le perspectif d'un appareil photo, clair, precis l'image de son protagoniste, de sa nature morte, de son paysage, de sa faune, de sa flore, le lien litteraire - affectif - culturel - artistique avec le photographe Nacer Amari, me rappelle beaucoup, dans nos conversations sur la philosophie, l'histoire, l'archeologie, l'ecologie, le mystere du destin, au temperament sur, profond de la prose de l'ecrivain et poete russe, auteur du livre "Le Docteur Zhivago" (1957), Boris Pasternak (1890 - 1960), qui a du refuser le Prix Nobel pour la Litterature lui offert en 1958, suite de complications apres le chaos et incertitude apres la mort de Stalin en 1953. Son fils de son premier mariage, Yevgeny, a ete permis d'accepter le Prix en 1989, apres la dissolution de l'Uion Sovietique, et le livre "Le Docteur Zhivago" s'instruit en Russie dans toutes les ecoles depuis 2003. Le style dans sa presence verbale, de son expression sobre, lucide, claire, du photographe d'Aokas, resonne pour moi avec l'echo de la sagesse realiste, pragmatique, et aussi profondement spirituelle, possedant aussi une nonchalanche qui aborde avec une franchise desarmante le don de voyance, qui me transporte vers le monde envoutant de l'art litteraire de Boris Pasternak, qui me rappelle ma lecture et mes emotions lisant pendant mes annees d'etudes universitaires au Texas, au livre si longuement controversiel de "Le Docteur Zhivago", fait aussi en film en 1965, par le realisateur anglais David Lean et le producteur italien, Carlo Ponti, avec l'acteur egyptien Omar Sharif (1932 - 2015) dans le role de Yuri Zhivago, et l'actrice anglaise Julie Christie (1940) dans le role de Lara, la maitresse de Yuri Zhivago, et heroine tragique qui perit dans le gulag staliniste, et Geraldine Chaplin (1944) comme Tonya Zhivago, qui joue le role de l'epouse du protagoniste. C'est sur qu'est captivant et emouvant le livre, qui se centre autour de la Revolution russe de 1917, qui est enormement plus complexe et riche comme experience que le film, qui se concentre surtout sur l'histoire d'amour tragique entre Yuri Zhivago et Lara. Le livre inclut une serie de poemes, comme les poemes pour l'heroine Lara, que Boris Pasternak a basee sur sa relation qui durerait de 1946, jusqu'a la fin de sa vie de Boris Pasternak, en 1960, avec l'ecrivaine et traductrice russe Olga Ivinskaya (1912 - 1995), qui allait passer presque 5 ans dans le systeme gulag, pour son lien avec lui. Boris Pasternak etait convaincu que le succes a la fin, la survie de son manuscrit de "Le Docteur Zhivago", se doit au courage inalterable en prison, d'Olga Ivinskaya, qui ne lui a jamais trahi ou compromis pendant les interrogations et les privations en prison, et qui a en gulag allait perdre son bebe qu'elle allait avoir avec Boris Pasternak, qui resterait cependant dans son second mariage. Une fois libre, Olga et Boris ont repris leur relation et elle a ete presente a ses funerailles et enterrement, sous surveillance officielle protestee par un public qui adorait Boris Pasternak et le courage de son entourage. L'influence guerisante de l'esprit imperturbable, calme de mon collegue photographe d'Aokas, me reste gravee sur la memoire, longuement apres nos echanges de pensees philosophes - litteraires, comme l'image d'hieroglyphes indelibles, sculptees dans la matiere durable d'or, de pierre precieuse, et je voudrais faire hommage a ce regal, et ses revelations, qui m'aident a comprendre l'heritage complexe, diverse de la Kabylie, qui m'aident a retrouver, et reconstruire les pieces du puzzle et ses indices cryptiques, du sentier de ma vie. J'ai appris aussi, que la famille de Boris Pasternak, son pere, etait ami proche du poete autrichien, Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), et que l'ecrivain russe l'admirait beaucoup sa poesie, de qui il a fait des traductions, ensemble avec Olga Ivinskaya, ainsi que des traductions de bengali du poete, romancier et dramaturge moderniste de l'Inde, Rabindranath Tagore (1861 - 1941), qui a recu le Prix Nobel pour la Litterature en 1913, pour sa collection de poemes "Gitanjali" et de qui sa collection d'aphorismes "Oiseaux Errants" m'avait laissee une impression durable a l'age de 14 ans. Rilke et Tagore restent deux de mes poetes favoris, et le lien riche et profond avec mon collegue kabyle Nacer Amari, me les rappelle souvent, car ce lien est comme une fouille archeologique unique, qui continue de reveler ses tresors qui me traduisent l'alphabet avant rendu illisible de la narration et ses evolutions et indices de mon identite creative, qui menent tous vers les rivages de l'Algerie. De sa poesie de Boris Pasternak, Olga Ivinskaya, dans ses memoires en decrit le style comme "Une poesie dans laquelle le detail realiste exerce une magie sincere, comme dans la poesie d'Alexander Pushkin (1799 -1837). Les vers vifs de Pushkin lui emouvaient. Il aimait la poesie si densement compacte, "qu'elle craque comme de la glace", ou distillee dans une solution "qui faisait germer des graines de pure prose." La voix melodieuse et aussi staccato, deliberee, de Nacer Amari, ses interpretations sur la vie et ses contradictions, ses dilemmes, "craque comme de la glace", rafraichit avec son souffle de confiance intellectuelle - spirituelle, mon ame si longuement suffoquee dans les feus et leur fumee des obligations, son invisibilite tuante pour l'ame, pour le coeur et ses visions, ses energies, ses talents. Ce qui me rappelle les mots du vers 7 du poeme "Depart" pour Lara, dans le livre "Le Docteur Zhivago": "Durant les annees de troubles, dans les eres d'une /Inimaginable existence/ Une certaine vague du destin lui avait soutenu / Et l'a serree fort contre lui." Dans ce sens, le lien spirituel avec l'art de sa portraiture et ses visions narratives kabyles, me permettent cette oasis, ce refuge et son repos, sa guerison intellectuel - affectif de qui tout mon etre avait besoin pour en soulager toute une vie de faim, de soif creatifs. Ce changement a la fois radical, et subtil, son virage dramatique, transformatif dans la mecanique interne de mon etre poetique - litteraire - artistique, son vocabulaire, son syntax, ses sensibilities linguistiques redecouvertes, sa mise au point decisive, me rappelle la confluence de rivieres, dans un sens figuratif: ce lien unique, durable, toujours en evolution, toujours alerte, permet l'union d'idees qui savent tisser, reanimer mes racines flamandes et leurs experiences aux racines et leurs sagesse ancienne des Imazighen de l'Algerie, de l'Afrique du Nord, qui deviennent ainsi un ancre qui stabilise les tempetes et leur tourmentes si longuement subies, de la solitude et son isolation de mon exile americain qui paraissait interminable, presque devenue insupportable, une agonie, et que la Kabylie et l'exploration profonde, alchemique du lien chamanique avec mon collegue photographe Nacer Amari en brise ses chaines lourdes. Me permet de redevenir sirene dans les eaux libres de Neptune, perdue il y a si longtemps, et retrouvee chaque jour depuis, et qui me permet nager, avec joie, avec curiosite a nouveau libre, dans la mer et sa richesse, de l'histoire du monde, de sa litterature, de sa photographie, de son archeologie, de sa mythologie, et d'y ajouter mes propres poemes, mes propres visions, sous le regard attentif, sur, du photographe astucieux, rassurant dans son art et son energie accueillant du photographe d'Aokas, qui m'y observe, m'accompagne. Une eau claire, venue des rives de l'Algerie, qui egale comme une terre ancienne fertile, revele comme une fouille symbolique, ce qui etait cachee, perdue sous la surface, dans les tempetes de ma vie, dans le temps, et qui une fois vue dans la lumiere chaude, brillante, de l'apprentissage de ce chaman kabyle, est pour mon coeur, son esprit et son ame, devient l'energie creative et transformative fortifiante, visible, reglee, solutionnee, dans cette apotheose culturelle - spirituelle complexe et inattendue, si bienvenue, si joyeuse, pour moi comme etre humain, comme poete et ecrivaine, qui s'etale comme un hymne a une seconde chance, affirmant et vibrant, qui rendent agreablement tolerables, meme parfois absentes, certains jours, les contradictions autour du destin et ses mysteres.   

Trudi Ralston     


La  recherche sur le poete - ecrivain russe, Boris Pasternak, et sa muse, Olga Ivinskaya, et sur les poetes russe Alexander Pushkin, autrichien Rainer - Maria Rilke, indien Rabindranath Tagore, courtoisie de Wikipedia. La traduction de l'anglais des mots sur la poesie de Boris Pasternak par Olga Ivinskaya, et du vers 7 du poeme "Le Depart" de Boris Pasternak, en francais, pour le but de cet article, est la mienne. 

Alexander Pushkin allait influencer toute une generation de poetes et ecrivains, autre que Boris Pasternak: Fyodor Dostoyevsky (1821 - 1881), sa technique et matiere de sujets; Ivan Turgenev (1818 - 1889), romancier, poete et dramaturge russe, fameux pour son livre realiste "Peres et Fils", un auteur fameux pour son courage de critiquer l'esclavage des paysans et leurs terribles souffrances, comme dans sa novelle traumatique "Mumu" de 1854; Leo Tolstoy (1828 - 1910), romancier fameux pour ses livres "Anna Karenina" et "La Guerre et la Paix"; Nikolai Gogol (1809 - 1852), ses novelles et romans, et pieces de theatre, qui ont introduit le style moderniste - grotesque dans la litterature russe, comme sa novelle revisee apres etre censuree en Russie, "Ames Mortes". L'oeuvre d'Alexander Pushkin a ete traduite dans toutes les langues du monde et il est vu comme le poete russe le plus innovatif et important.  

 

Saturday, July 11, 2026

La Larme de la Rose: Les Pas qui S'Eloignent - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            C'est une sensation bizarre, et puissante, de sentir la chaleur intense du soleil sur le visage, une chaleur qui me rappelle les etes au Texas, les 10 annees que j'y ai vecue. Ce matin, le ciel etait comme fait d'un cristal bleu azure brillant, qui refletait la lumiere comme une loupe geante, qui dans ses rayons concentrees, me brulait le coeur, lui causait des larmes au fond de mon ame. Cela paraissait une contradiction confondante, de me sentir vulnerable, triste sous ce soleil aveuglissant, comme si le poids de l'exile, de sa solitude, de son isolation, sa condemnation affective inexorable, pesait lourd, d'un moment a l'autre, sans avertissement, sans charite, ou consideration, me laissait entouree des fantomes de la famille longuement disparue, dans ce moment d'agonie ou je me sentais si loin de ma Kabylie, de son sourire, de son regard. Au jardin ici, j'ai un rosier aux fleurs rouges, qui selon la chaleur de la saison estivale, me donne entre 2 et 12 roses chaque annee. Cette annee, il y a juste 2 roses, et leur parfum riche me touche comme une caresse gentille, venue de loin. Le temps qui passe parait plus cruel, face a la beaute ephimere et fragile de la rose, et je deteste chaque annee, voir tomber leurs petales, comme des petites gouttes de sang, que la brise couvre de son souffle, en passant. J'ai eue cette pensee, que les petales tombent lentement, comme si les roses veulent me laisser savoir, qu'elles vont partir, me laisser juste la memoire de leur parfum exquis, et le noeud vide de leur coeur, nu sans la tule douce de leur robe rouge envoutante. Elles me rappellent que le temps passe, et que les gens aussi, passent, disparaissent, deviennent des ombres qui se perdent, se dissoudent, parfois sans qu'on s'en apercoit. Ce qui me rappelle la magnifique chanson de la chanteuse francaise, Francoise Hardy (1944 - 2024), de son studio album de 1964, "Mon amie, la Rose", d'un poeme ecrit par Cecile Caulier et Jacques Lacome, qui decrit dans une melodie de vers d'une sensibilite poetique ensorcelante, la mort de sa rose, et le chagrin que son absence lui cause: "On est bien peu de chose /Et mon amie la rose me l'a dit ce matin: / A l'aurore je suis nee, baptisee de rosee /Je me suis epanouie, heureuse et amoureuse /Aux rayons du soleil, me suis fermee la nuit / Me suis reveillee vieille / ... ...  Pourtant j'etais tres belle / Oui j'etais la plus belle des fleurs de ton jardin / ... ... Tu m'admirais hier / Et je serai poussiere pour toujours demain /  ... ... La lune cette nuit a veille mon amie / Moi en reve, j'ai vu eblouissante et nue /Son ame qui dansait bien au - dela des nues / Et qui me souriait ..."   

           Cela faisait longtemps que j'avais encore pensee a cette chanson, et c'etait difficil de l'ecouter apres tout ce temps. C'etait ma copine francaise - kabyle qui il y a beaucoup d'annees, me l'avait envoyee de la France, de Paris, ou elle avait vecue et travaillee pour presque 30 ans, et depuis, je revisite ce poeme traduit en chanson rarement, car elle ouvre toujours cette blessure du manque, des pertes incomprehensibles, implacables, souffertes, et encore a venir, comme parait etre le destin inexorable de la vie humaine. Il y a toujours aussi, une catharsis apres, comme d'une blessure qui brule moins, une fois lavee, et recue un nouveau unguent, qui calme la douleur, qui soulage. La paix interieur retourne, et le soleil me laisse son sourire, et la sensation rassurante, que l'espoir reste, et avec son clin d'oeil, la promesse, l'anticipation de nouvelles, venus de loin sur les ailes des colombes du bois ici au jardin, qui me disent autant avec leur roucoulement tendre, accueillant, et dans l'arriere plan de mes pensees j'entends la conclusion des vers de la chanson "Mon Amie, la Rose": "Crois celui qui peut croire, moi j'ai besoin d'espoir / Sinon je ne suis rien ... ... Ou bien si peu de chose / C'est mon amie la rose qui l'a dit ce matin." Parfois, les rivages de la Kabylie se sentent si loin, et parfois, si joyeusement proche, et dans cette tension se balance precairement, courageusement, le monde de mon coeur et ses poemes, ses reves, ses souhaits.

Trudi Ralston 


L'information sur le poeme rendu chanson, "Mon Amie, la Rose" de Francoise Hardy, et les vers inclus pour cet article, courtoisie de Wikipedia et genius.com