Saturday, July 11, 2026

La Larme de la Rose: Les Pas qui S'Eloignent - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

            C'est une sensation bizarre, et puissante, de sentir la chaleur intense du soleil sur le visage, une chaleur qui me rappelle les etes au Texas, les 10 annees que j'y ai vecue. Ce matin, le ciel etait comme fait d'un cristal bleu azure brillant, qui refletait la lumiere comme une loupe geante, qui dans ses rayons concentrees, me brulait le coeur, lui causait des larmes au fond de mon ame. Cela paraissait une contradiction confondante, de me sentir vulnerable, triste sous ce soleil aveuglissant, comme si le poids de l'exile, de sa solitude, de son isolation, sa condemnation affective inexorable, pesait lourd, d'un moment a l'autre, sans avertissement, sans charite, ou consideration, me laissait entouree des fantomes de la famille longuement disparue, dans ce moment d'agonie ou je me sentais si loin de ma Kabylie, de son sourire, de son regard. Au jardin ici, j'ai un rosier aux fleurs rouges, qui selon la chaleur de la saison estivale, me donne entre 2 et 12 roses chaque annee. Cette annee, il y a juste 2 roses, et leur parfum riche me touche comme une caresse gentille, venue de loin. Le temps qui passe parait plus cruel, face a la beaute ephimere et fragile de la rose, et je deteste chaque annee, voir tomber leurs petales, comme des petites gouttes de sang, que la brise couvre de son souffle, en passant. J'ai eue cette pensee, que les petales tombent lentement, comme si les roses veulent me laisser savoir, qu'elles vont partir, me laisser juste la memoire de leur parfum exquis, et le noeud vide de leur coeur, nu sans la tule douce de leur robe rouge envoutante. Elles me rappellent que le temps passe, et que les gens aussi, passent, disparaissent, deviennent des ombres qui se perdent, se dissoudent, parfois sans qu'on s'en apercoit. Ce qui me rappelle la magnifique chanson de la chanteuse francaise, Francoise Hardy (1944 - 2024), de son studio album de 1964, "Mon amie, la Rose", d'un poeme ecrit par Cecile Caulier et Jacques Lacome, qui decrit dans une melodie de vers d'une sensibilite poetique ensorcelante, la mort de sa rose, et le chagrin que son absence lui cause: "On est bien peu de chose /Et mon amie la rose me l'a dit ce matin: / A l'aurore je suis nee, baptisee de rosee /Je me suis epanouie, heureuse et amoureuse /Aux rayons du soleil, me suis fermee la nuit / Me suis reveillee vieille / ... ...  Pourtant j'etais tres belle / Oui j'etais la plus belle des fleurs de ton jardin / ... ... Tu m'admirais hier / Et je serai poussiere pour toujours demain /  ... ... La lune cette nuit a veille mon amie / Moi en reve, j'ai vu eblouissante et nue /Son ame qui dansait bien au - dela des nues / Et qui me souriait ..."   

           Cela faisait longtemps que j'avais encore pensee a cette chanson, et c'etait difficil de l'ecouter apres tout ce temps. C'etait ma copine francaise - kabyle qui il y a beaucoup d'annees, me l'avait envoyee de la France, de Paris, ou elle avait vecue et travaillee pour presque 30 ans, et depuis, je revisite ce poeme traduit en chanson rarement, car elle ouvre toujours cette blessure du manque, des pertes incomprehensibles, implacables, souffertes, et encore a venir, comme parait etre le destin inexorable de la vie humaine. Il y a toujours aussi, une catharsis apres, comme d'une blessure qui brule moins, une fois lavee, et recue un nouveau unguent, qui calme la douleur, qui soulage. La paix interieur retourne, et le soleil me laisse son sourire, et la sensation rassurante, que l'espoir reste, et avec son clin d'oeil, la promesse, l'anticipation de nouvelles, venus de loin sur les ailes des colombes du bois ici au jardin, qui me disent autant avec leur roucoulement tendre, accueillant, et dans l'arriere plan de mes pensees j'entends la conclusion des vers de la chanson "Mon Amie, la Rose": "Crois celui qui peut croire, moi j'ai besoin d'espoir / Sinon je ne suis rien ... ... Ou bien si peu de chose / C'est mon amie la rose qui l'a dit ce matin." Parfois, les rivages de la Kabylie se sentent si loin, et parfois, si joyeusement proche, et dans cette tension se balance precairement, courageusement, le monde de mon coeur et ses poemes, ses reves, ses souhaits.

Trudi Ralston 


L'information sur le poeme rendu chanson, "Mon Amie, la Rose" de Francoise Hardy, et les vers inclus pour cet article, courtoisie de Wikipedia et genius.com 



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