Friday, February 27, 2026

L'Indice Improbable: Le Revers de la Medaille - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Recemment, un ami kabyle m'a fait apprecier la valeur d'ecouter les silences qui occupent notre monde interieur, son coeur, son esprit, dans tout calme, sans les definir trop, sans ni les fuire, ni les amplifier leur sensations, leur physicalite inevitable, qui vacilera entre la joie et son contraire. Ses mots soigneusement choisis, avaient dans leur rythme staccato rassurant, l'echo du grand Sud algerien. Des semaines apres, je me rappelle cette echange, suite d'entendre une breve conversation entre une jeune actrice americaine, Kaley Cuoco (1985), dans son role de Cassie, qui travaille comme hotesse de l'air et la mere d'un ami qui lui voit sous stress a cause de complications dans sa vie professionnelle. La dame lui dit : "Qui en fait, a l'espace pour supporter le poids des decisions que font les autres?" dans la serie pour la television (2020 - 2022) "The Flight Attendant" (L'Hotesse de l'Air") de Steve Yockey a base d'un des 25 romans de l'auteur armenien - suedois, Chris Bohjalian (1962) qui vit et travaille a New York. C'est une idee intrigante, le fait que les choix que font les personnes qui nous entourent, donc, famille, amis, voisins, etrangers, collegues, proches et distants, laissent des traces sur notre vie, pour le bien et pour le mal, ce qui depend grandement des circonstances, et des temperaments qui influencent le sentier qu'on traverse sur le temps nous donnee sur cette terre. Les choix de parents, enfants, freres, soeurs, grandparents, paramours, qui ou nous rendent la vie plus agreable, ou plus difficile, et l'equilibre qu'on essaie de trouver dans ce va et vient souvent capricieux. L'effort qu'exige la volonte de surmonter les defis suite de traumes affectifs ou physiques, causee par l'indifference, la solitude, le mepris, l'invisibilite, le prejugement, la violence, la cruaute, la privation, est deja considerable. L'idee de devoir aussi porter le poids du fardeau autrui, invite la question de comment se liberer de cette situation, quand la personne ou les personnes en question, nous voient comme un moyen de se justifier le comportement, de nous voler la chance de suivre notre propre chemin, parceque c'est plus facile de nous y trainer, de nous absorber dans leur besoin de controler notre vie dans le contexte de la leur. Oui, cela parait innocent, quand en fait, tants de personnes, y compris moi, ne se rendent pas compte de cette realite trop commune, jusqu'a on observe, on note, de vivre ne pas la vie selon notre capacite uniquement individuelle, son energie, sa vision, son desir de s'exprimer, mais selon des modeles et ses experiences nous imprimees sur le coeur et l'esprit, parfois des un tres jeune age, qui nous limite la force, la liberte de notre personne. Il y a une sculpture imposante en bronze, geante en taille, de l'artiste americain et aussi musicien a un temps, "Phoenix Rising", qui veut dire "Le Phenix Renaissant" de John Hair, mondialement connu depuis 1998 pour ses impressionnantes sculptures qui celebrent l'energie et la volonte creative et spirituelle humaine des differentes cultures et leurs expressions. La force de cette sculpture du phenix imposant, m'a fait penser au poids que laisse derriere soi cet oiseau de fable. Le poids qu'il sait lacher, abandonner, dans la douleur que lui exige le feu, les flammes, et que ce defi de surmonter les problemes, les traumes de notre vie, cette tourmente inevitable quand on trouve le courage de faire face a nos limites, a nos souffrances et leurs origines, leur racines, qui permet qu'ils se voient finalement reduites a des cendres, perdent leur puissance, le poids de leur sortilege. Reduit a des cendres, libre des illusions, des obsessions, l'esprit peut se reconstruire, le coeur peut renaitre. Et noter, que dans les cendres, il y a les traces aussi des impositions y mis par toute une parade de personnes qui en mesures de degres differents, nous avaient limitee, changee, enlevee, les elements de notre energie vitale. Savoir la recuperer, reparer, sans rancune, sans regret, et avec interet envers le processus que ce courage demande, m'a pris toute une vie, de recevoir la chance d'en comprendre son importance, sa grace. L'ami en Kabylie me l'a fait comprendre dans le contexte de la patience, de la confiance. La mesure de cet effort comme celui d'un indice improbable, qui accepte le cote avers et le cote revers de la medaille qui raconte l'histoire de notre vie, qui en accepte le fait que ne pas tout sera compris, rendu evident, resolu, et que ce qu'on sent, quant a emotions intimement les notres, n'ont pas necessairement besoin de se manifester en dehors des confins silents du coeur, qui a sa propre facon d'integrer son histoire, confiee aux esprits, loin du bruit du monde. C'est une belle philosophie, que m'a partagee mon ami kabyle: savoir apprecier le vecu, en silence, en humilde reconnaissance. Qui, alors, peut se permettre, l'espace pour le poids des choix que les autres personnes sur notre route nous avaient fait supporter, une fois qu'on comprend toute la joie profonde, silente qui peut y prendre sa place, dans l'espace liberee, reveillee, de notre coeur, de son souffle, de sa dignite? Cette lecon kabyle, me rappelle les mots du poete moderniste autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926): "Les moments quand quelque chose de nouveau nous a touchee, quelque chose avant ne pas connue; nos sentiments se rendent muets en timide gene, tout en nous recule, un silence se presente, et la nouvelle experience, que personne ne connait, se trouve au milieu de tout ca, et ne dit rien." 

Trudi Ralston   


    

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