Saturday, January 17, 2026

Le Magicien Chanceux: Un Message en Code - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Un des effets qui donne a reflechir comme une personne qui a quittee mon pays de naissance a un jeune age, et le fait que petit a petit, toute ma famille, disparue toutes maintenant, m'ont suivie cette vie de la personne immigree, a travers 40 ans, est la paucite de souvenirs qui me restent, de mon enfance, de mon adolescence. Les souvenirs tiennent tous dans une petite armoire: quelques albums de photos, la plupart avec des photos prises pendant mes vacances en Flandre en ete, ou pendant les vacances de Noel, quand j'y allais de visite pendant mes annees d'etudes universitaires au Texas. Il n'y a pas d'albums de photos de mon enfance et adolescence, ceux se sont perdus dans le chaos de conflits de famille, duquels certains membres ont pris l'occasion de s'approprier les albums, les muebles, les peintures, toutes les antiquites precieuses de ma famille. Il n'en reste que la memoire, et ce vide, de ce vol de l'histoire de ma vie, de mes parents, de mes grandparents, et leurs parents. Trouver dans une petite boite dans mon bureau, 3 de mes petits carnets de poche de 1968, 1974 et 1975, a ouvert toute une vague d'emotions, de relire ces petits messages brefs dans les pages minuscules de ces journaux, me permettent revivre les moments de joie, de vacances a la mer, des visites a ma grandmere Celina - la mere de mon pere - des reunions de famille pour des anniversaires, pour le Nouvel An, des moments a l'ecole, les institutrices, la narration et leurs impressions de films marquants, de souhaits, de questions sur la vie... Trouver ces petits objets d'ecrits, avec leur couverture en noir et rouge de cuir verni de deux d'eux, et en un tissu rose - vert clair du troisieme carnet, a suscitee aussi le desir de les partager, de les comprendre, le plaisir de leur survie par hazard, et leur place symbolique et concrete, dans le contexte du regal me donnee par la Kabylie et par le lien avec mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari, qui m'a inspiree depuis 2019 toute une serie de livres qui celebrent a la fois les traces de ma vie reclamee depuis mon exile culturel aux Etats Unis, et la richesse de l'esprit et coeur kabyle et l'histoire de son peuple au centre des peuples Imazighen de l'Afrique du Nord. Ce lien avec la Kabylie, qui est un lien multi - dimensionnel, spirituel - creatif - affectif - culturel - linguistique - litteraire d'un pouvoir uniquement transformatif. La force transformative, vibrante de ce lien, recemment m'a fait comprendre une verite importante, liee a l'identite culturelle et historique, que la Kabylie et les cultures des Imazighen ont su garder intacte, depuis des milliers d'annees, face a des invasions, des guerres, remontants a l'Antiquite de la part d'empires et leurs ambitions coloniales qui sans cesse chercheaient d'aneantir la resistance des peuples originaires de l'Afrique du Nord, leur coeur, leur esprit, leurs ressources, leur mythologie, leur voix, donc, leur identite et son droit d'etre: on ne peut pas vivre son identite, son expression, son droit d'etre, comme personne, comme membre de la communaute humaine, sans avoir une voix, qu'on est libre d'exprimer. Et avoir ce droit humain, d'une voix qui est liee a la dignite humaine, a l'identite unique de chaque peuple, de chaque culture, de chaque personne dans cette famille de la race humaine, est essentiel pour pouvoir vivre une vie qui a la chance de s'epanouir completement, selon les talents que la vie nous a donnee, que ce soit dans la sphere sociale, politique, culturelle, artistique, scientifique, ou une rencontre de plusieurs interets, selon les opportunites qui se presentent dans le contexte de nos circonstances, selon nos inspirations, nos energies. Ce droit a une voix, donne aussi la chance de se maximaliser la volonte, cette force interieure qui sait creer des sentiers dans des circonstances difficiles, contraires, et qui sait unir, qui sait rendre concret les idees, les visions necessaires pour achever un but. Cette realisation que m'a rendue claire la nostalgie de toucher, de lire, mes minuscules carnets de poche, qui ont su survivre le demenagement de la Belgique de ma maison de famille au village ouest - flamand de Beveren, pres de la ville de Roeselare, vers une maison que d'abord mes parents ont achetee a l'etat de Arizona, dans le sud - ouest des Etats Unis, et apres une maison dans l'etat de Georgia, dans le Sud profond des Etats Unis, ou mes deux petites soeurs sont mortes et enterrees, m'a donnee ce moment d'une grande paix interieure, de reconnaissance envers l'esprit et coeur de mon collegue d'Aokas, d'avoir recue la chance de pouvoir me liberer de cette immobilisation emotionnelle engourdissante, dans laquelle ce long, penible exile m'avait laissee pour 40 ans. Ce manque d'une voix, comme poete, cette prison emotionnelle, invisible, mais lourde, etouffante, avait laissee un effet considerable, dans ma confiance de m'exprimer les pensees, les emotions, apres trop d'experiences de les voir niees, effacees, moquees, de la part de famille, de connaissances, de personnes jaloux de me penser une personne gatee, pour vivre aux Etats Unis, un pays qui projette une image vers le monde exterieur qui est bien differente quant a la realite de la vie de la personne quotidienne qui vit ici. J'etais effectivement, mise a cote, comme personne, comme poete qui revait de ne pas perdre a toujours l'energie de sa muse. L'introduction chanceuse a la Kabylie, a sa musique, a sa magnifique nature, a son art, a son esprit, a son coeur, en 2017, fut l'evenement le plus revolutionnaire de ma vie, quant a mon identite, mon reveil creatifs. Ce fut le moment de sentir, avec un frisson d'un espoir proche d'etre moribond, de mon ame si longuement blessee, bannie, que l'Afrique du Nord, qui me fascine depuis mon enfance, et mon adolescence, venait de me voir, venait de m'accueillir, venait de me donner les notes de la melodie de mon etre comme poete si longuement privee de sa voix. L'annee de 2026 me trouve avec 9 livres de qui leur energie creative et leurs inspirations celebrent cette naissance de ma muse, sa liberation, ces livres qui sont en contenu et force et creativite, directement liee a la photographie de Nacer Amari de Tassi Photographie, entre 2020 et 2026, et qui a generee 6 livres et plusieurs collections d'articles et poemes, entre 2017 et 2020, inspiree par la photographie des photographes kabyles Djamil Diboune, Katia Djabri et Lotfi Bouslah, et les inspirations de la nature pendant les randonnees des groupes de randonneurs kabyles enthousiastes de Les Marcheurs, et les CRAK et les Randonneurs du Sahel et les amities que la rencontre avec ces groupes m'a permis pendant mon sejour en Kabylie en septembre - octobre 2019. Mon prochain livre, "Les Ailes d'Aphrodite" sera pret pour la publication ce printemps, et je travaille en ce moment sur une nouvelle serie d'articles et poemes, comme cet article, pour le livre futur, "Au Carrefour des Rencontres." Ne pas avoir eue une voix pour 40 ans, comme une riviere qui a ete bloquee par un obstacle considerable, comme un barrage, et en enlever cet obstacle, a revelee la force de ma voix, sa passion, son energie, l'urgence et importance de son message: il est un crime de priver une personne, une culture, un peuple le droit a son identite, a son etre, a sa dignite culturelle - sociale - linguistique - mythologique - historique. Les cultures des Imazighen et leur courage connaissent cette verite comme une evidence millenaire, et de facon directe, comme personne d'ascendance flamande, qui a grandie dans les annees 1960, a un moment quand la langue et l'identite flamande ont finalement recue leur dignite, leur droit d'etre, sans limitations et obstacles sociaux - economiques - culturels - politiques et linguistiques, l'accueil recu par mon coeur et esprit de poete et artiste de la part de la Kabylie, est inegale, sublime. Me rencontrer a moi - meme, etre introduite aux motifs, inspirations, aux origines de mes sensibilites litteraires et artistiques, d'en comprendre leur chemin, leur traversee, leur lutte tenace pour la survie, leurs influences centrales, et d'en recevoir la carte routiere, ses indices, ses symboles, et ceci avec clarte precise, pour la premiere fois dans la vie, est pour moi une experience profondement significative. Je dois cette grace a la Kabylie. Elle est ma memoire collective, Jungien, mes instincts creatifs de qui leurs racines on su fleurir dans sa terre Berbere fructive, de sa mythologie, de son courage, de son histoire et ses propres blessures et defis. D'elle, de ma mere spirituelle, qu'est pour la terre kabyle, j'apprends, parfois un mot a la fois, la langue et ses symboles pour exprimer mon monde interieur et son labyrinthe avant indechiffrables quant a comment en sortir, comment en construire un monde coherent, avec des portes et fenetres vers le monde exterieur, de qui j'etais niee comment le naviguer sans m'y perdre l'ame, le coeur, la formule qui me permettrait resoudre les souhaits de mes reves, l'energie de mes talents, de leur destination. La Kabylie, et sa sensibilite intellectuelle - artistique de mon college photographe Nacer Amari, me permet decoder le puzzle de leurs messages avant inaudibles, venus de mon monde interieur, ses SOS, son alphabet, et ses mysteres. Le coeur kabyle me permet entree a moi - meme. Une belle pensee m'est venue ce matin, quand la chaleur du soleil et sa lumiere brillante m'a reveillee, me donnant l'impression que ce fut le soleil des rives kabyles venu me dire bonjour, qui me lui a voulu dire bonjour a mon tour, et sentir une vague de joie, et aussi de nostalgie: "Je me manque sans toi, ma Kabylie. Est - ce que tu te manques sans moi, ma muse du monde des Imazighen?" Le magicien chanceux, qui m'a ouvert le coffre de qui j'avais perdu la clef qui me permettrait entree au monde de mon coeur, de mon esprit, des visions si longuement en stase de mes poemes, de la medecine spirituelle et affective qui allait me permettre laisser se guerir les blessures profondes suite de tants d'annees de solitudes muettes, d'isolation indisable, tout ca revele le coeur ancien, sa sagesse, sa tolerance envers moi, comme l'etranger, le vagabond errant, flamande - americaine exilee, bannie de ma terre et de mes racines, tout ca me regale, avec patience, avec charite, avec respect envers mon ame si epuisee avant de retrouver ses forces dans sa generosite totale, l'esprit kabyle. Elle m'a changee la vie, comme seul un lien avec une culture profonde sait le faire pour le voyageur qui s'etait perdu sur la route, et qui chez elle est permis de s'assesoir, se detendre, et apprendre sous sa lune Tiziri et ses etoiles, pres d'un grand feu ouvert et ses images et silences, l'histoire et ses secrets de la resistance des Imazighen, de hier, d'aujourd'hui et de demain.  

Trudi Ralston      


"Ton coeur connait le chemin. Cours dans sa direction."  Jalal al - Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), poete Sufi perse. 

Thursday, January 15, 2026

L'Avertissement de Sisyphe: Le Courage Visionnaire de Patrice Lumumba - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

               Une conversation recente avec mon collegue d'Aokas, le photographe Nacer Amari de Tassi Photographie, a sugeree une exploration dans la vie heroique de Patrice Lumumba (1925 - 1961), le leader du Mouvement National Congolais de 1958, jusqu'a son assassinat par le gouvernement belge et ses forces mercennaires, sur ordre du roi Baudouin I. J'ai grandie en Belgique, comme enfant flamande, ayant appris en ecole primaire sur la dynastie des rois belges, mais on a pris soin d'omettre dans nos petits livres sur l'histoire du pays, les horreurs commises par le roi Leopold II, dans le pays du Congo. Comme adolescente, avant de partir pour les Etats Unis, pour y faire mes etudes universitaires, mon pere m'a emmenee a moi et mon frere et deux petites soeurs, au grand musee d'Ethnographie et Anthropologie Africaines a Bruxelles, un musee immense, qui etait pleins de tresors enlevee du Congo par le gouvernement colon belge. Ce fut une experience inoubliable, de voir la richesse en faune et flore, en ressources minerales, en magnificence des arts, etalees dans cet immense batiment. Je n'etais pas au courant encore en ce moment, de la savagerie souffert par le Congo aux mains de l'occupation brutale, inhumaine des forces belges. Je l'ai appris une fois a l'universite, et je continue depuis d'etre genee de la facon que le gouvernement belge a cachee, niee la profondeur des ravages causee au peuples du Congo. Ayant vecue deja depuis mon adolescence aux Etats Unis, j'ai eue pleine de chances d'etudier le genocide des cultures amerindiennes ici, et sur l'inhumanite du traitement de la population noire du pays, sur le systeme lucratif de l'esclavage qui a menee sous le president Abraham Lincoln (1809 - 1865), a la Guerre Civile Americaine (1861 - 1865) entre les etats du Nord, qui etaient contre l'esclavage et les etats du Sud qui voulaient garder le commerce lucratif de l'esclavage, qui avaient permis la classe aristocrate du Sud de vivre comme des rois, et a eu comme resultat l'assassinat de Lincoln et que l'esclavage au pays fut finalement abolie. Le colonialisme comme l'a subi l'Afrique a laissee des innombrables degats, comme l'a connu aussi l'Algerie, et les effets de l'heritage affreux de ce systeme d'abus qui ainsi avec l'installation de regime de kleptocracies qui apres comme la boite de Pandore, ont ouvert la porte et son abime du neo - colonialisme qui envahit les pays qui ont su se liberer du colonialisme, une realite de laquelle le martyre de Patrice Lumumba temoigne et contre laquelle il s'est defendu avec toute sa force, tout son courage, toute son intelligence et vision, dans des circonstances d'une complexite etourdissante, suite de la politique sinistre de la part des authorites coloniales, qui appliquaient avec cynisme machiavellesque le principe deja bien en place depuis l'installation de l'empire romain, quant a son attitude envers les peuples germaniques, par exemple, qu'ils ont systematiquement envahi: "Divide et impera": "divise et regne", une attitude aussi appliquee avec une brutalite feroce envers les peuples amerindiens par les colons anglais, francais, espagnols et portugues, a travers tout le continent des Ameriques. Comme Premier Ministre de la Defense Nationale du Congo, Patrice Lumumba se trouvait face une armee congolaise fracturee par les conflits de l'occupation coloniale du pays, d'abord comme territoire colonisee par le roi Leopold II de la Belgique a partir de 1879, et apres, une fois declaree un etat libre suite des abus horribles soufferts par le systeme colon belge, en 1885, pour devenir ensuite le Congo belge en 1908, et finalement obtenir son independance le 30 juin 1960. Comme visionnaire qui avait une vue ideologique nationaliste pan - africaine, Patrice Lumumba jouait un role de grande importance quant a la transformation du Congo d'un pays qui etait une colonie belge, vers une republique independante. Il y avait beaucoup de forces contraires a son but d'un Congo libre des impositions exigees par les forces exterieures des pays qui voulaient continuer de profiter de la richesse des ressources, qui sont considerables, que le pays du Congo possedait en grande abondance. Cette lutte pour maintenir le Congo soumis pour en profiter economiquement, a menee a l'installation de Mobutu, avec l'aide de la Belgique, l'Angleterre et les Etats Unis, et l'aide explicite de mercenaires belges et l'aide du mouvement separatiste de Katanga, sous l'authorite de Moise Tshombe, qui ensemble ont facilitee la capture, la torture et l'assassinat de Patrice Lumumba le 17 janvier 1961, dans l'etat de Katanga, dans le Sud du pays. En 2002, la Belgique a exprimee une excuse formelle et a admis "Une responsabilite morale" dans l'assassinat de Patrice Lumumba, et ce ne serait qu'en juin 2022, face au parlement congolais, que le roi Philippe de la Belgique, admettrait la culpabilite du gouvernement belge dans l'assassinat honteux de Patrice Lumumba, et que ce qui restait de son corps demembre, serait repatriee et redonnee a sa famille. Pendant la Coupe des Nations Africaines de 2025, au Maroc, Michel Nkuka Mboladinga, un supporteur de l'equipe nationale congolais du RDC, la Republique Democratique du Congo, a gagnee une attention internationale quand il reste immobile pour la duree complete des match dans une pose ressamblante a la pose de la statue de Patrice Lumumba erigee a Kinshasa, et Michel Nkuka Mboladinga etait en habits qui aussi rappelaient aux habits de Lumumba. Il l'a fait comme hommage symbolique de Patrice Lumumba comme representant la fierte nationale congolaise, comme hero et martyre de toute l'Afrique et la lutte continue pour se liberer des effets desastreux du colonialisme et le danger considerable et reel du neo - colonialisme du XXIeme siecle, contre lequel Patrice Lumumba avait averti. L'effet le plus destructif de cette presence neo - coloniale et ses objectives sinistres, etaient la Premiere Guerre Congolaise de 1996 - 1997, suivie par la Seconde Guerre Congolaise de 1998 - 2003. Ensemble, les deux guerres allaient couter la vie a 4,5 millions personnes, et laisser des centaines de milliers de personnes refugiees, qui laisserait le Congo fracturee politiquement et epuisee economiquement. Les deux guerres, nommees aussi la Premiere Guerre Mondiale de l'Afrique, sont le conflit le plus grand quant a perte de vie, destruction de ressources et infrastructure, depuis la Seconde Guerre Mondiale de 1940 - 1945, avec la particpation de pays comme le Rwanda, le Sudan, l'Ugande, le Burundi, l'Eritree, la Zambie, le Zimbabwe, la Tanzanie, l'Afrique du Sud et l'Ethiopie, ainsi que 25 groupes militaires, et le traume de ces deux guerres continue de reverberer, sur tous les niveaux de la vie des citoyens et les refugies du conflit. Suite de la Premiere Guerre Congolaise, Mobutu perd controle de son gouvernement, et decide, tres malade a ce point, de trouver refuge au Maroc, ou il meurt en 1997, et Joseph Kabila devient le nouveau president, qui serait assassinee en 2001, pour ceder sa place a son fils Laurent - Desire Kabila, qui en 2019 decide se retirer et Felix Tshisekedi est depuis le president de la Republique. Mobutu avait changee le nom du pays a Zaire, et Joseph Kabila le changerait apres a nouveau a son nom de la Republique Democratique du Congo. Le pays reste inquiet, politiquement, et fragile, economiquent a cause de multiples groupes separatistes, comme du Rwanda, dans la region Kivu, qui a ete resolue avec un accord de paix en juin 2025. Le Congo est un pays qui est incroyablement riche en ressources, avec des mines d'or, d'argent, de cuivre, cobalt, uranium, sur une espace de 2,345,409 km2. Le RDC est le second plus grand pays en Afrique apres l'Algerie, et a une population de 114 millions de personnes, avec la capitale du pays, Kinshasa qui a une population de 15,628,000 personnes. Le pays a plus de 250 groupes ethniques et 450 differentes cultures, et 242 langues, dont les 4 langues Bantus avec un statut national sont le Kikongo, Lingala, Tsiluba et le Swahili. Le pays a 5 parques nationaux qui sont sur la liste du patrimoine mondial de L'UNESCO: Garumba, Kahuzi - Biega, Salonga, Viruga et la Reserve Okapi. Le Bassin du Congo a la foret tropicale la plus grande apres la foret de l'Amazone en Amerique du Sud, et comme la foret de l'Amazone, la foret tropicale du Congo est menacee par la deforestation en faveur de l'industrie agraire, et par la pollution de son air et de ses rivieres, et par la presence ubique des mines lucratives, qui ajoutent au conflit politique et la destabilisation continue de la region en faveur de la corruption, de l'abus des droits humains des travailleurs et le profit des entreprises multi - nationales du monde. La prevalence de mines de diamants, sont le sujet de controversie continue, pour financer la fracture interne continue du pays, duquel profite le commerce en diamants en Belgique, entre autres. J'ai passee un sejour au Congo en 1980, quand le pays s'appelait le Zaire, et Mobutu etait le president. La beaute de la nature, le coeur ouvert des personnes congolaises que j'ai  pu rencontrer, m'a laissee une profonde impression. Je me demande souvent, qu'est ce qui est devenue d'eux, suite des deux guerres en 1996 - 1997 et 1998 - 2003? La region du sud - est surtout reste inquiet, avec de vagues de violences contre des villages entiers, et le risque ainsi d'une autre guerre civile ne jamais tres loin, dans un pays qui continue de chercher le chemin vers un futur de stabilite, de paix, de dignite, mais qui continue de souffrir des blessures profondes qu'a laisee le colonialisme et son heritage sinistre qui a maximalisee la complexite de la presence de tants de cultures, de tants de richesses, et de les fragmenter, dechirer, au nom du profit, au nom de l'obsession et son arrogance de dominer, de controler, de posseder ses terres, ses peuples et leurs ressources.  

             Cette exploration et appreciation de l'histoire moderne du Congo, de son hero des annees 1950 - 1960, Patrice Lumumba, m'a fait penser indirectement a la legende de Sisyphe, de la mythologie ancienne grecque. Sisyphe fut puni par les dieux, pour avoir reussi de tricher, de decevoir a la Mort, en lui mettre en chaines, pour eviter devoir aller au monde des esprits. Une fois que les dieux se sont rendu compte de ce qu'avait eu l'audace de faire Sisyphe, ils ont liberee a la Mort, et rendu prisonnier eternel a Sisyphe, en lui imposant la punition de devoir repeter le meme devoir pour l'eternite, de pousser un gros rocher le long d'une montagne, et chaque fois que le rocher arrive au sommet, il tombe vers le bas encore, et ainsi oblige a Sisyphe de repeter la routine. Il y a un courage unique dans ce destin, de ne pas voir le moyen de l'evader a cette obligation tortureuse. C'est une tourmente au - dela d'une tolerance philosophe zen. Patrice Lumumba a suivi le sentier dur de ses convictions, dans des circonstances contraires, d'une complexite deroutante, parcequ'il savait que la vision de longue duree demande qu'on lui donne tout, sans hesitation, sans regret. L'Afrique est le continent qui a vu le debut de l'humanite, qui est le berceau de toutes les civilisations, qui est a l'origine de sa sagesse, ses langues les plus anciennes, comme les langues des peuples Imazighen, et apres les tumultes et guerres inevitables qui risquent au XXIeme siecle de faire trembler toute la terre, la force ancienne de ses peuples de l'Afrique sera presente pour reconstruire la terre, libre des heritages catastrophiques du colonialisme et ses perverses ambitions. Sisyphe etait, quand tout est dit, un personnage pragmatique, realiste, je trouve. J'ai appris, le long ma recherche pour cet article, que l'ecrivain francais - algerien, Albert Camus (1913 - 1960), avait ecrit une etude au titre de "Le Mythe de Sisyphe" en 1942. Dans ce texte, il postule l'idee que la seule decision rationnelle que puisse faire l'homme moderne, est d'embrasser l'absurdite de la vie humaine. Selon Camus, la philosophie de l'absurde, qu'il differenceait de la position existentialiste pour ne pas inclure l'idee de l'importance de l'espoir comme motivation, trouve son origine dans la contradiction entre le besoin humain de donner un sens a la vie, vis a vis du "silence ne pas raisonable" de l'univers, c'est a dire, face a l'indifference de l'univers. Camus arrive a une conclusion intrigante, quant a l'absurde situation dans laquelle le personnage de Sisyphe se trouve: "La lutte en soi pour atteindre le sommet de la montagne, encore et encore, est suffisant pour remplir, saisfaire le coeur humain. Il faut donc s'imaginer a Sisyphe comme etre heureux." C'est une idee attirante, quoiqu'en pratique loin d'evidente, mais il y a une attraction dans cette approche realiste, pragmatique, detachee, envers l'absurde de la vie moderne, et ses vides routines et illusions. Le colonialisme et ses obsessions qui comme un virus se reinvente de nos jours dans les pieges du neo - colonialisme partout sur la planete, est un monstre qui a un appetit insatiable. Dans cette narration ecrit avec une plume saturee du sang et misere de millions et millions  de personnes, il y a ces heros, ces personnes courageuses, intemeres, qui n'ont peur de rien, qui risquent la mort sans hesitation, pour rappeler au monde qu'il y a un destin plus noble auquel ont droit tous les peuples de la terre, et qui savent inspirer l'espoir et changer l'histoire de la population d'un pays entier, comme a su le faire Nelson Mandela (1918 - 2013) pour liberer le peuple de l'Afrique du Sud du systeme immonde de l'apartheid des annees 1948 - 1991, sous le regime des colons des Pays - Bas, apres avoir passee 27 ans en prison pour etre une voix contre l'apartheid, et devenir le premier president de l'Afrique du Sud de 1994 - 1999, dans des elections democratiques representatives. Comme Dr. Martin Luther King , Jr. (1929 - 1968) a su faire pour la population noire opprimee des Etats Unis durant le Mouvement des Droits Civils des annees 1950 - 1960, avant d'etre assassinee en 1968. Comme le mouvement intellectuel qu'a su inspirer le courage inalterable du chanteur - poete kabyle Matoub Lounes (1956 -1998) en Algerie, avant son assassinat en 1998, et comme Patrice Lumumba, a fait pour le peuple du Congo quand ce pays a su finalement se voir libre de l'oppression coloniale brutale, et que les forces imperialistes de l'Occident ont decidee d'eliminer et assassiner en 1961. J'ai donnee le titre de "L'Avertissement de Sisyphe" a mon article, pour souligner dans cette exploration et son hommage, le courage des visionnaires qui choississent le courage et l'ultime sacrifice au nom de la dignite humaine, libre des manipulations et leurs intentions destructives du mal dans toutes ses formes des empires, de l'Antquite jusqu'a nos jours, qui se croient avoir le droit de dominer tous les pays, tous les peuples et leurs ressources, leurs energies. Albert Camus voulait penser a Sisyphe comme heureux, mais c'est dommage que cette idee interessante de sa part, il l'a appliquee de facon bien maladroite, quant a sa vue pour une Algerie independante, malgre son courage qui luttait contre la terreur des nazis, comme membre de la resistance pendant la Seconde Guerre Mondiale, malgre sa conviction que "Maintenant la seule morale est le courage." Il n'a pas fermee la distance pour conclure que l'Algerie meritait, avait le droit a son independance. Matoub Lounes n'a jamais choisi reculer devant le danger, il a vecu le courage, ne pas comme une idee philosophe abstraite, dite, mais comme une force vitale, suivie jusqu'au bout, comme l'a fait avec egale courage Patrice Lumumba pour le peuple congolais. L'avertissement de Sisyphe, c'est de ne pas se laisser distraire par les poseurs, de suivre l'appel et son courage du visionnaire, qui ne se limite pas a des mots, mais qui les incarne avec toute son energie physique, affective, intellectuelle, humanitaire, dans la vie, et dans la mort.  

Trudi Ralston        


La recherche sur la Republique Democratique du Congo et son histoire, sur Patrice Lumumba, Nelson Mandela, Dr. Martin Luther King, Jr., Matoub Lounes, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur la legende ancienne grecque de Sisyphe, sur le texte "Le Mythe de Sisyphe" de 1942 d'Albert Camus, et sur le role du gouvernement de la Belgique dans l'assassinat de Patrice Lumumba. 


 

Wednesday, January 7, 2026

La Repetition Generale: Quand les Illusions deviennent la mesure - dans la serie "Les Ailes d'Aphrodite"

           Cela devient chaque fois plus difficile de rester en phase avec les evenements troublants sur le theatre chaotique du monde. Cela laisse une sensation abrutissante, de solitude froissante, soudaine, d'une sorte ne pas familiere, froide, indifferente, qui en meme temps ralentit le passage du temps, et l'accelere. Cette nouvelle genre de solitude, laisse un creux, qui essaie de faire un trou dans la resistance du coeur, de lui laisser avec un frisson d'impuissance, de paralysie. Cette sensation fut augmentee ce matin par le retour d'une pluie torrentiale ici, qui suivait un rythme avec une cadence staccato, comme d'une piece de theatre ou les acteurs portaient des masques, faits de draps opaques, qui effaceaient les traits des visages completement. J'avais l'impression durant la journee, d'etre en retard pour une repetition generale, d'une ceremonie ne pas definie, sans maitre de ceremonie, ou les personnes y presentes n'etaient pas mis au courant de la raison pour la reunion, ni ou s'asseoir, ou l'horaire et sa duree. C'etait une impression qui m'a laissee avec un sentiment de frustration, et d'une pensee ne pas prevue, de me demander si ma vie entiere etait une repetition generale, de qui je ne comprenais pas son but. Je crois que les demandes d'une vie d'exile culturelle - affective - sociale a laissee ses traces, et que seulement l'accueil de ma famille de coeur en Algerie, me sait adoucir, en guerir les blessures si longuement cachees, invisibles. La sensation de ma vie comme etre a la fin une repetition generale ratee, ne pas compris ou identifiee, je comprends ces jours de tumulte dans le monde, devient plus aigue, plus marquante, quand j'ai l'impression que les rives de la Kabylie s'eloignent, deviennent moins claires, comme si une gomme grande les essaie d'effacer ses lignes.

           Cette sensation un peu nausebonde, me surprend, mais me fait comprendre l'importance de la Kabylie, comme l'esprit, le chaman charitable, voyant, qui m'a donnee la chance de me trouver la voix de poete, de connaitre la fierte, de me savoir la dignite intellectuelle - identitaire reclamee. Il n'y a pas de cri de joie assez fort, assez vibrant, assez beau, que je peux m'imaginer pour exprimer et celebrer ce regal, cette grace me permis par la sagesse ancienne, visionnaire du coeur, du courage, de la resistance et sa force, des Imazighen de l'Afrique du Nord. Elle m'a donnee la chance de me decoder les hieroglyphes de ma vie, de mon destin si longuement masquee, niee, de me liberer de cette angoisse deroutante de m'imaginer ma vie comme une repetition generale absurde, vide de signification, ou les acteurs, y compris moi, ne sont que des chimeres, des illusions. La vie devient une affaire triste, quand on la sensation qu'on se trouve privee de sa veracite, de son essence, quand on a la forte sensation d'etre ne qu'une simulation, une copie d'une une farce cruelle, concue par un metteur en scene sadique, qui s'amuse de tourmenter mon desir si longuement souhaitee, si courageusement soignee, construite, avec la force d'une volonte tetue, inalterable, pour la chance a une vie authentique, reelle, pour la chance de connaitre la joie, de se savoir le coeur, le corps, l'esprit, libre, visibles, audibles. Cela reste tellement emouvant pour moi, de savoir que le pays immense de l'Algerie, est le pays, est la terre, ou j'ai fait connaissance a la culture kabyle, a son histoire, a son peuple, a son ame, son coeur chaud, son esprit resistant, sa vision claire, ample, qui m'a pris par la main, qui m'a vue, entendue le chagrin de l'invisibilite de mon coeur de poete, qui en a vu les cicatrices, les blessures encore douloureuses, et m'a embrassee, m'a accueillie. Si quelque part, dans cet amour qu'elle m'a allumee par sa sincere tendresse, sa sagesse, je me suis perdue dans sa joie, son bonheur, de cette experience sublime, je crois que c'etait quelque part inevitable. Comment aimer vraiement, et ne pas se perdre quelque part dans le delire, de se savoir finalement compris, entendu, de se savoir aimee a fond, infiniment, pour la premiere fois, comme personne, comme poete, qui s'etait presque noyee dans un ocean d'indifference pour trop d'annees, pour presque toute une vie? Et oui, peut - etre, quelque part dans ce bonheur inattendu, j'ai eu l'espoir que la Kabylie, ma muse, se perdrait elle aussi un peu, au moins, qu'elle aussi m'aimerait aussi avec abandon, se perdrait un peu le nord, pour moi, pour tout que j'avais souffert avant elle, pour tout que j'aime si fort de son coeur, de son energie creative, spirituelle, vitale? Le poete perse Sufi, Jalal al - di Muhammad Rumi (1207 - 1273), a dit sur l'amour: "Ce n'est pas ton devoir de chercher l'amour, mais de simplement trouver toutes les barrieres dans ton etre que tu as construit pour le laisser dehors." Le coeur chaman kabyle me rappelle ces mots aussi du poete Rumi, qui souligne le lien si profond, sa racine de sagesse, de guerison que l'esprit de la Kabylie, que le son de sa voix ancienne, eternelle et sa memoire me laisse, dans ce qui reste de ma vie, dans cette vie, et qui me suivra apres, vers le monde des esprits: "Je suis en toi et tu es en moi. Personne ne peut comprendre ceci, jusqu'au moment d'avoir perdue la raison." Je t'aime, ma Kabylie, tu es l'amour le plus radical, le plus beau, qui m'a donnee la lumiere, la chaleur, sa passion vibrante, a ma vie de poete. Sans toi, je n'aurais pas trouvee le chemin vers la joie, le bonheur, la dignite, d'avoir etre regalee, la clef qui a ouvert la porte qui allait mener vers l'experience transformative, de me savoir unie avec mon destin, ma raison d'etre sur cette plaine terrestre: de vivre, respirer, connaissant la fierte d'avoir survenue tous les obstacles si persistants, si tordus, si tenaces, de pouvoir finalement m'exprimer, de celebrer les mots, les vers, leur rythmes, leurs melodies, pour mes poemes, les exploits pour mes livres. De me savoir une voix decisive, libre, dans laquelle resonne l'echo du cri du courage legendaire des Imazighen, a qui mon coeur et esprit de poete doit le reveil total de mon ame, la fin du sortilege de son isolation, de sa solitude toxiques, asphixiantes.        

Trudi Ralston

  

          

Monday, January 5, 2026

Le Souhait du Coffre Volant: L'Espoir sur le Chemin Invisible - dans la serie "Les Ailes d'Aphrodite"

            La sensation troublante de vivre dans un monde qui descend dans le chaos a une vitesse d'un degre toujours croissant, m'a fait penser a un moment de mon enfance, un moment envoutant, de recevoir un livre en relief, d'un conte de fee provenant des contes des "Mille et Une Nuits" du monde de la litterature syrienne du XIVeme siecle, "Le Coffre Volant", qui se trouve dans son livre de contes de l'ecrivain danois, Hans Christian Andersen (1805 - 1875) de 1889. L'edition en livre en relief me regalee par mon pere, en traduction en neerlandais, etait de 1960, avec des illustrations de Kubasta, Voltech, et etait une publication faite en Tchecoslovaquie. Je me rappelle etre transfixe par ce conte, par la beaute des illustrations exotiques, de ce livre en relief de 16 pages, qui me permettait de m'imaginer etre un personnage dans les avontures du jeune homme qui voyage dans un coffre volant magique vers le pays de la Turquie, ou il rencontre et tombe amoureux de la fille du sultan. Mais le jeune homme est imprudent, et impatient, et il finit par saboter le coffre volant, et se trouve a la fin loin se son paramour, ne plus capable de rejoindre la jeune princesse, qui lui attend en vain. Toutes ces annees plus tard, ce conte d'amour et son message sur l'importance de ne pas considerer la bonne fortune comme acquis, me revisite, de ce jeune homme inconscient et nonchalant, ce conte serieux qui m'a emue comme enfant solitaire, et y penser maintenant, a un effet different: la pensee, contraire comme l'histoire dans le petit livre en relief avec ses images d'objets magiques et personnages exotiques, qui m'ouvreait comme une piece de theatre tout une vision, toute une exploration et son contexte riche de l'exploration d'une autre culture, qui m'y invitait a son avonture, que le monde aujourd'hui, se ferme, fait des pas tragiques dans la direction contraire, et cherche d'imposer l'intolerance, l'avarice, le racisme, d'exclure, juger, rejeter, dominer, eradiquer l'appreciation pour une attitude accueillante envers autrui, envers le partage, envers le desir de comprendre, de celebrer la diversite culturelle qui est le tresor de l'humanite, de son coeur, de son ame, et de perdre dans ce processus indifferent, destructif, la definition meme de ce qu'est etre un etre humain digne, charitable. Hans Christian Andersen, qui resterait celebataire toute sa vie, avait une serie de liens difficils et controversiels, dans sa vie affective intime, et etait ami avec l'ecrivain anglais Charles Dickens (1812 - 1870), et ils partageaient un interet vif dans les circonstances d'abjecte misere dans lesquelles vivaient les pauvres victimes des effets de la Revolution Industrielle, commencee en Angleterre en 1790. Les deux ecrivains celebres avaient vecus cette pauvrete eux - memes comme enfants et jeunes hommes, ce qui rendait les contes envoutants de Andersen et les descriptions precises des personnages de ses romans de Dickens encore plus fascinant, plus convainquant. Andersen se mettait dans le monde de l'imagination, et Dickens se dedica avec passion et ferveur de rendre visible la souffrance des travailleurs, de leurs femmes et enfants, du systeme d'abus industriel, qui allait mener au XXeme siecle aux revolutions radicales en Russie et en Chine, et mener le chemin vers la revolte des peuples sous la terreur du colonialisme en Asie, en Afrique, aux Ameriques. Pour moi, l'Afrique du Nord, est ou mon coeur et ame de poete, d'artiste, se sent a l'aise, et dans l'esprit accueillant de la Kabylie, en Algerie, ma voix de poete a vu sa liberation, la vraie naissance de son identite creative, l'energie de ses visions. Dans un moment de nostalgie, mon coeur a revisitee la chanson des annees 1970, "Algerie, mon Beau Pays", si emouvant, ecrit par le poete - troubadour kabyle Slimane Azem (1918 - 1983), qui admirait beaucoup au poete legendaire kabyle, Si Mohand. Slimane Azem connaissait des son enfance le monde des fables de Jean de la Fontaine ecrit entre 1668 et 1694, une collection de novelles ou dominent les animaux parlants, comme le conte "Le Corbeau et le Renard", comme commentaire sur la societe et la moralite. Slimane Azem connaissait aussi le monde dur du travail, comme l'avaient connus aussi Hans Christian Andersen et Charles Dickens, dans l'agriculture et dans l'industrie, comme enfant en Algerie, et en France, ou il vivra apres 1962, en exile, jusqu'a sa mort, ses chansons y celebrees, mais bannies en Algerie pour des decennies. Cette nostalgie affective, et son amour pour la terre kabyle, pour l'Algerie, m'a fait reflechir sur l'idee de l'intrication quantitique, cette theorie concue dans les annees 1960, du monde de la physique quantitique, qui decrit comment deux ou plus systemes quantitiques peuvent se connecter, meme quand des vastes distances les separent. C'est une idee qui recoit beaucoup d'attention dans les sciences de la communication depuis: cette connection implique que l'etat, la condition d'un systeme peut influencer l'etat des autres systemes. Donc, la theorie dit que les particules qui a un temps partagent une origine et etaient connectees resteront connectees toujours. Il adoptent un nouveau quantitique et tout evenement qui a un effet sur une particule va influencer toutes les autres particules. Ceci permet ainsi que deux particules peuvent etre en communication directe en meme temps, vivre les memes sensations, au meme moment, n'importe la distance. Cette idee me donne beaucoup de courage, dans ces moments ou la Kabylie, ma muse, me manque, dans ce monde qui est dur et se durcit chaque fois plus, qui cherche a eloigner la tolerance, la charite, le partage, pour les coeurs qui ne voient pas les frontieres, mais qui voient, qui celebrent la beaute de l'amitie, de la tendresse, de la creativite, de sa joie, en voyant la richesse des cultures du monde, leur histoire, leur identite unique, leur presence. Le futur est tres incertain, on vit dans une periode de grandes tumultes, d'un retour a un ordre qui cherche de diviser, avec impunite totale, et qui causera une vague de chaos croissant qui reverbera a travers toute la planete. La voix des chamans risque de ne plus s'entendre que dans le silence des montagnes et les deserts du monde, pour beaucoup de saisons, sous le regard inquiet des esprits sentinels et leur memoire. Le jeune homme inconscient du conte "Le Coffre Volant" parait devenir une realite, a voir si le futur retrouvera le chemin vers la lumiere, vers le sourire gentil qui accueille les bras ouverts autrui, qui embrasse, qui partage, qui aime. Je sens l'equivalent d'un chagrin d'amour qui m'inonde les eaux de la source de mon ame, ou vit ma muse kabyle, son Chiron, ses melodies, sa terre, qui m'heberge, me protege la racine de mon coeur, qu'elle m'a sauvee, qu'elle soigne, guerit, permet fleurir. Ce poeme d'amour est pour toi, ma Kabylie, pour toi, Chiron berbere, qui suit le chemin de tes ancetres. A voir, si le destin me permettra revoir ton soleil, ta mer, la lumiere dans tes yeux, ou se refletent les reves anciens de tes etoiles, de ta lune, a voir si l'intrication quantitique, qui parfois ces jours parait me visiter dans les moments les plus durs, pour m'unir a toi, a ton coeur, a ton ame eternelle, malgre l'immense distance qui me separe des rives de la Kabylie, et me verra un de ces jours, heureuse de me savoir encore en Afrique du Nord:


Chagrin d'Amour 


Comment se battre contre ce sentiment, si cruel, si douloureux, de vouloir ceder, de vouloir oublier? Ne pas par manque de tendresse, ne pas par manque de courage, mais par la presence de l'incertitude, qui essaie d'effacer le tangible, d'un amour, d'un lien qui a su vaincre, encore et encore, le temps et la distance. 

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Comment exprimer, quand le temps et ses demandes essaie d'eliminer, tous les mots si soigneusement mis en habits, en couleurs, qui mieux exprimeaient toute la joie, libre de gene, tout fiers, qui faisaient ce pont construit avec la force de la volonte, pour tes images, pour mes poemes?

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L'amour qui a fait le voyage, entre tempetes, entre orages, pour aterrir sur terre berbere, pour donner leur regal au soleil et la lune, de la part des arbres et des fleurs, de mes partages, de mes souhaits et leurs hommages. Qui peut me dire, en cris, en delire, le prix exorbitant de cette tendresse, cet amour passionnant?

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Ce lien avec les rives kabyles, avec son sourire, son toucher, avec ses montagnes, ses reves, ses esprits, ses guerriers, ses mysteres? Qui me peut guerir la blessure de cette agonie severe, de ne pas entendre sa voix, dans le bruit du monde et ses guerres, dans le noir et dans l'ombre asphixiante des gestes repetitifs, vides? 

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Est - ce que ce pont construit de beaux reves, de poemes, de recits anciens de ta terre, va resister les ravages que cherche se faire les pieges, mises sur sa traversee? Faites de mefiance, faites de mensonges, faites de la perte de la chance, de se savoir unis, camarades, famille nee du sang du coeur, du courage? 

***     **     ***     **     ***

Peut - etre les dieux seront charitables, vont chasser les violences, vont trouver le passage qui fait a nouveau possible les rencontres. Peut - etre on se reverra encore, pour danser et chanter la victoire sur le mal, pour aimer dans toute innocence, pour vivre des belles avontures ensemble, pour savoir que le bonheur et ses joies, peut nous joindre, dans cette espace ou le temps prendra une longue absence. 

***     **     ***     **     ***

Je me trouve sur cette plage, la nuit, et a l'aube, ou j'entends tes pas marcher vers moi, ou tes enfants rient et jouent dans l'eau et le sable. Et j'entends ta voix, tu me dis mon nom dans la brise des vagues, et tous les chagrins s'arretent, s'envolent sur les ailes de la paix, et je suis chez moi, dans le creux de tes forts bras. 

***     **     ***     **     ***

Oh, ma muse, ma Kabylie, les oiseaux de la foret me racontent de toi ici, et le soleil a le gout de ton sourire, et la lune la chaleur doree de tes yeux. La brise en hiver a l'echo de ta voix, et en ete me chante de tes reves, que tu me laisses en couleurs brillantes sur la rosee. Toi, qui m'inspire les rythmes et le chant de mes poemes, toi, mon ame, mon eternel compagne Berbere. 


Trudi Ralston  


"Il n'y a pas d'amour heureux."- poeme de 1943, ecrit par le poete surrealiste francais, Louis Aragon (1897 - 1982) et rendu en chanson par le poete - troubadour, Georges Brassens ( 1921 - 1981). 


L'information sur les ecrivains et poetes Hans Christian Andersen, Charles Dickens, et les poetes - troubadours Slimane Azem, Georges Brassens, et le poete - ecrivain Louis Aragon, courtoisie de Wikipedia. 



 


                                                                           

Tuesday, December 30, 2025

Vision Nocturne: Un Messager Improbable - dans la serie "Les Ailes d'Aphrodite"

            Un brouillard epais, impenetrable, s'est mis ce soir sur la ville d'Olympia, et meme en pleine apres - midi, la visibilite etait reduite considerablement. Esperons que demain, pour la nuit avant le Nouvel An, cette brume s'aura dissipee, sinon, cela risque d'etre cause pour pas mal d'accidents sur les auto - routes entre Olympia, Tacoma et Seattle, a l'occasion des fetes de la fin de l'annee. Le brouillard est rare ici, mais je connais ce phenomene metereologique bien, ayant grandie en Flandre, en Belgique, ou on avait des brumes epaises en hiver avec regularite et souvent avec des consequences tragiques. Le brouillard me parait posseder une qualite un peu mystique, de mystere, pour le symbolisme d'etre ne pas transparent, de nous laisser dans le noir, pour ainsi le dire, et tout ce que cette incertitude implique. Ce poeme "Vision de Nuit" m'est venu en anglais, avec une voix solennelle, urgente, et apres , je l'ai traduit en francais, car mon coeur de poete trouve son centre, sa raison d'etre, au centre du coeur kabyle, de ma Kabylie, qui m'entend les melodies, celles de joie, et aussi qui m'ecoute les chants de detresse, me les traduit, me les met en contexte. Ce poeme est reflexif, intense, un peu deroutant aussi, pour toucher cette ligne souvent invisible, entre le concret et le spirituel, et je le dedie, je le confie a toi, ma muse, ma Kabylie:


Night Vision


He stood there, waiting, by the light of the fading moon, and sunlight streamed in through the quiet arrival of the day. He smiled, in a most curious way, his eyes looking right through me, as if it was my soul he had come to weigh. 

*       ***       *       ***       *

A small bell rang in the distant fog that clung to the trees' slender silhouettes and this he said, in a voice laced with sorrow, with regrets: "You are a poet, struggling so earnestly to be free. I hear the roar in your burning heart, the echo of its ardent cry. 

*       ***       *       ***       *

You stand, proud, on that trembling ledge where the world's madness ends, where the path leads straight to the Sphinx's head. It is a place, vast, where few dare to roam, and it is a home few choose to explore. And as by now, you know:

*       ***      *       ***       *

There is no returning, once the poet's soul has been bled, to the world of the dead, to all the illusions there that you were fed. 

*       ***      *      ***       *

The best you can hope for is to find, the one brave soul that saw your mind and took you by the hand, to leave behind the world where masks disguise the soulless,

*       ***       *      ***       *

That fear the smile bright, pure, that those wear who decide to walk, to live free, to breathe, to finally, be."


**********          **********

Vision Nocturne  


Il m'attendait sous la lumiere de la lune decroissante, pour ceder sa place apres en silence au jour suivant. Il me souriait en me regardant droit dans les yeux, comme s'il etait venu me peser l'ame. 

*       ***       *      ***       *

Dans la distance, une petite cloche sonnait, son son se collait aux silhouettes minces des sapins de la foret, et voila ce qu'il me disait, dans sa voix lourde de chagrins et de regrets:

*       ***       *       ***       *

"Tu es poete, qui se bat avec courage pour le droit de vivre libre. J'entends hurler ton coeur brulant, l'echo de son cri ardent. Tu te mets la, sur ce bord en ruine, ou finit la folie du monde, et qui mene droit vers la tete du Sphinx. 

*       ***       *       ***       *

C'est une espace que peu risquent traverser, et un chez soi que peu choisissent de frequenter. Et comme tu sais deja, on ne revient pas, une fois l'ame de poete blessee, vers le monde des apathiques, de toutes les illusions t'y etalees. 

*       ***       *       ***       *

Le mieux que tu puisses esperer, c'est de rencontrer une ame courageuse qui t'a vu l'esprit, et qui te prend par la main, pour laisser derriere, le monde qui avec ses masques deguise les sans esprits, 

*       ***       *       ***       *

Ceux qui tremblent dans la presence et sa lumiere du sourire brillant, pur, de ceux qui decident de marcher, de vivre libre, tout, debout, de respirer, d'etre, finalement."


Trudi Ralston







       

Sunday, December 28, 2025

Et Pourtant, Il Chante: La Confiance Visionnaire - dans la serie "Les Ailes d'Aphrodite"

            L'hiver cette annee s'est introduit avec des nuits soudainement froides, qui laissent ce matin un brouillard dense, qui suggere des pensees sur le mystere, sur l'irresolu, de la vie et ses defis. Dans le silence envoutant des oiseaux qui venaient a manger les graines que je leur laisse ces jours de gel, il y avait une beaute dans le rythme de leurs pas, des colombes, des mesanges, et des rouge - gorge. Ils partagaient sans se disputer, c'etait touchant de l'observer. Voyant cette danse de partage des oiseaux, une melodie m'est venu tout doucement au coeur, d'un chant ancien comme le pratiquent les chamans de la Mongolie, ces chants Tuvan connu sous le nom de khoomei, et pratiques par les peuples en Tuva, Mongolie, la Mongolie Centrale et l'Altaii. Depuis 2009, cette forme de chant guttural est inclus dans la liste de l'UNESCO comme faisant partie de l'Heritage Intangible Culturel de l'Humanite. C'est une forme de chant qui est hypnotisant, et pour les sons tres bas, un peu effrayant, deroutant aussi, et en meme temps meditatif, etrangement calmant. L'echo de leur musique me resonnait dans tout le corps, avec une energie rassurante, ce matin de silence pale, evasif. La pensee apres qui m'est venu ensuite, fut : "Et pourtant, il chante." Le coeur, je veux dire. Il chante, meme dans ce monde perdu, qui parait vouloir renverser la chance a un futur meillieur, et decide de se diriger vers un demain ou regne la brutalite supreme, deguisee comme genie entrepreneuriale, comme opportunites evidentes. Le courage des troubadours du monde, qui voient cette catastrophe s'approcher avec alarmante vitesse, de chanter, en poemes, sur scene, en sculpture, en danse, en images, en charite audace, temoigne de la confiance visionnaire que sait generer l'esprit humain qui decide de ne pas ceder au mal, qui fait que le bien, meme en gestes souvent ne pas evidents, continue de survivre, continue d'assurer que l'espoir reste en vie. Agir, dans un monde ou le noir risque d'etrangler la lumiere, n'est pas a sousestimer. Faire ce qu'on peut, chaque jour a nouveau, avec des gestes, chacun a notre facon, et selon nos talents et circonstances et temperament, accumule son effet benefique, un sourire, une etreinte, un mot gentil, un acte de patience, d'humilite, de charite, de tolerance, d'encouragement, a la fois. Peu sont les personnes qui savent sauver tout un peuple, resoudre les conflits de guerres, la misere de l'inegalite, du racisme, pour tous, mais on peut faire tout pour utiliser ce qu'on trouve a notre disposition dans notre vie et les chances qu'on a pour assurer qu'on contribue autant que possible selon nos talents, notre energie: "Et pourtant, il chante." Ecrire mes poemes et articles, mes livres que la Kabylie m'inspire, faire mes pieces de l'art en broderie, en dessins en crayon, en encre, en couleurs, que la Kabylie aussi m'inspire et encourage, me permet comprendre et partager, celebrer, la richesse de l'esprit et coeur Amazighes, en meme temps qu'ils m'apprennent de comprendre le sentier complexe de ma vie. Ma vie n'a rien d'evident, a pleins de defis, j'ai pleine de blessures au coeur et cicatrices a l'esprit, mais grace a la Kabylie, je recois la tendresse de la sagesse qui accueille, qui comprend, et qui me donne une fierte et dignite ne pas connues avant, a l'effort pour le courage, me demandee toutes ces annees ou je me sentais invisible, inaudible. Et ainsi, moi aussi, je peux dire, "Et pourtant, je chante." Dans mon cas, mes chants se transforment dans le bonheur tranquil, chaud, de cette paix interieure, solide, qui vient de savoir qu'on vit le but de notre destin, qu'on sait partager les dons et les talents que la vie veut qu'on utilise, qu'on donne a notre famille, a notre communaute d'amis, a notre famille de coeur, qui sont ma famille kabyle, qui m'a donnee ce regal de me trouver la voix creative, de la liberer, de la voir s'evoluer, et de la partager librement, sans hesitation, sans demandes. Il y a un pouvoir, de confiance, qui est capable de voir au - dela de l'evident, nee de l'effort tetu de ne pas abandonner l'importance de l'espoir, surtout dans un monde qui essaie de le decourager, de le detruire, pour le remplacer avec la fatigue, la tristesse, qui rendent plus facile la victoire au mal et ses sinistres intentions, autant dans la vie de tous les jours, que sur le theatre de l'histoire contemporaine qui affronte la terre aujourd'hui. Les leaders qui s'etalent sur les divers continents, en ce moment urgent, ne paraissent pas assurer les angoisses croissantes qui s'accumulent avec intensite exponentielle pour trop de pays, pour trop d'innocents. Il parait que la terre souffre d'une confiance contraire a une confiance visionnaire creative, charitable: une confiance financiere, que ceux qui ont deja trop, auront plus. Une confiance qui pratique la philosophie medievale du roi anglais avare, John, comme dans la legende de Robin Hood, qui lui etait dit de "Voler les riches, pour donner aux pauvres", et que l'avare roi John, et son legendaire sheriff de Nottingham a interpretee d'etre plus avantageux de professer la vision de "Voler les pauvres, pour donner aux riches". Et pourtant, le troubadour, il chante, il partage, il inspire, il donne, car vivre sans espoir, est dur, est agotisant. Preferons alors de celebrer la confiance visionnaire, qui encourage, qui assure, qui embrasse, qui aime, qui a la force de sourire, d'agir, au milieu du defi, du chagrin, de l'insulte. Le brouillard restera aujourd'hui, ce qui va rendre les routes dangereuses ce soir ici. On fera les achats demain alors, et entre temps, voir les oiseaux, petits et grands, timides et confiants, partager les graines sans etre contraires, me laisse avec le sourire de l'espoir, avec la melodie hantante et rassurante des chants mogolien Tuva, et la belle pensee humilde, et reelle, que comme le savait l'ecrivain de fables ancien grec, Esop (c.620 - 564 B.C.), que "Aucun geste de gentillesse est en vain, meme le plus petit." Mon geste est fait, envers les oiseaux et ecureuils, ratons - laveurs, opossum, et cerfs qui visitent chaque jour le jardin, et est fait avec une grande chaleur au coeur, avec chaque poeme, chaque article, chaque livre, chaque piece de l'art que je concois, et fais pour le peuple Amazigh kabyle qui m'a fait decouvrir la joie de la confiance visionnaire, qu'est partager mes talents pour chanter l'esprit et sa sagesse unique qu'est la tendresse quand elle donne, volontiers, tout ce qui reside en visions, en energie creative, guerisante a ma famille de coeur eternelle, dans cette vie et la vie qui suivra, qui m'apprend le sourire du courage de cette philosophie des Imazighen, de dire et vivre avec la force, la dignite, qui declare a haute voix: "Et pourtant, je chante."  

Trudi Ralston

L'information sur le chant guttural mongolien et ses origines, courtoisie de Wikipedia. 

Friday, December 19, 2025

Le Bilan: Soliloque du Coeur Constant - dans la serie "Les Ailes d'Aphrodite"

       Apres les tempetes de pluies torrentiales qui ont causees des inondations desastreuses pour l'etat de Washington State ou je vis, ici dans la region du Pacifique Nord - ouest des Etats Unis, voir un soleil timide et pale meme pour juste une heure aujourd'hui, fut occasion de respirer avec soulagement, avec reconnaissance envers le silence doux de l'absence de la pluie ce matin. L'esprit humain est une chose de grande resistance, et aussi de vulnerablilite, quant a sa facon de digirer le stress, celui que cause l'incertitude, le chaos, quand la nature n'en peut plus, et reagit hors des normes de son equilibre, de ses comportements du rythme de ses saisons, de ses lois. Dans les moments de pause, qui permettent de se recentrer les nerfs, et les emotions epuisees, crispees, la pensee m'est venue de ces personnes exceptionnelles qui nous restent proche au coeur, n'importe la distance et le temps qui nous separe d'eux. Il y a une douceur profonde et emouvante, de se rappeler les beaux moments que la vie parfois permet, dans la proximite affective intime de cette amitie unique, qui nous voit l'ame, le coeur et l'esprit tout en un. Cette personne qui nous voit le monde interieur, qui nous fait voir son visage ne pas connu avant, qui devient le miroir de notre etre. Dans mon cas, cela m'a pris toute une vie pour avoir l'experience inoubliable de partager une amitie qui devient une odyssee, une exploration des circonstances de joie, de chagrin, de notre vie, qui sait illuminer dans leur totalite nos talents, qui devient la carte routiere qui rend visible le sentier de notre destin, qui adoucit les peines, rend plus joyeuse les victoires, qui embrasse avec tendresse nos reves, et leur courage, leur visions, qui nous voit notre force, et notre vulnerablilite, et les soigne, comme le jardinier les jeunes plantes de sa terre, qui les assure une bonne recolte, la fierte de se realiser toutes leurs possibilites. Et parfois aussi, il parait sans exception, tristement, la vie nous arrache apres, petit a petit, avec particuliere cruaute, cette amitie si rare, sous la guise souvent de l'ordre etabli, d'une moralite rigide, qui fait souffrir le coeur libre, lui blesse les ailes trop lourdes pour le poids de chaines mises sur le vol de ses energies, de ses passions. Le bilan est ainsi dur de supporter. Le coeur de l'esprit libre qui avait joui de la rencontre de son esprit jumeau, voit s'effacer la silhouette de son egal, petit a petit, effacee par la gomme d'une vision qui limite, qui veut controler, posseder, qui veut les ames reduites a des reactions fabriquees, qui deteste toute expression ne pas conditionnee. Le bilan, ce soliloque sobre, triste, du coeur constant qui se voit ame abandonnee a nouveau, qui se rend compte que le courage pour l'authenticite est plus rare que le joyau le plus cher que la nature sait reveler. Le coeur constant, qui parfois se rend malgre les meillieurs intentions, aux normes etablies, pour eviter le gene, pour essayer que tout reste en ordre, comme le metronome que met le maitre pour son eleve qui resiste le controle du rythme de l'instrument, et qui obeit, trop timide, pour exprimer en presence de son maitre, son propre rythme et melodie qu'il pourrait donner a son violon. On est tous parfois autant victime que bourreau quant a la peine que souffre notre coeur constant, qui une fois vecue le bonheur de la rencontre avec l'ame jumeau dans le monde des arts, des esprits libres, hesite de suivre l'appel de sa chanson. Le poete libanes - americain Kahlil Gibran ( 1883 - 1931) a dit que "Seulement l'amour et la mort changent toutes choses", et je crois que dans sa vie personnelle, il savait comme est dur la lutte pour la liberation, quand on se voit a nouveau seul, loin de la personne qui nous savait voir et comprendre toute l'histoire, sa force, ses traumes, ses contradictions, ses talents, et qui apres a perdu le courage, et nous a fait perdre ainsi l'energie la plus pure, la plus vibrante, de notre expression vitale, au moment qu'elle l'a perdue, abandonnee egalement. On peut mourir en ame, et rester vivant en corps, en repetition de demandes, de routines. Et dans ce sens, oui, une telle mort change tout. On devient a nouveau soumis aux illusions, et on vit le coeur conscient d'avoir perdue le regal si rare de se sentir en vie, corps, coeur et ame, comme ne jamais avant, et ne plus jamais apres qu'en brefs moments, comme se reveiller brevement et avec repetition stressant, d'un reve duquel on ne se rappelle que quelques fragments. Ce poeme exprime ce mystere, du coeur qui se reveille, rencontre son pareil, et apres hesite, et se rend au bilan qui choisit le sentier qui mene ligne droite vers les habitudes des lois etablis, aux routines qui expliquent le chemin bien visible des annees et leurs suppositions. Et ainsi aussi, comme la mort, l'amour change tout, une fois qu'on l'a connue sans masque, sans peur, sans limitations, de savoir que quelque part, dans le monde invisible pour la plupart, d'une realite avant le commencement du temps et ses peurs, on pouvait vivre comme esprit libre, sans le mepris, sans le chagrin de ne pas etre compris, sans etre privee de la joie et son sublime energie, de connaitre l'experience divine de s'exprimer le coeur qui comprend la vraie definition de l'innocence:


Soliloque du Coeur Constant  


Il ne faut pas m'envouloir, car je ne t'enveux pas, ce n'est jamais evident, de marcher contre le temps, ses exigences, ses demandes, ses lois et contradictions. Le monde a ses pieces de theatre, ses rythmes, ses danses, un chaos qu'on subit sans le comprendre.

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C'est pourtant magnifique, de se savoir libre pour ce sejour vers le monde ou le temps parait absent, se rend lent, on dirait invisible, ou existe encore l'innocence du coeur pur, libre de suppositions, libre d'illusions, ou on se peut rencontrer sans masques, sans le poids de l'histoire humaine, ses malheurs, ses mirages.   

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Le coeur constant, quel tresor, de pouvoir faire ensemble, l'exploration de beaux mysteres, que le monde ne comprend guere, qui cherche etouffer le souffle, ses ailes. Le coeur constant qui reste, malgre de savoir que ca ne dure pas, que le temps et la peur de la mort, de l'amour libre,

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fait obeir, fait fuire, qui invite le confortable, qui rend malleable au esprit libre, qui finit par oublier, decide de vivre comme une marionnette belle et charmante, qui accepte les routines, en costumes convenables, pour rester immobile, un somnambule souriant, qui cache le gout de ses larmes, en ignore leurs cris d'alarme. 

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Le bilan du coeur constant, on n'en parle guere, on se contente d'etre, ni en vie 100%, ni mort, juste soumis, silent, avec au coeur la memoire et son chagrin brulant, a toujours, les jours de froid, d'indifference, d'avoir connu le bonheur fuyant, et son delire, de la renconte de ce coeur qui a vu, qui a compris, et qui s'eloigne, un pas timide a la fois, derriere les coulisses lourdes du theatre qu'est la vie, et ses insondables exigences. 


Trudi Ralston 


"Between what is said and not meant. And what is meant and not said. Most love is lost." - Kahlil Gibran.