Thursday, August 20, 2026

Faire Face: Perdre le Masque du Simulacre - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" - dediee a Nacer Amari

           L'ete ici a decidee de nous regaler avec un retour de jours chauds et pleins de soleil brillant, apres une periode de jours nouageux et un peu sombres et frais. Recemment, je revisite l'autobiographie d'un voisin troubadour duquel ses enfants etaient des amis d'enfance de mon fils Nicholas. Ce troubadour, pere de 10 enfants, et un musicien auto - didacte tres adepte sur la guitare et le piano, ecrit depuis des decennies des poemes qu'il met en chansons, tous avec des melodies crees par lui. Il a ecrit aussi, en 2019, une touchante piece de theatre - musicale, qui se dedie au sort triste et tragique des personnes sans abris d'Olympia, qui sous un reglement municipal ne sont plus permis de vivre dans les parques de la ville, ou sous les ponts, sous menace d'arrestation et perte de leurs tentes et ce que ces humbles et vulnerables logements leur donnaient, surtout dans le froid et la pluie, ou la chaleur etouffante des dernieres annees. Cela donne a penser, que les sans abris dans ce pays ici, approche maintenant deja 1 million de personnes. Il a eue une enfance dure, fuyant le spectre constant de la pauvrete et ses defis et humiliations sociales, ainsi qu'un beau pere violent, et a su transformer comme artiste, ses traumes que lui et sa mere et ses freres et soeurs ont subi, dans une energie creative infatigable, qui ne parait pas diminuer maintenant que lui et son epouse approchent la vieillesse avec leurs grande famille d'enfants et petits enfants. Son optimisme constant, malgre pas mal de defis et meme la perte d'un de ses fils quand cet enfant n'avait que 3 ans, est contagieux, et me fait apprecier tout ce que la Kabylie m'apprend et m'a appris quant a mon energie et inspiration et voix de poete - ecrivaine et artiste. Ce poeme ecrit dans un moment de forte nostalgie et son unique douleur qu'elle sait generer, et reconnaissance aussi, je le dedie a mon collegue photographe - artiste - chaman kabyle, Nacer Amari de Tassi Photographie, qui lui aussi, comme parait etre le destin des chamans, meme ceux qui fuyent l'attention publique et ses contradictions - comme tout etre humain receptif et intuitif quant a l'importance de suivre l'appel des arts, rencontre les enigmes que laisse sur sa route le destin et ses indices, ne jamais evident, ne jamais vraiement clairs, comme le savait le poete et dramaturge rebelle et avant - garde irlandais, Oscar Wilde (1854 - 1900) : "La verite est rarement pure et ne jamais simple." Voila alors, mon poeme, pour remercier mon collegue, pour la beaute et courage et liberante inspiration et joie, que son amitie me donne toutes ces annees, depuis mon introduction a son art et ses visions, en fin 2019:


Je Te Laisse le Masque


Je te laisse le masque, celui que tu as su m'enlever. Je le laisse pres de la porte derobee, pour au cas que tu vas le retrouver.

*****     **     *****

Je te laisse le masque derriere lequel tu m'as appris de savoir comment et ou regarder. Ce masque lourd, de qui son poids tu m'as convaincu me liberer. 

*****     **     *****

Maintenant, j'ai le visage nu, et le soleil et sa chaleur me brulent, mais l'astre solaire de loin chaque matin me sourit, en me rappelant les mots du poete Sufi perse, Rumi: 

*****     **     *****

"Laisse l'amour te transformer, meme son feu brulant te rendra l'ame doree."

*****     **     *****

Ta voix et son echo m'accompagnent sur ce sentier incertain ou tu a chosi me laisser. 

*****     **     *****

Je te laisse mon masque pres de ta porte derobee. Pour au cas, que le moment arrive que tu decides mettre ton masque avec le mien, a ses cotes. 


Trudi Ralston

Sunday, August 16, 2026

Une Curieuse Contrariete: Le Talon Vexant d'Achille - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

            Le monde de la mythologie du monde des anciennes civilisations continue de fasciner de nos jours. Des heros de la mythologie ancienne grecque, par exemple, comme Ulysse, ou je pense, specifiquement au guerrier legendaire des guerres de Troie: Achille. Il y a des moments dans la vie, quand on se trouve stupefait face a l'effort tenace qu'exige la traversee de ce sentier mysterieux qui s'etend devant nous, sans indices clairs: le destin. J'ai fort pensee au guerrier ancien grec Achille, du monde du poete - ecrivain Homere, auteur de "l'Iliade". Achille, selon la mythologie grecque, etait le fils d'une deesse de la mer,Thetis, une des 50 nymphes Nereides, et du roi de Phthia, Peleus, qui comme Heracle et Ulysse, etait un membre du grand groupe d'heros grecs d'avant les guerres de Troie: les Argonautes. J'ai appris recemment, que la communaute scienitifique est d'accord pour la plupart, sans pouvoir le verfier avec precision historique, que Troie etait un site geographique reelle, depuis son excavation en 1870 par l'archeologue allemand, Heinrich Schliemann (1822 - 1890), a Hisarlik, Cannakale, en ce qui est aujourd'hui la Turquie moderne. Il reste pas mal de controversie auour des circonstances exactes des guerres de Troie, mais on pense pouvoir les situer dans les 12eme et 13eme siecles B.C. Les guerres de Troie se centrent autour du personnage heroique d' Achille, qui lui a recu son education de Chiron, le centaure noble, qui figure comme Achille, avec prominence dans le monde des arts depuis l'Antiquite, et un de mes livres recents, de 2025, qui celebre l'art et son importance du photographe d'Aokas, Nacer Amari, a comme titre "LES BLESSURES DE CHIRON-  Codex Memoratus: Le Code Mnemonique dans la Vision Artistique de Nacer Amari". L'apprentissage me permis quant a ma voix poetique et artistique - litteraire que me regale le lien depuis fin 2019, avec mon collegue kabyle, me rappelle sans equivocation au noble et courageux Chiron. Interessant alors, de savoir que le guerrier grec Achille a recu ses apprentissages sur l'art du combat, et des arts aussi, du centaure Chiron. Lier Chiron et Achille dans un sens intellectuel - litteraire a mon evolution et identite et ses defis et sa liberation decisive comme poete et ecrivaine, est donc bien a propos, et ma pensee specifiquement quant a Achille recemment, est nee du fait que la vulnerablilite parait etre un fait accompli quant au destin humain. Achille avait recu l'effort qu'avait fait sa mere,Thetis en essayant de combattre pour lui la vulnerabilite physique: elle l'avait trempee dans les eaux de la riviere Styx comme bebe, pour lui rendre immortel, mais en lui tenant par le tendon du pied gauche, l'a aussi donee le point vulnerable, qui lui allait causer la mort, selon la mythologie, quand Hector de Troie, en pleine geurre, lui a percee ce tendon - qui n'avait pas recu les eaux magiques de la riviere Styx - avec une fleche. Ce conte est rendu fameux dans des peintures et des magnifiques sculptures, comme la fameuse piece en marbre, de l'artiste italien, Filippo Albacini (1777 - 1858):  "La Blessure d'Achille" de 1825, qui montre a Achille en position alongee, nu, en agonie, touchant avec sa main etendue la fleche qui lui a percee completement le tendon du pied gauche. C'est de ce mythe que vient l'expression biensur, pour indiquer un point vulnerable, de ruine aussi, d'une personne autrement costaud, autant physique qu'intellectuel. C'est dit qu'Achille, comme Chiron aussi, etait selon que lui decrit Homere, dans l'Iliade, "d'une allure frappante, musclee, avec les cheveux longs, de chevelure abondante, et des yeux de couleur d'ambre, comme d'un lion." Pour moi, Chiron, comme centaure - chaman, possede cette vulnerabilite, comme aussi son apprenti, Achille, le possedait. C'est intrigant de le penser, que ces deux guerriers formidables avaient aussi des traits qui dans le monde en dehors de leur dons de guerison, comme celui de Chiron, auquel me fait fort penser le caractere intellectuel - spirituel de mon collegue photographe, et de resistance physique, un trait que Nacer Amari aussi possede sans dispute, que ces deux heros qui gardent de nos jours leur relevance mythologique dans le monde de la literature et des arts, sont tres identifiables, exactement pour ce trait de la vulnerabilite. Cette vulnerabilite peut aussi devenir un defi considerable, que tot ou tard, on doit affronter tous: comment reconcilier cette tendance, de voir que notre courage, notre effort infatigable, d'affronter les problemes dans le monde quotidien, de ses negateurs, ses detracteurs, qui nous entourent, et me rappellent a des requins qui sentent le sang dans l'eau dans laquelle on essaie de naviguer les tempetes de la vie? C'est une curieuse contrariete, ce talon vexant d'Achille avec laquelle on est tous mis sur terre. Je prefere penser que cela permet un equilibre, une tolerance, envers les faiblesses autrui et envers nos propres ineptitudes et obstacles. Il y a une espece de requin dans l'Arctique qui a 399 ans, qui y vit alors depuis l'annee 1627! Ce requin dit le requin de Groenland, est le plus ancien vertebre sur la terre. Et bien, si comme etre humain, on recevreait la chance de vivre 399 ans ou plus, peut - etre on arriverait a resoudre ce dilemme vexant dont parlait deja Homere il y a des milliers d'annees, quant a comment reconcilier la fortitude physique avec la force mentale, et comment savoir tenir a distance ces circonstances et, ces personnes, qui, souvent avec un sourire decevant et une remarque moquante, cherchent a nous mettre la fleche dans le tendon? Qui s'amusent d'essayer de nous priver du droit au bonheur, a un destin reussi, digne, accompli. Sur les rivages de la Mediterranee, la ou reve et vit ma famille de coeur, en Algerie, resonne la flute et son echo du Chiron kabyle qui avec determination et calme me rappelle que les defis ne sont que des distractions, de chanter quand - meme, de suivre le chemin qui avance, pendant les jours paisibles, et les jours de tempetes, et de sourire, d'aimer, de partager, de chasser les fantomes du doute, du mepris, et d'invoquer l'aide des esprits puissants, eternels des Imazighen de l'Afrique du Nord, ou chantent les montagnes, les legendes de ses guerriers de hier, d'aujourd'ui et de demain, que j'entends ici dans les messages du soleil et de la lune, quand je leur cherche le regard et le sourire chaque matin, chaque nuit. Car, leur clin d'oeil de loin des esprits des ancetres de ma famille de coeur en Kabylie, de mon chaman Chiron et son merveilleux equilibre entre force et vulnerabilite, est le vent dans mes ailes, de ma personne, de mes energies et resistance de poete en exile, accueillie pres du feu ouvert de ses histoires, de ses blessures, de ses agonies survenues avec desinvolte equanimite. 

Trudi Ralston 


La recherche sur la mythologie autour des heros anciens grecs Achille et Chiron, ainsi que sur l'information sur la veracite historique de Troie, courtoisie de Wikipedia. 

Thursday, August 13, 2026

Au Sein de l'Enigme: Le Pouvoir Secret de Tomihiro Hoshino - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

             L'autre jour, en organisant les livres dans mon petit bureau ici a la maison en Olympia, j'etais tres contente de re - apprecier une collection de poemes traduit du japonais et me regalee par ma copine japonaise avec qui ma copine francaise - kabyle et moi partageaient un appartement pendant nos etudes de maitrise a l'Universite de Texas a Austin, la capitale de l'etat. Yoko me l'avait envoyee ici a Olympia, en 1989, une fois qu'elle avait demenagee apres ses etudes, a Hawaii, ou elle etait enseignante de ethnomusicologie. Le livre "Voyage du Vent" de 1988, "Journey of the Wind" dans la traduction en anglais qu'elle m'avait regalee, une traduction faite par Gavin Bantock (1939) et son epouse japonaise Kyoko Oshima (1941), inclut aussi des images de fleurs, peintes par le poete Tomihiro Hoshino (1946 - 2024). Les images de fleurs du Japon qui accompagnent les poemes sont d'une beaute delicate. Ce qui est unique de cette collection, est que le poete Tomihiro Hoshino a fait toutes ses peintures avec un pinceau dans la bouche, comme il etait quadriplegique, donc, ne pouvait pas bouger ni ses jambes ou ses bras, car il avait souffert un accident tragique pendant la demonstration d'un salto, comme il etait professeur de gymnastique a une ecole de secondaire, et cet accident allait lui laisser avec une paralyse du cou jusqu'au bas du dos. Il a failli mourir, et a subi 9 ans de convalescence a l'hopital. Cette epreuve a fini par inspirer en lui un desir de transformer cette tragedie en creativite, et pour les 50 ans suivants, il a peint ses delicates peintures de fleurs et ecrit des poemes pour les accompagner, avec l'aide de sa mere et son epouse, qui est restee a ses cotes jusqu'a a la mort du poete a l'age de 78 ans. Dans sa vie, Tomihiro Hoshino a inspiree avec son art et son courage des millions de personnes, et a fait des voyages, malgre les confins d'une chaisse roulante, dans beaucoup de pays. Il a su transformer son destin dans une chance de s'approcher au cote spirituel de la vie, de la nature, qui fut son inspiration, et en embrassant sa douleur, sa peine, au lieu de la nier, de la lui laisser detruire l'esprit et le coeur. Il etait connu comme une personne gentille, optimiste, qui inspirait, qui voyait les tresors que laisse la nature et sa sagesse pour ceux qui lui ecoutent, qui lui apprecient. Le poeme de "Voyage du Vent" qui m'a le plus emu, est de 1981, sur la page 46 du livre: "Chrysanthemes" - ("Chrysanthemums"). J'ai traduit les 3 vers de sa traduction en anglais en francais, pour le but de cet article et j'inclus les vers aussi en anglais, traduit du japonais par Gavin Bantock et Kyoko Oshima:  

"Clusters of sorrow/ I feel / are closer to real happiness / than clusters of joy. --- Crowds of weak people / are closer to truth / than crowds of strong people. --- Clusters of unhappiness / I feel / are closer to love than clusters of happiness." 

Ma traduction m'a pris un moment, surtout pour trouver un mot qui s'approche le plus que possible, linguistiquement et affectivement, au mot "clusters", deja traduit en anglais du japonais. Le mot que je trouve l'exprime le plus prochement pour mes sensibilites poetiques, est "amas", qui est un des mots possibles pour exprimer un groupement, surtout dans le sens plus complexe, comme est le cas dans ce poeme. Voila alors ma traduction faite avec tout le respect possible envers les emotions puissantes de ce poeme fort, bouleversant: 

"Des amas de chagrin / je trouve / plus proche au vrai bonheur / que des amas de joie. --- Des foules de personnes faibles / sont plus proches a la verite / que des foules de personnes fortes. --- Des amas de malheur / je trouve / sont plus proches a l'amour que des amas de bonheur." 

Ce poeme laisse une impression inattendue, ereintee, par la facon que le poete met a l'envers le but d'un destin contraire. Mais, quand on ouvre le coeur a cette approche sans censure face a sa reaction viscerale d'un chagrin immense que le poete a du surmonter, on finit par admirer son audace chamanique, son sourire d'un courage provocatif, et a la fois incroyablement humilde. Tomihiro Hoshino a souffert la destruction brutale, immediate, inavertie de perdre la capacite du mouvement libre de son corps d'un moment a l'autre, et a du tolerer les longues annees que cela lui a pris d'accepter la vie dans une chaise roulante comme un jeune homme d'une physique athletique qui vivait sa passion du sport avec elan et enthousiasme. Avec les annees, il a dit qu'il etait bien, en paix, heureux meme, car il avait recu la chance d'apprecier la nature et le spirituel de facon intense, complete, et voir un apercu d'une realite au - dela de l'evident, du concret. Pour lui, tout de valeur etait visible dans l'invisible, dans ce que le quotidien rend endormi, efface. L'idee que c'est parfois le chagrin le plus dur et survenu qui nous ouvre le coeur completement, qui nous permet de voir clair, de decouvrir que la vulnerabilite charitable finit par etre la source la plus durable du courage, et qui mene, avec un peu de grace aussi, vers le chemin ou le destin nous revele ce qu'il veut de nous. Je crois que pour moi, c'est que le chagrin et la lutte de les transformer m'a donnee: de suivre l'intuition et ses indices qui a finie par me guider vers le coeur de la Kabylie, vers les rivages de l'Afrique du Nord, qui m'a definie comme poete, comme ecrivaine, et m'a ainsi liberee des ravages de l'isolation de toute une vie, de sa solitude suffocante. La Kabylie m'a introduit a moi, et je l'aime pour cette raison comme la vie meme. Mon destin etait a l'envers de celui que le poete et artiste japonais Tomihiro Hoshino a du reconcilier: lui a su trouver le spirituel dans la perte et traume physique, tandis que pour moi la douleur etait psychique, ayant un corps et energie qui etait abondante, mais de qui mon coeur, esprit et ame m'avaient ete effacee, rendu inaudibles, invisibles, m'avait enfermee dans une isolation immense, sans fin, comme d'un desert sans horizon. L'introduction a la Kabylie en 2017, et a mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari, en fin 2019, a brisee ce sortilege, m'a liberee, reveillee toute mon energie creative, litteraire, spirituelle, et lui nourrit ses racines avec l'amour et sa sagesse que savent partager et vivre les heritiers des esprits de leurs montagnes et soleil et lune, leur terre ancestrale des Imazighen, ma famille de coeur kabyle en Algerie. Parfois, je m'imagine que la Kabylie est a juste 5 heures ou moins en voiture d'Olympia ou je vis, comme la ville de Cannon Beach dans l'etat d'Oregon, juste en dessous de l'etat de Washington State ou je vis. Cannon Beach est une ville qui aborde le Pacifique, et est connue dans le pays entier pour ses belles plages rocheuses dramatiques, et son ambiance conviviale et accueillante. Elle me rappelle a la Kabylie, et je retourne toujours a Cannon Beach en ete, ou avant l'arrivee de l'automne ici, pour sentir l'energie de ses vagues, de marcher sur son sable, et de demander a son soleil de me permettre marcher a nouveau sur terre kabyle. Je porte l'absence de ma famille de coeur comme une blessure chaude, qui me rappelle que c'est elle qui habite les espaces les plus intimes de mon ame, de mes reves, de mon energie creative et ses visions, ses joies, ses courages. Je me leve avec elle, et je m'endors dans les bras de son esprit, de qui je sens que sa lumiere eclairante m'accompagne, comme ma vision du Chiron qui m'attend, avec son arc et ses fleches, la confiance et sangfroid de son calme, avec la protection que me donne leur force, et sagesse spirituelle, qui m'eloignent toute fatigue, tout danger, toute ombre de decouragement, qui est la source de mes inspirations et leur energie, chaque jour a nouveau, la melodie et ses vers de mon ame reclamee, comme j'affirme dans les articles et poemes d'un de mes livres recents, que j'ai publiee en juillet 2024, "La Flute et l'Echo: L'Alchimie Progressive dans la Portraiture de Nacer Amari". Sa Kabylie de mon collegue photographe, de son apprentissage chamanique a su briser, malgre le defi de la distance geographique, et de toute une liste de circonstances difficiles, le sortilege obstinement ancree de toute une vie d'isolation et mepris, de solitude agonisante, pour me les remplacer avec la joie et satisfaction immense, d'avoir ete redonnee mon identite, ma fierte, ma voix fieres, libres, gueries.   

Trudi Ralston


L'information sur la vie et l'art du poete japonais, Tomihiro Hoshino (1946 - 2024), courtoisie de ma copie de son livre de 1988, "Journey of the Wind" ("Voyage du Vent"), traduit du japonais en anglais par le professeur anglais Gavin Bantock et son epouse japonaise Kyoko Oshima (1941). Gavin Bantock enseigne a l'Universite de Reitaku a Kashiwa, au Japon ou il vit et travaille depuis 1969. La traduction du poeme "Crysanthemums" ("Chrysanthemes") de l'anglais en francais pour le but de cet article, est la mienne. 

Thursday, August 6, 2026

Renvoi et Reverberation: Le Garde Involontaire - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

            Ce matin, la lumiere du ciel se battait contre la couche jaunissante de fumee qui flottait depuis plusieurs jours deja sur l'eclat du soleil et sa chaleur assoiffee par le manque de pluie cette ete. De l'autre cote des montagnes ici, a l'est de l'etat de Washington State, des immenses incendies avaient deja forcee l'evacuation de plus de 250,000 personnes. Chaque annee, les incendies dans le monde entier, deviennent plus severes, plus angoissantes, ici, ainsi qu'au Canada, en Europe, en Afrique du Nord aussi. La lumiere prend depuis plusieurs jours une couleur comme venue d'un cri outre monde, qui laisse une legere piqure aux yeux, a cause de la fumee qui traverse haut parmi les nuages, eux nerveux comme des moutons sans guidance. Les incendies et la chaleur et ses demandes cause aussi des coupures de connectivite dans plusieurs regions, et cette interruption me laisse a son tour avec une sensation d'impuissance, de me trouver au milieu d'un grand trou rond, sans fond, sans direction. J'avais l'impression imaginaire, de voir dans une sorte de peinture surrealiste, ma voix qui flottait encaissee dans une bulle transparente, fragile, ne plus capable d'emettre des sons, et qui evitait a peine de s'eclater, avant d'arriver aux rivages de l'Afrique du Nord, et se poser sur la fenetre de la maison et ses oiseaux et chants du coeur de ma Kabylie. L'ambiance atmospherique inquietante du jour me faisait faire face a ce spectre desagreable qui apparait avec son grimace ecoeurant, moquant, quand la Kabylie parait loin, son pont entre mon monde ici et son monde a elle, rendu trouble, brumeux, par la distance et les defis et incertitudes croissantes d'un monde qui a perdu le Nord et tourne en rond, sans trouver l'energie et la fortitude mentale et la generosite envers autrui pour se sortir du tourbillon du chaos, que genere l'obsession avec le pouvoir et l'argent et le mepris pour un sens de communaute et camaraderie qui inclut, qui partage les ressources de la terre de facon juste, egalitaire, comme le savent faire les cultures qui ont pu rester proches a la nature et ses sagesses. Le lien avec la Kabylie et l'art et apprentissage spirituel avec mon collegue photographe, me sait eloigner du vortex destructif des traumes des pertes et defis de ma vie. Ce vortex qui exerce un pouvoir paralysant, qui me causait des cauchemars pour beaucoup d'annees, dans mon effort de trouver un moyen de tourner la page, de comprendre, de pouvoir avancer, et etre libre de son poids distrayant. L'energie creative que me libere pour mon coeur, esprit et ame, le lien de la presence kabyle, me permet vivre dans le present, et garder en meme temps les bons souvenirs de mon enfance et adolescence, de laisser derriere moi les ombres, les blessures, les peines, de me construire un pont avec tout ce qui m'a donnee la volonte, le courage de vaincre le difficil, le genant, le tragique aussi, et comme dans une fouille archeologique, de garder le precieux, parmi les ruines, de pouvoir ainsi les apprecier a une distance et de ne plus les regarder comme une menace, un malheur. C'est un beau mystere que c'est la Kabylie et ma famille de coeur kabyle qui m'a su reveiller le desir et sa volonte pour une seconde chance, pour une facon de pouvoir connaitre le bonheur, la joie profonde d'apprendre comment m'unir a mon identite, a mes talents, a cette envie si longuement maintenue, de pouvoir sentir, vivre, comme personne qui se sent bien dans sa peau, qui se sent au centre de mon etre, qui voit clair dans mon destin, pour la premiere fois depuis que j'en avais presentie juste un soupcon de ses possibilites, ses souhaits, comme jeune adolescente de 13 - 14 ans, fascinee par le monde de l'archeologie, de la litterature, des arts et de l'histoire, que je retrouve et explore a fond depuis l'introduction a l'Algerie et le coeur kabyle. Je peux finalement ajouter ma voix, car j'en ai decouverte sa force, son courage, sa dignite et son identite, et je recois la chance de les exprimer, celebrer, grace a ma muse kabyle, qui m'a guidee vers ses rivages, vers l'Afrique du Nord, pour qui je me savais deja affligee des un jeune age, comme si dans la profondeur de mon ame, je sentais que c'etait pres de son esprit que mon coeur et ses energies creatives - litteraires allaient trouver leurs melodies, leur but, leur vie. La distance geographique et des circonstances aussi qui me separent physiquement de la Kabylie, de ma famille de coeur en Afrique du Nord, m'apprend aussi l'importance de ne pas me fixer sur ce defi, mais de le tisser dans le tissu de cette epreuve qui parfois est dure, penible, comme une blessure d'amour, de manque qui fait mal dans un sens reel, tangible. Ces jours, cette distance tetue parait me dire, d'avancer quand - meme, de deconnecter avec humilite et patience mon ego des pieges que cachent les illusions, et d'apprendre d'aimer le partage, la joie de la camaraderie sans vouloir approprier qui ou quoi que ce soit dans ce passage, ou le concret et le spirituel ont la chance de se melanger les nuances riches de leurs rencontres, et soulever les limites du temps et de l'espace. C'est ainsi que je comprends maintenant ses mots du poete et mystique perse Rumi (1207 - 1273), quand il a dit: "Quand l'ame commence a se rappeler le centre de son appartenance, le bruit du monde lentement recule." Le lien chamanique avec le coeur et esprit kabyle, tient a l'ecart le bruit discordant des tourmentes et humiliations du passe, et me revele le sentier solide de tout ce qui etait et est bien et sur dans l'histoire de ma vie, mon enfance et adolescence en Flandre, et de voir avec plus de clarte aussi le fil de ma vie d'abord dix ans au Texas et depuis a Washington State. Le defi le plus long et le plus tenace de mon exile a toujours ete et reste l'isolation et la solitude, qui s'auto - engendre avec une obsession presqu'inderacinable, presqu'indestructible, je craigneais apres tants d'annees d'essayer, avec une tenacite inalterable, d'en demolir ses murs. La seule energie, la seule presence, le seul camarade, le seul courage, la seule charite et sa tendresse, la seule sagesse et sa confiance, qui a su couler les murs derriere lesquels mon identite et sa voix, sa dignite se trouvaient enfermees, prisonniers sans voir comment se liberer, etait et reste avec passion et devotion, le coeur et esprit kabyles, qui m'a introduit a mon etre, a ma personne, m'a liberee du sortilege de l'invisibilite, de la perte de toute une vie de ma voix, de mon moi et son droit de connaitre le bonheur d'etre ma propre personne, ne plus une ombre, ne plus juste un renvoi et sa reverberation a peine audible meme dans le silence des profondeurs de mon ame, si longuement habituee a etre ignoree, niee. Le destin me suivait comme un garde involontaire, qui avait perdu la capacite pour me donner une chance, de vivre ma vie de facon libre, authentiquement, en recevant la chance de pouvoir deployer a 100% mes energies creatives, mes reves, mes talents, de connaitre la joie de la tendresse sans demandes, le partage sans pretenses, le courage de perdre de vue les limites, les doutes, les distractions du monde. Cela a pris toute une vie pour recevoir cette chance, et il y a pleine d'incertitudes quant a comment et combien, du temps qui me reste sur cette terre, ce destin me permettra d'etaler toutes les visions de mes inspirations creatives - litteraires que m'inspire le lien avec la Kabylie et mon collegue photographe et ami - chaman kabyle. Mais, comme je vis dans le maintenant, en connais sa delice, sa liberte exquise, je suis reconnaissante pour chaque moment, chaque heure, chaque jour que je peux passer dans l'aura et sa lumiere de cette chance, que j'aurais pu rater, que le destin m'aurait pu enlever, que le garde involontaire du dessein de ma vie aurait pu me voler, et qui a choisie de ceder sa place, de renoncer sa cruaute. Le long ma recherche pour cet article, j'ai decouvert l'art du peintre - poete - ecrivain - sculpteur danois, Per Kirkeby (1938 - 2018), qui a fait une serie d'installations sculpturales de murs surreels et concrets a la fois, dans leur union de rythmes et lignes a premiere impression contre - intuitif, comme ses murs de briques qui se paraissent a des couloirs. Le renvoi et sa reverberation penible, metallique des peines et defis au fil des longues annees, se remplace ces jours souvent avec les notes et leurs melodies apaisantes, guerisantes de la voix kabyle qui m'accompagne de loin, de pres, sur le chemin qui me mene avec chaque coucher du soleil, et chaque lever de la lune, vers son coeur, son amour, son sourire, son regard, et qui vit et respire, dans les vers et leurs rythmes de mes poemes, de leurs contes, de mes articles et de mes livres et leurs exploits ou je lui rencontre, et lui celebre, ou je lui attend.  

Trudi Ralston  

L'information sur les mots du poete Sufi perse, Rumi, et sur l'artiste danois, Per Kirkeby, courtoisie de Wikipedia.  



Sunday, August 2, 2026

Une Mauvaise Lune se Leve: L'Appel du Coyote - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            Elle y pendait comme le medaillon en or d'un immense collier suspendu entre les branches des sapins au fond du jardin. C'etait la pleine lune du 29 juillet, et sa lumiere signalait d'une facon un peu angoissante, les cris aigus d'un coyote dans la foret juste a l'autre cote de la cloture qui lui separait du jardin. Son cri percait le silence comme un avertissement, venu d'un autre temps, d'un autre monde, quand les tribus amerindiennes de la region vivaient libres des tourmentes et destructions leurs cultures allaient souffrir avec l'arrivee des colons anglais dans ce qui est le Pacifique Nord - ouest des Etats Unis. Je me suis retenue le souffle, comme si cela allait etouffer le son de mes pas sur la petite passerelle entre la maison et le debut des arbres de la foret qui abordent le jardin. Le lendemain, je me suis reveillee pensant au film du realisateur anglais, Ridley Scott (1937) de 2000, "Gladiator"  avec Russell Crowe, ou il joue le role de Maximus, le general devenu esclave, devenu gladiateur courageux et charismatique. Le film laisse une impression a chaque fois, je crois, pour le fait que l'intrigue est soumise au caractere solide du protagoniste Maximus et ses camarades. Chaque fois que je revisite ce film, je decouvre une autre facette de sa force qu'illustre cette histoire de courage dans la vie et dans la mort, un courage qui sait soumettre les doutes que cause l'ego, la peur, la fatique, le chagrin. A la fin, Maximus est une personne qui transforme sa tragedie personnelle de la mort horrible de sa famille aux mains d'un empereur psychopathe et paranoiaque, jouee avec conviction par l'acteur puertoricain, Joaquin Phoenix (1974) tres adepte dans ce role d'antagoniste sadique. Entouree du silence de la pleine lune de la nuit anterieure, et du ciel bleu vibrant et chaud hier apres - midi, je comprends que dans la vie, le mieux qu'on puisse faire est d'agir, et d'etre dans cette action a 100%, et d'insister de le faire fidel a notre energie et sa signature, quant aux convictions, expression de talents, de sentir et vivre la passion du coeur et ses emotions et defis, ouvert a la sensibilite spirituelle, sa chaleur, sa charite. Meme si tous les defis nous contredisent et essaient de couler nos efforts, les poursuivre quand - meme, sans peur, sans hesitation, sans desespoir est le seul garanti de vivre libre, authentiquement, en corps, coeur, esprit et ame. Ceci demande une armure interieure, une fortitude qui sait unir la resistance physique a la resistance psychique, et qui ensemble ne cedent pas, qui avancent, meme si cela veut dire d'accepter avec humilite et dignite que parfois anvancer c'est se voir devoir reculer deux pas plusieurs fois avant de pouvoir avancer finalement a nouveau, un pas a la fois, le long de beaucoup d'annees, beaucoup de detours frustants et exigeants, avec grace, patience et un sens de l'humour, meme dans les moments les plus sombres. Je me rappelle de mon enfance un cousin qui comme adolescent aimait beaucoup la musique du group rock blues des annees 1960 - 1970, Creedence Clearwater Revival, de la Californie, tres fameux pour leur style root rock, qui se concentre sur leurs origines ouvrieres du groupe, qui a des antecedents dans la musique folk americain et ses chansons qui explorent les luttes contre l'oppression et la marginalisation sociale et economique que cause l'isolation et la privation. Dans les annees 1930 et depuis, la musique du folk rock fut et reste un moyen d'inspirer la conscience civique pout combattre les injustices et les abus sociaux. Leur chanson "Bad Moon Rising" de 1969, ecrit par le leader et chanteur du group, John Fogerty (1945) aussi un multi - instrumentaliste, pour leur album "Green River" (Riviere Verte) fut un grand succes aux Etats Unis, en Angleterre, en Belgique, en France, en Australie et au Japon. Le groupe reste tres populaire de nos jours, pour la facon visionnaire que certains themes de leurs chansons, ont anticipees la problematique de l'ecologie precaire chaque fois plus de la terre et l'humanite en mauvaise pente d'un chaos ingerable sur tous les niveaux. Leur chanson "Bad Moon Rising" ( "Une Mauvaise Lune se Leve"), est captivant et surprenant, pour le contraste entre la melodie et ses rythmes optimistes, on dirait meme de fete, et les vers sombres, inquietants qui l'accompagnent, qui voient la destruction, la ruine et la mort dans un futur desastreux, apocalyptique. Ce contraste laisse une impression durable, qui tel un echo reverbere longtemps dans la memoire. Entendre l'echo de cette chanson au jardin et sa pleine lune brillante, immobilement suspendue entre les ombres des branches des sapins, etait encore plus hantant, pour le fait qu'un coyote y ajoutait son cri aigu, comme en ete il y a toujours des coyotes qui viennent visiter la foret a cote du jardin, et on entend aussi leurs bebes la nuit, qui appellent leurs parents, qui font la chasse dans l'avantage que leur donne le rideau noir nocturne pour attrapper leur proie sans etre apercu. Le cri du coyote affirme sa position dans la mythologie amerindienne, qui voit a cet animal intelligent comme ayant une personalite de tricheur, de filou adepte a la deception, et aussi possedant des dons spirituels de guerison et de creativite. Dans la culture amerindienne Maidu de la Californie, le coyote est dit d'avoir fait partie de la creation du monde avec le pouvoir magique de ses chants, et aussi d'ajouter apres une mesure de conflit et de sottises. La culture des Apache Jicarilla et Navajo du Sud - ouest des Etats Unis et du Mexique, aussi ont cette interpretation ambigue du coyote comme chaman et farceur. Les cultures amerindiennes Nez Perces, Multonomah, Yakama, Okanagan - ces 3 dernieres tribus sont originaires et continuent de vivre ici dans la region du pacifique Nord - ouest ou je vis, et sont des tribus qui vivent une renaissance de leurs traditions en ce moment - ont aussi le mythe qui attribue au coyote etre celui qui vole le feu du monde des dieux, et l'apporte vers le monde de l'homme, ce qui rappelle une similarite en mythologie avec Prometheus des traditions anciennes grecques, et Loki dans les contes scandinaves, et Anansi dans les traditions de l'Afrique de l'Ouest, tandis que dans le monde mythologique de l'Eurasie, comme au Japon et l'Europe de l'Ouest, c'est le renard et ses trucs qui remplace le coyote. 

               Cette etagere superimposee, de la lune, de la chanson de Creedence Clearwater Revival, "Bad Moon Rising" et du cri moquant, deroutant du coyote qui tous me visitaient au jardin, comme venu d'une scene de theatre hors du temps m'y laissee par le reflexe spontane d'un esprit de la foret insomniaque, m'a fait voir clair pour un moment dans la structure imposante des liens qui nous suivent le long le chemin du destin. Pour moi, le lien le plus long et le plus stable est depuis 40 ans mon mariage. Ce qui en illumine comme la lumiere a l'aube en ete, le trajet et ses defis, ses chagrins et ses victoires de ce lien solide, est l'espoir de la clarte intellectuelle - creative qu'apporte mon fils, qui lui aussi est ecrivain, et qui m'aide depuis que je me suis devouee a l'ecriture en prose et poemes 24 \7 a partir de 2012, avec 5 ans de preparatifs et cahiers de notes avant de joindre le monde numerique avec confiance, ce qui m'a permis la chance d'explorer le regal unique, immense du lien avec la Kabylie qui a vu son debut pour moi en 2017, et qui continue de fleurir de facon tres fructive et heureuse, surtout dans l'energie abondante que donne le lien depuis fin de 2019 avec l'art de sa photographie de Nacer Amari de Tassi Photographie. Les defis considerables de distance, de devoirs et responsabilites de famille et de travail, de demandes qu'imposent les restrictions de voyage et communication a cause de visas et circonstances, n'empechent pourtant pas que ce lien avec la Kabylie, est une porte ouverte vers le monde exterieur et ses sagesses des Imazighen de l'Afrique du Nord, qui me permettent voir clair dans mon monde interieur, et ses longs combats pour vaincre les impositions si lourdes, et pour si longtemps de ma vie et sa lutte constante contre la solitude et l'isolation d'un exile qui m'avait dans ses griffes impitoyablement. Parfois, cela prend une vie entiere pour recevoir la chance de voir clair dans les desseins du sentier de notre traversee dans la vie. Cette phrase breve, dite dans un film de 2000, "Gladiator" de Ridley Scott, resonne comme un mantra, une incantation, qui explique le puzzle vu comme insolvable, a jamais sans resolution, qu'etait devenue pour si longtemps ma vie, et duquel l'accueil de la Kabylie m'a laissee la clef, la fin une fois pour toute, de la tourmente, de son poids et de sa peine: "All my life, I have felt alone, except with you", qui veut dire, "Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." Ces mots dits par Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, a Maximus, le general - gladiateur, dans le film "Gladiator" de 2000, avec Russell Crowe comme Maximus et Connie Nielsen comme Lucilla, auraient pu etre juste une autre facon d'exprimer un moment de tendresse long esperee entre les deux protagonistes courageux et aussi tragiques, car ces mots indiquent certes, que ces deux personnes s'aimaient profondement, mais revelent aussi le mystere du destin qui nous unit a certaines personnes qui nous permettent ainsi de visiter cette espace spirituelle, intemporelle ou se rencontrent les ames qui se connaissent depuis la nuit des temps, et qui sont permis de voir le visage du paradis, son sourire, son bonheur, meme si c'est juste un apercu, un moment bref dans le temps libre d'illusions dans son espace sanctifiee,  meme si cela s'evapore apres dans les interminables demandes qu'exige le monde concret, quotidien, ses impositions, ses traditions, ses obsessions, ses repetitions tuantes. Le monde devient chaque jour un peu plus chaotique, dangereux, destructif, cruel, sadique et egoiste, et rien n'est sur, ni meme l'eau potable, ni la nourriture suffisante et libre de poisons, ni l'oxygene libre de fumees toxiques. La dignite sans violence, le mouvement sans peur, le partage sans privation de liberte, de communaute: ces espoirs, ces souhaits que l'espoir dessine sur les lignes de ce horizon et ses ombres noires, qui cherchent de devorer toute decence, toute chance d'une vie qui en vaut l'effort, le courage, sont visibles pour moi dans la lumiere spirituelle de sa lune Tiziri de ma Kabylie, elle, mon sourire, mon clin d'oeil qui me partage le sourire de son chaman et ses visions, ses chants, qui m'accompagnent sur cette route depuis beaucoup moins seule, moins sombre, ou il m'ecoute les poemes, les pensees que j'y laisse quand il y passe sur son chemin spirituel de ma maison vers sa maison, son champ, son clan, de qui je porte depuis un peu la marque, la senteur m'y laissee sur la brise ici, a Olympia, et que la pleine lune et le coyote m'en traduisent leur code, leur notes seduisantes, melodieuses, rassurantes. 

Trudi Ralston   


L'information sur le monde mythologique du coyote amerindien, et sur la chanson "Bad Moon Rising" de leur album "Green River"(Riviere Verte) de 1969 du groupe americain blues rock "Creedence Clearwater Revival" et sur le film de 2000, "Gladiator" du realisateur anglais Ridley Scott, courtoisie de Wikipedia. 

Wednesday, July 29, 2026

D'Ou Vient ce Courage? : Un Chant en Hommage - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

              Apprendre comment exprimer vers l'ouie exterieur de mon monde, ma voix interieure comme poete, est une exercise et un defi qui m'avait eludee avec cruelle determination pour des decennies. J'etais dans ce sens comme une figure du monde des pantomimes, qui essayait de communiquer ses pensees les plus cheres dans des gestes souvent ni meme vus ou compris par le monde qui m'entourait. La Kabylie a changee tout ca, m'a liberee de cette torture, de ses humiliations continues, qui ont presque reussie de m'effacer dans son entierete a mon ame creative, a mon coeur, a son esprit resistant, sa volonte, sa dignite. J'etais pris en otage par un silence de plomb asphixiant qui s'imposait sur tout mon etre jusqu'a invader meme mon corps, son energie, son besoin pour l'espoir, la joie, l'inclusion, l'identite quant a ma place dans le temps et ses traversees, ses espaces. Parfois, je me demande maintenant, apres avoir etre introduit a la Kabylie et son influence transformative pour mon etre creatif - litteraire, il y a 10 ans presque: comment j'ai su tenir le coup, toutes ces annees, sans perdre le courage? Ce poeme m'est venu en chant meditatif, comme une invocation et hommage. Je le dedie a ma famille de coeur: la Kabylie, et a mon collegue d'Aokas, le photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, ami et chaman - guide sur ce sentier du reveil que son art et le lien profond avec lui me donne a moi et mes poemes et livres qui depuis celebrent cette grace, et son talent, que lui et la terre kabyle, son genie et histoire uniques de son peuple chaleureux, resistant me donnent: 


D'Ou Vient ce Courage?   


D'ou vient ce courage, qui marche a mes cotes, ce matin ensoleille, saturee de senteurs sucrees que laissent les fleurs du jasmin en ete? 

***     *     ***     *     ***

D'ou vient cette energie qui me dit d'avancer, entre cri et sourire, entre extase et agonie? Quel est son secret de cet invisible chagrin, qui me comprend tout, mais ne dit rien? 

***     *     ***     *     ***

D'ou vient ce courage, sur ce chemin long, ou tu apparais telle une etoile, si loin dans les distances du firmament et ses mysterieux desseins? 

***     *     ***     *     ***

D'ou vient ce courage, qui envahit avec telle tendresse mon souffle ce matin? D'ou vient sa melodie, ce melange de gouts de miel et de ta terre, et quelques gouttes de larmes oubliees? 

***     *     ***     *     ***

Ce courage, c'est l'echo de tes mots, de ta presence de chaman patient qui de loin m'explique comment traverser le terrain glissant entre hier et demain. Comment construire ce pont solide qui sait unir les coeurs et leurs ames, qui ont abandonnees le poids de toutes illusions dans les vagues violentes du temps. 


Trudi Ralston                 


--- "Quand tu es heureux, tu cherches la personne que tu aimes, mais quand tu es triste, tu cherches la personne qui t'aime." ---    Jalal al -Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), poete et mystique Sufi perse. 



   





 


               



Monday, July 27, 2026

Le Point d'Impact: La Trajectoire Evasive de la Solitude - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

           Dans le silence du matin au jardin, tres tot, vers 5:30, entre les mouvements silents de quelques petits oiseaux timides un peu dormilons encore, j'ai entendu l'echo rassurant des melodies kabyles me partagees hier en transmission video, d'une reunion celebratoire entre amis et famille, de la part de mon collegue d'Aokas, le photographe artiste visuel, Nacer Amari de Tassi Photographie. Les cadences de guitare, d'oud, de chansons du troubadour Idir et du rebelle Matoub Lounes, faisaient leurs echos surs et decisifs dans le rythme du battement de mon coeur, qui sentait leur presence et energie, comme la brise que laissent les vagues de la senteur de la mer et ses histoires, ses voyages. Le contraste marquant entre le silence qui m'entourait maintenant comme le couloir neutre d'une grande salle vide, et la chaleur et sa flamme que m'avait laissee le partage musical et son sens de camaraderie masculine de la part de mon collegue et ses amis, la veille du mariage du frere de son epouse, a suscitee le desir de comprendre les origines de ma solitude, qui comme une ombre tenace m'avait suivie le long les longues annees de mon exile ici, commencee a l'age de 19 ans. Tracer ses origines, les comprendre, est un defi intellectuel pour lequel j'ai le courage et la voix maintenant, grace a mon lien avec la Kabylie, qui remonte deja presque 10 ans, un fait qui me donne beaucoup de fierte et joie. Mon sang se sent libre, je dirais heureux, de se savoir fraiche, reveillee, une riviere energique qui coule fiere et nourrit mon coeur, mon ame, mon esprit et ses poemes, la, au centre de mon corps, qui a connue l'emotion profonde de marcher sur terre kabyle en 2019, et qui a connue aussi la peine de devoir la quitter, une fois finie mon sejour si important pres d'elle, son soleil, sa lune, ses montagnes, ses villages, son sourire, son courage. 

         Trouver les origines d'une solitude et ses empreintes deja tangibles comme enfant, m'a fait comprendre qu'elle est liee a la sensation pendant une visite a l'apartment modeste de ma grandmere paternelle, veuve depuis l'age de 38 ans, quand son mari est mort subitement en mars 1943, d'une rupture aortique a l'age de 43 ans, en pleine Seconde Guerre Mondiale. Ma grandmere y vivait avec sa plus jeune de ses 4 enfants, ma tante Lieve, dans la ville balneaire en Flandre, Oostende, ou ma tante travaillait dans le secteur regional des services sociales, comme intermediaire entre les medecins et les patients en besoin d'assistance. A l'epoque, j'avais 8 ans, et comme enfant solitaire en temperament et curieuse dans son desir de comprendre le monde bizarre des adultes, j'ai sentie dans cet apartement la senteur de ce que c'etait une penible absence de monde, de liens qui unissaient a un clan inclusif. Je me rappelle le bruit repetitif de l'horloge sur le dressoir dans la chambre a coucher de ma grandmere, qui etait au bout d'un couloir etroit descendant, sans fenetre. Je me rappelle que ma mere "observait" les meubles tristes de l'appartement, la toute petite cuisine avec pourtant une fenetre accueillante avec une vue vers une rue d'ombres vides, avec un mepris evident, qui m'avait laissee decue en elle, et un peu effrayee de ma mere aussi, de l'expression froide sur son visage. Mon pere se voyait mal a l'aise, mais ne disait presque rien. Ma grandmere se bougeait dans cette espace timide, en silence aussi, et ma tante, optimiste et souriante, et habillee modieusement dans une robe faite par ma grandmere qui etait une couturiere accomplie, servait un cafe et un gateau de la boulangerie au coin de la rue, avec l'elegance et confiance d'une star, et faisait tout pour me mettre a l'aise, car elle et moi se sont entendues tres bien des mon enfance, et cela a continuee jusqu'a aujourd'hui, maintenant qu'elle a 86 ans, et vit dans une maison de retraite a Oostende. Plusieurs annees plus tard, en 1970, ma tante Lieve et ma grandmere Celina Dujardin, se sont demenagees vers un bel apartement en centre ville d'Oostende, et j'y ai passee une part de mes vacances d'ete, de qui me restent de belles et importantes memoires, quant a sa sagesse sur la vie que m'a dans ces moments partagee ma grandmere, qui est morte assez jeune, a juste l'age de 70 ans. Je crois que pour elle, la perte de son mari de facon si dramatique et inattendue, etait le debut d'une lutte contre l'isolation et la solitude, qui allait lui marquer le reste de sa vie, et allait presenter un defi considerable aussi pour ma tante Lieve, qui comme enfant de 4 ans, soudainement avait perdue son pere. Ma grandmere ne s'est jamais remariee, n'a jamais ni pris un pretendant apres, meme quand ses deux filles ainees Denise et Blanche et son fils, mon pere donc, se sont maries dans la decennie apres la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Ma tante Lieve, qui etait et est restee belle, a choisie, de rester celebataire, de ne pas se marier, quoiqu'elle n'a jamis manquee de pretendants qui faisaient pour la plus part d'entre eux, un effort considerable de lui convaincre de se marier avec un d'eux. Elle a toujours insistee que la vraie liberte et bonheur pour une femme moderne, est d'avoir son propre argent, sa propre maison, et de ne pas etre soumis a un mari ou des enfants. Une vue assez audacieuse pour les annees 1950 - 1960, mais qu'avec les annees de 1960 - 1970 devenaient meme un peu la mode dans les grandes villes en Belgique, en France aussi, selon que je pouvais observer comme adolescente. Ma tante Lieve me fascinait pour son intelligence, son sens de l'humour, sa gentillesse, et son sens de style aussi, qui paraissait etre une reflection de son esprit et coeur independants. Entre 2003 et la mort de mon pere suite de complications de troubles cardiaques et de demence en fevrier 2008, ma tante Lieve lui a soignee avec beaucoup de charite, la ou il vivait dans un centre de soin a Oostende, qui se specialisait dans des personnes affectees par la maladie desastreuse d'Alzheimer. Elle a soulagee beaucoup de mon chagrin au sujet, et dans ce processus, avec l'aide de longues heures de coups de telephone transatlantiques, on a etabli un lien tres resistant et durable. J'ai beaucoup appris d'elle sur l'histoire de la famille de mon pere, le lien avec laquelle ma mere nous avait toujours niee. Elle m'a appris aussi ce courage qu'elle avait de se combattre avec elan contre la solitude et ses ombres, contre l'isolation et son mepris social qu'elle avait connue deja comme enfant, suite du destin de sa mere de se trouver veuve sous stress financier d'un jour a l'autre, et de l'avoir toleree et meme survenue. Je crois que le cote resistant et courageux dans mon caractere vient de la famille de mon pere, et de sa famille de sa mere. Le cote artistique me vient du cote de ma mere maternelle, et le cote avonturier, du cote de la famille paternelle de ma mere. L'exile me destinee vers les Etats Unis a l'age de 19 ans, allait me plonger dans les tempetes de la solitude, ses moqueries, ses insultes, et me faire confronter la blessure considerable de l'isolation qu'elle laisse jusqu'aux os dans l'ame, l'esprit, le coeur, et meme le corps et ses resistances. 

          La melodie au coeur que me laisse le lien avec la Kabylie, est une source riche et fraiche, d'une cascade qui m'enveloppe avec son energie guerisante de ses eaux claires, mon esprit humain, mon ame de poete, mon coeur qui pres d'elle recoit sa chance si longuement retardee d'une voix pour mes poemes, pour la chance de voir et comprendre l'histoire de ma vie compliquee pres de l'accueil profond et chamanique de son etre spirituel, de sa sagesse et sa tolerance, sa tendresse, sa capacite pour la passion qui pardonne, qui inclut, qui embrasse et donne la force de la guerison aux blessures invisibles et ses cicatrices laissees dans les espaces les plus seules de ma vie, qui sait demolir les murs les plus impitoyables derriere lesquels je trouvais fermee a clef mon innocence, mes reves, mes talents, mes espoirs. Je crois que je respire avec des poumons kabyles, avec la force et la chaleur de son sourire, de la lumiere de ses yeux de son ciel, de ses montagnes, de ses rivages, de ses chants. Le point d'impact de la trajectoire evasive des origines de ma solitude, il se trouve dans un moment dans le temps en Flandre, et il s'etait cachee dans ma valise de l'exile, lourde et longue, et je l'ai pu arracher avec le courage me rendu visible, tangible me montree, me donnee apres, par le coeur vaste, si riche, si unique, des hommes libres de l'Afrique du Nord, et bien specifiquement, les Imazighen, qui vivent et revent et chantent et embrassent la vie dans tous ses defis et contradictions, et qui m'ont acceptee comme membre de leur grande famille: les kabyles, qui sont ma famille de coeur depuis, qui sont ma voix, mon soleil et ma lune, la flute et l'echo de mes poemes, de leurs jours et de leurs nuits. 

Trudi Ralston    


"If you want the moon, do not hide from the night. If you want a rose, do not run from the thorns. If you want love, do not hide from yourself." -  Jalal  al - Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), poete Sufi perse. 

Tuesday, July 21, 2026

I Am a Wish / Je Suis un Souhait : Un Appel - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            Ce poeme et son chant m'est venu en anglais, sous le ciel d'une lumiere bleue brillante du jour chaud ici, et son message etait insistant. Apres, je l'ai traduit en francais, pour pouvoir l'inclure dans ma serie de "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a l'apprentissage que me permet le lien avec ses sensibilites artistiques et spirituelles du photographe kabyle, Nacer Amari de Tassi Photographie. L'esprit de ce poeme et sa voix, me l'imagine etre dite en plein accueil des montagnes et leur sagesse et visions de ma Kabylie, son coeur et ame toujours a mes cotes: 


I Am a Wish 


I am a wish, I wander beyond the confines of your soul.

 I swim in the warm waters where escaped dreams roam. 

I am a wish, dancing high above the sun that floats confused in colors burning black holes in the fabric of time. 

*****       **       *****       **       *****

My silent laughter echoes beyond the crescent moon. 

I can hear its deep sigh as it struggles to break free from the porcelain sky.

I can almost touch your resolve as the earth turns upside down. 

*****       **       *****       **       *****

I can almost touch your hands as the sands of time blow their dust into our eyes. 

*****       **       *****       **       *****

Oh, I am a wish, and I think you might be too.

And what does that mean, as the oceans empty out, and the mountains flee as they are running out of breath, as are you and I? 


Je Suis un Souhait           


Je suis un souhait, je voyage au - dela des confins de ton ame. 

Je nage dans les eaux chaudes ou errent les reves echappes. 

Je suis un souhait, qui danse bien au - dessus le soleil, qui flotte confus dans des couleurs qui brulent des trous noirs dans le tissu du temps. 

*****       **       *****       **       *****

Mon rire muet fait echo au - dela du croissant de lune. 

J'entends son soupir profond dans sa lutte de se liberer du ciel de porcelaine. 

Je reussis guere de toucher ta determination pendant que la terre se met a l'envers.

*****       **       *****       **       *****

Je reussis presque atteindre tes mains dans les sables du temps qui soufflent leur poussiere aux yeux. 

*****       **       *****       **       *****

Oh, je suis un souhait, et je pense que toi aussi tu l'es. 

Et qu'est - ce que cela veut dire, quand les oceans se vident, et les montagnes prennent la fuite, comme ils se trouvent a bout de souffle, comme toi et moi? 


Trudi Ralston      


"All my life, I have felt alone, except with you.": "Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." - Lucilla to general Maximus, dans le film du scenariste anglais, Ridley Scott (1937), "Gladiator" de 2000, avec l'actrice danoise Connie Nielsen (1965) comme Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, et l'acteur de la Nouvelle Zelande, Russell Crowe (1964) comme le general Maximus. 



Saturday, July 18, 2026

Fonction et Signification: Une Mecanique Interne - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil" dediee a Nacer Amari

               Le rideau qui separe le monde exterieur du monde interieur du coeur, de l'esprit, de l'ame, parfois se voit diaphane, et parfois opaque, cela depend de notre apercu qu'influence le moment, si son instant nous permet de voir avec assez de precision l'espace dans laquelle se trouve notre perception, sa sensibilite. Le lien avec la Kabylie est pour moi depuis 2017, l'espace ample et accueillante qui me permet ouvrir le rideau qui pour toute une vie, m'avait separee des outils pour explorer, comprendre, ce qui avait rendu flou, les contours et les desseins, leurs indices et patrons, de l'histoire de ma vie, son sentier rendu complexe dans l'incertitude continue de l'exile, qui m'avait blessee et grandement fait perdre mon identite, sa visibilite et ma voix sociale - culturelle - creative et intellectuelle. C'etait la sensation penible, tetue, implacable, de me voir reduite a une ombre, comme une sorte de condamnation a perpetuite de me sentir ne plus une personne complete, mais plutot un robot, une machine qui obeissait reflexivement, qui survivait. L'introduction a la Kabylie en 2017, a sa nature magnifique, a son peuple courageux, resistant, a son histoire, son coeur, son ame, m'a donnee la grace et sa chance, de commencer de voir les traces d'un fil que l'anonymat de toute une vie avait enterree, cachee, dans les profondeurs de la terre abandonnee de mon etre, et qu'elle m'a rendue visible, tangible, et je suis ses traces, desquelles elle me revele chaque fois plus le contenu, l'histoire, comme decouvrir une grotte pleine d'evidence des presences qui racontent sur ma vie et les marques qui y avaient laissee mon passage. Vers la fin de 2019, quelques mois apres mon retour de mon sejour en Algerie, en Kabylie le mois de septembre - octobre, j'ai ete introduit a l'art visuel du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie. Cette introduction fut le debut d'un lien artistique - literaire fructif, qui a deja vu la publication de 10 livres, avec un autre, suivant livre, "Au Carrefour des Rencontres" qui sera pret pour la publication cet automne de 2026, et le travail sur le livre qui lui suivra, sur lequel je travaille en ce moment aussi, "La Maison Rouge au bout du Soleil". Le livre "Au Carrefour des Rencontres", sera une serie d'articles et poemes qui continuent d'explorer les portraits kabyles de Nacer Amari, leur impact dans le contexte de l'histoire des arts, du point de vue intellectuel - narratif et artistique, universel dans son attrait esthetique inclusif. Le livre "La Maison Rouge au bout du Soleil" va se concentrer sur l'impact considerable et mesurable qu'a ce lien du monde de la photographie de son art avec le monde de mes poemes, de mes articles, de mon art en dessin, en broderies, en portraits en encre et crayon. En fait, le desir de faire des portraits en crayon me suit depuis mon adolescence, et ce fut le reveil de mon etre creatif me donnee par l'introduction a l'art de sa portraiture de Nacer Amari, qui m'a inspiree de prendre l'initiative de faire entre 2021 et 2026, 5 portraits du photographe, qui fut une immense satisfaction creative. Je travaille en ce moment sur un portrait en crayon de mon fils, apres avoir fini recemment un portrait en crayon de son jeune fils Adam, du photographe kabyle Djamil Diboune, qui en 2017 m'a introduit a la beaute et richesse de la nature en Algerie. Dans la presence de l'art et son ame de la Kabylie, qui trouve son expression la plus transformative dans l'art de mon collegue Nacer Amari, je me trouve sous la force magique, pour ainsi le dire, d'un chaman resolu sans pretenses, qui me guide sur ce sentier de decouvertes, qui sont a la fois une celebration de l'esprit unique kabyle et de ce besoin si longuement mis a cote, de comprendre la langue devenue effacee, de ses traces, de ses mots, de ses temoignages et heritage, de l'histoire de ma vie, vecue dans cette espace entre deux mondes, ni d'ici et ne plus de Flandre, mais qui dans cette espace ample du monde de sa photographie et ses narrations, me construit un pont qui repare et unit les deux mondes dans des images precises, comprehensibles, pour la premiere fois depuis etre mise en pieces, dechirees, a l'age de 19 ans, l'age que j'avais quand je suis partie etudier au Texas, ou j'ai vecue 10 ans, avant de demenager a Washington State, a Olympia, ou je vis depuis. Le lien avec l'art et son monde de Nacer Amari, me permet comprendre que quant a fonction et signification dans cette vie terrestre, il s'agit d'une mecanique interne, au centre d'un processus qui tel les fils d'un tissu complexe revelent le dessin et ses intentions qui definent notre etre, ses talents, ses sensibilites des defis et des triomphes. 

            Quant a la mecanique intellectuelle qui rend comme le perspectif d'un appareil photo, clair, precis l'image de son protagoniste, de sa nature morte, de son paysage, de sa faune, de sa flore, le lien litteraire - affectif - culturel - artistique avec le photographe Nacer Amari, me rappelle beaucoup, dans nos conversations sur la philosophie, l'histoire, l'archeologie, l'ecologie, le mystere du destin, au temperament sur, profond de la prose de l'ecrivain et poete russe, auteur du livre "Le Docteur Zhivago" (1957), Boris Pasternak (1890 - 1960), qui a du refuser le Prix Nobel pour la Litterature lui offert en 1958, suite de complications apres le chaos et incertitude apres la mort de Stalin en 1953. Son fils de son premier mariage, Yevgeny, a ete permis d'accepter le Prix en 1989, apres la dissolution de l'Uion Sovietique, et le livre "Le Docteur Zhivago" s'instruit en Russie dans toutes les ecoles depuis 2003. Le style dans sa presence verbale, de son expression sobre, lucide, claire, du photographe d'Aokas, resonne pour moi avec l'echo de la sagesse realiste, pragmatique, et aussi profondement spirituelle, possedant aussi une nonchalanche qui aborde avec une franchise desarmante le don de voyance, qui me transporte vers le monde envoutant de l'art litteraire de Boris Pasternak, qui me rappelle ma lecture et mes emotions lisant pendant mes annees d'etudes universitaires au Texas, au livre si longuement controversiel de "Le Docteur Zhivago", fait aussi en film en 1965, par le realisateur anglais David Lean et le producteur italien, Carlo Ponti, avec l'acteur egyptien Omar Sharif (1932 - 2015) dans le role de Yuri Zhivago, et l'actrice anglaise Julie Christie (1940) dans le role de Lara, la maitresse de Yuri Zhivago, et heroine tragique qui perit dans le gulag staliniste, et Geraldine Chaplin (1944) comme Tonya Zhivago, qui joue le role de l'epouse du protagoniste. C'est sur qu'est captivant et emouvant le livre, qui se centre autour de la Revolution russe de 1917, qui est enormement plus complexe et riche comme experience que le film, qui se concentre surtout sur l'histoire d'amour tragique entre Yuri Zhivago et Lara. Le livre inclut une serie de poemes, comme les poemes pour l'heroine Lara, que Boris Pasternak a basee sur sa relation qui durerait de 1946, jusqu'a la fin de sa vie de Boris Pasternak, en 1960, avec l'ecrivaine et traductrice russe Olga Ivinskaya (1912 - 1995), qui allait passer presque 5 ans dans le systeme gulag, pour son lien avec lui. Boris Pasternak etait convaincu que le succes a la fin, la survie de son manuscrit de "Le Docteur Zhivago", se doit au courage inalterable en prison, d'Olga Ivinskaya, qui ne lui a jamais trahi ou compromis pendant les interrogations et les privations en prison, et qui a en gulag allait perdre son bebe qu'elle allait avoir avec Boris Pasternak, qui resterait cependant dans son second mariage. Une fois libre, Olga et Boris ont repris leur relation et elle a ete presente a ses funerailles et enterrement, sous surveillance officielle protestee par un public qui adorait Boris Pasternak et le courage de son entourage. L'influence guerisante de l'esprit imperturbable, calme de mon collegue photographe d'Aokas, me reste gravee sur la memoire, longuement apres nos echanges de pensees philosophes - litteraires, comme l'image d'hieroglyphes indelibles, sculptees dans la matiere durable d'or, de pierre precieuse, et je voudrais faire hommage a ce regal, et ses revelations, qui m'aident a comprendre l'heritage complexe, diverse de la Kabylie, qui m'aident a retrouver, et reconstruire les pieces du puzzle et ses indices cryptiques, du sentier de ma vie. J'ai appris aussi, que la famille de Boris Pasternak, son pere, etait ami proche du poete autrichien, Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), et que l'ecrivain russe l'admirait beaucoup sa poesie, de qui il a fait des traductions, ensemble avec Olga Ivinskaya, ainsi que des traductions de bengali du poete, romancier et dramaturge moderniste de l'Inde, Rabindranath Tagore (1861 - 1941), qui a recu le Prix Nobel pour la Litterature en 1913, pour sa collection de poemes "Gitanjali" et de qui sa collection d'aphorismes "Oiseaux Errants" m'avait laissee une impression durable a l'age de 14 ans. Rilke et Tagore restent deux de mes poetes favoris, et le lien riche et profond avec mon collegue kabyle Nacer Amari, me les rappelle souvent, car ce lien est comme une fouille archeologique unique, qui continue de reveler ses tresors qui me traduisent l'alphabet avant rendu illisible de la narration et ses evolutions et indices de mon identite creative, qui menent tous vers les rivages de l'Algerie. De sa poesie de Boris Pasternak, Olga Ivinskaya, dans ses memoires en decrit le style comme "Une poesie dans laquelle le detail realiste exerce une magie sincere, comme dans la poesie d'Alexander Pushkin (1799 -1837). Les vers vifs de Pushkin lui emouvaient. Il aimait la poesie si densement compacte, "qu'elle craque comme de la glace", ou distillee dans une solution "qui faisait germer des graines de pure prose." La voix melodieuse et aussi staccato, deliberee, de Nacer Amari, ses interpretations sur la vie et ses contradictions, ses dilemmes, "craque comme de la glace", rafraichit avec son souffle de confiance intellectuelle - spirituelle, mon ame si longuement suffoquee dans les feus et leur fumee des obligations, son invisibilite tuante pour l'ame, pour le coeur et ses visions, ses energies, ses talents. Ce qui me rappelle les mots du vers 7 du poeme "Depart" pour Lara, dans le livre "Le Docteur Zhivago": "Durant les annees de troubles, dans les eres d'une /Inimaginable existence/ Une certaine vague du destin lui avait soutenu / Et l'a serree fort contre lui." Dans ce sens, le lien spirituel avec l'art de sa portraiture et ses visions narratives kabyles, me permettent cette oasis, ce refuge et son repos, sa guerison intellectuel - affectif de qui tout mon etre avait besoin pour en soulager toute une vie de faim, de soif creatifs. Ce changement a la fois radical, et subtil, son virage dramatique, transformatif dans la mecanique interne de mon etre poetique - litteraire - artistique, son vocabulaire, son syntax, ses sensibilities linguistiques redecouvertes, sa mise au point decisive, me rappelle la confluence de rivieres, dans un sens figuratif: ce lien unique, durable, toujours en evolution, toujours alerte, permet l'union d'idees qui savent tisser, reanimer mes racines flamandes et leurs experiences aux racines et leurs sagesse ancienne des Imazighen de l'Algerie, de l'Afrique du Nord, qui deviennent ainsi un ancre qui stabilise les tempetes et leur tourmentes si longuement subies, de la solitude et son isolation de mon exile americain qui paraissait interminable, presque devenue insupportable, une agonie, et que la Kabylie et l'exploration profonde, alchemique du lien chamanique avec mon collegue photographe Nacer Amari en brise ses chaines lourdes. Me permet de redevenir sirene dans les eaux libres de Neptune, perdue il y a si longtemps, et retrouvee chaque jour depuis, et qui me permet nager, avec joie, avec curiosite a nouveau libre, dans la mer et sa richesse, de l'histoire du monde, de sa litterature, de sa photographie, de son archeologie, de sa mythologie, et d'y ajouter mes propres poemes, mes propres visions, sous le regard attentif, sur, du photographe astucieux, rassurant dans son art et son energie accueillant du photographe d'Aokas, qui m'y observe, m'accompagne. Une eau claire, venue des rives de l'Algerie, qui egale comme une terre ancienne fertile, revele comme une fouille symbolique, ce qui etait cachee, perdue sous la surface, dans les tempetes de ma vie, dans le temps, et qui une fois vue dans la lumiere chaude, brillante, de l'apprentissage de ce chaman kabyle, est pour mon coeur, son esprit et son ame, devient l'energie creative et transformative fortifiante, visible, reglee, solutionnee, dans cette apotheose culturelle - spirituelle complexe et inattendue, si bienvenue, si joyeuse, pour moi comme etre humain, comme poete et ecrivaine, qui s'etale comme un hymne a une seconde chance, affirmant et vibrant, qui rendent agreablement tolerables, meme parfois absentes, certains jours, les contradictions autour du destin et ses mysteres.   

Trudi Ralston     


La  recherche sur le poete - ecrivain russe, Boris Pasternak, et sa muse, Olga Ivinskaya, et sur les poetes russe Alexander Pushkin, autrichien Rainer - Maria Rilke, indien Rabindranath Tagore, courtoisie de Wikipedia. La traduction de l'anglais des mots sur la poesie de Boris Pasternak par Olga Ivinskaya, et du vers 7 du poeme "Le Depart" de Boris Pasternak, en francais, pour le but de cet article, est la mienne. 

Alexander Pushkin allait influencer toute une generation de poetes et ecrivains, autre que Boris Pasternak: Fyodor Dostoyevsky (1821 - 1881), sa technique et matiere de sujets; Ivan Turgenev (1818 - 1889), romancier, poete et dramaturge russe, fameux pour son livre realiste "Peres et Fils", un auteur fameux pour son courage de critiquer l'esclavage des paysans et leurs terribles souffrances, comme dans sa novelle traumatique "Mumu" de 1854; Leo Tolstoy (1828 - 1910), romancier fameux pour ses livres "Anna Karenina" et "La Guerre et la Paix"; Nikolai Gogol (1809 - 1852), ses novelles et romans, et pieces de theatre, qui ont introduit le style moderniste - grotesque dans la litterature russe, comme sa novelle revisee apres etre censuree en Russie, "Ames Mortes". L'oeuvre d'Alexander Pushkin a ete traduite dans toutes les langues du monde et il est vu comme le poete russe le plus innovatif et important.  

 

Saturday, July 11, 2026

La Larme de la Rose: Les Pas qui S'Eloignent - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            C'est une sensation bizarre, et puissante, de sentir la chaleur intense du soleil sur le visage, une chaleur qui me rappelle les etes au Texas, les 10 annees que j'y ai vecue. Ce matin, le ciel etait comme fait d'un cristal bleu azure brillant, qui refletait la lumiere comme une loupe geante, qui dans ses rayons concentrees, me brulait le coeur, lui causait des larmes au fond de mon ame. Cela paraissait une contradiction confondante, de me sentir vulnerable, triste sous ce soleil aveuglissant, comme si le poids de l'exile, de sa solitude, de son isolation, sa condemnation affective inexorable, pesait lourd, d'un moment a l'autre, sans avertissement, sans charite, ou consideration, me laissait entouree des fantomes de la famille longuement disparue, dans ce moment d'agonie ou je me sentais si loin de ma Kabylie, de son sourire, de son regard. Au jardin ici, j'ai un rosier aux fleurs rouges, qui selon la chaleur de la saison estivale, me donne entre 2 et 12 roses chaque annee. Cette annee, il y a juste 2 roses, et leur parfum riche me touche comme une caresse gentille, venue de loin. Le temps qui passe parait plus cruel, face a la beaute ephimere et fragile de la rose, et je deteste chaque annee, voir tomber leurs petales, comme des petites gouttes de sang, que la brise couvre de son souffle, en passant. J'ai eue cette pensee, que les petales tombent lentement, comme si les roses veulent me laisser savoir, qu'elles vont partir, me laisser juste la memoire de leur parfum exquis, et le noeud vide de leur coeur, nu sans la tule douce de leur robe rouge envoutante. Elles me rappellent que le temps passe, et que les gens aussi, passent, disparaissent, deviennent des ombres qui se perdent, se dissoudent, parfois sans qu'on s'en apercoit. Ce qui me rappelle la magnifique chanson de la chanteuse francaise, Francoise Hardy (1944 - 2024), de son studio album de 1964, "Mon amie, la Rose", d'un poeme ecrit par Cecile Caulier et Jacques Lacome, qui decrit dans une melodie de vers d'une sensibilite poetique ensorcelante, la mort de sa rose, et le chagrin que son absence lui cause: "On est bien peu de chose /Et mon amie la rose me l'a dit ce matin: / A l'aurore je suis nee, baptisee de rosee /Je me suis epanouie, heureuse et amoureuse /Aux rayons du soleil, me suis fermee la nuit / Me suis reveillee vieille / ... ...  Pourtant j'etais tres belle / Oui j'etais la plus belle des fleurs de ton jardin / ... ... Tu m'admirais hier / Et je serai poussiere pour toujours demain /  ... ... La lune cette nuit a veille mon amie / Moi en reve, j'ai vu eblouissante et nue /Son ame qui dansait bien au - dela des nues / Et qui me souriait ..."   

           Cela faisait longtemps que j'avais encore pensee a cette chanson, et c'etait difficil de l'ecouter apres tout ce temps. C'etait ma copine francaise - kabyle qui il y a beaucoup d'annees, me l'avait envoyee de la France, de Paris, ou elle avait vecue et travaillee pour presque 30 ans, et depuis, je revisite ce poeme traduit en chanson rarement, car elle ouvre toujours cette blessure du manque, des pertes incomprehensibles, implacables, souffertes, et encore a venir, comme parait etre le destin inexorable de la vie humaine. Il y a toujours aussi, une catharsis apres, comme d'une blessure qui brule moins, une fois lavee, et recue un nouveau unguent, qui calme la douleur, qui soulage. La paix interieur retourne, et le soleil me laisse son sourire, et la sensation rassurante, que l'espoir reste, et avec son clin d'oeil, la promesse, l'anticipation de nouvelles, venus de loin sur les ailes des colombes du bois ici au jardin, qui me disent autant avec leur roucoulement tendre, accueillant, et dans l'arriere plan de mes pensees j'entends la conclusion des vers de la chanson "Mon Amie, la Rose": "Crois celui qui peut croire, moi j'ai besoin d'espoir / Sinon je ne suis rien ... ... Ou bien si peu de chose / C'est mon amie la rose qui l'a dit ce matin." Parfois, les rivages de la Kabylie se sentent si loin, et parfois, si joyeusement proche, et dans cette tension se balance precairement, courageusement, le monde de mon coeur et ses poemes, ses reves, ses souhaits.

Trudi Ralston 


L'information sur le poeme rendu chanson, "Mon Amie, la Rose" de Francoise Hardy, et les vers inclus pour cet article, courtoisie de Wikipedia et genius.com 



Thursday, July 9, 2026

Dans l'Oeil de la Tempete: Une Exploration de la Perception Mystique Quantitative dans "Cheikh Omar" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             L'art visuel de la photographie, surtout dans la portraiture, sait creer un sens de dynamisme, qui unit de divergentes sources et inspirations, qui rangent en energie: esthetique, physique, sociale, intellectuelle, historique, spirituelle, pour presenter une image complete, qui laisse une impression profonde, durable. La photographie est autant temoin qu'acteur, unit l'acte de l'observation a l'acte de la participation. Un portrait du 6 juillet 2026, "Cheikh Omar" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, laisse ce double effet, et m'a fait penser a cette expression, initiee par le regard hypnotisant dans les yeux du protagoniste, qui croise avec defiance le regard: "dans l'oeil de la tempete", ce qui parait definir l'aura existentiel de ce portrait. Un regard qui comprend, qui voit, qui a vu, beaucoup, et dans le processus de ce sentier plein de defis, a perdu toute illusion, tout desir de nier la realite dure de la vie. Le protagoniste en fait, invite au spectateur de rester un moment dans cette vision qu'il nous partage dans ce portrait envoutant, arretant, visceral et sans complexes. L'idee de cette energie de nous trouver avec et dans ce portrait, "Cheikh Omar" dans l'oeil de la tempete, permet aussi d'en apprecier ses deux cotes: pour certaines personnes, cela implique la realite concrete de defis durs, constants, exigeants dans les controversies du monde exterieur, et pour d'autres personnes, etre dans l'oeil de la tempete est un combat interieur, invisible dans le va et vient du monde quotidien, mais ne pas moins penible, ne pas moins stressant, ou meme, moins violent, quant a l'impact au coeur, a l'esprit, a l'ame eprouvee. Ce second defi, interieur, m'est bien connu, ayant vecu toute une vie loin des rivages de ma terre natale en Flandre, depuis mon adolescence, ayant perdu dans des circonstances ameres et dechirantes mes parents, mes deux jeunes soeurs, et mon frere. Le regard dans les yeux resolus, insoumis du portrait "Cheikh Omar", m'a emue profondement, n'importe sa qualite feroce, de rebelle intrepide, de quelqu'un qui a ete autant loin qu'enfer, et est revenu, avec une comprehension existentielle solide, nette, claire. L'energie rebelle dans le regard me rappelle aussi a la philosophie suivie par une des icones rock de la contre - culture des annees 1960 - 1970, Jim Morrison (1943 - 1971) du groupe americain de Los Angeles, "The Doors" fonde en 1965. Le nom du group qu'avait choisi le leader du groupe est pris de l'idee du poete anglais du mouvement du romanticisme, William Blake (1757 - 1827), connu pour ses vues avant - gardes qui s'opposaient a la moralite paternaliste de la societe anglaise, et qui suivait des sensibilites mystiques liees a la sagesse des lois de la nature, qui unissait le monde naturel avec le monde spirituel, sans contradictions, sans une imposition d'une moralite a base de conformite et hypocrisie qui rend une prison des liens de famille, de communaute. William Blake croyait dans l'egalite des races, ne supportait pas l'esclavage qui avait rendu riche l'empire anglais, et croyait que les demandes externes imposee sur le mariage, tuaient l'affection, lui reduisaient a un devoir, une obligation asphixiante. Pendant sa vie, ses pensees sur la societe et la spiritualite etaient souvent niees, mais dans le XXeme siecle, ont vu une grande popularite qui reste jusqu'a aujourd'hui. Ses idees ont grandement influencee des musiciens fameux comme le chanteur de folk americain, Bob Dylan (1941), et Jim Morrison, et aussi l'auteur anglais de science - fiction, Aldous Huxley (1894 - 1963), connu pour son roman de 1932, "Brave New World", traduit en francais sous le titre de "Le Meillieur des Mondes", qui predit un futur dystopique macabrement proche a la realite alarmante du XXIeme siecle dans lequel l'homme post moderne et la terre se trouvent maintenant. L'idee de la perception comme revelation mystique, adoptee par Jim Morrison est formulee ainsi par William Blake dans son livre de 1790, "Le Mariage du Ciel et l'Enfer", qui montre l'influence de 
"La Divina Commedia" de 1320, de Dante Alighieri (1265 - 1321), et de "Paradise Lost", ce qui se traduit son titre en francais comme "Le Paradis Perdu" de 1667, de John Milton (1608 - 1674), ecrit en 12 livres en poemes sans rimes, en vers blancs, et que William Blake voulait expliquer comme le concret et le spirituel ne doivent pas etre soumis a une separation, a une contradiction, comme veut postuler la moralite imposee: "Si les portes de la perception etaient purgees, tout deviendrait pour l'homme comme une evidence de l'infinie." Dela, le titre du groupe "The Doors", comme "The Doors of Perception", et en fait, le leader du groupe rock et blues, Jim Morrison, avait une vaste connaissance de la poesie et les ecrits de William Blake, ainsi que de la poesie symboliste d'Arthur Rimbaud, de Charles Baudelaire, les livres d'Albert Camus, Moliere, Franz Kafka, Vladimir Nabokov, Honore de Balzac et Jean Cocteau, et Louis - Ferdinand Celine, son livre "Voyage Au Bout de la Nuit", ainsi que du theatre avant - garde allemand de Bertold Brecht (1898 - 1956), et etait familier avec la philosophie des oeuvres de Friedrich Nietzsche. Jim Morrison ecrivait aussi ses propres poemes, en plusieurs cahiers, la plupart decouverts apres sa mort a l'age de 27 a Paris, d'une accidentele surdose d'heroine. Beaucoup des chansons du groupe "The Doors" traitent du sujet de l'alienation dans le monde des grandes villes modernes, du mystere de l'existence, de la mort aussi, de la violence. Le portrait "Cheikh Omar" du photographe
Nacer Amari sait creer cet effet de magnetisme qu'inspire l'energie et sa concentration sure, rebelle du regard du protagoniste, ses yeux d'une lumiere visionnaire, qui voit tres loin, qui cause une certaine inquietude d'en observer sa qualite feroce. Avec "Cheikh Omar", on se trouve a la fois dans l'oeil de la tempete de sa personalite sans complexes, et aussi face a un veilleur des portes de la perception, qui chasse les illusions, les hypocrisies, qui ne tolere guere l'indecision, le manque de courage, de resistance. C'est un portrait qui invite une sobre reflection, et qui fascine pour permettre, encourager meme, une exploration de la perception mystique quantitative dans un monde qui fuit tout sens de responsabilite, de la part de ses leaders avares, egoistes, pourris par le pouvoir et l'argent, une notion que les rebelles des annees 1960 - 1970 du monde du rock et blues comme Jim Morrison comprenait deja avec une clarte desarmante et precise dans la force avec laquelle il declarait ses visions de ses chansons, quant a la direction qu'allait prendre le futur a base des signes deja troublants il y a 50 ans, qui nous trouvent tous aujourd'hui, chaque jour avec plus d'evidence croissante, sans doute aucun, en plein coeur de la tempete. 

Trudi Ralston 


La recherche sur le poete - mystique anglais, William Blake, et sur le groupe rock - blues americain "The Doors" et son leader, Jim Morrison, et sur l'ecrivain visionnaire anglais, Aldous Huxley, ainsi que l'ecrivain - poete anglais, John Milton, et Dante Alighieri, et leur influence sur les ecrits de William Blake, courtoisie de Wikipedia. 

Sunday, July 5, 2026

Un Patron Lineaire Coherent: Le Symbolisme Intrinseque dans "Khirdine" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

          Le monde de la portraiture dans les arts visuels comme la photographie et la peinture, sait unir une divergence d'indices artistiques, qui revelent les mouvements esthetiques et leur presence, leur style. Un portrait en noir et blanc du 26 juin 2026, "Khirdine" du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, trace ce dynamisme creatif et ses pulsions, dans cette rendition atmospherique de son protagoniste, au regard reveur, lointain et le rythme lent, evocatif des lignes et leurs nuances fines qui rappellent l'effet d'un dessin en crayon reflechi. Ce portrait sait utiliser les lignes fines du visage, du regard, pour evoquer un patron lineaire coherent, qui implique l'idee philosophe que cela prend beaucoup de lignes harmonieuses, pour creer un portrait captivant. Une ligne se define dans les arts, comme "un objet, qui a nulle epaisseur et aucune courbe, c'est a dire, qui est droite, et s'etend vers l'infini." Dans le graphisme, une ligne est la distance entre deux points, et dans la litterature, une ligne se refere a l'intrigue, au fil narratif qui unit les evenements d'une histoire et sa narration. Dans le monde de la musique, une ligne indique l'ordre que suit une melodie et ses notes, que l'auditeur comprend comme une entite singuliere, qui peut etre jouee par un instrument, ou chantee par une voix. Les lignes alors dans le monde des arts rendent audibles, visibles, les modeles, les patrons d'un theme, d'un sujet, en rendent claires la cohesion, la structure spirituelle, physique, et ses liens, ses antecedents dans l'evolution des idees, des angoisses, des circonstances historiques - sociales - culturelles qui donnent expression a leur conceptualization, leur representation, leur incarnation. Le portrait "Khirdine" evoque dans le calme reflexif de ses lignes, une approche de sensibilites existentielles complexes, un melange intrigant entre romanticisme et un soupcon du mouvement du neo - epxpressionnisme des annees 1980, et rappellent beaucoup a l'art et son esprit visionnaire du jeune rebelle avant - garde portoricain - haitien - americain de Brooklyn, New York, mort a juste l'age de 27 ans, Jean - Michel Basquiat (1960 - 1988), qui a connu dans sa breve vie tumultueuse une ascendance meterorique mondiale. Il y a de lui un portrait qui illustre cette importance de la sagesse et importance de la ligne dans les arts visuels, fait par l'artiste contemporain Van Khong Phan, qui a fait ses etudes a l'Universite des Arts Plastiques a Phorzheim en Allemagne, ou une confluence rythmique, dynamique des lignes creent un portrait de Jean - Michel Basquiat, qui celebre la force neo - expressionniste intense, du genie portoricain - haitien qui allait rendre le jeune artiste si fameux, pour savoir unir la contradiction dans toutes les tensions de ses tableaux. La tension comme il l'avait vecu, entre richesse et pauvrete, comme artiste enigmatique qui avait connu la vie dans le chaos et violence des rues de New York comme jeune sans abri. La tension entre integration et alienation, comme jeune qui avait connu le racisme, l'abime entre appartenance et exile culturel, entre illusion et realite dans le monde complexe des confluences de cultures dans la texture urbaine de New York et ses contradictions, ses obstacles et hypocrisies. Ce portrait de lignes vibrantes, inquietes, dans le visage du jeune artiste visionnaire Jean - Michel Basquiat, est un intrigant compagne avec le portrait fin, reflexif, "Khirdine" du photographe portraitiste kabyle, Nacer Amari. Dans le monde de la philosophie reflexive, comme du poete perse Sufi, Jalal - al Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), et du poete libanes - americain Kahlil Gibran (1883 - 1931), le sentier dans la vie spirituelle se presente comme une ligne, a suivre, a comprendre, a en resoudre son mystere, sur le chemin et ses indices, du destin. En fait, il existe un portrait photo en noir et blanc, faite quelques annees avant sa mort a l'age de 48 ans de Kahlil Gibran, et utilisee comme la couverture de la publication 3 ans apres sa mort, de la collection de ses "Poemes en Prose", qui montre cette sensibilite affective - spirituelle visible aussi dans le portrait "Khirdine". Dans le cas des deux portraits, c'est la lumiere du regard tournee vers le monde interieur des yeux et ses visions, ses souhaits des deux hommes qui domine l'energie et son intrigue, son fils narratif. Voir "Khirdine" du photographe artiste visuel Nacer Amari et son esprit vibrant reflexif de son protagoniste au regard reveur, presque hantant, est voir a nouveau a ce portrait photo du poete Kahlil Gibran, son regard qui aborde la melancholie, vers la fin de sa vie, qui paraissait deja avoir une vue d'un autre monde, qui lui attendait. Les lignes du visage, du regard, de la lumiere des yeux, du contour de la bouche, comme les lignes de la vie et sa traversee de qui on ignore si souvent son dessein, son trajet, sont une reflection clarifiante, precisante de l'homme, sa presence, son histoire. Dans ce sens, un portrait artistique, en peinture, en portrait photo, en sculpture aussi, sont un temoignage de cette fascination, comme illustre le portrait kabyle ingenieux et sensible, "Khirdine": le besoin de comprendre mieux notre presence, son curieux, confondant evidence et irresolu puzzle qu'est chacun de nous. Se voir face a face, avec l'outil artistique du portrait, la perspective de l'appareil photo du photographe, le pinceau du peintre, le ciseau du sculpteur, permet ce moment magique, d'un apercu immersif, d'une pause envoutante de l'accueil delassant que sait donner une oasis, et qui finit par enlever, avec patience, et un sourire gentil, une ou deux couches du mystere de notre vie sur cette terre.  

Trudi Ralston     


La recherche sur le phenomene artistique de la ligne, et sur l'artiste Jean - Michel Basquiat, Van Khong Phan, et les poetes Jalal al - Din Muhammad et Kahlil Gibran, courtoisie de Wikipedia et Getty Images. 

Tuesday, June 30, 2026

Relever le Defi: Entre Tension et Compression - le Portrait "Rachid, l'Afrique" de Nacer Amari - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres'

             Il y a un mecanisme provenant du monde de l'ingenierie des ponts, qui me fascine depuis longtemps: l'echange equilibree entre la tension et la compression, qui tient la resistance et la durabilite de sa construction du pont solide.  Ce mecanisme et son importance est compris depuis des siecles. L'ingenieur tibetien Thangton Gyalpo (1385 - 1464 A.D.) est a l'origine de la construction des ponts suspendus, dont il a construit 8 en 1433, dans le Bhutan de l'Est, un royaume himalayen en Asie, un pays qui n'a jamais ete soumis au colonialisme et qui aujourd'hui a une des reserves d'hydroelectricite les plus grandes sur terre. Thangton Gyalpo etait ingenieur, medecin, forgeron, architecte, et est vu comme un pionnier dans les techniques de la construction des ponts. Il est dit d'avoir construit en total 58 ponts suspendus, dans les alentours de Tibet, et Bhutan, et plusieurs de ces ponts existent et s'utilisent encore aujourd'hui. Un pont peut surmonter non seulement la distance posee par les rivieres et abimes, entre villages et villes, mais aussi entre pays, et meme continents, comme le pont "Canakkale 1915", sur le detroit des Dardanelles en Turquie, qui unit l'Europe et l'Asie, et qui est le pont suspendu le plus long dans le monde, avec une travee de 2023 kilometres, et qui fut construit entre 2017 - 2022, par Daelim, Limak, Sk, et Yapi Merkezi. Ce detour dans le monde ancien de l'ingenierie des ponts, pour introduire le portrait du 17 juin 2026, du photographe Nacer Amari de Tassi Photographie: "Rachid, l'Afrique". Ce portrait a un dynamisme dans la physionomie du visage, qui parle de courage, de determination, de force interieure autant que resistance physique, qui me rappelle a cet equilibre et son symbolisme entre tension et compression d'un pont, qui reagit dans ce sens comme un organisme vivant, comme l'homme qui doit naviguer les demandes et defis de l'existence terrestre. Relever le defi constant, de maintenir l'equilibre entre tension et compression, comme exige la survie d'un pont face a la circulation et ses effets du poids des voitures, des camions sur sa travee, et le passage du temps, demande beaucoup d'energie, de sang froid, de tolerance psychique le long de la duree d'une vie humaine. Ce symbolisme puissant rayonne dans le regard et les lignes du visage dans le portrait "Rachid, l'Afrique" ou domine une sensibilite expressionniste fiere et digne. Le pont comme evidence de l'ingeniosite intellectuelle de l'homme, est temoin aussi d'une autre expression importante, du desir de se sentir partie de liens entre communautes: les pont unissent, permettent la traversee et la communication pour savoir surmonter des defis que la nature parfois impose: des rivieres immenses, des abimes entre montagnes, qui separent, rendent difficiles les routes de commerce, de rencontres. Ils sont dans ce sens, un peu le contraire d'un mur, qui cherche d'isoler, de fortifier, de defendre depuis des milliers d'annees les villages, les villes, contre l'ataque d'interets et intentions destructives d'un groupe hostile. Dela, que detruire un pont dans les guerres a toujours ete un theme dans le monde de strategies logistiques, et je me rappelle voir le film comme adolescente, "Le Pont de la Riviere Kwai", de 1957, qui se centre autour de l'importance strategique du pont quant a avantage de transport de matieres, dans ce cas, pour le passage d'un train que se construisaient avec des milliers de prisonniers de guerre l'armee japonaise pendant la Seconde Guerre Mondiale, nommee "Le Chemin de Fer de la Mort", pour le fait que des dizaines et dizaines de milliers de prisonniers y ont trouvee la mort suite des conditions horribles et inhumaines du travail obligatoire qu'ils souffraient pendant la construction forcee de ce pont macabre. Le pont a ete detruit, mais a ete apres reconstruit en parts, et existe encore aujourd'hui dans cette forme de temoignage historique. Le film sur le pont de la riviere Kwai, qui unissait la Thailande avec Burma, qui est aujourd'hui le pays Myanmar, qui aborde l'Inde, le Bangladesh, la Chine, Laos et Thailande, est du scenariste anglais, David Lean (1908 -1991), qui est connu pour ses films "Lawrence of Arabia" (1962), "Le Docteur Zhivago" (1965), et est a base du roman de fiction de l'ecrivain francais, Pierre Boulle (1912 - 1994), connu aussi pour son roman de science - fiction "La Planete des Singes" de 1963, qui allait generer entre 1963 et 1973 cinq films suivant sur le meme theme de la planete fictive des singes, qui depuis se considerent des oeuvres cults classiques, comme son roman "Le Pont de la Riviere Kwai" de qui son interpretation en film fut aussi un succes international. Interessant de noter, que Pierre Boulle etait aussi un agent secret pendant la Seconde Guerre Mondiale, et il a ecrit un livre au sujet, "Un Metier de Seigneur", qui sera fait en film. Les ponts exercent depuis l'antiquite une influence mythique dans les histoires de guerre et leurs defaites, et victoires. La civilisation de l'Empire Inca qui dominait les regions de l'ouest des pays de l'Amerique Latine qui sont aujourd'hui l'Ecuador, le Peru, la Bolivie, le Chile, et l'Argentine, et avait un territoire de 2,000,000km2, avait des ponts suspendus verifiables deja en 1615, par l'arrivee des colons espagnols, mais ce n'est pas certain quand ces ponts etaient construits. Le pont Inca, Queshuachaca, en Peru, qui traverse la riviere Apurimac, a une travee de 28 metres, reste le dernier pont Inca ancien suspendu en corde, qu'on repare avec des cables faites d'herbes, encore chaque annee dans le mois de juin, dans un rite celebratoire avec la participation de 4 familles des communautes de Chaupibanda, Choccayhua, Huichiri et Collana Quehue qui fait honneur a la culture et son importance historique et culturelle des Inca. L'idee d'un pont suspendu depend du systeme catenaire, qui veut dire, un pont fait de chaines flexibles, soutenu par deux pilliers a chaque cote du pont, qui reagit sur la force de la gravite en prenant une forme de U, qui tend en equilibre la stabilite et durabilite du pont. L'idee du pont comme merveille d'ingeniosite architecturale et de genie d'ingenierie, possede aussi une attraction de forte symbolisme: le pont comme traversee qui permet la rencontre, l'union, les retrouvailles, le triomphe sur les defis de separation dans le temps, dans l'espace. Le regard du visage aussi, est un pont, qui ou permet entree au monde interieur de la personne, ou le nie. Le regard dans le portrait "Rachid, l'Afrique" est un regard qui exprime la vigilance, sans etre dedaigneux, sans juger, mais sans se rendre vulnerable non plus. On voit le regard d'une personne qui sait maintenir un equilibre resolu entre entree a son monde exterieur et interieur. Son regard inspire le respect, de la part d'un homme qui sait naviguer les ombres et lumieres de la vie avec egale sangfroid et calme. Ce qui me rappelle aux mots dans un article sur le genie des ponts et leur construction et resistance: "On pense a l'idee d'un pont comme une structure statique. En fait, un pont bouge, et acte comme un organisme vivant, dynamique." Cette idee aussi, du pont comme une entite vivante, qui reagit aux forces contraires de la tension et de la compression pour maintenir sa chance de reussite de se maintenir son equilibre, sa durabilite, touche au coeur de mon respect pour l'esprit des Imazighen de la Kabylie, de l'Algerie. La Kabylie est un pont vivant, qui m'unit l'energie et ses visions de mes poemes, mes articles et livres, de mon art aussi, a son ame, qui m'heberge mon ame a son tour, qui me permet l'accueil et la rencontre spirituelle - affective - intelectuelle - culturelle - artistique de mon etre vagabond si longtemps, qui en traversant ce pont solide, envoutant qui me lie a son histoire, son courage, son coeur, me rend visible, me permet l'absolution de l'exile, son fin, sa resolution, son apotheose, sa liberation. Le portrait "Rachid, l'Afrique" du photographe Nacer Amari, comme tants de ses portraits kabyles narratifs et chacun unique, affirme de facon bien concrete la grace du lien que me donne ce pont durable, magnifique, entre Olympia et Aokas, qui sait maintenir sans aucune pretension, aucune imposition ou illusion, ce mystere de l'equilibre entre les forces de la tension et de la compression sur ce sentier de grace de ce pont mystique, qui avec chaque traversee vers elle, me redonne une autre partie de mon coeur, de mon esprit, de mon ame, qu'elle me recupere du fond de l'abime en bas ou la vie m'avait trouvee, avant de decider de m'apporter vers les rivages, vers son soleil, sa lune, son sourire, son regard de la terre kabyle des resistants Imazighen de l'Afrique du Nord.  

Trudi Ralston  


La recherche sur l'histoire des ponts et leurs forces, et les inspirations dans le monde de la litterature et du film modernes, courtoisie de Wikpedia, ainsi que l'article de Bridge Masters Inc., qui explique les deux forces de tension et compression que doivent balancer la construction d'un pont pour sa durabilite.