Tuesday, February 17, 2026

Tenir les Fantomes a Une Distance / Keeping the Ghosts at Bay - dans la serie "Au carrefour des Rencontres"

              Apres plusieurs jours de soleil en plein mois de fevrier ici, qui donnait l'impression que l'hiver avait pris la decision de fuire soudainement, un froid glacial s'est mis sur la region, qui a enlevees les couleurs joyeuses mises par un soleil amoureux, et laissee le ciel a nouveau gris, tremblant sans son manteau de printemps festif. L'impression visuelle du jardin saturee d'une palette aquarelle pale, lavee dans une eau qui laissait le ciel avec les yeux tristes comme ceux d'une personne qui essaie de supprimer les larmes, m'a fait entendre au fond de mon coeur, la melodie melancholique d'une voix feminine d'une chanson ancienne folk, de laquelle les mots venaient de trop loin, comme d'un echo, de qui leur message se perdait dans la distance. La melodie etait insistante, tetue, determinee d'attirer mon attention, et a finie par se manifester avec la sensation visuelle de personnages d'une piece de theatre imaginaire, de fantomes, qui se chercheaient les esprits leur perdus dans le passage du temps, dans l'indifference du monde quotidien, inconscient de leur presence, qui venait hanter la mienne, ce matin de froid qui avait rendu le temps immobile, seduit par la melodie qui jouait pour le monde silent qui heberge les histoires et leurs experiences du coeur. La melodie m'est venu en anglais, et apres je l'ai traduit en francais, car c'etait un de ces moments de mystere, quand les douleurs du passe se trouvent pour moi face a la grace du coeur kabyle, de son accueil de l'esprit de mon collegue photographe Nacer Amari en Aokas, qui voit de loin la blessure de ces echos lointains me laissee par l'exile et ses demandes, ses pertes, et qui la soigne, la lave avec gentillesse, et sait chasser les fantomes et les cris de leurs cauchemars qui essaient de briser les murs de defense, que j'ai du construire contre leurs invasions, pour les convaincre de me laisser en paix. C'est lui, qui comme le forgeron Hephaistos, sait transformer la menace des fantomes, les garder a une distance, qui sait me trouver, me guider, vers le sentier du present, de continuer de briser le sortilege de trop d'annees de silence. Je dedie alors ce poeme, son chant a lui, ce camarade resolu, de vision claire, qui sait voir derriere les murs que je continue de demolir, une pierre lourde a la fois, pour decouvrir la joie des espaces ouvertes que j'y decouvre, de ces portes et fenetres qui invitent pleine de lumiere, d'air frais, de ciels bleus et soleil brillant, que l'ame de la Kabylie me donne, avec chaque geste de son esprit, de son coeur ancien, tolerant, eternel: 


Keeping the Ghosts at Bay 


It seems that some things just have a habit of insisting, of wanting to come and haunt, of showing up like a cold winter's day, just when you thought spring was here to stay. 

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Oh, I never see you coming, rattling your rusty chains, dragging them on the path where I was meeting the sun, where the sky was painting over the grey rain and its wet, heavy ways. 

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Here you are again, wanting to close that bridge, block my way, to where the Berber heart and its smiles, its resilient spirit meets my fiery Flemish soul, to decode the hieroglyphs that unite the history of the poets' quest. 

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How do I keep you at bay, you who haunted for so many years my nightmares, made them spill over into the hopes of my dreams' resolve during the day?

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It took so long, to be able to stand my ground and to see you back away, it took such courage, such will to stare you down, to grab that bow and arrow of resolve, and break the power of your spell.

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It was the Touareg warrior I saw as a child in my father's librairy magazines, that reassured me that the necromancers would not win. It is the strong voice of the Imazighen that heard my own, that gave me the key to free me, a Flemish lioness in exile, trapped on distant shores.

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The sun knows my heart, as it calls upon the light on the shores of Kabylie, upon the might of its ancient spirits, and Ra nods and lets me know, that the burdens of my soul are now one with the might and courage of the kabyle poets and warriors. 

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Keeping at bay the ghosts that only know where to find me, on those rare days now, when the sun and heart of Kabylie's shores and mountains, is hidden behind the curtain of winter's sorrow as the sun tries to wake the world before the earth drowns in madness. 


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Tenir les Fantomes a Une Distance      


Il parait qu'il y a des choses qui ont l'habitude d'insister, de vouloir venir et agacer, de faire une apparence comme un jour froid d'hiver, au moment qu'on pense que le printemps etait venu pour rester. 

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Oh, tu m'a pris par surprise, secouant tes chaines rouillees, trainant leur bruit sur le sentier ou j'allais pour rencontrer le soleil, ou le ciel enlevait le gris lourd, que la pluie avait laissee.

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Te voila, essayant de couper la traversee du pont quand le coeur berbere et ses sourires, son esprit resistant rencontre mon ame de feu flamand, pour decoder les hieroglyphes qui unissent la quete des poetes. 

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Comment te tenir a distance, toi qui a hantee pour tants d'annees mes cauchemars, qui les a chassee l'espoir et le courage meme pendant le jour?

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Cela m'a pris si longtemps, de te faire face, de te faire reculer, cela a pris tant de courage, tante de volonte, de te faire baisser les yeux, de prendre cet arc et fleche de la resolution, de briser la force de ce sortilege. 

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C'etait le guerrier Touareg que j'ai vu comme enfant dans une des magazines du bureau de mon pere, qui m'a assuree que les necromanciens n'allaient pas gagner. C'est la voix resistante des Imazighen qui ont entendue la mienne, qui m'ont donnee la clef, m'ont liberee, lionne flamande en exile, enfermee sur des rives lointaines. 

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Le soleil connait mon coeur, quand il appelle la lumiere des rives de la Kabylie, appelle la force de ses anciens esprits, et le dieu Ra l'affirme, et me laisse savoir, que les fardeaux de mon ame pesent moins lourds unis au courage et sa puissance legendaires des poetes et guerriers kabyles. 

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Ainsi je tiens a distance les fantomes qui seulement savent me trouver les jours rares maintenant, quand le soleil et le coeur de la Kabylie et ses rives, ses montagnes, se cachent derriere le rideau du chagrin de l'hiver, quand le soleil essaie de reveiller le monde, pour assurer que la terre ne perisse dans le delire. 


Trudi Ralston




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