Il y a un film americain de 1996, au titre qui indique la gravitas de son sujet: "Primal Fear", donc "Terreur Extreme". Le film est une adaptation d'un scenario au meme titre, de Steve Shagand et Ann Biderman, a base du livre de l'auteur et photojournaliste americain, William Diehl (1924 - 2006). Le film fut un success international, grace aux deux acteurs principaux americains: Richard Gere (1949) et Edward Norton (1969), qui lui a recu une serie d'accolades pour son role comme le jeune homme pauvre que la police accuse d'avoir ete responsable pour la mort violente de l'archeveque catholique de Chicago. Le film traite du sujet troublant de l'abus d'enfants aux mains de pretres catholiques dans les ecoles et orphelinats, et l'effort considerable de la part de ces institutions et leurs resposables, de nier ou minimaliser ces abus mondial horrifiants qui ont commencee a etre revelee en masse vers la fin du XXeme siecle . Ce fut et reste surtout les enfants les plus vulnerables qui etaient et restent les victimes: des orhpelins, et des enfants pauvres, marginalises, sans abri, souvent deja victimes d'abus physique et sexuel aux mains de membres de leur famille, qui au lieu de trouver du soutien et protection de la realite cruelle de leur vie, se trouvent victimes sans defense, sans voix, une seconde fois. Le film est bien fait, et le revisiter m'a fait decouvrir un element artistique present dans le film, que je n'avais pas notee avant: une chanson en portugues, qui a une melodie qui m'a impressionnee beaucoup, et qui a su me causer une intense reaction affective. Je ne connaissais pas la chanteuse, que j'ai appris est connue dans le monde de la musique pour son expertise du chant fado portugues, et cette chanson etait "Cancao do Mar", qui veut dire "Chanson de la Mer", une chanson d'amour aux rythmes intenses qui soulignent la passion et le manque de la personne aimee. La chanteuse est Dulce Jose Silva Pontes (1969), consideree l'heritiere de la tradition folk fado, a laquelle avait inspiree une renaissance mondiale la chanteuse portuguese Amalia Rodrigues (1920 - 1999), qui avait debutee la chanson "Cancao do Mar", ecrit pour elle en 1954 par Fredrico de Brito, avec une musique de Ferrer Trinidade. Leur chanson fait partie maintenant de la Liste de l'Heritage Inalienable Culturel de l'UNESCO. Amalia Rodrigues etait tres populaire, et donnait des concerts a Paris, ou elle vivait, et au Japon, Bresil, l'Allemagne, le Mexique, l'Italie, la Belgique, les Pays - Bas, l'Argentine, et l'Israel et les Etats Unis. Le chansonnier francais - armenien Charles Aznavour ( 1924 - 2018) ecrit une chanson fado specifiquement pour elle, "Aie Mourir pour Toi." L'interpretation de "Cancao do Mar" faite par Dulce Pontes est tres estimee, et apparait dans son album de 1993, "Lagrimas" ("Larmes"). Dulce Pontes, qui est aussi pianiste et actrice, donne des concerts modialement, de Londres a New York, et sa musique est unique pour unir des elements a la musique fado qui sont arabe, bresilien, et africains quant a tradition musicale. Le refrain de la chanson "Cancao do Mar" a touchee une douleur longuement reprimee dans mon coeur, et ce fut difficil de degager de la force de la voix de la chanteuse energique: "Vem saber se o mar tera razao/ Vem ca ver bailar meu coracao", ce qui se traduit, "Viens savoir si la mer aura raison/ Viens ici pour voir danser mon coeur", et la chanson conclut avec le voeu, "Enem lhe digo aonde eu fui cantar/ Sorrir, bailar, viver, sonhar contigo": Ne lui dis pas ( a la mer) ou je suis allee chanter. Sourire, danser, vivre, rever avec toi. " La chanson apparait dans le film comme anecdote touchante, qui accompagne un des personnages qui termine mort, suite de l'intrigue politique qui domine l'investigation dans le meurtre de l'archeveque, quand ce personnage donne une cassette avec la chanson a l'avocat qui cherche a resoudre le mystere du meurtre. Un detail interessant, que ce personnage trouve la mort dans la mer, et la chanson est une plainte d'amour de la part d'un marin. Ce qui m'a touchee si profondement fut ma reaction profonde envers la passion vibrante dans la voix de la chanteuse. D'un moment a l'autre, je n'etais plus dans le monde du crime que voulait condamner le film. Je me trouvais dans les terres desolees, sa solitude impitoyable, dans ce delire que le poete et l'artiste connaissent trop bien, quand ils trebuchent sur son terrain enegal, plein de pieges, pour le coeur qui reve d'un monde ou le mal n'a pas le dernier mot, ou les innocents ne sont pas trahis, ou les visions des poemes, des arts, ne sont pas enfermees dans les mensonges de l'hypocrisie. ou l'amour n'est pas soumis au pouvoir, et ses obsessions. Le monde des arts, permet des moments de sublime clarte et joie, quand le courage se voit liberee des obstacles, de la mediocrite, de l'avarice, des griffes du mepris, de sa solitude. Pour moi, la chanson "Cancao do Mar" me rappelle le long chemin que j'ai du traverser, avant de trouver un accueil intellectuel et affectif dans le coeur et esprit kabyle. Me savoir si loin d'elle, geographiquement, est dur, et c'est tout un tour de force que j'ecris mes livres pour la Kabylie a 9000km de ses rivages, et que l'energie qui m'unit a elle me la fait sentir a elle aussi proche que le battement de mon propre coeur. La peine de l'absence est tres aigue parfois, et une chanson pasionnee comme "Cancao do Mar" reveille le feu et sa flamme brulante de cette douleur, qui est comme une blessure physique, chose si bizarre, qu'un chagrin psychique peut causer une douleur physique, et manifester cette peine en la presence de larmes chaudes, en cris qu'on supprime, les deux des phenomenes verfiables, tangibles, concretes. Traverser les terres desolees, du manque que cause une abondance d'amour pour un peuple, pour son coeur, pour ses personnes qui vivent sur sa terre, qui nous entendent la voix et ses joies et agonies de notre etre. Ce delire qui s'exprime dans ce chagrin que mes poemes apres communiquent, vivent, souffrent, pour trouver apres la catharsis, la guersion, de savoir que ma famille de coeur en Kabylie, me voit, m'aime, me comprend. J'ai retrouvee ma voix de poete dans la sagesse de l'amour de ma Kabylie, et sentir l'intense passion de la chanson, ses mots, ses emotions, dans "Cancao do Mar" comme la interprete le talent de Dulce Pontes, sa voix qui crie, qui hurle ce chagrin d'aimer tant, et de se savoir loin de la personne qu'elle aime, de sa tendresse, de son esprit, de sa chaleur, me donne envie de me trouver sur le sable d'une silente plage, ou je peux crier ce chagrin, et lui demander de me sortir de ses terres desolees, de ce delire du poete, de ces moments de profonde agonie, de me sentir bannie, a nouveau invisible, muette, le coeur et l'esprit condamnee, a une solitude encore que j'ai du avaler deja si longtemps. Le mystere des defis qu'on doit vaincre dans la vie, ont une aura de mystere, et aussi de grace, quand la charite, la tendresse et sa sagesse croisent notre chemin et ses solitudes. Ceci fut le cas pour moi, et je reve du jour quand je vais pouvoir retrouver et re - rencontrer ma famille de coeur en Kabylie, quand tout cet amour pour elle, aura la permission de s'exprimer, de se celebrer, de partager sa joie, sa fierte, sa reconaissance, et oui, sa passion, sa flamme, ne pas en feu de la peine que cause la cruelle absence, mais en flammes chaudes du coeur, quand il se voit uni a ceux qu'il aime, et qui l'aiment a leur tour, sans limites, sans pretenses, sans peur, sans illusions ou chimeres, comme le decrit dans son poeme le celebre poete chilien, gagneur du Prix Nobel pour la Litterature en 1971, Pablo Neruda (1904 - 1973), son Soneto XVII: "Je t'aime sans savoir comment, ou quand, franchement, comme ca, parceque je ne sais le faire autrement, la, dans cette espace, qui est toi, qui est moi. Si proche que la main qui touche mon coeur, est ta main. Si proche que ce sont tes yeux la nuit, qui ferment les miens." Le mal a le dernier mot dans le film, "Terreur Extreme", mais la presence de la chanson de Dulce Pontes, "Cancao do Mar" et sa passion courageuse, intense, illumine comme une etoile brillante le ciel noir du sujet du film, ou un avocat qui lutte contre le mal et ses perversions avec conviction et sincerite. Le film m'a laissee avec le desir de croire, que le coeur qui se bat pour donner toutes les chances a l'amour, son courage, sa dignite, son energie transformative, son sens de justice sociale, n'abandonne jamais l'espoir, et pratique la conviction de l'importance de ne jamais ceder aux manoeuvres du mal, de toujours choisir le sentier qui mene vers la liberte, vers l'amour et sa charite, sa sagesse, vers l'inclusion de tout ce qui ajoute au bonheur, au respect pour l'identite et son expression culturelle, sociale et spirituelle - historique, pour toutes personnes.
Trudi Ralston
La recherche sur l'art du fado portugues dans la musique du monde, et sur les chanteuses portugaises Amalia Rodrigues et Dulce Jose Silva Pontes, courtoisie de Wikipedia, ainsi que la traduction des vers du portugues en francais de la chanson fado de 1954, "Cancao do Mar". La traduction des vers du Soneto XVII du poete Pablo Neruda en francais, d'un texte en traduction anglais du poeme ecrit originalment en espagnol, est la mienne.
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