Friday, May 1, 2026

Simulacrum: Une Entente Ambigue - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            L'autre jour, un effort de donner un contexte aux cataclysmes que souffrent des millions de personnes innocentes, m'a laissee avec l'impression qu'on se trouve dans un moment de l'histoire qui cherche de re - justifier une brutalite et violence qui rappelle les anciens empires, leurs machines de destruction, de dominance, de controler et profiter sans impunite des ressources des terres, des richesses des pays qu'ils avaient envahis. On dirait que le temps aujourd'hui, recule plusieurs milliers d'annees, et on se trouve a nouveau au centre des abus de l'empire romain, ou, a la hauteur de leur pouvoir, 50% des personnes vivants dans ce vaste empire et ses provinces, etaient des esclaves. Le desastre exponentiel d'une terre de qui son ecologie se voit detruite chaque jour plus, ou les pauvres se voient victimes de systemes qui les rendent impuissants, vulnerables, et ou, comme dans le pays ici, plus de 700,000 personnes sans abri, vivent dans les rues des grandes villes, tandis que les plus riches en meme temps deviennent encore plus riches, sans rien ajouter comme solution avec leurs immenses ressources economiques. Au contraire, ils embrassent une ideologie qui idolatre le pouvoir qui donne toutes les chances et privileges a ceux, qui activement annulent les programmes et lois qui protegent les classes et les cultures marginalisees du pays, d'abus et de negligence, de racisme, de brutalite policiere, et d'injustices judiciaires, qui ne recoivent aucune action constructive, concrete de la part des politiques qui se disent avoir une conscience morale, sociale. La realite post - moderne est telle qu'on doit faire un effort quotidien contre ses efforts d'anesthesier nos sensibilites, de nous reduire a des robots, des machines, deguisees comme etre humains. Cette reflection sobrisante, m'a fait faire une exploration du monde du simulacrum. Je trouve deja intrigant le mot meme: simulacrum. Le mot se derive du latin, et veut dire "une image ou representation de quelqu'un ou de quelque chose, une imitation", en pluriel, le mot devient simulacra, "semblances, se paraitre a autres choses." Une manifestation de simulacra se trouve dans le monde de l'Egypte ancien, ou le mot Ushabti, se refere a des figurines petites, mises dans les sarcophages de personnes importantes, pour representer les servants de la personne, quand elle etait en vie, pour assurer ainsi que la personne en route vers les monde des esprits, y auraient ses attendants qui l'accompagneaient sur terre. Ces figurines ont des traits physiques individuels visibles pour les distinguer les uns des autres, car certains tombeaux avaient des centaines de ces figurines Ushabti, delicatement sculptees et decorees avec des inscriptions du "Livre des morts des anciens egyptiens", ecrit par une grande serie de scribes religieux entre les annees 1550 et 50 B.C. concernants les rites et routes du monde des esprits, le Duat. L'idee de l'importance de sauvegarder l'integrite de la realite spirituelle et ses mysteres et exigences, remonte ainsi des milliers d'annees, et c'est fascinant de penser que le simulacrum en devint une invention croyable et faisable. La modernite n'a pas abandonnee cette fascination, et je pense specifiquement au monde de la philosophie du XIXeme et XXeme siecle, les theories controversielles du philologue classique devenu philosophe: Friedrich Nietzsche (1844 - 1900), qui reste un penseur qui stimule des discussions intellectuelles animees. En 1889, juste avant de faire une crise nerveuse totale, qui lui rendrait immobilisee intellectuellement pour le reste de sa vie, il ecrit "Crepuscule des Idoles", qui est une traitise entre autre, sur l'idee du simulacrum, qui suggere que la plupart des philosophes, pour nier la contibution des sens, et de recourir vers les constructions des langues et de la raison, arrivent a une interpretation distortionnee de la realite. Ceci a des reverberations dans tous les domaines de la vie de l'individu et de sa place dans les constructions socio - politiques de la societe et ses dirigents, y compris la liberte sexuelle et ses interdictions et permissions. Selon Nietzsche, "le bonheur et l'instinct sont un", mais la raison s'y oppose directement, ce qui fait le combat avec la conviction de Nietzsche, que "l'amour est la spiritualisation de la sensualite", une vision qui unit le monde des sens au monde de l'esprit, ce qui est une conviction a laquelle ont choisi d'adherer parmi les plus grands mystiques et poetes, comme le poete Sufi perse Rumi (1207 - 1273), et son maitre, le poete perse Saib Shabrizi (c.1592 - 1676), recu au cour du Shah Jahan de l'Inde en 1626, et que l'empereur perse Shah Abbas II, donne le titre de "Roi des Poetes", et aussi le poete autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), des poetes - philosophes qui restent pour leur franchise lyrique - affective - spirituelle, tres visibles dans le monde des arts litteraires. La controversie du simulacrum parait loin du monde des personnes qui suivent les inspirations de leur intuition, de leur passion ne pas intimidee par les restrictions sociales et leurs impositions. Dans le monde des arts, l'idee et ses expressions du simulacrum a des interpretations notables, dans le monde de la science - fiction, et son expression creativite dans le theatre, la danse, la litterature. Un des ecrivains qui a su aussi introduire ses livres au sujet dans le monde de la cinematographie, est l'ecrivain prolifique americain, auteur de 45 romans et environ 121 novelles: Philip K. Dick (1928 - 1982). Ses livres explorent une grande variete de sujets philosophiques et sociales, comme la nature de la realite, la perception, la nature humaine, et l'identite, et traite souvent de personnages qui se battent contre les illusions sociales, les realites alternatives, l'abus des drogues, l'abus des corporations monopolitiques, et l'idee de robots, ce qu'il appelle "replicants", donc "copies", ce qui addresse les contradictions et conflits qui en resultent quant a la conscience de soi. Cette idee futuriste du simulacrum qui s'incarne dans le robot, a trouvee une voix dans l'adaptation en film du livre de 1968 de Philip K.Dick, "Do Androids Dream of Electric Sheep?"("Est - ce - que les androids revent de moutons electroniques?"): "Bladerunner" de 1982, avec l'acteur americain, Harrison Ford (1942), et l'acteur des Pays - Bas, Rutger Hauer (1944 - 2019), et l'actrice americaine, Daryl Hannah (1960), ou Harrison Ford joue le role d'un chasseur - tueur de replicants, et Rutger Hauer joue le role d'un leader des replicants qui les organise une revolte, et Daryl Hannah joue le role d'une replicant amie cree pour le plaisir sexuel.  Le film du scenariste americain Ridley Scott (1937) fut un grand succes, et Rutger Hauer le voit comme son film le plus favori, pour le sujet central autour de la creation de robots, quant a la volonte que leur donne avoir un cerveau artificiel, et ci ceci constitue une conscience, et ainsi leur donne la protection de leurs droits "humains", de la part des humains qui leur ont crees, une idee que depuis la science fiction traite avec regularite insistante dans les monde du cinema du genre de la science - fiction. Dans le film "Bladerunner", les agents qui font la chasse des replicants, les tuent, a base de l'idee qu'un replicant, comme une machine, n'est utile que pour un certain temps, et qu'il ne faut pas les donner la chance de se reveiller une volonte independante, une conscience de soi, ce qui en fait, devient le cas, ce qui mene a leur revolte et resistance contre l'ordre etabli. L'acteur - chasseur que joue Harrison Ford, finit par tuer au replicant Pris, que joue l'actrice Daryl Hannah, et il voit mourir, de fatigue, le replicant Roy, que joue Rutger Hauer, qui dit a l'agent Rick Deckard ( Harrison Ford), ces mots hantants memorables, apres en fait sauver la vie a Rick, malgre que celui chercheait de lui tuer: "My memories will be lost in time, like tears in rain", ce qui veut dire "Mes memoires vont se perdre dans le temps, comme des larmes dans la pluie". Autant plus emouvant, parceque il pleut fort au moment que Rick se rend compte que le mecanisme de sa conscience de Roy, contestee et neaumoins verifiable, se termine, meurt, et qu'en etant un replicant, il avait en fait, une identite humaine, mortelle. 

        Le monde contemporain montre des signes troublants qui font une interpretation a l'envers de l'idee du simularcrum: ce n'est pas qu'on essaie de donner une expression affective - sociale plus large a l'idee de ce qui rend unique l'etre humain, sa capacite - pour la charite, la conscience sociale, si authorisee de la part de ses leaders et dirigents quant a la direction ideologique - historique de leurs sujets. On essaie, au contraire, de de - humaniser, "machiniser" pour ainsi le dire, la conscience humaine, par force, par privation, par indocrination de mensonges sinistres, par negligence. Beaucoup de jeunes intelligents, se demandent de comment se defendre contre l'absurdite de la realite contemporaine, l'intensite de la violence, l'horreur apocalyptique de ses guerres, l'indifference deroutante des dirigents, l'impuissance de ses victimes? Ils s'identifient avec les robots, les simulacra des machines du pouvoir, et ses fabricants de la destruction ecologique - economique de la terre et ses peuples qui se trouvent ainsi sous la menace de l'annihilation systematique. La seule defense est de faire ce qu'on peut, sur place, et en exploration que permettent le voyage, et d'essayer de faire une difference, un jour a la fois, pour les personnes et l'environnement ou on vit, et qu'on decouvre, et apres qu'on connait, qu'on peut toucher positivement. Je pense aux mots de l'ecrivaine noire americaine, professeur en litterature, Dr. Toni Morrison (1931 - 2019) la premiere ecrivaine afro - americaine des Etats Unis de recevoir le Prix Nobel pour la Litterature en 1993, qui addresse dans ses livres les effets desastreux continus de l'histoire de l'esclavage et ses ravages pour la population noire des Etats Unis, et du racisme cruel des annees apres la Guerre Civile Americaine de 1861 - 1865, qui avait aboli l'esclavage, mais ne pas les lynchings ou l'institution d'une egalite de terreur totale envers la population noire sur tous les niveaux socio - politiques avec les lois diaboliques de l'ere de Jim Crowe, qui ne seraient annules qu'avec les sacrifices du mouvement pour les droits civils des annees 1950 - 1960, et son leader, Dr. Martin Luther King, Jr., mort par l'assassinat en 1968, a l'age de 39 ans. Je pense a ces mots de 2001, de Toni Morrison, qui a vecue jusqu'a l'age de 88 ans, de qui j'ai lu tous ses livres comme une revelation intellectuelle et artistique - culturelle - linguistique, et qui avait connue comme enfant et adolescente les horreurs du racisme: "Parfois, tu ne survis pas intacte, tu survis juste en pieces, en morceaux. Mais la grandeur de la vie existe dans l'effort. Il ne s'agit pas de la solution. Il s'agit d'etre aussi intrepide que possible, dans des circonstances completement impossibles." Ses mots de cette femme hyper - intelligente, avec le lyrisme franc et complexe du style innovatif de ses livres, sa figure phsysique imposante, et sa voix douce, gentille, me donnent du courage, quand le fantasme de simulacra humains, videe et empoisonnee en ame, l'esprit et le coeur comme sous l'immobilite de la paralysie, paraissent ecraser la chance pour un meillieur futur pour la terre et l'humanite. Notre entente ambigue avec le mecanisme du simulacrum, qui peut dans certains contextes se reveler comme une expression culturelle - mythologique sincere et respectueuse, comme fut le cas pour les Ushabti du monde ancien egyptien, merite une re - evaluation urgente dans notre monde chaotique eponentielle du XXIeme siecle, ou la machine industrielle et post - industrielle et ses seductions parait supplanter la conscience humaine, dans tous les domaines, du loisir et le monde lucratif des divertissments numeriques, jusqu'au commerces honteux et macabres du traffique d'armes, et d'hommes, femmes et enfants, pour le travail force et l'esclavage sexuel. Dans le monde des simulacra, il y a l'idee aussi du village Potemkin, qui se refere a une facade construite pour tromper la personne qui la voit, de penser que ce qu'elle voit est reel, ne pas une imitation. Ce fut une idee souvent utilisee dans le monde post - sovietique apres 1987, et cette interpretation du village Potemkin est une illustration du simulacrum qui revele la distance qui existe entre une apparence exterieure et sa realite cachee, ne pas visible. Le monde en ce moment vit des avantages techniques impressionnantes, grace au genie numerique et ses evolutions spectaculaires, qui permettent leurs incorporations et influences positives dans le monde des sciences de la medicine, de l'agriculture, de la communication qui facilite la connaissance et introduction aux personnes d'autres cultures et experiences, des arts, des recherches dans les domaines de l'ecologie, de l'anthropologie, de l'archeologie, de la metereologie quant a predictions de tremblements de terre, d'inondantions, de tempetes dangereuses. On recoit la chance d'apprecier ces avancees, ses progres technologiques pour le bien, de nous approcher l'un a l'autre avec interet profond dans ce qui nous unit, ce qui nous rend unique, comme cultures, comme peuples de cette terre et son histoire complexe, turbulente. En conclusion, je me rappelle ses mots du poete Rainer - Maria Rilke, qui sont un avertissement, un appel a la conscience, qui invitent le courage, de vivre a 100%, sans ceder a l'indifference, a la routine, qui tue toute initiative, toute chance pour une vie qui a des racines profondes dans la vie et tout ce qu'elle peut offrir si on la vit les yeux et le coeur ouverts, prets, pour donner l'energie enthousiaste de nos talents, de notre passion, de les partager avec generosite, avec sincerite. Les mots de Rilke datent de 1904, d'une de ses "Lettres a Un Jeune Poete", publiee apres sa mort, en 1929: "Mais la peur de l'inexplicable non seulement apprauvit la realite de la personne individuelle; cette peur retrecit aussi le lien entre les etres humains, comme si ce lien fut soulevee du lit de sa riviere de possibilites infinies pour le mettre dans un endroit en friche et le poser sur une berge. Car ce n'est pas juste l'indolence qui cause la repetition dans les liens de cas en cas avec telle indicible monotonie et ennui, c'est la timidite envers toute nouvelle inconcevable experience, delaquelle on croit ne pas etre capable de la tolerer. Mais seulement une personne qui n'exclude meme pas le plus incomprehensible, vivra un lien avec une autre personne comme une chose vivante, qui pourra lui aussi sonder ainsi la profondeur de son propre etre." La seule facon de surmonter avec confiance les ombres moins agradables des simulacra, de sa menace reelle qui peut nous mettre au risque de perdre notre ame, coeur, et meme corps aux illusions decevantes du simulacrum et ses insinuations, qui circulent dans le va et vient du immense commerce qu'est devenu le monde, est de pratiquer cette vigilance chaque jour a nouveau, pour ne pas perdre de vue, cette entente ambigue que l'etre humain ne peut pas eviter, ne pas resister, ni dans le monde des arts, ni dans le monde de l'histoire et ses drames, ni dans les liens individuels: cette idee ensorcelante de pouvoir et vouloir, capter et representer des objets et des personnes d'une autre facon de que ce qu'elles en realite sont. 

Trudi Ralston      


La recherche sur le phenomene culturel du simulacrum, son histoire, son contexte dans la philosophie de Friedrich Nietzsche et ses influences contemporaines, comme dans le monde de la litterature et de la cinematographie dans le genre de la science - fiction, courtoisie de Wikipedia. La traduction en francais, des mots du poete et ecrivain autrichien Rainer - Maria Rilke, de l'anglais d'une lettre de 1904, de la publication du livre de 1929, "Lettres a Un Jeune Poete", est la mienne, ainsi que les mots de Dr. Toni Morrison, de 2001, aussi traduit de l'anglais en francais, pour le but de cet article.  

Monday, April 27, 2026

Traverser les Terres Desolees: Le Delire du Poete - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           Il y a un film americain de 1996, du realisateur americain Gregory Hoblit (1944), au titre qui indique la gravitas de son sujet: "Primal Fear", donc "Terreur Extreme". Le film est une adaptation d'un scenario au meme titre, de Steve Shagand et Ann Biderman, a base du livre de l'auteur et photojournaliste americain, William Diehl (1924 - 2006). Le film fut un success international, grace aux deux acteurs principaux americains: Richard Gere (1949) et Edward Norton (1969), qui lui a recu une serie d'hommages pour son role comme le jeune homme pauvre que la police accuse d'avoir ete responsable pour la mort violente de l'archeveque catholique de Chicago. Le film traite du sujet troublant de l'abus d'enfants aux mains de pretres catholiques dans les ecoles et orphelinats, et l'effort considerable de la part de ces institutions et leurs responsables, de nier ou minimaliser ces abus mondial horrifiants qui ont commencee a etre revelee en masse vers la fin du XXeme siecle. Ce fut et reste surtout les enfants les plus vulnerables qui etaient et restent les victimes: des orhpelins, et des enfants pauvres, marginalises, sans abri, souvent deja victimes d'abus physique et sexuel aux mains de membres de leur famille, qui au lieu de trouver du soutien et protection de la realite cruelle de leur vie, se trouvent victimes sans defense, sans voix, une seconde fois dans le systeme catholique. Le film est bien fait, et le revisiter m'a fait decouvrir un element artistique present dans le film, que je n'avais pas notee avant: une chanson en portugues, qui a une melodie qui m'a impressionnee beaucoup, et qui a su me causer une intense reaction affective. Je ne connaissais pas la chanteuse, que j'ai appris est connue dans le monde de la musique pour son expertise du chant fado portugais, et cette chanson jouee, comme theme musical qui introduit le film, etait "Cancao do Mar", qui veut dire "Chanson de la Mer", une chanson d'amour aux rythmes intenses qui soulignent la passion et le manque de la personne aimee. La chanteuse est Dulce Jose Silva Pontes (1969), consideree l'heritiere de la tradition folk fado, a laquelle avait inspiree une renaissance mondiale la chanteuse portugaise Amalia Rodrigues (1920 - 1999), qui avait debutee la chanson "Cancao do Mar", ecrit pour elle en 1954 par Fredrico de Brito, avec une musique de Ferrer Trinidade. Leur chanson fait partie maintenant de la Liste de l'Heritage Inalienable Culturel de l'UNESCO. Amalia Rodrigues etait tres populaire, et donnait des concerts a Paris, ou elle vivait, et au Japon, le Bresil, l'Allemagne, le Mexique, l'Italie, la Belgique, les Pays - Bas, l'Argentine, et l'Israel et les Etats Unis. Le chansonnier francais - armenien Charles Aznavour ( 1924 - 2018) ecrit une chanson fado specifiquement pour elle, "Aie Mourir pour Toi." L'interpretation de "Cancao do Mar" faite par Dulce Pontes est tres estimee, et apparait dans son album de 1993, "Lagrimas" ("Larmes"). Dulce Pontes, qui est aussi pianiste et actrice, donne des concerts mondialement, de Londres a New York, et sa musique est unique pour unir des elements a la musique fado qui sont arabe, bresilien, et africains quant a tradition musicale. Le refrain de la chanson "Cancao do Mar" a touchee une douleur longuement reprimee dans mon coeur, et ce fut difficil de degager de la force de la voix de la chanteuse energique: "Vem saber se o mar tera razao/ Vem ca ver bailar meu coracao", ce qui se traduit, "Viens savoir si la mer aura raison/ Viens ici pour voir danser mon coeur", et la chanson conclut avec le voeu, "Enem lhe digo aonde eu fui cantar/ Sorrir, bailar, viver, sonhar contigo": "Ne lui dis pas ( a la mer) ou je suis allee chanter. Sourire, danser, vivre, rever avec toi. " La chanson apparait dans le film comme une douceur de frisson affectif touchant, qui accompagne un des personnages qui termine mort, suite de l'intrigue politique qui domine l'investigation dans le meurtre de l'archeveque, quand ce personnage donne une cassette avec la chanson a l'avocat qui cherche a resoudre le mystere du meurtre. Un detail interessant, que ce personnage trouve la mort dans la mer, et la chanson est une plainte d'amour de la part d'un marin. Ce qui m'a touchee si profondement fut ma reaction profonde envers la passion vibrante dans la voix de la chanteuse. D'un moment a l'autre, je n'etais plus dans le monde du crime de l'abus que condamne avec force le film. Je me trouvais dans les terres desolees, sa solitude impitoyable, de ce delire que le poete et l'artiste connaissent trop bien, quand ils trebuchent sur son terrain inegal, plein de pieges, pour le coeur qui reve d'un monde ou le mal n'a pas le dernier mot, ou les innocents ne sont pas trahis, ou les visions des poemes, des arts, ne sont pas enfermees dans les mensonges de l'hypocrisie, ou l'amour et l'innocence ne sont pas soumis aux obsessions du pouvoir et ses metamorphes. Le monde des arts, permet des moments de sublime clarte et joie, quand le courage se voit liberee des obstacles de la mediocrite, de l'avarice, du mepris, de l'ombre asphixiante de l'exile, de la solitude. Pour moi, la chanson "Cancao do Mar" me rappelle le long chemin que j'ai du traverser, avant de trouver un accueil intellectuel et affectif guerisant et transformatif, dans le coeur et esprit kabyle. Me savoir si loin d'elle, geographiquement, est dur, et c'est tout un tour de force que j'ecris mes livres pour la Kabylie a 9000km de ses rivages, quand l'energie qui m'unit a elle me fait sentir si proche la chaleur rassurante de son coeur, uni aux emotions et le battement de mon propre coeur. La peine de l'absence est tres aigue parfois, et une chanson passionnee comme "Cancao do Mar" reveille le feu et sa flamme brulante de cette douleur, qui est comme une blessure physique, chose si bizarre, qu'un chagrin psychique peut causer une douleur physique, et manifester cette peine en la presence de larmes chaudes, en cris qu'on supprime, les deux des phenomenes verfiables, tangibles, concretes. Traverser les terres desolees, du manque que cause une abondance d'amour pour un peuple, pour son coeur, pour ses personnes qui vivent sur sa terre, qui m'entendent la voix et ses joies et agonies de mon etre. Ce delire qui s'exprime dans ce chagrin que mes poemes apres communiquent, vivent, souffrent, pour trouver apres la catharsis, la guersion, de savoir que ma famille de coeur en Kabylie, me voit, m'aime, me comprend. J'ai retrouvee ma voix de poete dans la sagesse de l'amour de ma Kabylie, et sentir l'intense passion de la chanson, ses mots, ses emotions, dans "Cancao do Mar" comme l'interprete le talent de Dulce Pontes, sa voix qui crie, qui hurle ce chagrin d'aimer tant, et de se savoir loin de la personne qu'elle aime, de sa tendresse, de son esprit, de sa chaleur, me donne envie de me trouver sur le sable d'une silente plage, ou je peux crier ce chagrin, et lui demander de me sortir de ses terres desolees, de ce delire du poete, de ces moments de profonde agonie, de me sentir a nouveau bannie, a nouveau invisible, muette, le coeur et l'esprit condamnee, a une solitude encore que j'ai du avaler deja si longtemps. Le mystere des defis qu'on doit vaincre dans la vie, ont une aura de mystere, et aussi de grace, quand la charite, la tendresse et sa sagesse croisent notre chemin et ses solitudes. Ceci fut le cas pour moi, et je reve du jour quand je vais pouvoir retrouver et re - rencontrer ma famille de coeur en Kabylie, quand tout cet amour pour elle, aura la permission de s'exprimer, de se celebrer, de partager sa joie, sa fierte, sa reconnaissance, et oui, sa passion, sa flamme, ne pas en feu de la peine que cause la cruelle absence, mais en flammes chaudes du coeur, quand il se voit uni a ceux qu'il aime, et qui l'aiment a leur tour, sans limites, sans pretenses, sans peur, sans illusions ou chimeres, comme le decrit dans son poeme le celebre poete chilien, gagneur du Prix Nobel pour la Litterature en 1971, Pablo Neruda (1904 - 1973), son Soneto XVII: "Je t'aime sans savoir comment, ou quand, franchement, comme ca, parceque je ne sais le faire autrement, la, dans cette espace, qui est toi, qui est moi. Si proche que la main qui touche mon coeur, est ta main. Si proche que ce sont tes yeux la nuit, qui ferment les miens." Le mal a le dernier mot dans le film, "Terreur Extreme", mais la presence de la chanson de Dulce Pontes, "Cancao do Mar" et sa passion courageuse, intense, illumine comme une etoile brillante le ciel noir du sujet du film, pour l'avocat qui lutte, dans le role que joue l'acteur Ricard Gere, avec conviction et sincerite - un role qui se considere "etre le meillieur dans sa carriere", dans cette histoire du combat legal contre le mal et ses perversions. Le film m'a laissee avec le desir de croire, que le coeur qui se bat pour donner toutes les chances a l'amour, son courage, sa dignite, son energie transformative, son sens de justice sociale, n'abandonne jamais l'espoir, et communique l'importance de ne jamais ceder aux manoeuvres du mal, de toujours choisir le sentier qui donne la chance de mener vers la liberte, vers l'amour et sa charite, sa sagesse, vers l'inclusion de tout ce qui ajoute au bonheur, au respect pour l'identite et son expression culturelle, sociale et spirituelle - historique, pour toutes personnes, et de persister dans cet effort, meme si la victoire est elusive, ou niee par le monde, meme si reussir peut prendre ce qui parait, une eternite. Interessant de noter, que dans le cas du film, "Primal Fear" etait l'interpretation cinematographique du premier livre au meme titre de 1993, de William Diehl, car il a en fait ecrit 3 livres fameux au sujet, qui suivent le meme protagoniste et antagoniste: l'avocat et le jeune criminel victime d'abus. Peut - etre, un jour, les 2 autres livres, "Show of Evil" (Evidence Malevolente) de 1995, et "Reign in Hell" (Regne en Enfer) de 1997 vont trouver une expression en film, et reveler une conclusion satisfaisante, ou le bien gagne sur le mal, apres une longue et epuisante lutte, apres avoir traversee les terres desolees, apres avoir fait face avec courage et confiance au delire, comme le poete, comme l'amant dans la lamentation amoureuse du chant fado "Cancao do Mar."    

Trudi Ralston        


La recherche sur l'art du fado portugues dans la musique du monde, et sur les chanteuses portugaises Amalia Rodrigues et Dulce Jose Silva Pontes, courtoisie de Wikipedia, ainsi que la traduction des vers du portugues en francais de la chanson fado de 1954, "Cancao do Mar". La traduction des vers du Soneto XVII du poete Pablo Neruda en francais, d'un texte en traduction anglais du poeme ecrit originalement en espagnol, est la mienne.  

Thursday, April 23, 2026

Le Gout de l'Absence: Une Certitude Evasive - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

          Les jours de printemps, il fait encore bien frais en avril, comme aujourd'hui, 13 degres Celsius ce qui est 56 degres Fahrenheit comme on le calcule ici. Ce froid me parait bizarre, apres avoir eu plusieurs jours ou les temperatures approchaient a 20 degres Celsius, avec plein de soleil et un ciel bleu clair. On repare le macadam d'entree vers la maison cette semaine, car apres 40 ans, il etait devenu envahi par les ravages du temps et les racines elaborees des pommiers sauvages, aussi dits pommiers du Japon, connu pour leurs fleurs roses brillantes, y mis en 1984, quand la maison fut construite. Le temps et les racines des arbres avaient rendu le macadam un terrain inegal, avec des poches humides descendantes, qui etaient un risque de trebuchement, qui m'avait causee une fracture de la clavicule il y a deja 10 ans, quand une racine errante de jeune bambou avait penetree le terrain, et n'avait pas ete enlevee a temps. Il etait donc certainement temps de reparer l'entree, et le travail avec une equipe de construction locale avec beaucoup d'annees d'experience, avance tres bien. Le travail et le va et vient des machines de reparage et de construction m'animait, et le silence apres que le travail pour le jour etait fini, etait presque decevant. Je m'imagineais celebrer, apres avoir du avoir tants d'annees de patience; j'avais envie de mettre des petites lumieres dans les buissons devant les fenetres, et faire un peu la fete. Mon mari et mon fils ont trouvee ca tres marrant mais ne pas immediatement faisable, et dans le silence et sa consolation d'une petite fete imaginaire, je me suis concentree sur la recherche pour cet article, qui m'a mis, par heureuse coincidence, dans le monde de la photographe americaine celebree, qui en fait a grandie a Seattle, a juste une heure d'Olympia ou je vis: Imogen Cunningham (1883 - 1976). Connue pour sa photographie botanique, ses nudes, et ses portraits et auto - portraits francs, elle travaillait pour un temps avec le fameux photographe portraitiste americain  Edward S. Curtis (1868 - 1952), connu pour son livre en 20 volumes de photos en portraits des cultures amerindiennes des Etats Unis, au titre "American Indian Tribes", publiee entre 1907 et 1930. C'est de lui que Imogen Cunningham allait apprendre la technique de l'impression au platine, un processus qui lui fascinait. Elle a une exposition de ses portraits et auto - portraits a Brooklyn et New York en 1913 et 1914, et en 1920, elle commence a enseigner la photographie a Mills College, a Oakland, en Californie. Entre 1923 - 1925, elle montre un interet dans la photographie botanique, et dans les annees 1940, elle travaille dans la photographie de la rue. Le photographe Ansel Adams (1902 - 1984), qui allait etablir une renommee internationale pour ses photos en noir et blanc des paysages de la region de l'Ouest des Etats Unis, et avait un interet avide dans l'environnement et le besoin de proteger la nature et ses ressources des abus de l'industrie et ses effets destructifs sur la faune et la flore de la terre, offre a Imogen Cunningham de devenir membre de la faculte du departement de l'art de la photographie a l'Ecole des Beaux Arts de la Californie, et parmi la faculte etait aussi la photographe americaine Dorothea Lange (1895 - 1965), qui allait documenter le sort tragique des travailleurs aux Etats Unis, victimes de la crise mondiale economique des annees 1930, la Grande Depression, de qui ses portraits hantants des familles pauvres agraires se trouvants sans abri et sans nourriture et face a un gouvernement indifferent de la souffrance abjecte de centaines de milliers de ses citoyens, allaient faire le tour du monde, et forcer le gouvernement du pays de reagir. Ces pensees autour de la photographie m'etaient inspirees par une idee pour un poeme, sur l'idee du gout de l'absence, qui m'a fait penser au parfum envoutant sensuel de la tubereuse, cette fleur originaire du Mexique, que cultivaient la culture des Azteques. Elle est une de mes fleurs et senteurs pour parfum la plus favorie, et j'ai trouvee une photo fameuse, en noir et blanc de fleurs de la tubereuse, faite par Imogen Cunningham, ce qui m'a introduite a sa photographie et sa vie, de cette femme artiste, qui choisissait de vivre sa vie a sa maniere, intrepide, independante, libre. "Le Gout de l'Absence", est ainsi concu, mon poeme, sur la tubereuse, qui me fait penser a ma muse kabyle, a cette doulour de son absence, et sa certitude evasive, douce et brulante a la fois, qui sait toujours m'assurer, comme le sait faire le gout et senteur d'un parfum qui parait savoir toucher aussi notre esprit, la peau de notre ame, avec son souffle chaud, ephemere de son euphorie, son delice:

Le Gout de l'Absence       


Elle entre sans avertissement, cette absence de la sensation chaude de ton ame et sa senteur ephemere, que tu laisses sur mon haleine, qui m'enleve le froid et le jour muet aux aveugles nuages. 

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Ce parfum au soupir et poids agreablement lourds qui me touchent, avec les lignes de l'echo de ton rire, de la lumiere de ton sourire, de l'ocean vaste et ses vagues de tes yeux quand ils vers les miens voyagent.

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Ah, cette certitude evasive, qui me poursuit les moments ou tu deviens invisible, et je te cherche la chaleur et l'etreinte dans la senteur de la tubereuse, sa caresse lente, audible. 


Trudi Ralston  


L'information sur les photographes Imogen Cunningham, Edward S. Curtis, Ansel Adams et Dorothea Lange, courtoisie de Wikipedia. 

"Permets - toi d'etre attiree silencieusement par la force etrange de ce que tu aimes sincerement. Tu ne t'egareras pas." - Rumi, poete Sufi perse (1207 - 1273).  



Tuesday, April 21, 2026

Eloise: La Persistance de l'Illusion - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           La memoire parfois me donne l'impression d'etre une gallerie d'art, ou on peut ambuler sans devoir se presser, parmi les peintures, les sculptures, qui nous rappellent des moments importants dans l'histoire de notre vie. Certaines de ses images y ainsi etalees, vont etre agreables, sentimentales, claires, et d'autres se presenteront comme des expressions ou domine une energie frustree, chaotique, ne pas bien delignee, comme une interpretation cubiste, frenetique. Il y a dans les couloirs et ses lumieres de cette gallerie, aussi des installations musicales, car une melodie, d'une chanson, de sa voix, de ses instruments, peut laisser une empreinte qui dure toute une vie. Une telle memoire musicale m'a visitee recemment, d'une chanson, au titre "Eloise". Ecrit en 1968 par les freres anglais jumeaux Paul Ryan (1948 - 1992) et Barry Ryan (1948 - 2011), de Leeds, j'ai entendue et vue, cette chanson en video, sur la television dans une emission en Flandre, quand j'avais 11 ans. Les freres Ryan commencent a travailler ensemble en 1965, avec Paul la personne qui ecrit les chansons et qui chante aussi, et avec apres Barry qui apparait solo, comme le chanteur principal, une fois que Paul decide de se dedier exclusivement a ecrire les chansons.  La chanson m'avait hypnotisee pour sa force affective, et pour ce qui l'a definie comme "melodramatique et lourdement orchestree", pour l'intensite de la voix du chanteur Barry, un jeune aux cheveux longs et disposition hyper - intense. Quelque chose dans le contraste entre la passion decisive que sait communiquer la chanson, et le desespoir qu'exprime en meme temps le rythme qui altere entre vitesse et lenteur, transmet aussi la tourmente de l'amour, si les circonstances se revelent compliquees, qui me donnait a mon coeur d'enfant etre selon le chanteur charmant, etre le cas pour lui quant a l'heroine de ses affections, "Eloise", car vers la fin de la chanson, il crie son nom avec pas mal de pathos theatral. Le drame de la chanson, et de la video qui accompagne la chanson, de la jeune Eloise, qui finit par laisser seul au jeune homme, comme elle s'enfuit de lui, dans sa robe de gauze longue, avec lui en longue cape jaune doree, en cheval au galop, essayant de la retrouver, avec en arrierre plan, une mer de vagues turbulentes et le feu d'un brillant coucher du soleil. La chanson reste fameuse, et a l'epoque, a vendu 1 million de disques. A l'ecole, tout le monde en parlait, de ce chant hypnotique de Barry Ryan, sa "Eloise". Comment ne pas etre impressionnee alors avec l'intrigue de cette chose qu'appellaient les adultes l'amour? Surtout que je ne recevais jamais aucune reponse satisfaisante au sujet, j'avais decidee suite de cette chanson et sa video, que le seul remede serait de verifier sur ce phenomene complexe et mysterieux de l'amour moi - meme, et surtout, avec discretion, vu la facon contradictoire que les adultes dans mon monde en parlaient. L'impact de "Eloise" m'allait aussi reveiller un interet dans le monde complexe des illusions, car, la video et sa mise en scene, etait le produit, j'ai vite compris, d'une realite construite, autour d'une emotion, d'une idee, que le chanteur facilitait avec la passion de sa voix, de ses mots, ensemble avec les effets visuels, et l'orchestre et ses instruments qui l'accompagneait. La question qui m'est restee, et qui me hante encore aujourd'hui, apres avoir absorbee le petit theatre et son drame "Eloise" que le jeune genie des freres artistes Paul et Barry Ryan avaient su creer, est la suivante: d'ou vient cette force tetue de l'illusion? Et comment alors, la savoir briser? Dans une echange recente avec mon collegue photographe artiste kabyle d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, j'ai postulee que le monde des arts cherche a briser le monde de l'illusion, ses griffes tenances qui veulent garder soumise la volonte, celle qui reveille les visions de la liberte creative et ses energies. "Eloise" est une merveille dans ce sens, pour comprendre l'importance du decor de l'illusion, dans ce cas, une presentation theatrale, dramatique, en meme temps que la chanson et son theme de rebellie et amour irresolu, celebre la liberation des illusions et leurs pieges, et aussi, la controversie, et le prix que demande le courage de ne pas ceder au compromis, a ses raisons bien rangees, logiques. Comme enfant, je me trouvais laissee souvent seule, et j'avais un temperament qui aimait observer, ce qui m'avait faire apprecier, que le silence etait un avantage strategique, ainsi que savoir quel etait le moment de demander des questions, par exemple, quand ma Nanou ou grandmere ou mon pere, ou sa plus jeune soeur, ma tante Lieve, etaient distraits brevement, par un voisin ou voisine a la porte, ou un coup de telephone. Les adultes avaient tendance dans ces moments de vouloir partager des sagesses utiles, sur des sujets complexes, tandis que dans les moments de loisir, de detente, mes interrogations precoces sur les affaires des adultes et leur monde, etaient vu avec mefiance ou impatience, avaient l'habitude d'enerver ces personnes si bizarres que sont les adultes pour un enfant qui essaie de faire un sens du va et vient qui lui entoure. C'etait comme suivre une route inconnue sans carte routiere, ou les adultes sur cette route, etaient presque comme des pirates, qui donnaient l'impression de ne pas vouloir reveler ou etait le tresor duquel il gardaient jalousement son secret. Les adultes aimaient alors les illusions, il paraissait? J'avais souvent l'impression que pour le monde des adultes, pretendre etait une necessite, qu'ils acceptaient avec un melange d'amertume et humour, ce qui fut difficil de comprendre comme enfant. J'avais, dans toute ma fascination avec la complexite de leur monde et cette chose qu'on appelait "la vie" qu'un jour "j'allais comprendre" - selon qu'ils me rassuraient, avec pas mal d'effort, qui n'aidait pas les choses dans ma faveur quant a etre convaincue de la veracite de leurs affirmations - une attitude pratique, qui chercheait de trouver une entree dans ce monde et ses bizarres contradictions. Le monde du maquillage de ma mere, et du maquilllage et sa sophistication de ma tante Lieve, qui ne s'est jamais mariee, mais ne manqeait jamais de pretendants, et de mes cousines et leurs amies, me confondait. Car ma grandmere Celina, qui etait une femme tres sincere et sans complexes, tres franche aussi, ne portait jamais le maquillage, et me donnait l'impression que cela etait une forme de camoufflage, mais de quoi exactement, je me demandais? Parfois, les maquillages me paraissaient dans leurs formes exagerees de la part de certaines femmes dans la famille, etre un masque. Au moins, de cette angle, j'etais satisfaite d'en comprendre sa raison: tandis que comme enfant curieuse, j'avais envie de me mettre le maquillage parfois, comme une sorte de celebration, d'expression de joie, de plaisir de se savoir contente, heureuse, et oui, amoureuse, mais apparemment, il y avait une autre raison, celle de dissimuler, de cacher. Et apres, j'ai compris, quand une cousine adolescente gentille me l'a expliquee, que parfois le maquillage est une facon de se rendre plus belle, plus confiante, ce qui depuis pour moi allait donner au monde du maquillage une autre dimension, plus serieuse, plus mysterieuse, et plus triste aussi, comme le maquillage et ses couleurs criardes des clowns, et des costumes et maquillages des cabarets, de la danse moderne, du theatre de l'avant - garde, ou le maquillage devient un message d'avertissement, de revolte, un code, un symbole. Dans ce sens, le maquillage etait aussi un effort, dans le cas du monde des arts dramatiques, de briser la persistance de l'illusion, de lui forcer une voix, un cri de rebellie, de presence, de desir de vouloir vivre et etre libre des convenances. Meme toutes ces annees plus tard, ecouter la chanson "Eloise", et lui revisiter sa video desarmante et meme possedant une certaine innocence, vu la brutalite du monde post - moderne, me touche le coeur, me met a nouveau dans le salon et ses muebles de lignes modernes des annees 1960 a la maison de mes parents en Flandre. J'etais assise dans le sofa de cuir blanc, que je preferais pour avoir une sensation tres suave, douce, quand on le toucheait, tandis que les autres sofas etaient de cuir noir dur, lis, attirant, mais moins confortable, et avaient des repos pour les bras en bois de teck, tandis que le sofa blanc etait tout en cuir. Assise, seule, un apres - mid apres l'ecole, invisible aux yeux de ma mere, et de mon frere et deux petites soeurs, qui etaient dans la cuisine, j'ai pu regarder et vivre la chanson et sa video, sans interruptions, sans questions. C'etait a la fois un moment de totale immersion affective envoutante, et de tristesse aussi, envers la jeune femme et son amant, m'imaginant etre elle un jour, sur cette plage, seule, rebelle, et aimer a ce beau garcon, qui criait si fort pour son Eloise. La gallerie des memoires, ou se balade insouciante, le defile de nos experiences, et qui nous visite, comme ca, capricieusement, pour nous inviter encore dans ses couloirs, ou la bataille continuera apres, dans les salles de notre present, pour la liberation et la chance de vivre sans impediments notre vie et ses detours imprevus, depourvue de la persistance tetue de l'illusion et ses compagnes: le temps et la facon qu'on decide comment le vivre, si on ne le nous pas impose de comment le survivre, le tolerer soumis a des circonstances traumatisantes. "Eloise" me rappelle de rester vigilant, de continuer de croire que chaque jour a nouveau, il y a une chance de se liberer un peu plus, de renforcer la volonte, de croire que la vie vaut l'effort d'essayer de la vivre de la facon la plus authentique et la plus libre que possible, et de ne pas trop payer attention aux detours, aux detracteurs, et aux obstacles, une lecon que ma muse kabyle, m'en partage avec elan, patience, tendresse et humour, la finesse et l'art du courage resolu.  

Trudi Ralston   



L'information sur les freres Paul et Barry Ryan, et sur leur chanson fameuse de 1968, "Eloise", ecrit par Paul Barry et chantee par Ryan Barry, courtoisie de Wikipedia. 





Saturday, April 18, 2026

Point de Repos: Respirer en Paix - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            Il y a des moments, dans la solitude du jardin, et de la maison, quand j'y suis seule pour quelques heures de reflection, que le voile de l'incertitude existentielle et ses brumes se leve pour juste assez longtemps, de me permettre voir clairement son visage, dans ce qu'elle cherche de me montrer le coeur, l'esprit, l'ame. Ces moments de clarte me sont donnees ces jours, par la presence tangible, qui efface une distance geographique considerable, de la part de ma muse, ma Kabylie, qui m'accompagne les exploits de mes poemes, de mes articles, de mes livres. Sa presence qui s'unit de facon si variee, si multi - dimensionnelle, dans l'art photographique et le lien profond qui en s'est vu naitre, avec mon collegue kabyle d'Aokas, le photographe Nacer Amari de Tassi Photographie. C'est une inspiration artistique - litteraire qui me touche sensoriellement et sur tous les niveaux intellectuels - linguistiques, qui m'inspire des poemes en francais - je suis de naissance flamande, de l'ouest de la Belgique ou j'ai grandie - en anglais, en espagnol aussi, une langue que j'ai appris au Texas pendant mes annees d'etudes universitaires, ou j'ai finie par obtenir une matrise en litterature espagnole et latine - americaine de l'Universite de Texas a  Austin, la capitale connue pour son esprit ouvert et rebelle, de l'etat dans le sud - ouest des Etats Unis. Et ce matin, voyant sur la modeste armoire a cote de la table ou je fais mes recherches et ou j'ecris, les 10 livres ecrits dans cette collaboration fructive avec mon collegue photographe d'Aokas, avec qui je travaille depuis debut 2020, le livre le plus recent etant "Les Ailes d'Aphrodite: Une Exploration de la Volonte Creative - en Hommage a Nacer Amari et l'Esprit Kabyle", du 4 avril 2026, j'ai sentie la douceur de cette paix interieure, quand on sent, avec un frisson chaud de joie, que notre vie voit les efforts et le courage se materialiser concretement, apres tants d'annees dans l'ivisibilite et la tourmente de souffrir en silence, le mepris de la part de personnes qui pensaient avoir le droit de nous controler, de nous reduire, de nous mettre a cote, de la part de personnes qui au lieu de nous proteger comme enfant, comme adolescente, ont trouvee un plaisir pervers de nous negliger, de nous abuser les reves, l'innocence, la timidite. Ces personnes ne sont plus de cette terre, cela me donne un sens de reconnaissance, envers la chance de vivre libre de ce poids, qui seulement me visite la nuit maintenant, sous forme de mauvais reves, mais ceci est chaque fois plus rare, ce qui est tres satisfaisant. Ce matin, fut un de ces moments de point de repos, de me savoir capable de respirer en paix, de me trouver contente, quoique au milieu du chemin incertain dans ce monde en chaos, de cette belle avonture creative - spirituelle que me regale le coeur kabyle, meme sans savoir si je vais recevoir la chance d'exprimer toutes les energies creatives - litteraires que ma muse kabyle m'inspire. Le plus important est que mes energies creatives se realisent leurs visions, chaque fois plus fort, plus complet, et dela m'est venu ce matin ici, cette sensation douce de sentir, que tout est bien, que deja, cette avonture litteraire - affective est unique, est incomparable dans l'histoire de ma vie. Cette douceur me fait sourire avec beaucoup de joie et humilite, car ce voeu de pouvoir m'exprimer mes sensibilites litteraires et leurs desirs de trouver ainsi la voix de mon etre, remonte a quand j'avais 16 ans. Je vis donc la realisation d'un voeu fervent fait il y a toute une vie, que la Kabylie et son coeur immense, sa sagesse, son accueil, me permet maintenant vivre. C'est un bonheur, qui malgre toutes les limitations exterieures des circonstances, ne diminue rien de l'exuberance vibrante et son energie et euphorie interieures, qui reussissent de se voir concretisees dans la publication de mes livres qu'elles engendrent, et la joie et la fierte de partager leurs visions dans des videos qui me donnent un sens de la dignite et sa confiance de me voir l'identite reclamee, celebree, et qui en meme temps celebre l'esprit inegal, de la Kabylie et de l'art de mon collegue photographe, ce chaman de qui son esprit tolerant, et ses espaces intellectuelles visuelles sont au centre de l'influence transformative qu'il exerce et me traduit les rythmes et melodies pour mes inspirations litteraires. Il est a la fois le point de repos, et l'energie de l'inspiration, comme le feu ouvert du chaman, autour duquel s'illuminent les visions clairvoyantes et leurs signes que nous traduisent ses photos et mes poemes et articles, et pres duquel les inquietudes de mon esprit vagabond depuis si long, retrouvent leur force spirituelle, et le sommeil tranquil, libre des fantomes et leurs insultes ecoeurantes. Respirer en paix, comme venu de l'incens gout de santal et ambre, au senteur de la tuberose et le musc des forets et leur calme, ce point de repos, si longuement recherchee, que me donne, dans ces moments de grace, le soleil et le ciel, ces messagers anciens qui me laissent leur echo en code morse, en hieroglyphes, me venu des rivages et leurs chants de ma Kabylie, ma mere spirituelle, qui cherche visiblement, de ne pas m'abandonner, comme si elle savait intuitivement que c'est ca la cicatrice de mon enfance et adolescence la plus penible, et celle qui me brule encore, la ou personne ne la voit, ne l'entend. Il y a une personne qui etait tres fameux pour son programme sur la chaine publique de la television ici, la PBS (Public Broadcasting System), qui fut fondee en 1969 et commencee en 1970, qui se concentre sur des programmes educatifs, quant a l'histoire, les arts du monde, du theatre, de la danse, de la musique, de l'ecologie, de toutes les sciences, et des programmes aussi specifiquement benefiques pour les enfants, comme "Mister Rogers' Neighbourhood", (1968 - 2001), donc, "Le Voisinage de Monsieur Rogers", qui a laissee une empreinte indelible pour ses efforts de la part de son createur, l'ecrivain de livres pour enfants, Fred Rogers (1928 - 2003), de naissance de l'etat de Pennsylvania dans le nord - est des Etats Unis, pour vouloir inspirer la confiance et la dignite dans tous les enfants de toutes les cultures du pays, et dans toutes les circonstances de la vie. Une phrase qu'il a dit me donne des frissons encore: "To love someone is to strive to accept that person exactly the way he or she is, right here and now": "aimer a une personne, c'est faire un effort de lui accepter exactement comme il ou elle est, en ce moment, maintenant". Je n'aurais jamais compris la verite importante de cette sagesse, sans le coeur kabyle et son accueil, sans l'experience de sa tolerance envers l'etranger, envers le vagabond qui sur sa terre trouve et retrouve son centre, comme ce fut le cas pour moi. Le lien artistique - intellectuel avec le photographe d'Aokas, Nacer Amari, confirme et sait developper, epanouir toutes les nuances litteraires - artistiques de cette verite. Je crois que l'esprit kabyle et tout ce qu'il a vecu et continue de vivre, dans l'histoire de sa culture qui remonte des milliers d'annees, lui donne cette resistance et charisme intuitifs de l'ame qui voit au - dela de l'evident, qui a une vue du monde aussi vaste que les horizons qui delignent ses montagnes, les racines de ses arbres anciens, le va et vient des vagues de sa mer et ses chants. Je dedie cet article a toi, ma Kabylie eternelle, et a toi, mon collegue artiste kabyle, pour pouvoir celebrer, la joie de cette collaboration profonde, sa grace, sa beaute, son importance, son heritage precieux. Joyeux anniversaire, le 21 avril, ce jour de ta naissance. Longue vie et sante et bonheur, prosperite, a toi et a ta famille, et longue vie a ce lien flamand - americain - algerien - kabyle, a ses fleurs, a ses racines, qui m'inspirent tant de courage, tant d'espoir, tant de vitalite et tant de dignite, de joie.  

Trudi Ralston  


L'information sur l'ecrivain americain, Fred Rogers et son lien avec l'histoire des programmes du reseau de television PBS, courtoisie de Wikipedia. 

Thursday, April 16, 2026

La Magie du Possible: La Promesse dans "le passager" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            Un portrait en noir et blanc du 9 avril 2026, "le passager" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, est toute une symphonie de melodies visuelles autour de l'idee et ses visions et sa philosophie du voyageur errant, qui continue de fasciner l'imagination humaine pour nous introduire a l'alternative d'une vie sedentaire, reglee, nettement definie, qu'elle soit urbaine ou agraire. L'idee du poete - artiste errant, continue sa tradition depuis des siecles, et trouve une expression moderne dans les ecrivains - journalistes, comme l'explorateur intrepide anglais, Colin Thubron (1939), de qui j'ai devoree ses livres "Mirror to Damascus" (Miroir vers Damas) de 1967, et les explorations de ses livres envoutants et profonds, "The Lost Heart of Asia" (Le Coeur Perdu de l'Asie) de 1994, qui raconte la tragedie des republiques de l'Asie Centrale, donc, Ouzbekistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan et Turkmenistan, sous la brutalite du regime de Stalin, quand des millions de personnes des cultures originaires de ces pays ont peries dans des famines et les camps de concentration du systeme gulag sovietique. Son livre de 2006, "In The Shadow of the Silk Road" (Dans l'Ombre de la Route de la Soie), qui unissait sur une distance qui couvreait 6,400 km,  les caravanes de fable le long les routes de l'Asie Central, Est et Sud, et de l'Ouest, ainsi que le Sud de l'Europe et l'Afrique de l'Est, entre le second siecle B.C. et la moitie du XVeme siecle, m'a laissee son empreinte indelible pour la precision de ses recherches historiques - anthropologiques de la part de l'auteur, un livre vraiement riche en information, ecrit dans une prose exacte, libre de tout jugement ou idee presupposee ou sentimentale, autour d'un sujet qui pourrait facilement creer un style qui cherche exaggerer l'extraordinaire histoire de la Route de la Soie et ses caravanserai celebres qui accomodaient les caravanes qui traversaient les villes de Isfahan et Samarkand, les deux classees comme etre partie du patrimoine mondial par l'UNESCO. Colin Thubron, qui a 86 ans maintenant, voyageait toujours seul, avec juste un cahier de notes, sans aucun instrument technique, pour ainsi maximaliser le contact avec les personnes qu'il rencontreait sur ses routes, qu'il traversait ou a pied, ou en bus ou camion, avec des chauffeurs de la region ou il etait dans le moment. Il a ecrit aussi 8 romans, et son epouse, qui lui tolerait ses voyages qui souvent prenaient des longues mois, est une professeur americaine, specialiste dans le monde des oeuvres du dramaturge et poete anglais, William Shakespeare. Le portrait au titre "le passager", si modestement ainsi defini par le photographe kabyle Nacer Amari m'a exercee une attraction insistante, et me rappelle avec beaucoup de nostalgie au monde bohemien de mon oncle artiste peintre Emiel De cauter (1921- 1976), qui avait un restaurant, "De Klokkepot" (Le Puit  Ancien) ou se reunissaient des musiciens Roma, des peintres, des poetes, dans une ambiance amicale, chaleureuse, jusqu'a tard dans la nuit, et ou la biere et les vins et le whiskey etaient servi par mon oncle et sa femme dans le bar du restaurant, qui etait le centre des conversations et echanges animees et conviviales. Le restaurant etait toujours plein de monde, et la musique flamenco y jouee etait toujours live, par des groupes qui etaient des amis de mon oncle et son fils, qui etait membre d'un orchestre gitano qui allait devenir tres connu dans la region. Il y avait aussi pas mal de passagers, ces voyageurs itinerants, de retour de l'Inde, entre autre, qui etait une destination populaire dans les annees rebelles de 1950 - 1970, sous l'influence du mouvement du rock et son interet dans les cultures du monde et leur musique. L'impression me laissee comme enfant de 12 ans, d'etre immersee dans ce monde de musique exotique, de fumee de cigarettes Gauloises, de rires autour de vers de vin, de repas de poulet au curry, qui etait un de mes plats favoris que preparait le chef dans la cuisine du restaurant, d'ecouter et observer des discussions autour des arts de la part de mon oncle Emiel et ses compagnions, de la part de mon pere, de mon oncle Frans, d'etre entouree des hommes et femmes Roma, avec leurs cheveux longs, leurs habits de rebelles ne pas soumis aux restrictions etablies de mode ou convenances, avec leurs bagues et chapeaux aux plumes, et leurs barbes et moustaches baroques, leurs mouvements sensuels, de leurs mains, de leurs gestes de main, du regard dans leurs yeux ebenes, de la passion de leurs voix et ses chants aigus, forts, ont reveillee en moi a un jeune age, une fascination pour la joie, l'energie intoxicante de vivre selon le code qu'on a choisi soi - meme, ne pas imposee par une moralite stricte, asphixiante, tuante. De vivre comme esprit libre, de facon authentique, avec une curiosite envers toutes les possibilites qu'offre la vie, m'a aussi appris la magie du possible, comme l'offre le portrait "le passager" de Nacer Amari: la promesse qui decouvre l'experience de se trouver personne errante, passager, donc, celui ou celle qui est en route, qui decouvre l'espace entre ou elle se trouvait, ou elle est, et ou elle se trouvera ensuite. Le passager, de passage, qui apres revient avec le coeur et l'esprit pleins des explorations, des rencontres vecues, connues. L'Algerie a un poete errant fameux, dans le personnage de Si Mohand ou M'hand (1848 - 1905), de naissance fils d'une famille riche importante, ayant recu une education religieuse traditionnelle, dela son titre de "Si", donc , professeur, enseignant. Sa vie fut bouleversee de facon violente et tragique, suite de la Revolte Mokrani de 1871, contre l'oppression brutale coloniale francaise (1830 - 1962) de l'Algerie. Si Mohand y perdrait son pere, condamne a mort, de son oncle paternel, en exile vers la colonie penitentiaire infame de la Nouvelle Caledonie, et sa famille a vu toutes leurs possessions confisquees par les forces francaises. Sa mere et ses freres decident d'emigrer vers la Tunisie, mais Si Mohand choisit un autre destin: celui de rester en Algerie, et de vivre comme poete errant parmi la population expropriee, vivant comme journalier, passant le reste de sa vie voyageant de village a village, de ville a ville en Kabylie, et aussi passant du temps en Algiers. Il visite le Cheikh Mohand ou - Llocine, pour un engagement poetique historique, et fait un voyage a pied vers Tunis, pour retrouver ses freres, mais la reunion fut un echec et il retourne encore en Algerie, ou il meurt suite de la tuberculose, a Ain El Hamman, a l'age de 57 ans. Ses poemes sont unis par l'ecrivain Mouloud Feraoun (1913 - 1962) dans la collection "Les Poemes de Si Mohand", publiee a Paris, par l'Edition de Minuit, en 1960. Et en 1982, le linguiste et anthropologue algerien, Mouloud Mammeri (1917 - 1989), publie "Les Isefra de Si Mohand". Il y a aussi "Si Mohand ou Mohand. Errance et revolte", de Younes Adli, Paris Mediterranee, de 2001. Le professeur Mouloud Mammeri a une renommee mondiale pour sa publication en 1972, de la grammaire Tamazight, dans lequel il emploie un alphabet qui se base sur l'alphabet latin, et ou il define les regles orthographiques de la langue. Ces normes devinrent le standard pour l'ecriture en Tamazigh d'aujourd'hui. De 1969 - 1980, Mouloud Mammeri est directeur du Centre de Recherche Anthropologique, Prehistorique et Ethnographique (CRAPE) a Algiers. En 1982, il fond le Centre des Etudes et Recherche Amazighes, et en 1985, il recoit un doctorat d'honneur de l'Universite de la Sorbonne de Paris. A ses funerailles en 1989, suite de sa mort dans un accident de voiture, il y a en attendance 200,000 personnes. L'Universite de Tizi - Ouzou porte son nom, ainsi que la salle culturelle de Tizi - Ouzou, ou il a vu sa naissance. L'ecrivain Mouloud Feraoun (1913 - 1962), qui etablit en 1951 une correspondence avec l'auteur Albert Camus, dedie ses oeuvres a la societe kabyle et ses villages et la vie de ses agriculteurs pauvres, sur les themes de l'amour pour la terre natale, de l'emigration, et sur les consequences de la colonisation francaise. Il meurt suite de l'assasinat par la force policiere coloniale, l'OAS, le 15 mars 1962, juste 4 jours avant la fin de la Guerre de l'Independance. 

           Les mots modestes du photographe Nacer Amari sur son portrait "le passager" dementent la beaute et l'impact artistique et affectif qu'a sa vision: "C'est en fait un passager, avec son sac en cuir. Je l'ai demandee si je pouvais lui faire un portrait, et il m'a dit "Avec plaisir." Ce portrait me rappelle l'importance de vivre selon ses propres codes, et que la liberte, autant exterieure qu'interieure, demande du courage pour les realiser. Un poete errant fameux de l'Asie du Sud est Matsuo Basho (1644 - 1694), le poete errant japonais, de la periode Edo, qui allait traverser le Japon a pied, couvrant avec un de ses compagnes, Kawai Sora, 2,400 km dans 150 jours dans les regions nord - est du Japon, la region de Honshu. Matsuo Basho etait de naissance d'une famille de ninja, et le poete avait recu l'entrainage dans l'art martial de ninjutsu, ce qui lui donnait la confiance de faire un voyage a pied seul en 1684 sur les Cinq Routes d'Edo, consideree tres dangereuses pour les voyageurs sans compagnes. Matsuo Basho etait vu comme le poete le plus talentueux dans le genre du haiku, et ses poemes restent tres populaires mondialement pour la franchise desarmante des emotions et observations. Un autre poete et mystique, impressionnant, fut le poete gnostique perse, contemporain du poete Sufi perse, Jalal al - din Muhammad Rumi (1207 - 1273): Shamz Tabrizi ( 1185 - 1248), reconnu mondialement comme le poete perse le plus important. Shamz Tabrizi laisserait une impression transformative radicale sur l'art poetique de Rumi. Ils se connaissent et se trouvent epris l'un de l'autre, tellement que Rumi commence a negliger ses devoirs, et d'un jour a l'autre Shamz Tabrizi lui quitte et s'enfuit vers Damas, qui cause un chagrin profond en Rumi, qui lui dedie ses "Divans de Shamz Tabrizi", qui fut le moment decisif de sa vision spirituelle du monde, et fut le debut de sa producitivite poetique. Le poeme "Mashavi" de Shamz Tabrizi souvent est dit d'etre "Un Quran en langue perse", et se considere etre le plus grand poeme perse. Le tombeau de Shamz Tabrizi a Khoy, en Iran, est sous la classification du patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est lui qui est a l'origine des danses dervish de la tradition mystique Sufi, qui a tellement impressionnee a Rumi. Le besoin d'evader l'evident, de se mettre au rebords ou se rencontre le monde concret et le monde spirituel, de vouloir embrasser le feu de la passion intellectuelle - affective sans peur, avec le courage dont est capable l'amour et la camaraderie entre coeurs et esprits avant - gardes, rebelles, quand ceux - ci  se declarent libres, refusent de se soumettre a des notions rigides, est ce qui a inspiree le poete errant inquiet et elusif Shamz Tabrizi, et ce qui a su calmer les angoisses existentielles de Matsuo Basho, et ce est a l'origine de l'interet et influence durables dans la vie du poete errant brillant, faisant face aux defis et frustrations de l'exile dans son pays sous le systeme dehumanisant colon francais, Si Mohand. Etre passager est etre ni ici ni la - bas, c'est une condition entre deux mondes, qui peut etre exhilirante, comme elle le fut pour Matsuo Basho, et pour Colin Thubron, car ils pouvaient toujours rentrer chez eux, apres un long, beau voyage d'errances. Etre passager peut aussi etre difficil, comme ce fut pour Shamz Tabrizi, et pour Si Mohand. Le poete - artiste - voyageur errant, passager, est neaumoins toujours une personne qui recoit la chance de voir et de montrer le monde avec une vue qui sait unir le moment avec l'intemporel, pour se mettre en dehors, comme un acteur de theatre qui descend de la scene, de l'action deja en mouvement quand ils arrivent, et qui s'arrete une fois qu'ils partent, pour aller decouvrir la scene suivante, et y bouger, comme tout etranger qui offre a la fois l'inconnu, et le familier des gestes quotidiens qui s'unissent aux habitudes inconnus, exotiques. C'est ca, la force convainquante du portrait "le passager" du photographe Nacer Amari. Le regard reveur, qui a un soupcon de l'intuition du clairvoyant, de la part de son protagoniste: ce regard calme, ou brille la lumiere de rivages lointains, de cette magie du possible, qui respire avec le souffle de l'enigme irresolu a toujours: de l'horizon du present qui reve de s'unir a la promesse de l'horizon de demain, ses chants, ses rencontres.  

Trudi Ralston 


La recherche sur les poetes - ecrivains errants perse Shamz Tabrizi, japonais Matsuo Basho, algerien Si Mohand et anglais Colin Thubron, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur l'ecrivain Mouloud Feraoun et l'anthropologue et linguiste Mouloud Mammeri.  Il y a aussi une traduction en anglais du texte "Les Isefra de Si Mohand" de Mouloud Mammeri, par Mildred Martimer, de 1982, qui apparait dans: Johnson Lemuel A., "Towards defining the African aesthetic", page 31 - 38, Washington D.C., Three Continents Press.  Du 27 decembre 2023, il y l'article que j'ai trouvee bien illuminant, de Lynda Chouiten (1977), de l'Universite de Boumerdes en Algerie, qui a recu son doctorat du National University of Ireland, Galway: "To Be or Not to Be a Nomad: The Limits of Iconoclasm in Si Mohand's Poetry", published online by Cambridge University Press.

Saturday, April 11, 2026

Une Question d'Equilibre: Le Monde Reflexif du Portrait "MOKHTA, LA LEGENDE" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

         Le monde de la portraiture dans la photographie possede un element decidemment theatral, pour savoir unir l'energie dramatique des preoccupations interieures et exterieures de ses protagonistes, ce qui s'exprime dans l'esthetique unique des portraits en noir et blanc, comme dans le portrait du 5 avril 2026, "MOKHTA, LA LEGENDE" du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie. C'est un portrait ou domine une aura intensement reflexive, et qui inspire une analyse de son ambiance intime, qui fait presque disparaitre le monde exterieur. Il y a une energie hypnotique dans le regard de son protagoniste, de visions uniquement privees, libres de tout mal a l'aise, dans cette absorption de ses pensees, leurs explorations et conclusions. J'ai fort pensee aux portraits en photo en noir et blanc du poete et ecrivain canadien, troubadour des annees 1950 - 2016, Leonard Cohen ( 1934 - 2016), contemporain des troubadours rebelles americains Bob Dylan (1941) et Joan Baez (1941), eux encore actifs comme voix qui questionnent le chaos et l'injustice qui tourmente l'humanite du XXIeme siecle avec telle cruaute et violence. Les themes prevalents dans la poesie et prose de Leonard Cohen se centrent autour de la mortalite, l'isolation et la depression, la foi, la trahison et la reconciliation, les conflits sociaux et politiques, l'amour sexuel et romantique, le desir, le regret et la perte. C'est a l'age de 32 ans, qu'il decide de suivre aussi une carriere comme chanteur, ce qui deviendrait sa passion decisive. Connu pour l'esprit melancholique de ses chansons, la chanteuse americaine Jennifer Warnes (1947) lui a decrit ainsi: "Leonard accepte que l'acte complet de vivre contient des mesures immenses de chagrin et desespoir, et aussi de passion, de l'espoir, d'amour profond, d'amour eternel." A sa mort de Leonard Cohen, le journal The New York Times, a decrit le lyrisme de Cohen, dans un article du 10 et du 11 novembre 2016, "Obituary" et "Appraisal": "auteur - chanteur epique et enigmatique, monsieur Cohen ecrivait des chansons qui parlaient dans une langue minimaliste, qui pouvait etre a la fois oblique et disant, les themes de l'amour et du foi, du desespoir et de l'exaltation, de la solitude et du lien, de guerre et politique, de la justice sociale." Le regard profondement interieur, reflexif, intime du portrait "MOKHTA, LA LEGENDE" revele une attitude importante envers la vie, et ses dilemmes: on y trouve un grand sens de l'equilibre, de calme, de conviction affective - intellectuelle, qui merite en apprecier sa qualite solide, convainquante. Il y a une presence de charisme, ne pas issue d'arrogance ou un sens d'amour - propre vain, mais d'un charisme qui a une fondation concrete, realiste, pratique meme, qui sait manifester ses convictions solidement ancrees dans son esprit et ses objectifs. De nos jours, cet equilibre est rare. L'autre jour, au gym qu'on frequente ici a Olympia 3 - 4 jours la semaine mon mari et mon fils et moi, je note avec une certaine tristesse, que les gens qui y pratiquent leur passion pour le sport, se parlent rarement, evitent meme le contact d'un regard, ou d'un bonjour. Je crois que le degre de chaos et incertitude croissante dans le monde ne fait que rendre cette attitude de sensibilites de- connectees, plus aigue. Avec un certain regret, je me suis dit "Si ce beau gym avec toutes ses machines et possibilites se trouvait dans un village ou ville en Flandre, il y aurait un petit cafe aussi, avec des sandwiches et des boissons hydratantes, et des gens qui apres passeraient des moments agreables ensemble. Mais, ici, cette culture anglaise qui sont a l'origines des colons qui ont fondee la realite conroversielle de la societe americaine, on a ces jours une multitude de personnes seules, qui ont peur de se connaitre, et qui me laissent avec l'impression troublante d'etre reduites a des robots, sans ame ou esprit." Le regard interieur du protagoniste "MOKHTA", revele un monde interieur riche, complexe, qui comprend l'importance de son equilibre avec le monde exterieur. Je trouve alarmant le degre de morbide evasion de la realite contemporaine, de simplement pretendre de la part de tants de personnes, agees et jeunes, de nier de reagir, d'affronter la condition destructive du monde dans lequel on se trouve maintenant. La resistance intellectuelle est au centre de la resistance sociale qui sait surmonter les defis, chaque jour a nouveau. J'ai trouvee pendant ma recherche tres disant une peinture du grand heron bleu, de l'artiste et sculpteur aussi, et professeur americaine des arts, contemporaine, Marsha Friedman (1975), qui fait honneur a cette resistance intellectuelle, qui sait surmonter les tumultes que le monde nous cause, avec le symbolisme de sa peinture evocative de l'oiseau exotique et calme, qui symbolise la resistance, l'harmonie et la liberte, et l'equilibre sipirituel. Le charisme decisif du portrait "MOKHTA, LA LEGENDE", reside solidement dans le regard hypnotisant de son protagoniste enigmatique, que le photographe Nacer Amari a su capter avec la dexterite visuelle d'une apotheose poignante, avec le flair d'une esthetique theatrale impeccable.  

Trudi Ralston    


La recherche sur le chanteur - ecrivain canadien Leonard Cohen (1934 - 2016), courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur la peintre contemporaine de la ville americaine de Detroit, dans l'etat de Michigan, Marsha Friedman (1975), qui a fait des expositions de son art mondialement, entre autres a New York, a Paris, a Chicago, a Istanbul et a Rome.