Ayant publiee il y a juste quelques jours, le onzieme livre dans les series qui se dedient depuis 2020 a l'art de sa photographie et ses influences artistiques - litteraires sur le monde de mes poemes et mes explorations en prose de la part du photographe d'Aokas, Nacer Amari de Tassi Photographie, je trouve fascinant cette sensation qui m'a envahie d'une certaine mais decidemment presente vague, breve comme elle fut, de nostalgie, de melancholie. Ce dernier livre "Au Carrefour des Rencontres: La Mecanique Interne de l'Art de Nacer Amari" me rend tres fiere, comme synthese longuement travaillee et etudiee de l'impact multi - dimensionnel, complexe, riche, de l'echange artistique - litteraire entre son monde de la photographie, surtout ses portraits kabyles narratifs et inclusifs, et mon monde de poemes et prose qui m'accompagne la vie solitaire meditative ici a Olympia, a l'autre bout des rivages de la Kabylie ou reside mon collegue d'Aokas. Chaque livre est un peu un enfant symbolique, spirituel, qui on laisse derriere soi, dans un sens, pour lui permettre de trouver son chemin dans un monde souvent suspecte quant aux souhaits et intentions de l'artiste, de l'ecrivain, du poete. Dans un sens, chaque livre, chaque poeme, chaque portrait artistique, en photo, en peinture, chaque piece de theatre, de danse, chaque chanson, devient ainsi un peu un orphelin, une orpheline, mis avec une certaine hesitation, melangee avec joie, fierte, espoir, courage, dans les mains du monde. Cette idee et sa sensation emouvante, m'a inspiree ce poeme, ecrit sur la tres belle et emouvante melodie du troubadour - poete et musicien d'Olympia, Lord Chester Baldwin II, un voisin depuis plus de 30 ans, qui dedie ses annees de retraite a son art et aussi comme volontaire pour une des organisations en ville qui essaient d'ameliorer le sort penible de la population croissante des personnes sans abris dans notre communaute. La chanson s'appelle "Their Unknown", ce qui se traduit comme "L'inconnu", lui inspiree par une conversation avec un homme d'une 40 ans, qui vit dans la rue, et ses defis de vivre les humilations de n'avoir pas ou vivre depuis trop longtemps. C'est surtout la melodie aussi qui m'a touchee le coeur, et m'a aidee a comprendre les emotions complexes, contradictoires que peut etre le destin de l'artiste, du poete, de l'ecrivain qui doit encaisser ce melange d'appreciation, de mepris, d'indifference, d'insinuations cruelles, de la part de la societe, et ses rigides dogmes et interminables manipulations et hypocrisies. En reconnaissance du courage et amitie et respect me donnee par ma famille de coeur en Kabylie, et par mon collegue photographe a Aokas, voila mon poeme, "Derriere le Sourire":
Derriere le Sourire
Le soleil m'a pris dans ses bras ce matin, m'a couvert de son manteau chaud de lumiere doree, comme si l'astre solaire a senti l'effort de mon sourire, l'eau claire d'une larme supprimee qu'il m'a essuyee.
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Qu'est - ce qui t'arrive, enfant de la terre, poete en exile, ce jour de ciel bleu, de chants d'oiseaux heureux de recevoir encore une sensation de joie inattendue d'une visite d'energie estivale en pleine saison automnale?
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C'est dur, O esprit du soleil, cette solitude au jardin ce matin paisible, mais j'ai pu parler aux cerfs et ecureuils et geais, et colombes de la naissance d'un suivant livre, de prose, et poemes, me guidee et inspiree par le coeur eternel et sincer de mon collegue en Afrique du Nord, en Algerie, terre des kabyles, heritiers fiers de leur histoire et courage des Imazighen.
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Et voila, mon enfant terrestre, tout ce que tu en a besoin, tu recois de ces rivages, qui t'accompagnent les jours de fete, les jours de rage. Ne t'enfais pas, je vois que derriere le sourire de courage que tu partages avec le monde, il y a le chagrin indisible, de vivre loin de ta famille kabyle, d'affronter ton destin difficil qu'est l'exile.
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Mais ainsi est le mystere, le sentier sur lequel se trouvent les troubadours, les poetes, de devoir negocier, avec patience, avec tolerance, les masquerades decevantes, d'un monde qui decide qui sont les marionnettes et qui ceux qui en manipulent les fils.
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Rassure - toi, qu'il y a aussi un autre monde, celui que tu me visites, ou les sourires et les larmes sont visibles aux esprits, aux etoiles, a la lune, a moi et le ciel qui en ce moment te bercent, te felicitent. Sache que le coeur et l'esprit de ta famille kabyle, si loin, si proche, te voit, te comprend.
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Et depuis ce moment, derriere mon sourire, je sens une fierte, une energie qui m'encourage, qui m'embrasse de loin, qui me parle, m'ecoute, et me dit que le temps et l'espace sait unir ceux qui partagent la meme ame. Merci, mon coeur kabyle: la joie et paix de ta presence, me permet respirer avec aisance, avec confiance.
Trudi Ralston