Wednesday, April 12, 2023

Hebergee dans le Silence de ses Memoires: L'Ancienne Maison Kabyle de Nacer Amari - dans la serie "L'Esprit Itinerant"

            Une photo en noir et blanc du 7 avril 2023, de la part du photographe berbere d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, est un tableau qui reveille de forts sentiments pour son sujet qui touche un desir de surmonter une blessure tres profonde de mon coeur de poete si longuement vagabond, errant. Hebergee dans le silence de ses memoires, cette photo d'une maison kabyle a une beaute spirituelle que le photographe a su capturer avec grande precision et sensibilite, et que ses mots soulignent: "Ma photo represente une ancienne maison kabyle, construite generalement sur une crete ou un versant pour assurer la defense contre l'ennemi, les animaux sauvages ou les mauvais temps. Elle est construite en pierre taillee et couverte d'un toit a deux versants en tuiles. J'ai pris cette photo sur ma route vers le Mont Issek, elle est abandonnee mais elle nous raconte l'histoire d'un peuple qui a vecu sous son toit pendant des annees et des siecles meme." Ses mots du photographe me rappellent ma visite aux villages kabyles de Djebla et Iguersafuene en 2019, et ma visite a la citadelle historique du XVIeme siecle, Kalaa Ait Abbas, a 60 km sud - ouest de Bejaia, et site de la revolte heroique de 1871 de Cheikh Mokrani contre l'aggression des colons francais. Le silence des maisons, des rues y parlent de l'histoire heroique du peuple kabyle, qui despuis des milliers d'annees se defendait contre les interminables invasions de sa terre natale. Malgre toutes les aggressions souffertes, pendant la Guerre de l'Independance de 1954 - 1962, qui a mis fin a l'occupation brutale des forces coloniales francaises, et les souffrances terribles pendant la Decennie Noire de 1991 - 2002, ou les villages kabyles ont souffert des atrocites inimaginables, le village kabyle a survecu et inspire tout le respect pour sa resistance, sa determination de maintenir ses traditions, son importance dans la culture et la mythologie kabyle, ou la famille et les proches sont au centre de son coeur, de son esprit. Pour toutes ces raisons, l'image d'une ancienne maison kabyle evoque une reponse profonde, et cette reponse est liee a un sentiment complexe et souvent contradictoire, pour etre a la fois une emotion de joie, d'espoir, et aussi de melancholie, de tristesse : la nostalgie. C'est cette reponse complexe qui va etre au centre de cet article, car la nostalgie, vue de pres, s'approche a l'importance de la culture, de l'histoire, de la position des cultures aux mythologies independantes des machinations industrielles et post - industrielles, qui voient le profit economique comme l'ultime objectif et dans le processus veulent eliminer les cultures anciennes pre - industrielles, qui cherchent a preserver l'equilibre entre homme et nature, entre individu et communaute, entre maison et famille, etre terre et recolte, entre corps et esprit. La maison kabyle est en fait d'une renommee considerable dans le monde de la sociologie, et une des etudes les plus notables autour de cette philosophie qui met au centre la communaute, avec comme son element la maison de village comme element crucial de la culture berbere, fut concu par le sociologue francais Pierre Bourdieu (1930 - 2002), son etude de 1971, "La Maison Berbere ou le Monde Inverti", qui fut une rupture de la vue traditionnelle de voir la maison comme une espace purement physique, et de la voir au lieu,  comme une espace de complexes symboles culturelles. Pierre Bourdieu connaissait bien a l'Algerie, y ayant arrive en 1955, il s'interessait dans l'impacte desastreux de la colonisation francaise sur la culture kabyle, sur la structure du village, du lien entre le village et la terre, que la brutalisation de l'occupation francaise chercheait a detruire, a lui enlever sa sagesse, son importance, sa dignite, sa place, sa chance de survie. Ce traume laisserait des cicatrices encore bien visible dans le paysage kabyle, de maisons kabyles abandonnees, de terres et arbres encore martirises des incendies aux mains des colons francais, de forets, d'entiers villages, de vergers, qui laissaient la population berbere reduite a la misere de se trouver volee de propriete, d'independance economique, forcee hors de la vie du village a la pauvrete, a l'anonimite des grandes villes, pour tomber victimes de famines, de maladies, de desespoir, tous des crimes contre l'humanite qui 60 ans apres l'independance, laissent des blessures agonisantes encore, visibles dans la solemnite des maisons kabyles abandonnees, qui inspirent une puissante reverence et respect envers l'esprit et coeur fier, resistant et digne de la Kabylie. Les perspectives que ses experiences en Algerie lui ont fourni quant a la culture kabyle et sa sagesse, a Pierre Bourdieu, sont vus avec beaucoup de respect aujourd'hui, parce que son scepticisme envers la justification du systeme de la globalisation postindustrielle qui risque detruire ce qui reste de cultures independantes, de l'integrite de la communaute ne pas esclave de l'obession avec le profit a tout prix, qui risque aussi detruire l'ecologie de la planete et sa chance a la terre de survivre cette obsession avec l'argent pour l'avantage d'une minorite riche au subjugation des majorites pauvres abusees. Malgre le fait que Pierre Bourdieu se trouvait desillusionne avec le systeme capitaliste de l'education, il a soutenu pour des decennies des etudiants kabyles qui chercheaient une education universitaire, quand il enseigneait a Alger, ce qui parle de sa generosite privee, et son sens d'obligation, et il aidait aussi a la fondation d'un centre de recherche pour des emigres berberes, le CERAM, le Centre de Recherche et d'Etudes Amazighes, et il etait aussi le fondateur d'un groupe de soutien prominent d'intellectuels algeriens en prison ou sous menace, le CISIA, le Comite de Soutien aux Intellectuels Algeriens. Il etait convaincu aussi, que la science et l'education etaient la meillieure facon de combattre le drame de la reproduction sociale, qui voulait perpetuer la domination coloniale et post coloniale, qui chercheait a maintenir des structures sociales a base de modeles de conditions economiques et pedagogiques qui voulaient tenir en place l'avantage pour eux d'injustices dont ils profitaient de generation a generation. Une realite tres visible en ce moment dans le systeme de la politique de droite, par example aux Etats Unis, qui ainsi justifie le mepris et la violence policiere envers la population noire, a base d'une ideologie qui voit a la pauvrete et la marginalisation culturelle et economique de cette population comme etre un resultat d'inferiorite raciale et culturelle, et ne pas du systeme et son heritage inhumain de l'esclavage, et une idee qui fut mis en place au XIXeme siecle quand le pays chercheait aussi a justifier la destruction systematique des cultures ameridiennes, qui jusqu'a aujourd'hui sont la population americaine la plus marginalisee economiquement et socialement, du pays. 

              La photo en noir et blanc, et ses fortes resonances solemnes , "Ancienne maison kabyle" de Nacer Amari touche a des themes de grande importance, autant du point de vue sociologique, que culturellement, et aussi aux themes de la mythologie et de l'histoire quant a ce que signifie le mot, l'idee de "maison" dans la conscience humaine a travers les civilisations et le temps.  Le mot "maison" est vu comme ayant une signification qui denote une valeur affective, au - dela de la signification d'etre une espace physique, un batiment. On fait le lien entre maison et famille, et c'est dela que "maison" recoit son contexte culturel, social, mythologique, historique, et spirituel, et aussi affectif. C'est cette complexite qui lui attribue aussi l'idee de la nostalgie, une qualite affective, que la photo evocative du photographe kabyle d'Aokas, resussit a evoquer avec beaucoup de respect et aussi intensite et passion. Les nuances riches que sait dessiner son tableau, habillee en ombres de noir, gris, pales et foncees, du toit de la maison ancienne, des montagnes en arriere plan, dans une union de lignes comme faites par un pinceau reflexif d'aquarelle, nous invitent dans l'intimite de la scene, de cette maison abandonnee, qui s'accroche a ses memoires dans un silence solemmne, et qui touche le coeur presque de facon imperceptible mais de tout pres, pour la dignite et vulnerabilite, la fierte gardee, l'espoir meme de cette ancienne maison kabyle. Comme poete et artiste qui vit depuis toute une vie loin de sa terre, la vue d'une maison kabyle abandonnee, me touche profondement, evoque une peine, une douleur, d'avoir perdue a toujours la maison ou j'ai grandie, a la famille, toute la famille, qui n'existe plus, ni mere, ni pere, ni soeurs, ni frere. Comme la maison kabyle dans la photo, il me reste que les memoires, vagabonds dans les silences de l'espace et du temps, qui la nuit me visitent avec une regularite angulaire et maladroite, dans le monde complexe de mes reves. La nostalgie est ainsi souvent associee avec les memoires de la maison ou on a grandi. La nostalgie possede j'ai appris, deux types: la nostalgie restorative et la nostalgie reflexive. La nostalgie restorative est autour de memoires heureuses du passe, et cette nostalgie nous inspire de chercher de nouvelles experiences, a base des evenements positifs anterieurs. La nostalgie reflexive, souvent nous rend triste, pour penser que le present ne vaut pas ce qu'on se rappelle d'un passe qu'on manque, et qui nous ne permet pas d'avancer et de chercher des nouvelles experiences. Les deux types de nostalgie, en equilibre, peuvent etre des experiences qui donnent de la confiance, du courage, si on sait utiliser leur pouvoir. La maison est un symbole qui a travers son lien a la famille, aux proches, a une presence centrale dans toutes les cultures, soient elles nomades, agraires, urbaines, a travers l'histoire et les civilisations. La separation de l'espace masculine et l'espace feminine est presente dans beaucoup de cultures. Elle est evidente dans la structure des espaces dans la maison kabyle, dans les tipis des cultures amerindiennes des Grandes Plaines des Etats Unis, dans la culture Dogon de Mali et Nigeria, ou le sol de la maison et vue comme la femme, et le plafond son partenaire masculin. Dans les cultures des Grandes Plaines, les poteaux des tipis symbolisent ce qui unit l'humanite au ciel et Wakantanka,"le grand mystere". Le lien a la maison que connait la famille qui l'habite, a ses menaces comme se trouver sans abri, quand on perd sa maison, et l'esclavage, qui coupe tous les liens avec la famille, la tribu, le village, comme la menace aussi d'etre banni, une forme de punition souvent imposee dans des cas extremes dans des cultures avant qu'elles furent exposees aux empires industrialistes. La maison, comme domicile, ou reside une famille, et son identite, son histoire, s'applique comme defintition ainsi aux morts autants qu'aux vivants, le tombeau etant une maison pour les morts autant que la maison l'est pour les personnes en vie. Cette conviction a ses racines dans l'Antiquite, comme dans la coutume des anciens egyptiens de faire des maisons minuscules pour les ames des personnes disparues, une pratique aussi qu'on retrouve dans la periode Yang - shao de la Chine entre 5000 - 3000 B.C. Dans la peninsule Malay d'aujourd'hui, on met dans les cabanes, des muebles minuscules et des outils pour l'usage des morts, et en Papua et Melanesia, on met des images des ancetres dans des "maisons d'ames" miniatures. De tels liens intimes entre maison et famille disparue, trouvent une expression poetique dans la conviction de la part de la culture amerindienne Kwakiutl de notre region du Pacifique Nord - ouest ici, que la maison meme est vivante et le reste, comme un double de ses habitants, aussi longtemps que les occupants restent en vie, et quand l'habitant primaire se meurt, la maison aussi meurt, devient sans ame, se vide, se casse l'esprit. Les survivants se regroupent alors autour d'une nouvelle maison. Les poteaux de sculptures avec des bouches grands ouvertes, symbolisent que la maison est un esprit vivant, et souvent des autels pour faire honneur aux esprits qui protegent la maison et la famille qui y vit, sont une presence tres visible dans les cultures qui restent proche a la terre et les mythologies et ses traditions et heritage. Cette reverence envers les membres de famille disparus a travers un autel et ses ceremonies spirituelle, se trouve aussi en Chine, le Japon et le Tibet. Un autre attribut de la maison est le feu de foyer, ou le feu est vu par les cultures amerindiennes de l'Amerique du Nord, comme un regal des dieux, et un symbole du soleil, comme la maison qui l'entoure symbolise l'univers. La maison recoit depuis l'Antiquite de la protection grace a des dieux et deesses qui en forme de figurines sont mis dans des coins specifiques de la maison, comme le dieu Olarosa de la culture Yoruba de Nigeria, Benin et Togo de l'Afrique de l'Ouest, qui compte 52 million de personnes. En Kenya, le dieu Bali Atap est celui qui protege la maison contre la maladie et les attaques, et son image est mis dans l'espace qui unit la maison au bord de la riviere, et le dieu Bali Utang est responsable pour la prosperite de la famille dans la maison. La photo "Ancienne maison kabyle " de Nacer Amari ouvre a travers l'ambiance intrspective de son tableau reflexif et serein, une experience affective - spirituelle qui unit beaucoup d'elements autour de l'idee de domicile, d'appartenance, de culture, de peuple. La nostalgie reverante de la photo touche ainsi aux trois categories de la nostalgie: la nostalgie personnelle, sociale et culturelle. La nostalgie personnelle est celle que le photographe nous invite vivre de nos memoires autour de famille, a travers l'intimite discrete de sa vision rendu avec un tact considerable que lui permet son talent comme artiste visuel. La nostalgie sociale s'introduit a travers le sujet historique que represente la maison kabyle dans le contexte de l'histoire de l'Algerie, quant a traumes d'invasions et aggressions a la famille, a ce qu'ont subi les familles kabyles terrorisees dans l'etre sacrale de leurs maisons envahies. La nostalgie culturelle vient de l'effort considerable et persistant de maintenir et revivre l'heritage ancien et noble de la maison kabyle, ou la femme est au centre de la continuation et preservation de ses mythologies autour de la famille, les enfants, et ou l'homme represente le monde exterieur qui defend la terrre natale qui entoure la maison, et la femme protege la sancitite des mysteres feminins du monde interieur de la maison. Dans un monde post -industriel qui est esclave de l'avarice, et qui veut rendre esclave a toutes les cultures, dans une obsession fatale de globalisation ou juste quelques individus trop riches, trop puissants controlent le destin et la vision de toute la planete, la dignite et spiritualite et sagesse que represente la maison kabyle, sa resistance, son histoire ancienne et heroique, son lien a la terre, les recoltes, le respect pour les lois de la nature, l'heritage des ancetres, la mythologie berbere, est une inspiration, une image de courage, d'espoir. C'est aussi un avertissement profond et serieux, de la tragedie immense qu'est perdre de vue l'importance de valoriser la culture de chaque peuple, ses contributions, sa beaute, son coeur, son ame, ses traditions et la richesse que ses connaissances apportent a la qualite de vie, de bonheur, d'abondance, pour cette planete deja sous un poids lourd a cause de cette negligence et indifference envers toute personne, toute communaute, toute culture, tout peuple, tout pays, qui n'apporte pas du profit, qu'on n'arrive pas a categoriser comme avantageux quant a pouvoir, et profit pecuniaire.  

Trudi Ralston

La recherche sur la maison, la nostalgie, son importance, et sur l'etude du sociologue francais, Pierre Bourdieu (1930 - 2002)  de la maison kabyle, "La Maison Berbere et le Monde a l'Envers" de 1971, courtoisie de Wikipedia, et l'article ( 19 pages) du professeur americain de sciences sociales a l'Universite de Arizona, Craig Calhoun (1952), " Pierre Bourdieu and social transformation lessons from Algeria" et voir aussi, son livre de 1993, "Bourdieu: Critical Perspectives."  

L'information sur la perspective spirituelle de la maison a travers les differentes cultures du monde, courtoisie de l'article de 1987 de Kathryn Allen Rabuzzi, dans "Encyclopedia of Religion". 

Friday, March 24, 2023

Complicite et Dualite dans la Narration du Rite: Le Portrait "Des Sages en Reunion" de Nacer Amari - dans la serie "L'Esprit Itinerant"

           Dans le monde de la photographie, le portrait en groupe occupe une place qui se prete bien comme une forme de documentaire, comme une forme de l'histoire sociale - culturelle d'un peuple, pour etre d'un caractere moins intime que le portrait d'une seule personne. Le portrait en groupe nous invite de nous approcher aux moeurs, aux rites, de personnes liees, unies, a des moments precis de rencontre, de celebration, de perte, de traume, de moments survecus de batailles, de guerres, de violence raciste, de brutalite d'un groupe envers un autre groupe a base d'ideologies extremes, de desesperation, de desespoir a cause de desastres economiques, de famine. Le portrait en groupe permet aussi une vue dans les rites, de naissance, de marriage, de funerailles, de passage de vie comme enfant a adulte, de rites qui marquent les differentes saisons et leurs recoltes, de sports, comme le rite d'epreuves pour la ceinture noire dans les arts martiaux, de rites qui marquent la mythologie et les expressions que cette mythologie donne a la spiritualite, des rites lies a la religion, a l'histoire d'un pays, a ses ancetres, a ses heros. Les portraits en groupe evoquent ainsi souvent une energie dramatique, d'une scene de theatre, qui raconte une histoire, et dans ce sens, la photographie occupe une place egale a celle de peintures historiques, de groupes dans un moment precis d'un peuple et sa place dans la culture et ses rites complexes, que l'etre humain transmet depuis des milliers d'annees d'une generation a la suivante. Un portrait en groupe de la part du photographe berbere d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, un portrait en noir et blanc du 13 mars 2023, "Des Sages en Reunion", nous met au centre de l'importance de la photographie comme temoin et gardien visuel - artistique du langage du rite d'un peuple et son heritage et histoire culturelle - spirituelle. Pour situer son contexte, les mots du photographe affirment cette verite: "Ah, oui, "Des Sages en Reunion" nous parle d'une tradition kabyle, ce sont des hommes et des vieux qui discutent sur un sujet pour se mettre d'accord ou pas pour un mariage. Generalement, ils se mettent OK. On remarque aussi qu'il y a la presence de bouteilles d'eau qui signifie la transparence et la paix." Immediatement, on a evidence de deux traits du rite : il se centre autour d'un evenement important, dans ce cas, le rite du mariage et ses requisites, et le symbolisme, dans ce cas, la presence de bouteilles d'eau, comme geste de bonne volonte, de clarte dans les discussions pour se mettre d'accord. Ce qui est fascinant dans le monde des rites, est que leur mise en scene exige une introduction pour les personnes ne pas au courant de sa tradition, de son contexte, comme dans le cas du portrait en groupe kabyle "Des Sages en Reunion ": sans l'explication du photographe quant a la presence des bouteilles d'eau et leur symbolisme, une personne ne pas initiee, ne comprendrait pas l'importance de ces bouteilles d'eau. Le contexte donne un relief au monde complexe du rite, et c'est l'intrigue qui accompagne le rituel du rite, qui invite vouloir lui comprendre, connaitre sa raison d'etre, son histoire, et qui dans ce sens joue un role important de faciliter et inviter le respect, l'interet dans d'autres cultures et leurs traditions. La photographie a ainsi aussi un role considerable d'approcher les personnes de differentes cultures, d'essayer de trouver les liens qui unissent, qui renforcent la verite que comme etre humains, on a tous besoin de se savoir vus, compris, inclus, de savoir qu'on a tous un desir de prendre une partie dans les mysteres de l'existence, de ses triomphes, de ses defis et comme on les interprete. Avoir le coeur ouvert aux traditions des cultures du monde, donne la chance d'apprendre les myriades facons d'interpreter notre monde, et comme on se limite la perspective si on decide de ne jamais regarder plus loin que sa propre frontiere culturelle - artistique - historique et mythologique. Un des rites que la photographie m'a permis d'apprecier sa fascination mondiale, est le festival des rituels amoureux de la tribu Wodaabe de Niger, son festival Guerewol, du peuple Wodaabe Fula, ou ce sont les jeunes hommes qui s'adornent et habillent dans des habits d'ornamentation elaboree, avec aussi de la peinture au corps et maquillage au visage, dans une danse avec des chants, pour attirer l'attention des jeunes filles qui elles choississent ainsi dans ce rite joyeux leur future epoux, ce qui parait etre un rite nuptiale bien moderne et peu commun. L'energie de ce festival de ces jeunes est rendu visible dans toute son elegance et fierte dans des magnifiques portraits individuels des jeunes hommes, ainsi que dans des portraits en groupe, qui mettent au centre la joie et l'anticipation des jeunes hommes, et la curiosite et innocence et timidite aussi des jeunes filles qui passent devant la file des jeunes pretendants. Le monde post - moderne industrielle lutte en fait, avec le manque de rites equivalents, qui marquent la transition de jeunes personnes vers l'age d'adulte, de rituels amoureux, de mariage. Souvent, il reste juste les habits et une absence de symbolismes importants auxquels donnent temoins toute la communaute, avec parfois meme l'absence de famille, dans une interpretation sterilisee de rites anciens ne plus visible. La photographie permet aussi la documentation de cette absence, de cette perte, avec l'arrivee du monde moderne et post - moderne, comme l'heritage unique de ses photos du photographe americain Robert Frank (1924 - 2019). Son livre de photos de 1958 "The Americans", "Les Americains" reste un des livres de photos considerees etre un des livres de photographie de la plus grande influence du XXeme siecle, selon le critique - ecrivain de l'Irlande du Nord, Sean O'Hagan, qui ecrit pour les magazines "The Guardian" et "the Observer", et qui se specialise dans la photographie, pour "sa vue fraiche et nuancee de l'exterieure de la societe americaine." 

           La photographie joue un role qui se trouve au centre des tumultes post - modernes, des spasmes de contorsion que souffre la planete et les etres humains qui y essaient de comprendre leur place. Le portrait en groupe en noir et blanc "Des Sages en Reunion" de Nacer Amari est une photo qui inspire un optimisme, pour etre un temoin et documentation d'un rite kabyle qui a su maintenir l'heritage et l'histoire spirituelle - mythologique des cultures berberes originaires de l'Afrique du Nord, qui sont parmi les cultures les plus anciennes et plus resistantes des civilisations de cette planete. Les rites renforcent les vues dominantes religieuses et les valeurs d'une culture, donc, les rites renforcent sa vue du monde. L'anthropologue suisse - francais Arnold van Gennep (1873 - 1957) fut le premier d'utiliser l'expression "rite de passage" qui se define comme "un evenement ceremonial, qui existe dans toutes les societes historiques connues, qui marque le passage d'un statut social ou religieux vers un autre." L'evidence archeologique de rites de passage remonte des milliers d'annees, et commence a recevoir de l'interet dans la recherche anthropologique a partir de 1909, pour etre un phenomene a travers lequel des individus d'une societe peuvent faire la transition difficile d'un status a un autre de facon paisible, sans derangement social. Selon Arnold van Gennep, il y a 3 classes de rites: de separation, de transition, et de reincorporation. Dans cette classification, il y a differents types de rites: du cycle de la vie, de transformation religieuse, de transformation sociale, et dans toutes les societes historiques, les rites de naissance, de mariage, de funerailles ont des variations considerables meme dans des societes de developpement culturels comparables. Interessant de noter, est l'absence souvent de rites de passage d'adolescence vers l'age d'adulte, dans les societes post - industrielles. La mort recoit de l'attention egale dans toutes les societes humaines, et les observances en general ont un impact qui est religieux - spirituel d'intention et contenu. Les rites autour de la mort inclurent les 3 stages du rite: separation, transition et reincorporation. Selon Arnold van Gennep, tous les rites de passage celebrent des evenements qui sont ou, soit socialement approuves, ou, comme dans le cas de la mort et les maladies, inevitables. Des rites elabores de passage ont souvent une richesse en symbolisme qui inclurent la separation, comme la naisssance, la transition, comme les rituels amoureux, et la reincorporation, comme la mort, ont des evidences visibles, comme des habits de ceremonie, des decorations, des moments d'isolation - comme pour la femme pendant la periode de la grossesse au Japon, jusqu'au milieu du XXeme siecle - des tatouages, ou le rite n'est pas seulement un rite de changement physique, mais aussi de changement de status culturel et social, comme dans le rite de transition de l'adolescence a l'age d'adulte, de jeune mariee a mere, d'epoux a pere. Ces rites de transition pour les jeunes du monde post - moderne, ne sont plus ou present ou acceptables, malgre l'evidence abondante de leur valeur psychologique et sociale, et il y a de l'espoir dans certaines cultures victimes du colonialisme et post - colonialisme, ou le desespoir et la solitude de ses jeunes est renversee a travers la renaissancce croissante de rites de transition, comme est le cas heureux pour beaucoup de cultures amerindiennes en ce moment. Les rites du mariage sont parmi les rites de passage qui ont des formes extremes, de ou simplicite claire ou de grande elaboration, accompagnee par des objets qui symbolisent ce passage: des bagues, des habits specifiques, des tatouages, et des gestes autour l'espoir de la fertilite. Les rites du mariage sont vus aussi comme etre important pour renforcer les liens d'une communaute, de ses familles, et dans ce sens le mariage etait vu et reste vu dans beaucoup de communautes a travers les cultures de la terre, comme ayant une importance au - dela de l'interet amoureux, comme reste le cas dans beaucoup de familles puissantes, et beaucoup de pays qui ont des traditions qui remontent des siecles et meme des millenia. L'anthropologue Arnold van Gennep voyait deux elements universels dans le monde ancien et contemporain des rites: la separation des sexes, et la separation magique - spirituelle entre le profane et le religieux. Il incluyait aussi dans l'univers des rites, autre que la naissance, le mariage, et la mort, le rite de passage de quitter son pays, de s'adapter a une autre culture, a d'autres moeurs quand on quitte sa frontiere. Les rites religieux inclurent le baptisme, la circoncision, la confirmation, la quete de la vision, comme dans certaines cultures amerindiennes sous le guide d'un shaman. Il y a aussi des rites de passage pour les forces armees, le monde des acamediciens, de certaines associations et societes d'inities, de sport, comme l'epreuve qui prend des annees pour la ceinture noire dans les arts martiaux, de laquelle j'ai pris part et que j'ai reussie en l'art martial coreen de Tae Kwon Do, et certains rites de passage qui demandent selon la culture, des scarifications, par exemple, ou l'evulsion de certains dents. Le monde du rite et ses passages est un eventail grand de beaucoup de dimensions et symboles, riche en histoire et complexites. Le portrait en groupe "Des Sages en Reunion" du photographe berbere Nacer Amari nous permet une vue ouverte dans le monde de la culture kabyle de l'Algerie, un monde riche en assurances spirituelles et historiques - mythologiques et affirme l'importance du rite, dans ce cas le rite du mariage et ses prerequisites, comme une facon de garder les pieds sur terre, de rester ancres, de conserver une stabilite tangible a travers la perspective solide que donnent les traditions qui se transmettent depuis des millenia de generation a generation, a travers les cultures, comme temoins de la traversee des civilisations humaines et leur presence sur cette terre.   

Trudi Ralston 

La recherche sur l'importance et l'origine des etudes autour le rite et ses passages, courtoisie de Wikipedia, et l'Encyclopedia Brittannica, ainsi que l'information sur l'anthropologue Arnold van Gennep. 

Monday, March 13, 2023

Le Mur Vide de Platon: Au - dela du Sortilege des Illusions - dans la serie "Les Blessures de Chiron"

         Tandis qu'en Kabylie le soleil brille et les temperatures sont deja a 24 degres Celsius, en pleine joie printanniere, la pluie et le froid ici continuent, avec des temperatures en - dessous de zero la nuit, et a peine 10 degres Celsius le jour. Si proche a la fin de l'hiver, ce froid desagreable est fatiguant, et les jours ou le soleil apparait, souvent ne pas plus long que juste une ou deux heures, avec sa chaleur qui touche mon visage, est une caresse autant pour le coeur et l'esprit que le corps. Cette chaleur si bienvenue, comme le toucher rassurant au front de doigts gentils d'une personne aimee, qui est si en contraste avec le froid qui laisse son gout froissant sur les os et les perspectives. Meme apres 4 ans d'absence depuis mon premier sejour en Kabylie, le manque de son coeur, de son accueil, de l'espace de ses montagnes, de savoir que c'est ou reside le souffle, la melodie de mes poemes que la Kabylie m'a liberee du sortilege des illusions que l'isolation et la solitude m'a fait subir tants d'annees, me dechire comme une blessure qui s'ouvre et saigne a nouveau avec intense douleur, chaque fois que je vois des photos des villages kabyles ou vivent mes amis, mes collegues berberes, qui sont ma famille de coeur. Je pense alors a "l'Allegorie de la Grotte" du poete - philosophe ancien grec, Platon ( 428 /427 B.C. - 348 /347 B.C. ) son dialogue qui reste si au courant dans le monde de la philosophie dialectique, de son oeuvre "La Republique", une serie de dialogues philosophes - litteraires, dans lesquels le philosophe Socrate est la figure centrale des dialogues. Dans "L'Allegorie de la Grotte", le dialogue est entre Platon et son frere Glaucon. Au centre du dialogue est l'idee de comment reagir face a la realisation que la realite qu'on voit devant soi n'est qu'une illusion, et comment vivre avec la perte des illusions que les autres personnes autour de nous insistent est la seule et vraie verite et realite, comme ce qui arrive a un des prisonniers enchainees dans la Grotte Allegorique de Platon, qui s'evade et sort de la grotte, pour se rendre compte qu'il y a tout un monde en dehors de la Grotte, ou tous les prisonniers ne voient que les ombres d'images projetees sur le mur en face d'eux avec la lumiere d'un feu derriere les prisonniers qui ne peuvent regarder que le mur pour les limitations visuelles que leurs imposent les chaines. Le dialogue propose que malgre les efforts du prisonnier qui a vu le monde exterieur et qui essaie de convaincre que leur monde dans la Grotte n'est q'une chimere, une illusion, les autres prisonniers rejetteront son temoignage comme une heresie et le prisonnier qui s'avait su evader, se trouvera traumatisee par le monde des illusions et son vide, et seul dans le monde exterieur s'il reussit d'y survivre. Ce dilemme parait tres au courant pour le monde ambigu des poetes et artistes, autant maintenant que dans l'ere de Platon et la civilisation ancienne grecque. Pour Platon, le monde du materialisme des philosophes de son temps, ne lui satisfaisait pas. Platon, le disciple le plus fameux de Socrate, mort en 399 B.C., etait convaincu que le monde materiel avait son contraste dans le monde invisible, un monde de formes et objets parfaits, en parallel avec le monde visible. Son disciple le plus fameux de Platon, fut le philosophe et polymathe Aristote (384 B.C. - 322 B.C.) Platon a son tour etait influencee par la perspective mystique du philosophe grec Pythogoras (c. 495 B.C. - c. 570 B.C.) En conclusion, la philosophie du Platonisme avait deux fondations: la theorie des formes, et la doctrine de l'immortalite de l'ame, le dilemme entre verite et realite, et commment les resoudre leurs contradictions. Platon et ses idees touchent dans son "L'Allegorie de la Grotte" une hyper - sensibilite dans mon coeur et ame de poete en exile culturel - identitaire, et c'est la Kabylie qui m'a liberee les chaines des illusions penibles et persistantes de cet exile, sa solitude, son isolation linguistique - affective - culturelle et sociale. Pour moi,  "l'Allegorie de la Grotte" et la liberation de ses illusions, est une verite que m'a rendue visible la Kabylie, le coeur et histoire de son peuple et l'esprit et memoire de sa nature majestueuse et eternelle. Ce poeme celebre ce cri de joie qui reverbere au fond des melodies de mes poemes, dans les lignes de mon art, dans mon coeur maintenant fier et independant, ce poeme est pour ma Kabylie, pour le guerrier mythologique, Chiron, de qui son courage et charite sont au centre du coeur genereux, ouvert berbere qui me guerit et comprend les blessures accumulees de toute une vie de defis et chagrins ne pas vus, ne pas entendus, ne pas gueris, avant l'accueil complet de ma famille kabyle: 


La Muse Evadee 


La Muse de Platon, elle est berbere, elle resonne avec le cri du poete qui voit tomber ses chaines. La Muse de Platon, elle est libre, elle danse sur l'herbe fraiche du printemps kabyle, avec a ses cotes Chiron, ce guerrier qui quoique lui - meme souffrant de la fleche d'Hercule, sait guerir les douleurs les plus penibles, du poete qui etait sans voix, banni, sans compagne.

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Il ne pleut que rarement sur les plaines ou vit Chiron, qui a eu le courage de liberer le poete prisonnier de la Grotte des peines, avec lui, la Muse de Platon est libre des chaines lourdes des illusions sinistres. Le poete se rend compte: Avec toi, Chiron, Platon est berbere, et le noir de mes nuits s'evapore dans la lumiere brillante du jour loin de la Grotte suffoquante. 

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La Grotte de Platon, elle perd son sortilege, elle perd sa force, son mur est vide des ombres et leurs hypnoses, en Kabylie, pres de ses montagnes que gardent les esprits berberes, qui n'ont jamais perdu de vue la realite spirituelle, que le coeur ouvert, l'esprit resistant ne cede pas aux exhortations des illusions. Sur ses sentiers clairs, le poete marche fier, le sourire sur, le regard qui invite la lumiere. 

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Ma Muse evadee de la Grotte de Platon, elle est libre, elle danse sur les plaines vertes, en Kabylie, la main dans la main avec Chiron, et la musique et rythme de sa voix, de ses riches mysteres, qui s'unit au galop de ses pas, du vol de ses fleches qui guident mes poemes, haut vers le ciel bleu, expansif, vers son souffle grand, doux, eternel, berbere.


Trudi Ralston

Thursday, March 9, 2023

Une Victoire Audacieuse: "HAKIM" de Nacer Amari et l'Histoire Improbable du Sourire dans le Monde de la Portraiture

           L'impact de la photographie est multi - dimensionnel quant a son influence culturel - historique, une influence qui continue de la part de cette rebelle du monde des arts visuels, qui sait travailler son genie technologique avec les sensibilites des moeurs et obsessions et defis de tous les mouvements que la photographie touche depuis son inception au XIXeme siecle et consequente popularisation aux XXeme et XXIeme siecles. Tandis que le monde de la sculpture, de la peinture devait accepter les limitations du temps et de l'espace quant a la possibilite d'expressions spontanees et fluides, la photographie etait et reste capable de capturer et donner expression a toutes les nuances affectives du corps et du visage humains dans tous ses moments d'agonie, de paix, de joie, de tristesse, d'espoir, de colere, de misere, de douleur, qui visitent l'etre humain et que le photographe et son appareil savent interpreter et partager. Une des emotions et expressions les plus controversielles dans le monde de la portraiture est celle de la presence longuement contestee du sourire. Un portrait en noir et blanc au titre en Tifinagh, du 7 mars 2023 de Nacer Amari de Tassi Photographie, "HAKIM" est une fortuite opportunite de faire une exploration de l'histoire complexe du sourire dans le portrait. Ce portrait montre le protagoniste avec un sourire grand ouvert, un sourire joyeux, vibrant. On va situer d'abord le contexte de ce portrait a base de sa perspective du photographe: "Je voulais te parler de ma derniere photo qui est un portrait type poitrine techniquement parlant et qui met en valeur la partie superieure du corps. Il nous parle d'un homme, fils d'Aokas dont la fonction est Iman (Muezzin). Son nom en Tifinagh se traduit en Hakim, qui veut dire "Le sage", ce qui veut dire que son nom, son caractere et sa personalite s'assemblent. Hakim a un grand sourire qui lui ajoute une dose de beaute et de bonte au visage en mouvement, qui indique la sympathie, l'affection et le plaisir. La photo est prise lors d'une fete de mariage. " De nos jours, la presence du sourire dans une photo en portrait ne cause pas de controversie, mais comme on va decouvrir, ceci ne fut pas le cas pour tres longtemps. Un article de la part du conferencier a l'Ecole des Arts de Cambridge en Angleterre, Nicholas Jeeves, "The Serious and the Smirk ", de 2013 - 2014, qui se traduit comme "Le Serieux et le Sourire", dans la Revue "The Public Domain", met en contraste cette attitude contemporaine avec la longue et tortureuse evolution pour l'acceptation du sourire, et il donne l'example d'un des personnages dans le livre "Nicholas Nickelby" de 1838 - 1839, de l'ecrivain et sociologue fameux anglais Charles Dickens (1812 - 1870), ou la demoiselle La Creevy parle du probleme du sourire dans les portraits, comme elle est peintre professionnelle de portraits: "En fait, il n'y a que deux types de portraits: le serieux, et celui au sourire dans la peinture de portraits; et on utilise toujours le serieux pour les professionnels, avec l'exception parfois d'acteurs, et le portrait au sourire pour les dames privees et les monsieurs a qui ne les importe pas d'etre vu comme intelligents. " En contraste, conclut Nicholas Jeeves, un sourire ouvert est sans equivoque, un moment indicatif d'etre libre de complexes, comme le polymathe de la Haute Renaissance italienne, Leonardo da Vinci (1459 - 1512) celebre dans une des peintures au sourire les plus celebres dans le monde des portraits, la "Mona Lisa" de 1503, de qui son sourire enigmatique continue a exercer son sortilege et controversie quant a sa signification et contexte. Un second portrait en peinture de Leonardo da Vinci qui a ce meme sourire evasif et indechiffrable, est le portrait egalement en magnifique style sfumato, "Saint Jean - Baptiste" de 1513 - 1516, un sourire qui parait etre une lutte entre contemplation spirituelle et desir sensuel irresolu, tel on le voit aussi dans certains des dessins erotiques du genie polymathe decouvert apres sa mort, ou le soupcon d'etre des auto - portraits reste en soi une controversie continue pour l'enigme du sourire mysterieux, comme le discute dans son livre sur la vie et l'art de Leonardo da Vinci, "Flights of the Mind", "Vols de L'esprit"  l'ecrivain et historien anglais Charles Nicholl, actif comme ecrivain depuis 1980. Leonardo da Vinci etait un des peintres dans la vangarde d'inclure le sourire dans des portraits serieux. Une des raisons que le sourire etait rarement inclus dans les portraits, etait une raison fondalement pratique: une personne qui se faisait peindre un portrait etait obligee de rester immobile pour des longues heures, et un sourire n'est pas une expression en soi, c'est une reponse, et pour cela est difficile de maintenir pour longtemps, sans se transformer en une grimace contorsionnee maladroite et meme penible physiquement. L'invention et ensuite sa popularisation de la portraiture grace a la photographie a changee cette limitation, une fois que les appareils de photo de la seconde partie du XXeme siecle permettaient de faire un portrait dans une fraction du temps que prenait un portrait en peinture et un portrait avec les appareils du XIXeme et debut du XXeme siecles. 

            Le sourire dans le monde de la portraiture a une longue histoire de controversie, pour etre vue a travers des perspectives culturelles et sociales ou sa presence etait pensee comme ne pas acceptable pour des personnes qui se croyaient d'un statut important et de pouvoir. Le sourire n'etait pas vu comme il l'est aujourd'hui, comme un signe de chaleur humaine, de plaisir, de bonte, de bonheur. Au contraire, le sourire etait vu comme etre le domaine des innocents, des pauvres, des acteurs, des personnes considerees obscenes, ivrognes, de faiblesse mentale ou physique. Il y avait des artistes qui contestaient cette attitude, et qui etaient dans la vangarde qui ultimement allait changer cette attitude negative envers le sourire dans les portraits serieux: le peintre sicilien Antonello da Messina (1430 - 1479) et son portrait de circa 1475, "Portrait d'un Homme" fait dans le style chair - oscuro que Leonardo da Vinci avait initiee pour ses fameux portraits, a un sourire evident, mais de compromis, comme les dents ne sont pas visible, comme les dents visibles etaient consideres vulgairs pour un portrait serieux. Le portrait a un ton tres moderne, pour etre fait en presque noir et blanc, comme une photo en portrait contemporain. Des artistes plus connus aussi se risquaient avec vigeur au desir de mettre le sourire dans leurs portraits serieux, comme le rebelle sociale et artistique italien Caravaggio (1571 - 1610) dans sa peinture en portrait de 1602 "Eros Triomphant", une peinture consideree scandaleuse pour le sourire provocatif et decidemment sexuel du jeune protagoniste nu. En fait, la reaction de controversie et outrage etait moins vers le corps nu de l'adolescent, que a cause du sourire ouvert, libre, seduisant. Les peintres des Pays - Bas du XVIIeme siecle  avaient une fascination avec des tableaux qui celebraient la plenitude de la vie, et chercheaient volontiers y mettre le sourire a leurs protagonistes: des peintres comme Frans Hals (1582 - 1666) comme son portrait de 1633 - 1635, "Malle Babbe", et la peintre Judith Leyster (1609 - 1660), et son portrait "Jolly Toper" de 1629. Ces portraits etaient une celebration du sourire, et mettaient ces peintres au centre de la vie contemporaine de leur epoque. Possiblement le peintre le plus accompli dans cette revolution du sourire, fut le peintre holandais Gerrit Honthorst (1592 - 1656) comme est evident dans sa peinture en portrait de 1624 "Le Violoniste Riant" ou le rire du musicien est grand, libre, provoquant une reponse joyeuse au plaisir dans l'observateur. Le sourire avait fait la transition d'acceptation quoique ne pas universelle, dans le monde de la portraiture de la Haute Renaissance, mais l'arrivee du mouvement du Baroque au XVIIeme siecle allait mettre en doute a nouveau, jusqu'a la fin du XXeme siecle et l'arrivee des mouvements modernistes, la validite et valeur du sourire comme un element integral avant - garde dans des portraits artistiques serieux. Il y avait pourtant un moment ou le sourire dans les portrait serieux etait tres visible, et ce fut pendant l'Antiquite. Il y a des bustes et statues anciens grecs et hellenistes de guerriers au sourires magnifiques, avec beaucoup d'expression affective, qui ont du scandaliser par leur franchise, les moeurs du Moyen Age et pour plusieurs siecles apres. Le XXeme siecle avec ses mouvements rebelles comme le pop - art des annees 1960 - 1970, a vu au sourire comme un commentaire sociale, comme dans la serie de peintures portraits de l'artiste americain Andy Warhol ( 1928 - 1987) de l'actrice tragique de Hollywood, Marilyn Monroe ( 1926 - 1962), ou son sourire artificiel d'exaggeration presque comme une grimace aux dents tres visibles, que lui donnait Andy Warhol, voulait suggerer la detresse et le desespoir de la vie personnelle de la starlette fameuse. Le peintre chinois contemporain de Beijing, Yue Minjun (1962) aussi explore le sourire dans sa grande serie d'auto - portraits. Les sourires sont d'une exaggeration qui met mal a l'aise, que l'artiste veut nous faire voir comme une reponse sarcastique au vide de la vie post - moderne. La bouche dans ces auto - portraits est anormalement large, et montre une exuberation exasperee, dans un effort de cacher un bonheur ne pas existant, et donne au visage le ressemblement d'un masque tragique. Interessant de noter, que l'art de Yue Minjun a un public mondial et ses peintures en auto - portraits se trouvent dans des musees a travers plusieurs continents. Il parait que le sourire dans le monde chaotique post - moderne se trouve a nouveau dans l'avant- garde d'une controversie, d'une malaise inquiete et troublante. Le portrait "HAKIM" du photographe berbere d'Aokas Nacer Amari est un portrait d'espoir, est un equilibre tres reussi et vibrant entre les portraits dans l'esprit et le style classique, precis de la Haute Renaissance et son inclusion de la part de ses artistes rebelles italiens et holandais, du sourire. C'est un tres beau portrait qui cherche aller au - dela des angoisses post - modernes, avec une energie de joie, de rayonnant optimsime. Le portrait du photographe kabyle cherche avec determination de vaincre le cynisme post - moderne, un cynisme qui a ses origines dans le traume continu, constant d'une planete assiegee avec les defis enormes qu'affronte notre monde du XXIeme siecle chaque jour a nouveau: le changement du climat global, d'un chisme croissant socio - economique entre les pauvres et les riches, et une direction dangereuse, alarmante vers le fanatisme et l'intolerance, ce spectre horrifiant qui reapparait avec une vengeance, malgre la memoire des horreurs du fascisme du XXeme siecle, les atrocites, les genocides, que ce monstre a permis naitre, suite de son ideologie de mort, de destruction systematique de toute identite, de toute dignite, de toute chance de se sauver de sa militarisation desastreuse, fatale. Ce fanatisme et ses obsessions de vouloir eliminer chaque fois plus, l'identite, la voix, l'histoire, la liberte des cultures qui resistent l'absorption par la machine industrielle anonyme et vorace, ce monstre engendree par le colonialisme et sa progeniture insatiable, qui risque detruire le futur de la planete categoriquement, et qui se cache derriere son masque au grimace tordue du soi - disant progres, du soi disant plus grand bien. La lumiere de la joie, dans toute sa beaute effervescente, son energie contagieuse, et son espoir profond, du portrait "HAKIM" de Nacer Amari est un message convainquant, du fait que Socrate avait raison : "Il n'y a rien plus important que le bonheur", le bonheur qui partage, le bonheur vrai, vibrant, avec toute la beaute et bonte dont est capable l'etre humain quand il se sent libre, et permis d'adherer a son identite, sa dignite, de son coeur, de son corps, de son ame. Le sourire dans ce portrait est une celebration, une victoire de la part d'une culture ancienne qui refuse de se nier le droit a l'histoire et au heritage uniques de sa culture, de son peuple resistant, genereux, intelligent, fier, spirituel, confiant.  

Trudi Ralston 

La recherche sur l'histoire riche et controversiel du sourire dans le monde des portraits, et ses artistes avant - gardes, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'article de Nicholas Jeeves, "The Serious and the Smirk " ( 2013 - 2014) dans la Revue "The Public Domain", et l'information sur la vie et l'art y compris les peintures et les dessins controversiels de Leonardo da Vinci, vient du livre volumineux et tres complet de Charles Nicholl, "Flights of the Mind " de 2004, Viking Penguin publications ( 622 pages). 

Wednesday, March 1, 2023

Un Heritage Avant - garde: L'Esthetique Tenace du Portrait Sculptural "Azeddine" de Nacer Amari - dans la serie "L'Esprit Itinerant"

           Les arts visuels sont tres sensibles aux moeurs et preoccupations qui definent une epoque. La fin du XXeme siecle et les premiers vingt ans du XXIeme siecle ont vu une revolution dans les medias, a une vitesse exponentielle, qui avance presque plus rapide que les idees concues au niveau technologique, presque comme un moteur qui veut avancer avant que les moyens pour ses mouvements sont finalisees. Cette revolution de l'informatique est tel un eventail qui etale les differentes facons que l'etre humain et ses sensibilites esthetiques trouve le contexte dans l'espace pleine de possibilites et defis, a comprendre, a explorer. La portraiture dans le monde de la peinture, de la photographie et de la sculpture, y occupe une place qui sait voir tous les angles, qui sait incorporer l'histoire, et ainsi former une perspective de longue vue, vers le futur, a travers une integration du passe et du present. Un portrait en noir et blanc du 27 fevrier 2023 du photographe berbere d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, avec le titre le nom du protagoniste, "AZEDDINE" ecrit en Tamazighe met au centre d'interet cette realite. Les mots du photographe sont une introduction modeste du protagoniste de ce portrait: "Mon portrait Azeddine parle d'une personne sage, timide et calme. C'est un enseignant dans une ecole primaire, il est le fils de Mustapha, le maquisard, si tu te souviens de lui. Son portrait parle de lui - meme." Surtout cette derniere phrase, met en contexte l'importance, historique et artistique, du portrait en buste. Cet article veut explorer les origines du portrait en buste, et son importance qui jouit une renaissance en ce moment. Le portrait en photo de ce buste de Azeddine, a cette qualite sculpturale, qui est interessante, pour le fait que les bustes en ce moment sont populaires autant dans la photographie que dans la sculpture, ou souvent les bustes sculpturals sont pris apres en photo portraits, il y a donc un interet vif dans l'art du buste. Pour situer cet interet, on va commencer avec une definition de cet art: "un buste est une representation sculptee de la part superieure de la figure humaine, qui depeint la tete et le cou de la personne, et une portion variable de la poitrine et des epaules, et souvent soutenu par une plinthe. Le buste peut etre fait du marble, du bronze, de la terre cuite, du platre, de la cire et du bois. Comme le buste est de taille plus petite qu'une statue complete de la figure humaine, cet art est depuis ses origines dans l'Antiquite un style de portrait populaire pour etre moins cher, ainsi accessible a une plus grande clientele." Les premiers bustes datent de l'Egypte ancien, comme le buste iconique de la reine Nefertititi, qui date de 1345 B.C., et fleurissait dans la periode helleniste et surtout romaine, et les bustes romains restent tres modernes pour le realisme franc de leurs portraits. A travers le Moyen Age, ou les bustes etaient rares, et la renaissance et le baroque, le classicisme et le romanticisme, et le modernisme de la fin du XIXeme et debut du XXeme siecle et ses mouvements comme l'expressionnisme, apres la Seconde Guerre Mondiale, et un retour vers un style figuratif et realisme qui define les arts visuels du XXIeme siecle en ce moment, qui cherche incorporer une nostalgie pour ce realisme au touches de l'impressionnisme du fin et debut du XXeme siecle, avec des touches aussi de surrealisme, le buste sculptural qui est aussi visible dans la photographie et la peinture, retient son attraction esthetique dans un monde qui essaie de comprendre les defis complexes de notre siecle en ce moment. L'histoire du buste est liee firmement a l'Afrique qui a une tradition tres riche dans l'expression de cet art, comme les magnifiques bustes et le regalia du Oba, du royaume de Benin ( 1600 - 1900 A.D.) de l'Afrique de l'Ouest, dont le masque en ivoire et bronze de la reine mere Idia du XVIeme siecle est parmi les examples de renommee internationale, et etaient confisquees par les colons anglais dans une expedition punitive vers le royaume de Benin, en 1897. En ce moment, ces pieces d'art, le masque de la reine Idia, et les bronzes exquises, sont en proces d'etre repatriee au pays de leur origine culturelle, qui est aujourd'hui le pays de Nigeria. L'art africain est fameux pour son style symboliste - realiste, qui continue a resonner avant - gardiste, qui a grandement influencee le mouvement du surrealisme, du cubisme, comme l'art de Pablo Picasso, de qui sa peinture fameuse de 1907 "Les Demoiselles d'Avignon", montre un masque que porte une de ses figures de femmes nues, qui est visiblement empruntee de la culture du Sud de Pende, dans la DRC, un masque Mbuya Mbangu, un masque rituel qui pour les contortions des traits du visage symbolisent le desir de geurir une affliction physique ou mentale. L'evidence est bien documentee, et est frappante, quand on voit des images photographiques de ce masque curatif, et on le compare au masque que porte la femme nue a droite dans le tableau de l'artiste espagnol Pablo Picasso (1881 - 1973), qui fut un des grands innovateurs de l'art moderniste du XXeme siecle. L'influence de l'art des bustes et masques de l'Afrique continue a laisser son empreinte sur l'art sculptural du buste, aujourd'hui, dans ce style de melange de realisme - surrealisme, cette tension esthetique qui cherche a unir les contradicions et complexes du XXIeme siecle, globalement, quant a ideologie, quant a identite individuelle et communale culturelle - sociale, comme est evident dans les bustes sculpturales d'artistes contemporains comme Christophe Betmalle (1975), un sculpteur et peintre francais qui travaille a Rome, qui cree des bustes en ceramique pale, blanc, qui sont une harmonie fluide entre un realisme minimaliste et un surrealisme poignant, avec des soupcons de lignes en couleur, peint presque comme des vers de poemes en dessin, dans un effort de rendre visible le monde interieur de ses bustes de qui leurs traits physiques se revelent dans des lignes discrets, retrocedents, presque comme des masques. Le portrait "AZEDDINE" de Nacer Amari me rappelle beaucoup en sensibilite d'avoir su creer un buste en portrait aux traits sculpturals, pour la qualite affective dans la benevolence des traits du visage du protagoniste, une qualite qui se concentre sur le minimalisme comme le cherche a exprimer a travers le symbolisme Christophe Betmalle, et comme on le trouve dans les bustes des artistes contemporains Chana Orloff ( 1888 - 1968), de l'Ukraine, et surtout les bustes de Sylvie Mathiswan (1961), de France, qui savent etablir un lien affectif profond direct, et subtil avec le spectateur, comme le sait creer avec tact et precision le portrait emouvant en buste du photographe kabyle. Ce portrait profondement emouvant de l'artiste visuel Nacer Amari a une elasticite lineaire unique dans les traits du visage, qui donnent a son protagoniste serein une impression d'etre faite en ceramique, et qui aussi suggere un interet de conflit interieur, comme l'expriment les bustes de l'artiste francais contemporain Guy Arnaud, qui ne donne pas la date de sa naissance, et qui fusionne, pour ainsi le dire, des elements sculpturals realistes modestes, avec des elements sculpturals audaces surrealistes, qui donne a son oeuvre un air futuriste intrigant. C'est fascinant de metttre a son cote, l'oeuvre de l'artiste anglais Lynn Russell Chadwick ( 1914 - 2003) et ses sculptures de grande taille, ou les bustes ont la tete cubiste sans meme des yeux, nez ou bouche, pour souligner l'intention abstrait de cette expression moderniste, tandis que l'oeuvre de Guy Arnaud et de Christophe Betmalle ont deja fait la transition vers un realisme de dualisme entre le concret, figuratif et l'influence d'un style qui adhere aussi au modernisme du surrealisme. Un sculpteur contemporain qui a poursuivi le retour decisif au figuratif comme esthetique post moderne, sont les sculptures et statues completes, et en buste de l'artiste americian noir, Woodrow Nash (1948) qui unit le style realiste des sculptures du Benin du XVIeme siecle, avec la richesse opulente en couleurs et habits et bijoux du style nouveau exotique du debut du XXeme siecle du mouvement des annees 1920 de l'Art Nouveau. Ses sculptures se voient si reelles en photos, qu'on croit a premiere vue, que ce sont des photos de personnes reelles, quand en fait ses sculptures completes et en bustes, somptueux et sensuels en forme et couleurs d'hommes et femmes noirs en habits africains elegants et identitaires, sont en ceramique. Le portrait en buste "AZEDDINE" de l'artiste visuel Nacer Amari dans toutes ses nuances subtiles minimalistes postmodernes, est un portrait important, comme buste en photo aux ombres et lumieres sculpturales, pour etre un effort conscient de la part du photographe berbere d'enlever ce qui reste des illusions du monde du XXIeme siecle, que ce qui se montre dans les arts comme simplement figuratif, a un courant profond de malaise, de quietude fragile, un sentiment du phenomene postmoderne ne pas etranger a la culture berbere de la Kabylie, qui sait trop bien qu'un sourire est autant un acte de courage que l'expression de l'espoir, de la longue vue sur un monde qui lui exige toute sa resistance depuis l'Antiquite jusqu'a les defis de la vie quotidienne aujourd'hui, pour le peuple kabyle au coeur et esprit infatigables face aux assauts anciens et nouveaux a la survie de sa culture et de son identite.  

Trudi Ralston

La recherche sur l'importance continue et historique du buste sculptural, et sur les sculpteurs contemporains du style du buste, courtoisie de Wikipedia. 


    

Monday, February 20, 2023

Une Vocation Vitale: L'Objectif Solennel dans la Portraiture de la Chorale Musicale de Nacer Amari - dans la serie "L'Esprit Itinerant"

           Il y a des moments dans les images que laisse la portraiture dans les arts, qui rendent visibles de facon directe l'importance de la photographie culturelle, qui se concentre sur l'identite et l'histoire des peuples de la terre. Ce genre de la photographie a une presence qui continue a grandir en importance, vue la condition precaire dans laquelle se trouve le monde du XXIeme siecle. La photographie de Nacer Amari de Tassi Photographie continue a fasciner  pour son don de celebrer le coeur et esprit unique de la Kabylie dans ses portraits deja iconiques d'hommes, femmes et enfants kabyles d'Aokas, sa ville natale. Un portrait en groupe d'une chorale musicale du 16 fevrier 2023 que le photographe m'a expliquee fait hommage a sa grand - mere recemment disparue, paix a son ame, figure a la matriarche entouree de six femmes, trois femmes a sa gauche et trois femmes a sa droite, avec au centre en foulard blanc la grand - mere, comme cheffe du choeur lors le marriage du photographe en 2020, est un exemple precieux de la photographie culturelle qui chaque fois se met plus au centre du besoin urgent de preserver et celebrer les traditions et memoires identitaires des peuples de notre terre, envahie par les ombres troublantes de la globalisation qui risque aneantir tout ce qui est sacree, qui rend unique un peuple et ses heritiers. Cet article va explorer l'importance de la photographie depuis sa decouverte au XIXeme siecle et sa popularisation a partir du moitie du XXeme siecle, et son importance comme egale a cote les arts visuels de la peinture, du dessin, de la gravure et de la sculpture, comme allait defendre et affirmer les pioniers de la photographie, et que la photographie culturelle continue a rendre evidente, dans la facon qu'elle est capable de suivre l'explosion exponentielle des avances technologiques a cote des innovations et expressions artistiques que continue a creer la photographie, depuis les mouvements marquants du surrealisme et de l'expressionnisme suite des tumultes ideologiques et socio - economiques du XXeme siecle menant a la destruction apocalyptique des deux guerres mondiales de 1914 - 1918 et 1940 - 1945. La photographie culturelle reste le vehicule le plus axial qui unit et influence toutes les expressions artistiques, du theatre, de la danse, de la musique, qui passent devant son objectif, comme le coeur battant des energies creatives du XXIeme siecle et ses defis et incertitudes. Le portrait en groupe de la chorale musicale des femmes kabyles de Nacer Amari avec sa solemnite en noir et blanc, est un portrait magnifique pour sa qualite esthetique et affective, les nuances impressionnistes du groupe, qui attirent l'oeil du spectateur, qui veut absorber tous les details, que l'objectif de la camera rend visible, comme les habits des sept femmes, leurs expressions de concentration dans les visages, les gestes des mains, unies dans le chant que dirige la grand - mere comme cheffe de la chorale, et sa position centrale dans cette composition dramatique, soulignee par la presence du foulard blanc. Tout dans ce portrait en groupe cree une atmosphere spirituelle, reflexive, de vouloir transmettre l'importance des rites de passage importantes, comme la naissance, et comme dans ce cas, le marriage, et rend visible aussi l'importance de la femme kabyle comme gardienne de la mythologie berbere et ses traditions associees avec la vie de famille. 
  
        Comme cet article a comme but de mettre en contexte historique l'importance de la photographie, on va introduire quelques des photographes qui a travers leurs philosophie aesthetique et ses expressions, ont assuree que la photographie continue a occuper une place centrale dans le monde des arts visuels, et ce qui permet que la photographie culturelle recoit l'attention et le respect dans sa vocation comme messager de l'urgence de proteger et sauvegarder les cultures du monde, leur vulnerabilite face aux aggressions de pouvoirs destructifs croissants suite de l'arrivee de l'industrialisme du XIXeme siecle. Il y a un livre qui celebre l'importance de la photographie culturelle, un livre de la professeure americaine de l'Universite de Syracuse de New York, Mary Warner Marien (1950) de 2008, qui est deja dans sa cinquieme edition : "Photography : a Cultural History", "L'Histoire de la Photographie Culturelle", qui a 528 pages, et qui voit a la photographie a travers l'objectif de l'art, de la science, des medias, et les pratiques individuelles, pour explorer des themes photographiques, comme la nature de l'intention, les effets des medias sur la moralite, et l'utilisation des images comme vehicule du colonialisme occidentale, et le role du photographe dans la publicite, la politique radicale et la vie de famille.  Le photographe fameux Alfred Stieglitz (1864 - 1946) qui etait l'epoux pour une grande partie de sa vie de l'artiste americaine surrealiste Georgia O'Keeffe (1887 - 1986) allait dediquer sa vie professionnelle entiere pour etablir solidement la position de la photographie comme egale de l'art de la peinture, du dessin, de la gravure, et utilisait sa fame et fortune pour donner des expositions de photos, aussi les siennes, a cote de l'oeuvres d'artistes fameux de l'epoque, comme la peintre Mary Cassatt (1844 - 1926), et le sculpteur et dessinateur Auguste Rodin (1840 - 1917) par exemple. Alfred Stieglitz voyageait beaucoup en Europe, ou il faisait des photos rendues apres fameuses comme ses photos atmospherqiues de Paris et de Venice, et etait aussi responsable pour etre l'editeur et contributeur de deux magazines sur la photographie tres importants, "Camera Notes" et ensuite "Camera Work" notables les deux pour avoir des articles qui voulaient prouver ensembles avec des photos de haute qualite, la noblesse et importance de la photographie comme expression artistique, une conviction qu'il allait defendre avec grand success, toute sa vie. Une photographe qui allait explorer cette idee cruciale sur la photographie comme une expression efficace et vitale pour sa mission culturelle, fut la photographe americaine Dorothea Lange ( 1895 - 1965) qui allait devenir renommee pour ses portraits dechirants des victimes de la Depression des annees 1930, qui allait rendre 14 millions d'americains chomeurs et sans abri. Elle voulait rendre visible la misere des plus vulnerables de cette tragedie, comme les enfants, les femmes et les personnes agees et deja pauvres avant cette catastrophe, que le gouvernement americain preferait nier leur situation desastreuse, et etait la premiere photographe qui voyait dans la photographie un but de documenter l'histoire, de rendre visible la condition humaine, ses injustices et souffrances, et de poser la question sur la responsabilite sociale d'un pays de proteger ses citoyens vulnerables et invisibles, sans voix ou representation. Ses photos sombres et souvent choquants recevaient une renommee internationale, et allait obliger les gouvernants du pays d'addresser la crise immense. Elle allait aussi mettre l'attention sur la deportation forcee des citoyens japonais - americains dans des camps d'internement pendant la Seconde Guerre Mondiale, un chapitre de grande gene dans l'histoire moderne des Etas Unis. Une autre photographe americaine, ne pas connue dans sa vie, mais de qui ses portraits en noir et blanc depuis 2007 recoivent une attention mondiale, est l'enigmatique Vivian Maier ( 1926 - 2009) A travers sa vie, cette photographe independante allait prendre plus de 150,000 photos de personnes dans les rues de grandes villes, comme New York, Chicago et Los Angeles, des portraits de gens anonymes, d'hommes, femmes et enfants de la classe ouvriere, de commercants modestes, de sans abri, d'enfants noirs et leurs familles, et elle voyageait aussi souvent a l'etranger pour prendre ses photos dans beaucoup de pays. Elle atait active surtout dans les annees 1950, 1960 et 1970. Malgre sa devotion a son talent, sa personalite privee lui causait de se trouver dans la pauvrete vers la fin de sa vie, quoique maintenant l'interet mondiale dans son art continue de grandir depuis 2007 -2008, grace a leur publication sur l'Internet. Ces trois photographes vivaient leur vie, en suivant leur passion de documenter a travers leur art l'importance de la photographie comme temoin des moeurs et obsessions et defis de l'histoire humaine dans toute sa complexite et urgence des deux derniers siecles et le debut du XXIeme siecle: la disruption de traditions, la perte de continuite de familles, de generations qui se suivent, qui sauvegardent les mythologies et les expressions d'un peuple, avec comme consequence encore plus desastreuse, le risque de la perte de l'identite hereditaire, linguistique, de l'appartenence, avec la douleur de l'isolation, de la solitude, de l'invisibilite, de la disparition de ce qui rend la culture et la memoire d'un peuple unique. Comme personne qui est la seule survivante de ma famille, suite de tragedies liee a l'immigration, et tous ces traumes et pertes, la photographie culturelle comme expression de combattre ce danger de la perte de l'identite autant individuelle que collective, est une force de grande importance, comme elle s'exprime dans l'art de la portraiture du photographe berbere Nacer Amari. C'est la Kabylie qui m'a redonnee ma voix de poete, et c'est dans la vision claire de la photographie culturelle de Nacer Amari qui sait unir l'esprit et le coeur kabyle a une perspective et narrative universelle inclusive, que mon art a su trouver son expression, son temoignage envers la vocation vitale et l'objectif solennel qu'est dans ce monde si proche a l'abysse mythologique et ecologique la photographie comme un art qui continue de se voir au centre de la vie post moderne et ses complexes et contradictions perplexes. 

Trudi Ralston 

La recherche sur l'evolution de la photographie culturelle, ainsi que sur ses photographes historiques au sujet, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur l'auteure contemporaine, Professeure Mary Warner Marien, et son livre de 2008, "Photography : a Cultural History".          

Sunday, February 12, 2023

Le Cri du Poete: dans la serie "Les Blessures de Chiron"

          Ce poeme - chant est une exploration des defis du coeur du poete, qui doit naviguer ce sentier entre se voir applaudi et mepris, entre extase et agonie, d'avoir le coeur plein et cette compagnie du monde des mots, qui ou lui ouvrent le ciel, ou l'obscurcissent, entre agonie et extase, d'etre en meme temps la voix dans le noir, et le cri dans un desert trop immense, sans debut, sans horizon. Les poetes sont en meme temps ainsi beni et maudit, beni par le ciel et si souvent maudit par le monde, et une vie difficile, souvent des l'enfance, ou leurs visions sont vu suspectes, ont ils se savent trahis, banni, par ceux qui ne supportent pas l'innocence et le courage, qui s'amusent en trouver des moyens de decourager, de couper les ailes du coeur qui ne se sent en vie que quand il chante, quand il aime, loin des hypocrisies, loin du souffle amer qui prefere detruire, moquer le coeur qui est fier, qui est libre. Je pense a la chanteuse irlandaise Sinead O'Connor (1966) et sa chanson puissante "Troy" (Troie). Comme elle, j'ai du surmonter les defis d'une mere jalouse et cruelle, de personnes dans ma vie qui n'avaient que du mepris pour mon coeur qui criait tants d'annees dans un vide, avant de trouver sa voix de poete libre dans le coeur de ma famille kabyle en Algerie: 



Le Cri du Poete


Comme c'est difficile, de se savoir esprit aux ailes qui veulent voler libre, comme cela fait mal parfois de se savoir entouree de ces ombres qui feraient tout pour m'ettouffer le souffle de poete, pour me retourner a ce vide de la solitude, sous le regard cruel qu'est cette obsession de voir le mediocre triompher. 

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Tants d'annees d'etre invisible, tants de fantomes qui riaient de ma voix blessee, qui etaient trop contents de me voir prisonniere des violences du passe. Mais qu'est - ce que tu penses? Tu penses vraiement que tu as quelque chose a dire? Tu penses vraiement que tu as le droit d'etre belle, le droit d'aimer, de connaitre la joie de la liberte, pour ton coeur, ton corps, tes pensees? 

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C'est moi qui decide, c'est moi qui te dis, ce que tu vaux, ce que tu sais faire. Tu t'imagines, etre artiste, etre poete, mais tu ne vaux rien, ma fille, arrete de t'imaginer que tu as quelque chose a offrir. 

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Il ne te restes plus aucun Troie a bruler, "There is no Troy left for you to burn," je suis libre, j'appartiens a moi - meme maintenant, je ne suis pas maudite, j'ai une voix qui est la mienne, et qui resonne dans le coeur berbere de ma Kabylie. 

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Et je m'enfou, si cela fait mal parfois encore, quand ton esprit me haunte, toi qui m'a fait tant de mal, et je m'enfou, si mon coeur est trop grand, si ma voix parfois tremble encore. J'aime et je chante sans gene, sans crainte, parce que c'est le destin des poetes, c'est leur delire, c'est leur force, leur fierte, leur guerison, et leur joie. 

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Ecoutez alors mon cri de poete, il vole libre parmi les oiseaux et les nuages, parmi le soleil et la lune, je suis libre de cette cage dans laquelle que tu as essayee de m'enfermer. Entendez mon cri, d'animal, de femme, de personne, de poete trahie trop de fois pour ne pas avoir appris de me defendre, pour ne pas savoir a mes cotes des esprits anciens, qui me visitent, qui m'encouragent. 

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Des esprits qui comprennent trop bien ce qu'est la tourmente de l'exile, le chagrin de la blessure de se savoir banni, de se savoir maudit par le monde, et guerie par la charite de coeurs charitables, qui habitent la terre berbere, qui y gardent ses rivieres et ses montagnes, qui y revent, qui y chantent, qui y dansent, qui y aiment, libres, fiers, sous le souffle benevolent et eternel du Djurdjura. 


Trudi Ralston

L'information sur la chanson "Troy" (Troie) de son album "The Lion and the Cobra" ( Le Lion et le Cobra) de 1987, de la chanteuse irlandaise, Sinead O'Connor (1966), courtoisie de Wikipedia.