Saturday, May 16, 2026

Point de Depart: Le Ruban en Velours couleur olive - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Le temps qui passe est une quantite mesurable, et pourtant elusive, pour l'effet concret que son passage a sur nos notions du passe, du present et du futur. L'etre humain est capable de visiter dans ses pensees, les memoires du passe, et de se construire des visions et souhaits imaginaires du futur. Comme quantite mesurable vaste, qui s'etend entre secondes et des milliards d'annees, le temps  decide "toutes les foremes d'action, l'age, la causalite d'evenements et leur sequence, donc, leur chronologie, de celle de l'histoire de la vie d'une personne individuelle, jusqu'a celle des civilisations et leurs origines, et celle de la geologie du monde, et des origines de l'univers, comme quantifiee par la science de l'astrophysique. Dans la vie humaine, le temps est beaucoup plus limitee, a cent ans au plus. Il y a dans cette breve chronologie de la vie humaine, des moments qui marquent une transition, une apotheose, une transformation, et qui sont comme un point de depart, qui va influencer le sentier du futur de notre vie, comme une synthese unifiante qui permet l'evolution centrale du cours de notre destin, rendu clair, visible, pret, qui revele la raison de la suite des evenements qui nous definent, nous guident. Dans ma vie, il y deux points convergents qui se sont unis de la facon la plus remarquable: l'apprentissage sur les arts visuels et la philosophie existentielle de la part de mon oncle peintre flamand, Frans De Cauter (1920 - 1981) et l'introduction a la photographie, surtout sa portraiture, de la part du photographe kabyle, Nacer Amari de Tassi Photographie. Le premier evenement fut encourage par mon pere, qui etait un photographe amateur, et une personne qui avait une passion pour la peinture, l'histoire des arts et la litterature, et les cultures du monde. Le second evenement fut un regal de la Kabylie, et fut possible par l'introduction a la musique du troubadour - poete kabyle, Idir, par ma copine francaise - kabyle avec qui j'avait fait mes etudes universitaires en litterature au Texas, et avec qui je partageais un apartement avec elle et une copine du Japon et une copine de la Bolivie. Pour moi, l'age entre 14 et 16, et ensuite entre 27 et 29, etaient des annees marquantes, des annees 1970 et 1980, qui allaient me permettre la decouverte de la Kabylie en 2017, toute une vie plus tard. La Kabylie, et l'art de mon collegue photographe m'a donnee une chose rare: la chance de comprendre ma vie, d'en revisiter l'influence formative me regalee par mon oncle et mon pere, et d'en ainsi recevoir la chance de construire ma voix, mon identite d'ecrivaine, de poete, et d'artiste, de me liberer de l'anonymat, de la torture du silence, de l'isolation, si longuement subi pendant toutes ces longues annees d'exile culturel - social et intellectuel aux Etats Unis, que mon pere, errroneusement, avait choisi comme pays pour ses enfants, pensant que moi, et apres, mon frere et deux soeurs, qui serait le plus libre de problemes, un point de vue nee de la destruction fatale de la Seconde Guerre Mondiale sous la terreur du regime nazi. Aux Etats Unis, ses enfants seraient toujours sauf du danger du fascisme, etait la pensee de mon pere. Je crois que si mon pere etait encore en vie aujourd'hui, il serait bien inquiet et decu, aussi bien surpris que comme enfant ainee de ses 4 enfants, je suis la seule qui a survecue l'avonture de cet exile qui a prouvee etre difficile et plein de defis, Le defi le plus present quant a la Kabylie et son influence transformative dans ma vie creative, est biensur, la distance geographique, et la situation complexe en Algerie quant a visas en ce moment, encore rendu plus compliquee par l'attitude du pays ici envers la plupart des pays du monde quant a inclusion politique et sociale, Ces defis n'empechent pas la magnifique realite que depuis 2017, j'ai publiee 16 livres en prose et poemes qui celebrent la presence centrale qu'a la culture kabyle de l'Algerie sur ma liberation et evolution de ma voix litteraire. L'influence la plus grande, la plus constante et la plus coherente depuis 2019, est l'art de sa photographie de mon collegue d'Aokas, Nacer Amari. Le temps recoit une qualite unique, dans ce lien qui unit l'art de la photographie a l'art de l'ecriture: il devient fluide, et joint les pieces du puzzle de ma vie, de son passe a l'espoir du futur, et a la patience que demande le present, ainsi que la grace de ce present, qui est devenu le pont entre ma vie ici a Olympia, au Pacifique Nord - Ouest des Etats Unis, et la Kabylie, et la memoire que j'ai d'elle, quand j'y fait fait un sejour en septembre - octobre de 2019. Le temps que la Kabylie me donne, de me re - construire la sequence et ses rythmes et desseins de ma vie, et qui lui rend si chere a mon coeur, cause aussi, inevitablement, le chagrin de l'absence. Cette douleur, ce manque pour les rivages qui heberge ma famille de coeur, que represente pour moi la culture des Amazighen, qui trouve son incarnation decisive dans le chaman - artiste que represente pour ma voix poetique, mon ame en exile, l'art de mon collegue photographe kabyle, m'a fait penser a un ruban long, venu de tres loin, qui s'etend: la presence de la muse kabyle, qui est palpable, que je sens si souvent tout pres, et qui, dans les moments que l'absence se sent comme une blessure, j'entends marcher tres loin, un echo fort, qui perce la distance avec determination, qui je ne veux pas qu'elle s'eloigne, et qui m'appelle, m'assure que l'avonture continue, que les obstacles ne sont qu'une tetue illusion, que le plus important est l'energie creative qui inspire, qui donne vie a une celebration unique de l'esprit resistant, unique de l'ame kabyle. J'ai pensee a mon petit bureau fait de bois d'erable, que j'avais dans ma chambre a coucher en Fandre. Un petit mueble modeste, fait dans le style Louis XV, je viens d'apprendre. J'aimais beaucoup ce mueble, avec ses petits tiroirs pour mes prmeiers cahiers de notes de poemes, et de fotos de voyage en Autriche avec ma famille, et qui avait aussi mes quelques rubans en velours, qui etaient de mode comme decoration pour les cheveux, la fin des annees 1960 et le debut des annees 1970. J'aimais leur douceur au toucher, et que c'etait amusant de les enrouler le soir. J'en avais juste 3: en couleur brun chocolat, bleu pervenche, et en couleur olive. Comme au lycee catholique pour filles, ou j'etais eleve, on etait permis de porter seulement les couleurs gris, blanc, noir et blanc, y compris les chaussures et chaussettes, et manteau, porter un ruban d'une differente couleur etait toute une rebellie, qui m'etait permis, car j'etait d'un temperament equanime. Ma rebellie allait se manifester de facon interieure, dans mes redactions qui en fait, allaient me voir explusee, pour "contenu affectif ne pas convenable pour une jeune fille", comme j'avais faite une composition pour ma classe de litterature francaise, qui etait une hsitoire d'amour entre un jeune guerrier amerindien etune jeune adolescente, qui etait une reference a un souhait rebellie personnelle, envers un systeme de discipline scolaire et sociale rigide et punitif envers toute pensee et volonte libres, qui oseait se poser des questions sur le curriculum nous presentees comme eleves. La Kabylie, certains jours de nostalgie, de reflection aussi sur le sentier mysterieux du destin, me rappelle a mes rubans en velours, qui s'enroulaient et se depliaient dans mes doigts, et donnaient a mes cheveux un air d'independance, de femininite dans un systeme scolaire qui chercheait le neutre, l'asexuel en tout.  La Kabylie, son coeur et esprit resistant, possedant une sagesse et histoire qui remonte des milliers d'annees, une energie, une voix indomitable, celle des Imazighen, qui maintenant me donne ma voix et me libere l'esprit flamand et ses experiences formatives, si longuement rendues muettes, invisibles, inaudibles, est tel un ruban grand, qui s'etend dans le firmament, et de qui sa lumiere m'accompagne, m'heberge et me parle de son soleil et de sa lune, de ses victoires, de ses agonies subies et survenues. Elle deroule comme un ruban, le temps de ma vie, me l'explique ses detours, ses indices, et me sait le enrouler aussi, comme les courbes d'un tapis roulant des "Mille et Une Nuits" des contes de mon enfance, qui m'avaient convaincu que la vie possede un cote magique, si on sait surmonter les doutes et renforcer le courage et la volonte, ces contes qui m'avaient fait sentir la joie de l'imagination, sa force creative, et meme spirituelle. La Kabylie me permet voyager entre le passe, et le present, et me donne la conviction que croire dans un futut valable, n'est pas pour les esprits naifs, mais pour les esprits intrepides, courageux, qui voient au - dela de l'evident, et qui osent aimer, explorer, faire, bouger, quand le monde veut qu'on cherche la lassitude, l'inaction, la passivite. Le monde des portraits kabyles dans l'art de sa photographie de Nacer Amari, m'unit de facon inattendue et envoutante, a l'histoire des influences culturelles qui m'ont forgee mon identite flamande - americaine, qui m'ont definie comme personne vivant avec energie incontournable entre deux mondes, et qui a trouvee dans le coeur de la Kabylie, la melodie et l'amour qui me permet ecrire et aussi vivre, l'histoire complexe et contradictoire, et aussi penible dans pas mal de sa traversee, de ma vie entre deux rives, que sa presence et apprentissage, comme troisieme rive, comme chaman Amazighe, me permet reconcilier, comprendre, accepter, pardonner, et embrasser autant ses chagrins, que son immense capacite pour l'espoir, pour la tendresse, pour la joie. Ce qui en conclusion m'a inspiree ce poeme et son refrain, que je dedie a toi, ma famille de coeur, ma Kabylie, et a mon collegue - artiste - chaman - photographe, Nacer Amari. Le poeme et sa melodie, son rythme, m'est venu en anglais, langue de mon exile, et apres, je le traduis en francais:


The olive colored Velvet Ribbon 



It is a place where time flows like water, that I can touch, like the lips on a kiss, like the warmth of a comforting hand. It is a breath, where time from long ago feels real, where I hear your voice speak to mine. 

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It is a breeze, where the sky and the clouds sing in the tongue of the sun and the moon, where I receive your messages flown in by the birds at dawn, and where the deer that come to feed from the forest, have the beauty and depth of your eyes. 

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It is a ribbon, olive green and velvet, that I wore long ago, as a mark of rebellion, that now unfolds, large as time itself, between here and Kabylie, between the dreams of my Flemish homeland, and the land of the Imazighen, where I was freed from the spell of exile and despair as a poet, left without a shadow to call my own. 

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The velvet ribbon that spans the breath of time past, present and future, in the magic whispers of the fire its kabyle shaman commands with ease and vision. Time thus becomes the staring point again, where what was, is and longs to be, join together in harmony, to unite the broken of my Flemish story to the healing forge of Chiron's wisdom he brings from the heart of North Africa, its mountain and river spirits. 

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Time, like a giant ribbon, takes me under its wing, a bird on a mission, that knows the way, that holds in its  beak, an olive branch, green and hopeful, that leads me back to the starting point, where I can begin again, to live, free, whole, in the enduring, vibrant embrace of the Berber soul and its fierce, relentless strength. 

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Refrain: And time moves on, rolls along. And I can't hear you calling, as time's boulders crash their thunderous roar, on the path where I see you, where I long to be, walking beside you, smiling. 

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Le Ruban en Velours couleur olive



C'est une place ou le temps coule comme de l'eau, que je sais toucher, comme les levres d'un baiser, comme la chaleur d'une main gentille. C'est une sensation, ou le temps du passe se sent reel, et ou j'entends ta voix proche a la mienne. 

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C'est une brise, ou le ciel et les nuages parlent la langue du soleil et de la lune, ou je recois tes messages que m'apportent les oiseaux a l'aube, et ou les cerfs qui viennent a manger de la foret, ont les yeux qui ont ta beaute et profondeur. 

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C'est un ruban, en velours clouleur olive, que je portais il y a longtemps, comme signe de rebellie, qui maintenant se deroule, large comme le temps lui - meme, entre ici et la kabylie, entre les reves de ma terre natale flamande, et la terre des Imazighen, ou j'ai ete liberee de l'ensorcelement de l'exile et le desespoir du poete, abandonnee sans ombre qui etait la mienne. 

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Le ruban en velours qui unit l'espace du passe, du present et du futur, dans le chuchotement et sa magie du feu que maitrise son chaman avec aisance et vision. Le temps qui devient le point de depart encore, ou ce qui etait, est, et desire etre, se joingent en harmonie, pour geurir le cassee de mon histoire flamande dans la forge de Chiron et sa sagesse, qu'il apporte du coeur de l'Afrique du Nord, ses esprits des montagnes et des rivieres. 

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Le temps, comme un ruban geant, m'embrasse, un oiseau en mission, qui connait le chemin, qui teint dans son bec une branche d'olivier, et m'emmene vers le point de depart, ou je peux commencer a nouveau, pour vivre, libre, entiere, dans l'etreinte durable, vibrante de l'ame berbere et sa resistance immuable. 

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Refrain: Et le temps coule, avance. Et j'entends ton appel, pendant que les rochers du temps s'ecrasent leur rugissement tonitruant, sur le sentier ou je t'aprecoix, ou je desire etre, marcher a tes cotes, souriant. 

              

Trudi Ralston     


L'information sur la notion du temps comme quantite mesurable, courtoisie de Wikipedia. 






 



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