Friday, May 8, 2026

Aux Quatre Vents: La Force Cinetique - Spirituelle dans "KARIM T" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Dans le monde des arts visuels, la photographie continue d'occuper une position qui lui permet d'etre autant observateur que participant, avec l'outil de l'appareil de photo l'intermediaire qui invite le spectateur au monde de ses protagonistes qu'ainsi presente et introduit le photographe. Dans ce monde riche, envoutant, souvent controversiel pour son esprit courageux et rebelle, qui resiste les normes et convenances etablies, avantageux, libre de risque, de jugement, la portraiture reste au centre de son magnetisme de l'art de la photographie. Un portrait du 4 mai 2026 "KARIM T" du photographe kabyle Nacer Amari de Tassi Photographie, emet une energie complexe, qui sait creer un sens de force cinetique et spirituelle, dans l'aura et sa presence d'enracinement, solide, inebranlable de son protagoniste. J'ai pensee a l'expression "Aux quatre vents", voyant ce portrait, dans le sens de la force spirituelle comme la savent controler les chamans, et ce portrait specifiquement rappelle la force cinetique - spirituelle des portraits des chamans mongols, qui depuis le XIIIeme siecle exercent une grande influence culturelle - sociale dans la structure de la societe en Mongolie, qui se base sur l'hierarchie des clans. Le mot cinetique se derive du mot ancien grec "kinysis", donc, mouvement, du verbe "kinein", qui se traduit comme bouger, produire du mouvement. Dans un sens figuratif, cinetique, adaptee au francais du mot grec traduit en latin, veut dire: actif, energique, dynamique. Le monde des chamans est cinetique et spirituel, dans sa facon d'unir des outils pratiques, comme le tambour, l'incantation, la danse, et certaines libations et medecine, pour faire bouger le monde des esprits, pourqu'il s'unisse, visite le monde concret, quotidien, en permet la guerison autant physique que mentale pour la personne ou les personnes en besoin de l'aide, que rend possible le chaman comme intermedaire entre le monde concret et le monde des esprits. "KARIM T" emet cette energie, sans equivocation, de l'union cinetique - spirituelle de sa personne, ce qui confirme encore et encore, la force du caractere des Imazighen de l'Afrique du Nord, ce peuple ancien, resistant, qui a su me redonner ma voix de poete, quand mon esprit vagabond qui avait tant voyagee ne l'avait trouvee nulle part ailleurs, sauf sur ses rivages de la Kabylie. Il y a une renaissance specifiquement les dernieres decennies, dans le chamanisme en Mongolie, qui s'exprime aussi dans le monde de la peinture, evidente dans les artistes contemporains mongols, qui celebrent la richesse de l'heritage et son histoire ancienne, comme l'art magnifique de l'artiste peintre qui celebre la Mongolie de la perspective feminine, Zayasaikhan Zambuu (1975), et ses envoutants portraits feminins dans des couleurs et lignes vibrantes. En Mongolie, il y a cote des chamans masculins aussi les chamanesses feminines, car la femme y est permis dans ce monde des esprits et ses mysteres. L'idee que "KARIM T" cree pour moi cette force cinetique - spirituelle "Aux quatre vents", vient de la philosophie liee au bouddhisme, d'origine de l'Inde, qui a ete importee en Mongolie durant l'occupation chinoise du pays, pendant la dynastie Yuan au XIII - XIXeme siecles, et fut etabli brevement comme religion de l'etat. Une resistance violente de la part des tribus chasseurs du Nord de la Mongolie, contre le groupe bouddhiste qui regneait, les mongols Khalka, a causee une division dans les clans chamans, qui a eu comme resultat la formation du chamanisme "noir", qui voulait se distinguer du chamanisme bouddhiste dominant, le chamanisme "jaune" qui etait plus conforme aux influences bouddhistes tibetiennes importees. Le texte du XIIIeme siecle, "L'Histoire Secrete des Mongols" se considere etre la plus ancienne source historique ecrite en langue mongole, qui se derive des langues sino - tibetiennes et slaves. Interessant de noter, que les chamans mongols se concentrent sur le present, "le maintenant" plus que sur la vie au monde des esprits. Ils valorisent la vie terrestre et ses dons, dans leur role comme interpretes du monde des esprits, de la leur reverance pour les attributs benefiques de la medecine, de la sante, et de la nature et ses ressources. L'idee "aux quatre vents" derivee du bouddhisme, veut dire "dans toutes les directions", donc "dispersees", dans un contexte philosophe du Pali Tipitaka de la religion bouddhiste, et veut "recreer une structure spirituelle robuste, qui sait "tolerer les ataques continues de l'impermanence, et avoir une fondation qui resiste les illusions de l'ego"selon un texte au sujet du Wisdom Librairy. Ce texte illumine le fait que "Les Quatre Vents" se refere aussi a un site precis, geographique du Centre - Val region de la Loire en France, connue pour ses chateaux renaissance fameux, comme Chambord et Chenonceau, et ses vignobles, sa campagne rustique agreable, calme, qui inspire la contemplation, la paix. Interessante confluence, qui se trouve dans cette energie "Aux Quatre Vents'' cinetique - spirituelle si vibrante du portrait "KARIM T" du photographe Nacer Amari. Son protagoniste emet un magnetisme considerable, palpable, de sa personne au regard de forte, decisive concentration mentale et physique. On dirait, sans hesitation, qu'on se trouve face a un chaman, qui voit non seulement l'evidence du monde concret, mais qui a une sensibilite qui sait toucher des autres realites, d'autres mondes, que parfois le monde des reves et ses indices et symboles nous revele la nuit, comme l'enigme spirituel du soleil, de la lune, des etoiles, qui a inspiree les mythologies les plus complexes et envoutantes, comme celles de l'Egypte ancien, et des cultures Amazighes, comme des kabyle de l'Algerie. Dans un monde destructif, violent, ou toute semblance de moralite s'efface sans scrupules pour donner le controle a l'amoralite et ses depravations d'abjecte cruaute envers les plus vulnerables, l'idee du chaman calme, visionnaire, qui sait visiter le monde des esprits, et retourner apres au monde concret, et qui applique ses visions et leurs experiences pour le bien d'autrui, qui sait communiquer avec la nature et ses animaux, ses phenomenes, et apprendre d'eux, est rassurante, calme le coeur et l'esprit sous stress considerable de l'etre humain contemporain. Le monde des chamans mongols continue de jouir d'une renaissance croissante, et je crois que ce n'est pas la seule culture qui sait presenter l'importance de sa sagesse spirituelle et culturelle importante au monde troublant et tres incertains du XXIeme siecle. Je sens ce don de facon concrete, tangible, me venant du coeur et esprit kabyles, qui me sait guerir avec la force de son energie chamanique, comme me la partage l'art et ses sensibilites intellectuels le lien avec mon collegue photographe Nacer Amari qui est l'intermediaire incontestable qui unit mon monde poetique litteraire aux sources transformatives de la sagesse ancienne de sa culture, sa resistance, sa charite; qui entend, et comprend l'echo et ses signes de detresse, de mon desir pour le contexte des defis survenus, et m'en traduit les symboles qui avant m'etaient incomprehensibles, inaudibles, qui m'avaient trouvee isolee pour beaucoup, beaucoup d'annees, convaincue que cela allait prendre une grace enorme, de me voir liberee d'un vide tuant. "Aux Quatre Vents", je suis libre, finalement, de vivre ma vie de poete aux ailes sures, leurs blessures gueries, ma voix audible, grace a la force cinetique - spirituelle considerable, de la presence kabyle qui m'accompagne sur ce nouveau chemin et ses espaces ouvertes, accaueillantes. Le portrait "KARIM T" est une synthese artistique dynamique, expressive de tout ce qui rend l'esprit de la Kabylie et son peuple, son histoire, sa culture vibrants, indelebiles. 

Trudi Ralston     


L'information sur l'idee "Aux Quatre Vents" dans le contexte d'une localite geographique et de la philosophie bouddhiste, courtoisie de Wikipedia, et de Wisdom Librairy website, qui se concentre sur la philosophie, et l'histoire ancienne du monde. La recherche sur le chamanisme mongol, ses origines et histoire et son importance, courtoisie egalement de Wikipedia.  

Sunday, May 3, 2026

L'Effet Boomerang: Reactance et Resultat dans le Portrait "Vieillesse et Sagesse" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            J'ai grandie dans une ambiance sociale - familiale, en Flandre, entouree d'une grande famille de tantes, oncles, cousins, cousines, avec une grandmere paternelle bien visible, et un grandpere maternel imposant mais distant, et avec un frere et deux soeurs, et mon pere et ma mere, dans un petit village ouest - flamand dans les annees 1960 - 1970. Une des influences formatives intellectuelles les plus marquantes dans ces annees de ma vie, etait mon pere, qui avait une grande connaissance et passion pour les arts de tous les domaines, et m'a inspiree un amour et interet profond pour l'histoire des arts du monde, surtout la litterature et la photographie, ainsi que la peinture et la sculpture. Je me trouvais entouree, des un tres jeune age, d'hommes artistes peintres, musiciens, sculpteurs, photographes professionnels, ce qui m'a fait sentir des mon enfance tres a l'aise dans le monde masculin. Ce fait fut augmentee encore, par la realite d'avoir une mere qui prenait une attitude distante, pour ne pas dire indifferente envers ses enfants, et qui en fait preferait de ne pas devoir payer attention a  l'idee qu'elle avait 3 filles, qui avaient besoin d'elle, et elle presumait que mon frere serait sous le tutelege de mon pere. J'etais quasi inivisible pour ma mere, et j'ai appris de creer mon propre monde, un univers qui etait construit sur des idees et visions masculines, et sur les livres lus dans la biblioteheque ample et silente de mon pere, et dans la presence tolerante bohemienne de cousins et oncles artistes. Un portrait en noir et blanc du 26 avril 2026, "Vieillesse et Sagesse", d'une belle femme de moyen age, de la part du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, m'a beaucoup attiree l'attention. Ce portrait feminin a une energie detendue, agreable, libre d'arrogance ou mefiance, qui m'a inspiree une exploration de ce conflit interieur qui vit au fond des memoires de mon coeur d'enfant, qui a connu la tristesse d'une mere qui me faisait fuire de sa presence, car peu etaient les mots gentils qu'elle avait pour moi. Heureusement, j'ai connu aussi le contrepoids de liens et influences feminins qui ont su adoucir cette blessure, comme la presence de visites regulieres a la maison de ma grandmere veuve paternelle, Celina Dujardin, et de ma tante Lieve, qui vivait avec elle, et il y avait notre Nanou, une femme au coeur grand et humour desarmant, qui comprenait tres bien qui etait ma mere, et l'effet que ses manies et arrogances, avaient sur nous comme enfants. Cela m'a pris toute une vie avant que j'ai compris la raison de ma difficulte de faire confiance dans des amities feminines. J'avais en fait, pour tres longtemps, avant de comprendre cette bizarre habitude, une facon d'attirer des amies au caractere dominant, qui aimaient se sentir superieur, ce qui me causait une repetition de peines et mauvaises experiences, qui me laissaient epuisee, confuse. Pendant la recherche pour cet article, j'ai appris sur une theorie qu'on appelle dans la psychologie sociale, "l'effet boomerang". Cet effet se refere aussi avec le nom de "reactance" et se definit comme les consequences inattendues, ne pas volontaires, quand cherche a s'imposer une personne, qui a le resultat de produire la reaction contraire dans sa victime, parceque la personne imposee, resiste cette invasion de sa liberte, de sa volonte. La reactance est donc une forme de rebellie, qui fonctionne comme un boomerang, qui retourne l'intention lancee a autrui, a la personne qui l'a lancee, et donc sabotage ses intentions de controle, de dominance. Cette theorie fut elaboree et publiee en 1953, a Yale University aux Etats Unis, par les chercheurs Carl Hovland, Janis, et Kelley, sous le titre de "Communication and persuasion: psychological studies of opinion change" ("Communication et persuasion: etudes psychologiques sur le changement d'opinion.") Quant a moi, l'attitude indifferente de ma mere, qui voulait me controler, rendre et garder timide, sans confiance, sans defenses quant a mon etre affectif et social et intellectuel, m'a fait trouver le monde vaste des arts, m'a fait comprendre que beaucoup d'artistes sont des esprits libres, des rebelles, pour se liberer d'oppressives circonstances dans leurs familles, dans leur travail, dans l'ambiance socio - intellectuelle de leur communaute, dans l'ideologie de leur heritage culturel et de l'histoire de leur pays. L'art et ses expressions de mes oncles peintres Frans De Cauter (1920 - 1981) et Emiel De Cauter (1921 - 1976), qui avaient souffert la brutalite comme prisonniers pendant la Seconde Guerre Mondiale, etait pour eux une facon de surmonter et transformer ces traumes, ces souffrances. Pour moi, la lutte pour me retrouver ma voix de poete, mon identite affective - culturelle, a recu sa completion dans l'apprentissage me donnee par l'esprit et le coeur kabyle, qui sait mettre en relief clair, exact, les influences artistiques - intellectuelles recue en Flandre, qui ont formee mes sensibilites et ma passion pour les arts litteraires et visuelles, comme la poesie et la photographie, et pour le monde du dessin et ses expressions creatifs en tissu, en crayon, en encre, et dans mes creations de portraits et images de faune et flore, inspiree par la nature en Kabylie et ici a Olympia. Un artiste du monde du surrealisme, le peintre belge Rene Magritte (1898 - 1967) a su incorporer dans les elements de ses peintures connues pour leur evocations oniriques, le traume qu'il avait souffert comme adolescent en 1912, quand sa jeune mere s'est suicidee, en se jetant dans la grande riviere Sambre. Selon la theorie de la reactance, l'esthetique de Rene Magritte de l'echange constant entre realite et illusion, dans sa juxtaposition d'objets communs dans des espaces etranges, ne pas familiers, cette tension ainsi rendue visible, est une expression sublimee d'un voeu, celui de souhaiter sa mere en vie, en contraste avec la realite cruelle que sa mere etait morte. Les peintures surrealistes de Rene Magritte lui rendraient un artiste connu mondialement. En 1936, il fait sa premiere exposition solo a New York, et a Londres en 1938, et aujourd'hui, une des galleries les plus fameuses pour voir l'art de Rene Magritte se trouve aux Etats Unis, a Houston, au Texas, dans la Collection Menil, de John et Dominique Menil. Magritte a dit au sujet de l'art: "C'est une union qui suggere le mystere fondamental du monde. L'art est pour moi ne pas un but en soi, mais un moyen d'evoquer ce mystere." Le monde des arts pour moi comme poete ecrivaine et artiste flamande - americaine qui a vu se detruire toute ma famille dans des circonstances tragiques, est certainement un moyen de vivre le mystere du monde, et d'y exprimer ma voix, que l'esprit chamanique guerisant - accueillant de la Kabylie et son coeur et sa sagesse anciens, visionnaire, me permet evoluer, comprendre, exprimer et partager dans le contexte de mes memoires, et experiences comme personne qui a quittee sa terre natale a un jeune age, sans en comprendre les consequences dures de l'isolation et de la solitude, de la perte de l'identite culturelle - sociale, sans avoir eue la chance de meme savoir l'effet de la reactance subie aux mains de ma mere, quant a ma vie d'adulte ici aux Etats Unis. Des theories suivantes autour de la reactance, apres celle etablie par l'etude de Carl Hovland, Janis et Kelley en 1953, voient la persuasion comme une fonction de "la communication, de l'influence sociale et les processus sociaux", incluyant aussi les elements sociaux comme les medias." La professeure Margarita Sanchez- Mazas de l'Universite de Geneve en Suisse, qui se specialise en psychologie sociale, propose une concentration sur le desir de l'ndividu pour la reconnaissance et la dignite, une approche qui me dit beaucoup, et son etude examine aussi le role des cultures des majorites et des minorites, quant a changement social. Elle croit que "la persuasion est un processus simultane, reciproque entre groupes, et specifiquement, entre groupe de majorites et de minorites." Cette attitude me parait tres au point, comme personne qui a grandie en Flandre, ou ses habitants sont partie d'une culture de minorite, comme la Kabylie en Algerie aussi est une culture de qui son peuple se trouve comme minorite face a la majorite de la population du pays. Mon identite a retrouvee sa voix, apres l'avoir vu effacee dans l'anonimite et son isolation de la realite de la majorite americaine, grace a l'introduction a l'histoire et sa richesse mythologique - spirituelle et culturelle de la Kabylie, qui est devenu ma muse, ma mere spirituelle, qui guerit les traces des peines d'avoir ete une enfant de qui son identite et dignite fut humiliee et niee par ma mere biologique, et par le pays americain qui n'a jamais su ni voir ni m'embrasser l'ame ou le coeur. Le portrait "Vieillesse et Sagesse" du photographe Nacer Amari, me touche profondement les sensibilites, pour l'energie desarmante, sincere et pleine de tolerance, de comprehension chaleureuse dans le regard de son protagoniste feminin, dans son visage libre de jugement, libre de la tentacion de condamner, de soumettre autrui a ses notions, a sa dominance, a ses ambitions. L'effort pour continuer de risquer et d'initier des amities feminines reste un defi pour moi, mais l'experience transformative que me donne ces presque 10 ans deja le monde de la Kabylie, me permet d'avoir depuis, des rencontres feminines positives, chaleureuses, ne pas mencacantes, ne pas penibles. Cela ne veut pas dire que toutes rencontres desagreables et frustrantes ont cessees, mais, leur frequence est chaque fois moins, et je sais anticiper et sentir d'avance avec plus de precision, quelles personnes eviter, quelles personnes ne sont pas sinceres, ont une disposition negative, abusive.  

Trudi Ralston   


La recherche sur le sujet de la theorie de la reactance dans la psychologie sociale et ses adherents, et sur l'art et ses motifs de l'artiste surrealiste belge Rene Magritte, courtoisie de Wikipedia. 

Friday, May 1, 2026

Simulacrum: Une Entente Ambigue - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            L'autre jour, un effort de donner un contexte aux cataclysmes que souffrent des millions de personnes innocentes, m'a laissee avec l'impression qu'on se trouve dans un moment de l'histoire qui cherche de re - justifier une brutalite et violence qui rappelle les anciens empires, leurs machines de destruction, de dominance, de controler et profiter sans impunite des ressources des terres, des richesses des pays qu'ils avaient envahis. On dirait que le temps aujourd'hui, recule plusieurs milliers d'annees, et on se trouve a nouveau au centre des abus de l'empire romain, ou, a la hauteur de leur pouvoir, 50% des personnes vivants dans ce vaste empire et ses provinces, etaient des esclaves. Le desastre exponentiel d'une terre de qui son ecologie se voit detruite chaque jour plus, ou les pauvres se voient victimes de systemes qui les rendent impuissants, vulnerables, et ou, comme dans le pays ici, plus de 700,000 personnes sans abri, vivent dans les rues des grandes villes, tandis que les plus riches en meme temps deviennent encore plus riches, sans rien ajouter comme solution avec leurs immenses ressources economiques. Au contraire, ils embrassent une ideologie qui idolatre le pouvoir qui donne toutes les chances et privileges a ceux, qui activement annulent les programmes et lois qui protegent les classes et les cultures marginalisees du pays, d'abus et de negligence, de racisme, de brutalite policiere, et d'injustices judiciaires, qui ne recoivent aucune action constructive, concrete de la part des politiques qui se disent avoir une conscience morale, sociale. La realite post - moderne est telle qu'on doit faire un effort quotidien contre ses efforts d'anesthesier nos sensibilites, de nous reduire a des robots, des machines, deguisees comme etre humains. Cette reflection sobrisante, m'a fait faire une exploration du monde du simulacrum. Je trouve deja intrigant le mot meme: simulacrum. Le mot se derive du latin, et veut dire "une image ou representation de quelqu'un ou de quelque chose, une imitation", en pluriel, le mot devient simulacra, "semblances, se paraitre a autres choses." Une manifestation de simulacra se trouve dans le monde de l'Egypte ancien, ou le mot Ushabti, se refere a des figurines petites, mises dans les sarcophages de personnes importantes, pour representer les servants de la personne, quand elle etait en vie, pour assurer ainsi que la personne en route vers les monde des esprits, y auraient ses attendants qui l'accompagneaient sur terre. Ces figurines ont des traits physiques individuels visibles pour les distinguer les uns des autres, car certains tombeaux avaient des centaines de ces figurines Ushabti, delicatement sculptees et decorees avec des inscriptions du "Livre des morts des anciens egyptiens", ecrit par une grande serie de scribes religieux entre les annees 1550 et 50 B.C. concernants les rites et routes du monde des esprits, le Duat. L'idee de l'importance de sauvegarder l'integrite de la realite spirituelle et ses mysteres et exigences, remonte ainsi des milliers d'annees, et c'est fascinant de penser que le simulacrum en devint une invention croyable et faisable. La modernite n'a pas abandonnee cette fascination, et je pense specifiquement au monde de la philosophie du XIXeme et XXeme siecle, les theories controversielles du philologue classique devenu philosophe: Friedrich Nietzsche (1844 - 1900), qui reste un penseur qui stimule des discussions intellectuelles animees. En 1889, juste avant de faire une crise nerveuse totale, qui lui rendrait immobilisee intellectuellement pour le reste de sa vie, il ecrit "Crepuscule des Idoles", qui est une traitise entre autre, sur l'idee du simulacrum, qui suggere que la plupart des philosophes, pour nier la contibution des sens, et de recourir vers les constructions des langues et de la raison, arrivent a une interpretation distortionnee de la realite. Ceci a des reverberations dans tous les domaines de la vie de l'individu et de sa place dans les constructions socio - politiques de la societe et ses dirigents, y compris la liberte sexuelle et ses interdictions et permissions. Selon Nietzsche, "le bonheur et l'instinct sont un", mais la raison s'y oppose directement, ce qui fait le combat avec la conviction de Nietzsche, que "l'amour est la spiritualisation de la sensualite", une vision qui unit le monde des sens au monde de l'esprit, ce qui est une conviction a laquelle ont choisi d'adherer parmi les plus grands mystiques et poetes, comme le poete Sufi perse Rumi (1207 - 1273), et son maitre, le poete perse Saib Shabrizi (c.1592 - 1676), recu au cour du Shah Jahan de l'Inde en 1626, et que l'empereur perse Shah Abbas II, donne le titre de "Roi des Poetes", et aussi le poete autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), des poetes - philosophes qui restent pour leur franchise lyrique - affective - spirituelle, tres visibles dans le monde des arts litteraires. La controversie du simulacrum parait loin du monde des personnes qui suivent les inspirations de leur intuition, de leur passion ne pas intimidee par les restrictions sociales et leurs impositions. Dans le monde des arts, l'idee et ses expressions du simulacrum a des interpretations notables, dans le monde de la science - fiction, et son expression creativite dans le theatre, la danse, la litterature. Un des ecrivains qui a su aussi introduire ses livres au sujet dans le monde de la cinematographie, est l'ecrivain prolifique americain, auteur de 45 romans et environ 121 novelles: Philip K. Dick (1928 - 1982). Ses livres explorent une grande variete de sujets philosophiques et sociales, comme la nature de la realite, la perception, la nature humaine, et l'identite, et traite souvent de personnages qui se battent contre les illusions sociales, les realites alternatives, l'abus des drogues, l'abus des corporations monopolitiques, et l'idee de robots, ce qu'il appelle "replicants", donc "copies", ce qui addresse les contradictions et conflits qui en resultent quant a la conscience de soi. Cette idee futuriste du simulacrum qui s'incarne dans le robot, a trouvee une voix dans l'adaptation en film du livre de 1968 de Philip K.Dick, "Do Androids Dream of Electric Sheep?"("Est - ce - que les androids revent de moutons electroniques?"): "Bladerunner" de 1982, avec l'acteur americain, Harrison Ford (1942), et l'acteur des Pays - Bas, Rutger Hauer (1944 - 2019), et l'actrice americaine, Daryl Hannah (1960), ou Harrison Ford joue le role d'un chasseur - tueur de replicants, et Rutger Hauer joue le role d'un leader des replicants qui les organise une revolte, et Daryl Hannah joue le role d'une replicant amie cree pour le plaisir sexuel.  Le film du scenariste americain Ridley Scott (1937) fut un grand succes, et Rutger Hauer le voit comme son film le plus favori, pour le sujet central autour de la creation de robots, quant a la volonte que leur donne avoir un cerveau artificiel, et ci ceci constitue une conscience, et ainsi leur donne la protection de leurs droits "humains", de la part des humains qui leur ont crees, une idee que depuis la science fiction traite avec regularite insistante dans les monde du cinema du genre de la science - fiction. Dans le film "Bladerunner", les agents qui font la chasse des replicants, les tuent, a base de l'idee qu'un replicant, comme une machine, n'est utile que pour un certain temps, et qu'il ne faut pas les donner la chance de se reveiller une volonte independante, une conscience de soi, ce qui en fait, devient le cas, ce qui mene a leur revolte et resistance contre l'ordre etabli. L'acteur - chasseur que joue Harrison Ford, finit par tuer au replicant Pris, que joue l'actrice Daryl Hannah, et il voit mourir, de fatigue, le replicant Roy, que joue Rutger Hauer, qui dit a l'agent Rick Deckard ( Harrison Ford), ces mots hantants memorables, apres en fait sauver la vie a Rick, malgre que celui chercheait de lui tuer: "My memories will be lost in time, like tears in rain", ce qui veut dire "Mes memoires vont se perdre dans le temps, comme des larmes dans la pluie". Autant plus emouvant, parceque il pleut fort au moment que Rick se rend compte que le mecanisme de sa conscience de Roy, contestee et neaumoins verifiable, se termine, meurt, et qu'en etant un replicant, il avait en fait, une identite humaine, mortelle. 

        Le monde contemporain montre des signes troublants qui font une interpretation a l'envers de l'idee du simularcrum: ce n'est pas qu'on essaie de donner une expression affective - sociale plus large a l'idee de ce qui rend unique l'etre humain, sa capacite - pour la charite, la conscience sociale, si authorisee de la part de ses leaders et dirigents quant a la direction ideologique - historique de leurs sujets. On essaie, au contraire, de de - humaniser, "machiniser" pour ainsi le dire, la conscience humaine, par force, par privation, par indocrination de mensonges sinistres, par negligence. Beaucoup de jeunes intelligents, se demandent de comment se defendre contre l'absurdite de la realite contemporaine, l'intensite de la violence, l'horreur apocalyptique de ses guerres, l'indifference deroutante des dirigents, l'impuissance de ses victimes? Ils s'identifient avec les robots, les simulacra des machines du pouvoir, et ses fabricants de la destruction ecologique - economique de la terre et ses peuples qui se trouvent ainsi sous la menace de l'annihilation systematique. La seule defense est de faire ce qu'on peut, sur place, et en exploration que permettent le voyage, et d'essayer de faire une difference, un jour a la fois, pour les personnes et l'environnement ou on vit, et qu'on decouvre, et apres qu'on connait, qu'on peut toucher positivement. Je pense aux mots de l'ecrivaine noire americaine, professeur en litterature, Dr. Toni Morrison (1931 - 2019) la premiere ecrivaine afro - americaine des Etats Unis de recevoir le Prix Nobel pour la Litterature en 1993, qui addresse dans ses livres les effets desastreux continus de l'histoire de l'esclavage et ses ravages pour la population noire des Etats Unis, et du racisme cruel des annees apres la Guerre Civile Americaine de 1861 - 1865, qui avait aboli l'esclavage, mais ne pas les lynchings ou l'institution d'une egalite de terreur totale envers la population noire sur tous les niveaux socio - politiques avec les lois diaboliques de l'ere de Jim Crowe, qui ne seraient annules qu'avec les sacrifices du mouvement pour les droits civils des annees 1950 - 1960, et son leader, Dr. Martin Luther King, Jr., mort par l'assassinat en 1968, a l'age de 39 ans. Je pense a ces mots de 2001, de Toni Morrison, qui a vecue jusqu'a l'age de 88 ans, de qui j'ai lu tous ses livres comme une revelation intellectuelle et artistique - culturelle - linguistique, et qui avait connue comme enfant et adolescente les horreurs du racisme: "Parfois, tu ne survis pas intacte, tu survis juste en pieces, en morceaux. Mais la grandeur de la vie existe dans l'effort. Il ne s'agit pas de la solution. Il s'agit d'etre aussi intrepide que possible, dans des circonstances completement impossibles." Ses mots de cette femme hyper - intelligente, avec le lyrisme franc et complexe du style innovatif de ses livres, sa figure phsysique imposante, et sa voix douce, gentille, me donnent du courage, quand le fantasme de simulacra humains, videe et empoisonnee en ame, l'esprit et le coeur comme sous l'immobilite de la paralysie, paraissent ecraser la chance pour un meillieur futur pour la terre et l'humanite. Notre entente ambigue avec le mecanisme du simulacrum, qui peut dans certains contextes se reveler comme une expression culturelle - mythologique sincere et respectueuse, comme fut le cas pour les Ushabti du monde ancien egyptien, merite une re - evaluation urgente dans notre monde chaotique eponentielle du XXIeme siecle, ou la machine industrielle et post - industrielle et ses seductions parait supplanter la conscience humaine, dans tous les domaines, du loisir et le monde lucratif des divertissments numeriques, jusqu'au commerces honteux et macabres du traffique d'armes, et d'hommes, femmes et enfants, pour le travail force et l'esclavage sexuel. Dans le monde des simulacra, il y a l'idee aussi du village Potemkin, qui se refere a une facade construite pour tromper la personne qui la voit, de penser que ce qu'elle voit est reel, ne pas une imitation. Ce fut une idee souvent utilisee dans le monde post - sovietique apres 1987, et cette interpretation du village Potemkin est une illustration du simulacrum qui revele la distance qui existe entre une apparence exterieure et sa realite cachee, ne pas visible. Le monde en ce moment vit des avantages techniques impressionnantes, grace au genie numerique et ses evolutions spectaculaires, qui permettent leurs incorporations et influences positives dans le monde des sciences de la medicine, de l'agriculture, de la communication qui facilite la connaissance et introduction aux personnes d'autres cultures et experiences, des arts, des recherches dans les domaines de l'ecologie, de l'anthropologie, de l'archeologie, de la metereologie quant a predictions de tremblements de terre, d'inondantions, de tempetes dangereuses. On recoit la chance d'apprecier ces avancees, ses progres technologiques pour le bien, de nous approcher l'un a l'autre avec interet profond dans ce qui nous unit, ce qui nous rend unique, comme cultures, comme peuples de cette terre et son histoire complexe, turbulente. En conclusion, je me rappelle ses mots du poete Rainer - Maria Rilke, qui sont un avertissement, un appel a la conscience, qui invitent le courage, de vivre a 100%, sans ceder a l'indifference, a la routine, qui tue toute initiative, toute chance pour une vie qui a des racines profondes dans la vie et tout ce qu'elle peut offrir si on la vit les yeux et le coeur ouverts, prets, pour donner l'energie enthousiaste de nos talents, de notre passion, de les partager avec generosite, avec sincerite. Les mots de Rilke datent de 1904, d'une de ses "Lettres a Un Jeune Poete", publiee apres sa mort, en 1929: "Mais la peur de l'inexplicable non seulement apprauvit la realite de la personne individuelle; cette peur retrecit aussi le lien entre les etres humains, comme si ce lien fut soulevee du lit de sa riviere de possibilites infinies pour le mettre dans un endroit en friche et le poser sur une berge. Car ce n'est pas juste l'indolence qui cause la repetition dans les liens de cas en cas avec telle indicible monotonie et ennui, c'est la timidite envers toute nouvelle inconcevable experience, delaquelle on croit ne pas etre capable de la tolerer. Mais seulement une personne qui n'exclude meme pas le plus incomprehensible, vivra un lien avec une autre personne comme une chose vivante, qui pourra lui aussi sonder ainsi la profondeur de son propre etre." La seule facon de surmonter avec confiance les ombres moins agreables des simulacra, de sa menace reelle qui peut nous mettre au risque de perdre notre ame, coeur, et meme corps aux illusions decevantes du simulacrum et ses insinuations, qui circulent dans le va et vient du immense commerce qu'est devenu le monde, est de pratiquer cette vigilance chaque jour a nouveau, pour ne pas perdre de vue, cette entente ambigue que l'etre humain ne peut pas eviter, ne pas resister, ni dans le monde des arts, ni dans le monde de l'histoire et ses drames, ni dans les liens individuels: cette idee ensorcelante de pouvoir et vouloir, capter et representer des objets et des personnes d'une autre facon de que ce qu'elles en realite sont. 

Trudi Ralston      


La recherche sur le phenomene culturel du simulacrum, son histoire, son contexte dans la philosophie de Friedrich Nietzsche et ses influences contemporaines, comme dans le monde de la litterature et de la cinematographie dans le genre de la science - fiction, courtoisie de Wikipedia. La traduction en francais, des mots du poete et ecrivain autrichien Rainer - Maria Rilke, de l'anglais d'une lettre de 1904, de la publication du livre de 1929, "Lettres a Un Jeune Poete", est la mienne, ainsi que les mots de Dr. Toni Morrison, de 2001, aussi traduit de l'anglais en francais, pour le but de cet article.  

Monday, April 27, 2026

Traverser les Terres Desolees: Le Delire du Poete - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           Il y a un film americain de 1996, du realisateur americain Gregory Hoblit (1944), au titre qui indique la gravitas de son sujet: "Primal Fear", donc "Terreur Extreme". Le film est une adaptation d'un scenario au meme titre, de Steve Shagand et Ann Biderman, a base du livre de l'auteur et photojournaliste americain, William Diehl (1924 - 2006). Le film fut un success international, grace aux deux acteurs principaux americains: Richard Gere (1949) et Edward Norton (1969), qui lui a recu une serie d'hommages pour son role comme le jeune homme pauvre que la police accuse d'avoir ete responsable pour la mort violente de l'archeveque catholique de Chicago. Le film traite du sujet troublant de l'abus d'enfants aux mains de pretres catholiques dans les ecoles et orphelinats, et l'effort considerable de la part de ces institutions et leurs responsables, de nier ou minimaliser ces abus mondial horrifiants qui ont commencee a etre revelee en masse vers la fin du XXeme siecle. Ce fut et reste surtout les enfants les plus vulnerables qui etaient et restent les victimes: des orhpelins, et des enfants pauvres, marginalises, sans abri, souvent deja victimes d'abus physique et sexuel aux mains de membres de leur famille, qui au lieu de trouver du soutien et protection de la realite cruelle de leur vie, se trouvent victimes sans defense, sans voix, une seconde fois dans le systeme catholique. Le film est bien fait, et le revisiter m'a fait decouvrir un element artistique present dans le film, que je n'avais pas notee avant: une chanson en portugues, qui a une melodie qui m'a impressionnee beaucoup, et qui a su me causer une intense reaction affective. Je ne connaissais pas la chanteuse, que j'ai appris est connue dans le monde de la musique pour son expertise du chant fado portugais, et cette chanson jouee, comme theme musical qui introduit le film, etait "Cancao do Mar", qui veut dire "Chanson de la Mer", une chanson d'amour aux rythmes intenses qui soulignent la passion et le manque de la personne aimee. La chanteuse est Dulce Jose Silva Pontes (1969), consideree l'heritiere de la tradition folk fado, a laquelle avait inspiree une renaissance mondiale la chanteuse portugaise Amalia Rodrigues (1920 - 1999), qui avait debutee la chanson "Cancao do Mar", ecrit pour elle en 1954 par Fredrico de Brito, avec une musique de Ferrer Trinidade. Leur chanson fait partie maintenant de la Liste de l'Heritage Inalienable Culturel de l'UNESCO. Amalia Rodrigues etait tres populaire, et donnait des concerts a Paris, ou elle vivait, et au Japon, le Bresil, l'Allemagne, le Mexique, l'Italie, la Belgique, les Pays - Bas, l'Argentine, et l'Israel et les Etats Unis. Le chansonnier francais - armenien Charles Aznavour ( 1924 - 2018) ecrit une chanson fado specifiquement pour elle, "Aie Mourir pour Toi." L'interpretation de "Cancao do Mar" faite par Dulce Pontes est tres estimee, et apparait dans son album de 1993, "Lagrimas" ("Larmes"). Dulce Pontes, qui est aussi pianiste et actrice, donne des concerts mondialement, de Londres a New York, et sa musique est unique pour unir des elements a la musique fado qui sont arabe, bresilien, et africains quant a tradition musicale. Le refrain de la chanson "Cancao do Mar" a touchee une douleur longuement reprimee dans mon coeur, et ce fut difficil de degager de la force de la voix de la chanteuse energique: "Vem saber se o mar tera razao/ Vem ca ver bailar meu coracao", ce qui se traduit, "Viens savoir si la mer aura raison/ Viens ici pour voir danser mon coeur", et la chanson conclut avec le voeu, "Enem lhe digo aonde eu fui cantar/ Sorrir, bailar, viver, sonhar contigo": "Ne lui dis pas ( a la mer) ou je suis allee chanter. Sourire, danser, vivre, rever avec toi. " La chanson apparait dans le film comme une douceur de frisson affectif touchant, qui accompagne un des personnages qui termine mort, suite de l'intrigue politique qui domine l'investigation dans le meurtre de l'archeveque, quand ce personnage donne une cassette avec la chanson a l'avocat qui cherche a resoudre le mystere du meurtre. Un detail interessant, que ce personnage trouve la mort dans la mer, et la chanson est une plainte d'amour de la part d'un marin. Ce qui m'a touchee si profondement fut ma reaction profonde envers la passion vibrante dans la voix de la chanteuse. D'un moment a l'autre, je n'etais plus dans le monde du crime de l'abus que condamne avec force le film. Je me trouvais dans les terres desolees, sa solitude impitoyable, de ce delire que le poete et l'artiste connaissent trop bien, quand ils trebuchent sur son terrain inegal, plein de pieges, pour le coeur qui reve d'un monde ou le mal n'a pas le dernier mot, ou les innocents ne sont pas trahis, ou les visions des poemes, des arts, ne sont pas enfermees dans les mensonges de l'hypocrisie, ou l'amour et l'innocence ne sont pas soumis aux obsessions du pouvoir et ses metamorphes. Le monde des arts, permet des moments de sublime clarte et joie, quand le courage se voit liberee des obstacles de la mediocrite, de l'avarice, du mepris, de l'ombre asphixiante de l'exile, de la solitude. Pour moi, la chanson "Cancao do Mar" me rappelle le long chemin que j'ai du traverser, avant de trouver un accueil intellectuel et affectif guerisant et transformatif, dans le coeur et esprit kabyle. Me savoir si loin d'elle, geographiquement, est dur, et c'est tout un tour de force que j'ecris mes livres pour la Kabylie a 9000km de ses rivages, quand l'energie qui m'unit a elle me fait sentir si proche la chaleur rassurante de son coeur, uni aux emotions et le battement de mon propre coeur. La peine de l'absence est tres aigue parfois, et une chanson passionnee comme "Cancao do Mar" reveille le feu et sa flamme brulante de cette douleur, qui est comme une blessure physique, chose si bizarre, qu'un chagrin psychique peut causer une douleur physique, et manifester cette peine en la presence de larmes chaudes, en cris qu'on supprime, les deux des phenomenes verfiables, tangibles, concretes. Traverser les terres desolees, du manque que cause une abondance d'amour pour un peuple, pour son coeur, pour ses personnes qui vivent sur sa terre, qui m'entendent la voix et ses joies et agonies de mon etre. Ce delire qui s'exprime dans ce chagrin que mes poemes apres communiquent, vivent, souffrent, pour trouver apres la catharsis, la guersion, de savoir que ma famille de coeur en Kabylie, me voit, m'aime, me comprend. J'ai retrouvee ma voix de poete dans la sagesse de l'amour de ma Kabylie, et sentir l'intense passion de la chanson, ses mots, ses emotions, dans "Cancao do Mar" comme l'interprete le talent de Dulce Pontes, sa voix qui crie, qui hurle ce chagrin d'aimer tant, et de se savoir loin de la personne qu'elle aime, de sa tendresse, de son esprit, de sa chaleur, me donne envie de me trouver sur le sable d'une silente plage, ou je peux crier ce chagrin, et lui demander de me sortir de ses terres desolees, de ce delire du poete, de ces moments de profonde agonie, de me sentir a nouveau bannie, a nouveau invisible, muette, le coeur et l'esprit condamnee, a une solitude encore que j'ai du avaler deja si longtemps. Le mystere des defis qu'on doit vaincre dans la vie, ont une aura de mystere, et aussi de grace, quand la charite, la tendresse et sa sagesse croisent notre chemin et ses solitudes. Ceci fut le cas pour moi, et je reve du jour quand je vais pouvoir retrouver et re - rencontrer ma famille de coeur en Kabylie, quand tout cet amour pour elle, aura la permission de s'exprimer, de se celebrer, de partager sa joie, sa fierte, sa reconnaissance, et oui, sa passion, sa flamme, ne pas en feu de la peine que cause la cruelle absence, mais en flammes chaudes du coeur, quand il se voit uni a ceux qu'il aime, et qui l'aiment a leur tour, sans limites, sans pretenses, sans peur, sans illusions ou chimeres, comme le decrit dans son poeme le celebre poete chilien, gagneur du Prix Nobel pour la Litterature en 1971, Pablo Neruda (1904 - 1973), son Soneto XVII: "Je t'aime sans savoir comment, ou quand, franchement, comme ca, parceque je ne sais le faire autrement, la, dans cette espace, qui est toi, qui est moi. Si proche que la main qui touche mon coeur, est ta main. Si proche que ce sont tes yeux la nuit, qui ferment les miens." Le mal a le dernier mot dans le film, "Terreur Extreme", mais la presence de la chanson de Dulce Pontes, "Cancao do Mar" et sa passion courageuse, intense, illumine comme une etoile brillante le ciel noir du sujet du film, pour l'avocat qui lutte, dans le role que joue l'acteur Ricard Gere, avec conviction et sincerite - un role qui se considere "etre le meillieur dans sa carriere", dans cette histoire du combat legal contre le mal et ses perversions. Le film m'a laissee avec le desir de croire, que le coeur qui se bat pour donner toutes les chances a l'amour, son courage, sa dignite, son energie transformative, son sens de justice sociale, n'abandonne jamais l'espoir, et communique l'importance de ne jamais ceder aux manoeuvres du mal, de toujours choisir le sentier qui donne la chance de mener vers la liberte, vers l'amour et sa charite, sa sagesse, vers l'inclusion de tout ce qui ajoute au bonheur, au respect pour l'identite et son expression culturelle, sociale et spirituelle - historique, pour toutes personnes, et de persister dans cet effort, meme si la victoire est elusive, ou niee par le monde, meme si reussir peut prendre ce qui parait, une eternite. Interessant de noter, que dans le cas du film, "Primal Fear" etait l'interpretation cinematographique du premier livre au meme titre de 1993, de William Diehl, car il a en fait ecrit 3 livres fameux au sujet, qui suivent le meme protagoniste et antagoniste: l'avocat et le jeune criminel victime d'abus. Peut - etre, un jour, les 2 autres livres, "Show of Evil" (Evidence Malevolente) de 1995, et "Reign in Hell" (Regne en Enfer) de 1997 vont trouver une expression en film, et reveler une conclusion satisfaisante, ou le bien gagne sur le mal, apres une longue et epuisante lutte, apres avoir traversee les terres desolees, apres avoir fait face avec courage et confiance au delire, comme le poete, comme l'amant dans la lamentation amoureuse du chant fado "Cancao do Mar."    

Trudi Ralston        


La recherche sur l'art du fado portugues dans la musique du monde, et sur les chanteuses portugaises Amalia Rodrigues et Dulce Jose Silva Pontes, courtoisie de Wikipedia, ainsi que la traduction des vers du portugues en francais de la chanson fado de 1954, "Cancao do Mar". La traduction des vers du Soneto XVII du poete Pablo Neruda en francais, d'un texte en traduction anglais du poeme ecrit originalement en espagnol, est la mienne.  

Thursday, April 23, 2026

Le Gout de l'Absence: Une Certitude Evasive - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

          Les jours de printemps, il fait encore bien frais en avril, comme aujourd'hui, 13 degres Celsius ce qui est 56 degres Fahrenheit comme on le calcule ici. Ce froid me parait bizarre, apres avoir eu plusieurs jours ou les temperatures approchaient a 20 degres Celsius, avec plein de soleil et un ciel bleu clair. On repare le macadam d'entree vers la maison cette semaine, car apres 40 ans, il etait devenu envahi par les ravages du temps et les racines elaborees des pommiers sauvages, aussi dits pommiers du Japon, connu pour leurs fleurs roses brillantes, y mis en 1984, quand la maison fut construite. Le temps et les racines des arbres avaient rendu le macadam un terrain inegal, avec des poches humides descendantes, qui etaient un risque de trebuchement, qui m'avait causee une fracture de la clavicule il y a deja 10 ans, quand une racine errante de jeune bambou avait penetree le terrain, et n'avait pas ete enlevee a temps. Il etait donc certainement temps de reparer l'entree, et le travail avec une equipe de construction locale avec beaucoup d'annees d'experience, avance tres bien. Le travail et le va et vient des machines de reparage et de construction m'animait, et le silence apres que le travail pour le jour etait fini, etait presque decevant. Je m'imagineais celebrer, apres avoir du avoir tants d'annees de patience; j'avais envie de mettre des petites lumieres dans les buissons devant les fenetres, et faire un peu la fete. Mon mari et mon fils ont trouvee ca tres marrant mais ne pas immediatement faisable, et dans le silence et sa consolation d'une petite fete imaginaire, je me suis concentree sur la recherche pour cet article, qui m'a mis, par heureuse coincidence, dans le monde de la photographe americaine celebree, qui en fait a grandie a Seattle, a juste une heure d'Olympia ou je vis: Imogen Cunningham (1883 - 1976). Connue pour sa photographie botanique, ses nudes, et ses portraits et auto - portraits francs, elle travaillait pour un temps avec le fameux photographe portraitiste americain  Edward S. Curtis (1868 - 1952), connu pour son livre en 20 volumes de photos en portraits des cultures amerindiennes des Etats Unis, au titre "American Indian Tribes", publiee entre 1907 et 1930. C'est de lui que Imogen Cunningham allait apprendre la technique de l'impression au platine, un processus qui lui fascinait. Elle a une exposition de ses portraits et auto - portraits a Brooklyn et New York en 1913 et 1914, et en 1920, elle commence a enseigner la photographie a Mills College, a Oakland, en Californie. Entre 1923 - 1925, elle montre un interet dans la photographie botanique, et dans les annees 1940, elle travaille dans la photographie de la rue. Le photographe Ansel Adams (1902 - 1984), qui allait etablir une renommee internationale pour ses photos en noir et blanc des paysages de la region de l'Ouest des Etats Unis, et avait un interet avide dans l'environnement et le besoin de proteger la nature et ses ressources des abus de l'industrie et ses effets destructifs sur la faune et la flore de la terre, offre a Imogen Cunningham de devenir membre de la faculte du departement de l'art de la photographie a l'Ecole des Beaux Arts de la Californie, et parmi la faculte etait aussi la photographe americaine Dorothea Lange (1895 - 1965), qui allait documenter le sort tragique des travailleurs aux Etats Unis, victimes de la crise mondiale economique des annees 1930, la Grande Depression, de qui ses portraits hantants des familles pauvres agraires se trouvants sans abri et sans nourriture et face a un gouvernement indifferent de la souffrance abjecte de centaines de milliers de ses citoyens, allaient faire le tour du monde, et forcer le gouvernement du pays de reagir. Ces pensees autour de la photographie m'etaient inspirees par une idee pour un poeme, sur l'idee du gout de l'absence, qui m'a fait penser au parfum envoutant sensuel de la tubereuse, cette fleur originaire du Mexique, que cultivaient la culture des Azteques. Elle est une de mes fleurs et senteurs pour parfum la plus favorie, et j'ai trouvee une photo fameuse, en noir et blanc de fleurs de la tubereuse, faite par Imogen Cunningham, ce qui m'a introduite a sa photographie et sa vie, de cette femme artiste, qui choisissait de vivre sa vie a sa maniere, intrepide, independante, libre. "Le Gout de l'Absence", est ainsi concu, mon poeme, sur la tubereuse, qui me fait penser a ma muse kabyle, a cette doulour de son absence, et sa certitude evasive, douce et brulante a la fois, qui sait toujours m'assurer, comme le sait faire le gout et senteur d'un parfum qui parait savoir toucher aussi notre esprit, la peau de notre ame, avec son souffle chaud, ephemere de son euphorie, son delice:

Le Gout de l'Absence       


Elle entre sans avertissement, cette absence de la sensation chaude de ton ame et sa senteur ephemere, que tu laisses sur mon haleine, qui m'enleve le froid et le jour muet aux aveugles nuages. 

********       **       ******** 

Ce parfum au soupir et poids agreablement lourds qui me touchent, avec les lignes de l'echo de ton rire, de la lumiere de ton sourire, de l'ocean vaste et ses vagues de tes yeux quand ils vers les miens voyagent.

********       **       ********

Ah, cette certitude evasive, qui me poursuit les moments ou tu deviens invisible, et je te cherche la chaleur et l'etreinte dans la senteur de la tubereuse, sa caresse lente, audible. 


Trudi Ralston  


L'information sur les photographes Imogen Cunningham, Edward S. Curtis, Ansel Adams et Dorothea Lange, courtoisie de Wikipedia. 

"Permets - toi d'etre attiree silencieusement par la force etrange de ce que tu aimes sincerement. Tu ne t'egareras pas." - Rumi, poete Sufi perse (1207 - 1273).  



Tuesday, April 21, 2026

Eloise: La Persistance de l'Illusion - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           La memoire parfois me donne l'impression d'etre une gallerie d'art, ou on peut ambuler sans devoir se presser, parmi les peintures, les sculptures, qui nous rappellent des moments importants dans l'histoire de notre vie. Certaines de ses images y ainsi etalees, vont etre agreables, sentimentales, claires, et d'autres se presenteront comme des expressions ou domine une energie frustree, chaotique, ne pas bien delignee, comme une interpretation cubiste, frenetique. Il y a dans les couloirs et ses lumieres de cette gallerie, aussi des installations musicales, car une melodie, d'une chanson, de sa voix, de ses instruments, peut laisser une empreinte qui dure toute une vie. Une telle memoire musicale m'a visitee recemment, d'une chanson, au titre "Eloise". Ecrit en 1968 par les freres anglais jumeaux Paul Ryan (1948 - 1992) et Barry Ryan (1948 - 2011), de Leeds, j'ai entendue et vue, cette chanson en video, sur la television dans une emission en Flandre, quand j'avais 11 ans. Les freres Ryan commencent a travailler ensemble en 1965, avec Paul la personne qui ecrit les chansons et qui chante aussi, et avec apres Barry qui apparait solo, comme le chanteur principal, une fois que Paul decide de se dedier exclusivement a ecrire les chansons.  La chanson m'avait hypnotisee pour sa force affective, et pour ce qui l'a definie comme "melodramatique et lourdement orchestree", pour l'intensite de la voix du chanteur Barry, un jeune aux cheveux longs et disposition hyper - intense. Quelque chose dans le contraste entre la passion decisive que sait communiquer la chanson, et le desespoir qu'exprime en meme temps le rythme qui altere entre vitesse et lenteur, transmet aussi la tourmente de l'amour, si les circonstances se revelent compliquees, qui me donnait a mon coeur d'enfant etre selon le chanteur charmant, etre le cas pour lui quant a l'heroine de ses affections, "Eloise", car vers la fin de la chanson, il crie son nom avec pas mal de pathos theatral. Le drame de la chanson, et de la video qui accompagne la chanson, de la jeune Eloise, qui finit par laisser seul au jeune homme, comme elle s'enfuit de lui, dans sa robe de gauze longue, avec lui en longue cape jaune doree, en cheval au galop, essayant de la retrouver, avec en arrierre plan, une mer de vagues turbulentes et le feu d'un brillant coucher du soleil. La chanson reste fameuse, et a l'epoque, a vendu 1 million de disques. A l'ecole, tout le monde en parlait, de ce chant hypnotique de Barry Ryan, sa "Eloise". Comment ne pas etre impressionnee alors avec l'intrigue de cette chose qu'appellaient les adultes l'amour? Surtout que je ne recevais jamais aucune reponse satisfaisante au sujet, j'avais decidee suite de cette chanson et sa video, que le seul remede serait de verifier sur ce phenomene complexe et mysterieux de l'amour moi - meme, et surtout, avec discretion, vu la facon contradictoire que les adultes dans mon monde en parlaient. L'impact de "Eloise" m'allait aussi reveiller un interet dans le monde complexe des illusions, car, la video et sa mise en scene, etait le produit, j'ai vite compris, d'une realite construite, autour d'une emotion, d'une idee, que le chanteur facilitait avec la passion de sa voix, de ses mots, ensemble avec les effets visuels, et l'orchestre et ses instruments qui l'accompagneait. La question qui m'est restee, et qui me hante encore aujourd'hui, apres avoir absorbee le petit theatre et son drame "Eloise" que le jeune genie des freres artistes Paul et Barry Ryan avaient su creer, est la suivante: d'ou vient cette force tetue de l'illusion? Et comment alors, la savoir briser? Dans une echange recente avec mon collegue photographe artiste kabyle d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, j'ai postulee que le monde des arts cherche a briser le monde de l'illusion, ses griffes tenances qui veulent garder soumise la volonte, celle qui reveille les visions de la liberte creative et ses energies. "Eloise" est une merveille dans ce sens, pour comprendre l'importance du decor de l'illusion, dans ce cas, une presentation theatrale, dramatique, en meme temps que la chanson et son theme de rebellie et amour irresolu, celebre la liberation des illusions et leurs pieges, et aussi, la controversie, et le prix que demande le courage de ne pas ceder au compromis, a ses raisons bien rangees, logiques. Comme enfant, je me trouvais laissee souvent seule, et j'avais un temperament qui aimait observer, ce qui m'avait faire apprecier, que le silence etait un avantage strategique, ainsi que savoir quel etait le moment de demander des questions, par exemple, quand ma Nanou ou grandmere ou mon pere, ou sa plus jeune soeur, ma tante Lieve, etaient distraits brevement, par un voisin ou voisine a la porte, ou un coup de telephone. Les adultes avaient tendance dans ces moments de vouloir partager des sagesses utiles, sur des sujets complexes, tandis que dans les moments de loisir, de detente, mes interrogations precoces sur les affaires des adultes et leur monde, etaient vu avec mefiance ou impatience, avaient l'habitude d'enerver ces personnes si bizarres que sont les adultes pour un enfant qui essaie de faire un sens du va et vient qui lui entoure. C'etait comme suivre une route inconnue sans carte routiere, ou les adultes sur cette route, etaient presque comme des pirates, qui donnaient l'impression de ne pas vouloir reveler ou etait le tresor duquel il gardaient jalousement son secret. Les adultes aimaient alors les illusions, il paraissait? J'avais souvent l'impression que pour le monde des adultes, pretendre etait une necessite, qu'ils acceptaient avec un melange d'amertume et humour, ce qui fut difficil de comprendre comme enfant. J'avais, dans toute ma fascination avec la complexite de leur monde et cette chose qu'on appelait "la vie" qu'un jour "j'allais comprendre" - selon qu'ils me rassuraient, avec pas mal d'effort, qui n'aidait pas les choses dans ma faveur quant a etre convaincue de la veracite de leurs affirmations - une attitude pratique, qui chercheait de trouver une entree dans ce monde et ses bizarres contradictions. Le monde du maquillage de ma mere, et du maquilllage et sa sophistication de ma tante Lieve, qui ne s'est jamais mariee, mais ne manqeait jamais de pretendants, et de mes cousines et leurs amies, me confondait. Car ma grandmere Celina, qui etait une femme tres sincere et sans complexes, tres franche aussi, ne portait jamais le maquillage, et me donnait l'impression que cela etait une forme de camoufflage, mais de quoi exactement, je me demandais? Parfois, les maquillages me paraissaient dans leurs formes exagerees de la part de certaines femmes dans la famille, etre un masque. Au moins, de cette angle, j'etais satisfaite d'en comprendre sa raison: tandis que comme enfant curieuse, j'avais envie de me mettre le maquillage parfois, comme une sorte de celebration, d'expression de joie, de plaisir de se savoir contente, heureuse, et oui, amoureuse, mais apparemment, il y avait une autre raison, celle de dissimuler, de cacher. Et apres, j'ai compris, quand une cousine adolescente gentille me l'a expliquee, que parfois le maquillage est une facon de se rendre plus belle, plus confiante, ce qui depuis pour moi allait donner au monde du maquillage une autre dimension, plus serieuse, plus mysterieuse, et plus triste aussi, comme le maquillage et ses couleurs criardes des clowns, et des costumes et maquillages des cabarets, de la danse moderne, du theatre de l'avant - garde, ou le maquillage devient un message d'avertissement, de revolte, un code, un symbole. Dans ce sens, le maquillage etait aussi un effort, dans le cas du monde des arts dramatiques, de briser la persistance de l'illusion, de lui forcer une voix, un cri de rebellie, de presence, de desir de vouloir vivre et etre libre des convenances. Meme toutes ces annees plus tard, ecouter la chanson "Eloise", et lui revisiter sa video desarmante et meme possedant une certaine innocence, vu la brutalite du monde post - moderne, me touche le coeur, me met a nouveau dans le salon et ses muebles de lignes modernes des annees 1960 a la maison de mes parents en Flandre. J'etais assise dans le sofa de cuir blanc, que je preferais pour avoir une sensation tres suave, douce, quand on le toucheait, tandis que les autres sofas etaient de cuir noir dur, lis, attirant, mais moins confortable, et avaient des repos pour les bras en bois de teck, tandis que le sofa blanc etait tout en cuir. Assise, seule, un apres - mid apres l'ecole, invisible aux yeux de ma mere, et de mon frere et deux petites soeurs, qui etaient dans la cuisine, j'ai pu regarder et vivre la chanson et sa video, sans interruptions, sans questions. C'etait a la fois un moment de totale immersion affective envoutante, et de tristesse aussi, envers la jeune femme et son amant, m'imaginant etre elle un jour, sur cette plage, seule, rebelle, et aimer a ce beau garcon, qui criait si fort pour son Eloise. La gallerie des memoires, ou se balade insouciante, le defile de nos experiences, et qui nous visite, comme ca, capricieusement, pour nous inviter encore dans ses couloirs, ou la bataille continuera apres, dans les salles de notre present, pour la liberation et la chance de vivre sans impediments notre vie et ses detours imprevus, depourvue de la persistance tetue de l'illusion et ses compagnes: le temps et la facon qu'on decide comment le vivre, si on ne le nous pas impose de comment le survivre, le tolerer soumis a des circonstances traumatisantes. "Eloise" me rappelle de rester vigilant, de continuer de croire que chaque jour a nouveau, il y a une chance de se liberer un peu plus, de renforcer la volonte, de croire que la vie vaut l'effort d'essayer de la vivre de la facon la plus authentique et la plus libre que possible, et de ne pas trop payer attention aux detours, aux detracteurs, et aux obstacles, une lecon que ma muse kabyle, m'en partage avec elan, patience, tendresse et humour, la finesse et l'art du courage resolu.  

Trudi Ralston   



L'information sur les freres Paul et Barry Ryan, et sur leur chanson fameuse de 1968, "Eloise", ecrit par Paul Barry et chantee par Ryan Barry, courtoisie de Wikipedia. 





Saturday, April 18, 2026

Point de Repos: Respirer en Paix - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            Il y a des moments, dans la solitude du jardin, et de la maison, quand j'y suis seule pour quelques heures de reflection, que le voile de l'incertitude existentielle et ses brumes se leve pour juste assez longtemps, de me permettre voir clairement son visage, dans ce qu'elle cherche de me montrer le coeur, l'esprit, l'ame. Ces moments de clarte me sont donnees ces jours, par la presence tangible, qui efface une distance geographique considerable, de la part de ma muse, ma Kabylie, qui m'accompagne les exploits de mes poemes, de mes articles, de mes livres. Sa presence qui s'unit de facon si variee, si multi - dimensionnelle, dans l'art photographique et le lien profond qui en s'est vu naitre, avec mon collegue kabyle d'Aokas, le photographe Nacer Amari de Tassi Photographie. C'est une inspiration artistique - litteraire qui me touche sensoriellement et sur tous les niveaux intellectuels - linguistiques, qui m'inspire des poemes en francais - je suis de naissance flamande, de l'ouest de la Belgique ou j'ai grandie - en anglais, en espagnol aussi, une langue que j'ai appris au Texas pendant mes annees d'etudes universitaires, ou j'ai finie par obtenir une matrise en litterature espagnole et latine - americaine de l'Universite de Texas a  Austin, la capitale connue pour son esprit ouvert et rebelle, de l'etat dans le sud - ouest des Etats Unis. Et ce matin, voyant sur la modeste armoire a cote de la table ou je fais mes recherches et ou j'ecris, les 10 livres ecrits dans cette collaboration fructive avec mon collegue photographe d'Aokas, avec qui je travaille depuis debut 2020, le livre le plus recent etant "Les Ailes d'Aphrodite: Une Exploration de la Volonte Creative - en Hommage a Nacer Amari et l'Esprit Kabyle", du 4 avril 2026, j'ai sentie la douceur de cette paix interieure, quand on sent, avec un frisson chaud de joie, que notre vie voit les efforts et le courage se materialiser concretement, apres tants d'annees dans l'ivisibilite et la tourmente de souffrir en silence, le mepris de la part de personnes qui pensaient avoir le droit de nous controler, de nous reduire, de nous mettre a cote, de la part de personnes qui au lieu de nous proteger comme enfant, comme adolescente, ont trouvee un plaisir pervers de nous negliger, de nous abuser les reves, l'innocence, la timidite. Ces personnes ne sont plus de cette terre, cela me donne un sens de reconnaissance, envers la chance de vivre libre de ce poids, qui seulement me visite la nuit maintenant, sous forme de mauvais reves, mais ceci est chaque fois plus rare, ce qui est tres satisfaisant. Ce matin, fut un de ces moments de point de repos, de me savoir capable de respirer en paix, de me trouver contente, quoique au milieu du chemin incertain dans ce monde en chaos, de cette belle avonture creative - spirituelle que me regale le coeur kabyle, meme sans savoir si je vais recevoir la chance d'exprimer toutes les energies creatives - litteraires que ma muse kabyle m'inspire. Le plus important est que mes energies creatives se realisent leurs visions, chaque fois plus fort, plus complet, et dela m'est venu ce matin ici, cette sensation douce de sentir, que tout est bien, que deja, cette avonture litteraire - affective est unique, est incomparable dans l'histoire de ma vie. Cette douceur me fait sourire avec beaucoup de joie et humilite, car ce voeu de pouvoir m'exprimer mes sensibilites litteraires et leurs desirs de trouver ainsi la voix de mon etre, remonte a quand j'avais 16 ans. Je vis donc la realisation d'un voeu fervent fait il y a toute une vie, que la Kabylie et son coeur immense, sa sagesse, son accueil, me permet maintenant vivre. C'est un bonheur, qui malgre toutes les limitations exterieures des circonstances, ne diminue rien de l'exuberance vibrante et son energie et euphorie interieures, qui reussissent de se voir concretisees dans la publication de mes livres qu'elles engendrent, et la joie et la fierte de partager leurs visions dans des videos qui me donnent un sens de la dignite et sa confiance de me voir l'identite reclamee, celebree, et qui en meme temps celebre l'esprit inegal, de la Kabylie et de l'art de mon collegue photographe, ce chaman de qui son esprit tolerant, et ses espaces intellectuelles visuelles sont au centre de l'influence transformative qu'il exerce et me traduit les rythmes et melodies pour mes inspirations litteraires. Il est a la fois le point de repos, et l'energie de l'inspiration, comme le feu ouvert du chaman, autour duquel s'illuminent les visions clairvoyantes et leurs signes que nous traduisent ses photos et mes poemes et articles, et pres duquel les inquietudes de mon esprit vagabond depuis si long, retrouvent leur force spirituelle, et le sommeil tranquil, libre des fantomes et leurs insultes ecoeurantes. Respirer en paix, comme venu de l'incens gout de santal et ambre, au senteur de la tuberose et le musc des forets et leur calme, ce point de repos, si longuement recherchee, que me donne, dans ces moments de grace, le soleil et le ciel, ces messagers anciens qui me laissent leur echo en code morse, en hieroglyphes, me venu des rivages et leurs chants de ma Kabylie, ma mere spirituelle, qui cherche visiblement, de ne pas m'abandonner, comme si elle savait intuitivement que c'est ca la cicatrice de mon enfance et adolescence la plus penible, et celle qui me brule encore, la ou personne ne la voit, ne l'entend. Il y a une personne qui etait tres fameux pour son programme sur la chaine publique de la television ici, la PBS (Public Broadcasting System), qui fut fondee en 1969 et commencee en 1970, qui se concentre sur des programmes educatifs, quant a l'histoire, les arts du monde, du theatre, de la danse, de la musique, de l'ecologie, de toutes les sciences, et des programmes aussi specifiquement benefiques pour les enfants, comme "Mister Rogers' Neighbourhood", (1968 - 2001), donc, "Le Voisinage de Monsieur Rogers", qui a laissee une empreinte indelible pour ses efforts de la part de son createur, l'ecrivain de livres pour enfants, Fred Rogers (1928 - 2003), de naissance de l'etat de Pennsylvania dans le nord - est des Etats Unis, pour vouloir inspirer la confiance et la dignite dans tous les enfants de toutes les cultures du pays, et dans toutes les circonstances de la vie. Une phrase qu'il a dit me donne des frissons encore: "To love someone is to strive to accept that person exactly the way he or she is, right here and now": "aimer a une personne, c'est faire un effort de lui accepter exactement comme il ou elle est, en ce moment, maintenant". Je n'aurais jamais compris la verite importante de cette sagesse, sans le coeur kabyle et son accueil, sans l'experience de sa tolerance envers l'etranger, envers le vagabond qui sur sa terre trouve et retrouve son centre, comme ce fut le cas pour moi. Le lien artistique - intellectuel avec le photographe d'Aokas, Nacer Amari, confirme et sait developper, epanouir toutes les nuances litteraires - artistiques de cette verite. Je crois que l'esprit kabyle et tout ce qu'il a vecu et continue de vivre, dans l'histoire de sa culture qui remonte des milliers d'annees, lui donne cette resistance et charisme intuitifs de l'ame qui voit au - dela de l'evident, qui a une vue du monde aussi vaste que les horizons qui delignent ses montagnes, les racines de ses arbres anciens, le va et vient des vagues de sa mer et ses chants. Je dedie cet article a toi, ma Kabylie eternelle, et a toi, mon collegue artiste kabyle, pour pouvoir celebrer, la joie de cette collaboration profonde, sa grace, sa beaute, son importance, son heritage precieux. Joyeux anniversaire, le 21 avril, ce jour de ta naissance. Longue vie et sante et bonheur, prosperite, a toi et a ta famille, et longue vie a ce lien flamand - americain - algerien - kabyle, a ses fleurs, a ses racines, qui m'inspirent tant de courage, tant d'espoir, tant de vitalite et tant de dignite, de joie.  

Trudi Ralston  


L'information sur l'ecrivain americain, Fred Rogers et son lien avec l'histoire des programmes du reseau de television PBS, courtoisie de Wikipedia.