Saturday, March 7, 2026

La Doublure Interieure: L'Heliographie de l'Ame - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres "

            Le monde interieur de nos pensees, de nos sentiments, de nos memoires et ses recours, ses sensibilites, trouve parfois des facons ingenieuses pour se lier au monde exterieur. Dans ce sens, les arts facilitent avec elan et audace, ces deux mondes a premiere vue incompatibles, pour etre, l'un invisible, et l'autre, visible avec l'oeil humain physique. Quant a moi, ces deux mondes se rencontrent avec une regularite bienvenue, dans le lien que je sens avec le coeur et l'esprit kabyle, qui les accompagne fidelement, comme la flute les notes que touchent les doigts du musicien. Pour beacoup, beaucoup d'annees, l'isolation de ma vie, m'avait fait sentir que j'etais ni liee au monde exterieur concret, ni admis au monde interieur ou etaient enfermees mes pensees, mes memoires, mes energies creatives. C'etait comme vivre dans un diapositif qui n'avanceait jamais a l'image suivante. Comme la photographie fut le premier art visuel auquel mon pere m'avait introduit, la collaboration avec mon collegue kabyle d'Aokas, le photographe Nacer Amari, fut des le debut de ce lien creatif exploratif, le declenchement heureux qui me permettait de comprendre le lien et son importance dans le monde des arts, entre leur monde visuel, exterieur, et le monde spirituel, interieur que la photographie sait reveler avec precision autant technique, qu'affective: un portrait bien fait nous donne entree nous seulement au monde exterieur et ses circonstances de la personne ou personnes, mais nous permet aussi entree au monde invisible, qui vit dans le regard, la tension dans la posture, les ombres et lumieres autour de la bouche, qui comme un code Morse, le photographe astucieux nous sait traduire. Le monde des portraits kabyles de Nacer Amari celebrent et illustrent ce rythme unifiant entre le visible et l'invisible rendu visible de l'art de la photographie. Ce mecanisme elusif, qui sait unir la force des deux mondes qui se croisent, se trouve aussi dans le monde de la sculpture, du theatre, de la danse, de la musique, et aussi dans les arts ou l'image n'est pas figuratif, mais abstrait ou functionnel, comme dans l'art de la verrerie, par exemple. Il y a un artiste des Pays - Bas, qui travaille dans la ville d'Amsterdam, Maarten Vrolijk (1966) - de qui son nom de famille Vrolijk, se traduit en "Joyeux", qui sait communiquer ces deux mondes dans ses vaisseaux en verre qui attirent une attention mondiale. Son art "cherche d'effectuer une epaiseur exceptionnelle dans le vaisseau de verre, de ses vases, en creant un equilibre aventureux entre force et fragilite. La tension thermique accomplie dans l'effort d'egaliser la temperature interieure et exterieure une fois que le vaisseau atteint le refroidissement est perileux, pour le risque de se casser." Une belle synthese d'un article qui explique le processus de la vision artistique de Maarten Vrolijk. Ses vases ont une partie interieure, epaisse, sur laquelle il fusionne des morceaux de verre brises de toutes les couleurs, qui sont chauffees a une temperature exacte, qui s'unissent la forme naiscente du vaisseau. L'article conclut avec ces mots de prudence et elegance: "C'est un processus a enjeux enleves qui aboutit a une sorte de chaos arretee." L'effet des vases en verre de Maarten Vrolijk m'a fait penser pour leur beaute un peu iconoclaste, audace, a ce lien entre monde exterieur et monde interieur, et la place unique et centrale qu'occupe la Kabylie comme traversee qui m'unit ces deux mondes, et qui me sait heberger et inspirer les visions de mes poemes, de mes livres ou s'unit le monde du coeur et esprit kabyle au monde de mes memoires flamandes et mon exile culturel - social ici aux Etats Unis. La Kabylie m'ouvre tout un monde spirituel  aussi, qui m'unit a la memoire de la beaute de sa nature, et qui m'unit au monde naturel ici, ou je vis, a Olympia, ou la faune et la flore du jardin et de la foret en bas du jardin, me laisse les echos de la Kabylie, quand le soleil apparait, et me rappelle: cette chaleur du soleil que je sens maintenant, est le meme soleil qui a laissee sa chaleur il y a juste quelques heures sur les visages de ma famille de coeur en Afrique du Nord, en Kabylie. Cette sensation de joyeuse rencontre, spirituelle - affective, silente, que sent le coeur qui rappelle le toucher de doigts lis, gentils sur un tissu satin etendu. La sensation que ce toucher doux coule, avec une lenteur precise, exquise, pour s'installer comme un tapis grand, somptueux, qui donne au coeur sa chance de se reposer, de se soigner les injures de toute une vie, de ses savoir admis, inclus, compris. C'est cette sensation de la proximite affective, d'echanges entre esprits d'equilibrees sensibilites, qui donnent vie aux experiences creatives transformatives, et ceci avec un rythme naturel, qui invite le courage, et sait faire face a des defis considerables. Il y a un systeme de telegraphie solaire, qui fait des signaux en code Morse de 1840, qui utilise les eclats de la lumiere du soleil refletees par un miroir, pour envoyer des messages a grandes distances: l'heliographie. L'heliographie est aussi une forme de la photographie qui date de 1822, de Joseph Nicephore Niepce (1765 - 1833), un pionnier de la photographie, qui a defini l'heliographie comme "ecrire avec le soleil": il a couvert une gravure en cuivre avec une plaque de fer blanc, saturee de l'huile de lavande et un vernis de bitumen, laissee au soleil pour plusieurs heures, ce qui a produit une image, et en 1827, il reussit de faire la premiere photo d'une vue de son studio apres l'avoir exposee a la lumiere de cette facon pour plusieurs jours. En 1829, Niepce decrit ce processus dans sa treatise "Notice sur l'heliographie". C'est le processus de l'heliographie de telecommunication qui me rappelle specifiquement a ce lien affectif - litteraire - artistique que represente pour moi l'esprit et coeur tolerant et inclusif kabyle. L'heliographie est une forme de communication instantanee a grandes distances jusqu'a 160 km, utilisee pendant la fin du XIXeme et le debut du XXeme siecles, dans les domaines de la protection forestraire, des exploits militaires, et de la topographie. L'heliographie utilise les eclats de la lumiere du soleil en utilisant des angles d'un miroir qu'on couvre et enleve avec l'aide d'un obturateur pour envoyer des messages en code Morse. Quand le soleil apparait ici au jardin, dans notre region qui recoit beaucoup de pluie surtout en automne et en hiver, la sensation de recevoir un heliographe quand les nuages s'ouvrent pour reveler le soleil, m'est tres reelle, quand cela se passe au meme moment que je pense a la Kabylie, est tres fort, emouvant. C'est une sensation qui parait etre une affirmation de cette doublure interieure, de me savoir hebergee, inclus, dans l'espace accueillante de la Kabylie, qui m'unit le coeur et l'esprit de mon monde poetique - artistique, qui de facon symbolique me laisse savoir qu'elle m'entend, m'aime, avec cette heliographie de l'ame, qui me permet lui partager comment encore et encore, elle, ma mere spirituelle, ma Kabylie eternelle, m'unit les mondes avant si loin l'un de l'autre, si seul chacun, de ma vie exterieure et ma vie interieure, qui pres d'elle, se savent chez soi, reunis, en paix, comme un des vaisseaux complexes de Maarten Vrolijk, qui expriment cet equilibre exterieur - interieur qui est a l'origine de l'energie creative abondante, vibrante, qui depuis m'inspire et traduit ses messages de son esprit et sa sagesse, me venu de loin, des rives de l'Afrique du Nord, pour s'unir a ma voix de poete en exile. L'ecrivain russe Fyodor Dostoievski (1821 - 1881) a dit dans son livre "  Le Crime et Le Chatiment" (1866): "La douleur et la souffrance sont toujours inevitables pour l'esprit intelligent et le coeur profond." La Kabylie et son coeur, son esprit, me permettent de connaitre maintenant, des moments de grand bonheur comme etre humain, comme poete et ecrivaine et artiste, grace a sa tolerance et son accueil de ceux, qui comme elle, ont connu, et connaissent la profondeur du chagrin, et qui trouvent la force et la volonte d'y former, a son centre, la paix interieure, de decider de vivre avec joie, avec courage, avec conviction, avec l'energie inebranlable de la passion tetue de l'espoir.   

Trudi Ralston  


L'information sur l'art de Maarten Vrolijk (1966), courtoisie de Wikipedia, et de l'article qui se trouve dans "Objects With Narratives", de 2026, qui inclut la liste et plusieurs pieces de l'art de ses expositions mondiales des dernieres annees. La recherche sur l'heliographie, courtoisie egalement de Wikipedia, ainsi que l'information sur le passage du livre de Fyodor Dostoevski, "Le Crime et le Chatiment", que j'ai trouvee en anglais, et traduit en francais pour le but de cet article.   

Monday, March 2, 2026

La Fissure dans la Lumiere: Le Sourire du Phenix - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             Il y a un lien puissant entre le monde des arts visuels, comme la photographie, le film, la sculpture, la peinture, et le monde des arts litteraires, comme le theatre, la poesie: ce que l'image suggere, les mots definent, comme un pas de deux qui illumine l'experience humaine dans le contexte de ses expressions culturelles - historiques. J'ai grandie en Flandre, entouree des mon enfance du monde des arts: la photographie, la peinture, la sculpture, la musique, de la part de mon pere amateur photographe, mes deux oncles artistes peintres, mon oncle sculpteur, mon cousin musicien, sans compter plusieurs amis aussi de la famille qui etaient artistes. Comme enfant, et apres, comme jeune adolescente, me trouver dans ce monde creatif, bohemien, rebelle, etait une experience durable, qui a definie grandement mon caractere curieux, inquiet, qui avait un appetit pour explorer, comprendre, apprendre, et qui notait que ce monde d'adultes eccentriques, me tolerait parceque j'etais comme un sphinx: j'observais, je notais tout, et je ne disais presque rien, comme un archeologue qui observe, catalogue, prend des notes, et apres fait ses conclusions. Meme a un tres jeune age, j'avais l'habitude de rendre nerveux a certains adultes. Je me rappelle en fait tres bien, cette habitude que j'avais de savoir m'insinuer dans un groupe d'amis de mon pere, ou de famille, et d'ecouter pour des heures en silence, leurs echanges sur les arts, le monde, l'histoire, le comportement humain. C'est en fait cette immersion volontaire dans le monde confusant et contradictoire des adultes, qui m'a fait chercher le monde des livres, qui m'a fait comprendre la complexite du mot, et aussi de l'image, comme traduction des deux. Partir a l'age de 19 ans pour les Etats Unis, m'avait eloignee non seulement des rives de ma terre natale, mais aussi de cet entourage du monde des arts, et de ses adultes qui etaient les acteurs en images et mots, de ce theatre fascinant que je m'avais adoptee comme refuge des un tres jeune age. Ce vide abrupte, laisserait ses traces, et je me trouverais face a l'effort penible de ne pas me perdre dans l'indifference que sait generer l'exile quand on s'y met seul, comme un acteur qui se trouve sur une scene pour la duree d'un monologue, qui dans mon cas, durerait des decennies. Des decennies, pour retrouver mon identite, pour me rendre compte du besoin si fort de ne pas laisser mourir ma voix de poete, mon desir de m'exprimer en prose, en art aussi, de me definir, de sortir de l'oubli, de ne pas disparaitre dans le vide de l'invisibilite linguistique - sociale - culturelle. La Kabylie a changee cette penible realite, si longuement supportee. Presque 10 ans plus tard maintenant, ma voix litteraire est active, sure dans l'expression de son energie, de ses visions. Je vis dans la joie de me savoir unie, en coeur, et esprit. Presque 10 ans plus tard, la Kabylie est devenu une presence formative, transformative quant a la facon de m'exprimer dans mes textes de prose et poesie, et dans mes dessins et broderies qu'elle m'inspire. Le lien au centre de cette evolution creative de ma personne, est depuis le debut de 2020, l'inspiration que me donne la photographie de Nacer Amari de Tassi Photographie, qui a su construire un pont de traversee litteraire - artistique unique entre nos deux mondes creatifs de divergentes origines, qui sait unir ses expressions flamandes - kabyles avec energie decisive et dans ce processus raconte une histoire riche en contextes, en matieres, en affirmations individuelles et mythologiques, artistiques - litteraires et culturelles. La fissure dans la lumiere, est l'idee qui m'est venue pour cet article: c'est a dire, cette entree fortuite, de grace, de volonte, recue quand l'esprit creatif s'unit a l'empathie, a cette capacite, comme le possede et inspire mon collegue photographe Nacer Amari, de comprendre et partager les sentiments autrui, dans ce cas, ceux de ma personne exilee, habituee a l'isolation, l'invisibilite, et qui dans cette collaboration avec lui, a recu la chance de ramasser les pieces fragmentees, eparpillees de mon ame de poete et d'artiste, de me construire une facon de me former une langue creative, nee de sa capacite de mon camarade artiste Amazigh, de voir, d'entendre les mots si longuement prisonniers, ne pas dits, de tants de poemes, de tants d'histoires, de tants de memoires, condamnees a l'oubli. Pendant ma recherche pour cet article, j'ai voulu trouver une sculpture, qui pourrait illustrer ce que la Kabylie dans ce sens signifie pour la revolution creative, sa liberation de mon etre artistique - litteraire. J'ai trouvee les sculptures d'un artiste francais de naissance australienne, Gil Bruvel (1959), qui a vecu en France, en Hawaii, et qui vit et travaille maintenant au Texas, ou son art est bien recu. Ses sculptures, sont ou en bois, ou en acier, et se sont ses sculptures, grandes en taille, faites en blocs de bois qu'il unit en portraits de plusieurs couches, qui ainsi donnent un effet de portraits pixeles, qui creent une energie de reflection, de paix, souvent avec l'expression d'un sourire enigmatique qui m'ont impressionnees. Pour moi, les blocs qui sont les pieces qui unissent le visage de la sculpture, representent les pieces de mon etre creatif que la Kabylie a su joindre, m'en a inspiree les mots unifiants, qui ont vu leur reflection dans le miroir des images, des portaits narratifs de Nacer Amari, et son art qui est pour moi la presence tangible, rassurante, clarifiante, precisante, qui a su unir - et qui continue de le faire - les pieces de l'histoire de ma vie complexe etendue entre trois rives. Un lien creatif qui sait surmonter la distance geographique de 3 continents, et qui met en equilibre le temps, et ses demandes. La Kabylie a changee tout, sa magie spirituelle est incontestable: elle sait que le monde exterieur perd sa force, face a la profondeur et sa puissance du monde interieur que savent creer les arts, cette ultime defense contre l'absurde des contradictions existentielles. Le poete libanes - americain Kahil Gibran (1883 - 1931), a dit dans sa collection celebre d'aphorismes "Le Sable et l'Ecume" (1926), comme s'est triste d'avoir la main tendue pour donner, quand personne ne la recoit. Ainsi j'ai sentie pour des decennies, le chagrin de vouloir exprimer ma voix, et de la voir rejetee, niee avec tant d'insouciance, me laissant dans le vide d'un pays vaste qui evince l'esprit sensible. La Kabylie et la sensibilite artistique, intellectuelle - spirituelle et sociale de mon collegue photographe d'Aokas, m'a rendue visible, lisible les indices de mes inspirations poetiques et en prose, m'a su traduire leurs symboles, partiellement egarees, souterraines, comme dans les fouilles archeologiques, ce qui me permet ainsi de re - construire les pieces pour les mots necessaires de m'exprimer mes visions, mes inspirations, et de me construire une nouvelle langue: celle de l'integration coherente de mes experiences, comme enfant et adolescente en Flandre, et comme etudiante universitaire au Texas ou jai vecue pour 10 ans, et comme adulte avec mon mari et mon fils ici a Washington State ces derniers presque 40 ans deja. Savoir unir l'esprit et l'ame, comme le sait faire la sagesse du coeur Amazigh, personnifiee pour moi, dans l'art et son amitie de mon collegue photographe, vaut l'affirmer, le reconnaitre. Les sculptures emouvantes, paisibles, reflexives de Gil Bruvel sont pour moi une belle illlustration de cette unique transformation que me permet vivre, explorer et celebrer, la force reelle de l'esprit kabyle chamanique, quand il touche le coeur, l'ame autrui, comme dans mon cas, de poete en exile en detresse, qui me voit depuis, libre de l'agonie du feu brulant et du gene de ses cendres, de pouvoir voler, comme le phenix, le cri fier, grace au bonheur de connaitre la joie, le delire, de me savoir, apres tants d'interminables defis: un, entier.  

Trudi Ralston   

Friday, February 27, 2026

L'Indice Improbable: Le Revers de la Medaille - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Recemment, un ami kabyle m'a fait apprecier la valeur d'ecouter les silences qui occupent notre monde interieur, son coeur, son esprit, dans tout calme, sans les definir trop, sans ni les fuire, ni les amplifier leur sensations, leur physicalite inevitable, qui vacilera entre la joie et son contraire. Ses mots soigneusement choisis, avaient dans leur rythme staccato rassurant, l'echo du grand Sud algerien. Des semaines apres, je me rappelle cette echange, suite d'entendre une breve conversation entre une jeune actrice americaine, Kaley Cuoco (1985), dans son role de Cassie, qui travaille comme hotesse de l'air et la mere d'un ami qui lui voit sous stress a cause de complications dans sa vie professionnelle. La dame lui dit : "Qui en fait, a l'espace pour supporter le poids des decisions que font les autres?" dans la serie pour la television (2020 - 2022) "The Flight Attendant" (L'Hotesse de l'Air") de Steve Yockey a base d'un des 25 romans de l'auteur armenien - suedois, Chris Bohjalian (1962) qui vit et travaille a New York. C'est une idee intrigante, le fait que les choix que font les personnes qui nous entourent, donc, famille, amis, voisins, etrangers, collegues, proches et distants, laissent des traces sur notre vie, pour le bien et pour le mal, ce qui depend grandement des circonstances, et des temperaments qui influencent le sentier qu'on traverse sur le temps nous donnee sur cette terre. Les choix de parents, enfants, freres, soeurs, grandparents, paramours, qui ou nous rendent la vie plus agreable, ou plus difficile, et l'equilibre qu'on essaie de trouver dans ce va et vient souvent capricieux. L'effort qu'exige la volonte de surmonter les defis suite de traumes affectifs ou physiques, causee par l'indifference, la solitude, le mepris, l'invisibilite, le prejugement, la violence, la cruaute, la privation, est deja considerable. L'idee de devoir aussi porter le poids du fardeau autrui, invite la question de comment se liberer de cette situation, quand la personne ou les personnes en question, nous voient comme un moyen de se justifier le comportement, de nous voler la chance de suivre notre propre chemin, parceque c'est plus facile de nous y trainer, de nous absorber dans leur besoin de controler notre vie dans le contexte de la leur. Oui, cela parait innocent, quand en fait, tants de personnes, y compris moi, ne se rendent pas compte de cette realite trop commune, jusqu'a on observe, on note, de vivre ne pas la vie selon notre capacite uniquement individuelle, son energie, sa vision, son desir de s'exprimer, mais selon des modeles et ses experiences nous imprimees sur le coeur et l'esprit, parfois des un tres jeune age, qui nous limite la force, la liberte de notre personne. Il y a une sculpture imposante en bronze, geante en taille, de l'artiste americain et aussi musicien a un temps, "Phoenix Rising", qui veut dire "Le Phenix Renaissant" de John Hair, mondialement connu depuis 1998 pour ses impressionnantes sculptures qui celebrent l'energie et la volonte creative et spirituelle humaine des differentes cultures et leurs expressions. La force de cette sculpture du phenix imposant, m'a fait penser au poids que laisse derriere soi cet oiseau de fable. Le poids qu'il sait lacher, abandonner, dans la douleur que lui exige le feu, les flammes, et que ce defi de surmonter les problemes, les traumes de notre vie, cette tourmente inevitable quand on trouve le courage de faire face a nos limites, a nos souffrances et leurs origines, leur racines, qui permet qu'ils se voient finalement reduites a des cendres, perdent leur puissance, le poids de leur sortilege. Reduit a des cendres, libre des illusions, des obsessions, l'esprit peut se reconstruire, le coeur peut renaitre. Et noter, que dans les cendres, il y a les traces aussi des impositions y mis par toute une parade de personnes qui en mesures de degres differents, nous avaient limitee, changee, enlevee, les elements de notre energie vitale. Savoir la recuperer, reparer, sans rancune, sans regret, et avec interet envers le processus que ce courage demande, m'a pris toute une vie, de recevoir la chance d'en comprendre son importance, sa grace. L'ami en Kabylie me l'a fait comprendre dans le contexte de la patience, de la confiance. La mesure de cet effort comme celui d'un indice improbable, qui accepte le cote avers et le cote revers de la medaille qui raconte l'histoire de notre vie, qui en accepte le fait que ne pas tout sera compris, rendu evident, resolu, et que ce qu'on sent, quant a emotions intimement les notres, n'ont pas necessairement besoin de se manifester en dehors des confins silents du coeur, qui a sa propre facon d'integrer son histoire, confiee aux esprits, loin du bruit du monde. C'est une belle philosophie, que m'a partagee mon ami kabyle: savoir apprecier le vecu, en silence, en humilde reconnaissance. Qui, alors, peut se permettre, l'espace pour le poids des choix que les autres personnes sur notre route nous avaient fait supporter, une fois qu'on comprend toute la joie profonde, silente qui peut y prendre sa place, dans l'espace liberee, reveillee, de notre coeur, de son souffle, de sa dignite? Cette lecon kabyle, me rappelle les mots du poete moderniste autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926): "Les moments quand quelque chose de nouveau nous a touchee, quelque chose avant ne pas connue; nos sentiments se rendent muets en timide gene, tout en nous recule, un silence se presente, et la nouvelle experience, que personne ne connait, se trouve au milieu de tout ca, et ne dit rien." 

Trudi Ralston   


    

Monday, February 23, 2026

L'Arrivee: L'Ame Accomplie - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             La sensation agreable, chaude, de la premiere tasse de cafe le matin, parait doublement satisfaisante et rassurante, les jours de pluie froide dont on a pleins ce mois de fevrier ici a Olympia. Cette fois, le rite familier etait accompagnee par la meme melodie distante de folk, d'une voix feminine qui jouait dans ma tete, et de qui je ne pouvais pas entendre les mots, seulement en sentir leur chant melancholique, reflexif, qui lui etait affirmee par le rythme d'une guitare. Ce fut la meme melodie distante qui m'avait inspiree le theme de l'article "Le Passager Reticent: Le Refuge de la Boite a Ombres" de juste l'autre jour. J'etais surprise encore, par l'insistance de la melodie, de sa presence depuis plusieurs jours de suite maintenant. Ce qui m'a attiree l'attention cette fois, fut la sensation joyeuse, d'une sorte de bonheur profond, intime, de me sentir l'ame chez soi, de me sentir unie, a l'histoire de ma vie, de connaitre pour la premiere fois dans ma vie, la satisfaisante sensation d'accomplissement de savoir mon ame finalement arrivee chez elle, ne plus isolee de son etre, ne plus une quantite mal definie, inconnue a elle meme, suite de l'effort m'exigee de ne pas disparaitre de moi - meme, de ne pas abandonner l'espoir pour tants d'annees, et de continuer de croire, qu'un jour je serais libre de l'hypnose epuisante de juste survivre, et de souhaiter qu'un jour, au lieu de survivre, je recevrai la chance de vivre, pleinement, de me retrouver, definir, finalement. J'aimais beaucoup cette sensation de me sentir en paix, le coeur tout chaud, comme le cafe dans ma tasse, ce matin ou le froid dehors me paraissait loin, ne me toucheait pas. La melodie dans la distance, qui resonnait dans mon coeur, a commencee a me donner les mots pour un poeme, et le mot au centre etait en anglais: "home", donc, "chez soi, a la maison", suivie par le mot "Kabylie", qui m'a laissee avec un sourire, car, cette arrivee de mon ame, est grandement liee a la Kabylie, et tout ce qu'elle represente pour moi comme ecrivaine - poete et artiste depuis 2017. Cela m'a pris toute une vie pour recevoir la chance de decoder la carte routiere que m'avait laissee le destin de me trouver loin de mon pays natal depuis l'adolescence, et d'avoir du faire face a un scenario chaque fois plus deconcertant, qui me laisserait la seule personne survivante de mes parents, frere et deux soeurs, tous disparus dans des circonstances tragiques qui me rappellent les pieces de theatre du dramaturge russe Anton Chekhov, et meme de Fyodor Dostoievski, quant a la lourdeur psychique des circonstances de leurs morts. Parfois, meme comme enfant deja, j'avais l'impression d'etre une enfant adoptee, qui se sentait mal a l'aise dans ma famille, car il y avait toujours trop de questions, et rarement depuis, des reponses quant a la chaine des evenements qui allait me laisser seule dans ce vaste vide ici, plus loin que jamais d'une chance de resolution, de tourner la page. C'est tellement satisfaisant alors, cette sublime emotion de me sentir centree dans mon ame, de la sentir chez elle, en paix, de voir clair dans la voie du destin, et de comprendre que c'est la presence culturelle - spirituelle - affective de la Kabylie, qui m'a montree comment me reveiller la voix de poete rendue si longuement muette. "Home", je suis chez moi, en coeur, en esprit, en ame, et c'est un bonheur que je n'ai que connue brevement, comme enfant, et brevement encore, comme adolescente, grandement grace a l'apprentissage de mon oncle artiste peintre Frans De cauter, a l'instruction dans le monde vaste de la litterature du monde que m'a donnee mon pere, grace a la tendresse de ma Nanou Julienne, de ma grandmere paternelle Celina Dujardin, avant de partir pour mes etudes aux Etats Unis, immediatement apres avoir finie mes etudes de lycee. La fragmentation de mon etre toutes les annees depuis avoir quittee Flandre, avait laissee ses traces, et m'avait permis aussi des avontures, de voyages inoubliables, au Mexique, l'Afrique, l'Amerique Centrale, et la joie de devenir apres de m'avoir mariee, mere d'un fils maintenant adulte et ecrivain comme moi. Un fils qui est gentil, et qui est une presence de grande affinite envers mon monde creatif et les efforts de le realiser, que l'introduction a l'Algerie et la Kabylie en 2017 a su affirmer avec elan et grace. "Home": ce sentiment d'accomplissement que la Kabylie me laisse au coeur, et qui m'a inspiree ce poeme, me venu en anglais, ce qui en soi est une revelation, car avant de connaitre a la Kabylie, avant 2017, ma memoire "Lioness in Exile" de 2012 - 2015, ecrit en anglais, avait a son centre deux breves collections de poemes ecrits en francais, car ecrire en anglais me fut penible, fut une sorte d'exercise punitive, ou je me sentais mal a l'aise dans l'effort affectif de m'exprimer, tandis que les poemes ecrits en francais, me rapprocheaient au desir de me sentir proche a l'Afrique du Nord, et avaient un sens meme de premonition, de l'importance future que la culture des Imazighen allait avoir dans le reveil de ma voix litteraire. Ma memoire "Lioness in Exile" fut ecrite entre 2012 - 2015, et publiee en 2015, deux ans avant mon introduction a la Kabylie, et son titre est une reference a mon identite flamande, car le symbole du drapeau des flamands est un lion rugissant en silhouette noire sur un fond brillant jaune. "Home"... chez moi, au centre de mon ame, grace a la presence kabyle dans ma vie depuis 2017, et libre, inspiree par ma muse berbere comme ne jamais avant. Ce poeme, je le partage en anglais, avec son message ainsi me partagee, et apres je le traduis en francais, pour l'offir en honneur a ma famille de coeur en Kabylie:


My Soul is Home at Last  


It seems, I was born to feel ill at ease, so often a stranger in my own space, never sure where to turn to find out if I belonged, if I was family, or just an accidental guest. 

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It is no wonder then, I was so eager for adventure, for Odysseus' passionate quests, to leave behind the pieces of a puzzle that would not fit, to try and see who I was to be. So many stories, so many voices, and none were my own, none got me home, none embraced my heart, my soul. 

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So many seasons, so many roads, so many rivers whose flow left me weary, so many echos left unanswered. The signs all pointed to more years of challenges to solve, more lonely paths to travel.

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But, for those who weather the bitter storms, the winter's grip eventually will pass, and I am now home, my heart and soul at ease, my poems' visions and melodies free, to dream, to be, warm, at peace.  

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Home, to be, to write, to figure, where I've been, and what I have seen, to hear the songs that soothe my heart, that finds strength and joy in North Africa's spirit and respect: Home, to love, to sing, to breathe, to sleep with ease, that with and to you, I belong, heart, body and soul, now that the spell is broken, that I am no longer alone.  

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Home: in the light of the Berber smile, in the stillness of the fire lit beneath your moon and stars. Home in the traces of your steady steps, in the resolve of your courage, in the glow of your tenderness and your love, to live the soothing rythms of seasons that now guide my memories and their visions, that your ancient wisdom reveal to me and decipher. 


L'Arrivee: L'Ame Accomplie


Il parait, que j'etais nee pour souvent me sentir mal a l'aise, dans l'espace me donnee pour mon etre, ne jamais sure ou aller pour apprendre si j'appartenais, si j'etais famille, ou etrangere toleree. 

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Ce n'est pas surprenant alors, que je chercheais l'avonture, de suivre les explorations passionnelles, comme le faisait Ulysse, de lacher le puzzle et ses pieces irregulieres, d'essayer de voir qui c'etait que j'etais supposee de devenir. Tants d'histoires, tants de voix, et aucune etait a moi, aucune m'a embrassee le coeur, l'ame. 

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Tants de saisons, tants de sentiers, tant de rivieres qui m'ont epuisees, tants d'echos sans reponse. Les signes menaient a encore d'autres annees de defis a resoudre, d'autres traversees solitaires a croiser. 

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Mais, pour ceux qui font face a la tempete d'hiver amere, sa tourmente finit par se calmer, et maintenant je me trouve chez moi, le coeur et l'ame a l'aise, les visions et les melodies de mes poemes claires, transformees. 

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Chez moi, arrivee, pour etre, pour ecrire, pour entendre les chants anciens qui bercent mon coeur, pour trouver la force et la joie dans l'accueil et le respect que me donne l'Afrique du Nord: Chez moi, accomplie, pour aimer, pour chanter, pour respirer, pour dormir tranquillement, et comprendre qu'aupres de toi, je m'appartiens, car le sort et sa solitude implacable, finalement, j'ai su briser. 

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Chez moi: dans la lumiere du sourire Berbere, dans le silence du feu de bois sous sa lune et ses etoiles. Chez moi, sur les traces de tes pas surs, de ta resistance, de ton courage, dans la confiance de ta tendresse et de ton amour, dans le rythme de saisons qui maintenant me guident la memoire des visions que ta sagesse ancienne me revele, me resout. 

Trudi Ralston   


"Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." - mots de l'actrice danoise Connie Nielsen (1965) comme Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, a l'acteur Russell Crowe (1964) dans son role du general romain, Maximus, dans le film "Gladiator" (2000) du realisateur et producteur anglais, Ridley Scott (1937).   


       


Saturday, February 21, 2026

Le Passager Reticent: Le Refuge de la Boite a Ombres - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            La sensation d'etre hebergee dans le monde de mes poemes, de mes articles, de mes livres, et de mon art qui me lient a ma muse qui m'a menee vers le coeur et l'esprit de la Kabylie, est intimement unie a la paix affective, interieure de ma vie, n'importe la distance geographique qui me separe des rives de l'Afrique du Nord, qui neaumoins m'accompagnent depuis mon adolescence, et meme mon enfance. L'Afrique du Nord vit comme une melodie sure dans mon etre, il parait, depuis toujours, quoique le destin me ferait attendre 48 ans, avant de lui voir ses rives en personne, d'admirer ses montagnes de l'Atlas, d'entendre les voix Berberes de ma famille de coeur en personne finalement pendant mon sejour en Kabylie en 2019, ses rythmes et melodies, que j'avais entendu d'abord dans les chansons du troubadours Idir, et du poete et rebelle immortel Matoub Lounes. Me sentir proche au coeur kabyle, a son esprit resistant, sa capacite pour la sagesse et l'humour, pour l'accueil, la tolerance, la charite, est un elixir guerisant, qui parait posseder une influence alchimique sur mon energie creative, un mystere du destin, qui continue de m'inspirer mon monde creatif, comme un chaman benevolent, qui m'attendait longtemps avant de lui rencontrer, comme si l'esprit kabyle savait que seul sa vision allait me reveiller la voix de poete. Vivre dans cette aura chaude berbere, m'a fait penser a son contraire, a ces moments quand le monde en dehors de cette oasis intellectuel - creatif - spirituel - affectif, recule, se sent loin, quand les angles moins agreables de la vie brusquent ma realite quotidienne, melange une ombre obscure dans les couleurs brillantes, de joie, de l'espoir, du courage, et laissent un gout de metal, froid, amer, une sorte de nausee, de separation cruelle, qui m'arrache, qui brevement me rend a nouveau invisible, inaudible. C'est une sensation douloureuse, impuissante, une sorte de breve hallucination, comme le frisson d'un cauchemar en plein lumiere du jour, qui heureusement, ne dure que brevement, quelques heures, quand apres, la blessure psychique se calme, s'eteint le feu de sa brulure. J'essaie de comprendre la sensation penible, d'inconsolable solitude, qui parait dans ces moments de m'avaler, de me faire disparaitre dans le neant, de me dissoudre, effacer. Comme est souvent le cas dans ces moments, j'essaie de donner un contexte, de rationaliser l'experience, et pour la premiere fois, grace au toucher affectif - spirituel gentil kabyle, qui me ramene toujours a cette plage paisible, son sable et ecume, qu'est pour moi son coeur patient, j'ai pu me l'expliquer finalement cette fois, cette sensation de perte qui va et vient, en pensant a une idee d'une boite a ombres artistique, et de comprendre en meme temps aussi, que la Kabylie et son esprit dans ces moments de peine devient le sable, qui s'unit a l'ecume, donc, qui m'unit le monde affectif et creatif, leur calme la tempete, l'inquietude. Une boite a ombres est un cadre avec une facade transparente de protection, dans lequel on etale des objets qui ont une importance affective, artistique, historique: des lettres, des bijoux, des pieces de monnaie, des timbres, des manuscrits, des portraits, des peintures, des dessins, des photos, des souvenirs precieux, d'une personne aimee, d'un voyage. L'idee d'une boite a ombres, me parait un beau symbole, pour exprimir en mots la sensation de ne pas aimer de me sentir vulnerable, en dehors de son cadre, de son ciel et sa terre de mon monde affectif - creatif, que m'heberge, me soigne, la presence chamanique de la Kabylie. De ce pays de l'Algerie, des enigmes de sa nature qui embrassent eternite et courage, beaute et silence, que couvrent l'histoire de ses montagnes, rivieres, villages, champs, oasis, villes, Sahara, et tresors archeologiques, sur une espace immense de 2,381,740km2. L'accueil de la Kabylie me raconte l'histoire de ma vie, la met dans un contexte croyable, reel que, pour la premiere fois dans ma vie, je comprends, je vois expliquee, unie, comme dans une boite a ombres, ou elle m'apporte les elements, les objets, pour ainsi le dire, les symboles des experiences marquantes de ma vie, qui m'ont menee vers les rives des Imazighen. La boite a ombres que me construit le coeur kabyle, ou s'unissent les images, des moments, des personnes, des epreuves, des revelations, des graces, qui me font comprendre que la grande quantite de patience, d'annees de defis, a une clef qui ouvre la porte vers la rencontre qui serait le miroir de mon ame, qui m'apprendrait les mots, la vision unifiante pour me donner la langue et ses mots de mon monde interieur, et la voix de l'exprimer, de le decrire, de me definir l'experience poetique - artistique, de la sentir, de la vivre. La boite a ombres, me cree par l'esprit et ses melodies de la Kabylie, pour me donner le moment de passer l'epreuve qu'exige la metamorphose, pour me trouver libre de l'oubli, de l'hypnose de l'anonymat, du traume d'etre effacee, niee. Pendant cette exploration de comment exprimer cette sensation de la boite a ombres, j'ai trouvee la beaute delicate et precise de l'art d'une jeune artiste americaine tres devouee a sa vision creative: Daria Aksenova, qui travaille et vit a la ville de Houston, dans le sud de l'etat de Texas, ou j'ai vecu pour dix ans, pour mes etudes universitaires du bachiller et de la maitrise en histoire et litterature. Ses boites a ombres sont le resultat delicat de plusieurs couches de dessins fins en encre, qu'elle sculpte en personnages de fantaisie, feminins, qui racontent les defis qu'elles surmontent, que l'artiste exprime de facon symbolique. Ses boites a ombres sont emouvantes, d'un style esthetique et beaute qui implique un esprit patient, precis, de sensibilite affective et narrative unique, qui touchent le coeur. Ainsi est pour moi l'accueil de la Kabylie, de la collaboration artistique - litteraire avec mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari, qui me sait faire une synthese coherente de mon odyssee litteraire - artistique, de les rendre visible, tangible, etalee de facon concrete, chronologique aussi, qui me laisse savoir que ma personne n'est pas une silhouette de quelques lignes faites pour un dessin distrait, mais revele une ame, un coeur, une personne complete, trois dimensionnelle, qui a recue les mots pour les melodies de ses inspirations, ses experiences difficiles, exigeantes, et les a vu s'unir, prendre expression, a cote de la sensibilite unique de la culture des Imazighen, de sa culture kabyle de l'Algerie, qui m'a adoptee, comme sa fille flamande en exile aux Ameriques, comme fille de son sang, de son ame, pourque je pourrais recevoir et voir naitre la mienne, fiere, libre, et etre introduite a la totalite de mon identite, a cette sensation enivrante, encore si nouvelle, si puissante et emouvante, de cette metamorphose et sa liberation radicale de ma personne, me niee pour si longtemps.   

Trudi Ralston 


"Si tu veux la lune, ne te cache pas de la nuit. / Si tu veux la rose, ne fuis pas de ses epines. / Si tu veux l'amour, ne te cache pas de toi - meme."                                                                                                      Jalal al - Din Muhammad RUMI (1207 - 1273), poete et mystique Sufi perse.   

Tuesday, February 17, 2026

Tenir les Fantomes a Une Distance / Keeping the Ghosts at Bay - dans la serie "Au carrefour des Rencontres"

              Apres plusieurs jours de soleil en plein mois de fevrier ici, qui donnait l'impression que l'hiver avait pris la decision de fuire soudainement, un froid glacial s'est mis sur la region, qui a enlevees les couleurs joyeuses mises par un soleil amoureux, et laissee le ciel a nouveau gris, tremblant sans son manteau de printemps festif. L'impression visuelle du jardin saturee d'une palette aquarelle pale, lavee dans une eau qui laissait le ciel avec les yeux tristes comme ceux d'une personne qui essaie de supprimer les larmes, m'a fait entendre au fond de mon coeur, la melodie melancholique d'une voix feminine d'une chanson ancienne folk, de laquelle les mots venaient de trop loin, comme d'un echo, de qui leur message se perdait dans la distance. La melodie etait insistante, tetue, determinee d'attirer mon attention, et a finie par se manifester avec la sensation visuelle de personnages d'une piece de theatre imaginaire, de fantomes, qui se chercheaient les esprits leur perdus dans le passage du temps, dans l'indifference du monde quotidien, inconscient de leur presence, qui venait hanter la mienne, ce matin de froid qui avait rendu le temps immobile, seduit par la melodie qui jouait pour le monde silent qui heberge les histoires et leurs experiences du coeur. La melodie m'est venu en anglais, et apres je l'ai traduit en francais, car c'etait un de ces moments de mystere, quand les douleurs du passe se trouvent pour moi face a la grace du coeur kabyle, de son accueil de l'esprit de mon collegue photographe Nacer Amari en Aokas, qui voit de loin la blessure de ces echos lointains me laissee par l'exile et ses demandes, ses pertes, et qui la soigne, la lave avec gentillesse, et sait chasser les fantomes et les cris de leurs cauchemars qui essaient de briser les murs de defense, que j'ai du construire contre leurs invasions, pour les convaincre de me laisser en paix. C'est lui, qui comme le forgeron Hephaistos, sait transformer la menace des fantomes, les garder a une distance, qui sait me trouver, me guider, vers le sentier du present, de continuer de briser le sortilege de trop d'annees de silence. Je dedie alors ce poeme, son chant a lui, ce camarade resolu, de vision claire, qui sait voir derriere les murs que je continue de demolir, une pierre lourde a la fois, pour decouvrir la joie des espaces ouvertes que j'y decouvre, de ces portes et fenetres qui invitent pleine de lumiere, d'air frais, de ciels bleus et soleil brillant, que l'ame de la Kabylie me donne, avec chaque geste de son esprit, de son coeur ancien, tolerant, eternel: 


Keeping the Ghosts at Bay 


It seems that some things just have a habit of insisting, of wanting to come and haunt, of showing up like a cold winter's day, just when you thought spring was here to stay. 

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Oh, I never see you coming, rattling your rusty chains, dragging them on the path where I was meeting the sun, where the sky was painting over the grey rain and its wet, heavy ways. 

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Here you are again, wanting to close that bridge, block my way, to where the Berber heart and its smiles, its resilient spirit meets my fiery Flemish soul, to decode the hieroglyphs that unite the history of the poets' quest. 

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How do I keep you at bay, you who haunted for so many years my nightmares, made them spill over into the hopes of my dreams' resolve during the day?

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It took so long, to be able to stand my ground and to see you back away, it took such courage, such will to stare you down, to grab that bow and arrow of resolve, and break the power of your spell.

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It was the Touareg warrior I saw as a child in my father's librairy magazines, that reassured me that the necromancers would not win. It is the strong voice of the Imazighen that heard my own, that gave me the key to free me, a Flemish lioness in exile, trapped on distant shores.

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The sun knows my heart, as it calls upon the light on the shores of Kabylie, upon the might of its ancient spirits, and Ra nods and lets me know, that the burdens of my soul are now one with the might and courage of the kabyle poets and warriors. 

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Keeping at bay the ghosts that only know where to find me, on those rare days now, when the sun and heart of Kabylie's shores and mountains, is hidden behind the curtain of winter's sorrow as the sun tries to wake the world before the earth drowns in madness. 


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Tenir les Fantomes a Une Distance      


Il parait qu'il y a des choses qui ont l'habitude d'insister, de vouloir venir et agacer, de faire une apparence comme un jour froid d'hiver, au moment qu'on pense que le printemps etait venu pour rester. 

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Oh, tu m'a pris par surprise, secouant tes chaines rouillees, trainant leur bruit sur le sentier ou j'allais pour rencontrer le soleil, ou le ciel enlevait le gris lourd, que la pluie avait laissee.

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Te voila, essayant de couper la traversee du pont quand le coeur berbere et ses sourires, son esprit resistant rencontre mon ame de feu flamand, pour decoder les hieroglyphes qui unissent la quete des poetes. 

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Comment te tenir a distance, toi qui a hantee pour tants d'annees mes cauchemars, qui les a chassee l'espoir et le courage meme pendant le jour?

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Cela m'a pris si longtemps, de te faire face, de te faire reculer, cela a pris tant de courage, tant de volonte, de te faire baisser les yeux, de prendre cet arc et fleche de la resolution, de briser la force de ce sortilege. 

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C'etait le guerrier Touareg que j'ai vu comme enfant dans une des magazines du bureau de mon pere, qui m'a assuree que les necromanciens n'allaient pas gagner. C'est la voix resistante des Imazighen qui ont entendue la mienne, qui m'ont donnee la clef, m'ont liberee, lionne flamande en exile, enfermee sur des rives lointaines. 

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Le soleil connait mon coeur, quand il appelle la lumiere des rives de la Kabylie, appelle la force de ses anciens esprits, et le dieu Ra l'affirme, et me laisse savoir, que les fardeaux de mon ame pesent moins lourds unis au courage et sa puissance legendaires des poetes et guerriers kabyles. 

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Ainsi je tiens a distance les fantomes qui seulement savent me trouver les jours rares maintenant, quand le soleil et le coeur de la Kabylie et ses rives, ses montagnes, se cachent derriere le rideau du chagrin de l'hiver, quand le soleil essaie de reveiller le monde, pour assurer que la terre ne perisse dans le delire. 


Trudi Ralston




Friday, February 13, 2026

Le Regal: Le Temps qui Coule - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Le rythme du temps qui passe se parait dans certains moments a une energie organique, qui bouge, qui impacte tout sur son chemin, comme le sait faire la coulee de lave, durant la force d'une eruption volcanique. Le paysage apres y est different, et une fois calmee sa traversee cataclysmique, la faune et la flore s'adaptent a la transformation radicale, et recoivent une nouvelle chance, une infusion regenerative de l'histoire de leur ecologie. Le temps, dans ce sens, sait faire des ravages et des guerisons tout en un. Un des traits de vivre avec les limitations d'un exile de longue duree, je comprends tard dans cette realite que le destin m'a choisi de vivre depuis mon adolescence, est la revelation graduelle, presqu'au ralenti, comme une sorte de geste lent en mime, que le temps qui avance, si on sait faire face a la solitude unique, souvent invisible de l'exile, si on ne recule pas devant ses implacables exigences, ce temps a un certain point, aussi peut etre redonnee, par la grace de ce lien qui parait outre - monde pour sa synchronisite impeccable sur la route de notre vie, pour apparaitre a exactement le moment ou le temps chercheait me devorer le courage pour avancer, de detruire la determination de ne pas tressaillir sous la tyrannie qui chercheait enlever l'espoir, l'energie vitale de mes reves, de mes talents. Le monde des arts dans toutes leurs formes, de la musique, du theatre, de la danse, de la poesie, et de la litterature et ses genres, de la peinture, de la photographie, de la sculpture, de l'architecture, est cette espace qui sait reveler les limites du monde concret, qui invite le desir de franchir les plaines vastes et envoutantes du monde spirituel, invisible, de trouver une clef qui permet entree aux mysteres de l'existence humaine, au moins, brevement, et donne a boire au coeur, a l'ame cet elixir guerisant, riche, de se savoir unie a une realite plus profonde, plus sacrale que la realite purement concrete, purement physique. Meme quant au sujet de la tendresse, de l'amour, c'est dit que "L'amour c'est deux ames qui se touchent.", comme le proclame la chanteuse folk canadienne - americaine Joni Mitchell (1943), dans le chant "A Case of You" ("Le Cas de Toi"), de son album "Blue" de 1971. Ce cas illustre cette confluence entre le physique et le spirituel, que sait creer le monde des arts. Un des dons le plus ensorcelant que donne l'energie transformative des liens entre esprits et coeurs que sait generer le monde des arts, est celui de liberer, et une des formes de cette sensation d'une liberation radicale que donne la creativite et ses inspirations, et expressions, est le recul du temps, c'est a dire: la chance de vivre dans un present continu, ne plus soumis au passe, ne plus distrait par l'incertitude du futur et ses illusions. Le temps qui coule, et coule sans hate, sans peur, sans demandes, qui donne un sens de vivre en dehors de cette obsession de voir le temps comme un phenomene lineaire, plat. Le regal de recevoir la chance de vivre avec la conscience que le coeur et l'esprit, le corps, sont capables de s'entre - entendre, ne doivent pas suivre la conviction erronee d'etre en contradiction, en combat l'un avec l'autre, et qu'on n'est pas sous obligation d'accepter que les personnes avec qui on partage la vie, les amis, la famille, les collegues, ne voient que ou une dimension ou aucune dimension, de nous, et ne pas les autres: on n'est pas juste un corps, ni moins qu'on n'est pas juste esprit, et notre coeur et ame meritent ensemble avec notre identite physique, aussi leur place sur le theatre de la vie. Personne a le droit, de nous limiter, de nous effacer, de nous interdire, ni la vie et ni la joie et ses energies et expressions de notre personne physique, affective, sociale, intellectuelle, culturelle, linguistique au nom d'idees qui cherchent de nous effacer, de nous enlever notre identite, notre droit de vivre la vie de facon authentique, complete. Ce qui m'est rendu clair, ces presque 10 ans deja de dedier mes livres, et leurs articles et poemes, et mon art, a l'esprit unique de la culture kabyle de l'Algerie, c'est que je recois d'elle le regal immense, de recuperer les annees me volees par les exigences traumatisantes d'un exile long, cruel, qui m'avait volee la voix, l'identite, la chance de suivre l'appel des melodies de mes poemes, enfermees dans le noir de l'isolation, de l'indifference, d'une invisibilite tuante. Le temps coulait, me volant de ma jeunesse ne pas connue, ne pas permis, ne pas vecue. Le temps avanceait, comme une eau glaciale m'arrachant les racines de mon etre, ses reves, ses energies creatives. La Kabylie et le lien et amitie avec mon collegue photographe kabyle, ce chaman humilde, de sagesse chevronnee, inebranlable, continuent de tracer les lignes du sentier qui permet l'expression et sa liberation complete de mon etre poetique et artistique. Recemment, je comprends que ce regal inclut le don de recevoir la chance de vivre a fond, de les comprendre totalement ces annees supprimees de mon adolescence, de mon enfance aussi, de les pouvoir vivre encore, cette fois avec la perspective a 360 degres, toutes leurs influences formatives de ma vie en Flandre, et comment la Kabylie en sait illuminer toutes les nuances, tous les moments les plus importants, les plus decisifs, qui ont permis le reveil de toute une energie creative - litteraire qui etait fait en sketch, et mis a cote, et que depuis 2017, se fait, se manifeste, dans toutes ses dimensions, sures, faites sans hesitation, en encre, en couleur, pour ainsi le dire, de facon symbolique et concrete, et me permettent me voir dans la totalite, avec toutes les pieces unies, en harmonie, dans cette parfaite synchronisite de vivre 100% dans le present, fluide, libre. Sous le regard tranquil, sur, visionnair de mon collegue en Aokas, Nacer Amari, qui comme Myrddin Wyllt de la legende arturienne du Moyen Age, du Pays de Galles, ce poete troubadour - visionnaire du Xeme siecle, qui avait, comme mon collegue artiste kabyle, un grand interet dans le monde naturel, je recois la completion de mon apprentissage commencee en Flandre, qui se manifeste dans toute sa joie inattendue, vibrante, fiere dans ce lien kabyle et ses gestes artistiques - litteraires que ma muse me revele depuis. C'est une joie ne pas me connue avant, pour moi de connaitre ce bonheur, de savoir vivre dans la richesse du moment, comme poete, comme artiste, de ne plus etre prisonniere d'un passe penible, d'etre re - donnee les chances, des annees si longuement me niees, effacees, et d'etre ainsi introduite a la totalite de ma personne. Le temps coule maintenant, ne pas comme un courant destructif, mais comme l'eau d'une riviere claire, calme, qui touche sur sa traversee les melodies des rochers reflexives de ses rives, et qui leur voit les jours, les saisons, et qui sait que les eaux de sa traversee fait partie du monde des oceans, ne pas comme une entite anonyme, mais comme un de ses souffles, une de ses histoires, qu'elle a la chance de vivre, dans toutes ses expressions, dans toutes ses riches, uniques moments. Mon ame de poete respire, a pleins poumons, pour la premiere fois dans ma vie, grace a toi, ma Kabylie. 

Trudi Ralston        


"Do you think a soul can grow again?": "Tu penses qu'une ame peut se regenerer?" - mots dits par Iris, l'actrice anglaise Emma Laird (1998) dans son role comme victime du traite de personnes, dans la serie americaine pour television "The Mayor of Kingstown" (2021 - 2026), ou elle joue une des protagonistes a cote de l'acteur Jeremy Renner (1971), dans le role de Michael McClusky, qui se bat contre les defis du monde de la corruption, du crime et de la violence dans une ville fictive de l'etat de Pennsylvania, dans le nord - est du pays.