Friday, April 6, 2018

Joie de Printemps : La Promesse de l' Agapanthus de Djamil Diboune

Les deux albums du 1 avril du photographe de la nature d'Aokas, Djamil Diboune sont une collection unique qui racontent une histoire qui impressionne, dont je parle avec passion et conviction dans mon aritcle du 2 avril, " A la Poursuite du Lapin Blanc de Lewis Carroll : Les Forets Enchantes de Djamil Diboune."  Cette impression  persiste, aussi dans ses details. L'album de 30 photos a une photo d'une fleur delicate, la 18ieme photo, qui se trouve aussi dans l'album de 21 photos, dans la 9ieme prise. Cette fleur elegante, qui m'a mis sur une aventure d'identification qui a pris 5 jours de recherche, a comme nom Agapanthus, un tres joli nom, de deux mots grecs, agape, qui signifie amour, et anthos, ce qui signifie fleur, donc son nom Agapanthus signifie fleur d'amour. Cette fleur de grappe est dans la famille de plantes des Amaryllidaceae, dont l'Agapanthus est le seul genus dans la sub- famille Agapanthoideae. Il existent entre 6 a 10 especes de Agapanthus, et certaines de ces especes ont le nom de Lily du Nil, quoique la plante n'est pas dans la famille des lys, et la plante est originaire de l'Afrique du Sud, Lesotho, Swaziland et Mozambique. La plante a ete introduite en Australie, les Isles Britanniques, le Mexique, l'Ethiopie, et Jamaique, ou les plantes restent bien etablies. Des tas d'hybrides et cultivars ont ete produits, entre autres dans le nord de la Californie.
La couleur de bleu clair des Agapanthus dans les deux photos de Djamil Diboune etaient part du mystere, mais comme il y a entre 6 a 10 especes de la fleur, et des tas d'hybrides, je suis heureuse d'avoir su trouver une variete de cette couleur azure tres pale. Il y a une variete d'Agapanthus, nomme Queen Mom, avec des fleurs blanches et juste un soupcon de bleu pale, qui a ete introduite en 2003, donc l'aventure de la creation de nouvelles personalites pour cette fleur continue. Ce qui est sure c'est que la fleur blanche au touches d'un bleu azure pale dans les deux photos de Djamil Diboune est tres belle, et ce qui si est une surprise, c'est que cette fleur delicate se trouve dans les forets parmi la grandeur de rivieres et arbres anciens. Les albums du 1 avril temoignent de l'evidence des inondations recentes qu'avait subi la Kabylie. La presence de ces fleurs delicates, fragiles, precieuses de couleur et forme, evoquent des moments de joie parmi la grave realite dont la nature nous souvient trop souvent ces jours, avec l'impacte du changement du climat sur terre a une vitesse plus rapide que notre capacite en ce moment de resoudre ce probleme immense. Les belles fleurs joyeuses nous assurent que la nature est tres resistante, et veut nous encourager d'etre tenaces nous memes comme elle.
La promesse de la jolie Agapanthus de Djamil Diboune est que la vie persiste, dans la nature, malgre nous, jusqu'ici au moins. La presence plein d'espoir et beaute des fleurs dans les deux albums du 1 avril ont un message eux aussi, tel que les arbres. Le message de ces fleurs est que l'espoir est un mot actif, tel que le verbe, esperer. La seule facon d'esperer pour le mieux est de faire de son mieux, et en Kabylie, il n'y a pas de manque de beaux exemples de communautes, de personnes de tous les ages, qui esperent d'une facon tres active, et font tout le possible pour aider la nature, et ainsi le futur d'un espoir reel et rassurant. La promesse est dans l'effort autant que dans sa necessite, et je vois cette joie de printemps dans les photos des Agapanthus du photographe de la nature berbere, et dans tous les efforts sincers des villages en Kabylie pour ameliorer les chances pour la nature et sa beaute si precieuse pour un futur valable et croyable. L'Agapanthus comme fleur d'amour ainsi est un symbole de l'amour dans le coeur berbere pour la nature magnifique de cette region exceptionnelle en Algerie quant a biodiversite de flore et faune, quant a la beaute dramatique et unique de ses montagnes et rivieres, et ses plages et ses vallees. Toute cette beaute dont temoignent les albums de Djamil Diboune tiennent une promesse qui vaut la peine tenir, et qui vaut la peine de suivre pour son energie et courage, car cette promesse active, elle inspire, de l'autre bout du monde, a tous qui savent d'elle.    

La Fenetre - pour Djamil Diboune

Loin, a l'autre bout du monde, a l'autre bout de vos montagnes en Kabylie,
je travaille dans mon petit bureau, ecrivant mes histoires et poemes,
avec dans ma fenetre, la vue de la foret chez moi, et quand je me promene
je vois les montagnes qui regnent ici, comme le solitaire Rainier, le Fuji de chez nous.

Dans vos albums de la nature chez vous, j'ai su decouvrir le chemin de mon passe
et toute la beaute qu'a un temps j'ai pu traverser. Dans vos randonnees montanieres
ou vous partagez les joyaux de la flore et faune berbere, je trouve une facon d'aller
du passe au present, tout parait etre nouveau, avec cette perspective venue de si loin.

De mon monde silencieux, d'ou je peux visiter de mon petit bureau, toute la beaute de
votre pays, de vos montagnes et rivieres, de vos plages, oiseaux, arbres et fleurs, et meme
le mystere du desert, le passe se guerit et le present recoit une nouvelle lumiere,
de si loin, de la Kabylie rebelle, vient la paix pour mon coeur et le courage d'embrasser cet espoir.

Ce guide berbere de votre art que le destin m'a laisse encontrer m'a fait retrouver ma liberte et dignite, et mes mots pour tout decrire, avant coinces dans les detours et caprices d'un temps indifferent aux reves de mes passions, se trouvent libres et fiers, pour la premiere fois.


Trudi Ralston.                                                                                                                                                                                                                                  

Thursday, April 5, 2018

Kaleidoscope

Tout en rond, les couleurs brillantes, rouge, jaune, bleu clair,
tout un monde de petites etoiles en argent, de coeurs de papier dore.
Dans la lumiere du jour, c'est un jeu amusant, ce kaleidoscope de souvenirs
de quand on etait enfants.

Maintenant il reste si peu de toi, je ne suis plus sure de ton visage,
ni ou tu vis ou ce que tu fais , ainsi que il ne reste que ce que je me rappelle,
ce qui disparait petit a petit, et les quelques photos de nous d'il y a si longtemps,
paraissent ne plus etre reelles, je vois deux etrangers qui n'avaient jamais eu une chance.

Tu as un fils qui est grand comme le mien, et une fille qui bientot va se marier,
la vie continue, tu deviendras vieux, tu mouriras un jour sans dire adieu, loin
la - bas dans ce grand etat du Texas, ou tout a commence et ou tu es reste,
de la Belgique a Georgia, il n'avait pas de moyen d'echapper tout ce mort et chagrin. 

Il ne reste plus rien de nous, plus rien de toi, tu etais mon frere il etait une fois,
et il y a des moments, tout en rond, dans le kaleidoscope de mes souvenirs,
ou j'entends ta voix, ou tu ries, et ou tu es la, et le passe n'existe pas.
Tout le noir a disparu.  


Trudi Ralston.
pour mon frere, il etait une fois. 

Le Dragon

Ce dragon que tu m'as fait avaler, il y a des jours ou il est difficile de le digirer.
Toute cette peine de son feu brulant ma peau risque des fois de me dechirer.

Ce dragon que j'ai du manger, il y des jours ou il y a le risque
de lui manquer ses blessures et dents sanglants.

Tu es parti depuis des annees, vers ce pays d'ou seulement les esprits
savent s'echapper.
T'as pas pense a ce que ta cruaute m'a donne, cet univers de silence
auquel que tu m'as condamne.

Ce dragon que j'essaie encore toujours a tuer, c'est tout ce qui me reste
de tes moqueries sadiques et insouciances enivrees.

Ce dragon aux yeux vieux et pitoyeux, que j'entends pleurer sa misere,
depuis que tu l'as abandonnee.

Ce dragon que tu m'as fait avaler, il y des jours ou il est difficile
de l'aimer.


Trudi Ralston.
That which doesn't kill you, just leaves you that much closer to its gate.
Ce poeme est part d'une collection en progres, titule " Coup de Grace." 

Wednesday, April 4, 2018

Coup de Grace : Une Lettre de Reconciliation

Dans ma tete il y a une liste de ces moments ou je pensais que l'espoir n'etait qu'un souffle juste au dehors de ma prise, comme un papillon drageur a la fin d'une ete chaude. Heureusement pour moi, etre resolu est un trait de la famille de mon pere que j'ai herite en abondance. Les moments ou cet espoir parait ephimere, comme du sable coulant entre les doigts d'un enfant insoucieux sur la plage d'un jour de soleil, sont les moments ou je sens une determination furieuse de ne pas admettre cette ombre moquante qui essaye d'envahir mon courage.
Le secret de ne pass laisser envahir les ombres dans mon ame, c'est de ne pas les admettre malgre le poids de leurs efforts. C'est etonnant comme peut etre lourd l'haleine du desespoir. Il ne faut jamais lui donner une chance, parfois quelques segondes lui sont sufficients, alors mieux s'eloigner vite, mieux vaut tenir son souffle, tres silencieusement. Il y des batailles qu'il faut gagner dans le silence absolu, sans temoins, sans hesitation. Il ne faut pas ni donner un soupcon de soupire, de doute.
Il faut agir vite, avec un sourire, une chanson, car le desespoir n'aime pas la presence de la joie, ni de la musique. 
C'est de cette facon que je gagne toujours, et que les ombres s'envont, decues, sans dans leurs griffes ni le mondre petit morceau de mon ame, de mon etre.
C'est avec ces batailles que je gagne tout seul, dans un silence assourdissant, loin du bruit du monde, et trop pres de son chaos, dans ce silence invisible, cruel et charitable, que la vie me donne la chance de sa facon bizarre, de maitriser etre et rester, une personne forte, gentille et meme heureuse.


" Cet exil est une longue insomnie ", Amin Zaoui, La Soumission, 1998.




Tuesday, April 3, 2018

Le Courage d' Apprendre : L'Ophrys Apifera de Djamil Diboune

Comme est souvent le cas avec les albums de photos de Djamil Diboune, la revisite revele des nuances qu'on n'a pas su savourer completement a premiere vue. Ma grandmere maternelle disait souvent " Quand tu es triste, il faut travailler ". J'ai su trouver du courage pas mal de fois dans ses mots, mais moi j'aime y ajouter une autre phrase : " Quand tu es triste, apprend ". C'est comme boire de l'eau quand j'ai soif, la medicine d'apprendre enleve toujours cette peste qu'est la melancholie, les jours ou le ciel est aussi gris que ses perspectives.
Depuis mon enfance, la beaute a ete une facon de combattre activement la tristesse. Les belles photos dans les magazines de National Geographic, les photos que faisait mon pere, les peintures dans les galleries qu'on visitait avec ma famille, les fleurs partout dans les jardins le printemps et l'ete.
La decouverte de l'art du photographe de la nature Djamil Diboune restera dans mon coeur d'enfant trahi toujours comme un tresor qui vivra au fond de mon ame avec reconnaissance et force. Sa photographie a une facon de nourrir une curiosite intellectuelle afamee et profonde et aussi un bonheur emotionel que je croyais exile de ma vie depuis longtemps. La photographie de Djamil Diboune raconte une histoire, l'histoire de la beaute exceptionnellle de l'Algerie, surtout de la Kabylie, et dans les melodies de cette histoire j'apprends sur le courage et la profondeur de l'esprit berbere. Dans ce monde, je me sens chez moi, je me sens fiere, sure, et tout le chagrin muet de ma vie s'evapore comme de la poussiere dans la lumiere claire.
Il y une photo d'une fleur qu'a mis le photographe kabyle le 21 mars qui me revient souvent a la memoire. C'est une photo gros plan d'une orchidee, la belle et exotique Ophrys apifera, dans la famille des Orchidaceae. Une fleur de 15- 20 centimetres, qui a un tige autour duquel sortent de une a douze fleurs, c'est une orchidee qui se trouve dans le central et le sud de l'Europe, l'Afrique du Nord et le Moyen Orient, avec un territoire qui couvre le Portugal, l'Irlande, et le Denmark, est vers l'Iran et le Caucasus. En Ecosse, la fleur etait considere disparu , mais a ete redecouverte en Ayrshire en 2003, et l'orchidee se trouve aussi dans le sudouest de l'Angleterre a Somerset.
La  photo qu'a fait Djamil Diboune du Ophrys apifera, exotique dans ses couleurs marrons, vertes et roses est une belle composition de deux des orchidees ouvertes, et quelques boutons encore fermes. La photo montre l'Ophrys apifera de la variete Aurita, car il existe 6 varietes de cette orchidee. Le dessin de la Ophrys apifera var. aurita est geometrique, avec les lignes en vert et marron du front , qui explique le nom " Apifera ", une reference de sa forme qui fait penser a une abeille. Ce dessin geometrique fait un beau contraste avec les petales roses en forme triangulaire de l'orchidee. L'ensemble est d'une fleur qui a l'apparence tres moderne, en dessin et couleurs. Les orchidees ont toujours eu une fascination pour moi, peut-etre parceque elles sont si extra- vagantes dans leur beaute, toute sculptees, comme des mini- projets architecturales. Avec la technologie, c'est plus facile de transporter des fleurs exotiques aux quatres coins du monde. Mais pour la plupart des personnes, voir des fleurs exotiques decouvertes pendant les explorations a pied par un photographe de la nature doue comme l'est Djamil Diboune est un plaisir intemporel, qui dans mon cas ajoute une mesure de courage et espoir a ces jours ou l'immensite de ce pays enorme et indifferent qui est depuis si longtemps le mien, m'ecrase l'ame et la voix. C'est un beau geste du destin de pouvoir apprendre du photographe de la nature berbere, et la belle prise du Ophrys apifera, pour une personne comme moi qui aime les fleurs, surtout les orchidees , et aussi les abeilles avec une passion liee a certains chagrins d'enfant, c'est un cadeau visuel et de la medicine pour le coeur . C'est beau les moments ou j'ai la chance d'apprecier toute la beaute de son monde que partage toujours si genereusement ce voyageur spirituel qui collectionne la beaute grande et petite des montagnes et vallees en Kabylie, cet homme au discipline spartane et coeur sauvage, Djamil Diboune, qui me donne le courage de vivre avec plus de joie, plus de defi, comme une rebelle a l'identite moitie- effacee, mais pas sans ame ou reves.
L'orchidee est dans une des familles de plantes les plus grandes sur terre, il existe a peu pres 28,000 especes acceptees. Depuis l'introduction pour la cultivation commerciale au dix- neuvieme siecle, les horticulteurs ont produits plus de 100,000 hybrides et cultivars, les cultivars etant des cultivations faites par l'elevage de selection, des orchidees du monde. Dans tout cet univers d'orchidees, celle qui a mon coeur sera toujours l'Ophrys apifera var. aurita de Djamil Diboune. 

L'information sur la belle Ophrys Apifera, courtoisie de Wikipedia.

"... Je me suis tellement blessee, je me suis tellement maudit,
je m'etais tellement trahie, j'ai du mal a vous le dire ...", Veronique Sanson, " Petits Moments Choisis",  2007 . 

Monday, April 2, 2018

A la Poursuite du Lapin Blanc de Lewis Carroll : Les Forets Enchantes de Djamil Diboune

Le 30 et 31 mars, le photographe de la nature Djamil Diboune, a initie une serie d'albums qui se centrent autour du theme d'arbres, inspire par des visites aux forets de sa region natale apres les inondations recentes en Kabylie. La serie a commence par une photo du 30 mars, qui montre la force de l'eau abondante coulant avec force encore entre trois arbres, une fois que les pluies avaient cessees. Les arbres dans cette photo sont en arriere plan, mais deja leur presence les presente comme temoins de deluge. Le photographe de la nature a suivi cette photo par 26 photos du meme jour, ou l'eau domine de facon angoissante malgre le retour du soleil. Cet album est comme une introduction a deux photos suivantes qui sont comme le premier acte dans le drame des albums qui suivent le 31 mars et le premier avril. La premiere photo est d'un arbre grand dont le tronc a une ouverture triangulaire notable, presque comme une porte. La photo m'a bouleversee avec son impact qui m'a fait penser immediatement au livre de Charles Dodgson (1832 - 1898 ),  mieux connu sous son nom de plume Lewis Carroll : " Alice au Pays des Merveilles " de 1865.  Ce qui est interessant de cet auteur anglais eduque a Oxford, est qu'il etait aussi un mathematicien respecte et aussi un photographe assez renomme. L'ouverture dans l'arbre de la photo de Djamil Diboune fait apparaitre l'image de la jeune Alice dans le conte de Lewis Carroll, quand elle decouvre le trou dans l'arbre dans lequel elle a vu disparaitre le lapin blanc que sa curiosite a fait poursuivre. La chute dans le trou du lapin donne entree, a travers des tas de cles et portes magiques, a un pays de merveilles. La photo de Djamil Diboune est parfaite pour l'analogie, un arbre costeau, au centre du terrain couvert de mousse verte couverte a son tour en part avec de la neige, ce qui donne la photo une belle composition de couleurs ainsi qu'ambiance. La photo qui suit cette prise intrigante, aussi du 31 mars, montre un arbre coupe, jusqu'au sol de la foret, avec au centre du tronc un trou rond et profond. L'image prend au depourvu, et est merveilleux comme segonde acte dans ce drame si bien concu de la part de l'intuition artistique du photographe, on peut presque entendre la voix de la precoce Alice tombant sans recours toute la longueur du trou enchante. Une fois au fond du trou, Alice retrouve brevement le lapin angoisse, et le perd encore. Le lapin blanc repete tout le temps le meme refrain : ..." Je suis en retard pour une date tres importante !"... avec dans sa main une montre a gousset. Le monde des arbres dans les photos de Djamil Diboune evoque une atmosphere d'enchantement, pour l'ambiance de mystere et silence desquels le photographe sait les insuffler. Les arbres de la terre eux aussi sont presses, pour des etres humains qui se rendent compte de l'urgence de leur souffrances, et pour la conscience que leur souffrances deviendront nos tragedies, si l'humanite ne repond pas a temps a cette crise trop reelle. Il y a un element tres poetique dans le fait que les albums recents des arbres de Djamil Diboune evoquent le monde enchante des livres de contes de Lewis Carroll. Une rencontre symbolique de deux artistes qui se rend possible a travers l'image d'un trou d'arbre, a travers l'imagination du mot ecrit de Lewis Carroll dans l'Angleterre du 19ieme siecle, et a travers l'imagination de l'oeil photographique de Djamil Diboune dans la Kabylie de l'Algerie du 21ieme siecle. Lewis Carroll donnait une critique sur la societe de son temps, et Djamil Diboune a un message au- dela, quant a l'urgence globale pour une reponse responsable aux dangers des changements de climat . L'ecrivain algerien - canadien, lui aissi originaire de la Kabylie, Louenas Hassani, impressionne le monde literaire maintenant avec son roman " La Republique de l'Abime ", ou les personnages creent un monde souterrain ou peut vivre la liberte d'expression, parceque a la surface la terreur d'un regime dictatoriale ne permet pas telle joies et droits. La photo du tronc au trou grand du photographe kabyle me rappelle cet image, parceque malheureusement la presence de dictatures sur terre a une ombre menacante qui parait devenir plus grande avec chacque jour qui passe. L'idee ainsi d'un sanctuaire souterrain a un appel tres opportun, du point de vue ecologique avec la planete envahie par le probleme geant de la  pollution de l'air, de l'eau, et du sol.  Le grand trou, la grande ouverture triangulaire des photos des deux arbres de Djamil Diboune rend conscient ce desir de vouloir fuire les problemes enormes de la planete, pour un monde imaginaire ou l'harmonie et la paix existent, dans la nature et dans les etres humains. Les deux albums du premier avril impressionnent, et sont  la troisieme et quatrieme acte dans ce drame evocatif. Le premier de ces albums a 30 photos, le segond 21, et cette discipline de la part du photographe kabyle de faire des collections narratives est parfaite pour le contenu des arbres et leurs messages dramatiques. Ce premier des deux albums montre la nature deja d'une attitude tranquille, la presence de l'eau excessive n'est plus de facon menacante. Une des photos dans cette serie est touchante pour la soumission des arbres au pouvoir de la nature, la 12ieme prise montre 10 arbres jeunes et minces, le bas de leurs tronc trampes dans l'eau, avec un reflet melancholique de leurs silhouettes dans l'eau boueuse. C'est une photo qui rappelle les gravures et lithographes de l'artiste neerlandais, Maurits Cornelis Escher, mieux connu sous le nom M. C. Escher ( 1898 - 1972 ), et specifiquement " Flaque " ( 1952 ) et " Trois Mondes " ( 1955 ). La photo de Djamil Diboune evoque le meme sens d'angoisse existencielle, ce qui n'est pas surprenant, vu que l'art de M. C. Escher montre souvent des labyrinthes elabores en conception et execution, comme il etait eduque comme architecte et influence par le surrealisme el le cubisme, et le realisme, dont temoignent exemples celebres comme " Main avec Sphere Reflechissante " ( 1935 ), " Relativite " ( 1953 ) et " Cascade " ( 1961 ). En 1922, il a fait un voyage en Espagne , visitant a Madrid, Toledo et Grenada. C'est a Grenada que M.C. Escher a decouvert sa fascination pour l'arquitecture de l'Alhambra, une fascination qui a duree toute sa vie et qui a inspire, base sur la complexite des symmetries geometriques des mosaiques des murs et plafonds de l'enorme palais renomme, un UNESCO World Heritage Site, son interet dans les mathematiques de tessalation, qui ont eu une influence profonde sur son art. C'est beau que la photo du photographe berbere de la Kabylie des arbres somnalants dans l'eau ont evoques cette connection a l'oeuvre de M.C. Escher, qui lui a son tour etait influence par l'art de l'Alhambra.
La 16ieme photo dans cet album introduit encore un tronc d'arbre coupe, avec une ouverture grande, celle plus douce, couverte de mousse, comme si le monde secret de l'arbre n'est plus accessible a la curiosite humaine. La 20ieme photo montre un abre epais, vieux, dont le tronc parait reveler le visage sage de l'esprit de l'arbre, un visage qui parait exprimer que du mepris pour l'ignorance humaine quant a l'importance ecologique des forets. La 21ieme photo montre ce qui reste d'un vieux arbre, un tronc qui parait avoir su se liberer du monde enchante, avec son apparence d'une tete de dragon enorme, un peu surpris et confus. La 22ieme photo parait etre une creature des livres  " Le Seigneur des Anneaux  ", avec un arbre immense, vu de la perspective d'en bas, un vieux arbre aux branches tordues et noueuses, un arbre imposant qui parait etre une incarnation de toute la sagesse de la foret. C'est une photo merveilleusement bien faite, qui montre la perspective de l'arbre, un talent bien maitrise dans l'art de Djamil Diboune et son monde de flore et faune et paysages berberes. Un tel arbre fascinant et intrigant apparait aussi dans le segond des 2 albums du 1 avril, dans la 7ieme photo. La perspective cette fois est de face, d'un arbre dont les branches tordues sont presque une symphonie de defi quant aux conditions survecues, une tres belle photo avec la couleur de l'arbre ancien noir- gris contre un ciel pacifique et azure. Dans le segond album, la serenite est prevalente, comme un geste encore de la nature qui pardonne toujours, donnant toujours aux etres humains une autre chance, comme est evident dans le detail elegant de la part de Djamil Diboune par la presence de 3 photos delicates de petites fleurs jaunes et bleues parsemees a travers les deux albums du 1 avril.
Comme dramaturge intelligent et intuitif, le photographe de la nature berbere finit ce beau drame et ses actes au esprit des theatres anciens qu'est le monde de ces albums, avec une photo qui fait penser, une photo qui est comme un avertissement, ensemble avec l'espoir et la beaute : une photo de deux arbres entrelaces , vieux, patients,  le bas de leurs troncs gemeles trampes dans l'eau boueuse. On peut entendre leurs voix anciennes tremuleuses dans cette foret ancienne et sacree : " Cave ergo hominis ", " Que l'etre humain prenne garde ".
Les albums des derniers jours du photographe kabyle temoignent encore une fois de la capacite de Djamil Diboune de fasciner, d'apprendre, d'emerveiller avec ses avontures visuelles aussi profondes qu'elles sont belles.

L'information sur l'auteur Lewis Carroll, l'artiste M. C. Escher, et " Le Seigneur des Anneaux " de J. R. R. Tolkien, courtoisie de Wikipedia,
ainsi que l'information sur le palais de l'Alhambra.