Recemment, j'ai commencee une nouvelle serie, "Au Carrefour des Rencontres" apres avoir finie le manuscrit pour mon livre "Les Ailes d'Aphrodite", qui sera publie en mars 2026. L'idee de rencontres me fut attirant, pour le fait que le monde devient plus petit, grace a l'evolution exponentielle continue de la technologie informatique, et devient plus vaste aussi, dans cette vague troublante de l'intolerance, de la violence, de la haine, qui cherche a separer les peuples, les cultures et rendre la terre une planete ou regne la terreur, le mal dans toutes ses formes deshumanisantes. Cela m'a donnee l'idee d'une racine nue, qui se bat pour la survie, sur un terrain qui lui est hostile, depourvu de la chance de se mettre solidement dans le sol, de se nourrir, de fleurir, d'atteindre son but d'etre un arbre, qui donne de l'ombre, des fruits, du renconfort pendant la sieste en ete, et aux oiseaux, qui s'unissent dans sa couronne pour leurs chansons, leurs echanges, et qui pour des generations consecutives est le temoin de recoltes reussies, de reunions de famille, de saisons de la vie vecues, entre grandparents, enfants, petits - enfants, de reflections pour les poetes, pour les reveurs, pour la chaleur du soleil, et la lumiere des etoiles, de la lune. L'idee de la racine nue, fait mal, quand on aime la terre, quand on connait l'effort des agriculteurs, de l'importance de leur connaissance, de leur sagesse, de leur coeur et esprit en harmonie respectueuse avec les lois de la terre qui nous donne la vie meme, qui nous nourrit avec ses recoltes, ses dons. Cela me manque de me sentir proche a la Kabylie, de ne pas savoir quand je vais pouvoir y retourner. Mes poemes sont une sorte de messages en code, qui ou essaient de couvrir sa tendresse, ou rendre bien visible, l'energie que me donne cet amour que je sens pour sa terre, pour son esprit, son coeur. Dans ce sens, le titre meme, "Au Carrefour des Rencontres" de cette nouvelle serie, est un souhait, une facon de me trouver un peu, comme la racine nue, seule sur cette scene de theatre de ma solitude qui se rend plus aigue sans elle, et que je ne peux pas eviter, ce qui me rappelle les mots du poeme "Va Jusqu'au Bout de ton Desir" de Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), de son livre de poemes, ecrit dans l'expression lyrique du neo - romanticisme, en 3 parties, entre 1899 et 1903, "Le Livre des Heures, I 59":
"Toi, suis le chemin au - dela de ta memoire, marche vers les limites de ton desir. Prends ma forme. Prends feu comme une flamme et fais des grandes ombres, dans lesquelles je peux bouger. / Laisse tout t'arriver: beaute et terreur. Continue d'avancer. Aucun sentiment ne dure. Ne permets pas que tu me perdes./ Proche est le pays qu'on appelle la vie. Tu le connaitras par son poids serieux./ Donne - moi ta main."
Il y a pas mal d'angoisse dans ses mots, mais ce qui domine, est le courage d'avance quand - meme, de ne pas ceder a l'incertitude, la malaise existentielle. Donc, c'est ma conclusion: de continuer, de marcher, en avant alors, dans la brume de ce monde fou, dans le chagrin de me savoir loin, dans l'incertitude de presque tout en ce moment. Cela reste emouvant, apres toute une vie de solitude, d'avoir trouvee ma voix en Kabylie, et cela reste egalement penible, de ne pas savoir maintenant ou menera ce chemin, son pont loin dans la distance, et de noter que le monde, comme une piece de theatre, s'ennuie facilement, change d'acteurs, de scenes, ne pas parceque c'est une bonne idee, mais par impatience, par habitude, par l'effet que laisse comme une maladie infectueuse, l'indifference une fois que le temps seduit le courage, la sensibilite qui suit comme une colombe egaree, le coeur des poetes, des visionnaires. Et ainsi, la colombe, on la chasse, parceque l'innocence est une presence que peu savent tolerer a la fin, comme elle est tel un miroir, qui rend claires les vraies dispositions d'une personne. La racine nue, elle lutte, comme le coeur sensible, du poete, du chaman, de toute ame blessee, qui avance, souvent sans carte routiere pour ainsi le dire, sur le chemin du destin, qui parait avancer en arriere dans le monde contemporain, qui parait avoir aucun interet de se rappeler les horreurs du XXeme siecle, et qui au contraire, fait tout pour en repeter les etapes desastreuses. La terre meme, parait en colere, et nous visite avec des incendies, des inondations, des tempetes, qui continuent de devenir plus destructifs, plus severes. L'idee de la racine nue, liee aux arbres, dont on a tellement besoin, pour nous permettre l'air sain pour nous poumons, pour nous nourrir et proteger de la chaleur, est ainsi aussi un appel, de la part de la nature, qui voit la destruction des forets, des animaux qui y vivent, des recoltes qu'ils protegent du vent, et qui font une grande partie de l'alimentation humaine. La racine nue, comme idee poetique, de lutte existentielle contre l'absence de la charite, de la cooperation, de la tendresse et sa joie, son espoir, et aussi la racine nue, victime des abus que souffre la terre, cette terre et ses dons, ses fruits, des champs, des rivieres, des oceans, sans laquelle, on ne survivra le delire de l'avarice, et ses haines, qui nous risquent detruire, dans une piece de theatre dystopique ne plus sorti d'un livre, mais qu'on vit en ce moment, dans tous les coins de la terre, et il n'y a pas de sortie, ni de coulisses derriere lesquelles se cacher. Je dedie ce poeme a ma Kabylie, ma muse, qui me voit la blessure de la racine nue, et qui en est l'eau fraiche qui en lave le soif, la douleur epuisante, sa inconsolable solitude, de se savoir si proche a son destin, son but, son reve, de se reunir avec la terre qui lui donne la chance de se realiser comme arbre fier, sur:
La Racine Nue
Elle se defend comme elle peut, laissee seule sans remede, sur une plaine rocheuse, au milieu d'une tempete, au milieu d'un vent soudain, qui lui a enlevee sa place, sa chance, le but de son reve.
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Elle se voit si fragile, on ne dirait pas que c'est elle qui donne vie a un arbre solide, si elle recoit la main qui lui guide vers terre fructive, ou elle pourra fleurir, donner, pour des annnees longues, heureuses, ses dons, qui vont nourrir toute une generation, toute une famille.
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Ell se parait au poete, au troubadour, au chaman en exile, qui font le circuit de ville en ville, qui dorment pres de portails vides, et pour qui le soif et la faim de leur coeur, de leur ame, les tourmente, comme la racine nue, qui tel un caillou roule le long la route, sans direction, sans destination, invisible.
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La racine nue, ce symbole de la terre qui souffre tants d'abus, notre terre qui pleure, qui voit cette detresse, contre laquelle tout coeur decent lutte. C'est la main de la personne gentille, qui aide, qui comprend, qui plante, donne a boire a la racine nue, desolee, mourante.
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Ainsi est pour mon coeur la memoire, la gentillesse kabyle, qui m'a vu la racine nue de mon coeur de poete, me l'a resuscitee avec sa charite, avec sa tendresse, l'a protegee contre le vent, contre le froid, contre les flammes, du temps et ses armes.
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A voir, si tu resistes, le chaos du monde, la fatigue de l'indifference, le sortilege des routines, a voir si tu, ma muse kabyle, ne me perdes pas de vue la racine qui a fleurie dans tes soins. A voir, si tu te rappelles, de donner a boire a mes poemes, a leurs reves, leur espoirs, leur renforce la voix, le courage.
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A voir si elle, la racine nue maintenant soignee, devient arbre solide, et l'ombre de tes siestes, l'accueil pour un conte que tu vas reciter a tes enfants: d'une poete flamande, qui sur tes rives, a su devenir libre, fiere, sure, l'ame sauvee d'etre condamnee de mourir, telle une racine nue, rejetee, rendue impuissante, par manque, par soif, par tants de jours et nuits de tuante, de cruelle indifference.
Trudi Ralston
L'information sur les vers du poeme de Rainer - Rilke, "Va jusqu'au Bout de ton Desir", de son livre de poemes "Le Livre des Heures" (1899 - 1903), courtoisie de Wikipedia dans une traduction de ce poeme, en anglais de Joanna Macy, dans " The On Being Project", de qui la traduction de ce vers en francais pour cet article, est la mienne.
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