Saturday, March 7, 2026

La Doublure Interieure: L'Heliographie de l'Ame - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres "

            Le monde interieur de nos pensees, de nos sentiments, de nos memoires et ses recours, ses sensibilites, trouve parfois des facons ingenieuses pour se lier au monde exterieur. Dans ce sens, les arts facilitent avec elan et audace, ces deux mondes a premiere vue incompatibles, pour etre, l'un invisible, et l'autre, visible avec l'oeil humain physique. Quant a moi, ces deux mondes se rencontrent avec une regularite bienvenue, dans le lien que je sens avec le coeur et l'esprit kabyle, qui les accompagne fidelement, comme la flute les notes que touchent les doigts du musicien. Pour beaucoup, beaucoup d'annees, l'isolation de ma vie, m'avait fait sentir que j'etais ni liee au monde exterieur concret, ni admis au monde interieur ou etaient enfermees mes pensees, mes memoires, mes energies creatives. C'etait comme vivre dans un diapositif qui n'avanceait jamais a l'image suivante. Comme la photographie fut le premier art visuel auquel mon pere m'avait introduit, la collaboration avec mon collegue kabyle d'Aokas, le photographe Nacer Amari, fut des le debut de ce lien creatif exploratif, le declenchement heureux qui me permettait de comprendre le lien et son importance dans le monde des arts, entre leur monde visuel, exterieur, et le monde spirituel, interieur que la photographie sait reveler avec precision autant technique, qu'affective: un portrait bien fait nous donne entree non seulement au monde exterieur et ses circonstances de la personne ou personnes, mais nous permet aussi entree au monde invisible, qui vit dans le regard, la tension dans la posture, les ombres et lumieres autour de la bouche, qui comme un code Morse, le photographe astucieux nous sait traduire. Le monde des portraits kabyles de Nacer Amari celebrent et illustrent ce rythme unifiant entre le visible et l'invisible rendu accessible dans l'art de la photographie. Ce mecanisme elusif, qui sait unir la force des deux mondes qui se croisent, se trouve aussi dans le monde de la sculpture, du theatre, de la danse, de la musique, et aussi dans les arts ou l'image n'est pas necessarement figuratif, mais aussi abstrait ou functionnel, comme dans l'art de la verrerie, par exemple. Il y a un artiste des Pays - Bas, qui travaille dans la ville d'Amsterdam, Maarten Vrolijk (1966) - de qui son nom de famille Vrolijk, se traduit en "Joyeux" - qui sait communiquer ces deux mondes dans ses vaisseaux en verre qui attirent une attention mondiale. Son art "cherche d'effectuer une epaiseur exceptionnelle dans le vaisseau de verre, de ses vases, en creant un equilibre aventureux entre force et fragilite. La tension thermique accomplie dans l'effort d'egaliser la temperature interieure et exterieure une fois que le vaisseau atteint le refroidissement est perileux, pour le risque de se casser." Une belle synthese d'un article qui explique le processus de la vision artistique de Maarten Vrolijk. Ses vases ont une partie interieure, epaisse, sur laquelle il fusionne des morceaux de verre brises de toutes les couleurs, qui sont chauffees a une temperature exacte, qui s'unissent avec la forme naiscente du vaisseau. L'article conclut avec ces mots de prudence et elegance: "C'est un processus a enjeux enleves qui aboutit a une sorte de chaos arretee." L'effet des vases en verre de Maarten Vrolijk m'a fait penser pour leur beaute un peu iconoclaste, audace, a ce lien entre monde exterieur et monde interieur, et la place unique et centrale qu'occupe la Kabylie comme traversee qui m'unit ces deux mondes, et qui me sait heberger et inspirer les visions de mes poemes, de mes livres ou s'unit le monde du coeur et esprit kabyle au monde de mes memoires flamandes et mon exile culturel - social ici aux Etats Unis. La Kabylie m'ouvre tout un monde spirituel  aussi, qui m'unit a la memoire de la beaute de sa nature, et qui m'unit au monde naturel ici, ou je vis, a Olympia, ou la faune et la flore du jardin et de la foret en bas du jardin, me laisse les echos de la Kabylie, quand le soleil apparait, et me rappelle: cette chaleur du soleil que je sens maintenant, est le meme soleil qui a laissee sa chaleur il y a juste quelques heures sur les visages de ma famille de coeur en Afrique du Nord, en Kabylie. Cette sensation de joyeuse rencontre, spirituelle - affective, silente, que sent le coeur et qui rappelle le toucher de doigts lis, gentils sur un tissu satin etendu. La sensation que ce toucher doux coule, avec une lenteur precise, exquise, pour s'installer, grand, somptueux, qui donne au coeur sa chance de se reposer, de se soigner les injures de toute une vie, de se savoir admis, inclus, compris. C'est cette sensation de la proximite affective, d'echanges entre esprits d'equilibrees sensibilites, qui donnent vie aux experiences creatives transformatives, et ceci avec un rythme naturel, qui invite le courage, et sait faire face a des defis considerables. Il y a un systeme de telegraphie solaire, qui fait des signaux en code Morse de 1840, qui utilise les eclats de la lumiere du soleil refletees par un miroir, pour envoyer des messages a grandes distances: l'heliographie. L'heliographie est aussi une forme de la photographie qui date de 1822, de Joseph Nicephore Niepce (1765 - 1833), un pionnier de la photographie, qui a defini l'heliographie comme "ecrire avec le soleil": il a couvert une gravure en cuivre avec une plaque de fer blanc, saturee de l'huile de lavande et un vernis de bitumen, laissee au soleil pour plusieurs heures, ce qui a produit une image, et en 1827, il reussit de faire la premiere photo d'une vue de son studio apres l'avoir exposee a la lumiere de cette facon pour plusieurs jours. En 1829, Niepce decrit ce processus dans sa treatise "Notice sur l'heliographie". C'est le processus de l'heliographie de telecommunication qui me rappelle specifiquement a ce lien affectif - litteraire - artistique que represente pour moi l'esprit et coeur tolerant et inclusif kabyle. L'heliographie est une forme de communication instantanee a grandes distances jusqu'a 160 km, utilisee pendant la fin du XIXeme et le debut du XXeme siecles, dans les domaines de la protection des forets, des exploits militaires, et de la topographie. L'heliographie utilise les eclats de la lumiere du soleil en utilisant les angles d'un miroir qu'on couvre et expose avec l'aide d'un obturateur pour envoyer des messages en code Morse. Quand le soleil apparait ici au jardin, dans notre region qui recoit beaucoup de pluie surtout en automne et en hiver, la sensation de recevoir un heliographe quand les nuages s'ouvrent pour reveler le soleil, m'est tres reelle, quand cela se passe au meme moment que je pense a la Kabylie, est tres fort, emouvant. C'est une sensation qui parait etre une affirmation de cette doublure interieure, de me savoir hebergee, inclus, dans l'espace accueillante de la Kabylie, qui m'unit le coeur et l'esprit de mon monde poetique - artistique, qui de facon symbolique me laisse savoir qu'elle m'entend, m'aime, avec cette heliographie de l'ame, qui me permet lui partager comment encore et encore, elle, ma mere spirituelle, ma Kabylie eternelle, m'unit les mondes avant si loin l'un de l'autre, si seul chacun, de ma vie exterieure et ma vie interieure, qui pres d'elle, se savent chez soi, reunis, en paix, comme un des vaisseaux complexes de Maarten Vrolijk, qui expriment cet equilibre exterieur - interieur qui est a l'origine de l'energie creative abondante, vibrante, qui depuis m'inspire et traduit ses messages de son esprit et sa sagesse, me venu de loin, des rives de l'Afrique du Nord, pour s'unir a ma voix de poete en exile. L'ecrivain russe Fyodor Dostoievski (1821 - 1881) a dit dans son livre "  Le Crime et Le Chatiment" (1866): "La douleur et la souffrance sont toujours inevitables pour l'esprit intelligent et le coeur profond." La Kabylie et son coeur, son esprit, me permettent de connaitre maintenant, des moments de grand bonheur comme etre humain, comme poete et ecrivaine et artiste, grace a sa tolerance et son accueil de ceux, qui comme elle, ont connu, et connaissent la profondeur du chagrin, et qui trouvent la force et la volonte d'y former, a son centre, la paix interieure, de decider de vivre avec joie, avec courage, avec conviction, avec l'energie inebranlable de la passion tetue de l'espoir.   

Trudi Ralston  


L'information sur l'art de Maarten Vrolijk (1966), courtoisie de Wikipedia, et de l'article qui se trouve dans "Objects With Narratives", de 2026, qui inclut la liste et plusieurs pieces de l'art de ses expositions mondiales des dernieres annees. La recherche sur l'heliographie, courtoisie egalement de Wikipedia, ainsi que l'information sur le passage du livre de Fyodor Dostoevski, "Le Crime et le Chatiment", que j'ai trouvee en anglais, et traduit en francais pour le but de cet article.   

Monday, March 2, 2026

La Fissure dans la Lumiere: Le Sourire du Phenix - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             Il y a un lien puissant entre le monde des arts visuels, comme la photographie, le film, la sculpture, la peinture, et le monde des arts litteraires, comme le theatre, la poesie: ce que l'image suggere, les mots definent, comme un pas de deux qui illumine l'experience humaine dans le contexte de ses expressions culturelles - historiques. J'ai grandie en Flandre, entouree des mon enfance du monde des arts: la photographie, la peinture, la sculpture, la musique, de la part de mon pere amateur photographe, mes deux oncles artistes peintres, mon oncle sculpteur, mon cousin musicien, sans compter plusieurs amis aussi de la famille qui etaient artistes. Comme enfant, et apres, comme jeune adolescente, me trouver dans ce monde creatif, bohemien, rebelle, etait une experience durable, qui a definie grandement mon caractere curieux, inquiet, qui avait un appetit pour explorer, comprendre, apprendre, et qui notait que ce monde d'adultes eccentriques, me tolerait parceque j'etais comme un sphinx: j'observais, je notais tout, et je ne disais presque rien, comme un archeologue qui observe, catalogue, prend des notes, et apres fait ses conclusions. Meme a un tres jeune age, j'avais l'habitude de rendre nerveux a certains adultes. Je me rappelle en fait tres bien, cette habitude que j'avais de savoir m'insinuer dans un groupe d'amis de mon pere, ou de famille, et d'ecouter pour des heures en silence, leurs echanges sur les arts, le monde, l'histoire, le comportement humain. C'est en fait cette immersion volontaire dans le monde confusant et contradictoire des adultes, qui m'a fait chercher le monde des livres, qui m'a fait comprendre la complexite du mot, et aussi de l'image, comme traduction des deux. Partir a l'age de 19 ans pour les Etats Unis, m'avait eloignee non seulement des rives de ma terre natale, mais aussi de cet entourage du monde des arts, et de ses adultes qui etaient les acteurs en images et mots, de ce theatre fascinant que je m'avais adoptee comme refuge des un tres jeune age. Ce vide abrupte, laisserait ses traces, et je me trouverais face a l'effort penible de ne pas me perdre dans l'indifference que sait generer l'exile quand on s'y met seul, comme un acteur qui se trouve sur une scene pour la duree d'un monologue, qui dans mon cas, durerait des decennies. Des decennies, pour retrouver mon identite, pour me rendre compte du besoin si fort de ne pas laisser mourir ma voix de poete, mon desir de m'exprimer en prose, en art aussi, de me definir, de sortir de l'oubli, de ne pas disparaitre dans le vide de l'invisibilite linguistique - sociale - culturelle. La Kabylie a changee cette penible realite, si longuement supportee. Presque 10 ans plus tard maintenant, ma voix litteraire est active, sure dans l'expression de son energie, de ses visions. Je vis dans la joie de me savoir unie, en coeur, et esprit. Presque 10 ans plus tard, la Kabylie est devenu une presence formative, transformative quant a la facon de m'exprimer dans mes textes de prose et poesie, et dans mes dessins et broderies qu'elle m'inspire. Le lien au centre de cette evolution creative de ma personne, est depuis le debut de 2020, l'inspiration que me donne la photographie de Nacer Amari de Tassi Photographie, qui a su construire un pont de traversee litteraire - artistique unique entre nos deux mondes creatifs de divergentes origines, qui sait unir ses expressions flamandes - kabyles avec energie decisive et dans ce processus raconte une histoire riche en contextes, en matieres, en affirmations individuelles et mythologiques, artistiques - litteraires et culturelles. La fissure dans la lumiere, est l'idee qui m'est venue pour cet article: c'est a dire, cette entree fortuite, de grace, de volonte, recue quand l'esprit creatif s'unit a l'empathie, a cette capacite, comme le possede et inspire mon collegue photographe Nacer Amari, de comprendre et partager les sentiments autrui, dans ce cas, ceux de ma personne exilee, habituee a l'isolation, l'invisibilite, et qui dans cette collaboration avec lui, a recu la chance de ramasser les pieces fragmentees, eparpillees de mon ame de poete et d'artiste, de me construire une facon de me former une langue creative, nee de sa capacite de mon camarade artiste Amazigh, de voir, d'entendre les mots si longuement prisonniers, ne pas dits, de tants de poemes, de tants d'histoires, de tants de memoires, condamnees a l'oubli. Pendant ma recherche pour cet article, j'ai voulu trouver une sculpture, qui pourrait illustrer ce que la Kabylie dans ce sens signifie pour la revolution creative, sa liberation de mon etre artistique - litteraire. J'ai trouvee les sculptures d'un artiste francais de naissance australienne, Gil Bruvel (1959), qui a vecu en France, en Hawaii, et qui vit et travaille maintenant au Texas, ou son art est bien recu. Ses sculptures, sont ou en bois, ou en acier, et se sont ses sculptures, grandes en taille, faites en blocs de bois qu'il unit en portraits de plusieurs couches, qui ainsi donnent un effet de portraits pixeles, qui creent une energie de reflection, de paix, souvent avec l'expression d'un sourire enigmatique qui m'ont impressionnees. Pour moi, les blocs qui sont les pieces qui unissent le visage de la sculpture, representent les pieces de mon etre creatif que la Kabylie a su joindre, m'en a inspiree les mots unifiants, qui ont vu leur reflection dans le miroir des images, des portaits narratifs de Nacer Amari, et son art qui est pour moi la presence tangible, rassurante, clarifiante, precisante, qui a su unir - et qui continue de le faire - les pieces de l'histoire de ma vie complexe etendue entre trois rives. Un lien creatif qui sait surmonter la distance geographique de 3 continents, et qui met en equilibre le temps, et ses demandes. La Kabylie a changee tout, sa magie spirituelle est incontestable: elle sait que le monde exterieur perd sa force, face a la profondeur et sa puissance du monde interieur que savent creer les arts, cette ultime defense contre l'absurde des contradictions existentielles. Le poete libanes - americain Kahil Gibran (1883 - 1931), a dit dans sa collection celebre d'aphorismes "Le Sable et l'Ecume" (1926), comme s'est triste d'avoir la main tendue pour donner, quand personne ne la recoit. Ainsi j'ai sentie pour des decennies, le chagrin de vouloir exprimer ma voix, et de la voir rejetee, niee avec tant d'insouciance, me laissant dans le vide d'un pays vaste qui evince l'esprit sensible. La Kabylie et la sensibilite artistique, intellectuelle - spirituelle et sociale de mon collegue photographe d'Aokas, m'a rendue visible, lisible les indices de mes inspirations poetiques et en prose, m'a su traduire leurs symboles, partiellement egarees, souterraines, comme dans les fouilles archeologiques, ce qui me permet ainsi de re - construire les pieces pour les mots necessaires de m'exprimer mes visions, mes inspirations, et de me construire une nouvelle langue: celle de l'integration coherente de mes experiences, comme enfant et adolescente en Flandre, et comme etudiante universitaire au Texas ou jai vecue pour 10 ans, et comme adulte avec mon mari et mon fils ici a Washington State ces derniers presque 40 ans deja. Savoir unir l'esprit et l'ame, comme le sait faire la sagesse du coeur Amazigh, personnifiee pour moi, dans l'art et son amitie de mon collegue photographe, vaut l'affirmer, le reconnaitre. Les sculptures emouvantes, paisibles, reflexives de Gil Bruvel sont pour moi une belle illlustration de cette unique transformation que me permet vivre, explorer et celebrer, la force reelle de l'esprit kabyle chamanique, quand il touche le coeur, l'ame autrui, comme dans mon cas, de poete en exile en detresse, qui me voit depuis, libre de l'agonie du feu brulant et du gene de ses cendres, de pouvoir voler, comme le phenix, le cri fier, grace au bonheur de connaitre la joie, le delire, de me savoir, apres tants d'interminables defis: un, entier.  

Trudi Ralston   

Friday, February 27, 2026

L'Indice Improbable: Le Revers de la Medaille - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Recemment, un ami kabyle m'a fait apprecier la valeur d'ecouter les silences qui occupent notre monde interieur, son coeur, son esprit, dans tout calme, sans les definir trop, sans ni les fuire, ni les amplifier leur sensations, leur physicalite inevitable, qui vacilera entre la joie et son contraire. Ses mots soigneusement choisis, avaient dans leur rythme staccato rassurant, l'echo du grand Sud algerien. Des semaines apres, je me rappelle cette echange, suite d'entendre une breve conversation entre une jeune actrice americaine, Kaley Cuoco (1985), dans son role de Cassie, qui travaille comme hotesse de l'air et la mere d'un ami qui lui voit sous stress a cause de complications dans sa vie professionnelle. La dame lui dit : "Qui en fait, a l'espace pour supporter le poids des decisions que font les autres?" dans la serie pour la television (2020 - 2022) "The Flight Attendant" (L'Hotesse de l'Air") de Steve Yockey a base d'un des 25 romans de l'auteur armenien - suedois, Chris Bohjalian (1962) qui vit et travaille a New York. C'est une idee intrigante, le fait que les choix que font les personnes qui nous entourent, donc, famille, amis, voisins, etrangers, collegues, proches et distants, laissent des traces sur notre vie, pour le bien et pour le mal, ce qui depend grandement des circonstances, et des temperaments qui influencent le sentier qu'on traverse sur le temps nous donnee sur cette terre. Les choix de parents, enfants, freres, soeurs, grandparents, paramours, qui ou nous rendent la vie plus agreable, ou plus difficile, et l'equilibre qu'on essaie de trouver dans ce va et vient souvent capricieux. L'effort qu'exige la volonte de surmonter les defis suite de traumes affectifs ou physiques, causee par l'indifference, la solitude, le mepris, l'invisibilite, le prejugement, la violence, la cruaute, la privation, est deja considerable. L'idee de devoir aussi porter le poids du fardeau autrui, invite la question de comment se liberer de cette situation, quand la personne ou les personnes en question, nous voient comme un moyen de se justifier le comportement, de nous voler la chance de suivre notre propre chemin, parceque c'est plus facile de nous y trainer, de nous absorber dans leur besoin de controler notre vie dans le contexte de la leur. Oui, cela parait innocent, quand en fait, tants de personnes, y compris moi, ne se rendent pas compte de cette realite trop commune, jusqu'a on observe, on note, de vivre ne pas la vie selon notre capacite uniquement individuelle, son energie, sa vision, son desir de s'exprimer, mais selon des modeles et ses experiences nous imprimees sur le coeur et l'esprit, parfois des un tres jeune age, qui nous limite la force, la liberte de notre personne. Il y a une sculpture imposante en bronze, geante en taille, de l'artiste americain et aussi musicien a un temps, "Phoenix Rising", qui veut dire "Le Phenix Renaissant" de John Hair, mondialement connu depuis 1998 pour ses impressionnantes sculptures qui celebrent l'energie et la volonte creative et spirituelle humaine des differentes cultures et leurs expressions. La force de cette sculpture du phenix imposant, m'a fait penser au poids que laisse derriere soi cet oiseau de fable. Le poids qu'il sait lacher, abandonner, dans la douleur que lui exige le feu, les flammes, et que ce defi de surmonter les problemes, les traumes de notre vie, cette tourmente inevitable quand on trouve le courage de faire face a nos limites, a nos souffrances et leurs origines, leur racines, qui permet qu'ils se voient finalement reduites a des cendres, perdent leur puissance, le poids de leur sortilege. Reduit a des cendres, libre des illusions, des obsessions, l'esprit peut se reconstruire, le coeur peut renaitre. Et noter, que dans les cendres, il y a les traces aussi des impositions y mis par toute une parade de personnes qui en mesures de degres differents, nous avaient limitee, changee, enlevee, les elements de notre energie vitale. Savoir la recuperer, reparer, sans rancune, sans regret, et avec interet envers le processus que ce courage demande, m'a pris toute une vie, de recevoir la chance d'en comprendre son importance, sa grace. L'ami en Kabylie me l'a fait comprendre dans le contexte de la patience, de la confiance. La mesure de cet effort comme celui d'un indice improbable, qui accepte le cote avers et le cote revers de la medaille qui raconte l'histoire de notre vie, qui en accepte le fait que ne pas tout sera compris, rendu evident, resolu, et que ce qu'on sent, quant a emotions intimement les notres, n'ont pas necessairement besoin de se manifester en dehors des confins silents du coeur, qui a sa propre facon d'integrer son histoire, confiee aux esprits, loin du bruit du monde. C'est une belle philosophie, que m'a partagee mon ami kabyle: savoir apprecier le vecu, en silence, en humilde reconnaissance. Qui, alors, peut se permettre, l'espace pour le poids des choix que les autres personnes sur notre route nous avaient fait supporter, une fois qu'on comprend toute la joie profonde, silente qui peut y prendre sa place, dans l'espace liberee, reveillee, de notre coeur, de son souffle, de sa dignite? Cette lecon kabyle, me rappelle les mots du poete moderniste autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926): "Les moments quand quelque chose de nouveau nous a touchee, quelque chose avant ne pas connue; nos sentiments se rendent muets en timide gene, tout en nous recule, un silence se presente, et la nouvelle experience, que personne ne connait, se trouve au milieu de tout ca, et ne dit rien." 

Trudi Ralston   


    

Monday, February 23, 2026

L'Arrivee: L'Ame Accomplie - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

             La sensation agreable, chaude, de la premiere tasse de cafe le matin, parait doublement satisfaisante et rassurante, les jours de pluie froide dont on a pleins ce mois de fevrier ici a Olympia. Cette fois, le rite familier etait accompagnee par la meme melodie distante de folk, d'une voix feminine qui jouait dans ma tete, et de qui je ne pouvais pas entendre les mots, seulement en sentir leur chant melancholique, reflexif, qui lui etait affirmee par le rythme d'une guitare. Ce fut la meme melodie distante qui m'avait inspiree le theme de l'article "Le Passager Reticent: Le Refuge de la Boite a Ombres" de juste l'autre jour. J'etais surprise encore, par l'insistance de la melodie, de sa presence depuis plusieurs jours de suite maintenant. Ce qui m'a attiree l'attention cette fois, fut la sensation joyeuse, d'une sorte de bonheur profond, intime, de me sentir l'ame chez soi, de me sentir unie, a l'histoire de ma vie, de connaitre pour la premiere fois dans ma vie, la satisfaisante sensation d'accomplissement de savoir mon ame finalement arrivee chez elle, ne plus isolee de son etre, ne plus une quantite mal definie, inconnue a elle meme, suite de l'effort m'exigee de ne pas disparaitre de moi - meme, de ne pas abandonner l'espoir pour tants d'annees, et de continuer de croire, qu'un jour je serais libre de l'hypnose epuisante de juste survivre, et de souhaiter qu'un jour, au lieu de survivre, je recevrai la chance de vivre, pleinement, de me retrouver, definir, finalement. J'aimais beaucoup cette sensation de me sentir en paix, le coeur tout chaud, comme le cafe dans ma tasse, ce matin ou le froid dehors me paraissait loin, ne me toucheait pas. La melodie dans la distance, qui resonnait dans mon coeur, a commencee a me donner les mots pour un poeme, et le mot au centre etait en anglais: "home", donc, "chez soi, a la maison", suivie par le mot "Kabylie", qui m'a laissee avec un sourire, car, cette arrivee de mon ame, est grandement liee a la Kabylie, et tout ce qu'elle represente pour moi comme ecrivaine - poete et artiste depuis 2017. Cela m'a pris toute une vie pour recevoir la chance de decoder la carte routiere que m'avait laissee le destin de me trouver loin de mon pays natal depuis l'adolescence, et d'avoir du faire face a un scenario chaque fois plus deconcertant, qui me laisserait la seule personne survivante de mes parents, frere et deux soeurs, tous disparus dans des circonstances tragiques qui me rappellent les pieces de theatre du dramaturge russe Anton Chekhov, et meme de Fyodor Dostoievski, quant a la lourdeur psychique des circonstances de leurs morts. Parfois, meme comme enfant deja, j'avais l'impression d'etre une enfant adoptee, qui se sentait mal a l'aise dans ma famille, car il y avait toujours trop de questions, et rarement depuis, des reponses quant a la chaine des evenements qui allait me laisser seule dans ce vaste vide ici, plus loin que jamais d'une chance de resolution, de tourner la page. C'est tellement satisfaisant alors, cette sublime emotion de me sentir centree dans mon ame, de la sentir chez elle, en paix, de voir clair dans la voie du destin, et de comprendre que c'est la presence culturelle - spirituelle - affective de la Kabylie, qui m'a montree comment me reveiller la voix de poete rendue si longuement muette. "Home", je suis chez moi, en coeur, en esprit, en ame, et c'est un bonheur que je n'ai que connue brevement, comme enfant, et brevement encore, comme adolescente, grandement grace a l'apprentissage de mon oncle artiste peintre Frans De cauter, a l'instruction dans le monde vaste de la litterature du monde que m'a donnee mon pere, grace a la tendresse de ma Nanou Julienne, de ma grandmere paternelle Celina Dujardin, avant de partir pour mes etudes aux Etats Unis, immediatement apres avoir finie mes etudes de lycee. La fragmentation de mon etre toutes les annees depuis avoir quittee Flandre, avait laissee ses traces, et m'avait permis aussi des avontures, de voyages inoubliables, au Mexique, l'Afrique, l'Amerique Centrale, et la joie de devenir apres de m'avoir mariee, mere d'un fils maintenant adulte et ecrivain comme moi. Un fils qui est gentil, et qui est une presence de grande affinite envers mon monde creatif et les efforts de le realiser, que l'introduction a l'Algerie et la Kabylie en 2017 a su affirmer avec elan et grace. "Home": ce sentiment d'accomplissement que la Kabylie me laisse au coeur, et qui m'a inspiree ce poeme, me venu en anglais, ce qui en soi est une revelation, car avant de connaitre a la Kabylie, avant 2017, ma memoire "Lioness in Exile" de 2012 - 2015, ecrit en anglais, avait a son centre deux breves collections de poemes ecrits en francais, car ecrire en anglais me fut penible, fut une sorte d'exercise punitive, ou je me sentais mal a l'aise dans l'effort affectif de m'exprimer, tandis que les poemes ecrits en francais, me rapprocheaient au desir de me sentir proche a l'Afrique du Nord, et avaient un sens meme de premonition, de l'importance future que la culture des Imazighen allait avoir dans le reveil de ma voix litteraire. Ma memoire "Lioness in Exile" fut ecrite entre 2012 - 2015, et publiee en 2015, deux ans avant mon introduction a la Kabylie, et son titre est une reference a mon identite flamande, car le symbole du drapeau des flamands est un lion rugissant en silhouette noire sur un fond brillant jaune. "Home"... chez moi, au centre de mon ame, grace a la presence kabyle dans ma vie depuis 2017, et libre, inspiree par ma muse berbere comme ne jamais avant. Ce poeme, je le partage en anglais, avec son message ainsi me partagee, et apres je le traduis en francais, pour l'offir en honneur a ma famille de coeur en Kabylie:


My Soul is Home at Last  


It seems, I was born to feel ill at ease, so often a stranger in my own space, never sure where to turn to find out if I belonged, if I was family, or just an accidental guest. 

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It is no wonder then, I was so eager for adventure, for Odysseus' passionate quests, to leave behind the pieces of a puzzle that would not fit, to try and see who I was to be. So many stories, so many voices, and none were my own, none got me home, none embraced my heart, my soul. 

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So many seasons, so many roads, so many rivers whose flow left me weary, so many echos left unanswered. The signs all pointed to more years of challenges to solve, more lonely paths to travel.

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But, for those who weather the bitter storms, the winter's grip eventually will pass, and I am now home, my heart and soul at ease, my poems' visions and melodies free, to dream, to be, warm, at peace.  

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Home, to be, to write, to figure, where I've been, and what I have seen, to hear the songs that soothe my heart, that finds strength and joy in North Africa's spirit and respect: Home, to love, to sing, to breathe, to sleep with ease, that with and to you, I belong, heart, body and soul, now that the spell is broken, that I am no longer alone.  

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Home: in the light of the Berber smile, in the stillness of the fire lit beneath your moon and stars. Home in the traces of your steady steps, in the resolve of your courage, in the glow of your tenderness and your love, to live the soothing rythms of seasons that now guide my memories and their visions, that your ancient wisdom reveal to me and decipher. 


L'Arrivee: L'Ame Accomplie


Il parait, que j'etais nee pour souvent me sentir mal a l'aise, dans l'espace me donnee pour mon etre, ne jamais sure ou aller pour apprendre si j'appartenais, si j'etais famille, ou etrangere toleree. 

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Ce n'est pas surprenant alors, que je chercheais l'avonture, de suivre les explorations passionnelles, comme le faisait Ulysse, de lacher le puzzle et ses pieces irregulieres, d'essayer de voir qui c'etait que j'etais supposee de devenir. Tants d'histoires, tants de voix, et aucune etait a moi, aucune m'a embrassee le coeur, l'ame. 

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Tants de saisons, tants de sentiers, tant de rivieres qui m'ont epuisees, tants d'echos sans reponse. Les signes menaient a encore d'autres annees de defis a resoudre, d'autres traversees solitaires a croiser. 

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Mais, pour ceux qui font face a la tempete d'hiver amere, sa tourmente finit par se calmer, et maintenant je me trouve chez moi, le coeur et l'ame a l'aise, les visions et les melodies de mes poemes claires, transformees. 

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Chez moi, arrivee, pour etre, pour ecrire, pour entendre les chants anciens qui bercent mon coeur, pour trouver la force et la joie dans l'accueil et le respect que me donne l'Afrique du Nord: Chez moi, accomplie, pour aimer, pour chanter, pour respirer, pour dormir tranquillement, et comprendre qu'aupres de toi, je m'appartiens, car le sort et sa solitude implacable, finalement, j'ai su briser. 

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Chez moi: dans la lumiere du sourire Berbere, dans le silence du feu de bois sous sa lune et ses etoiles. Chez moi, sur les traces de tes pas surs, de ta resistance, de ton courage, dans la confiance de ta tendresse et de ton amour, dans le rythme de saisons qui maintenant me guident la memoire des visions que ta sagesse ancienne me revele, me resout. 

Trudi Ralston   


"Toute ma vie, je me suis sentie seule, sauf avec toi." - mots de l'actrice danoise Connie Nielsen (1965) comme Lucilla, la fille de l'empereur Marcus Aurelius, a l'acteur Russell Crowe (1964) dans son role du general romain, Maximus, dans le film "Gladiator" (2000) du realisateur et producteur anglais, Ridley Scott (1937).   


       


Saturday, February 21, 2026

Le Passager Reticent: Le Refuge de la Boite a Ombres - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            La sensation d'etre hebergee dans le monde de mes poemes, de mes articles, de mes livres, et de mon art qui me lient a ma muse qui m'a menee vers le coeur et l'esprit de la Kabylie, est intimement unie a la paix affective, interieure de ma vie, n'importe la distance geographique qui me separe des rives de l'Afrique du Nord, qui neaumoins m'accompagnent depuis mon adolescence, et meme mon enfance. L'Afrique du Nord vit comme une melodie sure dans mon etre, il parait, depuis toujours, quoique le destin me ferait attendre 48 ans, avant de lui voir ses rives en personne, d'admirer ses montagnes de l'Atlas, d'entendre les voix Berberes de ma famille de coeur en personne finalement pendant mon sejour en Kabylie en 2019, ses rythmes et melodies, que j'avais entendu d'abord dans les chansons du troubadours Idir, et du poete et rebelle immortel Matoub Lounes. Me sentir proche au coeur kabyle, a son esprit resistant, sa capacite pour la sagesse et l'humour, pour l'accueil, la tolerance, la charite, est un elixir guerisant, qui parait posseder une influence alchimique sur mon energie creative, un mystere du destin, qui continue de m'inspirer mon monde creatif, comme un chaman benevolent, qui m'attendait longtemps avant de lui rencontrer, comme si l'esprit kabyle savait que seul sa vision allait me reveiller la voix de poete. Vivre dans cette aura chaude berbere, m'a fait penser a son contraire, a ces moments quand le monde en dehors de cette oasis intellectuel - creatif - spirituel - affectif, recule, se sent loin, quand les angles moins agreables de la vie brusquent ma realite quotidienne, melange une ombre obscure dans les couleurs brillantes, de joie, de l'espoir, du courage, et laissent un gout de metal, froid, amer, une sorte de nausee, de separation cruelle, qui m'arrache, qui brevement me rend a nouveau invisible, inaudible. C'est une sensation douloureuse, impuissante, une sorte de breve hallucination, comme le frisson d'un cauchemar en plein lumiere du jour, qui heureusement, ne dure que brevement, quelques heures, quand apres, la blessure psychique se calme, s'eteint le feu de sa brulure. J'essaie de comprendre la sensation penible, d'inconsolable solitude, qui parait dans ces moments de m'avaler, de me faire disparaitre dans le neant, de me dissoudre, effacer. Comme est souvent le cas dans ces moments, j'essaie de donner un contexte, de rationaliser l'experience, et pour la premiere fois, grace au toucher affectif - spirituel gentil kabyle, qui me ramene toujours a cette plage paisible, son sable et ecume, qu'est pour moi son coeur patient, j'ai pu me l'expliquer finalement cette fois, cette sensation de perte qui va et vient, en pensant a une idee d'une boite a ombres artistique, et de comprendre en meme temps aussi, que la Kabylie et son esprit dans ces moments de peine devient le sable, qui s'unit a l'ecume, donc, qui m'unit le monde affectif et creatif, leur calme la tempete, l'inquietude. Une boite a ombres est un cadre avec une facade transparente de protection, dans lequel on etale des objets qui ont une importance affective, artistique, historique: des lettres, des bijoux, des pieces de monnaie, des timbres, des manuscrits, des portraits, des peintures, des dessins, des photos, des souvenirs precieux, d'une personne aimee, d'un voyage. L'idee d'une boite a ombres, me parait un beau symbole, pour exprimir en mots la sensation de ne pas aimer de me sentir vulnerable, en dehors de son cadre, de son ciel et sa terre de mon monde affectif - creatif, que m'heberge, me soigne, la presence chamanique de la Kabylie. De ce pays de l'Algerie, des enigmes de sa nature qui embrassent eternite et courage, beaute et silence, que couvrent l'histoire de ses montagnes, rivieres, villages, champs, oasis, villes, Sahara, et tresors archeologiques, sur une espace immense de 2,381,740km2. L'accueil de la Kabylie me raconte l'histoire de ma vie, la met dans un contexte croyable, reel que, pour la premiere fois dans ma vie, je comprends, je vois expliquee, unie, comme dans une boite a ombres, ou elle m'apporte les elements, les objets, pour ainsi le dire, les symboles des experiences marquantes de ma vie, qui m'ont menee vers les rives des Imazighen. La boite a ombres que me construit le coeur kabyle, ou s'unissent les images, des moments, des personnes, des epreuves, des revelations, des graces, qui me font comprendre que la grande quantite de patience, d'annees de defis, a une clef qui ouvre la porte vers la rencontre qui serait le miroir de mon ame, qui m'apprendrait les mots, la vision unifiante pour me donner la langue et ses mots de mon monde interieur, et la voix de l'exprimer, de le decrire, de me definir l'experience poetique - artistique, de la sentir, de la vivre. La boite a ombres, me cree par l'esprit et ses melodies de la Kabylie, pour me donner le moment de passer l'epreuve qu'exige la metamorphose, pour me trouver libre de l'oubli, de l'hypnose de l'anonymat, du traume d'etre effacee, niee. Pendant cette exploration de comment exprimer cette sensation de la boite a ombres, j'ai trouvee la beaute delicate et precise de l'art d'une jeune artiste americaine tres devouee a sa vision creative: Daria Aksenova, qui travaille et vit a la ville de Houston, dans le sud de l'etat de Texas, ou j'ai vecu pour dix ans, pour mes etudes universitaires du bachiller et de la maitrise en histoire et litterature. Ses boites a ombres sont le resultat delicat de plusieurs couches de dessins fins en encre, qu'elle sculpte en personnages de fantaisie, feminins, qui racontent les defis qu'elles surmontent, que l'artiste exprime de facon symbolique. Ses boites a ombres sont emouvantes, d'un style esthetique et beaute qui implique un esprit patient, precis, de sensibilite affective et narrative unique, qui touchent le coeur. Ainsi est pour moi l'accueil de la Kabylie, de la collaboration artistique - litteraire avec mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari, qui me sait faire une synthese coherente de mon odyssee litteraire - artistique, de les rendre visible, tangible, etalee de facon concrete, chronologique aussi, qui me laisse savoir que ma personne n'est pas une silhouette de quelques lignes faites pour un dessin distrait, mais revele une ame, un coeur, une personne complete, trois dimensionnelle, qui a recue les mots pour les melodies de ses inspirations, ses experiences difficiles, exigeantes, et les a vu s'unir, prendre expression, a cote de la sensibilite unique de la culture des Imazighen, de sa culture kabyle de l'Algerie, qui m'a adoptee, comme sa fille flamande en exile aux Ameriques, comme fille de son sang, de son ame, pourque je pourrais recevoir et voir naitre la mienne, fiere, libre, et etre introduite a la totalite de mon identite, a cette sensation enivrante, encore si nouvelle, si puissante et emouvante, de cette metamorphose et sa liberation radicale de ma personne, me niee pour si longtemps.   

Trudi Ralston 


"Si tu veux la lune, ne te cache pas de la nuit. / Si tu veux la rose, ne fuis pas de ses epines. / Si tu veux l'amour, ne te cache pas de toi - meme."                                                                                                      Jalal al - Din Muhammad RUMI (1207 - 1273), poete et mystique Sufi perse.   

Tuesday, February 17, 2026

Tenir les Fantomes a Une Distance / Keeping the Ghosts at Bay - dans la serie "Au carrefour des Rencontres"

              Apres plusieurs jours de soleil en plein mois de fevrier ici, qui donnait l'impression que l'hiver avait pris la decision de fuire soudainement, un froid glacial s'est mis sur la region, qui a enlevees les couleurs joyeuses mises par un soleil amoureux, et laissee le ciel a nouveau gris, tremblant sans son manteau de printemps festif. L'impression visuelle du jardin saturee d'une palette aquarelle pale, lavee dans une eau qui laissait le ciel avec les yeux tristes comme ceux d'une personne qui essaie de supprimer les larmes, m'a fait entendre au fond de mon coeur, la melodie melancholique d'une voix feminine d'une chanson ancienne folk, de laquelle les mots venaient de trop loin, comme d'un echo, de qui leur message se perdait dans la distance. La melodie etait insistante, tetue, determinee d'attirer mon attention, et a finie par se manifester avec la sensation visuelle de personnages d'une piece de theatre imaginaire, de fantomes, qui se chercheaient les esprits leur perdus dans le passage du temps, dans l'indifference du monde quotidien, inconscient de leur presence, qui venait hanter la mienne, ce matin de froid qui avait rendu le temps immobile, seduit par la melodie qui jouait pour le monde silent qui heberge les histoires et leurs experiences du coeur. La melodie m'est venu en anglais, et apres je l'ai traduit en francais, car c'etait un de ces moments de mystere, quand les douleurs du passe se trouvent pour moi face a la grace du coeur kabyle, de son accueil de l'esprit de mon collegue photographe Nacer Amari en Aokas, qui voit de loin la blessure de ces echos lointains me laissee par l'exile et ses demandes, ses pertes, et qui la soigne, la lave avec gentillesse, et sait chasser les fantomes et les cris de leurs cauchemars qui essaient de briser les murs de defense, que j'ai du construire contre leurs invasions, pour les convaincre de me laisser en paix. C'est lui, qui comme le forgeron Hephaistos, sait transformer la menace des fantomes, les garder a une distance, qui sait me trouver, me guider, vers le sentier du present, de continuer de briser le sortilege de trop d'annees de silence. Je dedie alors ce poeme, son chant a lui, ce camarade resolu, de vision claire, qui sait voir derriere les murs que je continue de demolir, une pierre lourde a la fois, pour decouvrir la joie des espaces ouvertes que j'y decouvre, de ces portes et fenetres qui invitent pleine de lumiere, d'air frais, de ciels bleus et soleil brillant, que l'ame de la Kabylie me donne, avec chaque geste de son esprit, de son coeur ancien, tolerant, eternel: 


Keeping the Ghosts at Bay 


It seems that some things just have a habit of insisting, of wanting to come and haunt, of showing up like a cold winter's day, just when you thought spring was here to stay. 

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Oh, I never see you coming, rattling your rusty chains, dragging them on the path where I was meeting the sun, where the sky was painting over the grey rain and its wet, heavy ways. 

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Here you are again, wanting to close that bridge, block my way, to where the Berber heart and its smiles, its resilient spirit meets my fiery Flemish soul, to decode the hieroglyphs that unite the history of the poets' quest. 

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How do I keep you at bay, you who haunted for so many years my nightmares, made them spill over into the hopes of my dreams' resolve during the day?

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It took so long, to be able to stand my ground and to see you back away, it took such courage, such will to stare you down, to grab that bow and arrow of resolve, and break the power of your spell.

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It was the Touareg warrior I saw as a child in my father's librairy magazines, that reassured me that the necromancers would not win. It is the strong voice of the Imazighen that heard my own, that gave me the key to free me, a Flemish lioness in exile, trapped on distant shores.

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The sun knows my heart, as it calls upon the light on the shores of Kabylie, upon the might of its ancient spirits, and Ra nods and lets me know, that the burdens of my soul are now one with the might and courage of the kabyle poets and warriors. 

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Keeping at bay the ghosts that only know where to find me, on those rare days now, when the sun and heart of Kabylie's shores and mountains, is hidden behind the curtain of winter's sorrow as the sun tries to wake the world before the earth drowns in madness. 


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Tenir les Fantomes a Une Distance      


Il parait qu'il y a des choses qui ont l'habitude d'insister, de vouloir venir et agacer, de faire une apparence comme un jour froid d'hiver, au moment qu'on pense que le printemps etait venu pour rester. 

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Oh, tu m'a pris par surprise, secouant tes chaines rouillees, trainant leur bruit sur le sentier ou j'allais pour rencontrer le soleil, ou le ciel enlevait le gris lourd, que la pluie avait laissee.

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Te voila, essayant de couper la traversee du pont quand le coeur berbere et ses sourires, son esprit resistant rencontre mon ame de feu flamand, pour decoder les hieroglyphes qui unissent la quete des poetes. 

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Comment te tenir a distance, toi qui a hantee pour tants d'annees mes cauchemars, qui les a chassee l'espoir et le courage meme pendant le jour?

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Cela m'a pris si longtemps, de te faire face, de te faire reculer, cela a pris tant de courage, tant de volonte, de te faire baisser les yeux, de prendre cet arc et fleche de la resolution, de briser la force de ce sortilege. 

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C'etait le guerrier Touareg que j'ai vu comme enfant dans une des magazines du bureau de mon pere, qui m'a assuree que les necromanciens n'allaient pas gagner. C'est la voix resistante des Imazighen qui ont entendue la mienne, qui m'ont donnee la clef, m'ont liberee, lionne flamande en exile, enfermee sur des rives lointaines. 

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Le soleil connait mon coeur, quand il appelle la lumiere des rives de la Kabylie, appelle la force de ses anciens esprits, et le dieu Ra l'affirme, et me laisse savoir, que les fardeaux de mon ame pesent moins lourds unis au courage et sa puissance legendaires des poetes et guerriers kabyles. 

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Ainsi je tiens a distance les fantomes qui seulement savent me trouver les jours rares maintenant, quand le soleil et le coeur de la Kabylie et ses rives, ses montagnes, se cachent derriere le rideau du chagrin de l'hiver, quand le soleil essaie de reveiller le monde, pour assurer que la terre ne perisse dans le delire. 


Trudi Ralston




Friday, February 13, 2026

Le Regal: Le Temps qui Coule - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              Le rythme du temps qui passe se parait dans certains moments a une energie organique, qui bouge, qui impacte tout sur son chemin, comme le sait faire la coulee de lave, durant la force d'une eruption volcanique. Le paysage apres y est different, et une fois calmee sa traversee cataclysmique, la faune et la flore s'adaptent a la transformation radicale, et recoivent une nouvelle chance, une infusion regenerative de l'histoire de leur ecologie. Le temps, dans ce sens, sait faire des ravages et des guerisons tout en un. Un des traits de vivre avec les limitations d'un exile de longue duree, je comprends tard dans cette realite que le destin m'a choisi de vivre depuis mon adolescence, est la revelation graduelle, presqu'au ralenti, comme une sorte de geste lent en mime, que le temps qui avance, si on sait faire face a la solitude unique, souvent invisible de l'exile, si on ne recule pas devant ses implacables exigences, ce temps a un certain point, aussi peut etre redonnee, par la grace de ce lien qui parait outre - monde pour sa synchronisite impeccable sur la route de notre vie, pour apparaitre a exactement le moment ou le temps chercheait me devorer le courage pour avancer, de detruire la determination de ne pas tressaillir sous la tyrannie qui chercheait enlever l'espoir, l'energie vitale de mes reves, de mes talents. Le monde des arts dans toutes leurs formes, de la musique, du theatre, de la danse, de la poesie, et de la litterature et ses genres, de la peinture, de la photographie, de la sculpture, de l'architecture, est cette espace qui sait reveler les limites du monde concret, qui invite le desir de franchir les plaines vastes et envoutantes du monde spirituel, invisible, de trouver une clef qui permet entree aux mysteres de l'existence humaine, au moins, brevement, et donne a boire au coeur, a l'ame cet elixir guerisant, riche, de se savoir unie a une realite plus profonde, plus sacrale que la realite purement concrete, purement physique. Meme quant au sujet de la tendresse, de l'amour, c'est dit que "L'amour c'est deux ames qui se touchent.", comme le proclame la chanteuse folk canadienne - americaine Joni Mitchell (1943), dans le chant "A Case of You" ("Le Cas de Toi"), de son album "Blue" de 1971. Ce cas illustre cette confluence entre le physique et le spirituel, que sait creer le monde des arts. Un des dons le plus ensorcelant que donne l'energie transformative des liens entre esprits et coeurs que sait generer le monde des arts, est celui de liberer, et une des formes de cette sensation d'une liberation radicale que donne la creativite et ses inspirations, et expressions, est le recul du temps, c'est a dire: la chance de vivre dans un present continu, ne plus soumis au passe, ne plus distrait par l'incertitude du futur et ses illusions. Le temps qui coule, et coule sans hate, sans peur, sans demandes, qui donne un sens de vivre en dehors de cette obsession de voir le temps comme un phenomene lineaire, plat. Le regal de recevoir la chance de vivre avec la conscience que le coeur et l'esprit, le corps, sont capables de s'entre - entendre, ne doivent pas suivre la conviction erronee d'etre en contradiction, en combat l'un avec l'autre, et qu'on n'est pas sous obligation d'accepter que les personnes avec qui on partage la vie, les amis, la famille, les collegues, ne voient que ou une dimension ou aucune dimension, de nous, et ne pas les autres: on n'est pas juste un corps, ni moins qu'on n'est pas juste esprit, et notre coeur et ame meritent ensemble avec notre identite physique, aussi leur place sur le theatre de la vie. Personne a le droit, de nous limiter, de nous effacer, de nous interdire, ni la vie et ni la joie et ses energies et expressions de notre personne physique, affective, sociale, intellectuelle, culturelle, linguistique au nom d'idees qui cherchent de nous effacer, de nous enlever notre identite, notre droit de vivre la vie de facon authentique, complete. Ce qui m'est rendu clair, ces presque 10 ans deja de dedier mes livres, et leurs articles et poemes, et mon art, a l'esprit unique de la culture kabyle de l'Algerie, c'est que je recois d'elle le regal immense, de recuperer les annees me volees par les exigences traumatisantes d'un exile long, cruel, qui m'avait volee la voix, l'identite, la chance de suivre l'appel des melodies de mes poemes, enfermees dans le noir de l'isolation, de l'indifference, d'une invisibilite tuante. Le temps coulait, me volant de ma jeunesse ne pas connue, ne pas permis, ne pas vecue. Le temps avanceait, comme une eau glaciale m'arrachant les racines de mon etre, ses reves, ses energies creatives. La Kabylie et le lien et amitie avec mon collegue photographe kabyle, ce chaman humilde, de sagesse chevronnee, inebranlable, continuent de tracer les lignes du sentier qui permet l'expression et sa liberation complete de mon etre poetique et artistique. Recemment, je comprends que ce regal inclut le don de recevoir la chance de vivre a fond, de les comprendre totalement ces annees supprimees de mon adolescence, de mon enfance aussi, de les pouvoir vivre encore, cette fois avec la perspective a 360 degres, toutes leurs influences formatives de ma vie en Flandre, et comment la Kabylie en sait illuminer toutes les nuances, tous les moments les plus importants, les plus decisifs, qui ont permis le reveil de toute une energie creative - litteraire qui etait fait en sketch, et mis a cote, et que depuis 2017, se fait, se manifeste, dans toutes ses dimensions, sures, faites sans hesitation, en encre, en couleur, pour ainsi le dire, de facon symbolique et concrete, et me permettent me voir dans la totalite, avec toutes les pieces unies, en harmonie, dans cette parfaite synchronisite de vivre 100% dans le present, fluide, libre. Sous le regard tranquil, sur, visionnair de mon collegue en Aokas, Nacer Amari, qui comme Myrddin Wyllt de la legende arturienne du Moyen Age, du Pays de Galles, ce poete troubadour - visionnaire du Xeme siecle, qui avait, comme mon collegue artiste kabyle, un grand interet dans le monde naturel, je recois la completion de mon apprentissage commencee en Flandre, qui se manifeste dans toute sa joie inattendue, vibrante, fiere dans ce lien kabyle et ses gestes artistiques - litteraires que ma muse me revele depuis. C'est une joie ne pas me connue avant, pour moi de connaitre ce bonheur, de savoir vivre dans la richesse du moment, comme poete, comme artiste, de ne plus etre prisonniere d'un passe penible, d'etre re - donnee les chances, des annees si longuement me niees, effacees, et d'etre ainsi introduite a la totalite de ma personne. Le temps coule maintenant, ne pas comme un courant destructif, mais comme l'eau d'une riviere claire, calme, qui touche sur sa traversee les melodies des rochers reflexives de ses rives, et qui leur voit les jours, les saisons, et qui sait que les eaux de sa traversee fait partie du monde des oceans, ne pas comme une entite anonyme, mais comme un de ses souffles, une de ses histoires, qu'elle a la chance de vivre, dans toutes ses expressions, dans toutes ses riches, uniques moments. Mon ame de poete respire, a pleins poumons, pour la premiere fois dans ma vie, grace a toi, ma Kabylie. 

Trudi Ralston        


"Do you think a soul can grow again?": "Tu penses qu'une ame peut se regenerer?" - mots dits par Iris, l'actrice anglaise Emma Laird (1998) dans son role comme victime du traite de personnes, dans la serie americaine pour television "The Mayor of Kingstown" (2021 - 2026), ou elle joue une des protagonistes a cote de l'acteur Jeremy Renner (1971), dans le role de Michael McClusky, qui se bat contre les defis du monde de la corruption, du crime et de la violence dans une ville fictive de l'etat de Pennsylvania, dans le nord - est du pays.  

Wednesday, February 11, 2026

Le Chiffrement: Le Fantasme d'Hephaistos - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

           Cela reste une verite incontestable, reel, tangible, comme le tronc solide d'un arbre resistant, ancien qui connait les defis et rythmes de chaque saison, encodee dans ses cernes avec conviction, avec certitude: je continue de recevoir les outils qui me permettent apprendre comment m'exprimer ma voix de poete, comment en decoder les mots, les signes, si longuement silents de mon coeur, de mon esprit, dans la grace me donnee par la rencontre avec l'accueil chamanique et l'apprentissage, sa memoire et ses energies imperturbables de l'ame kabyle. Mon fils est ecrivain comme moi, et il decouvre que cela prend du courage, partager le monde interieur, ou vivent les idees, les reves, les personnages, les etres chers, les fantomes, les ombres et les blessures, les visions, du coeur, de l'esprit creatifs. Trouver ce courage souvent est le resultat de surmonter les defis considerables de solitudes tenaces, de chagrins lourds, qui cherchent justement, de nous enlever la voix, la force, ne nous affaiblir la volonte, sa passion, son feu. Je me rappelle encore la conversation recente avec mon collegue photographe kabyle, qui me fait voir clair dans cette franche qualite de notre lien culturel et affectif, qui se traduit dans l'energie fructive de mes livres qui documentent ces explorations spirituelles et perambulatoires entre moi, comme l'apprentie flamande, et lui, comme chaman temoin du monde visuel et ses signes artistiques. Une avonture complexe, de contextes riches en textures symboliques, comme d'une sculpture moderne, imposante, large, qui a besoin des espaces ouvertes du ciel et ses horizons, et m'a fait penser au forgeron ancien grec, Hephaistos. Je pense a son travail rythmique entre l'enclume, le marteau, les pinces, l'eau, le feu, la force de son bras, la concentration de son regard, qui s'unissent pour donner vie a l'arme naiscente dans son soin. Je me l'imagine dans ce moment de la convergence spirituelle, quand se croisent l'effort physique et la sagesse de l'experience, ce chiffrement ancien qui travaille sa formule secrete, magique. Pour moi, Hephaistos, est un forgeron kabyle, en qui s'unit tout le symbolisme de son personnage mythologique, qui m'apprend comment decoder le language si longuement etranger de mon monde interieur, son desir de se liberer, de naitre, de se forger dans le feu mystique du monde de mes poemes, desquels le talent spirituel artistique de mon collegue kabyle m'a laissee la liste des matieres qui donnerait forme a mon ame, mon esprit, mon coeur, auxquels il m'a introduit avec patience, tolerance, et avec une bonne dose de franchise gentille, de l'elixir de la charite, et de son courage pour la guerison affective. Hephaistos du monde de la mythologie grecque, est le dieu des volcans, des forgerons, et du feu. Ses symboles sont l'enclume, les pinces, et le marteau. Il y a aussi un oiseau qui fait parti du monde de feu d'Hephaistos, un oiseau connu pour etre servi comme un plat gastronomique riche et benefique, deja dans l'Egypte ancien: la caille, duquel il y a de l'evidence archeologique de ses traces dans les attributs funeraires alimentaires trouvees dans les tombeaux de pharaons et de la classe aristocrate ancienne egyptienne. La caille est aussi associee avec Aphrodite, la deesse de l'amour et de la fertilite, dans le recit qu'Aphrodite a un moment s'etait transformee en caille blanche, pour evader un pretendant indesirable. Dans la culture chinoise, la caille est associee avec la devotion, l'harmonie et aussi le courage, tandis que dans les cultures amerindiennes du Sud, la caille est vu comme un symbole de modestie et de l'humilite, et cet oiseau elegant, est aussi connu pour son association avec la conscience de niveaux de l'energie, et le besoin de soigner la sante. Dans les traditions japonaises, la caille fait partie du monde de la clairvoyance, et on voit son comportement comme une facon d'interpreter le futur. La caille figure aussi dans le monde des arts, depuis l'Antiquite egyptienne, et cela continue jusqu'a nos jours, comme dans les peintures et sculptures amerindiennes contemporaines, quand les courbes de gourdes se transforment dans des sculptures modernes elegantes de l'oiseau, comme celles de l'artiste americaine Linda Haakenson. L'idee de Hephaistos, le forgeron fort et resistant ancien grec, de qui la caille modeste et soigneuse accompagne l'effort intense et exigeant physique de son metier et ses talents et ses codes, fait pour un equilibre envoutant, de cette union et ses explorations de la convergence et ses points de concordance, de similitude. Ce point de concordance sait creer une energie creative, affirmee avec une signature audace, decisive, qui elimine dans la braise de son feu et sa transformation de deux mondes qui s'y croisent, toute trace de doute, d'hesitation, de faiblesse, quant a son ultime but: celui de sortir du feu deux esprits unis quant a vocation, quant a destination, quant a force vitale. Le partage que permet la rencontre dans le monde des arts, de l'esprit, et ses expressions, ses visions, sa voix libre et liberee, fiere, comme me la donne les conversations et rencontres artistiques - culturelles avec mon collegue - ami kabyle, le photographe Nacer Amari me rappelle encore les mots du poete autrichien Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926). Mon oncle peintre surrealiste Frans De Cauter (1920 - 1981), m'a introduit aux idees litteraires - poetiques de Rainer - Maria Rilke, quand j'etais adolescente, le long mon apprentissage aussi en meme temps, que mon oncle me donnait dans le monde de l'art du dessin et de la peinture, ainsi que sur la philosophie existentielle: "Pourtant, tout ce qui nous touche, a toi et moi, nous touche ensemble, tel l'archet du violon, qui tire une voix de deux uniques accords." Hephaistos, comme forgeron mythologique, manifeste tres bien cette harmonie entre l'esprit et le corps, entre introspection et energie vitale. C'est cette energie vitale que je sens, que je recois, dans cet echange vibrant, riche en resonances affectives - artistiques - litteraires, que me donne la Kabylie et son ame eternelle, son coeur ouvert, energique, au monde de mes poemes, de mon art, de mes livres. Elle me permet forger mon energie creative dans le feu guerisant de l'union de deux mondes, me permet leur creer un point de concordance dans cette espace flamande - kabyle ou le temps et l'espace et ses divergences discordantes, penibles, de traumes vecus, subis, s'effacent, se dissoudent, pour ceder au rythme et sa joie solennelle, reflexive, qui suivent les conclusions et les affirmations partagees autour du mystere de la vie et du destin.     

Trudi Ralston    


L'information sur le dieu ancien grec, Hephaistos, et le symbolisme de la caille, courtoisie de Wikipedia. 

Monday, February 9, 2026

La Plume de la Colombe: Un Messager Intermediaire - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

              L'hiver ici cette annee a un trait de nous donner une quantite de jours et nuits de pluies excessives. Ayant grandie en Flandre, en Belgique, la pluie m'est tres bien connue comme phenomene metereologique, qui dans mon cas m'a inspiree une passion pour le soleil, avec sa chaleur et lumieres eclatantes, chaudes des etes de mon enfance et adolescence, quand on trouvait sa presence sur la plage, et si non, dans les montagnes de l'Autriche, ou dans le Sud de la France. La pluie, avec les annees, m'a laissee aussi son regal, celui d'inspirer des moments d'introspection, de meditation, de conversations avec le monde invisible, a qui je me confie les pensees, les souhaits, les espaces discretes qui hebergent les visions, les sourires, que seulement le coffre qui y contient mon coeur, connaissent. Ce poeme m'est venu de loin, sa melodie hantante ayant traversee les continents, les oceans, pour me laisser la voix d'une personne qui possede l'esprit et le coeur proche a la fois a la terre et au ciel. Ce poeme m'est venu ainsi sur les ailes d'une colombe invisible a l'oeil physique, mais tres reel a l'oeil du poete, et sa voix sonore, qui a traversee les deserts de l'Afrique du Nord, qui m'est venu du pays des Touareg et des troubadours et visionnaires kabyles, m'a laissee sa melodie, son message, qui m'encourage ce jour de pluie abondante ici, a l'autre bout de ce continent des Ameriques, dans la region du Pacifique Nord - Ouest ou je vis, a juste quelques heures de l'ocean Pacifique, qui ce matin m'apporte sur les ailes de la colombe, le gout et la brise salee de la Mediterranee, des rives de ma Kabylie, de ses montagnes, des voix qui d'elle me manquent, de sa lune, de ses etoiles, de son lien avec le Grand Sud et ses memoires, qu'elle frequente, qu'elle garde:


La Plume de la Colombe           


Elle m'attendait en silence, ce matin de pluie et ses eaux abondantes. Elle m'a regardee avec ses yeux pleins de charite, pleins de patience, comme si elle me connaissait depuis longtemps, comprenait les contradictions et puzzles de mon existence. 

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Son voyage elle m'a expliquee etait long, mais son message etait trop important, pour ne pas accepter sa mission. Elle s'est approchee vers moi, la tete un peu timide, comme si elle voulait me dire, je sais que ne n'est pas evident, embrasser, unir le monde concret et le monde invisible a ceux qui hesitent vivre libre. 

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Elle m'a parlee du grand desert du Sud, en Algerie, elle m'a parlee des hommes Touareg, de leur musique, de leur sagesse, de leur monde et ses silences, ses chants qui reverberent pres du feu de champ, quand le temps s'endort, quand les mysteres de l'univers brevement se reveillent. 

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Elle est restee un bon moment, et m'a laisee le toucher chaud qui vit tout doucement dans ma memoire, d'une ame chere qui est a toujours unie a la mienne. Elle s'est envolee apres, et m'a laissee comme une caresse, une de ses plumes, pour me rappeler que mon coeur de poete et celui du vagabond du desert Touareg sont un, que ceci a ete decidee depuis l'aube de toutes les saisons sur terre.

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La plume de la colombe, me laissee pour m'assurer que sa visite ne fut pas un reve, pour rendre audibles, les notes de la voix du troubadour uni a ma voix de poete, dans cette espace vaste, de continents, d'oceans, de montagnes, de rivieres, qui transmettent le cri de joie du messager intermediaire: 

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rien egale le langage du silence de qui ses symboles comprennent et savent vivre le mystere sublime, irresolu et eternel quand deux voix s'unissent sur la route que traversent les coeurs qui se rencontrent quand ils abandonnent l'appel des illusions ensourdissantes du monde. 


Trudi Ralston


"We only said goodbye with words." - Amy Winehouse (1983 - 2011)

Friday, February 6, 2026

La Racine Heureuse: La Vision que sait Dessiner le Silence - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

          Mon pere avait une passion pour la litterature, l'histoire et la philosophie de toutes les cultures, et je reste tres reconnaissante qu'il a partagee cet interet avec moi, sa fille ainee, des mon enfance. Cela a commencee avec des contes de fee, comme "Les Mille et Une Nuits", du monde de la litterature perse et arabe, remontant au Xeme siecle. Apres, c'etait les contes des freres allemands, Jacob et Wilhelm Grimm, de 1812 - 1857, et les contes de l'ecrivain poete et dramaturge danois, Hans Christian Andersen (1805 - 1875). Une fois adolescente, de 13 - 14 ans, mon pere m'a introduit aux poemes de Paul Verlaine, d'Arthur Rimbaud, au conte "Le Petit Prince" d'Antoine de Saint -Exupery, qui m'avait beaucoup emotionnee, pour les dessins aussi qui accompagnent ce recit emouvant. Quelques annees plus tard, j'ai ete introduite aux livres et poemes du poete bengale Rabindranath Tagore, du poete libanes - americain Kahlil Gibran, aux livres de l'ecrivain francais - algerien Albert Camus, de l'auteur russe Fyodor Dostojevski, de l'auteur allemand Heinrich Boll, de qui son livre "Opinions d'un Clown" m'avait bouleversee pour sa franchise affective de decrire son ame en traume suite de la Seconde Guerre Mondiale. J'ai lu aux livres du dissident russe Aleksandr Solzenitsyn, et aussi a la philosophie des anciens egyptiens, sur la mort et le monde des esprits, le fameux "Livre des morts des anciens egyptiens" ecrit entre 1550 - 50 B.C., qui decrit une serie de rites pour assister l'esprit des morts sur leur traversee du Duat, le monde des esprits. Mon pere m'a introduit aussi a la philosophie du mystique chinois Lao - Tzu, de qui on sait que sa naissance fut en 571 B.C., et qui est l'auteur du livre "Tao Te Ching", qui veut dire "La Voie de l'Integrite" qui est un des texts fondateurs de la philosophie du Taoisme. Une des idees centrales de cette philosophie est de ne pas forcer les choses, de prendre une attitude detendue, fluide, qui vit dans le moment, de ne pas mal interpreter la volonte humaine comme une raison de force, de ne pas changer ce qui est spontanee, ce qui suit qui est bon, qui fait honneur a ce qui est naturel, et ce qui a integrite. Un de ses dictons du texte du Tao Te Ching, qui m'avait le plus impressionnee, me reste gravee dans la memoire: "La plus profonde revelation, c'est le Silence." Le silence comme idee existentielle, qui invite d'eviter le bruit incessant du monde. Un silence qui accompagne, qui est la racine solide de l'esprit sur la plaine des contradictions et illusions qu'on rencontre dans la vie. Le long de ma vie d'exile culturel - social, j'y pense encore, a ses mots de Lao - Tzu, qui avaient laissee leur resonance dans mon esprit d'adolescente solitaire de 16 ans. Lao - Tzu se mefiait des ambitions motivees par le desir du pouvoir, et aussi avait ses doutes sur les avances techniques qui perdaient de vue deja le besoin de respecter l'equilibre dans la nature, et sa philosophie reste attirante pour encourager une vue sociale qui evite l'autocratie et les guerres. Une conversation recente philosophe avec un ami kabyle, m'a rappelee la sagesse du monde vu avec le calme et ses perspectives qu'invite le silence, comme attitude benefique envers les defis de la vie humaine. L'Afrique du Nord, ses cultures des Imazighen, invite cette sagesse de s'approcher a la vie avec un sens d'humilite qui est a la fois pratique, et profond, qui montre une appreciation pour une realite plus complexe que les apparences que laisse comme modele le monde quotidien, concret. Cette conversation avec mon ami kabyle, m'a rappelee au temperament tranquil, a la culture des Touareg, leur lien intime avec l'esprit du desert, ses silences, ses espaces vastes, qui existent en dehors on dirait du passage du temps. Cela m'a laissee avec un profond sens de paix interieur, d'avoir pu absorber la sagesse des mots de mon ami, une personne qui vit proche a la nature, qui comprend tres bien les pieges des illusions que cherche imposer le monde. Ses mots m'ont fait penser a une racine, une racine heureuse, qui vit en silence sous la couverture de la terre, et qui sait, que meme si elle ne peut pas voir l'arbre, son tronc majestueux, le bonheur des oiseaux qui vivent dans les branches de sa couronne; la racine heureuse, qui ne voit pas le plaisir de la sieste, la fierte de la recolte de ses fruits, que son arbre donne, mais qui sait, dans le silence de sa vie souterraine, qu'elle fait une partie integrale de l'arbre, et sait que l'arbre aime la racine pour son courage d'embrasser le silence, qui permet a l'arbre d'ainsi etre, et sentir, la douceur de ce silence qui lui unit a l'ame de la racine, qui lui nourrit a la terre et le ciel, tout en un. Je vais me rappeler longtemps de cette conversation profonde avec mon ami kabyle. Comme poete, qui unit les mots pour mes narratives de mes articles, poemes et livres, sentir l'energie rassurante, comme venant d'un feu de camp agreable, unifiant, du silence, son energie tranquille, reflexive, qui sent, qui vit, qui comprend, qui est, tout simplement, comme me l'avait illustree la conversation avec mon ami, cette sagesse de ses mots rend encore plus clair, le lien de mon esprit vagabond de poete en eternel exile, avec l'esprit resistant, clairvoyant du visionnaire, du chaman, comme l'est pour moi le coeur ouvert, charitable kabyle. Voila mon poeme, qui veut remercier mon collegue photographe Nacer Amari en Kabylie, pour me rappeler le long notre fructive conversation, l'importance d'accueillir le silence dans un monde qui se dechire avec ses bruits violents, qui chasse la dominance, l'ambition, dans tous les aspects de la vie humaine, du domaine personnel jusqu'aux plus hauts echelons publics, et qui rendent obscure, la chance de vivre la vie comme une experience vitale authentique, solide, libre:


La Racine Heureuse   


Elle dort en silence, les nuits chaudes et froides, sous la lune et ses etoiles, sous le vent et ses soupirs, elle attend avec patience, la pluie et l'eau qui va nourrir sa force vitale, qui donnera sa chance a l'arbre. 

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Elle est la racine heureuse, qui embrasse la terre humide, elle prend soin d'assurer la survie de l'arbre, de son coeur, de son ame, elle est fiere de lui voir la beaute de sa couronne, qui danse sur le rythme des saisons, qui lui apporte la joie de ses recoltes. 

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Elle est le sang chaud de son coeur battant, de sa vie de l'arbre, qui sait que c'est son courage de la racine, de qui l'arbre n'apercoit que son ombre, qu'elle, la racine, est l'equilibre, l'ancre solide, qui tient debout l'arbre, qui lui garde.

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La racine heureuse, sentinel soigneux de l'arbre solennel, qu'elle couvre avec son manteau de silence guerisant et outre - monde. La racine heureuse, qui dessine tel un livre de contes ensorcelants, l'histoire et ses exploits de l'arbre, en est son temoin, son calme, son confident. 


Trudi Ralston 


L'information sur Lao - Tzu et son livre "Tao Te Ching", et sur le "Livre des morts des anciens egyptiens", et les auteurs des livres de contes que j'avais lu comme enfant, courtoisie de Wikipedia. 






Saturday, January 31, 2026

Le Verre a Pied au Fond de l'Armoire: Le Poids Contradictoire du Vide - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

            C'est toute une contradiction, parfois, la facon que les idees ont de se manifester comme etre logiques, evidentes, et aussitot qu'on les met en pratique, qu'on doit les vivre, comme une maison faite de cartes, sur un fond inegal, instable, elles s'ecroulent, ne resistent pas. Je m'imagine alors une bande dessinee, avec une figure qui en crayon dessine les murs d'une espace a 4 coins, avec un couvercle, et que cette espace dessinee est videe de son contenu. Videe de son contenu de l'energie de joie, espoir, charite, tendresse, identite, confiance, de toutes les emotions benefiques qui rendent heureux au coeur humain. Pour une raison ne pas rendue claire, l'espace de la bande dessinee, apres n'a plus rien dedans. Normalement, une espace occupee de choses, a un certain poids, et interessant de noter, que les sentiments heureux, rendent le coeur comme on dit "leger", lui donne des ailes, car l'euphorie elle est legere comme une plume, fait danser, chanter, et la musique, ses rythmes, et melodies heureuses, donnent cette impression physique meme, qu'on est leger, comme une plume dans une brise d'ete rafraichissante, comme la lumiere et son eclat, comme le sourire innocent, spontane. C'est quand arrive son contraire, le chagrin, quand on souffre une perte, quand on est volee de la sensation de la joie, de l'espoir, dans cette espace de notre coeur et ses lignes, que tout y devient lourd, oppressif, asphixiant. Donc, le coeur vide, son espace effacee de toutes les emotions positives, vitales, ne devient pas plus leger, non, au contraire: cette espace vide pese en fait, lourd, ecrase le coeur, la confiance, la resistance, l'energie, le moral. Plus vide cette espace, plus lourd son poids. Je trouve cela tout un mystere de l'arithmetique a l'envers, ou 2 plus 2 normalement font 4, mais dans le cas du coeur videe de son espace de bonheur, c'est 2 et 2 qui font 0. D'ou vient ce poids? C'est un peu de mystere presque chamanique, et peut - etre c'est cela qui explique que quand on brule un encens relaxant comme d'ambre ou de sauge et de santal, sa senteur qui circule vers le haut, nous enleve un peu le poids de notre peine, la rend plus legere. L'encens de santal on utilise dans la meditation, pour donner un sens de calme, de clarte, de lien aussi avec tout ce qui est spirituel, sacrale, qu'aide a etablir la senteur douce de bois, du parfum de sa fumee. J'ai toujours trouvee un soutien affectif dans le rite silent, intime de bruler de l'encens dans des moments importants, de grande joie, et certainement dans les moments de perte, de chagrin, de doute. La perte, dans toutes ses formes vastement differentes, me rappelle a un bel verre a pied, dont on a encore juste un exemplaire, dans un style un peu eccentrique, comme le dernier example unique, qui a su survivre. Ma mere avait toute une serie de verres a pieds en cristal, qui dataient du milieu du XIXeme siecle, et elle prenait une attitude assez arrogante quant elle les sortait pour les diners extravagants qu'elle avait l'habitude de faire a la maison pour son cercle de connaissances a la maison en Flandre, ou j'ai grandie. Je n'ai aucune idee precise ce que sont devenus cette collection de verres ciseles avec les initiales du nom de sa famille. Le chaos de la narrative de notre famille etait pour moi devenu trop a un certain point, et choisir de resister tout le chantage psychologique et me declarer libre de ce poids et ses mirages, etait une decision evidente en echange de ne pas perdre ma dignite et mon droit a l'independance, a mes propres choix, libre de manipulations. Le prix de l'anonimite et de me trouver bannie, meprisee pour mon courage, etait dur, de devenir encore plus invisible de ce que je l'etais deja, une fois prise la decision de quitter les avantages et privileges et visibilite attachee au nom de ma famille, mais, prendre la chance de l'avonture et ses interminables defis, d'etablir mon propre identite, a la fin, apres toute une vie de poete vagabond, anonyme, isolee, valait l'effort, et fut recompensee de facon unique, grace a l' esprit ouvert et la charite et sagesse de l'accueil kabyle. Toute une victoire, de me savoir la voix de poete liberee, relaclamee, ne plus soumise a des personnes dominantes, mal intentionnees parmi les membres de ma famille, et ceci, dans un sens reel, et symbolique aussi. Et interessant de noter, que dans ce cas, le vide, etait en meme temps la perte des illusions d'un heritage qui etait devenu un obstacle. La decouverte de mon propre identite, de la transformation de mon ame de poete, de ses visions, de ses inspirations et des influences, etait une espace dont le vide qu'avait laissee bannie de ma famille, n'etait pas lourd, une fois compris les pieges que son espace avait mise dans ses ombres cachees. Il y a donc deux sortes de vide: celui des espaces ouvertes qui permettent le vol libre de notre coeur, de notre esprit, et celui qui opprime, qui isole, qui rend impuissant, seul, qui nous emprisonne dans le poids, le desespoir de la solitude, de l'invisibilite tuante. Le vide qui ajoute un poids, est le vide douloureux, incomprehensible, qui avec ses espaces depourvues de sens, de contenu, de la chaleur, de l'intimite de la tendresse qui embrasse, qui assure, qui guerit, est un enigme existentiel, irresolu, un sphinx implacable, qui ne repond pas a la question urgente: comment et pourquoi?  C'est un vide de qui ses fantomes refusent de s'identifier, qui cherchent de nous mettre les chaines de la soumission, de codes de comportement devenus des habitudes ne plus pratiques ou rationnelles, devenues symptomatiques du dysfonctionnement dans une famille, si celles se transmettent d'une generation a la suivante. Le poids contradictoire, paradoxal de la solitude, tot ou tard, personne ne s'en echappe, on doit tous, tot ou tard, vaincre ses periodiques invasions. On s'ensort, avec la force du courage, et un peu de chance, au moins que le destin decide de nous condamner a une solitude endemique. Les sentiments du coeur connaissent bien sur, ce poids du vide qui rend lourd, comme quand on perd a une personnne aimee, pour toute une serie de raisons, le long le chemin de notre vie et ses hauts et ses bas. Je ne sais pas s'il existe un remede efficace pour combattre le chagrin du coeur, autre que de l'accepter, et d'essayer d'en comprendre ses dimensions, de lui ecouter, tolerer, ses cris souvent supprimes, et de ne pas en vouloir trop a la personne ou la situation qui l'ont cree, qui a mis la blessure brulante, penible au centre de la resistance de notre esprit, qui a su evaporer la joie et l'energie, que la tendresse sait donner a notre vie. A la fin, la rage, et sa revolte ne font rien que d'agrandir les flammes du feu de sa torture. La colere, sa tempete se calme avec la patience, avec la decision de pardonner, de changer direction, de quitter l'espace lourde du manque, avec humilite, avec dignite, et de croire que ce que tu souffres en regret, en douleur, peut - etre te rendras plus fort, plus flexible, plus capable de voir au - dela de l'evident, des illusions. Et ainsi, peut - etre, le courage de ne pas se rendre a la douleur, au chagrin, est une facon aussi de neutraliser l'enigme du poids du vide: la seule maniere de s'en liberer est d'arreter de l'eviter, et de le laisser telle l'eau le fait avec le courant fort d'une cascade, d'une riviere: rester calme, presqu'immobile, pour un temps, et le rocher qui est l'obstacle dans ton coeur, le poids lourd, avec le temps perdra ses angles dures, penibles, et l'eau de ton coeur, decouvrera que le rocher et ses angles, ses bords tranchants, coupants, devient un caillou rond, inoffensif, et que l'eau dans ton coeur, coulera petit a petit, a nouveau libre, fraiche, et avancera, tandis que le rocher, qui etait cause de l'obstruction mentale, physique, reste ou il etait, ne bouge pas, donc, ne te sais plus faire du mal, parceque tu n'es plus ou il est, tu as quittee son espace. Et voila, une possible facon de laisser derriere soi, ma Kabylie, le poids lourd d'un vide douloureux. C'est toi, en fait, qui m'a appris la chance de comprendre cet apprentissage, d'en pratiquer sa sagesse, sa patience, quand mon coeur saigne, quand une blessure lui dechire, lui tourmente, de simplement, humildement, avancer sur le chemin, qui, comme le savait deja le poete Sufi Rumi, se fait en marchant. Et comme a dit un jour le president Abraham Lincoln (1809 - 1865), qui a ete une influence majeure quant a l'abolition de l'esclavage de la population noire aux Etats Unis en 1869, suite de la fin de la Guerre Civile du pays entre 1861 - 1865, et son assassinat a l'age de 56: "Je marche lentement, mais je ne marche jamais en arriere." L'esprit resistant et tolerant kabyle m'encourage, de ne jamais perdre le courage, de garder le sourire, d'aimer d'avantage, n'importe le chagrin qui brule invisible au fond de mon coeur, les jours de doute, d'obstacles tetus, agacants.   

Trudi Ralston   


"Seulement l'amour et la mort changent toutes choses." - Kahlil Gibran (1883 - 1931), de son livre d'aphorismes "Le Sable et l'Ecume" de 1926. 

Wednesday, January 28, 2026

La Racine Nue: La Conclusion - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres"

         Recemment, j'ai commencee une nouvelle serie, "Au Carrefour des Rencontres" apres avoir finie le manuscrit pour mon livre "Les Ailes d'Aphrodite", qui sera publie en mars 2026. L'idee de rencontres me fut attirant, pour le fait que le monde devient plus petit, grace a l'evolution exponentielle continue de la technologie informatique, et devient plus vaste aussi, dans cette vague troublante de l'intolerance, de la violence, de la haine, qui cherche a separer les peuples, les cultures et rendre la terre une planete ou regne la terreur, le mal dans toutes ses formes deshumanisantes. Cela m'a donnee l'idee d'une racine nue, qui se bat pour la survie, sur un terrain qui lui est hostile, depourvu de la chance de se mettre solidement dans le sol, de se nourrir, de fleurir, d'atteindre son but d'etre un arbre, qui donne de l'ombre, des fruits, du renconfort pendant la sieste en ete, et aux oiseaux, qui s'unissent dans sa couronne pour leurs chansons, leurs echanges, et qui pour des generations consecutives est le temoin de recoltes reussies, de reunions de famille, de saisons de la vie vecues, entre grandparents, enfants, petits - enfants, de reflections pour les poetes, pour les reveurs, pour la chaleur du soleil, et la lumiere des etoiles, de la lune. L'idee de la racine nue, fait mal, quand on aime la terre, quand on connait l'effort des agriculteurs, de l'importance de leur connaissance, de leur sagesse, de leur coeur et esprit en harmonie respectueuse avec les lois de la terre qui nous donne la vie meme, qui nous nourrit avec ses recoltes, ses dons. Cela me manque de me sentir proche a la Kabylie, de ne pas savoir quand je vais pouvoir y retourner. Mes poemes sont une sorte de messages en code, qui ou essaient de couvrir sa tendresse, ou rendre bien visible, l'energie que me donne cet amour que je sens pour sa terre, pour son esprit, son coeur. Dans ce sens, le titre meme, "Au Carrefour des Rencontres" de cette nouvelle serie, est un souhait, une facon de me trouver un peu, comme la racine nue, seule sur cette scene de theatre de ma solitude qui se rend plus aigue sans elle, et que je ne peux pas eviter, ce qui me rappelle les mots du poeme "Va Jusqu'au Bout de ton Desir" de Rainer - Maria Rilke (1875 - 1926), de son livre de poemes, ecrit dans l'expression lyrique du neo - romanticisme, en 3 parties, entre 1899 et 1903, "Le Livre des Heures, I 59":

 "Toi, suis le chemin au - dela de ta memoire, marche vers les limites de ton desir. Prends ma forme. Prends feu comme une flamme et fais des grandes ombres, dans lesquelles je peux bouger. / Laisse tout t'arriver: beaute et terreur. Continue d'avancer. Aucun sentiment ne dure. Ne permets pas que tu me perdes./ Proche est le pays qu'on appelle la vie. Tu le connaitras par son poids serieux./ Donne - moi ta main."

 Il y a pas mal d'angoisse dans ses mots, mais ce qui domine, est le courage d'avancer quand - meme, de ne pas ceder a l'incertitude, la malaise existentielle. Donc, c'est ma conclusion: de continuer, de marcher, en avant alors, dans la brume de ce monde fou, dans le chagrin de me savoir loin, dans l'incertitude de presque tout en ce moment. Cela reste emouvant, apres toute une vie de solitude, d'avoir trouvee ma voix en Kabylie, et cela reste egalement penible, de ne pas savoir maintenant ou menera ce chemin, son pont loin dans la distance, et de noter que le monde, comme une piece de theatre, s'ennuie facilement, change d'acteurs, de scenes, ne pas parceque c'est une bonne idee, mais par impatience, par habitude, par l'effet que laisse comme une maladie infectueuse, l'indifference une fois que le temps seduit le courage, la sensibilite qui suit comme une colombe egaree, le coeur des poetes, des visionnaires. Et ainsi, la colombe, on la chasse, parceque l'innocence est une presence que peu savent tolerer a la fin, comme elle est tel un miroir, qui rend claires les vraies dispositions d'une personne. La racine nue, elle lutte, comme le coeur sensible, du poete, du chaman, de toute ame blessee, qui avance, souvent sans carte routiere pour ainsi le dire, sur le chemin du destin, qui parait avancer en arriere dans le monde contemporain, qui parait avoir aucun interet de se rappeler les horreurs du XXeme siecle, et qui au contraire, fait tout pour en repeter les etapes desastreuses. La terre meme, parait en colere, et nous visite avec des incendies, des inondations, des tempetes, qui continuent de devenir plus destructifs, plus severes. L'idee de la racine nue, liee aux arbres, dont on a tellement besoin, pour nous permettre l'air sain pour nous poumons, pour nous nourrir et proteger de la chaleur, est ainsi aussi un appel, de la part de la nature, qui voit la destruction des forets, des animaux qui y vivent, des recoltes qu'ils protegent du vent, et qui font une grande partie de l'alimentation humaine. La racine nue, comme idee poetique, de lutte existentielle contre l'absence de la charite, de la cooperation, de la tendresse et sa joie, son espoir, et aussi la racine nue, victime des abus que souffre la terre, cette terre et ses dons, ses fruits, des champs, des rivieres, des oceans, sans laquelle, on ne survivra le delire de l'avarice, et ses haines, qui nous risquent detruire, dans une piece de theatre dystopique ne plus sorti d'un livre, mais qu'on vit en ce moment, dans tous les coins de la terre, et il n'y a pas de sortie, ni de coulisses derriere lesquelles se cacher. Je dedie ce poeme a ma Kabylie, ma muse, qui me voit la blessure de la racine nue, et qui en est l'eau fraiche qui en lave le soif, la douleur epuisante, sa inconsolable solitude, de se savoir si proche a son destin, son but, son reve, de se reunir avec la terre qui lui donne la chance de se realiser comme arbre fier, sur: 


La Racine Nue 


Elle se defend comme elle peut, laissee seule sans remede, sur une plaine rocheuse, au milieu d'une tempete, au milieu d'un vent soudain, qui lui a enlevee sa place, sa chance, le but de son reve. 

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Elle se voit si fragile, on ne dirait pas que c'est elle qui donne vie a un arbre solide, si elle recoit la main qui lui guide vers terre fructive, ou elle pourra fleurir, donner, pour des annnees longues, heureuses, ses dons, qui vont nourrir toute une generation, toute une famille.

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Ell se parait au poete, au troubadour, au chaman en exile, qui font le circuit de ville en ville, qui dorment pres de portails vides, et pour qui le soif et la faim de leur coeur, de leur ame, les tourmente, comme la racine nue, qui tel un caillou roule le long la route, sans direction, sans destination, invisible.

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La racine nue, ce symbole de la terre qui souffre tants d'abus, notre terre qui pleure, qui voit cette detresse, contre laquelle tout coeur decent lutte. C'est la main de la personne gentille, qui aide, qui comprend, qui plante, donne a boire a la racine nue, desolee, mourante. 

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Ainsi est pour mon coeur la memoire, la gentillesse kabyle, qui m'a vu la racine nue de mon coeur de poete,  me l'a resuscitee avec sa charite, avec sa tendresse, l'a protegee contre le vent, contre le froid, contre les flammes, du temps et ses armes. 

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A voir, si tu resistes, le chaos du monde, la fatigue de l'indifference, le sortilege des routines, a voir si tu, ma muse kabyle, ne me perdes pas de vue la racine qui a fleurie dans tes soins. A voir, si tu te rappelles, de donner a boire a mes poemes, a leurs reves, leur espoirs, leur renforce la voix, le courage.

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A voir si elle, la racine nue maintenant soignee, devient arbre solide, et l'ombre de tes siestes, l'accueil pour un conte que tu vas reciter a tes enfants: d'une poete flamande, qui sur tes rives, a su devenir libre, fiere, sure, l'ame sauvee d'etre condamnee de mourir, telle une racine nue, rejetee, rendue impuissante, par manque, par soif, par tants de jours et nuits de tuante, de cruelle indifference.


Trudi Ralston         


L'information sur les vers du poeme de Rainer - Rilke, "Va jusqu'au Bout de ton Desir", de son livre de poemes "Le Livre des Heures" (1899 - 1903), courtoisie de Wikipedia dans une traduction de ce poeme, en anglais de Joanna Macy, dans " The On Being Project", de qui la traduction de ce vers en francais pour cet article, est la mienne.  

Monday, January 26, 2026

Le Frisson: Briser la Force de l'Habitude - dans la serie "Au Carrefour des Rencontres" - en hommage a Nacer Amari -

            Ce matin, le ciel froid est couvert d'une couche telle faite d'un pinceau saturee pour un paysage d'une peinture en huile. Cela avait l'effet de mettre un poids sur les ombres des arbres de la foret et du jardin, sous une pluie soudaine qui chercheait se laver les couleurs monochromes collees sur le souffle du jour. Cela me donnait une grande envie de poursuivre l'idee pour cet article, qui en fait etait aussi une facon d'exprimer le desir pour une conversation reflexive avec mon collegue photographe d'Aokas, Nacer Amari. C'etait au sujet de la volonte creative, de l'importance de rester vigilant quant a l'energie creative, de ne pas la laisser s'effacer ses visions, ses lumieres, dans un monde qui cherche de les mettre dans le noir, de les y aneantir. Ecrire est une des facons de traverser le sentier vers le monde interieur de nos pensees, de nos passions creatives, spirituelles, culturelles, de toucher les racines autrement difficilement visibles, definies. L'autre jour, j'etais inspiree d'ecrire un poeme au titre de "L'Image", qui essaie de decrire la sensation profonde, d'avoir la chance de se comprendre l'esprit, le coeur, l'ame, grace a un lien transformatif, comme la Kabylie me permet, et que la collaboration depuis 2020 avec le photographe Nacer Amari, m'a permis approfondir de facon exponentielle dans mes livres et dans mon art, ces derniers 6 ans. Les liens transformatifs dans le monde des arts sont puissants, et souvent complexes, controversiels aussi, et rarement evident quant aux circonstances, ce qui demande une sorte d'approche zen, entre energie exuberante et un besoin pour le calme, les moments de pause, pour voir clair dans toute l'espace que ce lien sait creer, et aussi demande. C'est le poete - romancier et dramaturge irlandais, auteur du roman gothique "Le Portrait de Dorian Gray" (1890) Oscar Wilde (1854 - 1900), qui fameusement a dit: "Sois toi - meme. Toute autre personne est deja comptee." Donc, c'est seulement en acceptant soi - meme, qu'on peut achever la liberte pour soi - meme et pour ceux qui nous entourent, et ainsi atteindre tout notre potentiel. En ecrivant ce poeme, "L'Image" j'ai senti un frisson, cette reaction physique de l'euphorie, face a une experience esthetique agreable, que le monde des sciences de la physiologie decrit comme: "un frisson esthetique ou psychogenique, c'est a dire une reponse psycho - physiologique envers un stimulus agreable, y compris la musique, un film, des contes, des personnes, des photos, et des rituels, qui souvent causent un etat agreable, avec la sensation du chair de poule, ou la dilatation des pupilles." C'est un effet qui ne dure que quelques secondes, mais qui donne l'impression d'une permanence affective memorable. Cela m'a pris toute une vie de me trouver sur la terre des Imazighen, specifiquement, dans mon cas, de la Kabylie, et de recevoir la chance de decouvrir l'inspiration que me donne la communication culturelle - litteraire - artistique avec le photographe Nacer Amari, qui continue de rendre clair le sentier de ma vie comme poete - ecrivaine et artiste, longuement isolee du confinement culturel, de ma vie aux Etats Unis depuis un jeune age. Apres avoir finie mes etudes secondaires au lycees pour filles a Roeselare d'abord, et apres a Izegem, suivant un souhait de mon pere je suis partie pour mes etudes universitaires au Texas, ou j'ai vecue dix ans, avant de rencontrer a mon mari de San Francisco, qui lui etait au Texas pour faire sa maitrise en psychologie, on s'est demenages vers l'etat de Washington, ou on vit depuis, avec notre fils, lui aussi ecrivain. Le monde des arts souvent est une espace ou les normes etablies sont mises en question, ce qui fait que les artistes sont souvent a l'avant - garde de nouveaux mouvements, et recoivent ainsi aussi pas mal de critique, de jugement, et de punition aussi, ceci dependants des systemes en place, pour leur audace envers la societe qui n'aime pas qu'on lui bouleverse ses notions de l'ordre, de la moralite, de son pouvoir sur le peuple et les ressources que l'assurance sur le conrole de la population permet aux classes sociales dominantes. Le surrealisme, l'expressionnisme, et le romanticisme et le baroque avant eux, sont des mouvements artistiques - sociaux qui ont eu un effet durable sur les conditions sociales - historiques, comme l'influence du surrealisme sur la naissance du mouvement du socialisme, et du communisme, et leur desir de defendre et proteger les droits des travailleurs victimes des abus de la machine industrielle, et les resultantes revolutions decisives, en Russie en 1917, en Chine en 1949, ainsi que les guerres pour l'independance en Asie, en Afrique - les pays de l'Amerique Centrale et l'Amerique du Sud avaient obtenu leur independance de l'empire de l'Espagne au XIXeme siecle - pour liberer ses peuples de l'oppression coloniale. Le surrealisme fut une reaction viscerale contre les horreurs de la brutalite des machines des armes de terreur, de la Premiere Guerre Mondiale, et l'expressionnisme contre la continuation des atrocites encore plus abominables, de la Seconde Guerre Mondiale, tandis que le mouvement du romanticisme du XIXeme siecle deplorait la destruction des ressources de la nature suite de l'introduction de la Revolution Industrielle qui avait vu son debut en 1790 en Angleterre, et le baroque du XVIIeme siecle fut une reaction contre les guerres brutales civiles en Europe, qui laisseraient la population decimee, epuisee, fragmentee et appauvrie par les ambitions des empires dominantes. Les arts sont l'appel a la conscience, comme le fut le monde du theatre de la Commedia del arte du XVIIeme et XVIIIeme siecles, qui etait une critique sagace des abus du systeme politique, entre autre en France, de la part du regne de la dynastie des Napoleon. La Kabylie m'a su me reveiller la voix de poete, et uni avec la sensibilite, intelligence et patience communicative et affective du lien avec Nacer Amari et son monde de la photographie de ses portraits et nature mortes et paysages de sa region natale, a su declencher la liberation de cette hypnose engourdissante sous lequel mon exile et perte de tant de famille m'avait mis l'energie creative, ma voix, ma liberte d'etre moi - meme, de devoir vivre les ailes de poete, et leur souffle, leur vol, saisi, pris en otage. Le frisson esthetique, est aussi un appel de ne pas ceder la volonte de vivre le coeur, l'esprit debout, ne pas endormi, ne pas soumis. La force de l'habitude peut parfois rendre impuissant a la vigilance dont a besoin l'inspiration creative. Briser la force de l'habitude, c'est une facon que le frisson nous touche, nous rappelle de refuser de devenir un robot, soumis. L'habitude de ne plus reagir, de ne plus questionner, de ne plus se rebeller, de ne plus douter le status quo, de permettre que les routines deviennent la matiere lourde sous laquelle on laboure, en corps, coeur et esprit, rendu muets, et ainsi, invisible, reduite a une ombre, une brume de qui ne restera plus rien, qui disparaitra, comme ca, dans la brise du va et vient des jours, des nuits. Se construire une voix, venue des profondeurs de notre vie interieure, ses explorations, ses detours, ses peines, ses espoirs, ses talents, et de la pouvoir rendre audible, et en expression visible dans le monde exterieur, quotidien, ses exigences, ses hypocrisies, ses demandes, ses rites, et ses limitations, m'a demandee toute une vie. Sa construction se realise, se continue dans l'accueil de l'esprit chaman de la Kabylie, et le poeme "L'Image" decrit cette evolution, cette grace de laquelle les rencontres intellectuelles - artistiques - litteraires, a longue distance en plus, avec mon collegue artiste kabyle Nacer Amari, me permet en comprendre sa structure, son denouement, son processus, comme etre permis dans le studio d'un sculpteur qui me fait une image de ma personne, et qui me fait comprendre qu'avant cet evenement essentiel, je n'avais pas recu la chance de me connaitre, ni a mon monde interieur quant a ses experiences complexes, ni a l'expression de mon temperament affectif - social, ses gestes, ses nuances, sa totalite. Ce qui me rappelle encore a la piece de theatre que j'ai vu sur une serie de television en Flandre, comme enfant. Une piece de theatre pour la jeunesse, qui raconte l'histoire d'une jeune fille emprisonnee dans une tour, ou elle decouvre une petite boite avec un mirroir. Elle pense, n'ayant jamais avant vu la reflection de son visage, qu'il y a une fille prisonniere dans la boite. Ainsi, est pour moi la sensation de ce qu'a fait pour moi, le coeur kabyle, son esprit, sa sagesse, sa nature, sa mythologie, son courage, son accueil, qui s'est unie toutes ces attibruts sprituels dans la force transformative du lien professionnel artistique avec le photographe Nacer Amari d'Aokas. J'essaie depuis d'en comprendre l'effet continu de cette grace, de la part de son esprit et sa sensibilite creative - affective que possede mon collegue, qui au contraire d'y appeler attention a ce phenomene qui est pour moi un privilege, prend une attitude d'une discretion et humilite totale, comme est ne pas atypique pour les personnes qui possedent, sans l'annoncer, le don de chaman, de guide spirituel. Ce qui me rappelle les mots du poete perse Sufi, Jalal al - Din Muhammad Rumi (1207 -1273), dans un de ses poemes sur le besoin de rester vigilant, de ne pas permettre que notre esprit s'endort, de rester rebelle, en vie, a 100% : "Au - dela des idees du bien et du mal, il y a un champ. Je t'y rencontrerai. Quand l'esprit s'y etend dans son herbe, le monde est trop pour en parler. Les idees, de langue, meme la phrase "L'un l'autre" n'y tiennent aucun sens. La brise a l'aube a des secrets a te raconter. Ne te rendors pas. Les gens vont et viennent sur la traversee ou les deux mondes ( le monde concret, et le monde spirituel) se touchent. La porte est ronde, et grande ouverte. Ne te rendors pas." Ce vers est du poeme de Rumi "Une Grande Carrosse." Le poete irlandais, Oscar Wilde, a qui je mentionne dans l'introduction de cet article, a dit aussi: "La verite est rarement pure, et ne jamais simple." Pour moi, la verite incontestable quant a l'importance sur le reveil de mon esprit creatif, sa reprise, sa relance, de ma voix comme poete, et artiste, qu'y joue la Kabylie, comme acteur central dans la piece de theatre qu'est la vie, est fascinante, et que cette importance a trouvee sa clarte, sa profondeur, et sa catharsis, dans le lien qui traverse trois continents, avec le photographe artiste d'Aokas, continue de laisser son influence decisive dans mon energie creative, et me laisse completement fascinee, captee par la force, l'insistance de sa presence, qui parait emaner d'une source spirituelle ancienne, sacrale, comme seulement le sait faire le coeur battant d'une culture qui remonte des milliers d'annees, comme les cultures originaires de l'Afrique du Nord, des Hommes Libres, des Imazighen. Ma voix m'a ete donnee, sa liberation, sa joie, son expression vibrante, exuberante, par l'esprit chaman qu'est pour moi la Kabylie. Je ne peux pas le repeter avec assez d'insistance. Ne pas le faire, ne pas le reconnaitre, serait une grave omission quant a la force ancestrale - mythologique et ses dons de l'heritage culurel kabyle. Ce poeme est en hommage, en humilde reconnaissance de ce lien immensement profond, que continue de me donner, la Kabylie, et la sagesse, son attitude plutot effacee, un peu bouleversante des fois, d'un collegue qui vit si loin et qui laisse desormais, malgre cet obstacle et limitation considerables, un impact proche, profond, tangible direct, sur le monde de mes poemes, de mes articles et de mes livres, et de mon art. Voila mon poeme, en hommage, qui exprime ce frisson esthetique, qui brise l'hypnose de la force d'habitudes tuantes, mortelles contre laquelle doit se battre, avec toute sa force, l'energie creative du monde des arts, cette ultime frontiere contre l'absurdite sans pause de la vie du XXIeme siecle et ses troubles angoissantes et dehumanisantes: 


L'Image


Elle se fait en silence, cette image que le miroir de ton regard, de ton esprit me presente. Avec calme, avec discretion, tu delignes mon coeur, mon ame, qui montre mon image, que tu as vu s'approcher il y a longtemps avant qu'on s'est rencontree. 

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Comme la sculpture qui estime le message lui confiee par sa muse, tu m'as su garder les pages du livre qui garde l'histoire de mon exile. Je me trouve devant son miroir voyant, et la brume de sa surface lentement s'eloigne. 

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Dans la clarte lisse qui y maintenant est visible, tu m'introduis a ma personne, m'en unit les experiences, leurs divergences, qui se sont retrouvees sur les rives kabyles. Lentement, je respire, l'air frais, doux de l'espace chaude, sa lumiere, sa sagesse. Je sens tout mon etre se reveiller, prendre forme decisive. 

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Sans jugement, tu donnes vie aux contours de mon image, sous la lune et le soleil de ta terre ancestrale. Ainsi mes poemes et leurs inspirations connaissent, pour la premiere fois depuis mon enfance, mon adolescence, la joie, le bonheur de me savoir visible, en paix, detendue, chez moi, libre. 


Trudi Ralston   


L'information sur les vers du poete et mystique Sufi perse, Jalal - al Din Muhammad Rumi (1207 - 1273), sur le poete - romancier et dramaturge irlandais, Oscar Wilde ( 1854 - 1900), et sur le phenomene psychophysiologique du frisson esthetique, courtoisie de Wikipedia. La traduction des vers de l'anglais en francais, de Rumi et d'Ocar Wilde, est la mienne.