Un brouillard epais, impenetrable, s'est mis ce soir sur la ville d'Olympia, et meme en pleine apres - midi, la visibilite etait reduite considerablement. Esperons que demain, pour la nuit avant le Nouvel An, cette brume s'aura dissipee, sinon, cela risque d'etre cause pour pas mal d'accidents sur les auto - routes entre Olympia, Tacoma et Seattle, a l'occasion des fetes de la fin de l'annee. Le brouillard est rare ici, mais je connais ce phenomene metereologique bien, ayant grandie en Flandre, en Belgique, ou on avait des brumes epaises en hiver avec regularite et souvent avec des consequences tragiques. Le brouillard me parait posseder une qualite un peu mystique, de mystere, pour le symbolisme d'etre ne pas transparent, de nous laisser dans le noir, pour ainsi le dire, et tout ce que cette incertitude implique. Ce poeme "Vision de Nuit" m'est venu en anglais, avec une voix solennelle, urgente, et apres , je l'ai traduit en francais, car mon coeur de poete trouve son centre, sa raison d'etre, au centre du coeur kabyle, de ma Kabylie, qui m'entend les melodies, celles de joie, et aussi qui m'ecoute les chants de detresse, me les traduit, me les met en contexte. Ce poeme est reflexif, intense, un peu deroutant aussi, pour toucher cette ligne souvent invisible, entre le concret et le spirituel, et je le dedie, je le confie a toi, ma muse, ma Kabylie:
Night Vision
He stood there, waiting, by the light of the fading moon, and sunlight streamed in through the quiet arrival of the day. He smiled, in a most curious way, his eyes looking right through me, as if it was my soul he had come to weigh.
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A small bell rang in the distant fog that clung to the trees' slender silhouettes and this he said, in a voice laced with sorrow, with regrets: "You are a poet, struggling so earnestly to be free. I hear the roar in your burning heart, the echo of its ardent cry.
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You stand, proud, on that trembling ledge where the world's madness ends, where the path leads straight to the Sphinx's head. It is a place, vast, where few dare to roam, and it is a home few choose to explore. And as by now, you know:
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There is no returning, once the poet's soul has been bled, to the world of the dead, to all the illusions there that you were fed.
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The best you can hope for is to find, the one brave soul that saw your mind and took you by the hand, to leave behind the world where masks disguise the soulless,
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That fear the smile bright, pure, that those wear who decide to walk, to live free, to breathe, to finally, be."
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Vision Nocturne
Il m'attendait sous la lumiere de la lune decroissante, pour ceder sa place apres en silence au jour suivant. Il me souriait en me regardant droit dans les yeux, comme s'il etait venu me peser l'ame.
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Dans la distance, une petite cloche sonnait, son son se collait aux silhouettes minces des sapins de la foret, et voila ce qu'il me disait, dans sa voix lourde de chagrins et de regrets:
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"Tu es poete, qui se bat avec courage pour le droit de vivre libre. J'entends hurler ton coeur brulant, l'echo de son cri ardent. Tu te mets la, sur ce bord en ruine, ou finit la folie du monde, et qui mene droit vers la tete du Sphinx.
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C'est une espace que peu risquent traverser, et un chez soi que peu choisissent de frequenter. Et comme tu sais deja, on ne revient pas, une fois l'ame de poete blessee, vers le monde des apathiques, de toutes les illusions t'y etalees.
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Le mieux que tu puisses esperer, c'est de rencontrer une ame courageuse qui t'a vu l'esprit, et qui te prend par la main, pour laisser derriere, le monde qui avec ses masques deguise les sans esprits,
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Ceux qui tremblent dans la presence et sa lumiere du sourire brillant, pur, de ceux qui decident de marcher, de vivre libre, tout, debout, de respirer, d'etre, finalement."
Trudi Ralston
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