Friday, June 19, 2026

L'Eau qui Coule: Le Mecanisme Fluide de l'Absence - dans la serie "La Maison Rouge au bout du Soleil"

              La nature dans les moments de reflection, de solitude purifiee dans le feu de la patience, sait prendre conscience de la presence humaine, et meme de rendre visible dans un sens spirituel, ce que l'ame et le coeur essaie de comprendre quant aux mysteres du destin et ses desseins. J'ai cette impression bien verifiable, a un niveau affectif et tactil, quand je suis au jardin, dans l'ombre agreable des arbres les jours de chaleur un peu etouffante, que la nature m'observe autant que moi je l'observe a elle. Comme si ses yeux de ses animaux, me voient et decident de peindre des images, qu'ils mettent a la memoire, de cet etre humain, silent, qui fait voyager ses pensees parmi eux et leur monde de ciel et terre qui nous entoure. Mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, l'autre jour a fait une observation astucieuse, qui m'a beaucoup resonnee, parlant du rossignol qui visite son champ: "L'oiseau aussi a besoin de la presence de l'homme." Et par hazard, pendant la recherche pour un suivant article, j'ai eue la confirmation de cette pensee profonde, exprimee par le poete et mystique Sufi perse Rumi (1207 -1273) ainsi: "Ce n'est pas seulement ceux qui ont soif qui cherchent l'eau; l'eau aussi cherche celui qui a soif." Cette belle affirmation, touche le mystere rassurant que tout a la fin, et en origine, est matiere spirituelle rendue visible, physique, dela qu'il n'y a rien plus envoutant, plus puissant, que deux ames qui savent se toucher. Le long de la reflection paisible, une sensation est venu s'imposer, a la pointe des pieds, celle du defi de l'absence, cette quantite fastidieuse, enfant terrible du temps et ses caprices, qui arrive toujours a l'imprevu, et reste, et observe, pendant qu'elle met son epee dans la blessure que cause la presence de l'absence, justement. L'absence d'etres chers est une quantite bizarre: on ne peut pas la toucher, car elle n'a pas une forme verifiable, mais on sent son poids, la peine qu'elle cause. L'absence a un rythme, une cadence, qui commence comme un doux filet d'eau qui coule le long du flanc d'une montagne, et en route vers la vallee, augmente en taille, comme les notes d'un orchestre symphonique, de qui le volume de ses sons, de ses melodies et leurs danses, accompagnent cette eau croissante, jusqu'a ce qu'elle devient une riviere immense, qui se rend sa force a la mer, a l'ocean, qui l'attendent. L'eau commencee comme filet timide, s'est transformee l'energie considerable de la riviere pour joindre la force maritime du monde de Neptune et ses sirenes, et y trouver le calme, y eteindre toute inquietude, toute hesitation. Ainsi est le mecanisme fluide de l'absence, qui atteint un crescendo, et evapore, devient ombre, lumiere, du va et vient des marees, comme le filet d'eau n'ee d'un geste presqu'inaudible. L'absence finit par trouver un point de repos, d'acceptance, de visions du moment de nouvelles, de l'espoir d'une reunion, quand tout sera resolu, sur ce pont heureux, que se construit le courage, dans cette espace qui existe entre ciel et terre, cette salle d'attente ou se rangent les coeurs toutes les valises de leurs reves, de leurs souhaits, de pouvoir revoir encore les personnes absentes, de les embrasser, en esperant que la prochaine absence, sera la derniere fois que sa douleur, sa brulure a l'ame et sa resistance, devra etre subie, toleree, et de pouvoir vivre cette belle verite et sa sensibilite subtile, et intrepide, qu'a ainsi formulee Rumi, le poete perse avant - garde, audacieux, quant a la condition humaine et ses defis, ses contradictions: "Il arrive un moment, quand rien encore a une signification, sauf de s'abandonner a l'amour." Dans le monde deroutant d'aujourd'hui, ses hallucinations alarmantes, son poids qui est trop reel, qui risque devenir catastrophique, peut - etre une solution possible serait de decider d'aimer sans juger, de tolerer sans imposer, d'accueillir sans demandes, d'aimer sans conditions, sans frontieres, sans devoir en justifier la decision, la joie. Peut - etre ainsi, l'eau qui coule, pour le coeur, coulera plus libre, plus claire, plus egale, et l'absence que causent toutes les impositions, toutes les divisions, toutes les illusions, rendront l'absence une douleur ne plus de cette terre, ne plus un defi, une tempete destructive a supporter, a vaincre, jusqu'a ce qu'elle se calme et recule, encore une fois.  

Trudi Ralston

No comments:

Post a Comment