Saturday, February 22, 2025

L'Ethos de l'Infinalisabilite: Fyodor Dostoevsky, Mikhail Bakhtin et le Portrait "Sinty" de Nacer Amari - dans la serie "Le Hurlement des Loups du Midi"

            C'est une observation poetique, l'idee que parfois dans les moments les plus silents, qu'on a la chance d'entendre des notes et leurs melodies d'un chant et son message qui autrement s'aurait perdu dans les pas distraits du quotidien et ses exigences. Un portrait en noir et blanc du 15 fevrier 2025 du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, a ouvert la porte vers une decouverte artistique - philosophe ne pas attendu, ne pas meme apercu, jusqu'aux heures de recherche que son portrait "Sinty" a su provoquer avec pas mal de consternation joyeuse et surprise de ma part. J'avais l'impression de me trouver au rebord d'un tout nouveau paysage intellectuel quant a l'impacte de l'art de sa portraiture du photographe kabyle, et de notre collaboration creative ces dernieres 6 annees. Ce portrait, Nacer Amari l'introduit avec une paucite de mots, qui cache la gachette irreversible qu'allait produire l'effet de son protagoniste: "Pour mon portrait "Sinty", ce sera tres court: c'est un collegue de travail, calme, dynamique, et ruse." Le portrait en noir et blanc en fait montre le visage et son energie decisive, d'un homme qui maitrise soi -meme, qui observe avec soin avant de reagir. C'est un portrait qui a des traits naturalistes, ce mouvement moderniste avec des echos du surrealisme, de l'impressionnisme avec ses racines trempees dans le monde des deux guerres mondiales, de 1914 - 1918 et 1940 - 1945, et les cicatrices encore visibles aujourd'hui des horreurs et leur heritage tragique qu'on parait etre prets a repeter il parait sans aucune hesitation. Un des artistes que "Sinty" apporte avec l'appel de son regard imposant, est le peintre belge d'ascendance anglaise -flamande, James Ensor (1860 - 1949), de qui sa vie et sa philosophie artistique fut marquee par les deux guerres mondiales, et les suivants elements surrealistes de ses portraits hallucinants, ou il unit le style de l'impressionnisme et ses lumieres brillantes avec le monde interieur du style naturaliste, qui allait culminer dans le surrealisme. James Ensor se concentre dans ses auto - portraits fameux, comme "Auto - portrait avec Masques" de 1899, sur l'expression du regard, qui est une invitation hypnotisante d'explorer les figures grotesques qui lui entourent dans un tableau carnavalesque de visages avec des masques, ou s'efface la ligne entre le reel et le surreel, aussi pour l'artiste, qui ne porte pas de masque, juste un chapeau aux plumes et fleurs, qui lui permet de se camouffler dans la foule effrayante qu'il frequente dans cette scene ou le grotesque est roi. James Ensor etait connu pour son audace artistique, au niveau socio - politique, et avait une fascination pour les masques. Dans son studio a Oostende, en Flandes, ou il a vecu toute sa vie, il prenait l'habitude d'habiller des squellettes - mannequins et de leur mettre des masques pour ses peintures, ce qui lui permettait de peindre ses visions artistiques avec beaucoup de liberte creative. L'effet grotesque de cette mise en scene, devint une signature de son art: le grotesque avec ses implications du bizarre, de la deformation, de l'inquietant, du degoutant aussi, et du choquant, qui a pris les critiques de l'art a l'epoque d'apprendre de comprendre, de digerer, et a la fin, apprecier, car James Ensor a su etablir une renommee mondiale, avec ses peintures dans les musees du monde, de New York a Los Angeles, de Paris a Londres, de Bruxelles a Cologne. Selon le peintre belge contemporain qui a une reputation internationale, Luc Tuymans (1958), l'oeuvre de James Ensor s'occupe d'explorer la complexite morale, specifiquement la co - existence du bien et du mal, qu'il sait rendre visible avec la richesse et le moyen d'un element ancien et durable jusqu'a nos jours: le grotesque. 

            Le grotesque comme element artistique a une histoire volumineuse et de grande importance, de qui ses origines remontent a l'Antiquite, specifiquement un style extravagant romain, re - decouvert et re - introduit vers la fin du XVieme siecle. Le mot grotesque se derive du mot italien "grottesca", qui remonte a "grotte", apres la decouverte de fresques impressionnantes de figures bizarres dans les foules archeologiques d'une villa de l'empereur romain Neron (37 A.D. - 68 A.D.), sa villa "Domus Aurea", "La Maison Doree", qui avait ete enterree dans un enfouissement pour 1500 ans. Avec le moyen de la gravure, le grotesque apparait au XVieme siecle ensuite dans l'art et ses expressions, de l'Espagne a la Pologne, et dans les XVIIieme et XVIIIieme siecles, le grotesque trouve une influence ample dans la science des monstres et l'experimentation artistique : la teratologie, prevalent dans les mouvements du Barqoue et son antecedent, la Renaissance. Dans la periode victorienne, le grotesque s'exprime pour la plupart sans l'elegance et sans l'extravagance stylistique anterieure, sous l'influence d'une moralite bourgeoise stricte et regressive. L'integration du grotesque dans les arts fut une continuation directe de la tradition medievale des droleries decoratives dans les marges des manuscrits comme formule d'illustration ou initiales. Dela, le style du grotesque evolue dans des caricatures plus grandes, comme celles du polymathe italien, Leonardo da Vinci ( 1452 - 1519).  Dans le monde de la literature, le grotesque trouve son expression dans les pieces tragi - comiques et la satire, qui a fait observer l'ecrivain allemand - tcheque, Thomas Mann (1875 - 1955), gagneur du Prix Nobel pour son livre "La Montagne Magique", que le grotesque est "le vrai style anti - bourgeois." Le grotesque a ses origines litteraires dans l'Antiquite, dans les oeuvres du genie grecque, Homer ( possiblement du VIIIieme seicle B.C.), de qui on peut trouver des exemples du grotesque dans les monstres de son "Iliad" et "L'Odysee", comme le Cyclope, que doit battre Ulysse.  Le grotesque occupe une place aussi dans les livres de l'ecrivain anglais Charles Dickens (1812 - 1870), dans les personnages degoutants qui oppriment les pauvres dans le monde des miseres ouvrieres de l'Angleterre industrielle sous dominance des classes bourgeoises du XIXieme siecle. Le monde du XXieme siecle aussi trouve un champ fertile dans le grotesque dans la litterature dite Gothique du Sud des Etats Unis: l'oeuvre de William Faulkner (1897 - 1962), de Flannery O'Connor (1925 -1964), et du dramaturge Tennessee Williams (1911 - 1983), tous les trois provenant de Mississippi et de Georgia, avec Mississippi l'etat le plus marquant pour l'heritage douloureux de l'esclavage et le racisme irresolu du Sud. Le grand ecrivain algerien, Kateb Yacine ( 1929 - 1989), de qui son oeuvre "Nedjma" continue d'exercer une influence profonde mondialement, avait un respect profond pour le traitement et ses nuances complexes du racisme dans l'oeuvre de William Faulkner. Le grotesque est aussi tres visible dans les livres satiriques de l'ecrivain Jonathan Swift (1667 - 1745), qui aimait beaucoup se moquer des hypocrisies bourgeoises de l'Angleterre de ses jours, et dans l'oeuvre de Victor Hugo (1802 - 1885), et son personnage tragique du bossu Quasimodo, qui est un des heros grotesques les plus celebres dans la litterature moderne. Le grotesque trouvera une interpretation concrete dans les horreurs alarmantes et leur brutalite deshumanisante de la Premiere Guerre Mondiale ( 1914 - 1918), quand le grotesque fait face aux horribles blessures et leurs deformations pyhsiques et psychiques suite des armes fatales, comme les explosions des bombes et des mines terrestres, et leurs amputations qu'en souffraient ses victimes survivantes, une evidence cruelle, exploree dans la poesie du jeune soldat anglais Wilfred Owen ( 1893 - 1918), qui trouva la mort en France dans les batailles feroces de la guerre, a l'age de 25 ans, et de qui ses poemes sur la brutalite du conflit etaient une voix differente des voix entendus en ce moment sur la realite de la Premiere Guerre Mondiale, pour savoir unir une expression poetique a cote de la brutalite grotesque et le prix immense en pertes de vies humaines, comme sa collection " Hymne d'Une Jeunesse Perdue." 

            C'est le moment maintenant d'introduire le centre critique du but de cet article, sa raison d'etre, pour ainsi le definir: comment s'unit le portrait "Sinty" du photographe kabyle Nacer Amari aux mondes litteraires des ecrivains russes Fyodor Dostoevsky (1821 - 1881) et Mikhail Bakhtin (1895 - 1975)? Le portrait "Sinty" sait insinuer de facon magistrale, une influence de naturalisme, et ses liens avec l'expressionnisme et dela le surrealisme, comme dans les portraits et auto - portraits du peintre belge James Ensor, ou domine un element fort du grotesque, comme on a su observer dans l'introduction de cet article. Mais le regard dans le portrait "Sinty" implique une energie irressistible, valorisante, qui inevitablement m'a menee vers une exploration historique du mot "grotesque" et ses antecedents et influences y compris modernistes, ce qui m'a mis sur la piste d'un des genies de la litterature russe: Fyodor Dostoevsky. Quelque chose dans le regard percant, presqu'intrusif, resolu du protagoniste "Sinty", m'a mis sur la piste de l'element important, rebelle du grotesque, et je me suis trouvee devant l'oeuvre de monumentale importance de l'ecrivain russe qui a defini de facon cathartique le conflit moral, et qui a attiree l'attention intellectuelle du philosophe russe Mikhail Bakhtin. La renommee continue de Mikhail Bakhtin se centre sur sa notion de "l'acte du dialogue", qu'il a su definir et trouver dans les themes et personnages des livres de Fyodor Dostoevsky, et qu'il a unis dans un oeuvre "Problemes des Poetiques de Dostoevsky" de 1929, apparu finalement en publication en 1963. C'est dans cet oeuvre analytique que Mikhail Bakhtin, qui etait vu avec mefiance par les authorites russes, introduit l'idee original de ce qu'il decrit comme "infinalisabilite" et qu'il explique ainsi: "Rien de definitif a pris place deja dans le monde, le mot final du monde et sur le monde n'est pas encore dit, le monde est ouvert, libre, tout est encore dans le futur et sera toujours dans le futur." Donc, sur un niveau individuel, ceci signifie qu'une personne ne peut jamais etre definie purement exterieurement: la capacite de ne jamais etre enfermee par les objectifications des autres est essentiel dans la conscience subjective. Malgre que la finalisation externe (definition, description, explication causale ou genetique, etc. ) est inevitable et meme peut - etre necessaire, ce ne peut jamais etre la verite totale, vide d'une reponse vitale. Mikhail Bakhtin est suspecte de ce qu'il appelle la tradition monologique de l'Occident, qui cherche de finaliser l'humanite et les etres humains individuels, de cette facon. Il postule que Fyodor Dostoevsky ecrivait toujours en direction contraire de facons de penser qui transforment les etres humains dans des objets (scientifiques, economiques, sociaux, psychologiques, etc), des cadres conceptuels qui enferment les gens dans un cadre extraterrestre de definition et causation, les privants de la liberte et de la responsabilite. Dostoevsky presente ses protagonistes toujours sur le seuil d'une decision finale, a un moment critique, a un moment de crise, a un tournant infinalisable et inpredeterminable pour leur ame. La carnivalisation est un terme qu'utilise Mikhail Bakhtin pour decrire les techniques qu'il utilise pour desarmer cet ennemi chaque fois plus omnipresent et de rendre possible un vrai dialogue intersubjectif: ce concept suggere un ethos ou les hierarchies normales, les roles sociaux, les comportements propres et les verites presumees sont corrompues en faveur d'une "joyeuse relativite" de participation libre dans le festival. Le carnaval, donc, le grotesque, avec l'emploi de sa dissolution temporaire ou un revirement de convenances, produit "la limite de situations ou des individus divers se rencontrent sur un pied d'egalite, sans les contraintes oppressives de l'objectification. Dans le carnaval, les opposites s'unissent, se voient, sont refletees l'un dans l'autre, se connaissent et se comprennent mutuellement." Bakhtin voit la carnavalisation dans le sens d'un principe fundamental de l'art de Dostoevsky: amour et haine, foi et atheisme, nobilite et degradation, amour pour la vie et auto - destruction, purete et vice, etc. :"Tout dans son monde vit sur la frontiere meme de son contraire." Le portrait "Sinty" du photographe kabyle Nacer Amari, une personne au temperament de sensibilites complexes artistiques dans l'expression subtile de ses visions, affirme la conviction du philosophe russe Mikhail Bakhtin, que Fyodor Dostoevsky etait le createur du roman polyphonique, de la vision polyphonique: son but comme ecrivain, comme visionnaire artistique - intellectuel etait d'illuminer la conscience de soi de ses protagonistes, qui chacun et chacune participent sur leurs propres termes, dans leur propre voix, selon leur propres idees, sur eux memes, et sur le monde, Bakhtin appelait cette realite multi - voix "polyphone": "une pluralite de voix independantes et ne pas melees et conscientes, d'une vraie polyphonie de voix pleinement valides, valables", qu'il define apres comme "l'acte de l'echange, de l'action reciproque, entre des consciences autonomes, et interieures infinalisees." C'est cette echange riche, variee, profonde, valorisante, qui se trouve au centre a son tour dans l'art de la photographie de Nacer Amari. Chaque article, chaque poeme, chaque livre - se sera bientot deja huit livres que cette collaboration kabyle - flamande - americaine sait creer - est une affirmation joyeuse, vibrante, libre, de l'energie sincere, polyphone qui unit deux collegues de deux continents divergents, de la part de deux personnes qui vivent leurs visions artistiques sur les frontieres reelles et leurs contraires, et qui ainsi se comprennent et se connaissent la verite de leurs voix, de leur vie. Le portrait "Sinty" et l'etude de son message que son protagoniste a su relever, restera au coeur des efforts litteraires pour cette nouvelle serie "L'Hurlement des Loups du Midi" qui continue l'exploration joyeuse du carnaval et ses celebrations fantastiques que permet a ma muse la photographie a mes livres et mes poemes, l'art visionnaire narratif de mon collegue kabyle, Nacer Amari.   

Trudi Ralston 


La recherche sur le mouvement moderniste du naturalisme et son influence sur l'art du peintre belge surrealiste James Ensor, et sur l'importance cruciale des oeuvres de l'ecrivain russe Fyodor Dostoevsky, et sur le philosophe et ecrivain russe Mikhail Bakhtin, courtoisie de Wikipedia. 

Friday, February 14, 2025

L'Importance de la Vigueur Intellectuelle: L'Esthetique Chanceuse de "Slimane" de Nacer Amari - dans la serie "Le Hurlement des Loups du Midi"

              Le 9 fevrier 2025, le photographe kabyle d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, partage un portrait en noir et blanc, qui attire l'attention pour l'energie d'optimisme contagieuse que rayonne son protagoniste, qui en meme temps communique un esprit de charisme, de confiance, de la part d'une personne aux visions claires. Les mots du photographe confirment cette impression: "Je voudrais te parler de mon portrait "Slimane", que j'ai photographie lors d'une conference du Cafe Litteraire d'Aokas. Un nonagenaire d'Aokas, appele souvent tonton Slimane, sympa, gentil et surtout un grand parleur. Il anime souvent des discussions avec les jeunes d'Aokas, il parle sur l'histoire, la politique, la societe... Le francais est sa langue preferee pour la communication." L'energie rayonnante de ce portrait inspire une exploration double: celle d'un mouvement artistique qui continue d'influencer le monde de la portraiture dans la peinture et la photographie, c'est a dire, l'impressionnisme des annees 1830 qui laisserait son influence jusqu'a la fin du XIXieme siecle, et le debut du XXieme siecle, dans le post - impressionnsime, qui allait influencer l'art de Vincent van Gogh (1835 - 1890), entre autres, et Paul Gauguin ( 1848 -1903), pour ainsi introduire le mouvement du modernisme et son importance mondiale avec son expression du surrealisme, du symbolisme et de l'expressionnisme, qui tous chercheaient d'exprimer le monde interieur de leurs protagonistes. Ce qui rend le portrait "Slimane" de Nacer Amari interessant, est que ensemble avec l'energie interieure de lumiere, de confiance, de presence sure, de la part de son protagoniste, il y a la signature du realisme dans les lignes precises qui definent la presence physique de "Slimane", un homme de qui sa force robuste intellectuelle s'etale avec une certitude decisive. C'est cette union entre emanence impressionniste qui revele le monde interieur du protagoniste et la precision realiste des traits du visage, y compris le sourire ouvert, qui implique un temperament genereux et tolerant, qui rappelle aux portraits du peintre francais James Tissot (1867 - 1902), qui vivait en Angleterre avec sa compagne irlandaise, qui etait aussi sa muse, Kathleen Newport (1854 - 1882), une mannequin de qui il a fait une grande serie de portraits avant la mort de Kathleen, a l'age de 28 ans. Il etait un ami du celebre poete, romancier et dramaturge  irlandais, finalement tragique, qui allait payer un prix tres dur pour son audace de desobeir le code des moeurs de l'ere de la reine Victoria, Oscar Wilde (1854 - 1900). James Tissot savait unir ce melange captivant des elements de l'impressionnisme - il etait aussi ami du peintre impressionniste francais Edgar Degas (1834 - 1917) - et du realisme dans ses portraits et ses auto - portraits avec une elegance et sangfroid absolus. Il savait unir l'energie de la lumiere et la logique des lignes explorateurs, pour creer des apercus enigmatiques de ses protagonistes. Je sens cette meme qualite esthetique - intellectuelle dans le portrait "Slimane" du photographe Nacer Amari. Ceci se traduit dans un tour de force visuel, vu du fait que ce portrait est en noir et blanc, et n'a pas les avantages evidents de la couleur pour transmettre ce pas de deux optique qu'il a bien reussi, comme dans l'attention visuelle nette des habits elegants du protagoniste et leurs differents textures et nuances foncees et claires de lumiere, un trait qui se trouve comme une signature dans les portraits de James Tissot. Cette appreciation des liens entre l'impressionnisme et le realisme sont une introduction qui permet donner un entourage narratif au but de cet article: exprimer une appreciation pour le charisme positif de la part d'un adulte qui encourage l'espoir pour un futur valable, positif, digne pour les jeunes qui doivent faire face a un monde qui pousse les limites de la decence, de la conscience sociale, ecologique, politique, et laisse la question inevitable: est - ce que la race humaine saura sauver la terre des griffes de l'avarice, de l'egoisme, des forces destructives qui traitent la planete comme si elle et ses peuples ne sont que des choses a posseder, a divider, a detruire? Le portrait "Slimane" est une joie visuelle, un contrepoint efficace artistique et intellectuel valable, qui transmet un message tres important: l'heritage de la guidance de la part d'adultes dans la communaute qui prennent au serieux le destin de ses jeunes. La culture Berbere de la Kabylie, de l'Afrique du Nord, fait un effort de longue duree envers l'importance de transmettre la mythologie, l'histoire, les racines ancestrales qui ont permis la survie depuis des milliers d'annees d'une culture et ses peuples uniques connus dans le monde pour sa resistance, sa determination, sa force intellectuelle et sociale - artistique de ses talents dans le monde de la musique, du theatre, de la poesie, des romans, de la conscience sociale. La Revolution Industrielle d'environ 1760, et initiee aux Iles Britanniques, etait le debut de la defaite graduelle, avec sa repandue en Europe et les Etats Unis vers 1840, des communautes agraires pour des communautes industrielles, et une intensification de l'aggression coloniale de la part des empires de l'Occident. Les effets nefastes, predits par les savants dans la domaine de l'economie, de l'ecologie, de la sociologie, de l'anthropologie, deja il y a plus de 200 ans, se manifestent maintenant avec une vitesse alarmante: les riches deviennent scandaleusement riches, et les pauvres se voient chaque fois plus sous la menace de l'annihilation systematique, ensemble avec l'horreur de guerres d'agression et leurs genocides de la part des pays puissants qui veulent controler tous les peuples et leurs ressources, sans aucun respect pour leur survie, leur dignite, leur identite. La presence d'adultes qui comprennent l'importance de transmettre la connaissance de l'histoire de leur peuple de la part des jeunes, et d'encourager savoir donner un contexte a cette histoire, et son empreinte dans le tissu culturel - intellectuel de la communaute, est une source de grande energie positive, que le portrait "Slimane" du photographe kabyle Nacer Amari rend evident avec beaucoup d'elan artistique. Son portrait en noir et blanc "Slimane" et son sourire ouvert, savant de son protagoniste, fait penser au courage, si emblematique de l'esprit Berbere, et l'etymologie du mot: courage vient du mot ancien francais "corage", qui vient du mot latin vulgus "caraticum", qui vient du latin "cor", qui veut dire "coeur". Donc, quelqu'un qui a du courage, est quelqu'un qui a beaucoup de coeur, et avec ce coeur courageux vient la vigueur de mettre en pratique l'effort pour realiser et rendre visible ce courage. C'est cette vigueur du courage, sa force positive, charitable, ample, que le protagoniste du portrait "Slimane" rayonne si completement. Cette vigueur du coeur qui se traduit dans une vision intellectuelle pro - active, factuelle, de vouloir guider, inspirer, encourager la jeunesse d'Aokas. Le monde a tellement besoin de ce courage concret, direct, alerte, conscient. Longue vie a ce courage et ses adherents, et qu'ils se repandent partout ou les communautes et ses jeunes cherchent la lumiere, l'espoir, la charite et sa sagesse urgentes, sa dignite transformative profonde.

Trudi Ralston 


La recherche sur la presence de l'impressionnisme et son influence durante, et l'information sur le peintre portraitiste James Tissot et son style unique, ainsi que le contexte historique de la Revolution Industrielle, et son influence sur le modernisme, et ses mouvements artistiques comme l'impressionnisme, courtoisie de Wikipedia. 

Wednesday, February 5, 2025

Coup de Tonnerre: Mettre au Point - dans la serie "Le Hurlement des Loups du Midi" dediee a Nacer Amari

             Finir et publier le livre "Les Blessures de Chiron: Codex Memoratus - Le Code Mnemonique dans la Vision Artistique de Nacer Amari" le 4 fevrier 2025, me permet de voir clair dans son odysee litteraire - artistique, et un sens de clarte m'a envahi comme un coup de tonnerre: ce livre celebre une philosophie de resistance, car sans elle, les arts ne survivent pas, ne reussissent pas a briser les convenances, les limites, les influences paralysantes que le va et vient de la societe humaine sait imposer, sur lesquelles elle s'acharne avec souvent une obsession destructive. Voir la publication du livre "Les Blessures de Chiron" me trouve reconnaissante, envers la Kabylie, ma muse, et envers l'art de mon collegue kabyle, le photographe Nacer Amari, qui me donne la voix a mes mots grace aux images et leurs intuitions visionnaires de sa photographie. Ce travail et ses explorations de ce livre, m'ont permis de revisiter un texte du poete autrichien Rainer - Maria Rilke, auquel j'ai ete introduit comme adolescente de 16 ans, par mon oncle peintre en Flandes, Frans De Cauter (1920 - 1981), la meme ete ou il m'a introduit aux techniques de la peinture et du dessin. La philosophie existentielle - esthetique du poete autrichien, est apres restee dormant dans mon coeur et esprit pour toutes les longues annees de solitude et isolation cuturelle - intellectuelle aux Etats Unis, jusqu'au moment de l'introduction a la Kabylie, grace a ma copine francaise - kabyle, Catherine Bouchacourt, avec qui j'ai etudiee au Texas pour nos etudes de maitrise. Depuis 2019, le travail cooperatif entre mes livres de prose et poemes et l'art photographique de l'artiste visuel kabyle d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, ce courant tangible de l'influence des sensibilites poetiques de Rainer - Maria Rilke, se sculpte comme matiere discrete qui unit les visions de mes mots, de mes idees et perceptions litteraires, aux visions et sagesse ancestrale de la Kabylie, telle qu'elle s'exprime de facon audible, confiante dans l'art de Nacer Amari, insiste de laisser ses traces sur le sentier incontestable que suit la melodie et ses experiences du lien Berbero - flamand qui est cette rencontre unique artistique - litteraire entre deux mondes, entre Flandes et mon enfance et adolescence en Europe, entre mon exile aux Etats Unis, et la perte de ma famille natale, et l'Afrique du Nord, et sa culture Amazighe riche et ancienne. C'est une histoire qui me permet retracer mes racines, que j'ai pensee effacees, perdues pour toujours, et de me voir recevoir le regal d'une seconde chance sublime de m'exprimer la voix de poete, d'ecrivaine, dans les memoires eternelles de la Kabylie, son esprit resistant, fier, accueillant, charitable, de son coeur ancestral, immense. Le texte de Rainer - Maria Rilke, que je traduis ici d'un texte anglais, est de la collection publiee apres sa mort, "Lettres a un Jeune Poete" (1929). Je le cite ici, parceque cet extrait est une celebration pour moi, une affirmation de tous les efforts ces dernieres annees de me trouver un sentier et son dessein, sur les rives de la Kabylie, pour mes poemes, mes articles, et les livres qui y ont suivi, et continuent de se presenter, avec une urgence qui est irrepressible, qui insiste, autant de la part de mon ame  creative, que de la part des esprits anciens qui habitent les voix eternelles et leurs memoires des montagnes du Djurdjura. 

             Le texte est ainsi une affirmation, une fierte de comprendre que c'est l'esprit indomitable kabyle qui me permet entendre toutes les melodies centrales, importantes, marquantes, que la Kabylie m'inspire, que son fils d'Aokas, le photographe Nacer Amari, met au point, en sait affiner les notes, les rythmes, les tonalites. La Kabylie et mon collegue me permettent me liberer l'esprit, la muse, de me voir definie, moi - meme, apres une vie entiere d'invisibilite, et me permet comprendre l'importance de l'identite, comme personne, comme temoin aussi d'un moment dans l'histoire du XXIieme siecle de grandes questions, d'incertitudes, de chaos, et y comprendre ma place, mon itineraire. La Kabylie continue d'etre ma mere spirituelle, ma famille de coeur, qui guerit les blessures de la perte de ma famille flamande, les blessures et les insultes a mon courage, ma volonte, mon desir fervent de voir mon esprit, mon ame, mon coeur survivre le desespoir, et sa solitude que je craigneais interminable: 

Le texte est de 1904:

"Mais la peur de l'inexplicable n'a pas seulement apauvrie la realite de l'individu; cette peur a aussi retrecie le lien entre un etre humain et un autre, qu'elle souleve comme du lit de riviere de possibilites infinies et posee dans un endroit en friche sur la berge ou rien ne se passe. Car ce n'est pas seulement l'indolence qui cause les liens de se repeter de cas en cas avec telle indicible monotonie et ennui, c'est la timidite face a toute nouvelle, inconcevable experience, qu'on pense ne pas etre capable de tolerer. Mais seulement quelqu'un qui n'exclut pas meme le plus incomprehensible, saura vivre a cote d'une autre personne le lien comme une chose vivante, et saura lui - meme sonder les profondeurs de son propre etre." Rainer - Maria Rilke

             En conclusion, les apercus, les perceptions, me revelee a mon ame de poete, dans mes articles, mes livres, mon art, ne seraient pas possibles, n'auraient pas su resusciter leurs racines, n'auraient pas recues leur chance de vie, de voix, de clarte intellectuelle - culturelle, aussi affective, sans la Kabylie, et sans les sensibilites et sans l'intelligence artistique, sans son humanite profonde de mon collegue kabyle, Nacer Amari. Le livre que je viens de publier, rend cette realisation plus claire que jamais avant: elle m'a frapee comme un coup de tonnerre, qui me laisse jubilante, fiere, et si heureuse de pouvoir dire, avec une conviction inebranlable: si je suis libre, finalement, comme etre humain, comme poete, comme ecrivaine, comme personne aux cicatrices a l'ame et l'esprit, au coeur, si je suis libre, avec aux poumons l'air frais, enivrant de l'espoir et toutes ses energies, ses promesses, son courage, je le connais, je le vis, j'en l'apprends sa grace, sa joie, sa dignite, grace a la Kabylie. 


Trudi Ralston


Monday, January 27, 2025

L'Appel dans la Brume: dans la serie "Le Hurlement des Loups du Midi" dediee a Nacer Amari

             Apres des semaines de pluie le mois de decembre 2024, janvier ici a pris une soudaine direction vers des temperatures tres froides, de -7 Celsius la nuit, et des temperatures surprenantes raisonables pendant le jour, entre 7 et 10 degres Celsius, avec meme le soleil qui essaie d'apporter un peu de lumiere et chaleur ces jours sombres depuis les elections recentes dans le pays. Certains jours, les matins revelent un monde de brume, de brouillard dense rendu presque feerique, a cause du froid, qui laisse une couche de gel crepitant sur les toits, sur les arbres, sur les chemins. Cela donne l'impression visuelle d'un monde en arret, ou le temps s'est endormi, ou rien n'ose ou ne sait bouger, une sensation augmentee par le manque de visibilite, qui ajoute en plus un frisson de se sentir perdu, avalee, invisible, comme le brouillard meme. Cette sensation peut etre un peu inquietante, mais m'a su provoquer une idee puissante: l'importance de la Kabylie, son esprit, son coeur resistant et acueillant, quant a l'histoire de ma vie st sa lutte pour la survie de mes energies et leurs visions creatives comme poete, comme artiste et ecrivaine. La brume de ma vie, causee par une vie entiere d'exile culturelle et sociale - intellectuelle, se leve chaque fois plus, et permet que deviennent claires les lignes qui m'ont definie le parcours exigeant de ma vie, du fait que pour si longtemps, j'ai du tolerer les demandes continues de ne pas abandonner le courage, soutenir l'energie necessaire de garder l'espoir, de garder la confiance que j'avais une voix, quoique muette, et qu'un jour, elle trouverait la flute qui lui permettrait partager, entendre, ses melodies et leurs notes, leurs mots, si longuement supprimees, niees. Voir la brume froide des matins d'hiver ici s'evaporer dans la lumiere silente du soleil quand il sort, me cause des fortes emotions, de reconnaissance, d'espoir, de joie, de savoir que sur les rives de la Kabylie, en Afrique du Nord, il y a ma famille de coeur, il y a mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie qui a un impact profond et unique sur le reveil de mes energies creatives, ses expressions, ses revelations, sur les blessures psychiques aussi que tants d'annees de silence et invisibilite ont laissees, et que la qualite artistique narrative et inclusive de son art, surtout de ses portraits, sait guerir, sait fermer, et en traduire les cicatrices dans une interpretation digne, transformative, qui me donne un sens d'affirmation, de liberation de pouvoir donner une image claire, unie, pour ma personne qui a toujours sentie que les arts litteraires et visuelles etaient le sentier de mon destin, mon but, ma destination. Que ce destin se m'explique ne plus juste dans mon enfance et adolescence en Flandes, ne pas aux Etats Unis - apres y avoir vecue presque 50 ans - mais se dessine, est audible, visible dans les chants, les montagnes, les villages, le sourire et le regard et son histoire ancienne de la Kabylie, vaut raconter, partager, celebrer avec toute la force vitale que je possede. La Kabylie, elle est l'appel dans la brume, elle est la sagesse, la charite dans l'invisibilite suffoquante, dans le silence meurtrier qu'a ete si longuement ma vie creative. C'est elle qui m'inspire mes poemes, mes articles, mes livres, mes joies creatives pour mes broderies, mes dessins, mes portraits en encre, en crayon. Dans l'accueil de son souffle, je renais encore, en encore, tel le phenix de ses cendres. Cette transformation qui se deroule, comme les petales depliantes d'une fleur de lotus, n'est pas evidente, vue la distance geographique qui me separe de l'Afrique du Nord, vue aussi les demandes de la vie quotidienne autant pour ma famille de coeur en Algerie, que pour moi ici. C'est dans un sens aussi un combat, une lutte tenace de ne pas permettre les vagues de contradictions, de defis, d'obstacles, laisser, mettre leur prise paralysante sur mon coeur, sur mon esprit. Le monde devient chaque fois plus complexe, chaotique, et le mal, qui est un metamorphe sinistre et bien habile, a ses facons de nous epuiser la resistance, la determination. Mais, n'importe tout ca, la brume dans ma vie recule, visiblement, un jour, un effort, un poeme, un article, un autre livre suivant, a la fois. Merci, ma Kabylie, merci, ma famille de coeur qui me manque tellement, merci, mon collegue et ami, camarade - artiste Nacer Amari, pour garder le courage avec moi, pour continuer de me montrer le chemin vers ce pont d'ou est visible toute la beaute immense, eternelle, fiere, libre du coeur et esprit Berbere de ton pays, l'Algerie, ce qui me fait visiter encore ce poeme du visionnaire autrichien, le poete Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), qui me mene si souvent avec ses pensees astucieuses, vers les rives de la Kabylie: 


"Enleve - moi la lumiere de mes yeux, je te verrai encore. Rends - moi sourd, j'entendrai encore ta voix. Et sans pieds, je marcherai encore vers toi, sans bouche, je dirai encore ton nom.

***       ***    

Rompe- moi les bras, je t'embrasserai quand - meme, avec mon coeur, comme si c'etaient mes mains. Arrete le battement de mon coeur, et mon esprit commencera a battre. 

***        ***

Et si tu me brules le cerveau avec des flammes, je te sentirai le feu dans chaque goutte de mon sang." 


Trudi Ralston


La traduction du poeme de Rainer - Maria Rilke, du texte ecrit en allemand originalement, et apres traduit en anglais, j'ai traduit moi - meme en francais pour le but de cet article.  

Monday, January 20, 2025

Entre Herida y Salvacion: Canto Libre del Alma Salvada - dans la serie "Au - Dela des Ombres de Demain"

          Dans la vie humaine, c'est une contradiction qui continue de fasciner, d'hypnotiser pour son mystere: les personnes qui nous acceptent les blessures au coeur, a l'esprit, a l'ame, et de qui on accepte avec egale humilite et charite leurs traumes, sont les personnes qui restent ancrees dans la profondeur de notre etre, qui nous nourrissent les racines, les renforcent, les protegent, nous rendent clair le sentier de notre vie, sur lequel on sent vivement leur presence, leur influence guerisante, la grace que donne leur amitie, leur respect, leur amour. Ce poeme, je l'ai ecrit en espagnol, pour souligner le sens intime de la reconnaissance, son emotion, de pouvoir vivre ce bonheur resistant et fragile, tout en un, de se savoir aimee en totalite, blessures et benedictions, confiance et timidite, talents et incertitudes, tristesses et triomphes. Ce poeme est pour ces rares personnes qui savent nous aimer, nous apprecier, encourager, meme dans les moments les plus genants, les plus penibles, parcequ'elles trouvent le courage de nous montrer leurs propres moments les plus vulnerables, avec la franchise, avec la sagesse qui sauve, qui transforme, qui nous unit a l'humanite d'un autre coeur, a son histoire, a ses pas, a ses traces:


Entre Herida y Salvacion 


Entre herida y salvacion, tu vives en mi corazon. Entre sonrisa y lagrima, tu me tocas el alma, le das su absolucion. 

***     *     ***

Entre llanto y canto, tu bailas conmigo el paso doble de mi espiritu en sus momentos de desesperacion. Entre beso y grito, tu me tocas los suenos, les das su direccion. Eres la luna, mi estrella cuando las noches son oscuras, tu les das la luz y el calor de tu tolerancia, de tu comprension. 

***     *     ***

Eres el canto libre del alma salvada, que viaja en el camino difficil de la vida, traversa valles y montes, supera tormentas, dudas, el corazon y espritu valientes, no mas prisionero del miedo, de las illusiones del tabu.   

***     *     ***

Entre herida y salvacion, somos el misterio incarnado de la fuerza que cura, cuando la valentia le da la mano al amor, y sin orgullo, sin miedo sigue el verdadero destino humano, que es la libertad, cuando somos unidos en la melodia del canto libre de nuestras almas, salvadas con la audacia tenaz de las heridas sufridas. 


Trudi Ralston  


   


Sunday, January 19, 2025

Le Village au Centre du Printemps: dans la serie "Le Hurlement des Loups du Midi" dediee a Nacer Amari

            Il y a des liens qui s'expliquent en mots difficilement, qui sont si profonds, si complexes, affectivement, intellectuellement, culturellement, spirituellement, qu'ils echappent une definition complete, pour le fait qu'ils changent tout le temps, comme une plante qui se transforme de graine dans une realite organique, avec des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs, des fruits, qui s'evolue avec les saisons et ses lois, ses mysteres. Pour moi, ce lien, comme poete, artiste, etre humain au coeur en exile, vit et reve sur les rives de l'Afrique du Nord, en Algerie, en Kabylie, a Bejaia, a Aokas. Ce lien s'exprime sa langue et ses melodies, ses visions dans le lien artistique - litteraire que me permet la photographie de l'artiste visuel d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie. Malgre la distance considerable, de 9000 km et deux oceans, le Pacifique et l'Atantique, et la mer Mediterranee, et deux continents, l'Amerique du Nord, et l'Europe, pour pouvoir arriver en Afrique du Nord, ce lien continue de generer des livres, en prose, en poemes, 6 livres en ce moment, et un 7ieme livre qui est pret pour publication ce printemps 2025. Les difficultes de travailler ensemble a cette distance paraissent etre sans importance, car l'inspiration et son energie creative est le guide sur les chemins de cette odyssee qui explore l'esprit resistant et ses sagesses, son courage, de la Kabylie et son histoire qui remonte des milliers d'annees, qui a su survivre les defis et souffrances d'invasions qui remontent a l'Antiquite des pheniciens, des romains. Il y a quelque chose unique dans le coeur kabyle, qui possede le don de guerir les blessures a l'ame, pour connaittre a fond la sagesse de la terre, lui entend et connait sa voix, ses visions. Cette reflection fut activee par le desir de voir l'arrivee du printemps, de pouvoir dire adieu au froid, au noir, et de dire bienvenu au soleil, sa lumiere, son espoir, au reveil de son hibernation de la terre, et de voir se regenerer  les fleurs, les plantes, les feuilles des arbres endormis, de sentir la chaleur dans le ciel bleu, dans son toucher de la terre, prete a donner ses fleurs, pour les papillons, les abeilles, pour l'etre humain qui en creve ses senteurs, ses couleurs, de cette terre et la nourriture de ses recoltes, leurs promesses d'abondance, d'appartenance, de paix, de bonheur.  Par hazard, j'ai trouvee l'image d'une peinture d'un village, qui se parait tres proche en ambiance nostalgique au village ouest- flamand, Beveren, ou je suis nee et ou j'ai grandie, avant de venir aux Etats Unis, au Texas, ou j'ai fait mes etudes universitaires. Cette peinture montre un groupe de fermettes, de maisons au bord du village, et me rappelle des memoires precieuses de visites a la maison de ma nanou, et de mes copines en ecole primaire, son modeste edifice au centre du village. J'ai juste quelques memoires de la maison qu'avaient louee mes parents, la maison tout pres de la rue centrale du village, ou on a vecue avec mon frere et mes deux petites soeurs, avant de demenager a la maison pres de la ville a cote, Roeselare, quand j'avais 5 ans. Un des souvenirs qui me reste vif, est de voir jouer au foot les 4 fils d'un des ouvriers de l'usine de bus de voyage ou mon pere travaillait comme jeune directeur, et plus tard, comme liaison aussi entre le proprietaire et les syndicats, qui eux lui avaient une sympathie profonde envers mon pere, qui insistait sur des conditions de travail dignes et sanitaires, surtout quant aux effets des produits chimiques dans l'application des peintures pour les bus, et d'assurer que les salaires des travailleurs montaient avec les frais de vie montants. Les jeunes joueurs de foot m'ont laissee un sens precoce du poids de la solitude, me demandant ou etaient mes amies, ma famille d'enfants avec qui jouer. Dans ces memoires lointaines, mais claires, il reste la sensation de l'absence, une absence brulante, de me demander deja a ce tres jeune age: "Mais ou est ma mere? Je la vois, mais elle ne me voit pas a moi." Cette impression me resterait pendant toute mon enfance, mon adolescence, et mes annees d'etudes au Texas, ou ma mere compensait son absence affective avec des lettres qui parlaient de tout, sauf de son desir de savoir si j'etais bien, si mes etudes avancaient bien, si j'etais heureuse. Elle ne ferait jamais aucun effort de me connaitre, de montrer un interet dans mes talents, de les encourager, apprecier. Elle voulait surtout que je me marie, s'irritait que j'y prenait mon temps. Et une fois qu'elle se rendait compte, quand j'avais 27 ans, que j'etais heureuse, avait mes amis et amies, que j'aimais voyager, enseigner, avoir mon independance economique, sociale, l'idee d'insister qu'il etait temps de me marier devint une obsession avec ma mere. Et en fait, a l'age de 29 ans, je me suis mariee avec un psychologue gentil, de la Californie, et on a un fils, qui a 32 ans. L'exile cree une absence permanente des origines de l'identite, que donne la terre natale, et cela reste un beau mystere, que c'est la Kabylie qui m'a redonnee ce sens de l'appartenance culturelle, qui me permet de reanimer les racines negligees, niees de mes origines flamandes, c'est le coeur kabyle qui m'a reveillee la force, l'inititative de chercher les outils pour donner une expression a mes visions litteraires - poetiques et artistiques. La Kabylie devint le village au centre du printemps de mon ame reclamee, la geurison de ses blessures, de ses solitudes, devint la mere au coeur genereux, sincer, un sentiment que j'ai pu connaitre dans l'amitie si joyeuse vecue a la maison de mon amie Malika, a Bejaia, pendant le sejour de mon mari Michael et moi en Kabylie en 2019. Sa maison etait une oasis de paix, de douceur, d'hospitalite chaleureuse, genereuse. Apres la fin du sejour, une fois de retour a Washinton State, a Olympia, on parlait regulierement au telephone, on rigolait, on pleurait ensemble, elle etait l'accueil feminin de mon ame epuisee de toute une vie d'exile. Le lien intellectuel - affectif - creatif et spirituel avec mon collegue kabyle Nacer Amari, me rappelle, un dicton amerindien qui repond a la question si la charite en amour a une definition, et que c'est, en fait, pourquoi que c'est evasif, difficil? Un vieux shaman pense pour un moment et repond, avec une tranquille certitude: "La charite en amour n'a pas besoin de se definir, de s'approprier, elle est sa propre raison d'etre, elle est, comme le sont la lune et les etoiles." C'est cette philosophie que je sens est l'essence du coeur et esprit kabyle, qui coulent libre, comme l'eau de ses rivieres, de ses cascades, des vagues de la mer Mediterranee qui embrasse ses rives. Ecrire pour la Kabylie, lui dedier mes poemes, rechercher les qualites artistiques - historiques des portraits du photographe Nacer Amari, et les rendre en articles, en livres, qui sont une double exploration artistique et personnelle, me donne entree a mon village natal, que j'ai quittee comme adolescente, me donne la chance de comprendre les memoires et souvenirs de mon enfance, des personnes qui m'ont aidee a forger ma resistance, mon courage, comme enfant, comme jeune femme apres aux Etats Unis, et sur le chemin long et solitaire, de reclamer ma voix, mon etre, mon humanite si longuement invisible, sans voix. La Kabylie et son coeur est pour moi la famille perdue, le village et sa communaute retrouvee, le village au centre de mon printemps, finalement vecu, connu, avec ses signes et symboles, ses experiences, ses indices resolus, ses experiences et divergences expliquees, compris: la Kabylie et l'art de mon collegue me permettent visiter toutes les personnes de mon enfance et adolescence en Flandes: mon pere, ma grandmere paternelle Celina, ma tante Lieve - qui est la petite soeur de mon pere - mon oncle Frans, mon oncle Emiel, qui etaient les deux grands freres de ma mere, et artistes peintres, ma Nanou Julienne, le jardinier Arthur Naert, qui dans les portraits artistiques du photographe d'Aoskas, me transportent vers les moments et influences les plus beaux et importants de ma vie comme enfant et adolescente flamande. Dans l'acceuil transformatif du coeur berbere, les annees de solitude et isolation, loin de ma region et pays d'origine s'evaporent, et la confiance et la paix, la joie et sa certitude, me permettent vivre dans un eternel present ou domine la vitalite creative, la dignite et l'espoir, loin des fantomes du passe, loin de l'angoisse paralysante du futur incertain qu'affronte l'humanite du XXIieme siecle.   

Trudi Ralston 

" Laisse tout t'arriver: beaute et terreur. Continue. Aucun sentiment est final. Prends soin de ne pas me perdre. Proche est le pais de qui son nom egale la vie. Tu le reconnaitras par sa sincerite." 

Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926) de son livre de poemes "Le Livre des Heures", le poeme "Marche vers les limites de ton envie." Le verset du poeme, ecrit originalement en allemand, j'ai trouvee en anglais, et traduit pour cet article en francais. 

Saturday, January 18, 2025

Les Saisons du Coeur: dans la serie "Au - Dela des Ombres de Demain"

         C'est beau, comme les inspirations poetiques nous visitent le coeur, dans ces moments de transitions reflexives. Le coeur a sa propre sagesse, sa propre vision, qu'il habille dans la discretion qu'est le silence et sa patience. Ce poeme exprime un de ces moments, de pensees qui essaient d'unir les pieces du puzzle qu'est la vie humaine:


Les Saisons du Coeur 


La porte du silence a des espaces grandes, certaines sont accueillantes, s'illuminent avec le soleil et sa lumiere, d'autres sont etroites, sombres, froides, ou se confine la solitude et ses desseins durs, exigeants. 

Dans ces espaces, il y a un couloir qui mene au coeur et ses espoirs, ce champ riche en recoltes, de qui leurs racines touchent les profondeurs ou reve le temps qui est le guide de nos souhaits, de leurs exploits.

Ce champ qu'est notre vie et ses saisons que recoit le coeur selon la force que sait generer l'esprit sur ses voyages, en printemps, ete, automne, hiver, ce cercle des pas de deux de nos amours, ses joies, ses larmes. 

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Le coeur, c'est clair apres tout ce temps, il aime ce qui lui apporte ce champ riche que donne le temps et ses saisons, car si dans ses annees de printemps, le coeur jouit de la fraicheur de ses fleurs et leur parfum, le delire de la tendresse et ses bonheurs, il aime autant la chaleur, son abondance, le delire de ses passions.

En automne de la vie, le coeur comprend que ses larmes de chagrin, de manque, sont la pluie qui est benifique pour ses blessures, car les larmes sont ainsi, ils nourrissent les racines, qui avec seulement la chaleur et ses caprices, se rendraient poussiere, sans l'eau salee des peines et ses triomphes, que permet la charite des bras qui nous aiment les jours et nuits noirs, tristes de nos histoires et ses saisons.

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L'hiver, est la saison de mystere ou le coeur doit accepter que rien ne dure sur cette terre, doit digerer le destin et ses demandes, ou l'ombre de la mort s'annonce. Le coeur, qui sait que n'importe la cruaute insoluble de la vie humaine, peut surmonter tout et garder sa dignite ultime, grace a l'etreinte charitable de l'amour qui nous accompagne sur notre sentier jusqu'a la porte de ce monde ou on doit entrer seul, mais sur et fier, fortifiee par la grace de ceux qui nous aiment, qui nous donnent le courage, le sourire, nous rassurent qu'ils vont nous retrouver parmi les esprits, quand leur jour arrive de partir vers ce monde ou pour le moment ils ne pourront pas nous suivre, et ou on les esperera, on les attendra avec impatience. 

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Trudi Ralston 


"Seulement l'amour et la mort changent toutes choses." - Kahlil Gibran (1883 - 1931), de son livre de maximes "Le Sable et l'Ecume" de 1926, qu'il a ecrit pour Mary Haskell (1873 - 1964).