Thursday, March 15, 2018

L' Invitation : Les Visiteurs Liliputiens du Monde de Fleurs de Djamil Diboune

Aujourd'hui, le 15 mars, Djamil Diboune a  partage un album charmant de fleurs sauvages, qui continue la celebration printanniere auquelle nous invite le photographe de la nature avec cette collection de 17 prises. La segonde photo est de 3 fleurs Osteospermum, qui sont originaires de l'Afrique du Sud, et dans la famille de Asteraceae, dont les tournesols sont dans la meme tribu botanique. Connu sous le nom de Marguerite africaine, la photo montre les fleurs qui attirent l'oeil avec leurs petales blanches et coeur bleu fonce, sur un fond noir qui donne un effet d'une peinture moderne post - expressionniste. Je pense specifiquement au mouvement du Realisme Magique, initie par le critique de l'art allemand Franz Roh, et dont le terme etait utilise pour la premiere fois en 1925 et a la peinture de 1926 de Anton Raderscheidt, " Tulpen auf der Fensterbank " :  " Tulipes sur la Fenetre ". La peinture montre deux tulipes blanches dans une vase noire, un exemple inequivoque du realisme magique, et la photo artistique des marguerites africaines de Djamil Diboune en est une representation parfaite. Comme reaction a l'expressionisme, le realisme magique voulait se re- concentrer sur l'importance d'apprecier l'autonomie du monde objectif, de voir la magie dans le monde normal, qui peut se reveler comme fantastique et fascinant. Je vois souvent des touches de ce realisme magique dans la photographie de Djamil Diboune, dans sa passion pour la realite concrete de la nature, qu'il sait infuser avec des touches sublimes dans la finesse avec laquelle il presente sa vision artistique, et la segonde photo des marguerites africaines en est un tres bel exemple, avec ses lignes et couleurs claires, sobres, disciplinees, sur un fond discret et non - invasif. La cinquieme photo montre ces memes trois fleurs d'une autre perspective, pas de face, mais de haut, avec le detail ingenu d'un petit insecte qui visite la segonde fleur, et le meme fond minimum, mais cette fois creant un effet de brosse de peinture d'aquarelle de couleur pale vert et cremeux. Le detail de l'insecte minuscule ajoute une ambiance de la renaissance du Nord dans la peinture flamande du 15ieme jusqu'au 17ieme siecle, ou les details etaient celebres dans une representation presque interminable de precision, avec entre autres des animaux a grande distance dans un ciel enorme, et des personnages et edifices sur un fond lointain, comme pour magnifier le talent observatif de l'artiste et sa capacite de reproduire le monde humain et naturel autour de lui dans tous les details les plus petits, auquel l'art du vingtieme siecle, avec l'impressionisme, le surrealisme et expressionisme reagisseraient avec insistance audacieuse et revolutionnaire. La troisieme photo de Djamil Diboune montre un exemple singulier de cette capacite qu'a le photographe de la nature kabyle d'integrer plusieurs principes esthetiques dans une photo : la photo montre trois fleurs sauvages d'une couleur et de petales delicates lila, au but d'un seul tige, et perche sur la segonde fleur, buvant du nectar, il y a un petit insecte marrant, son posterieur en l'air, se balanceant soigneusement sur la petite fleur. L'effet est d'un charme desarmant, un effet a la fois du realisme magique et de la renaissance inclusive. Les lignes sont peu, et precises, le fond flou mais uniforme dans une couleur verte qui est un contraste reussi avec la couleur delicate des petites fleurs, et les lignes noires de la carapace de l'insecte, avec ses yeux rouge fonce grands et son proboscis prononce. La photo est une invitation elegante pour prendre un moment d'apprecier cette scene du monde naturel, ce moment d'un monde souvent invisible pour l'homme moderne toujours presse et impatient, de la part des visiteurs gracieux liliputiens de monde des fleurs que le talent de Djamil Diboune partage avec nous, juste comme il partage les montagnes imposants, les couchers de soleil panaromiques, ou l'enigme de l'espace qu'est le desert.
Cette collection de fleurs cueillies par l'oeil creatif precis du photographe du jardin riche de la nature en Algerie, a une serenite, une atmosphere de paix, de patience rassurante. C'est une promenade toute silencieuse, toute calme qui celebre la nature, et son realisme magique de toutes les saisons, de tous les moments, tout aussi precieux dans ses formes les plus diminutives que dans sa grandeur transcendentale.

L'information sur le mouvement artistique du realisme magique, courtoisie de Wikipedia.
L'information sur la peinture flamande de la Renaissance, courtoisie de conversations avec mon pere, Charles - Louis Desender ( 1930 - 2008 ), et courtoisie de Wikipedia. 

Wednesday, March 14, 2018

La Breche du Barrage : Un Poeme pour Djamil Diboune

Fort, impenetrable, ce barrage mis autour de moi, par la vie,
par le passe implacable, par les braves gens ici, et un peu partout ou m'a mene le destin.
Difficile de respirer, difficile de voir les promesses de l'horizon derriere un mur si grand et dur.
Porte - toi bien, faut pas demander trop de tes talents sauvages et brulants.

Mais, le barrage n'a pas compte sur cet aigle qui est venu me voir de l'autre bout du monde
avec ses tableaux brillants, grands, comme une chanson de joie et espoir.
Des montagnes de la Kabylie, sans bruit, sans pretensions, m'est venu la musique de mon ame
que je pensais endormie et perdue.

Qu'est ce que je m'enfou si le monde est maintenant jaloux que j'ai mes ailes liberees,
le portail de ma prison grand ouvert, dechire, et loin de mon haleine.
Je vole, femme et poete ne plus prisonniere du dragon afame du passe.
La breche du barrage est complete, et voila que vient cette riviere farouche de mes mots et reves
qu'a compris et su embracer sans gene ou peur, un artiste fier et sur berbere.

Vive la liberte de mon esprit! Vive la joie de mes ecrits!
Vive l'energie irrepressible et beaute intemporelle de votre art!
Que les aigles et les montagnes recoivent avec coeurs ouverts
cette riviere grande, pleine de force et lumiere, qui coule imparable
vers la mer sans frontieres.

Trudi Ralston. 

Monday, March 12, 2018

L' Ivresse de l'Espoir : Les Oiseaux Aquatiques de Djamil Diboune

Le moment choisi est tout. J'ai pense a ces mots appreciant l'album de hier de Djamil Diboune, une serie de 21 photos d'oiseaux aquatiques. Hier, ici a Olympia, le soleil est sorti a pleine force, on dirait un jour d'ete, c'etait fabuleux, cette poussee d'energie que donne la joie de l'arrivee du printemps. L'album du photographe de la nature etait parfait pour ce moment de joie, d'espoir. Ca me donne un petit chocque agreable, ces albums pleins de joie et couleur que sait creer l'artiste kabyle. La premiere photo montre une cigogne blanche, ciconia ciconia avec son nom scientifique. Quel beau symbole pour celebrer le printemps, cette belle photo energique de cet oiseau aquatique, que Djamil Diboune montre en plein vol.  La cigogne blanche est un animal intelligent qui se reproduit en Europe, nord vers la Finlande, le nord - ouest de l'Afrique et l'Afrique du Sud. La cicogne blanche hiverne en Afrique, du Subsahara tropicale a l'Afrique du Sud, et la segonde espece de la cigogne blanche, la cigogne asiatica, reproduit en Turkestan et hiverne en Iran jusqu'a l'Inde. La cigogne blanche, avec ses ailes grandes dramatiques, aux doigts et contours noirs et son bec et pattes rouges longues , qui lui donne l'air d'un pterodactyle modernise, utilise les thermiques d'air pour s'enlever dans les airs. Ces oiseaux evitent de traverser la Mer Mediterranee, et font le detour a travers le Levant ou le Detroit de Gibraltar, parceque les thermiques d'air desquels ils dependent, ne se forment pas au- dessus de l'eau. C'est un oiseau dont existent des fossils qui remontent a entre 24  et 6 millions d'annees. Il existent plusieurs especes de cigognes, dont le plus grand, le marabou, a une hauteur de 152 cm, et peut peser 8.9 kilos, et le plus petit, la cigogne Abdim, tient une hauteur de 75cm, et pese seulement 1.3 kilos. La cigogne est un animal qui se trouve partout, avec l'exception des poles, la plupart de l'Amerique du Nord et grands parts de l'Australie. Le jibaru est la cicogne la plus grande de l'Amerique Centrale et Sud, l'oiseau segond en taille apres le legendaire condor. L'Afrique a un grand numero de cigognes :  la cigogne Marabou, le nom Marabou venant de l'arabe, signifiant " Derviche avec superpouvoirs "; il y a une cigogne africaine tres belle, la cigogne selle, dont existe une espece soeur en Asie, la cigogne au cou noir. Aussi originaire de l'Afrique est  l'ibis Tantale, de son nom scientifique : Mycteria ibis, qui a un grand bec jaune qui courbe a la fin.  Une cigogne noire africaine, l'Anastomus lamelligerus, est une cigogne impressionnante, pour sa couleur dramatique qui parait augmenter la grandeur de ses ailes, et pour son bec qui a au milieu une aperture qui permet l'oiseau de manger sa nourriture favorie, des grands escargots aquatiques. Le bec unique permet la cigogne de separer l'escargot aquatique de sa coquille.  Il y a aussi la Cigogne episcopale, et il y la cigogne la plus petite en taille, la Cigogne Abdim, nommee ainsi pour le gouverneur turque du 19ieme siecle de Wadi Halfa au Sudan. Cette cigogne est tres interessante pous son habitude de chercher des incendies desquelles les oiseaux prennent les insectes et rongeurs, quand ceux fuient le feu. C'est apparemment un spectacle unique de voir des centaines de cigognes Abdim  sortant du ciel dans ces moments. Il y a aussi la Ciconia negra, la cigogne noire, avec son bec et pattes rouges. Finalement, il y a la cigogne honoraire, le Balaeniceps rex, une cigogne tres grande, dont le nom populaire de la cigogne de bec- en - sabot du Nile, se refere a la forme de son gros bec. Cet oiseau enorme a maintenant sa propre famille, la famille de Balaenicipitidae, et a une taille de ceu a bec de entre 100 a 140cm, et une envergure de entre 230 et 260cm. Ayant faite cette revue impressionnante des cigognes en Afrique, inspiree par la photo de la cigogne migratoire blanche de Djamil Diboune, est un enseignement riche et bienvenue de cet album d'oiseaux aquatiques du photographe de la nature toujours fascinant. 
La segonde photo montre, aussi en plein vol, un aigle botte, et la troisieme photo, un aigle de Bonelli. Il y toute une gallerie de mouettes, comme la Mouette Adouin, et deux belles photos de la Mouette mediterranneenne toute blanche. Il y a la Mouette de Pallas, dont il y a trois photos : un oiseau blanc, avec les pointes des ailes noires, et une tete noire, la couleur noire coupee a la nuque, qui elle est toute blanche aussi. Il y une photo dynamique de trois Larus armenicus, la mouette armenienne, avec le dessin de couleurs nuances en gris, blanc et noir de ses ailes. 
Cet album varie de Djamil Diboune est temoigne encore de la riche bio- diversite de l'Afrique du Nord, et specifiquement dans ce cas, de l'Algerie. Cet album du photographe de la nature berbere est  une collection joueuse d'oiseaux desquels il nous veut faire connaissance a travers son oeil precis et sa vision artistique passionnee. Quel album agreable et instructif pour le debut du printemps : des oiseaux aquatiques en vol, prets pour l'aventure de la saison qui annonce a nouveau la renaissance cyclique de la vie partout dans la nature, et jamais avec plus d'energie et espoir que pres de la mer et sa puissance intemporelle, capturee dans cette serie de photos debordant de vie. 


L'information sur la famille de Ciconia ciconia, et toute sa famille en Afrique, courtoisie de Wikipedia, ainsi que l'information sur l'aigle botte et l'aigle Bonelli.
 L'information de l'article de 10,000 Birds " The Storks of Africa " avec des photos precises, de l'ornithologue africain Adam Riley, a prouve tres valable quant a l'appreciation de la beaute et la vie des differentes cicognes en Afrique dans leur habitats specifiques.   

Saturday, March 10, 2018

Carnet de Mustapha : La Passion Rebelle quant au Destin.

Il y a un passage dans le roman archetype immortel " Nedjma " ( 1956 ) de Kateb Yacine ( Constantine, 1929 - Grenoble, 1989 ) auquel je retourne comme a un chant hypnotique :  " Carnet de Mustapha  ( suite )," sur les pages 198 - 202. C'est un monologue d'un des quatre protagonistes, Mustapha, qui denoue le destin de Nedjma dans des termes exactes et sans pitie. C'est une analyse a la fois psychique et existencielle qui laisse un froid glacial pour sa verite ineluctable quant a la destruction nefaste de la deracination de cultures soumises a la colonisation perpetuelle. Je lis ce passage a haute voix, pour sa force de chorale ancestrale. Je connais bien les ecrits anciens de Platon, de Socrate, de Aeschylus, Sophocle et Euripide, ayant lu leurs oeuvres dans la langue originelle comme etudiante au lycee en Belgique. L'emotion devant ce passage en " Nedjma " ou Mustapha lamente le destin de Nedjma, a un pouvoir bouleversant.  Je sens une reverence face a ces mots, une indignation profonde, une passion volcanique face au faits incontestables du poison mortel que produit la colonisation de peuples fiers et brillants, soumis, prives de leur dignite et but, de leur identite et futur, meme de leur passe. Le fait que Kateb Yacine a su donner vie a cette tragedie dans le caractere d'une jeune femme, de qui a ete vole le moindre espoir a la liberte, rend le passage encore plus dechirant. Si le monde tient debout, d'ici 500 ans, on lira  encore a " Nedjma " et ses passages hallucinants partout dans les universites et leur cours literaires . C'est un passage qui donne un coup ravageux a la notion que le colonialisme pourra jamais effacer ses crimes mortels.
Pendant mes 40 annees aux Etats Unis, j'ai perdu compte des instants ou le malentendu, l'indifference, l'ignorance ou le mepris a blesse mon amour - propre. C'est bien que ce soit ainsi, cela m'a fait penser souvent a tous les immigrants du monde qui sont meprises pas pour le fait seulement d'etre immigrants, mais pour leur identite, leur race, leur culture. Dans mon cas, c'etait justement l'ignorance banale... Le mepris envers les immigrants de l'Afrique du Nord que je me rappelle comme enfant, avec des signes  " Interdits aux Nord - Africains " dans les vitrines de restaurants et magasins a Bruxelles, est un mepris que je n'ai pas souffert. A travers mes amis et amies noirs ici et auparavant au Texas, je connais le mepris de blancs racistes envers eux, et la passion et intelligence des livres de Kateb Yacine, et aussi la musique de Rachid Taha  m'aide a comprendre la peine de belles cultures qui sont meprises pour le simple fait de ne pas etre blanc ou chretien. " Nedjma " brule comme une blessure dans sa trance visionnaire, c'est un livre qui s'impose a travers sa franchise feroce, sa langue celebrale magique et la fureur de ses convictions. La description hallucinatoire que Kateb Yacine elabore de Constantine ou un autre des protagonistes, Rachid, languit sous l'influence de la drogue est inoubliable et terrifiante. Tout dans le livre hurle le desastre et le neant du colonialisme implacable, ce mal qui deracine toute identite, tout espoir autochtone. L'agonie dans ce livre est sublime, une agonie tetue et jalouse de sa force, de son courage et defi.
Ici la nuit est tombee, il faisait chaud aujourd'hui, il y avait un ciel clair, bleu, un vent doux.
Epuisee et attendrie par la relecture de ces passages intenses de " Nedjma ", je cherchais les photos du desert du 7 mars de Djamil Diboune, ces 10 photos lisses, calmes, avec leurs touches d'une ambiance surrealiste, qui rassurent par leur confiance. Jaime beaucoup son courage pour la beaute, pour la lumiere, pour la joie, et pour la poesie de la nature dans le coeur du photographe de la nature kabyle. Dans ces deux extremes de l'esprit berbere, du venere ecrivain rebelle et nomade de l'exile Kateb Yacine, au idealisme resolu, fier et ardent de la photographie de Djamil Diboune, j'ai trouve la conviction au droit a la dignite et liberte de mon esprit creatif et intellectuel.    

Friday, March 9, 2018

Le Delice de la Promenade des Fleurs de Djamil Diboune

Le 7 mars, et encore le 9 mars, Djamil Diboune a partage deux albums de fleurs qui sont une merveille de couleur et grace. L'album du 7 mars a 29 photos, dont la sixieme prise montre un groupe de fleurs qui parait appartenir a un reve, pour sa beaute. C'est une photo d'une grappe de lys exotique, de petales d'un blanc albatre, avec des coeurs d'un bleu pale. L'effet est eblouissant, ravissant, du point de vue visuel, mais aussi emotivement, le delice de voir une fleur auparavant jamais vue, ce qui donne un petit frisson pour la surprise charmante d'un partage inattendu. L'album est une collection de fleurs sauvages, comme la fleur de grenade, la charmante oxalis pes - caprae, connu sous le nom de bouton d'or, le doux alysse, la lavande espagnole, chacque fleur un tableau unique, celebrant le retour du printemps, comme les belles photos 22, 27 et 28 des delicates grappes de fleurs du Viburnum tinus, ou Laurustinus, qui donnent l'impression de broches romantiques, de cette plante originaire de la region mediterranee europeenne et de l'Afrique du Nord, avec ses petites fleurs au doux parfum, qui donnent des baies blues foncees.
L'album d'aujourd'hui de 28 photos de fleurs est une continuation de fleurs sauvages, avec un effort specifique de capturer les details de fleurs de champs, que Djamil Diboune nous montre avec toute la delicatesse de peintures a l'aquarelle. L'album a un charme nostalgique, qui me rappelle les cahiers de peintures a l'aquarelle de ma grandmere. Elle avait une predilection pour Chopin et la peinture, surtout de fleurs sauvages, des petites peintures delicates, sur du papier de cahier, qu'elle faisait comme jeune femme avant son mariage, qui lui donnerait le soin de six enfants et peu de temps pour l'art. Le cahier a une douceur hors du temps, avec ses peintures fines et precises, faites dans des moments rares et priviliges de solitude. La precision des tableaux de fleurs de champ qu'a su creer Djamil Diboune est impressionnante parceque c'est une celebration de la beaute detaillee de la nature avec son abondance que le monde moderne souvent est trop presse ou trop insensible pour apprecier. A travers la patience de l'oeil artistique du photographe de la nature berbere, des emotions profondes envers les aquarelles de fleurs de champs de ma grandmere d'il y a cent ans, ont acquises une nouvelle appreciation pour ce fragment precieux de mon passe si loin a l'autre bout du monde.
Le talent de Djamil Diboune est comme un joyau  impeccable qui continue a donner des couleurs nouvelles chacque fois que la lumiere le touche, et qui inspire le coeur et l'ame avec des nouvelles nuances qui nourrissent l'espoir, la dignite et l'energie. Voila la magie de l'art transformatif : les promenades a travers de ses albums, avec le photographe de la nature de la Kabylie, sont toujours une chance de decouvrir, de comprendre, d'apprecier le tresor de la nature et notre place dans la vie aussi, a travers le journal de son camera dans cette belle region du nord de l'Algerie. Ses deux albums de fleurs sont des poemes, qui chantent avec une melodie digne de la richesse de l'art, a la fois universel et individuel dans sa sagesse, qu'est toujours la photographie de Djamil Diboune.   

Thursday, March 8, 2018

Djamil Diboune : La Rupture du Sort Malefique

Il y a une tres belle chanson que fait le jeune chanteur kabyle Bilal Mohri, " Hommage a Slimane Azem ", dont l'ambiance de reverence me rappelle l'amour de Slimane Azem pour la beaute de la nature de l'Algerie. Quand j'ai entendu pour la premiere fois " Algerie mon beau pays" la souffrance de l'exile qu'evoque le chanteur de la Kabylie m'a profondement emue.  Les nouveaux albums du photographe de la nature, Djamil Diboune, celebrent cette nature en Algerie avec une joie libre et grande. La Kabylie est aussi la region natale du photographe, et c'est impressionnant le talent qui continue de se repandre de cette terre berbere, c'est vraiement un phenomene.
La photographie de Djamil Diboune invite la musique, a travers le silence des images resonne une melodie incontestable qui a un pouvoir au - dela d'un impacte purement visuel. Le photographe de la nature a 4 nouveaux albums, ca traduit a 83 nouvelles photos, plus quelques photos extras. La dedication a son art est une inspiration en soi, cette passion pour la beaute, c'est toujours un tonique pour l'ame et le coeur. Un element de ses photos qui continue a fasciner est la presence toute puissante de la lumiere, qui est comme la quatrieme dimension dans les albums de Djamil Diboune. La troisieme serie, de 14 photos dans les albums d'aujourd'hui, des couchers de soleil, sont de tres bons exemples de cette capacite, ce touche hypnotisant de fondre les lignes entre ombre et lumiere, comme dans la troisieme photo, ou les couleurs dorees du jour qui disparait, et les lignes foncees de la nuit qui s'annonce, se fondent avec precision de l'oeil et technique du photographe a l'unisson singuliere, un truc pas evident. Le meme effet est produit dans la cinquieme photo, qui devient comme un arc en ciel a l'envers, ou les couleurs sont intenses comme dans une peinture de l'huile, et ou il y a une maitrise du noir en balance meticuleuse des couleurs jaunes, oranges, bleus et meme blanches des nuages et ciel, on peut meme apercevoir les nuances de la couleur noire des collines . Ca a du etre une photo extremement difficile a faire, et elle souligne encore une fois la discipline exquise de Djamil Diboune quant a sa photographie. Cette meme discipline se montre dans la onzieme et douzieme photo. Ces deux tableaux brillent comme le feu de lave dans leur presence de lumiere orange et rouge illuminant les tenebres de la nuit.
Le segond album d'aujourd'hui nous mene de la passion de la lumiere et ses ombres, a la serenite de paysages montanieres dans la fraicheur du fin de l'hiver qui annonce deja les couleurs jeunes du printemps. La qualite emotive des paysages montanieres de Djamil Diboune me fascinent toujours. Le photographe de la nature berbere sait capturer la qualite imposante des montagnes dans le nord de l'Algerie, ainsi que leur esprit reconfortant et apaisant. Ses photos de montagnes me donnent le mal de pays pour un pays dont  je ne connais la nature jusqu'a maintenant qu' a travers la beaute genereuse de son art. La segonde photo avec de la neige visible au premier plan, me fait m'imaginer la, entendant le bruit muet de la poudre blanche sous mes pieds, aspirant l'air froide et fraiche de l'air montaniere, dans cette vallee immense, belle, seule, intemporelle. La cinquieme photo dans cette serie de 30 prises a le meme effet, ainsi que la dixieme photo, qui montre un moment de repos entre deux rochers, couvert d'arbres et arbustres verts, frais, un tableau qui invite le desir d'une randonnee. Il y a un espoir dans cette serie de photos, une innocence joyeuse, comme dans la vingt- cinqieme et vingt- sixieme photo, ou la couleur verte domine les tableaux, dans une celebration printanniere, qui vibre avec une energie optimiste. La photographie de Djamil Diboune est un remede infaillible contre la melancholie et le fatalisme, ce qui en soi, apart de toutes ses qualites artistiques rend sa photographie unique. La depression et le pessimisme sont l'ordre du jour un peu partout sur cette terre. Biensur, les circonstances sur notre planete sont moins que riche de promesses, mais, la magie d'un esprit de volonte de fer comme le montre Djamil Diboune dans son art est une recette bien venue de mon point de vue. La rupture du sort malefique, qui a le courage de jetter avec toute la force les energies nefastes qui veulent nous convaincre que rien ne va changer ou se resoudre, ca c'est une revolution digne de l' esprit berbere. La Kabylie est l'univers des hommes libres, une region qui a survecu toujours et continuera de survivre malgre les intentions les plus determinees d'aggresseurs du passe et du present. Djamil Diboune est dans son art un rebelle, parcequ'il s'enfou pas mal des spasmes du pessimisme que le monde veut qu'on avale tous, avec ou sans sucre, selon les intentions ou la patience douteuse des charletans du moment.    

Sunday, March 4, 2018

Promesses de Printemps : Conversation avec une Muse Berbere

Hier on a eu un jour merveilleux de soleil et chaleur, un cadeau des cieux apres des semaines de pluie et grisesse deprimante. On est sorti , mon mari et moi, au jardin, pour commencer a nettoyer le debris qu'a laisse l'hiver, des tas de branches mortes apres des vents un peu forts la semaine passee. C'etait si bon d'etre dehors, de sentir la chaleur bienvenue du soleil sur mon visage, de respirer profondement  l'air fraiche du ciel bleu brillant, d'entendre les chants joyeux et impatients d'oiseaux dans les arbres du jardin et de la foret. Il y avait un parfum froid mais agreable dans la terre, et on commenceait a nettoyer pour planter des fleurs fraiches, des pensees et primeveres, dans des couleurs brillantes de rouge, jaune, bleu, et pourpre. L'energie d'etre au jardin parmi la nature qui commenca a se reveiller a nouveau apres un hiver monotone et sans couleur a traverse mon sang et coeur, et je me mis a fredonner la melodie d'une des chansons du jeune chanteur kabyle, Bilal Mohri. Je m'imagineais dans les montagnes en Kabylie, ecoutant l'echo de sa belle et forte voix, et j'y entendais libre et grande, la voix de Taos Amrouche. Plus que j'apprends sur la culture et histoire des berberes, plus que je suis fascinee. Je pensais au livre " Nedjma " , ce livre complexe et difficile, qu'avait ecrit Kateb Yacine quand il avait 28 ans, un accomplissement impressionnant pour un jeune ecrivain, vu la complexite historique et intellectuelle de l'Algerie, qui me parait comme une fleur de lotus :  chacque couche de petales revele encore un autre. L'Algerie est un pays enorme, et un pays de complexite enorme, l'ombre de son passe traumatique n'est jamais tres loin de ses angoisses et espoirs pour son futur. Je pourrais lire et relire " Nedjma " pour le reste de ma vie, et il resterait toujours des questions, des fantomes, des mysteres et contradictions quant a l'ame algerienne et ses enigmes culturels et spirituels. Je lis en ce moment aussi un des livres de Amin Zaoui, et je cherche les livres de Louenas Hassani et le veux lire aussi Karim Akouche, pour m'aider sur ce chemin de decouverte du territoire ambigu de l'ame algerienne berbere- musulmane. La decouverte de la photographie de la nature de Djamil Diboune sera toujours pour moi la porte qui a ouvert ce voyage fascinant, et qui a touche une place profondement personnelle dans l'histoire de ma vie comme poete et auteur, une vie qui connait le gout amer de la perte de racines et identite. Dans l'extase de la beaute de l'art du photographe de la nature kabyle, mon ame a trouvee un chemin vers une redecouverte de mon etre complexe exile de ma famille et de mon passe. Djamil Diboune a travers le beau silence de son art photographique m'a fourni une cle pour ouvrir le coffre ou etait perdu l'histoire de Trudi, nee Geertrui Wilhelmina, loin de Washington, loin du Texas. Dans sa photographie j'ai su trouver la raison pour l'odyssey de ma solitude, le sortilege de mon exil invisible, et la force de ma passion. Le besoin de ma fierte epineuse adoucit dans le theatre solemne des tableaux de ses montagnes et rivieres, de ses couchers de soleil et mysteres du desert du photographe berbere. Le chemin de son art m'a mis sur le chemin d'une paix et joie inesperees, inattendues, cru perdues pour la vie. Difficile alors resister d'aimer une telle muse berbere.
Comme adolescente de 14 ans, la decouverte des auteurs Antoine de Saint - Exupery, Alain Fournier, Joseph Kessel, de Rabindranath Tagore, Kahlil Gibran et Heinrich Boll a l'age de 17 ans, a laissee une impression permanente sur mon ame et coeur, comme l'a fait la lecture d'Albert Camus,  Aleksandr Solzhenitsyn et Toni Morrison les annees suivantes et les annees de mes etudes universitaires. La photographie de Djamil Diboune etait un acte revelateur pour la renaissance d'un espoir nouveau, jeune, energique, quant a la confiance et courage de ma vie intellectuelle. Je ne me sentais plus une etrangere a l'etranger, j'etais finalement une etrangere a l'aise dans sa peau meconnue, chez elle dans un pays mal emprunte et gauchement adopte. La decouverte du talent elegant et nuance dans le repertoire des photos du photographe de la nature kabyle sera toujours le moment cathartique ou le pouvoir de la malediction de l'alienation de mes espoirs de poete et ecrivain s'est fondu sous la beaute redemptrice de ses albums, ni plus ni moins. C'est le moment ou la gloire de ses photos, entre le sublime et le concret de leur genie unique, a liberee ma muse, prisonniere a la fois d'un passe perdu et un futur aveugle. Il existe maintenant 89 articles sur l'art photographique de Djamil Diboune. Ceci n'est pas une caprice, ni un accident, mes articles sont un acte de volonte, une declaration d'independence du sort, du destin, une affirmation du pouvoir de l'esprit berbere sur une vie souvent mal compris, mal juge, mal digire. Le chant berbere qui resonne dans la photographie de Djamil Diboune  m'a voulu faire comprendre, connaitre l'Algerie de Kateb Yacine, de Amin Zaoui, me veut faire comprendre l'exil de Louenas Hassani et Karim Akouche, me veut faire comprendre ma passion pour ce pays enorme et irresistible, qui me fascine depuis mon enfance, comme si quelque part cache dans les coins les plus intimes de mon coeur d'enfant il existeait deja la resolution pour mon esprit d'adulte haunte depuis toujours a l'autre bout du monde, cette resolution si claire, si belle, d'une presence irrepressible berbere, complete, abondante, guerison, joyeuse, courageuse, sans mesure, sans pretension ou condition.