Tuesday, October 31, 2017

La Promenade

Bonsoir d'une Olympia soleillee.
Il fait si beau ici cette semaine, un soleil chaud dans un ciel clair et turquoise, ce qui donne les feuilles  rouges, pourpres, jaunes et oranges des arbres decidus ici une lumiere comme transparente, comme si elles etaient faite de cristal, me rappellant vos photos brilliantes automnales. Pendant ma promenade quotidienne avec mon fils ou mari et notre grand chien Bouvier- Labrador, toute cette lumiere de couleurs vives me faisait penser a vous, dans le sud en ce moment, travaillant dans le forage petrolier pour soutenir votre belle famille. Ce n'est pas evident , la vie d'artiste, on a l'ame et le coeur dans deux mondes, le monde concret qu'on ne peut pas nier pour les necessites dont on a besoin, et le monde spirituel - artistique, qui nourrit nos reves et talents. Le voisinage ici, pendant la journee, est vide, la plupart des adultes sont au travail, et la plupart des enfants sont a l'ecole. Comme ecrivain, je travaille dans mon petit bureau a la maison, un travail satisfaisant quoique solitaire. Les promenades quoitidiennes sont une facon de relaxer dans la nature, l'air fraiche, comme la solitude dans la nature est agreable, renconfortante. Dans la nature, l'absence de mes parents, mes deux soeurs et frere, cousins, cousines, tantes, uncles,... disparait, devient tolerable. Pendant mes promenades je pensais ainsi a vos albums de photos de la nature dans votre region natale, et a vous loin de la en ce moment, dans une nature et environnement tout a fait differente, ou la nature rend sa richesse de petrole. Je viens d'apprendre que l'Algerie produit le plus de petrole dans toute l'Afrique et que votre pays est le plus grand aussi du continent, a quatre fois la grandeur de la France. Votre vie de travail est si differente de votre vie de photographe dans les montagnes de votre Kabylie. C'est beau, cette balance qu'il y a dans votre vie, et votre famille qui est la porte entre les deux mondes. Une grande famille comme vous avez est toute une responsabilite, mais il n'y a rien plus beau sur la terre qu'une grande famille qui s'aime et s'entend. Nos familles nous aident a garder les pieds sur terre. Comme artistes c'est facile parfois de perdre un peu la perspective, quand la passion de l'art nous domine. Je vous souhaite tout le bonheur dans votre art et tout le bonheur dans votre vie de famille.
J'ai mon art, et j'ai une toute petite famille avec mon mari et mon fils, un tresor que je protege toujours, ayant perdu ma famille et la plupart de ma famille elargie dans toute cette odyssee de l'Europe aux Etats Unis. Sans une famille elargie, il n'y a pas de baptemes, anniversaires, mariages,,,, a celebrer dans la tumulte agreable que sont ces fetes dans les grandes familles. Il y a les invitations a telles fetes par les amis et les voisins, mais on se sent toujours un peu mal a l'aise, un etranger dans un pays etrange, malgre les gentils efforts dans ces moments. C'est une melancholie que meme mes 40 ans ici ne sont pas capable d'effacer.
Je souhaite pour vous de ne jamais perdre la perspective de l'importance de garder votre passion pour votre art en balance avec votre amour pour votre famille. Perdre cette balance, comme l'ont fait pas mal de nombres d'artistes a souvent des consequences tragiques. Dans mon cas, ce n'est mes reves comme poete et ecrivain qui m'ont fait perdre le chemin pour un temps, mais ma naivete face a certaines membres de ma famille qui avaient presque reussi a detruire mon energie creative. Vous avez tout, une famille qui vous aime et un talent merveilleux qui vous permet d'exprimer votre ame d'artiste. Cherirer les deux, toujours, avec egal amour et passion, est avoir une vie d'artiste satisfaisante et heureuse, j'ai su decouvrir finalement. Que ce bonheur et cette satisfaction soient aussi toujours les votres. 

Trudi Ralston.
pour Djamil Diboune.  

Monday, October 30, 2017

La Rencontre - pour Bilal Mohri

Bonsoir.
Apres des semaines de pluie incessante avec des ciels gris et morts, on a maintenant des jours plein de lumiere et soleil, avec un ciel grand turquoise, qui fait briller les couleurs des feuilles rouges, jaunes, pourpres, oranges des arbres decidus ici, comme si elles etaitent faites de lumiere de ver transparent, me rappellant les photos automnales de Djamil Diboune. Comme les prises du photographe de la nature, vos chansons ont une facon de donner de l'energie joyeuse a mon coeur, comme les deux chansons qui vous ont gagnees le Premier Prix au concours La Plus Belle Voix Kabyle 2017.
Quand j'ai decouverte votre interpretation de la chanson Kem ruh wahdem, c'etait comme decouvrir la magnificence de votre voix une segonde fois, comme cette chanson a une profondite emotionelle que votre voix exquise sait capturer parfaitement. Vous avez une voix qui sait toucher tous les registres vocales, comme un chanteur qui a  une connaissance des operas classiques du monde. C'est une delice d'ecouter votre voix qui parait ne pas avoir des limites physiques dans sa capacite sonore et technique. C'est comme decouvrir un tresor cache, votre voix est immense dans sa richesse culturelle et historique. Entendre votre voix quand vous chantez Kem ruh wahdem est une experience transformative, comme l'etait entendre la voix de Ella Fitzgerald, ou Stevie Wonder pour la premiere fois quand j'etais tres jeune. Je me rappelle comme mes cousins plus ages que moi etaient hypnotises par le jeune troubadour americain, Bob Dylan, quand il avait votre age et commencait a chanter en publique. Il etait considere un phenomene. Quand j'ai entendu votre voix pour la premiere fois, j'etais comme collee en place, je ne voulais pas bouger, je voulais justement absorber toute cette beaute, force et passion musicale que possede votre etre quand vous commencer a chanter. C'est merveilleux, les nuances qu'a votre voix, que ce soit dans des chansons dramatiques et grandes, ou dans une chanson intime et d'emotions privees comme Kem ruh wahdem. Je ne connais pas encore les mots de la chanson, mais je sens que cela a a faire avec du chagrin, de perte, du mystere de la souffrance dans la vie. Cela me touche profondement, la finesse d'emotions dont votre voix musicale parle si precieusement avec cette chanson. Vous etes incontestablement un phenomene, continuant une riche tradition de votre peuple berbere de donner naissance avec chacque generation depuis des siecles et siecles, aux chanteurs  extraordinaires. Vous etes l'etoile nouvelle dans ce ciel, une voix forte, grande comme les deserts berberes, qui continue l'histoire musicale de votre peuple. Je vais faire de mon mieux pour partager l'etoile magnifique qu'est votre voix. Vous etes ne pour chanter, Bilal Mohri, c'est votre destin, j'en suis certaine. Vous avez une voix qui touche les fibres les plus sensibles du coeur et de l'ame. Vous etes un jeune qui a une voix qui transmet toute la sagesse des generations anterieures. Votre voix est un cadeau pour le monde qui se trouve dans une periode de doute, de cynisme. Que Dieu vous garde sur ce chemin de musicien sur lequel vous vous etes mis a marcher avec telle promesse, tel sublime talent. J'anticipe avec une impatience heureuse votre traduction de Kem ruh wahdem, pour que je puisse ecrire l'article qui m'occupe l'esprit depuis le moment que j'ai entendu pour la premiere fois votre superbe interpretation. 

Trudi Ralston.

Friday, October 27, 2017

Bilal Mohri : Romanciere Berbere

Si jamais il y a deux chansons qui preuvent sublimement l'influence profonde qu'a la culture et histoire de la musique arabo berbere sur la tradition du flamenco en Andalusie et dans le monde, ce sont les deux chansons qui m'ont fait noter le phenomene qu'est le jeune chanteur kabyle, gagnant le Premier Prix au neuvieme concours de La Plus Belle Voix en Kabylie 2017 : Bilal Mohri. Avec une voix qui incluit les vastes deserts et montagnes de son pays, Bilal Mohri nous emmene dans des cadences descendantes de sa voix ancestrale et guitare sonore et le moment ou le public et les juges au concours joingent le rhytme avec des claquements de main, ce qui aussi immediatement me rappelle les chants flamenco. Au Texas, a Austin, quand j'etais etudiante de maitrise en litterature espagnole et latino - americaine, mon poete et dramaturge espagnol favori etait Federico Garcia Lorca, qui dans sa vie faisait un effort valable et courageux pour mettre attention a l'importance de la culture gitane et son influence sur la musique et l'histoire en Andalusie, avec ses publications Poema del Cante Jondo ( 1921 ) et Romancero Gitano ( 1928 ). La voix de Bilal Mohri me fait penser au poete andalouse. Quelle voix magnifique pour illustrer si clairement l'importance des traditions musicales berberes au monde a un point ou beaucoup de ces verites historiques et culturelles risquent se perdre dans le neant de l'ignorance du tumulte maintenant de la politique mondiale et ses ambitions suspectes. Il y a un tres bon article ecrit par Greg Noakes, un article de 1994 dans le magazine Saudi Aramco World, pages 32 - 35 de l'edition de novembre- decembre, titule " Exploring Flamenco's Arab Roots ", et un article dans" Flamenco Page " bien illuminant par Roberto Lorenz, qui expliquent entre les deux tres bien l'influence de l'Afrique du Nord sur l'histoire du flamenco en Andalusie et le monde. Dans les deux chansons que presente Bilal Mohri pour le concours en Kabylie, on entend l'echo des characteristiques du flamenco, ses harmonies, ses melodies, ses rythmes ou compas, ses formes d'expression : el toque, c'est a dire la guitare flamenco, el cante, donc le chant flamenco. Les harmonies dans les deux chansons montrent l'influence de la musique ancienne grecque, comme l'explique Roberto Lorenz, avec ses cadences descendantes, qu'on appelle la mode Phrygienne, tandis que la plupart des motifs melodiques dans les traditions de l'ouest sont ascendantes, aves les rares exceptions, comme dans le jazz et la musique classique. Greg Noakes et Roberto Lorenz indiquent l'importance de faire honneur a l'origine du flamenco, qui a ses racines dans l'histoire de la musique des peuples arabes et berberes de l'Afrique du Nord : c'etait surtout les armees de tribus berberes qui ont invade l'Espagne en 711, un territoire qu'ils allaient nommer El Andalus, L'Andalusie d'aujourd'hui, pour sept siecles.  Les deux articles font appel a l'urgence dans le monde actuel et ses doutes et indifferences hostiles, que l'histoire il faut la rappeler telle qu'elle est, pas comment nos arrogances culturelles et sociales nous seduisent a la deformer.
Bilal Mohri, le jeune chanteur berbere, a la voix qui franchit les siecles de l'histoire de la musique du Nord de l'Afrique, est un ambassadeur a l'heure pour notre monde et ses luttes culturelles - artistiques quant au futur de notre humanite collective.   

Sunday, October 22, 2017

Mal de Pays : Le Complexe des Innocents - pour mes amis berberes

Je me rappelle comme une enfant qui a grandie dans un village flamand, les commentaires faites par les braves gens du voisinage, quand par hazard une personne du Maroc ou de l'Algerie croissait la conversation. J'avais moins de dix ans et je me rappelle le jour ou la femme qui aidait ma mere avec mon frere et soeurs et moi, nous racontait qu'il y avait dans son village maintenant une famille de l'Afrique du Nord. Dans la ville a cote, il y avait plusieurs familles algeriennes, et je me rappelle une jeune fille belle et fiere qui devait supporter les regards de mepris dans les magasins quand elle faisait les achats pour sa famille. Je me rappelle un garcon, un adolescent beau et confident, qui aimait me siffler quand je prenais le bus avec notre meme, et la famille qui prenait le meme bus que nous, une mere, un fils et une jeune femme tres belle, au peau doree, et des cheveux comme une chute d'eau aussi exotique comme ses yeux de perles noir au eclat de lumiere de petites etoiles egarees. Comme enfant precoce et independente, je ne comprenais pas le mepris dirige vers des gens si beaux et dignes. Apres avoir vecu plus de quarante ans maintenant aux Etats Unis, ayant venu comme adolescente, je connais bien les emotions du mal de pays et avec une famille belge maudite par des circonstances inauspices, le fait de ce ce soit deja trente ans depuis mon retour a mon pays natale, le pince de cette melancholie bien specifique du mal de pays m'est bien connu. Avec la decouverte de la photographie magnifique de l'artiste berbere de Bejaia, Djamil Diboune, je me demande des fois comment peuvent tolerer les immigrants de l'Algerie, les exiles economiques invisibles, les ciels gris et le rascisme des pays comme la Belgique et la France. Hier, pour la premiere fois, j'ai ecoute la chanson " Algerie, Mon Beau Pays ", par le chanteur fameux de la Kabylie, Slimane Azem. Chante en francais, la douleur du manque de pays n'est pas deguise, et m'a fait apprecier sa vie difficile et sa passion pour ne pas abandonner son ame poetique quant a l'expression de son amour profond pour son pays natale. Je pensais a la beaute exquise de la nature que partage Djamil Diboune, ce qui me fait comprendre encore avec plus de precision l'agonie du mal de pays qu'exprimait Slimane Azem dans sa chanson. Ayant decouvert recemment le genie des ecritures de Kateb Yacine, cela m'a fait vouloir apprendre sur la guerre d'independence et les horreurs inconcevables qu'a souffert le peuple algerien durant cette guerre agonizante entre 1954 et 1962. Comme est la reponse standard des pays d'histoire d'agression coloniale, qu'il soit belges dans le Congo, hollandais dans l'Afrique du Sud, espagnols et anglais en Amerique, les francais aussi choisissent l'abnegation strategique quant aux horreurs sytematiques et authorises de la guerre qui a effectivement termine leur empire coloniale. J'ai vu ce mepris vers les peuples que le colonialisme a abuse en Europe,et en Amerique Centrale, aux Etats Unis, quand au mepris vers la population noire, et indienne indigene, et le mal de pays qui s'exprime dans la musique de blues, et la musique des pow - wows. Des cris hurles vers le ciel silencieux pour des millions de meurtres sanctionnes. Je me rappelle la premiere fois que j'ai entendu une chanson du poete kabylie Idir, c'etait la chanson "Tizi - Ouzou ", que ma copine francaise m'avait envoye de Paris. Cette decouverte m'a mene a vouloir apprendre sur la culture berbere, sur la region, l'histoire, la langue, la nature. A travers les Kabyles de Paris, j'ai decouvert Aokas Bejaia Tourisme, qui m'a fait decouvrir la photographie de Djamil Diboune. La photographie de Djamil Diboune et la profondeur de ses prises en elements mythologiques, comme ses arbres, me font comprendre la presence de l'histoire de son pays dans ses prises, et cette presence m'a mene a Kateb Yacine, et la guerre de l'independence, et une appreciation pour la complexite culturelle et historique de l'Algerie. Toutes ces lecons me font penser a la multitude de gens qui vivent loin de leur Algerie natale, et tous ceux qui revent d'un futur integrale socio - politique et historique pour leur pays. L'Algerie est un pays immense , le plus grand en Afrique, et quatre fois la France en grandeur. L'Algerie est considere le geant de l'Afrique quant a ses reserves de petrole et le forage petrolier. C'est un pays qui a toutes les ressources necessaires pour un futur plein d'espoir et opportunites. Biensur, les circonstances politiques restent compliques, comment ne pourraient ils pas l'etre, ayant une histoire de milliers d'anees de conquetes coloniales, des empires phoeniciens, carthagiens, romains, vandales, turques, francais... Je pense a la melancholie de mes amis algeriens quant au passe, quant au present, quant aux doutes du futur, quant a la douleur de tous ces immigrants de l'Afrique du Nord cherchants de l'espoir et de la dignite dans les pays qui ont brutalise leur cotes sans excuses, sans genes. Le complexe des innocents, ce mal de pays souffert dans des pays ou la plupart des personnes ne comprennent rien de la richesse de la culture, histoire, ame de la personne qu'elles voient triste et perdu, insulte, ignore, maltraite au nom de l'ignorance et du rascisme, ces deux freres gemeles traitres de la conscience hypocrite post - coloniale.
La richesse de culture, en arts, en histoire de l'Afrique du Nord me fascine depuis mon enfance, je sentais intuitivement que les jugements et les prejuges contre son peuple etait faux, et j'essaye de comprendre, d'apprendre depuis ces moments de questions comme enfant, le monde varie et complexe qu'est ce part integrale du continent africain. La decouverte de la nature en Algerie a travers la photographie de Djamil Diboune ouvre cette porte a un pays dont j'ai garde la clef depuis mon enfance, et qui me permet l'entree a l'ame berbere et ses montagnes, rivieres, mer, lumiere, desert et fleurs, ou mon esprit inquiet trouve un repos. Parmi cette beaute auparavant inconnue, pour la premiere fois depuis mon adolescence, dans mon ame et coeur, je me sens chez moi, et j'entends la voix forte et sonore du chanteur jeune kabyle, Bilal Mohri, qui inspire du courage et de la dignite, une voix qui souligne comme une symphonie toute la beaute de la nature et de l'ame berbere dans ce pays unique en Afrique du Nord qu'est l'Algerie.  

Pour mes amis berberes:
Pour Chamy Esp, pour les amis a Aokas Bejaia Tourisme.
Pour Djamil Diboune.
Pour le jeune chanteur kabyle au voix ancestrale, Bilal Mohri. 

Tuesday, October 17, 2017

Le But de L'Extase dans la Photographie de Djamil Diboune

Ici dans mon coin du monde, dans le Nord - ouest pacifique, il pleut comme fou, sous un ciel gris et froid. Dans ce manque de coulours et lumiere, les deux albums d'aujourd'hui de Djamil Diboune sont comme un transport direct a un moment d'eternite en paradis. L'energie vibrante des couleurs et de l'ambiance des tableaux donnent un frisson d'extase, ce melange irresistible de melancholie et joie spirituelle et sensuelle a la fois, privilege des moments rares dans la vie ou la terre et le ciel se touchent dans le coeur et l'ame toujours avec une brievete regrettable.  Dans la premiere des deux series, l'onzieme prise de dix -huit photos, m'echappait un soupire d'emotion profonde face a ce tableau d'un crepuscule de montagnes dans des couleurs d'aquarelles pour le ciel de nuances violet, jaune pale et bleu, et des couleurs vives pour les plantes et la terre, avec leur presence de terre cuite et verts fonces sur le premier plan, qui est comme le point ou nos yeux peuvent absorber la richesse emotive de l'horizon montagneux. C'est une photo qui est peinture qui est video actif qui est chanson qui est presence tactile, une experience qui touche l'ame et le corps. Le seul mot capable pour comprendre une telle richesse artistique est sans aucun doute le mot extase. Extase, ce merveilleux mot qui signifie une experience ou on se trouve hors de soi, par l'intensite du moment, entre ciel et terre. Le photographe berbere est un magicien avec son camera, et je me trouvais dans le tableau, dans le moment, eblouie, transfixe, et pour des segondes delicieusement eternelles, heureuse de participer dans l'esprit de cette magnifique photo.
On vit dans un monde pratique, technique. L'art photographique de Djamil Diboune a cette capacite de rendre les avantages du monde numerique dans une experience cerebrale et emotive a la fois. Ses photos ne sont pas en deux dimensions, elles sont une experience en directe, en trois dimensions. Ses photos nous transportent comme le transporteur dans la serie de science fiction Star Trek, et on se trouve dans un autre monde en direct. J'ai grandi dans un monde d'art comme enfant en Belgique, le monde de peinture, sculpture, musique, de photographie. La decouverte de la photographie de Djamil Diboune reste une revelation, une rarite dans le monde visuel, car le but du photographe talentueux d'Aokas est de nous reveiller, pas de nous laisser dans l'extase, il nous enjoint de decouvrir la beaute de son pays, la richesse de son histoire. La nature de Djamil Diboune dans chacque moment d'extase, comme dans la segonde, troisieme, cinqieme, septieme, dix- neuvieme prise de la segonde serie de vingt et une photos du 17 ocobre, est temoin d'un desir palpable du photographe et guide, de nous encourager d'ouvrir le coeur a la presence profondement mythologique qui resonne dans ses creations exquises. 

Sunday, October 15, 2017

Djamil Diboune : A la Recherche d'Une Revolution Esthetique

Quand on decouvre le monde d'un nouvel artiste, c'est comme mettre pied sur un continent pas connu avant. C'est toute une aventure, et on espere etre prepare pour les surprises et lecons qui vont venir. La decouverte fortuite de la photographie de Djamil Diboune est riche de surprises captivantes. Les deux albums d'aujourd'hui ne sont pas une exception. Les neufs photos d'une des deux series, des prises de couchers de soleil, sont d'une precision et passion en couleurs et composition qui pousse les limites pour comprendre le vocabulaire necessaire de les apprecier. J'ai recemment decouvert un des geants de la litterature de l'Algerie, l'inimitable Kateb Yacine. Quand j'etais en ecole secondaire, Albert Camus etait parmi les lectures, mais ma decouverte maintenant de l'art de Kateb Yacine me fait demander comment cela se faisait que le genie et la complexite de cet ecrivain a pris du temps pour recevoir un egal merite. La lecture de Nedjma me trouve completement absorbee, et je decouvre une profonde sympathie pour son ecrivain dont je ne me trouvais pas tout a fait capable avec les livres d'Albert Camus. J'aime beaucoup a William Faulkner, connaissant bien le sud des Etats Unis, et la decouverte que Kateb Yacine avait beaucoup de respect pour Faulkner, augmente ma sympathie pour l'ecrivain de Constantine, et biensur, sa passion pour la culture et histoire berbere. J'ai fait cette digression parceque, comme l'explique le professeur Bernard Aresu dans son introduction de ma traduccion de Nedjma ( Caraf Books, 1991), Kateb Yacine poussait les limites de la langue pour lui permettre la complexite mythologique et poetique de ses ecrits. Je me trouve avec un pareil dilemma devant la richesse dans les photos de Djamil Diboune. Le photographe berbere parait etre complice dans la profondeur de l'ame berbere et ses expressions artistiques, comme l'ame berbere et son amour pour la terre natale ont des racines qu'aucune invasion les dernieres deux mille ans ont su detruire, ni les romains, les byzanthines, les vandales ou turcs, ni les arabes ou la colonization brutale des francais. La complexite culturelle- politique n'est pas resolu apres l'independence, mais ce qui est indisputable est la resistance indestructible de l'esprit berbere, malgre des obstacles qui restent formidables trente ans apres la mort de Kateb Yacine. Plus que je m'approfondis dans l'art photographique de Djamil Diboune, plus que je comprends que son art est une manifestation de son amour profond pour sa terre natale, pour la beaute inegale de sa nature. La poesie et passion de ses albums est d'une profondeur spirituelle qui est libre des mechanismes trichantes du monde moderne obsede avec l'element de mensonge dans la technologie, l'element d'illusion. Djamil Diboune est originale, authentique, complexe dans sa vision de la nature et ingenu et sincer en meme temps. La beaute de sa nature berbere n'a pas besoin d'artifice, elle est riche en soi, dans l'histoire que racontent ses photos, que ce soit un village, le desert, un coucher de soleil, une montagne: cette nature est saturee d'histoire, de luttes, de determination. C'est pour ca que la photographie de l'artiste de Bejaia est une revelation multi- dimensionelle, quand on ouvre son coeur, quand on devient vulnerable a son pouvoir. La beaute de la photographie de Djamil Diboune nous encourage d'apprendre, d'essayer de comprendre, la complexite de l'esprit berbere, sa richesse, sa force, ses tragedies, ses victoires. Dans la paix de la beaute sublime de son pays, on entend l'echo de son histoire, on entend la voix du jeune chanteur kabyle Bilal Mohri. On ecoute, on voit, et on sent avec un amour profond l'unique coeur et ame du monde berbere. La photogaphie de Djamil Diboune est une recherche a une revolution esthetique, un modele fait des larmes et sacrifices du passe, la volonte et le courage du present et l'espoir infatigable du futur. Dans des photos souvent au bord de l'extase esthetique, comme dans une prise d'une guirlande de fleurs blanches au petales comme fait de cristal pur, le photographe brule le feu de sa passion artistique pour nous ouvrir les yeux deux fois : a la beaute physique du monde naturel chez lui, et a la beaute du courage de l'esprit berbere. Dans l'art unique de Djamil Diboune, les montagnes fieres, les rivieres et chutes abondantes, les arbres souvent tortures dans leur formes, les villages abandonnes, les couchers de soleil, la mer, les fleurs, tous parlent de que l'esprit berbere cherche encore pour sa presence legitime dans cette nature si genereuse, la presence berbere reve encore toujours de sa place parmi la beaute de sa nature, libre des cauchemars du passe, et des melancholies et frustrations du present. Ses photos sont ainsi une invitation au paradis des reves collectifs dans l'ame berbere. C'est pour toutes ces raisons que Djamil Diboune est un visionnaire, comme le sont tous les vrais artistes. Ils nous racontent, nous chantent, nous dessinent les besoins, les blessures, et les reves les plus profonds de ce mystere qu'est l'existence humaine. 

Thursday, October 12, 2017

Caprice de Champignons : L'element Ingenu dans la Nature de Djamil Diboune

La capacite de rendre accessible pour nous la grandeur de la nature de son pays natale est une des multiples de signatures qui rendent la photographie de Djamil Diboune unique. Sa maitrise de touches de romanticisme et impressionnisme, dont j'ai parle dans des articles anterieures, ainsi que sa connaissance de nuances de couleurs, ombre et lumiere donnent une qualite dramatique tres reussie a son art. Le photographe berbere sait creer un univers divers, et une des facons qu'il sait d'achever cette pallette nuancee, est dans sa maniere de faire attention aux details charmants que sait offrir la nature.
Il y a deux jours, parmi des prises d'arbres, il apparaissent quatre photos de champignons, sur des troncs d'arbres morts, un groupe de champignons, petits comme des miniscules parasols. Les photos sont tres bien faites, proche a l'oeil, qui nous ainsi permet de voir les fils d'araignee toutes fines pendu entre les champignons enanes. L'effet charmant de ces quatres photos evoque une sympathie pour les fungi qui paraissent un peu perdus dans la grandeur qui leur entoure. Le photographe sait isoler le groupe des champignons avec son camera, qui les met en relief, et la foret au fond dans des couleurs fluides, donnant un peu de soutien emotif avec un tapis de mousse vert clair et rassurant au premier plan. Ce sourire que nous donne Djamil Diboune dans ces moments ou il nous montre la nature dans sa dimension diminutive, est un aspect ou le photographe nous permet de voir son amour profond pour toutes les manifestations de la nature, que ce soit une montagne grande et imposante, une riviere ou chute energique, une vallee reposante, des arbres forts, ou une fleur delicate, un papillon fragile, une fourmi feroce, un millipede exotique au corps rouge et pattes vertes, et dans ce cas, des champignons au charme de caprice. 
Faire la decouverte de la photographie de Djamil Diboune est toute une aventure, toute une symphonie, de moments dramatiques, de passion sublime, et de moments de repos, d'aisance et charme. Son art a toutes les nuances et perspectives pour une experience complete de la nature magnifique qui lui entoure, et ainsi il nous fait toujours anticiper la collection suivante de merveilles que sont ses photos.