Briser les murs des illusions que nous construit la vie sur ce chemin precaire et souvent frustrant que puisse etre la traversee du destin, reste au centre de l'enigme qui entoure l'etre humain. Des milliers d'annees de civilisations, desquelles l'Egypte ancien et ses merveilles brille comme une immense etoile dans le va et vient des eres et leurs triomphes et defaites, et les pyramides ont su garder leurs secrets, et continuent d'eludir les savants et leurs recherches. Je pense a la connaissance architecturale et mathematique, et des sciences naturelles, et de l'astronomie des anciens egyptiens, ainsi sur leur mythologie unique autour de la vie et de la mort, comme immortalisee dans les revelations autour des secrets de la transition apres la mort vers le monde complexe egyptien des esprits, dans "Le Livre des Morts des anciens egyptiens" du debut du Nouveau Royaume ( 1550 B.C. - 50 B.C.) qui fut ecrit le long d'environ 1000 annees par beaucoup de pretres, et des copies de ce texte etaient mis dans le tombeau de la personne morte, pour lui aider sur son chemin vers le monde des esprits, avec l'aide des incantations dans le livre, avec lesquels aussi les murs du tombeau et des sarcophagi etaient inscrits. L'example le plus fin extant du texte est celui fait du scribe ancien egyptien Ani. Au debut, vers 2400 B.C., le texte etait exclusivement pour les pharaons morts et leurs reines, et vers la fin de l'Ancien Royaume, le texte etait aussi inclus pour les gouverneurs des differentes regions, et les officiels en hautes positions. Vers le Moyen Royaume, les personnes riches en general avaient entree au texte, dans un processus dit "la democratization du monde des esprits". Il y a pres de 192 incantations connues, entre autre, des incantations pour assurer la survie que tous les elements de la personne arrivent au monde des esprits preservees, reunies, et des incantations de comment naviguer les obstacles et defis en route vers le monde des esprits. Pour les anciens egyptiens, la mythologie de leur comprehension du spirituel etait autant liee a la magie que la religiosite. Le livre et ses textes etait donc un guide de comment se bouger dans et de naviguer le monde des esprits, ses indices, ses identites, ses dangers aussi. Les incantations sont bien specifiques, comme l'incantation #79, de comment attacher l'ame au corps - car les anciens egyptiens croyaient qu'une fois arrivee au monde des esprits intact, la personne morte regagne le pouvoir du mouvement et de la parole - , et l'incantation #80, comment eviter la parlance incoherente. Le texte aussi inclut ou et comment trouvers de la nourriture, de trouver les sites importants, la connaissance des amulettes pour la protection. Le processus de la mummification avait comme but de transformer le corps de la personne morte dans une forme idealisee avec des traits divins. Le coeur humain etait vu comme etre le centre de l'intelligence et de la memoire, et recevait aussi la protection d'incantations, et on mettait souvent un coeur fait de bijoux de scarabees, comme remplacement au cas que le coeur physique en avait besoin. La force vitale, le ka, restait au tombeau avec le corps mort, et avait besoin de nourriture, de l'eau et de l'incens. Il y avait une incantation, #25, qui assurait que la personne morte se rappelerait son nom une fois arrivee au monde des esprits. Deux incantations interessantes, #61 et #89, assuraient que l'esprit libre de la personne morte, le ba, recevrait la force de voyager librement du tombeau vers le monde pendant le jour. Ensemble avec l'ombre de la personne, le shut, qui etait preservee avec les incantations #91, #92 et #188, si tous ces elements: le ka, le ba, le shut etaient nourris, maintenus, la personne morte pouvait vivre dans le monde des esprits comme un akh, un esprit beni avec des pouvoirs magiques qui etait permis de vivre parmi les dieux. Cette mythologie complexe continue de fasciner de nos jours, et peut - etre meme plus, vu le chaos et degre d'incoherence sociale - spirituelle qui envahit le monde violent et destructif du 21eme siecle. Il parait que l'homme post - moderne souffre d'angoisses croissantes, comme la pauvre terre se trouve victime non seulement de guerres immondes, qui rendent victimes a des millions de personnes innocentes, pour le plaisir sadique de dirgents ineptes, avares et cruels, il y a la menace globale a l'air, l'eau, les recoltes, la faune et la flore, mettant en doute grave la survie de l'humanite. Comment briser ce sortilege, cette hypnose, qui rend immobile le coeur, l'ame, l'esprit et enleve la joie de vivre, l'espoir, le souffle pour le courage? Dans les moments de detresse psychique, quand le poids du mal devient oppressif, mes pensees vont vers les rivages de la Kabylie, vers tout ce qu'elle m'a donnee ces presque 10 ans deja. Elle m'a redonnee ma voix de poete, l'energie pour le courage de trouver les moments beaux, l'espoir dans les defis de chaque nouveau lever du soleil, d'entendre, et suivre, et explorer, documenter ma voix creative, en prose, en poemes, dans mon art. Elle m'a re - connectee avec mes racines flamandes, avec les plus beaux souvenirs de mon enfance et adolescence en Flandre, m'a introduit a moi - meme, en enlevant le sortilege destructif, paralysant de toute une vie d'exile, d'isolation, et ses interminables solitudes et humiliations. Et pourtant, elle reste, ma muse kabyle, timide, comme si elle ne se rend pas compte du regal immense qu'elle m'a donnee. Ce regal inattendu, duquel je me sens parfois reculer, incredule, de la beaute, de la force, de la charite, de son regal pour mon coeur, l'energie de mon corps et ses sensibililtes, pour mon esprit, pour mon ame, si longuement seuls, invisibles, muets. La personne qui a le plus influencee cette transformation, cette metamorphose totale, est mon collegue kabyle, le photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, qui parait etre bien timide, je dirais meme, mal a l'aise, avec cette realite unique de re - animation, de liberation intellectuelle - creative qu'il m'a permis de recevoir. Ce texte de cette nouvelle serie, lui addresse alors, comme dans un journal que je lui laisse, pour lui, le visionnaire reticent, dans cette serie d'articles et poemes, et leurs explorations, au titre de "La Repetition Inopinee", car je ne sais pas s'il se rend compte, autre du fait qu'il y a deja 10 livres que j'ai publiee inspiree par cette energie joyeuse, meme fascinante, de ce lien unique qu'on partage, malgre la distance de 9000km qui nous separe? C'est interessant de noter, que dans le monde des chamans, des visionnaires, qui savent traverser discretement la distance entre une intuition concrete et une intuition spirituelle, la timidite et presque indifference envers ce qu'ils savent evoquer, reveiller dans l'acolyte enthousiaste et naif parait etre un ingredient indispensable. Je me rappelle les mots de Nacer Amari, le long une de nos conversations longues et elaborees de cette annee: "Tu es plus jeune que moi." Une affirmation surprenante, vu du fait que mon age chronologique depasse d'une generation celui de mon collegue. Il a pourtant raison, je decouvre, encore et encore, quand il resoude la quadrature du cercle de mes questions, de mes trepidations naives, quant a la vie et ses contradictions. Cela me prend toujours un moment, pour voir clair dans le dessin spirituel que ses mots me dechiffrent, dans sa voix lente, deliberee, et ses pauses, d'une personne qui voit, sans se presser, clair dans les illusions et ses pieges que le destin nous sait mettre. Dans ces moments, la distance immense geographique qui nous separe, entre la Kabylie et Olympia, disparait, dans cette sensation de chaleureuse detente, de comprehension, de partage, au - dela de l'espace et les limites du temps. Cela restera un mystere irresolu, pour le reste de ma vie terrestre, et cette realisation ces jours me fait reculer, etonnee, face a sa realite, sa verite tangible, inalterable: de cette rencontre et son regal inattendu, de ce lien profond kabyle qui me permet travailler avec, et connaitre a mon collegue artiste - photographe, Nacer Amari, ce chaman reticent, timide, qui porte sa sagesse spirituelle comme un manteau lourd, duquel il cherche se debarasser, meme quand c'est evident que ses sensibilites partagees ainsi en ont besoin, de ce photographe - artiste, qui m'a donne la clef de la porte qui avait la carte routiere pour mon destin, comme etre humain, comme poete, comme ecrivaine solitaire, exilee, bannie de son identite, de son coeur, de son esprit. Ce visionnaire kabyle, qui habite le monde de mes poemes, de mes livres, qui les navigue avec aisance, meme parfois nonchalanche, qui parfois me blesse, me confond. Cet homme evasif, silent, qui m'est cher au coeur, dans ce monde precaire, et j'en peux tolerer la distance physique et ses defis, ses demandes et ses tetues incertitudes, aussi longtemps que dans le miroir de mon ame, de mon esprit, je lui vois le regard, le sourire, et j'y entends sa voix et ses cadences kabyles, et j'y vois la reflection de son sourire, de ses mains qui tendent son champ, son art, et ses visions. Aussu longtemps que je sens, je reconnais, cette assurance de lui savoir proche, dans cette traversee vers le monde des esprits, des visionnaires, qui revele que le temps et l'espace ne sont que des illusions. Quoique bien tetues, bien considerables, mais heureusement, comme me laisse savoir, le toucher des rayons du soleil au jardin le matin, et la brise douce et sa voix du ciel bleu clair, qui me chante avec conviction, le mot "Kabylie" a l'oreille, me laisee comme un parfum de jamine automnale venue de loin, comme une chaude caresse, venu du monde des Imazighen, une incantation pour l'espoir, pour le courage dont j'ai besoin, pour ce recul spirituel, qui me permet voir encore plus claire, cette charite, cette tendresse vibrante, reelle, dont est capable le coeur dans la presence de la sagesse, de la passion spirituelle.
Trudi Ralston
L'information sur le Livre des Morts des egyptiens anciens, courtoisie de Wikipedia.
"Il y avait une porte, de laquelle je n'ai pas trouvee la clef; Il y avait un voile a travers lequel je ne savais pas voir clair; Brevement, une conversation sur toi et moi; Il y avait - et apres, plus rien, de toi ou moi." - Omar Khayyam, (1048 - 1131), poete - polymathe perse de l'ere Seljuk.